2 février 2023
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L’Europe plafonne le prix du gaz, Alger s’irrite

Gaz

Les ministres européens de l’Energie ont revu largement à la baisse le niveau de plafond très controversé proposé par la Commission. Ils entendent déclencher le plafonnement quand le prix des contrats à un mois dépasse, pendant trois jours d’affilée, les 180 euros par mégawattheure.

Ce mécanisme ne sera activé qu’à un niveau de prix supérieur au prix international moyen du GNL. Les Etats membres de l’UE ont approuvé lundi un mécanisme permettant de plafonner les prix de gros du gaz à partir de 180 euros/MWH, a indiqué la ministre maltaise de l’Energie Miriam Dalli, confirmant plusieurs sources diplomatiques. Cette décision devait éviter à l’UE un autre scénario de crise de l’été dernier avec la Russie.

Cependant cette mesure est dénoncée par les autorités algériennes. C’est le ministre algérien de l’Énergie et des Mines, Mohammed Arkab,  qui a ouvert la contestation. Il a affirmé, mardi 20 décembre en marge de la journée algéro-germanique de l’énergie, que la décision de l’Union européenne est unilatérale. Comprenez que les pays producteurs du gaz n’ont pas été associés à cette mesure qui arrange évidemment essentiellement ses initiateurs. Arkab ajoute que cette décision risque de déstabiliser le marché gazier.

Le ministre algérien a rappelé que « des marchés du gaz ouvert et transparent sans restrictions et non préférentiels sont plus que nécessaire ». Et de conseiller : « La croissance de l’investissement doit s’appuyer sur des mécanismes juridiques transparents et non préférentiels soutenus par des politiques énergétiques, écologiques claires dans les pays consommateurs de gaz ainsi que dans les pays de transit ».

Un accord âprement négocié

Les ministres européens de l’Energie, réunis à Bruxelles, « ont trouvé un accord important qui protégera les citoyens de la flambée des prix de l’énergie, avec un mécanisme réaliste et efficace, qui comprend les garanties nécessaires pour la sécurité de l’approvisionnement et la stabilité des marchés financiers », a indiqué le ministre tchèque Jozef Sikela, dont le pays exerce la présidence tournante de l’UE.

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Les ministres des Vingt-Sept s’étaient déjà mis d’accord le 13 décembre sur certaines modalités du mécanisme, qui s’appliquera aux contrats à terme sur les marchés gaziers, mais il leur restait à s’entendre sur le prix où le plafonnement s’enclenchera. La Commission européenne avait initialement proposé de plafonner les contrats mensuels sur le marché de référence TTF dès lors qu’ils dépassaient 275 euros/MWh pendant deux semaines consécutives, entre autres conditions – des facteurs jamais réunis, même au plus fort de la flambée des cours en août dernier.

Après s’être déchirés autour de cette proposition, les Etats membres se sont finalement accordés sur un seuil très en-deçà, qui devra être atteint durant une période nettement réduite. Le contrat pour livraison dans un mois s’échangeait lundi sur le TTF autour de 110 euros/MWh. Le TTF, une plateforme néerlandaise, est de facto la Bourse de gaz de l’UE et son cours sert de référence à la majeure partie des transactions de gaz sur le continent.

Plusieurs Etats (Espagne, Pologne, Grèce, Italie…) avaient réclamé un net assouplissement des conditions d’activation du mécanisme. Au contraire, rétifs à toute intervention, d’autres Etats (Allemagne, Pays-Bas, Autriche…) exigeaient des « garde-fous » drastiques pour éviter qu’un plafonnement menace les approvisionnements européens. Le risque étant que les fournisseurs de gaz naturel liquéfié (GNL) délaissent l’Europe au profit de clients asiatiques payant leur gaz à des prix plus attractifs.

Pour y remédier, les Etats se sont entendus pour n’activer le plafond qu’avec un prix supérieur au prix international du GNL et pour prévoir une désactivation automatique en cas de perturbations imprévues. L’accord trouvé permet aux Etats d’adopter formellement deux autres textes d’urgence destinés à amortir l’impact de la crise énergétique.

Le premier prévoit des achats groupés de gaz, auxquels participeraient des consortiums d’entreprises, afin d’obtenir ensemble de meilleurs prix, et un mécanisme de solidarité assurant automatiquement l’approvisionnement énergétique des pays menacés de pénuries. Le second simplifie les procédures d’autorisations pour les infrastructures d’énergies renouvelables.

L. M. avec AFP

 

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