24 février 2024
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Tunisie : l’influent ministre de l’Intérieur claque la porte

L’influent ministre de l’Intérieur tunisien Taoufik Charfeddine, un proche du président Kais Saied, a annoncé vendredi sa démission, affirmant vouloir se consacrer à ses enfants après le décès de sa femme l’année dernière.

En poste depuis octobre 2021, M. Charfeddine, 54 ans, a affirmé à la presse avoir demandé à M. Saied de mettre fin à ses fonctions et l’a « remercié pour s’être montré compréhensif et d’avoir autorisé à être relevé de mes responsabilité au ministère de l’Intérieur ». L’homme était un soutien de premier plan du président Kaïs.

L’épouse de M. Charfeddine et mère de leurs trois enfants est décédée en juin 2022 à la suite d’un incendie causé par une fuite de gaz dans leur résidence. « Le temps est venu pour que je me consacre à cette responsabilité qu’elle m’a laissée », a ajouté M. Charfeddine.

Cet ex-avocat était l’un des piliers de la campagne électorale qui a conduit Kaïs Saied à la présidence en 2019.

M. Charfeddine avait brièvement occupé le portefeuille de l’Intérieur entre septembre 2020 et janvier 2021 avant d’être écarté sous pression du parti d’inspiration islamiste Ennahdha, bête noire du président et à l’époque principale force au Parlement que le chef d’Etat a suspendu lors de son coup de force de juillet 2021.

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Nommé de nouveau à l’Intérieur par M. Saied en octobre 2021, il a depuis joué à ce poste un rôle de premier plan au côté du chef de l’Etat dans la mise en place d’un nouveau système hyper-présidentialiste décrié par ses détracteurs comme une dérive autoritaire qui a sonné le glas de la démocratie née de la première révolte du Printemps arabe en 2011.

« Des traîtres » 

Des ONG tunisiennes avaient ainsi appelé le 8 mars M. Charfeddine à s’excuser après un discours « violent et dangereux » lors duquel il a qualifié de « traîtres » des médias, des syndicalistes, des hommes d’affaires et des partis politiques.

Le ministre avait affirmé que « ceux qui nous font tympaniser les oreilles à travers les slogans de l’immunité parlementaire, de l’immunité judiciaire et qui brandissent à cor et à cri le sacré devoir incombant aux médias et aux syndicalistes, sont bien loin de faire office de bon juge, de bon syndicaliste ou encore de bon journaliste.

Dans une déclaration au vitriol la veille lors d’un déplacement à Ben Guerdane près de la frontière avec la Libye, le ministre s’en était pris aux « mercenaires des médias, hommes d’affaires, syndicalistes et partis qui ont vendu la patrie ».

« Ce sont des traîtres », avait-t-il ajouté, appelant les Tunisiens à soutenir le président Saied, « un homme honnête et patriote »

Dans un communiqué conjoint, plus de 30 organisations, dont la centrale syndicale UGTT et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, ont dénoncé un « discours minable », « sectaire » et qui « crée la division ».

Avec AFP