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Mise en garde contre les publications subversives en ligne appelant à une grève des commerçants 

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Hacker.
En plus de la rue, des médias, la surveillance de la toile est de rigueur en Algérie.

 L’Autorité nationale pour la prévention et la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication a mis en garde, dans un communiqué publié mercredi, contre des messages subversifs diffusés sur les réseaux sociaux par des individus étrangers connus pour leur hostilité envers l’Algérie, visant à inciter les commerçants à faire grève jeudi afin de déstabiliser le pays.

Le communiqué explique qu’« à la suite d’enquêtes techniques menées par ses services compétents, l’Autorité informe le public de la publication sur Internet de publications à caractère subversif, via des pages et des comptes sur les réseaux sociaux, appartenant à des personnes résidant à l’étranger, notamment au Maroc, en France, en Grande-Bretagne et au Canada, connues pour leur hostilité envers l’Algérie et ses institutions, afin d’inciter les commerçants algériens à faire grève le jeudi 8 janvier 2026, dans le but de déstabiliser le pays. 

APS

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APS : chronique d’un aplaventrisme institutionnel

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APS

Il fut un temps où une agence de presse servait à informer. Un temps ancien, presque folklorique, où l’on distinguait encore la dépêche du pamphlet, le fait du sermon, la mission publique de la ferveur partisane. Ce temps semble révolu.

Car voilà qu’une agence supposée neutre s’est récemment découverte une vocation nouvelle: celle de procureur politique, distribuant les brevets de patriotisme, les certificats de loyauté et les promesses de poubelle historique comme on distribue des communiqués.

Le texte est présenté comme une chronique. L’étiquette est commode. Elle permet toutes les audaces tout en évitant une responsabilité essentielle: nommer clairement. On attaque donc un parti sans le citer, on le décrit lourdement, on l’accuse abondamment, mais on se garde bien de l’identifier noir sur blanc. Le courage éditorial s’arrête toujours juste avant la signature.

Qu’on se comprenne bien. Je n’ai aucune affinité politique, idéologique ou affective avec ce parti. Aucune. Mais précisément pour cette raison, je me permets une remarque simple: quand une agence de presse attaque, la critique n’est pas légitime. Elle ne peut pas l’être. Non par principe moral, mais par principe fonctionnel.

Une agence de presse n’est ni un parti, ni un tribunal, ni un chroniqueur de café du commerce. Elle n’a pas à choisir ses ennemis. Elle a à produire des faits. Le reste relève du journalisme d’opinion, parfaitement respectable… ailleurs.

Ce qui est fascinant, presque comique, c’est l’effet inverse de celui recherché. À force de marteler, de désigner, de dramatiser, on finit par offrir une publicité gratuite à un parti dont une large partie des Algériens s’est déjà détachée, parfois sans bruit, parfois sans nostalgie. Là où l’usure faisait son œuvre, la mise en scène la ressuscite. Là où l’indifférence gagnait, la surenchère réveille.

Et c’est ici que la question devient sérieuse. Car cette stratégie de boulonnage discursif, cette obsession à recréer un ennemi intérieur bien identifié, bien caricaturé, bien chargé émotionnellement, n’est pas sans précédent dans notre histoire récente. On sait comment ces récits commencent. On sait surtout comment ils finissent.

À quoi joue-t-on exactement ? À éclairer le débat public ? Permettez d’en douter. Ou à réactiver des lignes de fracture que le pays a payées au prix fort ?

Le plus troublant reste le silence sélectif. Là où certains sujets internationaux brûlants exigeraient clarté et courage, l’agence se fait soudain discrète, prudente, muette. Mais quand il s’agit de frapper à l’intérieur, la plume devient hardie, morale, prophétique. Le courage éditorial, décidément, a ses géographies.

À ce stade, il faut bien appeler les choses par leur nom. Algérie Presse Service ne renseigne plus toujours. Elle oriente. Elle n’explique pas. Elle prescrit. Elle ne rapporte pas. Elle plaide.

D’où cette nouvelle lecture de l’acronyme, non officielle mais terriblement exacte:

A pour Aplaventrisme

P pour Paillasson

S pour Soumission

Ce n’est pas une insulte. C’est un diagnostic.

Une agence publique qui milite cesse d’être un outil d’information. Elle devient un instrument narratif. Et l’histoire, elle, n’a jamais été tendre avec ceux qui ont confondu la plume avec le bâton.

La question finale n’est donc pas celle d’un parti. Elle est celle de la responsabilité institutionnelle. Veut-on informer une société adulte, ou la guider par la peur et la désignation ? Veut-on apaiser un pays fatigué, ou jouer à nouveau avec les braises ?

L’Algérie mérite mieux qu’une agence qui applaudit quand on attend qu’elle éclaire.

Zaim Gharnati

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Visa américain : une caution financière jusqu’à 15 000 dollars pour les Algériens à partir de 2026

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Trump
Image par Barbara de Pixabay

À partir du 21 janvier 2026, les citoyens algériens qui souhaitent se rendre aux États-Unis pour le tourisme ou les affaires devront faire face à une mesure exceptionnelle : le paiement d’une caution financière pouvant atteindre 15 000 dollars. Cette décision, annoncée par le Département d’État américain, s’inscrit dans le cadre d’une politique globale visant à limiter les dépassements de séjour et à renforcer le contrôle migratoire.

Selon le communiqué officiel, l’Algérie fait désormais partie des 38 pays concernés par ce dispositif, majoritairement africains, asiatiques et latino-américains. La caution sera fixée au cas par cas, lors de la prise de rendez-vous consulaire, et pourra s’élever à 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars.

Le mécanisme est strict. Les demandeurs doivent remplir l’ESTA I-352 et verser la caution uniquement via la plateforme officielle Pay.gov, après instruction directe d’un employé consulaire. Les autorités américaines précisent que le paiement ne garantit pas l’obtention du visa, et qu’aucun remboursement ne sera accordé si la somme est versée sans instruction préalable.

Outre cette mesure financière, des contraintes supplémentaires concernent l’itinéraire du voyage. L’entrée et la sortie des États-Unis seront limitées à trois aéroports : Boston, New York (JFK) et Washington Dulles. Tout manquement pourrait entraîner un refus immédiat d’accès.

Le remboursement de la caution est prévu uniquement dans trois situations : départ des États-Unis dans le respect de la durée légale du séjour, non-utilisation du visa avant son expiration, refus d’entrée à l’arrivée.

En cas de dépassement de séjour, la caution sera conservée intégralement par les autorités américaines.

Cette décision soulève déjà des inquiétudes sur le plan social et économique. Pour de nombreux Algériens, une caution de 10 000 à 15 000 dollars correspond à plusieurs années de revenus moyens, rendant l’accès aux États-Unis pratiquement impossible pour une large partie de la population. Les professionnels du tourisme et du commerce redoutent également un impact négatif sur les déplacements d’affaires et les échanges culturels.

Officiellement, le gouvernement américain invoque des raisons de sécurité et d’administration, en s’appuyant sur un rapport du Département de la Sécurité intérieure sur les dépassements de durée de visas. Mais pour plusieurs analystes, cette mesure est aussi un signal d’avertissement aux voyageurs issus de certains pays, traduisant une défiance accrue envers les citoyens de régions jugées à risque.

Pour l’Algérie, pays dont les liens touristiques et commerciaux avec les États-Unis sont limités mais croissants, cette mesure représente un obstacle supplémentaire. Les futurs voyageurs devront désormais prévoir un budget conséquent avant même de poser le pied sur le sol américain.

Le 21 janvier 2026 marquera l’entrée en vigueur de cette politique stricte, qui pourrait transformer radicalement l’accès des Algériens aux États-Unis. Entre formalités renforcées et caution élevée, seuls les mieux préparés pourront encore franchir l’Atlantique.

Djamal Guettala 

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Le Groenland, nouvelle cible de Trump, au mépris du droit international et des droits des peuples

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Le Groéland
Le Groeland convoité par Trump

Donald Trump, qui avait déjà en 2019 parlé d’acheter » le Groenland, a, le 4 janvier 2026, déclaré : « nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper » devant des journalistes à bord d’Air Force One. Ce qui fait peser une grave menace sur ce territoire, au mépris du droit de ses habitants. Il a ajouté prévoir de s’en occuper dans « vingt jours » à « deux mois ». 

Mais pourquoi un tel appétit du président américain pour le Groenland ? 

Ce « pays vert », vaste territoire de près de 2,2 millions de kilomètres carrés, donc plus de 4 fois la France, est rattaché au Danemark de longue date, rattachement souvent mal vécu par les habitants. En effet, c’était même une colonie danoise jusqu’en 1953. En 1979, l’île a accédé au statut de « territoire autonome » et son économie dépend toujours fortement des subsides versés par Copenhague. Si certains Groenlandais réclament une autonomie plus grande, voire l’indépendance, et dénoncent une « colonisation » danoise (effectuée dès le XVIIIe siècle, par des missionnaires danois comme Hans Egede, surnommé « l’Apôtre du Groenland », fondateur de la ville de Nuuk, aujourd’hui la capitale du territoire), la population locale, 57 000 habitants, est dans une situation difficile, touchée par la dépression et le manque de perspectives d’avenir. 

Une île qui recèle des matières premières convoitées

Trump vise le Groenland pour plusieurs raisons majeures : ce territoire, à l’heure du réchauffement climatique, et de la fonte des glaces (sa calotte glaciaire a perdu 4,7 millions de milliards de litres d’eau depuis 2002), est devenu un espace de plus en plus convoité, pour ses réserves d’eau notamment, une eau très pure et qui pourrait rapporter beaucoup en la commercialisant. Certains entrepreneurs ont décidé de commercialiser cette eau, au même prix que des grands vins de Bordeaux ! Notamment la marque Inland Ice vend ses bouteilles d’eau du Groenland jusqu’à 12 euros l’unité, promettant une eau qui a « la pureté de la préhistoire » et « le goût d’il y a 100 000 ans » ! M. Vildersboll, un industriel qui exploite cette eau et qui travaillait auparavant dans l’industrie pétrolière, y voit là un « nouveau pétrole ».

Outre cet « or bleu », le Groenland regorge de richesses minières dans son sous-sol, comme le fer, le nickel, l’or, et les métaux rares, comme le cobalt, très convoités aujourd’hui car nécessaires à la fabrication des téléphones portables. Jeff Bezos et Bill Gates sont intéressés depuis plusieurs années, ayant lancé des forages près de la baie de Disko, dans le sud-ouest du pays. 

L’île contient également de l’uranium (crucial pour l’énergie nucléaire), un gisement de rubis, et de la farine de roche, boue riche en limon, nouvel eldorado car elle pourrait selon les recherches de géologues danois, aider à rendre fertile des terres arides dans le monde. Enfin, le Groenland recèle d’importants gisements de sable, générateurs de richesse, car le sable est très convoité pour la construction de bâtiments.

Par ailleurs, à l’heure du réchauffement climatique, le Groenland, dont le nom signifie « pays vert », pourrait tirer profit du réchauffement climatique pour être mise en culture agricole

Au centre d’enjeux géopolitiques majeurs

Le Groenland est aussi le centre d’enjeux géopolitiques majeurs : en effet, comme l’analyse Julien Bouissou, « dans une région qui fait officiellement partie de la sphère d’influence américaine depuis la doctrine Monroe de 1823, et la signature d’un traité entre Copenhague et Washington en 1951, l’industrie minière peut servir de cheval de Troie à l’influence chinoise ». L’île est convoitée à la fois par les États-Unis, la Russie et la Chine. Comme l’affirme Julien Bouissou (Le Monde, 28 juillet) « En 2018, le Groenland a (…) refusé un prêt chinois pour financer la construction de deux aéroports. Dans le même temps, Washington a avancé ses pions. En 2020, les États-Unis, qui disposent déjà sur place, à Thulé, d’une base militaire avec des systèmes d’alerte avancés contre les missiles balistiques et d’une station de surveillance des satellites, ont ouvert leur premier consulat à Nuuk. » Le Groenland occupe une position stratégique dans l’Arctique, clé pour la défense antimissile et la surveillance aérospatiale (des bases comme Pituffik sont déjà utilisées par les États-Unis). Une présence accrue des forces militaires américaines sur l’île renforcerait le contrôle américain face à la Russie et surtout à la Chine, qui s’intéressent également à l’Arctique.

De plus, l’île se situe proche de la nouvelle « Route du Nord » qui permettrait, grâce à la fonte des glaces de l’Arctique, aux navires cargos porte-conteneurs venus de Chine de faire le trajet vers l’Europe plus rapidement que par les routes maritimes jusque-là existantes. 

Vers une « exception environnementale » ? 

Toutefois, en juillet 2021, le gouvernement autonome du Groenland, dirigé par une majorité écologiste, a décidé d’interdire l’exploration et l’exploitation pétrolières sur l’île, pour éviter de porter atteinte à l’environnement naturel. C’est une décision historique, un renversement copernicien, qui consiste à faire passer les impératifs écologiques avant ceux du profit économique. Mais ce raisonnement pourra-t-il tenir, face aux appétits mercantiles et géopolitiques, et notamment ceux de Trump ? En tout cas, la Première ministre danoise Mette Frederiksen s’est élevée avec fermeté contre les propos du président états-unien : « Je demande instamment aux États-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre ». Elle a martelé : « Il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland » et ajouté « Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête. »

Violation de la Charte de l’ONU

Ces menaces de Trump sur l’intégrité territoriale du Groenland sont en violation flagrante de la Charte de l’ONU. En effet, cette dernière énonce au cœur de son dispositif la prohibition du recours à la force : « Tous les Membres doivent s’abstenir, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’usage de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État » (Article 2.4). Ce principe constitue la pierre angulaire du système onusien et conditionne la légalité de toute opération militaire transfrontalière, sauf exceptions strictes : autorisation du Conseil de sécurité en vertu du Chapitre VII ou exercice du droit de légitime défense collectif/individuel reconnu par l’article 51.

Le droit international et les déclarations de l’Assemblée générale ont systématisé l’exigence selon laquelle les États doivent respecter l’indépendance politique et la territorialité d’autrui, et s’abstenir d’intervenir, directement ou indirectement, dans les affaires intérieures d’un autre État. La « Déclaration sur les principes des relations amicales », par la résolution 2625 (XXV) de 1970, formule de façon consolidée ces obligations, notamment l’interdiction d’organiser ou d’encourager des incursions armées, d’appuyer des forces irrégulières et l’interdiction d’acquérir du territoire par la force. 

Un impératif : défendre l’intégrité territoriale du Groenland et les droits de ses habitants

Le multilatéralisme, sur lequel s’est bâti le monde depuis 1945 avec l’ONU, prévoit que les conflits entre États et les mesures graves affectant la paix et la sécurité internationales doivent être traités par les organes compétents de l’ONU : le Conseil de sécurité (autorisation de recours à la force, maintien/restauration de la paix) et l’Assemblée générale (prise de positions politiques, appel aux États membres). L’action unilatérale menée par les États-Unis aujourd’hui, qui contourne les mécanismes onusiens, fragilise la légitimité du système et viole tous les principes du multilatéralisme et de l’ONU. Il est donc impératif que les États démocratiques s’opposent à ces velléités expansionnistes des États-Unis et réaffirment la primauté des principes du multilatéralisme onusien ! 

Chloé Maurel, historienne, spécialiste de l’ONU

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

Site : http://www.recherches-internationales.fr/ 

https://shs.cairn.info/revue-recherches-internationales?lang=fr

Mail : recherinter@paul-langevin.fr 6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19

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Les États-Unis annoncent avoir «saisi» un pétrolier russe dans l’Atlantique Nord

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Pétrolier saisi
Pétrolier russe saisi par les USA.

Les États-Unis ont annoncé mercredi 7 janvier avoir « saisi » dans l’Atlantique Nord un pétrolier battant pavillon russe poursuivi depuis plusieurs jours par les garde-côtes américains dans le cadre du blocus de Washington visant des pétroliers liés au Venezuela. 

Peu après, Washington a également annoncé l’interception, en mer des Caraïbes, d’un navire de transport d’hydrocarbures « sans pavillon » et visé par des sanctions américaines, qui va être escorté vers les États-Unis.

C’est une véritable opération militaire digne de la Guerre froide qui s’est déroulée en plein Atlantique Nord. Entre l’Écosse et l’Islande, la marine américaine a débarqué à bord du Bella 1 via un hélicoptère. Le pétrolier, suivi à la trace par les avions de patrouille maritime Poséidon américains, se dirigeait vers l’Arctique russe. L’opération américaine dans l’Atlantique Nord est intervenue quelques heures après des informations de presse selon lesquelles la Russie avait envoyé au moins un bâtiment de sa marine pour escorter le pétrolier. 

« Le ministère de la Justice et le ministère de la Sécurité intérieure, en coordination avec le ministère de la Guerre, ont annoncé aujourd’hui la saisie du Bella 1 pour violation de sanctions américaines », a écrit sur X le commandement militaire américain pour l’Europe, photo des garde-côtes à l’appui. Le ministère de la Défense britannique a annoncé avoir apporté un soutien opérationnel, « à la suite d’une demande d’assistance des États-Unis. »

« Le blocus du pétrole vénézuélien illégal et sanctionné est pleinement en place, partout dans le monde », a écrit sur X Pete Hegseth, le ministre américain de la Guerre. Washington considère que le pétrolier saisi mercredi n’avait pas de pavillon, a expliqué la porte-parole de la Maison Blanche, alors que Moscou affirme l’avoir autorisé temporairement à naviguer sous pavillon russe. « Il s’agit d’un navire de la flotte fantôme vénézuélienne qui a transporté du pétrole visé par des sanctions américaines. Ce navire a été déterminé comme étant sans pavillon après avoir navigué sous un faux drapeau, et il était visé par une ordonnance judiciaire de saisie. C’est pour cette raison que l’équipage sera poursuivi », a déclaré Karoline Leavitt à des journalistes.

Moscou a rapidement dénoncé l’usage de la force par Washington. « Conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, en haute mer s’applique le régime de liberté de navigation, et aucun État n’a le droit d’employer la force à l’encontre de navires dûment immatriculés dans la juridiction d’autres États », a déclaré le ministère russe des Transports. Il a précisé que le Marinera avait obtenu le 24 décembre une « autorisation provisoire » de naviguer sous pavillon russe et que lorsque les forces navales américaines sont montées à bord, « la communication avec le navire a été perdue ».

La Russie a également demandé aux États-Unis d’assurer le « retour rapide » dans leur pays des membres d’équipage russe se trouvant à bord. « Nous exigeons de la partie américaine qu’elle leur assure un traitement humain et digne, qu’elle respecte scrupuleusement leurs droits et leurs intérêts, et qu’elle ne fasse pas obstacle à leur retour rapide dans leur patrie », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse TASS, sans préciser combien de Russes se trouvent à bord.

Une saisie qui attise vivement les tensions avec Moscou

Le Bella 1, son nom d’origine, est sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l’Iran et le groupe chiite libanais Hezbollah. Rebaptisé depuis peu Marinera et battant désormais pavillon russe. Le nom et le statut exact du navire font l’objet de désaccords. Selon la ministre américaine de la Sécurité intérieure Kristi Noem, ce pétrolier a changé de pavillon et peint un nouveau nom sur sa coque « dans une tentative désespérée et vaine d’échapper à la justice. »

Il se trouvait mercredi vers 07H00 TU dans la zone économique exclusive de l’Islande, après une traversée de l’océan Atlantique dans les eaux internationales, selon les données de suivi maritime de Bloomberg. Il était poursuivi depuis le 21 décembre par les garde-côtes américains alors qu’il était en route pour le Venezuela et ne transportait pas de cargaison, selon le site spécialisé TankerTrackers. Les garde-côtes américains avaient tenté une première fois d’intercepter le pétrolier le mois dernier au large du Venezuela, mais l’équipage avait refusé de les laisser monter à bord.

Kristi Noem a publié une vidéo montrant un hélicoptère qui s’approche du pont d’un pétrolier et des soldats qui en descendent puis grimpent des escaliers vers la passerelle, sans préciser de quel navire il s’agit. Cette saisie intervient après que le pétrolier a contourné le blocus maritime américain dans la mer des Caraïbes. Et cette saisie est véritablement de nature à attiser vivement les tensions avec Moscou, d’autant plus que, précisent les autorités américaines, lors de la prise du Bella 1, des navires militaires russes, dont un sous-marin, naviguaient à proximité. 

Le pétrolier intercepté mercredi dans les Caraïbes, le Sophia, était selon Washington « sans pavillon et sous sanctions ». Il est escorté vers les États-Unis où il doit être « immobilisé », précise l’armée américaine. Selon le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, Caracas coopère avec Washington sur le sujet.

RFI

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Mohamed Amoura s’excuse de son geste visant Michel Kuka Mboladinga

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Michel Kuka alias Lumumba moqué par Amoura.
Michel Kuka alias Lumumba moqué par Amoura.

Depuis le début de la compétition, Michel Kuka Mboladinga s’est imposé comme une figure singulière en tribunes par sa manière unique de soutenir la sélection congolaise. Durant 90 minutes — et même au-delà en cas de prolongation — il reste parfaitement immobile. Interrogé par Brut, ce supporter congolais a expliqué que cette posture est un hommage à Patrice Lumumba, ancien Premier ministre et grande figure de l’indépendance du Congo belge en 1960 assassiné.

Sosie assumé de Lumumba, assassiné en 1961 dans des circonstances troubles, Michel Kuka Mboladinga a choisi de reproduire la position de sa statue commémorative, un détail qui semblait échapper à Mohamed Amoura. À l’occasion de cette CAN, il renouvelle cette performance à chaque match de son pays — une prestation rémunérée par la sélection nationale. Vêtu avec élégance aux couleurs du drapeau de la RDC, il se tient debout, immobile, le bras droit légèrement plié et le regard figé, adoptant exactement la pose de la statue qui domine le mausolée de l’éphémère Premier ministre à Kinshasa. Ce qu’il fit lors du match de huitième de finale ayant opposé la RD Congo à l’Algérie.

A la fin du match, après la victoire de l’EN, Mohamed Amoura chambra le supporter congolais. L’attaquant de Wolfsbourg pointa du doigt le « supporter statue », rendu iconique dans cette Coupe d’Afrique des nations.

Ce qui n’échappa pas à de nombreux observateurs et connaisseurs de l’immense Lumumba.

Ayant compris son impair, Mohamed Amoura s’en explique et s’excuse.

« À ce moment-là, je n’étais pas au courant de ce que représentait la personne ou le symbole présent dans la tribune, a justifié Amoura, ce mercredi, dans sa story Instagram. J’ai simplement voulu chambrer, dans un esprit bon enfant, sans aucune mauvaise intention ni volonté de provoquer qui que ce soit. Je respecte le Congo et son équipe […] Si mon attitude a pu être mal comprise, je le regrette sincèrement, car ce n’était absolument pas mon intention. »

La rédaction

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L’inculture célébrée par un joueur !

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Michel Kuka alias Lumumba moqué par Amoura.
Michel Kuka alias Lumumba moqué par Amoura.

On aurait dû finir sur la beauté du match. Mais le joueur Mohamed Amoura (*) en a décidé autrement. Lamentable.

Sur ce but libérateur, sur la tension tenue, sur une Algérie solide, mature, efficace. On aurait dû finir sur le public, ce mur vivant, ces milliers de voix qui portent une équipe comme on porte un frère dans une foule. On aurait dû finir sur cette image rare : Zidane et les siens en tribunes, joie brute, cadrée par les caméras comme un signe discret. Treizième homme. Pas un commentaire, pas un discours. Juste la présence. La transmission.

Et puis, à la fin, il y a eu le geste de trop. Petit. Mesquin. Inutile.

Un joueur algérien, Mohammed Amoura, s’est adressé à un supporter congolais devenu viral, l’a imité, puis s’est écroulé comme pour dire : “Va dormir”. Rires. Fierté facile. Et une tache sur la fin d’un match qui n’en avait pas besoin.

https://twitter.com/DZFOOTBALLDZ/status/2008623690930442358?s=20

Ce geste n’est pas “de la provoc”. Ce n’est pas “le football”. Ce n’est pas “l’ambiance”. C’est autre chose: un aveu. L’aveu d’une inculture qui confond victoire et humiliation, célébration et rabaissement.

Car cet homme congolais ne faisait pas le clown. Il performait un symbole. Une posture d’immobilité inspirée des figures mémorielles et politiques du Congo, où le corps debout, figé, silencieux, signifie dignité, résistance, histoire. Un langage. Un code. Un geste qui dit: “je suis là, je tiens, je témoigne.” On peut aimer ou non. Mais on ne peut pas ne pas comprendre qu’il y a derrière autre chose qu’une blague.

Sauf si l’on a appris à jouer sans apprendre à lire.

Le football moderne fabrique des athlètes parfaits et des têtes parfois vides de mémoire. On entraîne les jambes, on oublie le sens. Et dès qu’un symbole apparaît, dès qu’un geste dépasse la comédie habituelle, il devient une cible. On se moque de ce qu’on ne sait pas nommer.

Le contraste est cruel: l’histoire a connu des joueurs qui entraient dans la légende par leurs actes, pas par leurs grimaces. Sócrates, au Brésil, faisait du terrain une tribune. L’équipe du FLN a sacrifié des carrières pour donner un visage à une cause. Là, on n’a pas affaire à des “célébrations”. On a affaire à une conscience.

Ce soir-là, l’Algérie a gagné un match. Mais elle a perdu une occasion d’être grande jusqu’au bout.

Et l’inculture, dans le sport comme ailleurs, ne se voit jamais autant que lorsqu’elle applaudit.

Zaim Gharnati

(*) Le joueur a depuis présenté ses excuses.

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CAN 2025 : les quarts de finale les plus relevés de l’histoire ?

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CAN 2025

Mali-Sénégal, Égypte-Côte d’Ivoire, Cameroun-Maroc, Nigeria-Algérie, les quarts de finale de la CAN 2025 sont alléchants. Uniquement composées de nations du top 10 africain, ces affiches sont-elles les plus relevées de l’histoire du tournoi ?

Le Maroc a vendu la CAN du siècle. Avec la qualification de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Maroc, de l’Algérie, de l’Égypte, du Nigeria, du Mali et du Sénégal, le tableau des quarts de finale de la compétition pourrait bien donner un coup de pouce au royaume pour en faire une édition mémorable. Habituellement, une ou deux sélections viennent jouer les trouble-fêtes à ce stade du tournoi. Cette année, la vraie surprise, c’est qu’il n’y en a pas : toutes les têtes d’affiche du continent sont au rendez-vous. Et les rares qui ne le sont pas (RDC, Tunisie) ont elles-mêmes été éliminées par d’autres grosses nations en huitièmes de finale. 

Les huit qualifiés figurent tous dans le top 10 des nations africaines au classement FIFA. Depuis que la CAN est passée à 24 équipes en 2019, impossible de trouver des quarts de finale aussi denses. Comment oublier les parcours du Cap-Vert et de l’Angola en 2023, de la Guinée équatoriale et de la Gambie en 2021, ou encore du Bénin et de Madagascar en 2019 ? Autant de sélections qui, faute de ramener la coupe à la maison, ont fait vibrer leurs supporters avec des résultats qui ont pris tout le monde de court.

Gabon 2017 et Ghana 2008

Pour essayer de retrouver un tableau aussi relevé qu’en 2025, il faut revenir à 2017, au Gabon. À l’époque, la CAN se disputait encore à 16, et présentait des quart de finalistes très solides sur le papier : Burkina Faso, Tunisie, Égypte, Maroc, Sénégal, Cameroun, RDC et Ghana. Aussi solides qu’en 2025 ? Pas certain, car à cette époque, les nations africaines étaient moins bien classées par la FIFA. Le Sénégal, meilleure nation africaine en 2017, était classée 33e, contre une belle 11e place pour le Maroc aujourd’hui.

En additionnant les classements FIFA des quart de finalistes de la CAN 2017, on obtient 381. Pour les quart de finalistes de 2025, le compteur affiche 289. Une sacrée différence qui illustre bien la progression globale du football africain, au moins au niveau de ses représentants les plus importants.

S’il est possible de retrouver des tableaux relevés en quarts en remontant encore plus loin dans le temps, comme en 2008 au Ghana par exemple, le constat est le même. Le niveau de la CAN est plus haut en 2025 qu’en 2008. On peut donc avancer sans risque que les quarts que nous offre cette édition marocaine sont probablement les plus costauds de l’histoire. Reste à voir si ces affiches nous offriront un grand spectacle ou des matchs fermés entre cadors qui se craignent. 

RFI

Le programme des quarts de finale

Vendredi 9 janvier, 17 heures à Tanger : Mali-Sénégal
Vendredi 9 janvier, 20 heures à Rabat : Cameroun-Maroc
Samedi 10 janvier, 17 heures à Marrakech : Algérie-Nigeria
Samedi 10 janvier, 20 heures à Agadir : Égypte-Côte d’Ivoire

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Doit-on supporter l’EN ? Moi, non !

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Les Verts
L'équipe nationale. Crédit photo : DR

Cette semaine je suis allé visiter un détenu d’opinion qui croupit dans les geôles algériennes. Pour le réconforter, je lui ai raconté que l’équipe de football fait un beau parcours dans la CAN. Et que cela devrait le réjouir que notre ambassadrice puisse porter haut en Afrique les couleurs de la fierté nationale.

C’est une très ancienne question posée en dilemme aux démocrates, doit-on faire la part des choses lorsqu’il s’agit d’un régime autoritaire qui condamne les opposants à une incarcération abominable ?

J’aurais l’impression de mépriser et d’insulter ce malheureux dans sa cellule avec ma position qui resterait ambivalente. Non, assurément non, il ne faut jamais célébrer ce qui fait la force et le prestige d’une dictature, directement ou indirectement.

C’est valable en toutes choses et le sport est l’un des domaines où ces régimes trouvent leur carburant populiste par l’adhésion des peuples. Mais c’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit de compétitions internationales et surtout de football car il possède une force d’embrigadement encore plus puissante.

Au niveau interne les despotes disposent du levier de l’écriture mémorielle de l’histoire, de la terreur et de l’offre de compromission et de corruption. Sur le plan international, le football en est un qui n’est pas des moindres. 

Deux références au sport dont une au football me viennent spontanément à l’esprit.  Celle de la Grèce antique qui avait sublimé la compétition sportive comme image de la puissance d’Athènes dans la guerre, de la virilité masculine et de la doctrine racialiste.

Puis la célèbre organisation des jeux Olympiques (encore eux !) à Berlin par Hitler. Il voulait que ce fût le moment glorieux du nazisme pour prouver la supériorité de la race aryenne sur les athlètes noirs, notamment ceux des Etats-Unis (pour ce qui est des compétiteurs les plus dangereux).

Les athlètes américains noirs, appelés « les18 courageux », ont obtenu 10 médailles. L’histoire retiendra surtout l’écrasante supériorité de l’athlète Jesse Owens avec 4 médailles d’or. Un camouflet à Hitler qui voulait se servir des Jeux olympiques comme vitrine de son triomphe.

Puis cette fameuse « Main de Dieu » de Maradona dans une équipe argentine de football qui a obtenu la coupe du monde. Au même moment, le régime des colonels exécutait et incarcérait considérablement plus d’opposants que Maradona n’a pu marquer de buts dans toute sa longue carrière. 

(Au passage, c’est toujours utile aux jeunes lecteurs, rappelons que le terme de « régime des colonels », nommé par usage, est impropre car il est le qualificatif de la dictature militaire en Grèce. En Argentine il fait référence au colonel Juan Domingo Perón (devenu plus tard général), ancien homme fort du pays qui était arrivé au pouvoir en participant avec d’autres à un coup d’état, ce qui a donné le nom au mouvement péroniste lorsqu’il est devenu l’homme fort de l’Argentine, un féroce dictateur).

Les dictatures se sont ainsi toujours servies du sport pour montrer leur puissance au monde. Le football est tout désigné car il draine le plus de foules à son spectacle.

Une extraordinaire aubaine pour les régimes populistes de pouvoir se servir des « masses populaires » (au sens sociologique et non méprisant). Et que dire des compétitions internationales où trois attributs nationalistes sont présents, l’hymne national, le drapeau et l’inscription sur le maillot ? Le Jackpot pour ces régimes de pouvoir provoquer envers eux tant de dévotion mystique et irrationnelle.

J’ai bien entendu évité de mettre en avant dès le début de l’article deux citations qui paraissent tellement évidentes à rappeler. Cela aurait été peu téméraire car en général on les met instinctivement en avant lorsqu’on n’a pas beaucoup de choses à dire tant elles sont tellement générales et universelles.

La première est une dérivation classique de la pensée de Marx à propos de la religion, le football est donc aussi « L’opium du peuple ». Et comme nous avions commencé par l’Antiquité revenons à la période romaine et son célèbre « Panem et circenses » (du pain et des jeux) du poète satirique latin Juvénal. Jules César en avait repris le sens avec sa fameuse phrase « donne du vin et des jeux au peuple et tu pourras en faire des agneaux ». Je ne savais pas que César était Algérien.

Non, je n’insulterai pas ce pauvre opposant d’opinion jeté dans les geôles de notre César. L’équipe nationale, malgré ses grands talents et son parcours dans la CAN, n’est pas celle qui sert à glorifier mon pays. Mon enthousiasme de jeunesse pour le football algérien, car à cette époque la réflexion n’était encore pas assez mature pour faire le lien,  renaîtra lorsque mon pays natal sera représenté par des dirigeants légitimes et honorables.

Là, et seulement à ce moment, je soutiendrais ce qui construirait l’image internationale qui ferait notre fierté, y compris par le football.

Bon, il ne faudra pas compter sur moi pour sortir de ma tombe et devenir un Maradona national car je ne le vois pas venir, ce moment de fierté personnelle. 

Boumediene Sid Lakhdar

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Nouveau code de la route : Saïd Saayoud et la tentation répressive

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Saïd Sayoud
Saïd Sayoud. Crédit photo : DR

​Tel un praticien refusant de voir son patient succomber, mais s’obstinant à multiplier les traitements de choc, le ministre Saïd Sayoud semble avoir choisi la voie de l’acharnement punitif. Face au fléau du « terrorisme routier », la seule prescription gouvernementale tient désormais en une formule : la douleur financière et la privation de liberté.

​Devant les membres du Conseil de la nation, le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, s’est présenté « droit dans ses bottes », tel un chirurgien insensible aux plaintes du corps social. Face aux critiques des transporteurs, qui voient dans ce nouveau Code de la route une condamnation à mort de leur profession, Saïd Saayoud a réitéré son diagnostic : si le mal persiste, c’est que la dose de répression n’était pas assez forte.

Un remède de cheval pour une pathologie complexe

​En durcissant les sanctions jusqu’à l’extrême — avec des peines pouvant atteindre 20 ans de réclusion et des amendes de 2 000 000 DA — le ministre ne se contente plus de soigner les comportements, il cherche à traumatiser pour dissuader. Cette approche, que d’aucuns qualifient d’« acharnement », pose une question éthique et pratique : peut-on guérir l’insécurité routière uniquement par la peur de la sanction ?

​« Celui qui respecte la loi n’aura rien à craindre », martèle le ministre, ignorant que dans ce climat de tension, la loi n’est plus perçue comme un cadre protecteur, mais comme un couperet prêt à tomber à la moindre défaillance.

​Les effets secondaires d’un traitement de choc

​L’élargissement de la responsabilité pénale à l’ensemble de la chaîne (agences de contrôle, écoles de conduite, maintenance routière) ressemble à une tentative désespérée de traiter tous les organes à la fois. Mais en frappant indistinctement dans le « porte-monnaie », l’État risque de provoquer une paralysie du secteur des transports, effet secondaire majeur d’une politique qui refuse d’intégrer la pédagogie ou l’amélioration des infrastructures dans son protocole de soin.

​Inflexible, Saïd Sayoud n’a pas changé d’un iota sa feuille de route. Pour le gouvernement, la survie du patient passe par une médication amère, quitte à frôler l’overdose législative.

Le verdict final appartient désormais aux sénateurs, qui se pencheront sur le texte le 15 janvier prochain. Reste à savoir s’ils valideront ce traitement de choc ou s’ils tenteront d’adoucir une prescription jugée par beaucoup comme une thérapie de l’extrême. 

Samia Naït Iqbal

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