23 juin 2024
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AccueilA la uneUne société sans femmes est une société infâme !

Une société sans femmes est une société infâme !

Ballerine légendaire

 

Ils s’étonnent de vous voir diriger par des femmes parce qu’ils sont des marchands d’esclaves, disait Kateb Yacine. De la soumission des femmes, on a rendu possibles toutes les barbaries modernes ou moyenâgeuses.

L’école instruit l’esclavagisme des femmes. L’État diligente l’esclavagisme des femmes. La mosquée encense l’esclavagisme des femmes. Les partis politiques, comme le soutenait explicitement le FIS, et le sous-tend Larbi Zitout d’aujourd’hui, avec une voix verbeuse et hypocrite, empreinte d’infime variation dans le discours islamiste et d’appétits ingouvernables, adulent l’esclavagisme des femmes parce qu’ils rêvent d’ériger une société sans les femmes, une société contre les femmes.

Pour noyer le ridicule dans l’inculte, les islamistes n’ont eu de cesse de nous dire que derrière chaque grand homme, il y a une femme. Mais ce que cache cette ultime ineptie, c’est que derrière chaque corps d’une femme que l’on cherche à soumettre, il y a un homme infâme !

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On ne nait pas anti-femmes, on le devient. La soumission des femmes ne relève pas de la biologie de l’homme algérien, elle relève de la sociologie d’un pays que l’on a voulu bâtir sans les femmes. Bâtir contre les femmes. L’antiféminisme en Algérie n’est pas un génotype; l’antiféminisme en Algérie est un phénotype qui tient son origine dans l’islamisation de générations entières, depuis que l’homme Imam a pris la place de l’homme-femme, et depuis que le corps des femmes est devenu la hantise des maris, des pères ou des frères qui courent derrière le voile. Une société qui voile est une société infâme.

Si beaucoup de luttes de libération de l’homme du joug de la dictature d’opinion, de la liberté de circuler, de la liberté d’innover, de la liberté d’aimer, sans que cela ne réveille les pulsions meurtrières des cerbères de l’idéologie Wahhabite, ont fait leur petit chemin, avec plus au moins d’infimes avancées, une seule reste encore à son point de non- renoncement idéologique, voire cimenter dans l’insoutenable domination des corps et des esprits, c’est celle de  la libération des femmes.

La vie d’une femme en Algérie ressemble à un dessin au crayon effacé, même si beaucoup d’entre elles résistent et réécrivent l’histoire pour laquelle elles sont nées et à laquelle elles aspirent pour devenir un jour femmes. Il subsiste encore, dans la nouvelle Algérie de Tebboune, comme partout dans le monde; dans l’Iran des Ayatollah, dans l’Afghanistan des talibans, dans l’Arabie saoudite des apprentis bouchers, des femmes qui possèdent un tronc d’arbre en guise de colonne vertébrale.

Mohand Ouabdelkader

 

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