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Batna : un réseau de trafiquants de psychotropes mis à nu

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Réseau de trafiquants de psychotropes neutralisé
Réseau de trafiquants de psychotropes neutralisé à Batna. Crédit photo : DR.

À Batna, la traque des réseaux de revendeurs et autres trafiquants de psychotropes se poursuit, révélant l’ampleur d’un fléau qui gangrène silencieusement la région des Aurès.

Une opération sécuritaire conjointe entre l’Armée nationale populaire et les services de la Sûreté nationale a permis, ces derniers jours, l’arrestation de l’un des plus importants mrojeurs de substances hallucinogènes de la wilaya, avec la saisie de 56 550 capsules de psychotropes.

L’intervention n’a rien d’une action improvisée. Elle est le résultat d’un travail de renseignement de longue haleine, mené sur le terrain, qui a conduit à l’identification d’un individu décrit comme un maillon central d’un réseau structuré de distribution. La perquisition de son domicile a permis de mettre au jour une quantité massive de capsules, prêtes à être écoulées sur le marché local.

Derrière les chiffres, une réalité préoccupante se dessine. Batna, comme d’autres wilayas de l’intérieur du pays, est devenue une zone de forte pression pour les réseaux spécialisés dans les psychotropes, notamment les médicaments détournés de leur usage thérapeutique. Ces substances, largement consommées par une frange de la jeunesse, alimentent une spirale de dépendance, de violence et de délitement social.

Cette arrestation s’inscrit dans une série d’opérations menées récemment dans la wilaya et ses environs. Au cours des derniers mois, les services de sécurité ont procédé à plusieurs saisies importantes, parfois de dizaines de milliers de comprimés, parfois davantage, témoignant d’une tentative persistante d’inonder le marché par des réseaux organisés, souvent mobiles et difficiles à démanteler dans leur totalité.

Si les autorités mettent en avant la coordination entre les différents corps de sécurité, la répétition de ces affaires interroge. Elle pose, une fois encore, la question des circuits d’approvisionnement, des complicités, mais aussi de l’efficacité des dispositifs de prévention dans une région confrontée à un malaise social profond.

Le suspect interpellé a été présenté devant les juridictions compétentes. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de remonter les filières. Mais au-delà du coup de filet, c’est bien une bataille de fond qui se joue : celle contre une économie parallèle qui prospère sur la vulnérabilité sociale et l’absence de perspectives.

À Batna comme ailleurs, la lutte contre les psychotropes ne peut se limiter aux seules réponses sécuritaires. Elle appelle une approche globale, associant prévention, prise en charge sanitaire et politiques sociales capables de tarir, durablement, le terreau sur lequel prospèrent ces réseaux.

Mourad Benyahia 

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Élections en Algérie : la ligne de la continuité face à l’épreuve du pluralisme

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RCD, Atmane Mazouz
Le RCD a décidé de participer aux prochaines élections. Crédit photo : Le Matin d'Algérie

À l’approche des prochaines échéances électorales, la scène politique, calcifiée par l’autoritarisme, rebouge. Elle se structure autour de deux lectures concurrentes de l’enjeu du scrutin.

D’un côté, les formations de la coalition présidentielle défendent une approche fondée sur la stabilité institutionnelle et la continuité de l’action du pouvoir en place. De l’autre, les partis de la mouvance démocratique tentent de réinvestir l’espace électoral en posant la question des conditions mêmes d’un processus politique crédible.

Exit la question des quelque 250 détenus d’opinion, la violation des droits, la mise sous cloche des libertés individuelles, la censure… Le régime a donc imposé à ce qui reste de l’opposition son agenda.

Le Front El Mostaqbal et le récit de la stabilité

Le récent discours de Fateh Boutbig, président du Front El Mostaqbal, prononcé à Aflou, illustre avec netteté cette ligne de fracture.

En déplacement dans cette région steppique des Hauts-Plateaux, longtemps administrée par la wilaya de Laghouat avant d’accéder récemment au statut de wilaya, il a présenté les prochaines élections comme un moment de consolidation plutôt que de remise en cause. En même temps, ce parti est participationniste, on ne lui connaît pas des positions tranchées vis-à-vis du pouvoir. Bien au contraire. Alors…

Inscrit dans la majorité présidentielle, renforcée par le ralliement de plusieurs partis, dont le FLN, le RND et Al-Bina El Watani, le président du Front El Mostaqbal a défendu une vision dans laquelle le scrutin s’inscrit dans la continuité de la trajectoire autoritaire et de compromission totale avec le régime qu’incarne actuellement Abdelmadjid Tebboune.

Son discours s’articule autour de notions récurrentes : stabilité, préservation des acquis et souveraineté nationale. Des antiennes opportunistes et sans sens critique politique. Les élections sont ainsi présentées comme un rempart face aux incertitudes régionales et aux discours jugés déstabilisateurs. La réforme, dans cette approche, s’opère graduellement à partir des institutions existantes et se matérialise par des politiques publiques telles que le nouveau découpage territorial ou la recherche d’un meilleur équilibre régional. La participation électorale y est conçue comme un acte de responsabilité politique et d’adhésion à l’ordre institutionnel établi.

Une opposition démocratique en quête de sens électoral

Face à ce discours de continuité, les partis se réclamant de la mouvance démocratique — Parti des travailleurs, RCD, FFS, Jil Jadid — adoptent une posture plus nuancée. Sans exclure la participation électorale, leur engagement demeure conditionné par une lecture critique du cadre politique actuel.

Pour ces formations, l’enjeu dépasse la simple reconduction des équilibres existants. Elles plaident pour une transformation qualitative du fonctionnement institutionnel, en mettant en avant plusieurs exigences centrales : l’élargissement des libertés politiques et médiatiques, l’indépendance effective de la justice et l’instauration d’un véritable débat contradictoire sur les choix économiques et sociaux. À leurs yeux, en l’absence de ces garanties, le scrutin risque de demeurer un exercice formel, incapable de restaurer la confiance d’un électorat durablement marqué par l’abstention.

Une élection entre dialogue politique et reproduction du statu quo

Le contraste entre les deux visions apparaît nettement. Là où le Front El Mostaqbal met en avant la responsabilité, la discipline politique et la continuité du système en place, l’opposition démocratique insiste sur la question de la légitimité et sur la nécessité d’une participation citoyenne effective.

Présenté par Fateh Boutbig comme un rejet du « populisme » au profit d’un « discours responsable » et aligné, ce positionnement est interprété par les formations démocratiques comme une tentative de neutralisation du pluralisme. Celles-ci voient, au contraire, dans ces élections une opportunité — peut-être la dernière — de dépasser une stabilité perçue comme formelle pour lui substituer une légitimité populaire fondée sur le débat et une réelle compétition politique.

L’enjeu central de ces élections réside ainsi dans leur capacité à dépasser le simple renouvellement institutionnel. Pour le pouvoir et ses alliés, il s’agira de convaincre que la stabilité invoquée ne se confond pas avec l’immobilisme. Pour l’opposition, le défi sera de transformer sa présence électorale en levier politique concret, au-delà du seul registre protestataire.

Entre la logique de continuité défendue par la coalition présidentielle et l’exigence de renouveau — voire de rupture — portée par la mouvance démocratique, les prochaines échéances électorales apparaissent moins comme une simple compétition partisane que comme un test de crédibilité du processus politique lui-même.

La question demeure ouverte : recomposition démocratique ou reconduction maîtrisée de l’ordre existant ? Tout se jouera, en dernière instance, sur la crédibilité du processus électoral et sur la posture du pouvoir, toujours détenteur des leviers essentiels. Eu égard à l’entêtement autoritaire du régime et son absence de volonté de quelque ouverture que ce soit, il est fort à parier que les partis du courant démocratique laisse leurs plumes dans les prochains scrutins. 

Samia Naït Iqbal

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CAN 2025 au Maroc : le continent africain se prépare pour la compétition

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Le stade Moulay Abdellah de Rabat
Le stade Moulay Abdellah de Rabat

La 35e Coupe d’Afrique des nations (CAN) débute dimanche 21 décembre. Pour la deuxième fois depuis la création du tournoi, le Maroc en est l’hôte, et pour la deuxième fois de son histoire, le pays espère remporter la compétition footballistique, car le Maroc fait figure de grand favori. Il n’est toutefois pas le seul à pouvoir prétendre à la victoire.

Candidat déclaré à la victoire finale dans « sa » Coupe d’Afrique des nations, le Maroc ouvre la CAN 2025 dimanche 21 décembre à Rabat face aux Comores. Les Lions de l’Atlas entendent assumer leur statut, mais attention aux Cœlacanthes, de retour dans le tournoi avec autant d’humilité que de rêves dans la tête.

Enfin, l’attente arrive à son terme. Quatrième de la Coupe du monde 2022, le Maroc, 11ᵉ nation au classement mondial de la Fifa, arrive gonflé à bloc pour cette CAN 2025 à domicile.

Il s’agit d’effacer l’échec cuisant du dernier rendez-vous continental il y a presque deux ans, en Côte d’Ivoire, et cette élimination en huitièmes de finale. Il est surtout l’heure de matérialiser les progrès réalisés par les Marocains ces dernières années en ajoutant une deuxième CAN dans la vitrine à trophées, après celle glanée en 1976 en Éthiopie.

« Bien sûr qu’on est favoris, on ne se cache pas »

Walid Regragui, interrogé à la veille de ce match d’ouverture, n’a pas cherché à nier ce que tout le monde affirme : les Lions de l’Atlas visent le sacre, et ils ont les faveurs des pronostics pour leur entrée en lice face aux Comores, leurs premiers adversaires dans le groupe A. « Bien sûr, on est favoris. Je le dis toujours : on ne se cache pas. On ne peut pas dire qu’on n’est pas favoris », a-t-il assumé.

Le sélectionneur, en poste depuis trois ans et demi, est lucide. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le Maroc, c’est 11 victoires pour une seule défaite (en amical face au Burkina Faso). Que dire de la campagne des éliminatoires de la CAN : six matches, six victoires, 26 buts marqués contre seulement deux encaissés. C’est, de loin, le meilleur bilan des 24 qualifiés.

Une dynamique qui fait la force du Maroc… et paradoxalement sa faiblesse. Le costume de favori a son revers de la médaille : la pression va inévitablement peser sur les épaules des Marocains, une charge qui a écrasé d’autres, avant eux. Regragui accepte pourtant volontiers ce paramètre : « Il y a de la pression, mais positive. » L’ancien défenseur veut se servir des démons du favori pour galvaniser son groupe. Il compte sur ces matches « qui ne seront pas faciles » en promettant : « On va souffrir. Mais la souffrance, c’est toujours bon pour la gagne. On ne gagne jamais sans souffrir. »

Rfi

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Accidents de la route : 17 morts et 438 blessés en 48 heures

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Accident de la route en Algérie.
Les routes algériennes sont très accidentogènes. Crédit photo : DR

Dix-sept personnes ont trouvé la mort et 438 autres ont été blessées dans des accidents de la route, survenus ces dernières 48 heures à travers plusieurs wilayas, indique samedi un bilan de la Protection civile.

Le trafic routier et les chauffards continuent de tuer chaque jour et d’endeuiller des dizaines de familles en Algérie. Le bilan le plus lourd a été enregistré dans la wilaya de Boumerdes avec 3 morts et 25 blessés, précise la même source.

Les équipes de la Protection civile ont également prodigué des soins de première urgence à 33 personnes incommodées par le monoxyde de carbone, émanant des appareils de chauffage et des chauffe-eaux à travers plusieurs wilayas du pays, relève le communiqué, déplorant le décès de 4 personnes intoxiquées par ce gaz dans les wilayas de Ghardaïa, Guelma et Tiaret.

Rien, ni aucune mesure, ni décideur ne semblent à même d’endiguer ce terrible phénomène dans le pays.

Avec APS

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Affaire de la «mafia du tabac» : l’ancien PDG de Madar placé sous mandat de dépôt

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Charaf-Eddine Amara, ex-PDG du groupe public Madar
Charaf-Eddine Amara, ex-PDG du groupe public Madar.

Le placement en détention provisoire de Charaf-Eddine Amara, ex-PDG du groupe public Madar, marque une nouvelle étape dans une enquête sensible touchant au secteur stratégique du tabac. Au-delà du dossier pénal, l’affaire interroge les mécanismes de gouvernance des entreprises publiques et la nature de certains partenariats étrangers.

Le juge d’instruction près le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a ordonné, ce dimanche 21 décembre 2025, le placement sous mandat de dépôt de Charaf-Eddine Amara, ancien président-directeur général du groupe public Madar. L’information, révélée par Echourouk News, s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur de présumées malversations financières liées à l’industrie du tabac.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une série d’investigations menées sur les circuits de financement, de distribution et de partenariat du secteur, l’un des plus rentables mais aussi des plus opaques de l’économie nationale.

Un départ de Madar qui prend une autre dimension

L’incarcération de l’ancien dirigeant survient moins de deux mois après son limogeage de la tête du holding Madar, le 14 octobre dernier. À l’époque, la décision avait été officiellement présentée comme un simple réaménagement de la gouvernance du groupe, sans communication détaillée sur ses motivations.

Les développements judiciaires récents suggèrent toutefois que des soupçons sérieux pesaient déjà sur la gestion de Charaf-Eddine Amara, donnant à son éviction une portée rétrospectivement plus politique que managériale.

Le partenariat algéro-émirati dans le viseur

Le cœur de l’instruction concerne les relations entre Madar et son partenaire émirati au sein de la Société de tabacs algéro-émiratie (STAEM). Selon des sources proches du dossier, l’enquête se concentre notamment sur : des transferts financiers suspects, susceptibles de constituer des infractions à la réglementation sur les changes, avec des flux dirigés vers les Émirats arabes unis ;

l’utilisation présumée de ces fonds pour l’acquisition de biens immobiliers de luxe à Alger; les mécanismes de distribution des produits du tabac, accusés de favoriser un nombre restreint d’opérateurs au détriment de la concurrence, instaurant un contrôle informel du marché.

Ces éléments nourrissent l’hypothèse d’un système structuré, combinant intérêts privés, failles réglementaires et absence de contrôle effectif.

Des ramifications au-delà du secteur du tabac

Le nom de Charaf-Eddine Amara apparaît également dans d’autres dossiers en cours d’examen, notamment ceux liés à sa gestion passée de la Fédération algérienne de football (FAF), ainsi qu’à certains contrats industriels du complexe sidérurgique d’El Hadjar. Autant de dossiers qui, sans être formellement joints à la procédure actuelle, alimentent les interrogations sur l’étendue des pratiques mises en cause.

Par ailleurs, le juge d’instruction a confirmé le maintien en détention de l’homme d’affaires désigné par les initiales « M.A. », représentant de la partie émiratie, ainsi que de plusieurs cadres et intermédiaires présumés.

Une affaire révélatrice des limites du « nettoyage»

Les arrestations font suite aux rapports du Service central de lutte contre le crime organisé (SCLCO) de Saoula, qui évoquent un réseau visant à contourner la législation sur les mouvements de capitaux à travers des montages contractuels complexes.

Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre moins une rupture radicale qu’un nouvel épisode dans la longue et laborieuse entreprise d’assainissement de l’économie nationale. Elle pose, une fois encore, la question de la responsabilité des organes de contrôle, du suivi des partenariats étrangers et de la gestion des groupes publics stratégiques.

Reste à savoir si ce dossier ouvrira la voie à des poursuites élargies et à de véritables réformes structurelles, ou s’il se soldera, une fois encore, par la mise en cause de quelques exécutants, laissant intacts les mécanismes profonds du système.

Samia Naït Iqbal

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Chutes de neige lundi et mardi sur plusieurs wilayas    

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Chute de neige

Des chutes de neige affecteront, lundi et mardi, les reliefs dépassant 1100 mètres d’altitude dans plusieurs wilayas du pays, indique un Bulletin météorologique spécial (BMS) émis dimanche par l’Office national de la météorologie (ONM). 

De niveau de vigilance «Orange», les wilayas concernées par ce BMS sont Tlemcen, Sidi Bel Abbes, Saïda, Tiaret, Naâma, El Bayadh et Laghouat, et ce, de lundi de 3h00 à 12h00 avec une épaisseur de neige estimée entre 5 et 10 cm.

Les chutes de neige affecteront également les wilayas de Djelfa, Tissemsilt, Ain Defla, Médéa, Blida, Tizi Ouzou et Bouira, lundi de 9h00 à 18h00, avec une épaisseur oscillant entre 5 et 10 cm.

Le BMS concerne aussi les reliefs de plus de 1100 m d’altitude des wilayas de Béjaïa, Jijel, Bordj Bou Arreridj, Sétif, Mila, Constantine, Batna, Khenchela, Oum El Bouaghi et Tébessa où l’épaisseur de neige oscillera entre 5 et 10 cm de lundi à 12h00 à mardi à 1h00.

APS

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« Volia » : le souffle de la liberté au cœur de l’Ukraine

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Anastasia Fomitchova publie Volia
Anastasia Fomitchova publie Volia

Publié aux Éditions Grasset, Volia nous plonge dans l’intimité d’une guerre qui transforme les vies et forge les destins.

Dans la brise qui soulève les épis de la campagne ukrainienne, les visages des disparus apparaissent, les chants des vivants résonnent et la mémoire des héros veille. C’est là, au milieu des tombes et des routes de Kyiv, que commence le récit d’Anastasia Fomitchova, qui revient sur son enfance, son exil en France et son retour sur le front pour défendre sa ville natale.

L’autrice est le personnage central de son récit. Née à Kyiv au début des années 1990, elle grandit dans une Ukraine fragile, post-soviétique, où l’insécurité et la corruption dessinent le quotidien. Son exil en France lui ouvre de nouvelles perspectives, mais c’est l’appel de son pays qui la ramène sur le front en 2017 comme infirmière de combat. Deux jours après l’invasion russe de février 2022, elle suspend son doctorat pour rejoindre la défense de Kyiv et participer aux opérations dans l’Est et à Kherson.

Le style de Fomitchova mêle précision et poésie. Les événements, parfois cruels et sanglants, sont toujours narrés avec une humanité profonde : les camarades tombés au combat, les cercueils dans les cimetières de Lviv, la chaleur des chants traditionnels et la beauté fragile de l’Ukraine, malgré la guerre. Volia raconte le courage au quotidien, le choix de protéger la dignité humaine et la volonté de témoigner pour ceux qui ne peuvent plus parler.

Les valeurs humaines traversent tout le récit. Cheka, amie et camarade d’armes tuée en évacuant des blessés, devient le symbole de cette volia, cette force et cette volonté de résister à l’oppression. L’écriture rend hommage à la vie, à l’abnégation et à la solidarité qui surgissent dans les pires moments.

Mais Volia est aussi un livre historique et politique. Il relie le présent aux tragédies passées : l’Holodomor, les exactions nazies et soviétiques, la catastrophe de Tchernobyl. La guerre de 2022 n’est pas un accident ; elle est la continuité d’un combat séculaire pour l’indépendance et la liberté d’un peuple.

Écrire et témoigner, c’est résister. Volia se lit avec le cœur autant qu’avec les yeux. C’est une ode à la liberté, au courage et à la volonté du peuple ukrainien face à l’invasion russe, dans une guerre ignoble où chaque vie sauvée est un acte de résistance.

Djamal Guettala

À propos de l’autrice :

Anastasia Fomitchova est docteure en science politique et affiliée à la Chaire des Études Ukrainiennes de l'Université d'Ottawa (Canada). Née à Kyiv, elle a grandi en France avant de rejoindre le bataillon paramédical des Hospitaliers en 2017. Le 24 février 2022, alors que la Russie lance son offensive à grande échelle contre l'Ukraine, elle suspend son doctorat pour retourner sur le front. Elle réside actuellement à Kyiv où elle enseigne et s'investit dans des projets liés à l'intégration européenne de l'Ukraine. Volia est son premier livre chez Grasset.
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Les Algériens en tête des décisions d’OQTF dans l’UE au 3e trimestre 2025

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Migrants
L'immigration africaine est rejetée en Europe. Et les OQTF se multiplient notamment contre les Algériens.

Le troisième trimestre 2025 a été marqué par une intensification des mesures (OQTF) à l’encontre des ressortissants non-européens dans l’Union européenne.

Entre juillet et septembre, plus de 115 000 personnes ont été sommées de quitter un pays membre, tandis qu’environ 34 000 ont été effectivement renvoyées vers leur pays d’origine ou un autre pays tiers. Ces chiffres traduisent une application plus rigoureuse des mesures de renvoi par rapport à la même période de l’année précédente.

Parmi les ressortissants non-européens concernés, les Algériens sont les plus nombreux, avec plus de 12 000 ordres de départ, devançant largement les Marocains et les Turcs. La France concentre la majorité de ces décisions, suivie de l’Allemagne et de la Grèce.

En revanche, les retours effectifs concernent majoritairement les citoyens de Turquie, de Géorgie et d’Albanie. La France et l’Allemagne enregistrent le plus grand nombre de renvois réalisés, mais la proportion d’Algériens effectivement renvoyés reste faible par rapport aux ordres de départ.

Cette situation révèle un décalage entre les décisions administratives et leur exécution concrète, souvent lié à des obstacles juridiques ou logistiques, ou à la nécessité de coopération avec les pays d’origine. En l’espèce, la rupture des relations entre Alger et Paris par exemple est du pain béni pour les centaines d’Algériens sous le coup d’obligation de quitter le territoire national français. A rapper qu’un ressortissant étranger ne pourra être reconduit dans son pays d’origine que s’il est en possession d’un document d’identité justifiant de sa nationalité, faute de quoi, arrivé à destination, il pourrait être refoulé. On a vu des cas où l’Algérie a refoulé des Algériens vers la France.

Entre 2019 et 2024, toutes nationalités confondues, sur plus de 760.000 OQTF prononcées, le taux d’exécution n’a pas dépassé les 7 %. Rien qu'en 2024, 140.000 OQTF ont été prononcées en France. Seuls 20.000 retours vers leur pays d'origine ont été enregistrés.

Les chiffres mettent ainsi en lumière les difficultés rencontrées par les États européens pour appliquer pleinement leurs mesures de contrôle des migrations irrégulières.

L’écart entre ordres de départ et renvois effectifs souligne également la complexité de la gestion migratoire : un ordre administratif ne garantit pas un retour immédiat, et certaines procédures peuvent prendre plusieurs mois, voire plus, en fonction des circonstances individuelles. Les recours et le manque de coopération des pays africains, entre autres, font que nombre de personnes visées par les OQTF passent entre les mailles du filet.

Pour les ressortissants algériens, cette dynamique met en évidence une pression administrative importante, même si peu d’entre eux sont effectivement renvoyés. Elle illustre les défis permanents auxquels font face les pays européens pour équilibrer contrôle des frontières et respect des droits fondamentaux des personnes concernées.

Au-delà des chiffres, ces tendances s’inscrivent dans un contexte politique européen tendu, où les États membres cherchent à renforcer le contrôle de leurs frontières tout en respectant leurs engagements internationaux en matière de droits humains. Avec la montée de l’extrême droite, on assiste à un rejet massif de l’immigration et une montée de la « préférence nationale », terme cher au courant nationaliste.

C’est dans ce conteste que les Algériens quittent par centaines le pays, souvent par voie d’embarcations de fortune au mépris de leur vie.

La situation des ressortissants algériens apparaît comme un indicateur clé de ces tensions, entre décisions rapides et mises en œuvre concrètes souvent plus lentes et complexes.

Mourad Benyahia 

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Municipales à Marseille : LFI entre en campagne dans les quartiers Nord

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La France insoumise a lancé, hier soir, sa campagne municipale dans les 13e et 14e arrondissements de Marseille autour de son candidat Mohamed Bensaada.
La France insoumise a lancé, hier soir, sa campagne municipale dans les 13e et 14e. arrondissements de Marseille autour de son candidat Mohamed Bensaada.

La France insoumise (LFI) a lancé, hier soir, sa campagne municipale dans les 13e et 14e arrondissements de Marseille autour de son candidat Mohamed Bensaada.

Dans les quartiers Nord, longtemps relégués aux marges des politiques publiques, LFI a choisi d’ouvrir la bataille électorale là où se concentrent les fractures sociales les plus profondes de la ville. Un choix politique assumé, en présence des députés insoumis Manuel Bompard, Raphaël Arnault et Aly Diouara.

Ce lancement de campagne ne s’est pas limité à une simple séquence électorale. Il s’inscrit dans une volonté affichée de rupture avec des décennies de gestion municipale marquées par l’abandon, la relégation et le mépris social. Face à une ville fragmentée, où les inégalités territoriales se creusent, La France insoumise entend imposer un autre récit et une autre pratique politique, construite à partir des réalités vécues par les habitants.

Mohamed Bensaada a porté une parole directe, ancrée dans le quotidien des 13e et 14e arrondissements. Logement indigne, services publics affaiblis, précarité persistante, sentiment d’invisibilité politique : autant de réalités trop souvent instrumentalisées à l’approche des élections, mais rarement traitées sur le fond. LFI revendique ici une campagne de terrain, tournée vers l’action municipale et la reconquête de la dignité.

La présence de Manuel Bompard a donné à cette séquence une portée nationale. Le député insoumis a rappelé que Marseille est devenue un symbole des échecs des politiques libérales et sécuritaires, incapables de répondre aux urgences sociales. Raphaël Arnault et Aly Diouara ont, de leur côté, insisté sur la nécessité de remettre la question populaire au cœur du débat municipal, face à une droite et une extrême droite qui prospèrent sur la peur et les renoncements.

À quelques mois du scrutin de mars, La France insoumise affiche clairement ses intentions : faire des quartiers Nord un point d’appui politique, et non un simple décor de campagne. Ce lancement marque le début d’un affrontement politique où se joue bien plus qu’une alternance municipale. Il s’agit, pour LFI, de rappeler que Marseille ne se gouvernera pas sans ses quartiers populaires, ni contre eux.

Djamal Guettala

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Mila : un enfant retrouvé mort dans un bassin

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Mila
Mila

À Mila, un enfant de trois ans, identifié sous le nom de « A. B. », a été retrouvé sans vie dans un bassin d’eau à seulement quelques mètres de sa maison, dans le village de douar Ben Zekri, dans la commune d’Aïn Tine. Ce drame, qui a eu lieu après une disparition inquiétante survenue le 19 décembre, a plongé la famille de l’enfant et toute la communauté locale dans un état de profonde douleur.

Le vendredi 19 décembre, l’enfant s’était mystérieusement volatilisé, incitant immédiatement les autorités à lancer un appel à témoins et des recherches intensifiées. Les habitants, accompagnés des services de secours, ont battu le terrain durant plusieurs heures, sans succès. Ce n’est qu’au matin du 20 décembre que les équipes de la Protection civile ont retrouvé la dépouille de l’enfant, flottant dans un bassin d’une profondeur de 30 cm, à 50 mètres seulement de son domicile. La découverte a brisé tout espoir de retrouver l’enfant vivant, et la tristesse s’est rapidement installée parmi les membres de sa famille et les habitants du village.

Cet incident tragique soulève de nombreuses interrogations sur la sécurité des infrastructures locales. Bien que le bassin ne soit pas profond, sa proximité avec la maison et l’absence de mesures de sécurité adéquates autour des réservoirs d’eau dans cette région suscitent une réflexion nécessaire sur la prévention des accidents. Les autorités locales sont appelées à renforcer les mesures de sécurité pour éviter de telles tragédies, en particulier dans les zones rurales où les enfants sont souvent confrontés à des dangers invisibles.

L’ouverture d’une enquête par la gendarmerie nationale a été annoncée pour déterminer les circonstances exactes de la disparition et de la mort de l’enfant. Les autorités chercheront à comprendre si des négligences ont contribué à cet accident tragique et comment des améliorations peuvent être apportées aux normes de sécurité publiques.

Ce drame a choqué et ému l’ensemble de la communauté locale. La disparition de « A. B. » et la douleur de sa famille résonnent comme un appel à prendre conscience des risques auxquels les enfants sont confrontés au quotidien. Les habitants de Douar Ben Zekri se sont mobilisés dès l’annonce de la disparition, dans l’espoir de retrouver l’enfant. Cette tragédie doit être l’occasion d’une prise de conscience collective sur l’importance de la prévention et de la vigilance en matière de sécurité.

Alors que les enquêteurs poursuivent leurs investigations, il est plus que jamais nécessaire de mettre en place des mesures concrètes pour garantir la sécurité des enfants. La tragédie survenue à Mila est un rappel brutal que la sécurité des plus vulnérables doit toujours être une priorité.

Mourad Benyahia 

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