22 février 2024
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Le Mali rappelle son ambassadeur à Alger

Le ministère malien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué qu’il avait rappelé vendredi son ambassadeur en Algérie pour des consultations en vertu du « principe de réciprocité».

Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées cette semaine. Après l’accueil de rebelles de l’Azawad pour relancer les accords d’Alger de 2015, les autorités de Bamako, partis en reconquête de la région nord du pays depuis l’automne ont dénoncé une forme d’ingérence d’Alger.

Vendredi après-midi, l’Algérie n’avait reçu aucune information sur le rappel par l’Algérie de son ambassadeur à Bamako.

Le ministère malien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Algérie à Bamako pour l’informer en signe de protestation contre les « actions inamicales » de son pays et son « ingérence dans les affaires intérieures du Mali ».

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Selon le communiqué du ministère malien des Affaires étrangères, Bamako apporte un soin particulier à l’Algérie pour « les fréquentes réunions tenues en Algérie au plus haut niveau et sans la moindre connaissance ni ingérence des autorités maliennes, d’une part avec des personnes connues pour leur hostilité au gouvernement malien, et d’autre part avec certains mouvements qui ont signé » l’accord de 2015 et qui « ont choisi le camp terroriste».

La convocation est également intervenue après qu’Abdelmadjid Tebboune a reçu à Alger l’imam Mahmoud Dicko, une personnalité religieuse et politique malienne de premier plan à Bamako .

L’Algérie est le principal pays à négocier le retour de la paix dans le nord du Mali après l’« Accord d’Alger » signé en 2015 sous le gouvernement d’Ahmed Ouyahia (aujourd’hui en prison) entre le gouvernement malien et des groupes armés majoritairement touaregs.

Mais l’accord vacille depuis la fin du mois d’août, lorsque ces groupes armés ont repris leurs opérations militaires contre l’armée malienne dans le nord du pays après huit ans d’accalmie.

En réponse, le ministre algérien des Affaires étrangères a rappelé le 13 décembre que son pays a appelé dans un communiqué « toutes les parties maliennes à renouveler leur engagement dans la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger en réponse aux aspirations légitimes de toutes les composantes du peuple malien frère à consolider la paix et la stabilité de manière durable et durable ».

Jeudi, le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Mali en Algérie.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a rappelé à l’ambassadeur du Mali que « toutes les contributions historiques de l’Algérie à la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité en République du Mali ont toujours été fondées sur trois principes fondamentaux qui n’ont pas été limités et ne seront pas déviés par notre pays », selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.

Le communiqué souligne « le ferme attachement de l’Algérie à la souveraineté de la République du Mali, à son unité nationale et à son intégrité territoriale », et affirme « la conviction profonde que seuls les moyens pacifiques peuvent garantir la paix, la sécurité et la stabilité en République du Mali de manière stable, durable et durable ».

Le communiqué rappelle également que « la réconciliation nationale, plutôt que les divisions et divisions répétées entre frères et sœurs, reste le meilleur moyen qui permettra à l’État malien de s’engager dans une voie globale et inclusive pour tous ses citoyens, sans aucune discrimination, préférence ou exclusion ». Cependant, ce discours ne passe pas auprès des colonels maliens au pouvoir depuis juillet 2021.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, se rendra vendredi et samedi au Maroc, avec lequel l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques en août 2021 en raison de profondes divergences sur le Sahara occidental et le rapprochement sécuritaire entre le Maroc et Israël. Il y a quelques jours, la radio algérienne, sans doute actionnée par la présidence, a publié un article dans lequel elle accusait le Maroc, Israël et les Emirats arabes unis de vouloir torpiller les efforts algériens au Sahel.

Ce fait, cette visite du ministre des Affaires étrangères malien au Maroc vient comme une confirmation de la formation d’un nouvel axe entre Bamako et Rabat. Ce qui, évidemment, ne plaît pas à l’Algérie voisine qui a toujours joué un rôle central au Sahel.

Synthèse L.M.

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