4 décembre 2022
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La JSK dans la tourmente 

Cherif Mellal

La mauvaise passe prolongée que traverse la JSK enchaînant de mauvais résultats depuis le début du championnat, plonge dans la tourmente les milliers de supporters que compte le club de Kabylie, à travers le pays. Le mal qui ronge ce club emblématique de la Kabylie est profond. La JSK gêne beaucoup de monde en haut lieu.

Alors qu’on s’attendait  à un sursaut d’orgueil après la cinglante défaite, de la précédente journée du championnat contre le MC Alger, ne voilà-t-il pas que la JS Kabylie s’incline à domicile contre la JS Saoura (1-2), à l’occasion de la 11e journée qui s’est déroulée samedi dernier. Un énième faux pas qui la maintient à la peu glorieuse avant-dernière place du classement, avec seulement cinq petits points au compteur.

Un crève-cœur pour les aficionados qui doutent plus que jamais des chances de leur  club à rester parmi l’élite du football national. Une crainte renforcée par l’incapacité  persistante des joueurs  à renouer avec la victoire. « Avec 5 points seulement inscrits  au compteur en 11 matchs, la relégation  en division inférieure est une hypothèse mathématiquement forte », s’alarment les amoureux du club sur les réseaux sociaux.

Appelé pour endiguer le péril, en septembre dernier, et succédant au Belge José Riga, limogé pour mauvais résultats, l’entraîneur, Abdelkader Amrani qui avait fait illusion à son arrivée à Tizi-Ouzou, en réussissant à offrir aux Kabyles leur première victoire en championnat et en qualifiant l’équipe en phase de poules de la Ligue des champions d’Afrique, vient de jeter l’éponge. Un signe de plus que la JSK s’enfonce dans la crise d’où la direction dirigée par le très contesté Yarichene n’arrive pas à l’en sortir.

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Pour les supporters, la solution est dans le départ du président et de toute son équipe à qui il est imputé le marasme avec les répercussions négatives sur le  plan technique et des performances plus que mitigées des joueurs. Idem pour la situation financière. Le club est devenu un gouffre financier avec des dettes fiscales, parafiscales et de fonctionnement qui frôlent le milliard cinq cents millions de dinars alors que le capital de l’entreprise n’est que de 75 milliards de centimes. Un énorme déficit que la direction n’arrive pas à résorber et qui est à l’origine du  fonctionnement chaotique  du club et du mauvais rendement des joueurs. On parle même de querelles et de « jacqueries » provoquées par ces derniers pour protester contre le non-paiement de leurs salaires.

En tout cas, ce dysfonctionnement souligné même par le wali de Tizi-Ouzou sur les ondes de la radio locale en dit long sur un déficit de management. Celui-là même qui est décrié par la majorité des supporters depuis l’intronisation de Yarichene et d’autres dirigeants à la tête de la JSK qui n’ont pas réussi à apporter ni la sérénité ni l’argent nécessaires pour motiver les joueurs.

Cherif Mellal évincé  pour délit de « kabylisme » ?

Pour beaucoup parmi de ses inconditionnels, les contre-performances que n’arrête pas d’enregistrer le club cher à la Kabylie ne sont pas dues à la colère des dieux du stade, à la scoumoune, raison souvent invoquée dans le monde du football pour expliquer l’accumulation et la persistance de mauvais résultats.

Refusant de croire à l’influence d’une quelconque force surnaturelle pour expliquer ce qui est en passe de devenir une déroute de leur équipe, ils boudent les gradins du stade mythique du 1e-Novembre pour signifier leur désaccord après le limogeage sans ménagement et trouble de Mellal et son équipe troubles.

Beaucoup ont vu dans ce chamboulement inattendu provoqué au sein du conseil d’administration, « un coup d’état ». D’autant plus, argue-t-on, qu’il intervenait à un moment où l’équipe collectionnait les bons résultats. La JSK était devenue une équipe qui gagne après avoir traversé une zone de turbulences du vivant du défunt président Hannachi, suscitant l’enthousiasme des supporters et leur adhésion à la méthode adoptée par l’équipe dirigeante. Dans les villages de Kabylie où il passait, le jeune président à la faconde débonnaire est reçu en véritable star.

Le discours rassembleur et sa façon de sublimer les couleurs et les valeurs historiques incarnées par le club ne plaisent visiblement pas en haut lieu. Une partie de la presse algéroise, notamment les télés privées, se déchaînent contre ce président atypique, un tantinet iconoclaste qui, en peu de temps, a su fédérer beaucoup d’énergies autour du club. Des fonds ont été même levés à travers les plateformes  digitales auxquelles ont souscrit  des résidents algériens à l’étranger originaires de Kabylie pour financer les déplacements de la JSK dans le cadre des compétitions continentales. Le groupe Cevital a aussi mis la main à la poche.

D’aucuns n’écartent pas l’intervention de mains invisibles  pour sanctionner un dirigeant coupable d’avoir réalisé le consensus autour de la JSK. Son activisme le rendait forcément suspect aux yeux de ses nombreux détracteurs qui ne se recrutaient  pas seulement dans l’entourage du club. Il fut décidé d’étouffer le discours de Cherif Mellal qui ne plaisait pas au pouvoir en place.

Sûr de sa popularité et des résultats de la JSK, Cherif Mellal se croyait intouchable. Mais la JSK n’est pas n’importe quel club, il représente bien plus qu’une simple équipe de football. Elle est le parangon de toute une région, voire d’une identité bafouée. Il fallait réduire ce symbole. L’étêter.

En essayant, sans peut-être le savoir, de jouer hors les clous d’un patriotisme agressif érigé en religion, de sortir du moule du resserrement centralisateur qui se dessine, Cherif Mellal a précipité sa chute. Tel Icare de la légende, il s’est brûlé les ailes à force de vouloir, lui et le club qu’il dirigeait, apprivoiser le soleil de la gloire. Faut-il pour autant croire à la fin de la JSK ? Peu sûr car, comme écrit plus haut, elle représente plus qu’un club.

S.N.I.

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