30 novembre 2022
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Incendies en Kabylie : des dégâts traumatiques à soigner

REGARD

Incendies en Kabylie : des dégâts traumatiques à soigner

La ténébreuse et bien triste histoire de Djamel Bensmaïl, lâchement assassiné à Larbaa Nath Irathen, a suscité une vive et intense émotion parmi la population.

Cette façon cruelle et dégoûtante d’exécuter une personne qui clame son innocence a développé une lourde charge émotionnelle chez les gens. Cet acte inhumain est avant tout une menace sur la sécurité et l’intégrité physique des personnes, il est pleinement justifiable de le condamner haut et fort.

Un peu d’histoire

Il semble opportun de faire un rapprochement entre la façon dont Jésus a été traité et le traitement réservé à Djamel. L’histoire nous raconte ce qui suit: « les juifs auraient conduit le Christ devant Ponce Pilate en le présentant comme un rebelle très dangereux. Ils lui auraient alors demandé de le juger et de le condamner à mort. Après l’avoir interrogé, Pilate ne vit aucune raison de le condamner. Or, à cette époque, la coutume voulait qu’on libère un prisonnier à l’occasion de Pâques. Pilate pensa alors à Barabbas, un détenu qu’on lui avait présenté comme un meurtrier. Il eut l’idée de demander à la foule qui elle préférait libérer, pensant que celle-ci opterait pour Jésus plutôt que pour un criminel.

Pourtant, le peuple choisit de libérer Barabbas, réclamant toujours la condamnation à mort de Jésus. Alors Pilate, voyant qu’il allait provoquer une émeute, abandonna Jésus à la foule, se lava les mains devant celle-ci et déclara : « Je suis innocent du sang de ce juste » (Extrait-source : https://www.linternaute.fr/expression/langue-francaise/644/se-laver-les-mains-de-quelque-chose/.

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Cela dit, combien il est fort regrettable de voir l’Algérie d’aujourd’hui revivre presque le même scénario après l’exécution de Djamel. Sur la scène du crime étaient présents des centaines de cruels et d’impitoyables et pas un seul bon samaritain.

Un vieux et bon souvenir mérite d’être relaté à l’occasion : « Il y a longtemps, un bon samaritain au nom de F. Rafik, a sauvé un supporteur d’un club des mains d’une foule déchainée par la défaite de son équipe. Rafik, ce grand gaillard à cœur vaillant, a été comblé de menaces et d’injures mais il n’a pas cédé à la pression. Avec son audace et sa fermeté, ce dernier a sauvé ce supporteur d’un bien triste sort ! » 

Infiniment nombreux sont en état de stress post-traumatique (ESPT)  

Le malheur qui s’est abattu sur la famille de Djamel et l’atrocité subie par la victime ne laissent pas indifférent un humain. Assurément, les gens vivants et éveillés se sont révoltés à temps contre ce crime crapuleux.

En revanche, seul un esprit malade ou un cœur pétrifié peut ne pas souffrir de cet évènement traumatique ou manquer d’intérêt pour témoigner de l’empathie. Dans le cas de Djamel, la communauté algérienne a défié la loi kilométrique de la mort. Autrement dit, la proximité géographique ou affective de la victime n’a pas été considérée et un formidable élan de solidarité a été créé avec sa famille. 

Sans l’ombre d’un doute, le simple fait de subir ou même de voir une menace, une atrocité, une violence ou une l’agression, signifie la privation d’un besoin fondamental ou besoin de sécurité.  Un tel manque a pour effet la frustration et le mal-être. La situation traumatisante de Djamel a sérieusement troublé la quiétude des gens, qui à ce jour n’ont pas cessé de parler avec la même intensité et de se rappeler les images traumatisantes : une preuve évidente d’un ESPT.

Enfin, on ne peut que rendre un hommage à Djamel, ce mort qui a ouvert les yeux des vivants sur beaucoup de choses entre autres : l’aveuglement des foules sous l’emprise de la manipulation et l’exécution extrajudiciaire. Un conseil : Le besoin d’être continuellement vigilant et en état d’alerte est aujourd’hui, plus que jamais, d’actualité.

 

Auteur
Sofiane Ayache

 




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