23 juillet 2024
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Abdelmadjid Adda : « L’Étranger de Camus a été le moteur de mon inspiration »

Abdelmadjid Adda est natif de ce beau village, Ighil Ali chez les Ath-Abbès, situé au cœur du massif montagneux des Bibans, dans la wilaya de Bgayet (Bejaïa), Ighil Ali est un nom qui résonne tant il est porteur d’histoire, un village magnifiquement préservé grâce à la pugnacité de ses enfants. Chaque ruelle de ce village recèle un pan d’histoire.

La commune d’Ighil Ali fut le centre du royaume kabyle des Ath-Abbès, (Avec la Kalâa des Ath-Abbès) qui régna en Kabylie aux côtés du royaume de Koukou à Aït Yahia (actuelle commune de Aït Yahia, dans la wilaya de Tizi-Ouzou). Ighil Ali est donc un joyau architectural qui témoigne d’un riche passé, la casbah ressemble de très près à celle de Constantine ou d’Alger. Quand on évoque Ighil Ali on ne peut s’empêcher de penser à l’illustre famille Amrouche, notamment, Taos et El Mouhoub.

Abdelmadjid Adda, invité de l’écrivain Youcef Zirem au café littéraire parisien de l’Impondérable, a évoqué avec émotion Taos et Jean El Mouhoub Amrouche, pendant les questions du public, un monsieur natif du même village a même évoqué le grand père Amrouche qu’il a connu.

Abdelmadjid Adda a fait des études de droit à l’Université Panthéon Assas Paris II, il a publié un livre étonnant, émouvant, « Le téléphone piégé » où il raconte une histoire vraie, la sienne.

Ce livre est bouleversant, Abdelmadjid Adda se livre avec une dextérité rare. Dans un souci de préservation des traditions l’auteur se retrouve piégé dans les filets d’une histoire conjugale sans égale dans le déchaînement de haine et de violence.

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« Le téléphone piégé » est un livre qui interpelle le cœur et l’esprit, pour un avenir réfléchi, apaisé et serein.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes natif d’un village, Ighil Ali des Ath-Abbès, prestigieux, aussi bien par l’art, la culture et l’histoire, vous venez d’ajouter votre pierre à cet enrichissement, en publiant un livre bouleversant, qui est Abdelmadjid Adda?

Abdelmadjid Adda : Père de trois enfants, je suis né au village Ighil Ali, quartier Thazayarth, où j’ai passé mon enfance, c’était la belle époque et la meilleure période de ma vie.  À mon arrivée en France j’ai entamé des études de droit à la prestigieuse Université Paris II Assas car mon objectif était de travailler dans la fonction publique mais par la force des choses je me suis retrouvé dans le domaine des affaires.

Le Matin d’Algérie : Vous avez commencé des études de droit à l’Université Panthéon Assas Paris II, mais c’est la littérature qui vous passionne, comment est venue l’idée d’écrire ?

Abdelmadjid Adda : Depuis mon jeune âge j’aimais beaucoup lire et écrire des petites histoires, plusieurs années après j’avais envie de raconter mon histoire tragique mais l’inspiration n’était pas au rendez-vous, un jour je suis tombé sur le livre du grand écrivain Albert Camus, L’Étranger, quand j’ai commencé à lire ce livre, je me suis dit « pourquoi pas moi ? », j’ai trouvé finalement que c’était une histoire simple et que mon histoire pourrait aussi intéresser beaucoup de lecteurs. Je considère, L’Étranger, de Camus comme le moteur de mon inspiration.

Le Matin d’Algérie: « Le téléphone piégé », comment s’est fait le choix du titre ?

Abdelmadjid Adda : franchement Brahim c’est une bonne question, en fait le choix s’est imposé, car c’est ma mère qui s’est fait piéger au téléphone.

Le Matin d’Algérie : On peut dire que vous avez l’art de raconter, mais on sort de votre livre écorché, c’est une histoire déchirante, romanesque, mais vous éclairez quelques ombres de nos traditions, pouvez-vous nous en parler ?

Abdelmadjid Adda : Dans cette histoire je voulais passer plusieurs messages pour que les lecteurs ne tombent pas dans le même piège et j’ai aussi pensé que les gens qui me connaissent ont le droit de connaître la vérité.

Vous savez Brahim, les hommes comme les femmes peuvent être victimes des mariages arrangés, la première cause est liée à nos traditions, mais normalement même si on respecte nos traditions et nos parents, rien n’empêche de réfléchir et de prendre son temps pour prendre ses décisions. Mais les temps ont malheureusement changé, le matérialismes prime sur les valeurs morales.

Je suis content aujourd’hui car j’ai beaucoup de témoignages de lectrices et lecteurs qui se retrouvent dans cette histoire et ça fait vraiment un grand plaisir.

Le Matin d’Algérie : Quels sont les écrivains qui vous influencent ?

Abdelmadjid Adda : Plusieurs écrivains kabyles, El Mouhouv Amrouche, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, ils ont écrit des livres qui ont une grande influence sur notre société et on se réfère souvent à eux, même s’ils ne sont plus de ce monde.

Dans ce Roman je me suis aussi inspiré de l’écrivain journaliste Youcef Zirem dans son roman, Les portes de la Mer.

Le Matin d’Algérie : Concernant l’écriture, avez-vous des projets en cours ou à venir ?

Abdelmadjid Adda : J’ai terminé le premier jet d’un roman avec ma fille Lylia, j’espère trouver le temps de continuer, pour l’avenir j’ai beaucoup de projets notamment une biographie de mon frère disparu.

Entretien réalisé par Brahim Saci

Livres publiés :

Le téléphone piégé, Independently published

Chambre contre services, Independently published

2 Commentaires

  1. je cite : « du royaume de Koukou (actuelle commune d’Imsouhal, dans la wilaya de Tizi-Ouzou). »
    Rectificatif, « royaume de Koukou (actuelle commune d’ATH YAHYA, dans la wilaya de Tizi-Ouzou) »

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