1 octobre 2022
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Le torchon brûle entre la section syndicale et le PDG de la SPA El Watan

El Watan communiqué

Dans un communiqué rendu public ce vendredi, la section syndicale UGTA des travailleurs de la SPA El Watan répond au président-directeur général de la société.

« Un texte a été publié, mercredi 13 juillet 2022, sur les réseaux sociaux par un actionnaire de la SPA El Watan, signé par des initiales correspondant au nom d’un autre actionnaire et membre du Conseil d’administration de l’entreprise. Jusque-là, le bureau syndical ne voyait pas la nécessité d’y répondre. Curieusement, le même texte est diffusé le jeudi 14 juillet 2022 sur le site d’El Watan, sous le titre : « A nos lecteurs », portant, cette fois-ci, la signature du PDG, Mohamed Tahar Messaoudi.

Prenant prétexte d’une affiche collée à l’intérieur des locaux de l’entreprise et portant un slogan des plus banals dans un contexte de grève (Nous travaillons, ils profitent), le PDG a publié un véritable pamphlet contre la section syndicale, et donc contre les travailleurs.

Il faut préciser que, quelques moments à peine après l’affichage, ce slogan a été retiré du mur sur initiative libre des membres du syndicat, soucieux de privilégier des éléments de langage sereins et constructifs. Il n’a donc pas été enlevé « subrepticement » comme l’écrit le PDG.

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Cette publication, désormais pleinement assumée par le premier responsable de l’entreprise, comporte de graves accusations à l’égard du bureau syndical et, à travers lui, l’ensemble des travailleurs qui l’ont mandaté pour défendre leurs droits socioprofessionnels, principalement le versement des salaires impayés depuis plus de quatre mois.

Ainsi, plutôt que de prendre conscience de la gravité de la situation actuelle au sein de la SPA El Watan et de s’investir dans la recherche de solutions urgentes, la direction de l’entreprise préfère le langage du dénigrement et de la calomnie à celui du dialogue. Elle accuse la section syndicale d’avoir des desseins inavoués et insinue qu’elle fait l’objet de manipulation par l’ancien ministre de la Communication, Amar Belhimer.

Dans le fond, le communiqué qui est la première réaction publique et officielle de l’employeur aux revendications du syndicat, ressasse un descriptif global des difficultés de l’entreprise, mais ne propose aucune solution pour verser les salaires impayés des travailleurs.

Bien plus, l’employeur reproche au bureau syndical de n’avoir pas relayé sa propre analyse et son discours sur la situation que traverse l’entreprise, dans une étrange confusion des rôles. Il feint d’ignorer que le syndicat n’est pas un organe de gestion et qu’en matière de dialogue et de gestion participative, la SPA El Watan est loin d’être un modèle.

Plus loin, le communiqué énumère tous les « investissements » consentis par les actionnaires et met en avant leur « mérite d’avoir privilégié la construction de l’entreprise et non l’enrichissement personnel ».

Puisque la Direction a choisi de se hasarder sur ce terrain, le bureau syndical se dit prêt à un débat franc sur le sujet, quitte public, pour évaluer l’engagement des uns et des autres, et les mérites qui reviennent à chacun, salariés et actionnaires, sur le parcours du journal durant ses trente deux années d’existence.

Le bureau syndical rappelle que les employés d’El Watan, qui font le journal depuis plus de quatre mois sans toucher leurs salaires, sont en grève pour interpeller la Direction sur sa responsabilité d’honorer ses obligations légales, contractuelles et morales.

Mais celle-ci chercherait plutôt à justifier une éventuelle fermeture de l’entreprise en pointant d’un doigt accusateur le bureau syndical et à travers lui, l’ensemble des salariés.

La Direction ne devrait-elle pas regarder un peu du côté de la gouvernance de l’entreprise depuis sa création ?

Le bureau syndical reste, cependant, ouvert à un dialogue sérieux et efficace avec l’employeur. Toutes les polémiques et diversions tentées pour le culpabiliser d’avoir demandé le minimum des droits, à savoir la rémunération des travailleurs, ne passeront pas.

 

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