8.9 C
Alger
AccueilMise en avantDébut 2026 sous tension : hausses des carburants et durcissement du code...

Début 2026 sous tension : hausses des carburants et durcissement du code de la route ravivent la colère sociale

Date :

Dans la même catégorie

Camus m’avait raconté des balivernes 

En ces premiers jours de l’année, une des réflexions...

Nouveaux tarifs des carburants à la pompe : des hausses qui ne passent pas

Le démarrage de l’année 2026 s’est accompagné d’une décision...

Road trip de surprises : deux vidéastes français expulsés d’Algérie !

Len et Jerry, deux vidéastes français, avaient choisi l’Algérie pour...

Mes vœux aux Algériens

Tous mes vœux au journal et à tous. Ils...
spot_imgspot_img
- Advertisement -

La bonne année n’aura duré que quelques heures et les espoirs des chiffres prometteurs annoncés par Tebboune lors de son discours devant le parlement sont vite douchés par les premières mesures annoncées.

À peine entamée, l’année 2026 s’ouvre sur un climat social marqué par l’inquiétude et la contestation. L’augmentation des prix des carburants, conjuguée à l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions du code de la route, a provoqué une onde de choc parmi les citoyens, alimentant un sentiment de décalage entre le discours officiel et la réalité du quotidien.

Ces mesures interviennent moins de vingt-quatre heures après un discours présidentiel axé sur les performances économiques du pays, évoquant une croissance soutenue, une inflation maîtrisée et une amélioration du marché de l’emploi. Or, pour une large frange de la population, ces indicateurs macroéconomiques peinent à se traduire par une amélioration tangible du pouvoir d’achat.

Le carburant, un levier inflationniste indirect

Si la hausse des tarifs à la pompe peut, à première vue, paraître limitée, ses répercussions s’annoncent multiples. Le carburant constitue un maillon central de la chaîne économique : transport public, taxis, acheminement des marchandises, produits agricoles et matériaux de construction. Toute augmentation, même marginale, se répercute mécaniquement sur les coûts de transport, puis sur les prix à la consommation.

Des professionnels du secteur anticipent déjà des revendications salariales ou tarifaires, notamment chez les transporteurs et les chauffeurs de taxi, dont les marges sont directement affectées. À terme, ce sont les ménages, déjà fragilisés par l’érosion du pouvoir d’achat, qui risquent d’en supporter le poids.

Un code de la route jugé répressif

Parallèlement, le nouveau code de la route suscite une vive opposition, en particulier parmi les conducteurs professionnels. Plusieurs dispositions sont perçues comme excessivement répressives, avec des amendes élevées et des peines de prison prévues pour les infractions les plus graves. Pour ses détracteurs, le texte privilégierait une logique punitive au détriment d’une régulation équilibrée du secteur et d’une prévention efficace.

Cette contestation s’est traduite par un mouvement de grève ouverte dans le secteur du transport dans plusieurs wilayas, paralysant partiellement la mobilité des citoyens et accentuant la pression sociale. Pour autant, il faut rappeler que les routes algériennes sont parmi les plus accidentogènes du monde.

Interpellations directes du chef de l’Etat

Sur la page Facebook officielle de la Présidence de la République, de nombreux citoyens ont interpellé directement le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune. Les messages expriment une inquiétude croissante face à ce qui est perçu comme un recours accru à la fiscalité indirecte et aux sanctions pour financer la loi de finances 2026.

Parmi les revendications récurrentes figurent l’annulation des récentes hausses des carburants, la révision, voire l’abrogation, du nouveau code de la route, ainsi que l’ouverture de l’importation des pneumatiques et des pièces de rechange, devenues rares et coûteuses sur le marché national.

Une équation sociale délicate

Au-delà des mesures elles-mêmes, c’est la question de leur opportunité et de leur timing qui interroge. Dans un contexte de tensions sociales latentes, la combinaison de hausses de prix et de durcissement réglementaire est perçue par beaucoup comme un facteur aggravant, susceptible d’élargir le fossé entre institutions et citoyens.

L’exécutif se retrouve ainsi face à une équation délicate : préserver les équilibres budgétaires et renforcer la sécurité routière, tout en évitant que la pression économique et sociale ne débouche sur une contestation plus large. Pour de nombreux observateurs, une réévaluation de ces mesures, accompagnée d’un dialogue plus approfondi avec les acteurs concernés, apparaît désormais comme un impératif pour désamorcer les tensions en ce début d’année déjà chargé.

Nouveau code de la route : un durcissement des sanctions qui fait débat

Entré récemment en vigueur, le nouveau code de la route introduit une série de dispositions visant, selon les autorités, à renforcer la sécurité routière et à réduire le nombre d’accidents. Toutefois, plusieurs mesures sont vivement contestées par les usagers et les professionnels du transport, qui dénoncent une approche principalement répressive.

Parmi les principales dispositions critiquées figurent :

Alourdissement significatif des amendes pour un large éventail d’infractions, y compris celles considérées comme mineures par les conducteurs, avec des montants jugés disproportionnés au regard des revenus moyens.

Criminalisation de certaines infractions routières, désormais passibles de peines de prison dans les cas qualifiés de graves (excès de vitesse important, conduite jugée dangereuse ou récidive), une évolution perçue comme un basculement du champ de la régulation vers celui de la sanction pénale.

Retrait systématique du permis de conduire pour plusieurs infractions, avec des durées prolongées, affectant directement l’activité des chauffeurs professionnels et menaçant leurs sources de revenus.

Immobilisation ou mise en fourrière des véhicules, y compris pour des manquements administratifs, mesure dénoncée comme pénalisant davantage l’outil de travail que le comportement du conducteur.

 Responsabilisation accrue du conducteur, sans dispositifs d’accompagnement suffisants (formation, prévention, mise à niveau des infrastructures), ce qui alimente le sentiment d’une sanction déconnectée des réalités du terrain.

Pour ses détracteurs, ce nouveau dispositif traduit une logique de dissuasion par la contrainte financière et pénale, au détriment d’une politique globale de sécurité routière fondée sur la prévention, l’amélioration du réseau routier et le dialogue avec les acteurs du secteur.

Samia Naït Iqbal

Dans la même catégorie

Camus m’avait raconté des balivernes 

En ces premiers jours de l’année, une des réflexions...

Nouveaux tarifs des carburants à la pompe : des hausses qui ne passent pas

Le démarrage de l’année 2026 s’est accompagné d’une décision...

Road trip de surprises : deux vidéastes français expulsés d’Algérie !

Len et Jerry, deux vidéastes français, avaient choisi l’Algérie pour...

Mes vœux aux Algériens

Tous mes vœux au journal et à tous. Ils...

Dernières actualités

spot_img

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici