30 novembre 2022
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Le PAD appelle à un front contre la répression

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Le PAD appelle à un front contre la répression

Le Pacte de l’alternative démocratique (PAD) a rendu publique sa première déclaration de la rentrée. Ce mouvement qui réunit des partis du courant démocratique s’indigne de la répression et du climat de terreur imposés par le pouvoir représenté par Abdelmadjid Tebboune.

La situation des droits de l’homme est gravissime. Celle de l’économie n’en est pas moins. Le PAD s’alarme des arrestations de figures politiques et d’activistes pacifiques.

Dans cette déclaration, le Pacte de l’alternative démocratique appelle à constituer « un front démocratique contre la répression et pour la défense des libertés démocratiques ! ». Nous publions ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

« La rentrée sociale s’effectue dans un contexte marquée par une accentuation de la répression et de la dérive autoritaire du pouvoir. Sa double gestion catastrophique des derniers feux de forêts et de la crise sanitaire engendrée par la pandémie du Covid-19 d’une part et, d’autre part, la résurgence des sempiternelles pénuries de l’eau potable, ainsi que la chute vertigineuse du pouvoir d’achat pour la majorité du peuple algérien et le développement continu du chômage endémique des jeunes constituent les éléments clés de la conjoncture.

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Après ses échecs électoraux successifs, illustrés notamment par la lourde désaffection populaire lors des dernières législatives du 12 juin, et à défaut de légitimité démocratique, le régime s’obstine à s’imposer par la répression et les passages en force, comme pour les élections locales annoncées en novembre prochain, et ce malgré son rejet populaire massif et constant depuis février 2019.

Des centaines de détenus politiques et d’opinion, dont des militants et des dirigeants politiques à l’instar du coordinateur national du MDS Fethi Gharés, sont maintenus arbitrairement en prison. Des partis et des militants d’opposition font face au harcèlement judiciaires à l’instar du PST et de l’UCP carrément menacés d’interdiction. Des journalistes, des avocats et de jeunes activistes du Hirak populaire et des réseaux sociaux sont incarcérés par une justice aux ordres.

Le dispositif juridique répressif ne cesse de s’élargir notamment par l’introduction de l’article 87 bis du code pénal et la multiplication de dispositions criminalisant les réseaux sociaux menaçant d’illégalité voire d’accusation de terrorisme toute forme d’opposition politique pacifique partisane et citoyenne. Une véritable guerre est menée contre les libertés fondamentales. Le glissement du Haut Conseil de Sécurité (HCS), qui est une institution légalement consultative, vers des fonctions de direction politique du pays promulguant des décisions impératives, est l’ultime dérive de cette stratégie du tout sécuritaire visant à pérenniser un climat de terreur permanent.

Mais, cette option coercitive, qui annonce la mise en place d’un «Etat fort » basé sur la répression, vise non seulement la mort définitive du Hirak populaire, qui a constitué la plus grande menace pour la survie du régime, mais surtout la mise en œuvre des politiques économiques antinationales et antisociales qui consistent en premier lieu, comme annoncées officiellement, à privatiser et à liquider ce qui reste du secteur public, notamment les banques, et à brader les richesses nationales au profit d’une nouvelle oligarchie et des puissances étrangères et leurs multinationales.

Cependant, loin de toute résignation et en dépit de l’absence de l’Etat, le peuple algérien vient de donner encore une fois une formidable leçon de solidarité, d’unité et d’espoir face aux calamités du Covid-19 et des désastreux incendies de forêts qui ont frappé notre pays.

Loin des discours de haine et de division savamment distillés, le peuple algérien a réagi spontanément au niveau national et dans l’immigration pour venir en aide aux victimes des incendies qui ont ravagé plusieurs régions du pays, notamment les wilayas de Tizi Ouzou et de Béjaia, pour réaffirmer son attachement à son pays et l’unité entre les algériens et les algériennes dans les moments difficiles. En effet, l’afflux de citoyens et de citoyennes de toutes les régions du pays vers la wilaya de Tizi-Ouzou durant la tragédie des incendies ravageurs semble avoir pris de court d’aucuns.

Cet élan de soutien et de solidarité signe l’échec d’une politique de division savamment entretenue pour battre en brèche l’unité du Hirak et ses revendications. C’est dans ce contexte qu’est intervenue l’horrible et intrigante mise à mort du brave Djamel Bensmail. Aussi, ce formidable mouvement de solidarité populaire traduit les capacités insoupçonnables d’auto organisation populaire indépendante du pouvoir et préfigure les formidables possibilités de résistance à la répression, aux atteintes aux libertés et à l’oppression sociale.

Quant à la crise diplomatique avec le Maroc, le PAD considère que les agissements répétés du pouvoir marocain, notamment par la voix de son représentant au niveau des Nations unies, ou sa complaisance vis à vis des déclarations hostiles à l’Algérie par un officiel de l’Etat sioniste d’Israël à partir du territoire du royaume, sont des dérives inacceptables et constituent une attitude provocatrice envers notre pays. Mais, la fraternité historique entre les deux peuples algérien et marocain, qui aspirent à la liberté, le développement et la paix, doit être au dessus de toute autre considération.

L’Histoire et le destin communs des deux peuples frères ne sauraient s’accommoder de toute rupture officielle ou hostilité malveillante qui entravent la construction de l’unité entre les peuples maghrébins.

Pour les forces du Pacte de l’Alternative Démocratique (PAD), qui appellent depuis juin 2019 à la mise œuvre d’une transition démocratique indépendante dans le cadre d’un processus constituant, permettant au peuple algérien d’exercer effectivement sa pleine souveraineté, cette politique anti démocratique, anti populaire et anti sociale du régime ne peut mener qu’à l’impasse et à la régression de notre pays. Elle menace non seulement l’unité nationale et l’impérative cristallisation d’un front intérieur face aux menaces étrangères qui cernent notre pays, mais elle pourrait remettre en cause dans l’avenir notre souveraineté nationale et notre indépendance.

Par ailleurs, le PAD salue le sit-in de solidarité observé le 29 aout 2021 à 15 h devant la prison d’El Harrach par les forces de l’Alternative démocratique – PAD – pour la libération de Fethi Gherras et de tous les détenus politiques et d’opinion. Le PAD condamne la dispersion arbitraire de ce sit-in et l’interpellation de six dirigeants et militants politiques par les services de police.

Enfin, et à l’entame de cette rentrée sociale difficile, le PAD lance un appel pressant pour tous et toutes afin de se rassembler et de constituer, dans l’unité et sans exclusif, le plus large front démocratique contre la répression et les atteintes aux libertés démocratiques afin d’exiger :

La libération de tous les détenus politiques et d’opinion !

La levée et l’annulation de toutes les mesures qui entravent l’exercice effectif des libertés démocratiques !

La cessation des intimidations et des harcèlements contre les partis politiques d’opposition !

La cessation des arrestations, des intimidations et des harcèlements contre les activistes du Hirak et l’ensemble des citoyens et des citoyennes !

Le respect de la liberté de la presse et l’ouverture des médias à toutes les opinions politiques et citoyennes !

L’annulation de toutes les décisions économiques qui engagent l’avenir de notre pays!

Pour les libertés démocratiques et la justice sociale !

Gloire à nos martyrs !

Vive l’Algérie libre, démocratique, sociale et solidaire !

Les Forces du PAD

Alger, le 31 août 2021

Auteur
L. M.

 




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