5 février 2023
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Le sempiternel casus belli algéro-marocain déboucherait-il sur une guerre ? 

Algéro-Maroc

Le conflit russe en Ukraine suscite beaucoup d’interrogations. Le syndrome des guerres de haute intensité refait surface et la  multiplication de ce type de conflits, ces dernières années, a poussé certains centres de stratégies à mener des études de prospective.

C’est ainsi que, dans l’édition 2022 de l’Atlas stratégique de la Méditerranée et du Moyen-Orient, la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES), un organisme basé en France qui produit des réflexions sur les enjeux de sécurité et de défense, a établi une analyse approfondie de la crise politique opposant l’Algérie au Maroc.
Le scénario d’une probable et possible guerre conventionnelle et ouverte opposant les deux grands pays du Maghreb y a été évoqué dans tout un chapitre. Plusieurs raisons pourraient provoquer un affrontement armé, d’après les experts de FMES. Parmi elles, ils citent d’abord la rivalité historique entre les deux pays.
A ce titre, le conflit du Sahara occidental empoisonne depuis près de quatre décennies les relations bilatérales. Les militaires algériens l’utilisent, selon cet organisme toujours, comme une carte, en cas de menace d’effondrement du régime dont ils sont le pilier.
Beaucoup d’indices justifient la probabilité d’une guerre. En premier lieu, les tensions de plus en plus croissantes entre les deux voisins, notamment l’année dernière, à travers la décision unilatérale prise par l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec le royaume chérifien.
Une décision ayant provoqué dans son sillage nombre de pics de tension, comme la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe qui approvisionnait l’Espagne en gaz via le Maroc ; la clôture de l’espace aérien en septembre. Et aussi, la mort  dans des circonstances troubles de trois routiers algériens, tués le 1er novembre dernier, sur la route reliant la Mauritanie à l’Algérie.
S’ajoutent à ces indices-là, les nominations du général marocain Belkhir el-Farouk, ex-commandant de la zone sud, au poste stratégique d’inspecteur général des Forces armées royales, et du général algérien Saïd Chanegriha, connaisseur de la frontière marocaine, au poste de chef d’état-major. En conséquence, des risques sérieux d’une confrontation militaire sont à prendre au sérieux.
Les experts de FMES croient savoir que cette guerre-là va associer plusieurs belligérants extérieurs.
En cas de confrontation armée, indique l’Atlas stratégique, Israël, probablement en association avec les Émirats arabes unis, pourrait soutenir militairement le Maroc de façon discrète, pour ne pas laisser son seul allié au Maghreb dans une posture délicate.
Ce soutien ne saurait cependant, en aucun cas, être trop visible afin de ne pas affaiblir l’Etat hébreux, du reste, sous pression au Levant et au Moyen-Orient. En outre, le royaume chérifien bénéficiera, selon la même source, d’un soutien américain limité.
Une piste envisageable, par exemple, dans le domaine du renseignement ou des frappes de drones, surtout si la Russie ou l’Iran y interviendraient pour le compte de l’Algérie. La note de l’Atlas stratégique explique que le Maroc est plus fort militairement que l’Algérie en ce qui concerne l’action clandestine et la résistance dans la durée. Cependant, l’Algérie demeure plus puissante militairement que le Maroc quant aux frappes dans la profondeur ainsi que dans le combat sur terrain plat.
L’avantage de l’Algérie, c’est qu’elle possède des capacités de surveillance terrestres quantitativement plus importantes que son voisin, et qu’en matière de dissuasion conventionnelle, elle détient aussi des capacités supérieures en termes de frappes terrestres à longue distance (missiles Iskander et Kalibr).
Toutefois, selon les experts de FMES, le Maroc pourrait pallier son manque, en recourant  au renseignement et aux capacités cybernétiques américaines et israéliennes très supérieures à celles de l’Algérie. Le document cite, à cet effet, l’appui de drones suicides Harop israéliens.
Mais l’Algérie pourrait tourner à son avantage l’action du Polisario, analyse la même source, laquelle  reconnaît d’ailleurs  la supériorité sous la mer de l’Algérie, grâce à ses sous-marins Kilo modernisés. Ce qui lui permettra d’imposer facilement un embargo maritime contre le Maroc.
Finalement, le document modère son analyse en soutenant que le Maroc n’a aucun intérêt militaire à une confrontation terrestre dans le sud et le Sahara occidental où la supériorité algérienne est évidente. Si, dans le nord, le relief montagneux est très favorable pour le Maroc et lui offrirait une profondeur stratégique à même de s’accaparer, il n’en reste pas moins que ce dernier est de loin défavorisée s’il y a escalade militaire.

Kamal Guerroua

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