28 septembre 2022
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Algérie-France : Macron et les excuses du journal Le Monde

« Nous avons décidé de retirer de notre site la tribune du politiste Paul Max Morin sur le récent voyage d’Emmanuel Macron en Algérie, publiée jeudi 1er septembre. Ce texte reposait sur des extraits de citations qui ne correspondent pas au fond des déclarations du chef de l’Etat. Si elle peut être sujette à diverses interprétations, la phrase « une histoire d’amour qui a sa part de tragique » prononcée par M. Macron lors de la conférence de presse n’évoquait pas spécifiquement la colonisation, comme cela était écrit dans la tribune, mais les longues relations franco-algériennes. Le Monde présente ses excuses à ses lectrices et lecteurs, ainsi qu’au président de la République. »

C’est par ce message inédit dans l’histoire de la presse que le journal sépulcrale, Le Monde, s’adresse à ses lecteurs pour justifier le retrait de la tribune signée de Paul Max Morin, chercheur associé au Centre de recherche politique de Sciences-Po intitulée « Réduire la colonisation française en Algérie à une histoire d’amour parachève la droitisation d’Emmanuel Macron sur la question mémorielle », publiée dans Le Monde ce 1er septembre, en fin de matinée.

Paul Max Morin constate d’abord qu’en « cinq ans, la colonisation sera passée, dans la syntaxe présidentielle, d’un « crime contre l’humanité » (2017) à « une histoire d’amour qui a sa part de tragique ». Le chercheur estime ainsi que « la droitisation du paysage politique français a amené Emmanuel Macron à durcir sa ligne ».

Selon le chercheur la phrase présidentielle s’inscrirait ainsi « dans la continuité d’une idéologie coloniale qui n’a jamais cessé d’utiliser des euphémismes pour masquer les réalités sociales et politiques. »

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Par ailleurs, Paul Max Morin rappelle que toutes les archives sur la colonisation française et la guerre d’Algérie n’ont pas été ouvertes. Le chercheur n’y va pas par quatre chemin. Il estime de juste que la colonisation n’est pas et ne peut pas être une histoire d’amour, contrairement à ce qu’a soutenu Emmanuel Macron à Alger devant Abdelmadjid Tebboune.

Le chercheur a démonté le changement de ton de Macron sur la colonisation : «En cinq ans, la colonisation sera passée, dans le verbe présidentiel, d’un “crime contre l’humanité” (2017) à “une histoire d’amour qui a sa part de tragique” (2022).» A peine croyable comme changement de ton.

La tribune du chercheur a suscité la colère de l’Elysée, poussant donc Le Monde à la retirer ? Dans quel monde sommes-nous ? Et dire qu’elle a été discuté avec la rédaction comme l’a déclaré l’auteur à ChekNews de Libération.

Qu’y a-t-il donc de fallacieux dans l’analyse de Paul Max Morin qui justifierait le retrait de la tribune des colonnes du journal ?

Au-delà du malaise que suscite ce retrait au sein même de la rédaction de ce journal dont le sérieux et la neutralité ne sont pas à démontrer, c’est la forme même de ce message d’excuses qui invite à l’étonnement !

En effet, selon Le Monde « Ce texte reposerait sur des extraits de citations qui ne correspondraient pas au fond des déclarations du chef de l’État ». En guise de démonstration le journal se focalise sur une seule phrase, celle où il est question « d’histoire d’amour qui a sa part de tragique. » !?

Là où le message du journal prend des allures ubuesques, c’est dans la gaucherie de justification de la non-correspondance des envolées de Paul Max Morin avec le fond des déclarations de Macron. Voilà qui est on ne peut plus clair ! Que se passe-t-il à la rédaction du Monde pour s’illustrer par un tel rétropédalage ? Pourtant ce journal a été à l’origine de l’une des plus importantes enquêtes qui a dépoussiéré la question de la torture en Algérie ? Avec cette volte-face il est bien difficile de ne pas y voir un fil à la main des médias dans l’hexagone !? Pardon monsieur le président !

Pauvre France !

Kacem Madani

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33 Commentaires

  1. Iben moua qui n’ai pas lu l’article de en question sans vouloir adhérer complètement au prétexte du  »Monde » pour le retirer de son site, ni à celui des défenseurs de l’auteur , j’ai tendance à penser qu’au fait que c’est le Monde et Macron qui ont raison ne serait-ce qu’à leur insu .

    Ardjaw daghène ne vous énervez pas je vous spilke.

    Concernant la colonisation en soit j’ai tendance à la représenter comme l’a fait Kichi dans sa parabole de celui qui arrive dans un endroit qui chasse sauvagement ses propriétaire qui mets les commodités et qui s’approprie les lieux et fait des travaux à son goût avant que ses descendants en soient chassés à leur tour pars les héritiers de l’ancien propriétaire.

    Mais amounavi ce n’est pas de ça qu’il s’agit . Il ne s’agit pas de la colonisation, mais de son histoire, safidir : de la colonisation telle qu’on se la raconte. Tamacahut-is .

    D’autant plus que Macron a dit que ni lui ni sa famille n’ont été concernés par la colonisation. Et quoi qu’il en soit ce qui domine le rapport à cette colonisation c’est l’aspect mémoriel:les souvenirs de la colonisation.

    On ne saurait dire qu’il s’agit d’un regard objectif de part et d’autre car c’est difficile d’être juge et partie. Ce regard éloigné, levistraussien, sur le fait colonial est impossible car les narrateur se projettent eux-mêmes dans leur récit. On ne saurait donc parler que du rapport à la colonisation , de la colonisation telle qu’elle est vue, je dirais même : telle qu’elle est ressentie par les uns et les autres.

  2. Le Président Macron a déclaré solennellement, lors de son dernier voyage en Algérie, qu’il était prêt à ouvrir toutes les archives détenues par la France, concernant la période allant du 5 juillet 1830 au 3 juillet 1962, aux historiens français et algériens qui souhaiteraient les consulter. Chiche Monsieur le Président! Si, vraiment, il tenait cet engagement, la désignation d’une commission mixte paritaire d’historiens algériens et français ne serait d’aucune utilité, car il ne s’agit surement pas d’écrire, en commun, une histoire officielle algéro-française sur la conquête et la colonisation de l’Algérie, mais bien de laisser aux historiens de nos deux pays d’écrire, chacun à sa manière età sa guise, cette page tragique de notre histoire commune. Tout le reste ne serait que manipulation politique.

    • Concernant l’ouverture des archives, je reste très dubitatif du côté français comme du côté algérien. De la part de la France, ça reste concevable…douteux, très douteux, mais imaginable à la rigueur. Du côté algérien, je vois d’ici comment ça se passera: On annoncera à grande pompe que les dites archives sont ouvertes à tout le monde et sans restriction aucune ! Il « suffira » d’avoir une autorisation délivrée par la Kasma de Âarriwa. Seulement, cette autorisation, vous pouvez toujours courir pour l’avoir.

      • Je crains que vous n’ayez, hélas raison! Compte tenu, tant du fait de l’absence de volonté politique, que du niveau culturel de ceux qui nous tiennent lieu de gouvernent!

    • Mon professeur de philosophie au Lycée de Maison-Carrée, feu Roger Laporte, nous racontait en 1955, durant son cour sur la philosophie de l’Histoire, cette anecdote, qu’il tenait lui-même de son Professeur, le célèbre historien Henri-Irénée Marrou, pour illustrer la caractère relatif du discours sur l’histoire. C’était, nous contait-il, une vieille dame le la haute aristocratie qui, sous la Restauration, rendait visite à une de ses amies d’enfance, veuve d’un ancien conventionnel. En entrant dans le salon de son hôtesse, cette dame, apercevant, accrochés au mur, les portraits de Marat, Robespierre et Saint-Just, s’écria : quoi, vous gardez encore ici le visage de ces montres? Tais-toi Célestine, lui répliqua son amie, tais-toi, c’était des saints!

      • En 1955 ? Et moi qui croyais avoir des souvenirs tellement lointains, alors que j’avais trois ans en 1955 ! Vous avez dû en voir des choses à cette époque cruciale de l’histoire du pays. Je ne peux que rêver d’être aussi lucide et bien articulé dans quelques années.

        • J’avais 19 ans. « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », comme l’écrivait si bien le frère Muhend Aɛṛab Bessaoud!

  3. NIghak a Kichi ,

    Pourquoi , les archives la guerre s’est déroulée , sous nos yeux , nous avons connu des milliers de témoins dont certains sont encore vivants.

    Et ouis , les archives ? Quelles archives ? Celles de la guerre ou celles de la colonisation ? Que nous apporteront-elles de plus que ce que l’on sait ? Je ne vois pas pourquoi on fait une fixation sur les archives. Le problème n’est pas les sources , ni la quête de la vérité, mais leur interprétation. Et puis crois-tu que cela changera quoi que ce soit dans le rapport à la colonisation ? Dans la représentation de la France dans la tête des Algériens et réciproquement? Macron a dit que la colonisation est un crime contre l’humanité , et après? De toutes ces archives chacun prendra ce qui l’intéresse pour confirmer l’idée reçue ou qu’il s’est forgé de la colonisation ou de la guerre et le lecteur en fera autant. Une phrase de Macron a été interprétée par un historien comme il l’a voulu . Pour celui-ci Macron a parlé de la colonisation , pour le Monde et Macron , il a parlé du rapport à la colonisation. Moua j’ai tendance à croire que Macron n’a pas parlé de la colonisation mais du rapport à celle-ci. N’a t-il pas dit à un jeune à Alger : arrête de m’embrouiller avec l’histoire de la colonisation ? J’ai tendance à croire, au risque de me tromper, que Macron ne cherche ni a nier ni a reconnaître les méfaits de la colonisation , il veut évacuer la colonisation .

    • Pour tout dire, cette histoire m’ennuie. Si les archives étaient ouvertes et m’étaient accessibles aujourd’hui, je les consulterais uniquement pour essayer de trouver des informations concernant ma propre famille et celles de mon petit village et quelques villages environnants, c’est à dire des renseignements d’un intérêt personnel, pour ma propre édification.
      Je vais te raconter une vraie anecdote: Vers 1960, un cousin à moi de 11 ou 12 ans a été blessé par balles aux deux jambes. Son ami du même âge a été tué, déchiqueté devant lui par les chiens bergers allemands. C’était des harkis qui avaient tiré et lâché les chiens sur eux. Mon cousin a survécu et est devenu un homme respecté et admiré par tout le monde pour sa thirougza (redjla, pour les arabophones.) Un jour, vers 1975 ou 1976, un homme du village est venu lui parler: Il lui a juré qu’il avait vu au marché du dernier lundi le harki qui avait tiré sur lui. Mon cousin lui a répondu: « Pourquoi remuer tout ces mauvais souvenirs? Tu crois que je vais aller le tuer pour me venger? C’est passé tout ça. Je ne veux plus y penser. » Et le plus intéressant est que tout le monde dans l’assistance a été d’accord avec lui.

      • Cela ne m’étonne pas du tout , je crois que ceux qui ont vraiment soufferts de la guerre , n’ont pas vraiment le même regard. Qu’est-ce que les archives ont à lui raconter .

        Ce que je voulais dire c’est que la vérité si tant st ce qu’on cherche ne réglera pas le problème du rapport à la colonisation dans l’esprit des uns et des autres. D’abord les archives ne leur apprendront pas plus que ce qu’ils en savaient, en plus ce rapport à la colonisation a structuré leur mémoire , et personne ne sera près ni ne cherche à la changer. Ensuite la vision de la colonisation , une certaine vision fait partie des  »mythes fondateurs » de notre Nation. Les historiens écriront ce qu’ils voudront cela n’affectera pas cette vision. Nous avons bien une religion que peu d’Algériens contestent. Les historiens écriront ce qu’il voudront cela ne concernera que quelques érudits qui lisent encore. Et les mythes fondateurs de notre nation continueront à influencer les rapports que nous avons avec la France.

        • Dans Au fil de l’épée, un vieux film sur la guerre d’indépendance américaine, un général anglais (joué par Laurence Olivier) qui vient de perdre une bataille décisive confie à un officier subalterne qu’il pense que l’Angleterre perdra cette guerre. Le subalterne s’écrie: « Mais, que dira l’Histoire alors, mon général? » Réponde du général: « L’histoire, mon cher, racontera des bobards, comme toujours. »

      • Nous avons, cent trente années durant, été expulsé de l’Histoire par la France! Il est inconcevable que nous renoncions à la récupération de la plupart des matériaux essentiels détenus par l’ancien occupant, pour réécrire et raconter, à notre manière, cette longue page d’histoire écrite et racontée pour nous par quelqu’un d’autre! Il ne s’agit nullement de ressasser je ne sais quelle haine ou quelle envie de vengeance, mais simplement de savoir, pour nous mêmes et pour les générations futures. Celui qui ne sait pas d’où il vient ne saura jamais où il va.

        • Bien sûr, au bout du compte il y a toujours ça qui reste. Pourtant, personnellement, ça ne me gênerait qu’il n’y ait pas d’archives, pourvu que ce soit le cas des deux côtés de la Méditerranée. Mais si la France a ses archives sur cette guerre, alors il faut aussi que les algériens aient les leurs, pour autant que ça serve à quelque chose. Je suis peut-être un pessimiste incurable, mais je ne crois pas qu’en dehors de quelques individus enclins à la réflexion les leçons de l’histoire soient bien observées dans la vie. Il n’y a qu’à voir le nazisme et le fascisme montrer leurs vilains museaux un peu partout sur terre aujourd’hui. Les leçons sont là, les archives sont là, toutes les preuves sont là pour montrer à quel point c’est dangereux et absurde, et pourtant ça ne les convainc pas. On ne peut pas convaincre ceux qui refusent d’écouter.

        • 130 ans ? J’allais dire : seulement? Mais je ne vais pas le dire. Il ne faut pas non plus exagérer l’ampleur de l’occultation. Car tout ce qu’il faut savoir à propos n’est pas que dans ces archives. Je ne suis pas sûr que l’ouverture de ces archives nous surprendra énormément.

          Je ne dis pas qu’il ne faut pas ouvrir ces archives. Ou qu’elles sont inutiles pour ceux qui, un peu plus car je ne crois pas non plus que l’ouverture des archives révolutionnerait ce qu’on sait déjà sur la colonisation. Je ne suis pas du tout contre. A titre personnel , sans un être un grand érudit mes lectures et pérégrination à travers la littérature m’ont en déjà suffisamment appris, suffisamment pour remplir ma petite tête de linotte .

          Je dis seulement que l’ouverture de ces archives ne réglera pas le problème mémoriel , le rapport à la colonisation. Ce n’est qu’une façon de se débarrasser d’une entrave qui pourrit la relation.

          •  »Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus » . Le curseur de ma vieille tablette se balade à sa guise dans le texte . Et cela rend le texte incompréhensible.

            • J’ai ce même problème. Si je ne fais pas attention, je commence une phrase au milieu d’un mot, au milieu d’une autre ligne.

  4. L’ouverture des archives n’a pas pour objectif d’établir la nature de l’entreprise coloniale française en Algérie. D’innombrables études historiques académiques, basées sur des documents incontestables, ont déjà prononcé leur verdict à cet égard : sous couvert d’une prétendue « œuvre de civilisation des peuples inférieurs », ce fut une entreprise de pillage, de rapine et de destruction de notre pays, de ses structures sociales, économiques et culturelles, au moyen d’une violence extrême, confinant parfois au génocide culturel, sinon physique, des populations locales.
    Je répète, la publication des archives produites par l’administration coloniale n’a pas pour unique objet d’offrir à nos historiens des matériaux précieux pour documenter l’écriture de cette sombre page de notre histoire. Elle signifie surtout la reconnaissance solennelle par la France des crimes d’Etat commis, en son nom, en Algérie.
    Je souligne que l’histoire n’est pas une simple addition de mémoires personnelles, même si celles-ci alimentent la mémoire collective du roman historique national. Il ya eu, ces derniers temps, de nombreux recueils de souvenirs de principaux acteurs du Mouvement National en général et de la guerre de libération nationale, en particulier, dont ceux, remarquables, de Sadeq Hajerès et celui du recueil des souvenirs de Lakhdar Benttobal par l’historien Daho Djerbal, qui constituent autant de documents, certes partiels, voire, parfois, partiaux, mais qui demeurent indispensables à l’établissement contradictoire des faits. Tant le discours sur l’histoire est toujours un débat inachevé.

    • Je suis convaincu que la connaissance/reconnaissance de la vérité sur la colonisation ne va pas résoudre le problème qui existe entre la France et l’Algérie aujourd’hui. D’ailleurs qui a besoin qu’on lui explique que la colonisation était un crime abject et non une mission civilisatrice ? Qui serait d’accord avec un criminel qui entre par effraction dans une maison, viole la propriétaire et ses filles et occupe la maison de force, parce que d’après lui elles étaient illettrées et il voulait leur apprendre à lire et à écrire ?? Cette vérité est trop éclatante pour que quiconque se trompe sur sa nature. Y a-t-il aujourd’hui des gens en France qui croient réellement, sincérement, que c’était une mission civilisatrice? Je n’ai passé que quelques jours en France de toute ma vie, donc je ne connais pas la réalité sur le terrain, mais j’aurais du mal à le croire. J’imagine que certains font semblant de le croire, ou alors se racontent des bobards à eux-mêmes parce qu’ils sont affectés dans leur vie personnelle par cette colonisation et ils ont besoin de justification face à leur propre conscience, comme certains pieds-noirs ou des soldats qui ont fait la guerre 54-62 par exemple. Mais pour la vaste majorité, j’imagine qu’ils ne veulent pas y penser. C’est ce qu’on appelle un “scotome” en psychologie, un scotome collectif. On évacue de sa conscience un fait parce qu’il est trop dérangeant. La vérité, les preuves, les documents ne suffiront jamais à leur faire changer d’avis, parce que cette vérité ils la connaissent déjà dans leur subconscient. Et même si toute la population française devait soudain voir cette vérité éclatante et se sentir saisie de contrition, ça ne changerait rien.
      Quand je lis que l’Eglise demande pardon pour telle ou telle offense passée, comme par exemple d’avoir aidé à regrouper des juifs pendant la guerre mondiale ou à refuser de les aider, ça me fait presque rire: Je sais très bien que si les mêmes circonstances se présentaient de nouveau, l’Eglise ferait la même chose aux juifs de nouveau, malgré son repentir.
      Au lieu de reconnaissance sollennelle par la France, je voudrais surtout qu’on oublie tout et qu’on recommence les relations sur des bases nouvelles. Si on attend la reconnaissance et la contrition de la part de tous les pays qui ont agressé un autre pays, tous les pays du monde auraient besoin de se repentir. Nous autres algériens devrions présenter nos excuses et notre contrition à l’Espagne, qui elle devra le faire aux Amériques, etc., etc. D’ailleurs, certains pays – agressés et agresseurs – n’existent plus ou ont des frontiéres complétement différentes.
      La reconnaissance solennelle de la France viendra – si l’Algérie la demande encore – le jour où les intérêts matériels de la France lui dicteront de le faire, ce qui risque de ne jamais arriver. Et si elle le faisait, je gage que le Pouvoir algérien serait soudain saisi de panique: Que va-t-il faire maintenant? Ce serait un rude coup à son fond de commerce et à sa soit-disant légitimité.

      • Chacun voit la publication de ces archives avec son propre affect de colonisé. Certains les attendent comme un traitement, pour d’autres on est loin du compte, et il y a aussi ceux qui , comme mo, i les considèrent comme un non-événement. Moua les années soixante m’ont guéri de tout traumatisme postcolonial.

        Je dis que Macron a dit que la colonisation est un crime contre l’humanité , mais il n’a pas dit Jacques a dit , et encore moins je m’en excuse infiniment, bien au contraire, il a dit arrêtez de m’embrouiller avec ces histoires de colonistion.

        Cela ressemble plus à de l’exhibitionnisme qu’à des aveux . Chiche à qui grimpera le premier au cocotier!

        Je pense tour simplement que si nous avions réussi notre développement scientifique culturel et économique comme le Japon, la Corée du Sud, Isr… non pas Isr…., qui ont connu des carnages qui n’ont rien à envier à ceux que nous avions subis , nous n’en serions pas, trois générations après à quémander une reconnaissance à Fafa. Au lieu de cela nous ne sommes sortis du totalitarisme que produire l’islamisme. Nous sommes là en plein psychothérapie , nous pensons que c’est n’est par l’oralisation que nous sortirons de ce rapport oedipien avec Fafa. Il faut mettre des mots sur les maux. Quand ce sera fait nous pardonnerons à Fafa de ne pas demander pardon et nous passerons à autre chose.

    • @At Dahman: En fin de compte je crois que la reconnaissance et la repentance de la part de la France lui seraient très faciles si elle le voulait. Ce ne seraient que des mots, après tout, mais… ah non, minute !… Ce ne serait pas que des mots. Si on reconnaît l’énorme crime, alors il faudrait parler compensation. Et là nous entrons dan un domaine autrement plus explosif.

      • @Kichi Duoduma
        Je persiste à penser que l’Algérie devrait exiger la reconnaissance officielle des faits comme préalable à la normalisation des relations algéro-françaises. De tous les faits. La repentance est un concept chrétien lié au péché originel, concept étranger à nos propres traditions. Du reste, jamais notre pays n’a, officiellement, exigé une prétendue repentance des autorités françaises : c’est Sarkozy qui, le premier, a usé de ce terme, lequel fut, ensuite, repris en chœur par la droite et l’extrême droite françaises et…, par ignorance, repris par quelques voix algériennes ignorantes et non officielles. Pour ma part, je n’exigerai même pas d’excuses, car, de mon point de vue, ces crimes sont inexcusables.

        • La différence entre nous est que personnellement je juge que ce n’est pas trop important. Important, important, peut-être, mais pas trop de mon point de vue. Je ne suis certainemant pas contre la demande ou l’offre de reconnaissance, mais pour moi ça ne changera pas grand-chose. D’ailleurs quoi qu’il arrive, ce n’est pas la vaste du majorité du peuple qui en bénéficierait, si bénéfice il y a, matériellement ou autrement parlant. Le gros parasite qu’est le Pouvoir algérien accaparerait tout d’une manière ou d’une autre. Enfin, c’est mon avis, et je ne pense pas que tout le monde devrait voir les choses sous le même angle que moi. Il y a bien des sujets sur lesquels je montrerais plus de hargne et soutiendrais ma position mordicus, mais celui-ci n’en fait pas partie.
          Votre dernière phrase, « Pour ma part, je n’exigerai même pas d’excuses, car, de mon point de vue, ces crimes sont inexcusables » me rappelle ce que disait Mel Brooks à propos de Hitler. Brooks, aujourd’hui âgé de 96 ans, est juif. Il a dit (ma traduction:) « Que pourrait-on faire pour se venger de Hitler ou réparer les pertes qu’il a causées aux juifs ? C’est impossible. La seule façon est de se moquer de lui, d’en faire un pitre. il est impossible de se venger de 6 millions de Juifs assassinés. Mais en utilisant le moyen de la comédie, nous pouvons essayer de priver Hitler de son pouvoir posthume et de ses mythes. »

  5. Je ne crois pas que la publication de ces archives signifierait quoi que ce soit  »officiellement » ou autrement sinon elles ne seraient pas publiées. Ou alors il faut avoir fait sa propre Canossa avant. J’ai plutôt tendance à penser le contraire: c’est parce que cette publication ne risque pas de changer quoi que ce soit dans les postures des uns et des autres qu’on accepte de les publier. Du reste on n’a pas attendu la publications de ces archives pour publier des récits relatant les crimes abominables de la colonisation. Ceux qui ont une dent contre Fafa n’y renonceront jamais, ni ne la monnaieront contre une  »supposée » reconnaissance officielle. Ceux dont Kichi disait qu’ils ne savent pas encore que  »Fafa » est partie.

    Excusez-mon scepticisme , mais moi j’ai tendance à penser que certains ont plus un problème à sortir seuls de leur propre dilemme avec cette question mémorielle qui leur pèse sans être accompagné par Fafa pour accepter d’être soulagé par l’aspect symbolique de cette publication mutuelle. Sinon pourquoi chercheraient-ils à ce que Fafa reconnaisse  »officiellement » les crimes de la colonisation?

    Macron a dit que la colonisation est un crime contre l’humanité c’est beaucoup si on avait à peine pris ça ,de part et d’autre, pour une boutade .
    Je ne crois pas qu’on aura atteint le bout de cette controverse mémorielle quand toutes les les archives seront publiées. Pas plus que cette publication ne signifiera la reconnaissance officielle des crimes commis pendant la colonisation pour tout le monde. Comme je l’ai déjà écrit , un président français pourra faire Paris-Alger en rampant et en suppliant de pardonner ces crimes que ça ne changera rien dans le rapport à la colonisation ni ne clora la controverse.

  6. Awal th’nittid a Hend. Si Isr… n’a pas développé sa puissance politique sociologique économique industrielle et militaire, elle en serait encore à quémander le pardon des vieilles nations européennes. Pour nous, notre existence même en tant que pays est compromise par ce régime qui, tel un sphinx, renaît de ces cendres (j’entends celles du peuple). Alors, de là à exiger le pardon ou les archives, a’minn yetsradjoune Rebbi. Mwa, met les pieds dans le plat, je dirais que les archives sont encore trop explosives pour l’on daigne les sortir d’un couti coule de l’ot. Tiens par exemple l’assassinat du couple Abane-Mhidi artisans la future Algérie est l’œuvre du triumvirat Fafa-Egypte-traitres du fln. Si vous voulez des argumas, j’en ai à vous fournir.

    • C’est en faisant des crimes abominables dont il fut victime en Occident durant des siècles son fonds de commerce, pour financer son développement, mais aussi et surtout, sur le génie de son peuple, qu’Israël a réussi en faire aujourd’hui, un peuple « fier et dominateur », pour reprendre la célèbre expression de qui vous savez!

      • J’ajoute que n’est pas Israël qui veut! Eux ont réussis à bâtir, à partir de rien, un Etat solide et respectueux de son peuple! Ce que n’avons pas été fichus de faire, soixante ans après une indépendance chèrement payée.

      • Je ne suis pas dans le jugement @ At Dahman, je m’arrête à l’analyse comparative. Pour le reste, c’est une autre question. Tout cela pour dire que, tant que notre pays n’a pas recouvré a souveraineté (entendez article 7) et pour reprendre une expression d’un contributeur, « Rien ne se crée, rien ne se per, RIEN ne se transforme ». Hélas.

  7. Si on demadait la « reconnaissance officielle des crimes de la colonisation , et si on reçois une réponse genre Gérard Longuet, qu’est-ce qu’on fait? On fait comme si c’est accepté , ou on déménage l’Algérie ?

    Moua je persiste et je signe swacharène que ni la reconnaissance officielle des coloniaux ni même les excuses ni la repentance qui sont un phantasme qui fait partie des pathos des colonisateurs et colonisés n’y changeront quoi que ce soit à la relation Algéro-française.

    D’autre part , à ma connaissance personne en Algérie n’a demandé es excuses ou une repentance. Et quand quelqu’un a demandé cela rappelle-toi la réponse de Gérard Longuet.

    Si on veut rompre les relation avec la France , c’est simple , il suffit de demander de reconnaître officiellement les  »crimes de la colonisation » je ceux dire seulement les crimes que la France à commis , et uniquement ceux de la colonisation française.

    Moua je pense que quand notre vaisseau spatial emportera un marsonaute français , quand leurs président viendront soigner leurs bobos chez nous, quand les français feront la queue pour devant nos consulats, quand on les obligera à nous délivrer des laisser-passer consulaires pourleur renvoyer leurs haragas, ipitite ce jour on pourra les forcer à reconnaître tous les massacres commis chinou du bigbang à ce jour en passant par ceux de Sidna 3Oqba , de Melouza, de Abane, de la décennie noire, et tous ceux qu’on voudra.

  8. lire: n’a demandé « officiellement » . Janimar de courrir après ce maudit curseur. Ahdarbi que j’ai trouvé une partie du précédent commentaire dans une lettre que j’ai adressé à mon intrite complémentaire.

    • En somme, par ce maudit curseur, ton intrite va s’inviter dans le prochain débat des deux coumissiou Macron-adhoc sur le sujet. ça va pas être de la tarte!

  9. Nighak a Kichi

    Quand j’été jeune ,çafi plus de sakata mitna, j’ai vécu avec une française de mère Allemande et de père Français. La mère n’y voyait aucun inconvénient et me préférait même à ses gendres qui eux était français de souche. Le Père avait fait la guerre d’Algérie comme gendarme et était raciste anti-algérien jusqu’au bout des ongles. Il avouait en se moquant qu’il en avait tuEr et torturé plus d’un en se réjouissant. Mais ce racisme ou le passé de leur père n’a pas du tout affecté l’esprit de filles (4) qui étaient toutes d’une gentillesse agréable envers moua. Pour elle la colonisation de l’Algérie c’est comme si elle n’avait jamais existé. Isk je n’aurais pas dû leur demander de s’excuser pour les crimes de leur père?

    Quand je pense que Fafa a raté l’occasion de se faire islamiser, en arrêtant nos bienfaiteurs à Moitier. Dire que si elle avait laissé faire nos islamisateurs on en serait pas là à lui demander de s »excuser d’avoir, elle, réussi à nous koulounizi.

    Té, pendant que j’y étais, je me disais qu’ipitite on pourrait exiger de l’Espagne,cette ingrate, qu’elle nous remercie de l’avoir fait profiter des bienfaits de notre religion pendant kamim apipri wissanta .

    Moua je pose juste une kistyou: kisk’on fi si Fafa ne reconnaît ryenditou? On s’assoit dessus eet on boit de l’eau tant qu’elle ne le fait pas ou on mange nos chéchias et on s’excuse de lui avoir demandé de s’excuser?

    Sek jdi , c’est qu’il y a kamim quelque chose de pernicieux dans ce jeu de mémoires . On demande à Fafa de rendre publiqus les archives de la colonisation  , comprendre : que les archives qui la compromettent et rien que celles-ci et en mimta lui faire admettre que cette publication constitue une reconnaissance officielle des crimes commis durant centranta , tout en sachant que tout ce manège est justement conçu pour éviter cette reconnaissance officielle. Bessah adeqaren oula tmenyiken ara.

    Safi thoura apipri sakata que je vis en France. J’y ai connu des Français de tous les bords:ceux qui ont compati, des qui en sont fiers, des qui n’en savent rien, des qui s’en tapent, des qui ne sont pas dupes, chacun de tous ceux-là a sa propre oupignou sur la colonisation mais aucun de tous ceux-là ne prendra à son comptes les massacres de la colonisation. A peine si les plus repentants parmis eux reconnaîtront que cette « grande oeuvre civilisatrice » a fait des digas collatéraux 3lakhatar qui aime bien châtie bien.

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