29 juin 2022
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Une économie en panne de perspective

Tebboune

L’Algérie échappera-t-elle au déficit budgétaire? Rien n’est moins sûr. Car, force est de constater que la crise financière qui étouffe, de nos jours, le pays n’a pas commencé, comme le laissent d’ailleurs entendre nombre d’analystes, depuis le début de la pandémie de la Covid-19, mais bien avant.

Pour preuve, le 24 mars dernier, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya avait révélé, lors de sa rencontre avec les membres de la commission des affaires économiques et financières au Conseil de la nation, l’extrême fragilité de la situation financière et économique du pays depuis 2019.

 

Ainsi ce dernier a-t-il enregistré, en 2019, un taux de déficit de 1457 milliards Da, soit 7,13% du PIB, tandis que les recettes budgétaires étaient de l’ordre de 6 594.65 Mds, soit plus de 2,96% par rapport à 2018 (6405.24 Da). Autrement dit, l’Algérie souffrait déjà d’un déficit de l’équivalent de plus de dix milliards de dollars. Ce qui en dit long sur une situation financière désastreuse à même de déséquilibrer l’économie du pays et d’impacter sa capacité à gérer les défis futurs.

 

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Dès 2019, l’Etat a tenté de réduire ce déséquilibre-là, en baissant ses dépenses budgétaires. Celles-ci avaient atteint 8035,06 Mds, en baisse de 406 Mds par rapport à 2018 (8441,60 milliards de DA).

Elles étaient réparties sur le budget de fonctionnement à hauteur de 59% contre 41% pour celui de l’équipement. Il s’avère, qu’en conséquence, cet effort n’a pas abouti, dans la mesure où les équilibres financiers du pays ont été rompus dès l’année 2019.

A ce titre, la dette publique s’est élevée, à la fin de la même année, à 9320,2 Mds de dinars, soit l’équivalent de 65,4 Mds de dollars.

Une somme faramineuse qui traduit l’inefficacité de la gouvernance des finances publiques, face à l’augmentation des dépenses, sans qu’il n’y ait une croissance économique satisfaisante.

Quant au taux de la croissance économique en 2019, il s’est établi à 0.8%, contre 1.2% en 2018 (soit -0.4 point). Pour rappel, le PIB en 2018, à savoir la richesse annuelle créée par le pays,  était de  Mds DA, soit l’équivalent de 143 Mds de dollars, et le PIB hors hydrocarbures réalisé en 2019 a atteint 16 438 mds DA, contre 17 406.7 mds DA, prévus dans la loi de finances pour la même année, en plus de 15 903.6 mds DA réalisés en 2018.

Cela signifie que, sans les hydrocarbures, le PIB de l’Algérie étant d’à peine 115 Mds de dollars ! L’Algérie serait ainsi aussi pauvre que le Maroc, l’Ethiopie ou la Tunisie.

Il est clair que toutes ces données démontrent, enfin, que 2019 fut réellement une année charnière pour l’Algérie, avec l’histoire du  cinquième mandat, le Hirak/Tanekra et les remous politiques  qui s’en sont suivis. De même, les prémices de l’appauvrissement du pays et de sa chute économique étaient déjà là, quand la pandémie de la Covid-19 a commencé.

Celle-ci n’a fait, d’ailleurs, qu’accélérer le processus de la dépression économique.

Kamal Guerroua
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