28 janvier 2023
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L’Espagne veut aider le Maroc pour sa sécurité énergétique !                     

Gaz

Le Maroc qui selon toute vraisemblance s’attendait à la décision algérienne de ne plus faire transiter son gaz destiné aux centrales espagnoles et portugaises  à travers le Gazoduc Maghreb Europe (GME), envisageait déjà de poursuivre l’utilisation de ce gazoduc dans le sens inverse. 

En effet,  ce n’est pas nouveau mais des démarches selon ce que confirme une source marocaine sont entreprises depuis longtemps du moins bien avant la décision de la fermeture du GME, le royaume étudiait la possibilité technique et juridique d’obtenir du gaz pas nécessairement algérien en utilisant  le GME dans sa partie espano-marocaine dans le sens inverse, probablement en réponse au « niet » algérien en s’appuyant sur la clause destination du contrat qui le lie à son client espagnol.

L’intervention du président de la république à la veille du premier novembre signifie que le royaume devra faire une  croix sur les revenus engendrés par le passage du gaz Algérien sur son territoire estimes à plus de 200 millions de dollars.

En effet, l’Agence Presse Service (APS) avait obtenu du groupe Sonatrach que le contrat qui lie l’Algérie à l’Espagne « empêche » ce client d’écouler le « gaz Algérien importé hors de leur frontière. »

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Il est clair que Sonatrach s’implante et confirme sa position de principal fournisseur du gaz pour l’Espagne car son poids dans la production de l’électricité est passé de 33,1% en 2019 pour descendre exceptionnellement  à 29,1 en 2020 pour s’établir selon les rapports des sociétés utilisatrices à 47,2% en 2021. Rappelons par ailleurs qu’il était 48,2% en 2017.

Il est à souligner aussi que le gaz algérien qui transitait par ce gazoduc alimentaient deux centrales à cycle combiné une dans la région de Tanger Tahaddart et l’autre près de la frontière Ouest de l’Algérie dans la ville d’Oujda Ain Béni Mathar. Ces deux unités sont gérées par la société espagnole ENDESA qui détient plus de 20% sur deux centrales Tahaddart et Abengoa respectivement. On comprend la gêne et la confusion des  espagnoles vis-à-vis du Maroc.

Selon toute vraisemblance, ces démarches ont abouti lee 3 février 2022 par l’annonce du gouvernement espagnol qu’il accepte la demande marocaine de « l’aider à garantir sa sécurité énergétique ».

Comment va faire l’Espagne ? En lui permettant d’acheminer du gaz à travers le GME selon le principe de bon voisinage « Le Maroc a demandé un soutien pour garantir sa sécurité énergétique sur la base de [nos] relations commerciales, et l’Espagne y a répondu favorablement, comme elle l’aurait fait pour tout partenaire ou tout voisin », a indiqué le ministère espagnol de la transition écologique dans un communiqué. « Le Maroc pourra acquérir du gaz naturel liquéfié (GNL) sur les marchés internationaux, le faire livrer dans une usine de regazéification de l’Espagne péninsulaire et utiliser le gazoduc du Maghreb (GME) pour l’acheminer vers son territoire », a ajouté le ministère, sans bien entendu  donner des détails sur l’aspect financier de cet accord. (01)

Mais contrairement à ce qui est dit ici et là, c’est une solution techniquement réalisable puisque l’Espagne dispose de plusieurs atouts dans ce sens. 

D’abord les côtes ibériques reçoivent du GNL de plus de 14 pays parfois à bon prix comme en été 2020 le gaz de schiste américain concurrençait celui Algérien dont le prix est contractuel, elle l’habitude d’expédier dans ses installations le gaz algérien au Portugal, elle achète du GNL qatari à bon prix pour le vendre au pays européens même. Enfin, elle en a stocké beaucoup de gaz ces dernier temps. 

Par conséquence, il n’y a aucune contrainte technique pour qu’elle le fasse  dans la semaine qui suit et c’est tant mieux pour les consommateurs marocains,  « pourvu que ça dure. » 

Il se peut que dans cette conjoncture particulière géopolitique liée à la tension Russo-Otan, les prix sont inabordables en moyenne 40 dollars le Million de British Thermic Unit (MMBTU) avec le pic au mois décembre durant un dur froid de 60 dollars MMBTU.

Or, selon les experts marocains, rapporté par le journal Le Monde dans sa livraison 4 février 2022, il ne s’agit pas d’une perte des 200 millions de dollars liée au droit de passage mais le Maroc couvrait 97% de ses besoins en prélevant directement du gaz algérien qui transitait dans ce territoire, acheté à un tarif préférentiel accordé par son voisin algérien. 

Si le Maroc charge l’Espagne de lui acheter du GNL dans ces côtes, le dégazifier  et l’expédier au Maroc, le prix va être gonflé, répercuté au consommateur marocain, serait probablement problématique. Espérons pour nos voisins que cela ne soit pas le cas.

Rabah  Reghis

Renvoi

(01)-https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/02/04/l-espagne-prend-le-relais-de-l-algerie-pour-approvisionner-le-maroc-en-gaz_6112304_3212.html

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