29 juin 2022
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Algérie : énergie, les mosquées écrasent  le foot

FOOTAISES de Meziane Ourad

Algérie : énergie, les mosquées écrasent  le foot

 « Les mosquées génèrent la facture d’électricité la plus salée annuellement parmi tous les acteurs des services publics », a déclaré Noureddine Bedoui.

« Perdre de cette façon est inacceptable, même pour un match amical. Nous avons des joueurs d’un niveau mondial, perdre de cette façon n’est pas normal, il faut faire le point, évaluer les résultats avec tous les acteurs. »

Ceci est la déclaration du ministre de la Jeunesse et des sports, Mohamed Hattab, après l’humiliante défaite (3-2) face au Cap-Vert de l’EN algérienne au stade du 5-Juillet. Un stade, disons-le bien, qui n’a rien d’olympique.

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C’est bien vaillant et méritoire, un ministre qui vient râler sur les ondes de « la zéro ». C’est même devenu un réflexe quasi-théâtral chez ces confrères qui, pour tirer les marrons du feu, n’hésitent plus à flageller les lampistes, Walis y compris, de leurs secteurs respectifs, publiquement ; ça gratouille leurs concitoyens là où ils adorent, la fierté nationale. Ce sentiment de toute puissance face au nuisible monde qui les entoure. Qui les assiège. « Il faut faire le point », dit il.

Quelle valise de détection électronique pourrait donc faire le point sur la panne généralisée qui frappe l’Algérie depuis plusieurs années ? Bonne chance Monsieur le Ministre !

Le collègue de M. Hattab, Noureddine Bedoui, qui a la charge de l’Intérieur et des collectivités locales vient de balancer un scoop somme toute attendu : « Les mosquées génèrent la facture d’électricité la plus salée annuellement parmi tous les acteurs des services publics. »

Elles consomment plus d’énergie que la Défense, la Santé ou l’Education nationale. Qu’à Dieu ne plaise !

Je suggère à nos deux hauts responsables une rencontre au sommet au cours de laquelle ils pourraient évaluer dans quelle mesure une réduction de la facture énergétique des « tarawihs » et des sonos bêlantes à longueur de journées et de nuits du ramadhan pourrait rendre service à la logistique de l’équipe nationale de football…

Le pont aérien organisé la veille de la coupe du monde 2010 entre Alger et Khartoum visant à étouffer l’Egypte me revient. Un épisode que j’ai aimé comme tout Algérien blessé. Il nous fallait cette victoire pour venger l’agression et la défaite du Caire ! Avec du recul, je me dis que le trop-plein d’orgueil que tout le peuple avait manifesté alors, reposait sur des nouilles. Le vide. Des centaines de milliers de cadres, d’intellectuels, d’artistes ou encore d’ingénieurs ont déserté le pays ces trente dernières années. A l’exception des démocrates, des militants de la liberté qui se sont égosillé, en vain, au temps de l’hémorragie, je n’ai pas entendu beaucoup de cris, pas même d’orfraie, pour dénoncer cette curée qui a coûté, coûte et coûtera pendant longtemps très cher à l’Algérie.

Il est vrai que les exploits accomplis en laboratoire par les chercheurs n’ont aucune mesure avec ceux accomplis par les artistes du ballon rond sur un terrain de football. La vox-populi s’en tamponne ! Les peuples, surtout les plus piétinés par leurs gouvernants aiment les performances glorifiantes dans l’immédiateté. Les drapeaux, les youyous et les feux de bengale. Pousse-t-on des youyous lorsqu’un compatriote découvre un vaccin ou réalise une première chirurgicale ? 

Qui du Professeur Mentouri ou Madjer, du Docteur Boucebci ou de M’bolhi sont plus connus de nos quarante millions de jeûneurs ! Pas besoin de sondages !  Il y a bien longtemps que l’on sait qu’au pays où à peine 5 à 10 % des enfants scolarisés sont admis à l’université, on préfère une belle « aile de pigeon » exécutée dans les dix-huit qu’un geste chirurgical exceptionnel réalisé dans un bloc opératoire.

Soixante quatrième au classement FIFA établi le 17 mai 2018, l’équipe nationale algérienne, quinzième si ce n’est plus en Afrique va jouer les réservistes durant cet été. Son peuple saoulé au foot par les trabendistes du championnat national est condamné au piratage des diffuseurs mondiaux. La rage au ventre, il applaudira les honnies Tunisie, Maroc et Egypte. Par dépit, il pourra se tourner vers le Nigeria ou le Sénégal. A partir des huitièmes, totalement mortifié, il lui restera la possibilité de célébrer la France, la patrie d’une majorité de ses joueurs. Et pourquoi pas la Russie ? Poutine nous aime. Il a dit au monde velléitaire caporalisé par Trump, l’autre recalé, que « l’Algérie est une ligne rouge à ne jamais franchir. »

Poutine nous protège et nous arme.

Vivement que cette belle guerre commence ! 

Auteur
Meziane Ourad

 




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