23 février 2024
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L’écrivain Djilali Bencheikh est mort

Djilali Bencheikh
Djilali Bencheikh. @Barzakh.

« Et puis pour le Paradis on a toujours le temps. Il ne va pas disparaître du jour au lendemain, puisqu’il est éternel. Qu’Allah me pardonne, mais parfois je ne comprends rien à son raisonnement. » Tes yeux bleus occupent mon esprit, Djilali Bencheikh.

Djilali Bencheikh est né à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans la vallée du Chéliff. Le monde associatif l’attirera rapidement. Le journalisme et la littérature le capturent rapidement. Sa volonté de décrire une Algérie déchirée par les paradoxes est forte.

Il a publié Mon frère ennemi aux éditions Séguier en 1999 et Tes yeux bleus occupent mon esprit chez Elyzad en 2007, il obtient avec ce dernier roman  le prix Maghreb 2007 de l’association des écrivains de langue française.

Arrive en 2010 Beyrouth Canicule paru chez Elyzad. Son œuvre primée, Tes yeux bleus occupent mon esprit s’inscrit dans la volonté de revisiter un chapitre dramatique de l’histoire de France.

Il décrit la prise de conscience politique d’un enfant qui, devenu adolescent, est tiraillé entre la fascination pour la France et la hantise de la trahison des siens, avec, en toile de fond, une Algérie déchirée par des événements douloureux.

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En 2015 il publie Nina sur ma route aux Editions Zellige. Le Treillis et la mini-jupe est paru en 2018 chez un éditeur algérien, El Kalima.

Beyrouth Canicule raconte les épreuves d’un jeune étudiant algérien qui se retrouve embarqué pour une mission assez risquée et qui ne tourne pas comme prévu. C’est pourquoi Kamel est impliqué dans cette aventure incroyable. Kamel, l’étudiant engagé, défend ses idées en tant que militant pacifiste. Notre héros, qui ne faisait qu’écrire des papiers et coller des affiches, se voit confier une valise mystérieuse qu’il doit acheminer au Liban.

Ce récit m’a tellement étonné que je l’ai littéralement dévoré. Je l’ai même lu une deuxième fois parce qu’en dehors du même prénom du personnage principal, je me suis retrouvé avec des traits de caractère qui étaient les miens. D’où mon identification au héros de Djilali.

Djilali Bencheikh reprend tout à fait au début de son récit la genèse de la prise d’otages des athlètes israéliens à Munich. En se laissant dériver sur la description du conflit, même romancé, on arrive à suivre comme dans un essai les tenants et les aboutissants du conflit israélo-palestinien dans les années 1970.

En tant qu’Algérien, Kamel se trouve engagé côté palestinien. Arrivé au Liban, il découvre les terribles conditions de vie des Palestiniens parqués dans les camps dans les environs de Beyrouth.

Ceux qui ont eu la chance de lire ses livres auront l’occasion d’avoir des éclairages sur sa démarche, ses opinions et sa perception de l’écriture.

Djilali Bencheikh vient de nous quitter. Ceux qui ne l’ont jamais lu pourraient faire sa connaissance en se penchant sur ses récits.

Kamel Bencheikh

3 Commentaires

  1. Bonsoir monsieur. Je pense qu’il aurait été bien plus délicat, dans la formulation de votre titre, de choisir une expression comme « a disparu », « nous a quittés », « s’en est allé » ou n’importe quelle autre locution, plutôt que le brutal « est mort » de votre titre.
    Merci.

  2. C’est plus qu’un écrivain, il fut un militant bien discret, faisant partie du groupe d’Algériens qui entouraient Mohamed Boudia. Il y a lieu de l’inscrire dans notre anthologie littéraireaux aux côtés d’Ahmed Azzegagh et de Mohamed Bouchhit.

  3. Qu’il repose en pais et paix à son äme. C’était un grand ami ,j’ai connu Djilali à Paris et il a signé son livre à la rue Piat au resto que je tenais à l’époque. Kamel Bencheikh je supose que vous êtes de sa famille .merci de me contacter via messenger si possible. mes condoléance les plus sincères .Mériem Benmehel.

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