16 avril 2024
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« Ben M’hidi » : après 6 ans de censure, le pouvoir se gausse d’une projection

Les ministres en force pour assister à l’avant-première.

Les autorités, dont le ministère des Moudjahidine et la ministre de la Culture se sont félicités de l’avant-première du biopic « Ben M’hidi », lundi 4 mars, à Alger. Quelle hypocrisie !

Le ban et l’arrière-ban censeur du pouvoir étaient assis en bonnes places à l’opéra d’Alger pour assister à cette avant-première très sélect. Selon l’APS, la projection qui a eu lieu à l’Opéra d’Alger Boualem-Bassaïh, a été marquée par la présence du président du Conseil de la nation, Salah Goudjil, du conseiller du président de la République chargé de l’Education, de l’Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle et de la Culture, Mohamed Seghir Saadaoui, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, de la ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji, du ministre des Moudjahidine et Ayants droit, Laïd Rebiga et d’autres membres du gouvernement ainsi que des membres des deux chambres du Parlement, et la sœur du Chahid, Mme Drifa Ben M’hidi, des Moudjahidine, des artistes et l’équipe du film.

 Le film «Ben M’hidi » de Bachir Derrais toujours bloqué ! 

Pendant six ans, tous les ministres de la Culture et des Moudjahidine ont fait suer sang et eau le réalisateur Bachir Derraïs, lui promettant une chose le matin et son contraire le soir. Il a même été question d’une sortie officielle il y a moins de 2 ans, puis patatras, le film a été enterré. 

Le film « Ben M’hidi » interdit de projection en Algérie

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Tout ce beau linge donc découvre ébahi cette œuvre cinématographique après avoir contribué à son enterrement. Le film sur Ben M’hidi ne répondait pas aux attentes du ministère des Moudjahidine qui fait de l’histoire sa chose. Les anciens ministres de la Culture n’ont pas non plus ménagé leurs efforts. Ils voulaient un film lisse, fidèle à la vulgate officielle. Pas une œuvre cinématographique surtout.

Mais enfin, depuis quand un ministère des Moudjahidine peut-il se piquer de quelque savoir en matière de cinéma ?

Enfin sorti ! doivent souffler le réalisateur et toute l’équipe qui y ont contribué. Le courage et la ténacité de Bachir Derraïs ont fini par payer.

Mais combien de films dignes de ce noms réalisés ces dernières années ? Combien de scénarios ont pris la poussière dans les ministères car ne répondant pas aux desiderata des ministres ? Un paquet sans doute.

Le colonel Larbi Ben M’hidi a enfin un premier film qui retrace son combat. Mais il méritait mieux que ce traitement par les autorités sous Bouteflika et Tebboune. D’autres héros, pas seulement les mêmes, attendent qu’on en fassent des grands films et qu’on montrent leur grandeur. Les dirigeants actuels ne doivent pas avoir peur que ces héros immarcescibles leur fassent de l’ombre. Car même le soleil ne peut se coucher sur leur immensité.

Sofiane Ayache

2 Commentaires

  1. Si vous avez assisté à la projection, donnez-nous vos impressions sur le film. Dites-nous ce que le réalisateur a souligné. Le film est sorti, avez-vous une idée sur la programmation ? Vous ne gagnerez rien à mettre l’accent sur les errements qui sont réels. Il est préférable de sensibiliser les cinéphiles et autre grand public pour soutenir les artistes dans leur quête à produire des œuvres qui pérennisent le combat des martyrs et autres héros anonymes.

  2. La révolution Algérienne pensée par des génies et excécutée par des lions pour être récupérée par une meute de hyènes à l’indépandance transformée en fond de commerce. .

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