19 mai 2024
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Ma candidature à l’élection présidentielle a été rejetée

Que se passerait-il si on perdait la tête et qu’on soit tenté de se présenter à l’élection présidentielle en Algérie ?

C’est pourtant la folie qui m’est arrivée un beau matin. Mais après tout qu’aurait donc de plus que moi Zoubida Assoul ?

Par mes premières réflexions, je m’étais dit que dans ce pays adorateur de Poutine, dirigeants et citoyens, j’allais être confronté à une même quelconque commission électorale. Elle tenterai certainement de m’évincer pour des raisons diverses comme, n’a pas rendu le feuillet A32-bis du dossier, l’a transmis un jour de prière, tout le monde était à la mosquée, n’a jamais voté, ne sait pas bien jouer au football.

Pour devancer toutes ces barrières Poutino-algériennes, il fallait préparer mon dossier à la perfection pour minimiser les risques de rejet de la commission.

Je me suis alors précipité vers la constitution en sachant que les conditions y seraient listées. Me voilà en lecture de l’article 87. Et là, mes chers lecteurs, je me suis aperçu que je ne cochais presque aucune case.

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Je n’avais pas seulement aucune chance d’y parvenir mais selon la constitution, je n’existais même pas. Je n’étais ni algérien ni citoyen de n’importe quel degré.

La liste des conditions de l’article 87 de la constitution me dit :  

– Ne pas avoir acquis une nationalité étrangère. J’ai pourtant une excuse, après 48 ans en France, je n’avais trouvé aucune préfecture qui avait voulu m’accorder une carte de séjour avec une validité de cinquante ans.

-Le second point me précise que même dans le cas de validation du premier cas, il fallait attester de la nationalité algérienne du père et de la mère. J’ai la nationalité algérienne mais comme mes parents sont décédés, je n’ai jamais pu savoir si mon père était Sénégalais et ma mère Norvégienne. Un secret de famille bien gardé.

– Être de confession musulmane. Là ce n’était pas seulement un refus du dossier mais une apoplexie des membres de la commission s’ils prennent connaissance de mon athéisme. Mais plus grave, tous mes compatriotes algériens chrétiens sont exclus de la candidature, c’est-à-dire des dizaines de milliers de citoyens.

– Avoir quarante ans, bon, là ça passe. Enfin une chance !

– Attester de la nationalité d’origine du conjoint. Aïe, j’ai épousé une Ukrainienne.

– Justifier d’une résidence d’au moins dix ans en Algérie avant le dépôt de candidature. Là, ce sont des centaines de milliers d’Algériens, avec moi, qui sont exclus. Mais c’est vrai, on nous avait dit « pas d’autres nationalités ». Ils peuvent venir en touristes, voir leurs familles mais ne peuvent être considérés comme des citoyens de ce pays de leurs ancêtres, pas si lointains pourtant puisque c’est le père et la mère, tout au plus l’échelon au-dessus.

– Justifier la participation à la Révolution du 1er novembre 1954 pour les candidats nés avant juillet 1942. Franchement, si c’était le cas et avec cet âge, je ne déposerais pas ma candidature, j’écrirais de mes propres mains la constitution vu le pouvoir souverain qui en est accordé.  

-Produire la déclaration publique du patrimoine mobilier et immobilier, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Algérie. Mince, je ne suis pas le seul exclu, les militaires et leurs amis le sont également. Il y a du monde et un gros boulot de secrétariat de la commission, au moins pour cinq ans. Cela va retarder mon élection.

– Une liste comportant au moins six cent (600) signatures individuelles de membres élus d’assemblées populaires communales, de wilayas ou parlementaires et réparties, au moins, à travers vingt-cinq wilayas.

Bingo, je n’ai qu’à contacter mes très nombreux et anciens camarades dans la politique qui ont rejoint toutes ces institutions car leur ancienne conviction démocratique ne leur rapportait aucun avantage pécuniaire. Cela va prendre du temps mais j’y arriverai, beaucoup ont un compte Facebook.

Et puis viennent les annexes à cette énumération de l’article 87, c’est-à-dire les très nombreuses pièces à fournir. Je vais signaler aux autorités qu’ils ont oublié le test sanguin et celui de l’ADN.

Mais l’oubli fondamental de l’article 87 de la constitution algérienne est l’obligation d’aimer ce pays aussi passionnément que le bonheur d’y avoir connu une inoubliable jeunesse sous un ciel gorgé de soleil, avec des camarades aussi merveilleux.

Ma candidature a été rejetée avant même d’arriver aux portes de la commission.

Sid Lakhdar Boumediene

3 Commentaires

  1. Moi je serai pas candidat pour diriger un « GHACHI » Ignare, Cupide, fanatique, obsédé, écervelé, mal élevé, égoïste et la liste est très très étendue
    Mon seul vœu est de déguster une orange, une figue, un bout de pain trempé dans l huile d’olive
    Ou juste respirer l air de la Kabylie……

  2. « Mais après tout qu’aurait donc de plus que moi Zoubida Assoul ? »

    Elle, elle sait tailler des pipes. Tu y mets du Marocain et ca fume comme de l’Algerien, c.a.d. soul sans rien boire… Plus serieux, tu sais enfoncer tes potes toi?

  3. ( pour candidater il faut entre autres ) « Avoir quarante ans »
    Normal, C’est l’âge canonique de l’illumination. Si seulement certains savaient avant délire le leur à moins de 40 ans cela leur aurait évité bien des déconvenues.
    « Ma candidature à l’élection présidentielle a été rejetée…Mais… le bonheur d’y avoir connu une inoubliable jeunesse sous un ciel gorgé de soleil, avec des camarades aussi merveilleux. »
    Vous avez pris du recul, et le plaisir de se remémorer les bons souvenirs de jeunesse.
    La prochaine fois portez-vous candidat aux élections présidentielles de la grande mosquée, pas celle de Paris bien-entendu, al masdjid al 3dham. Vous avez grande chance, sachant que vous aviez un bon point à faire valoir sur vos concurrents.
    Ainsi, après avoir pris du recul vous allez prendre de la hauteur pour voir encore plus en arrière, il doit y avoir d’autres bons souvenirs enfouis encore plus loin dans le passé.
    D’où l’avenir est dans le passé, prédisait Addi.
    PS. C’est un autre avantage qu’ont ceux qui ont plus de 40 ans, ils ont au-moins de bons souvenirs de jeunesse à se remémorer à chaque fois qu’ils ont le cafard, chose que les moins de 20 ans auront sûrement du mal à faire quand ils auront atteint à leur tour leur âge canonique.

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