27 mai 2022
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AccueilPolitiqueInverser le GME n’est pas un manquement aux engagements contractuels 

Inverser le GME n’est pas un manquement aux engagements contractuels 

gaz Espagne

C’est cette «manchette » d’un média (01) qui a créé une confusion dans la lecture du communiqué du ministère de l’Energie algérien et, partant, devait impérativement alimenter une polémique entre les diplomates algériens et espagnols qualifiée par le ministre des affaires étrangères de l’Union européenne et de la coopération du royaume d’Espagne, le socialiste José Manuel Albares, de «stérile». 

Elle a donné aussi l’occasion aux médias marocains de « faire tout un plat » pour mettre de l’huile sur le feu entre les deux pays dont la relation « commerciale » a toujours été au beau fixe, confirmée même par Abdelmadjid Tebboune de vive voix lors de sa rencontre avec la presse le 23 avril dernier.

1- Qu’en est-il exactement dans les faits ?

Mercredi  27 avril 2022, Mohamed Arkab, ministre de l’Energie et des mines reçoit un email de son homologue espagnole, Teresa Ribera sur la mise en œuvre de l’utilisation en flux inverse du gazoduc Maghreb Europe (GME) à destination du Maroc. 

Cette opération précise ce message électronique repris par le communiqué du ministère de l’Energie et des Mines « interviendra aujourd’hui ou demain »  sans pour autant donner des détails sur l’origine de ce flux de gaz. 

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Le ministre algérien, probablement, se sentait associé à une opération dont il ignorait les tenants et les aboutissants d’une affaire politiquement sensible. Il était de fait dans l’obligation d’informer d’abord l’opinion publique de cette opération qui pourrait concerner le gaz que l’Algérie vendait à l’Espagne et de rappeler son homologue espagnole que «tout acheminement de quantités de gaz naturel algérien livrées à l’Espagne, dont la destination n’est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels, et par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols».

C’est effectivement une clause contractuelle dite de « destination » qui « défend » au client de Sonatrach de dévier le gaz qu’il lui est fourni à d’autres destinations.  Pour le reste, le tronçon Maroc –Espagne n’est pas du tout l’affaire de l’Algérie et ne fait pas partie du contrat avec les entreprises espagnoles qui sont actuellement approvisionnées par le Medgaz.      

2- Sur le fond, cette confusion aurait-elle commencé à Madrid ? 

Pourrait-on comprendre qu’il s’agit là d’une simple autorisation qu’avait donnée le ministère  de la Transition Ecologique et du Défi démographique d’Espagne aux opérateurs espagnols pour l’utilisation du GME dans le sens inverse  et il avait informé son homologue algérien par courtoisie diplomatique ? Auquel cas pourquoi ce message précise-t-il le début des opérations éminentes car à l’heure où nous écrivons les centrales électriques de Tahaddart, située à un peu plus de 28 km de Tanger et celle de Ain Béni Mathar, située à 81 km d’Oujda sont toujours à l’arrêt et les opérations n’ont commencé ni mercredi 27 ni le jeudi 28 avril 2022 comme l’a précisé la ministre espagnole.

Le 15 avril 2022, la ministre de Transition énergétique, Leila Benali, avait informé l’opinion publique lors de sa conférence de presse que des équipes marocaines ont développés « une capacité de négociation remarquable face à des traders chevronnés», évoquant leur inexpérience dans « le marché international du Gaz Naturel Liquéfié (GNL). (02) Le GNL ainsi acheté sera regazéifié dans les stations espagnoles puis expédié par le tronçon GME de l’Espagne au Maroc.

Elle a reconnu lors de cette rencontre ne pas faire partie de la commission mais l’opération va débuter bientôt sans pour autant donner une date précise des premières livraisons. Plus de deux semaines après cette conférence de presse rassurante du ministre de la transition énergétique, marocaine, les spéculations vont bon train sans préciser l’origine de ce GNL qui devrait arriver sans lendemain surtout que cette demande coricide avec une autre européenne qui a fait exploser les prix dans le marché « spot », notamment asiatique.

Un site d’information basé à Londres cité par le360 marocain avait annoncé que des méthaniers affrétés par le Maroc « devraient » arriver via l’atlantique depuis les Etats-Unis ou le Nigeria avant de décharger les cargaisons au port de Huelva, en Andalousie, pour entamer le pompage vers Cordoue où se trouve le centre du GME. Ce gaz pourrait revenir au Maroc sept fois plus cher que celui qu’il obtenait de l’Algérie selon un groupe de réflexion  Middle East Institute.

Rabah Reghis

Renvois

(01)-https://www.elmoudjahid.dz/fr/nation/fonctionnement-en-flux-inverse-du-gazoduc-maghreb-europe-un-manquement-aux-engagements-contractuels-181915                         (02)-https://www.lopinion.ma/Transition-energetique-Les-grandes-priorites-de-la-strategie-nationale_a26272.html

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