Près de cinq ans après avoir résilié unilatéralement le contrat de partage de production sur le périmètre d’Isarene, le géant public algérien Sonatrach vient d’essuyer une défaite judiciaire majeure.
Un tribunal arbitral international a condamné la compagnie à indemniser son ex-partenaire britannique, Sunny Hill Energy qui réclame plus d’un milliard de dollars en compensation des investissements consentis dans le projet.
L’épilogue juridique est tombé le 9 décembre 2025. Dans un communiqué, la société britannique Sunny Hill Energy a confirmé avoir obtenu gain de cause dans la procédure d’arbitrage international qui l’opposait à Sonatrach.
Le litige portait sur l’éviction, en avril 2021, de la firme britannique du projet gazier d’Aïn Tsila, situé dans le bassin d’Illizi, au sud-est de l’Algérie.
Un arbitrage en faveur du partenaire évincé
Le tribunal arbitral a tranché : la décision de Sonatrach de mettre fin au contrat de partage de production (CPP) de manière unilatérale a été jugée infondée. À l’époque, la compagnie nationale algérienne justifiait cette mesure par les « manquements » répétés de Sunny Hill (via sa filiale Petroceltic) à ses obligations de développement. De son côté, la société britannique dénonçait une « expropriation injustifiée » d’un actif dans lequel elle affirmait avoir investi des centaines de millions de dollars.
Si le montant exact des dommages-intérêts accordés reste couvert par la confidentialité des procédures arbitrales, les intentions affichées par Sunny Hill Energy donnent une indication de l’ampleur de la somme.
La compagnie a annoncé son intention d’utiliser ces fonds pour solder l’intégralité de ses dettes obligataires (« Junior Notes »), soit un montant avoisinant les 290 millions de dollars.
Quelle réaction pour Alger ?
Du côté de la rue Ahmed Ghermoul, le silence reste de mise. Traditionnellement, Sonatrach explore toutes les voies de recours, notamment le recours en annulation devant les tribunaux civils du siège de l’arbitrage (Genève ou Paris). Toutefois, ces procédures suspendent rarement l’exécution financière de la sentence et n’aboutissent que très rarement à une inversion du jugement sur le fond.
Rappel des faits
Le Projet : le champ d’Aïn Tsila est l’un des plus grands gisements de gaz du sud-est algérien. Sunny Hill Energy en détenait une participation de 38,25 %.
En 2021, Sonatrach avait résilié le contrat, invoquant un manquement de la société britannique à ses obligations de développement. Sunny Hill avait alors dénoncé une « expropriation sans compensation » et réclamait initialement plus d’un milliard de dollars de dédommagement.
Impact pour Sonatrach
Cette décision marque un tournant, car elle contredit la position de force affichée par la compagnie nationale algérienne au moment de la rupture du contrat. Bien que Sonatrach ait depuis réussi à mener le projet d’Aïn Tsila vers la phase de production en solo, elle doit désormais s’acquitter d’une facture importante pour solder ce litige.
Samia Naït Iqbal


La méthode Tebboune… Echecs sur echecs… Jamais on a eu un Président aussi calamiteux. Les dirigeants compétents de Sonatrach sont en prison pendant que des incompétents tronent à la Sonatrach et au Ministére