12.9 C
Alger
Accueil Blog Page 15

CAN 2025 : débuts prudents, favoris déjà sous pression

0
CAN

La Coupe d’Afrique des nations 2025 a livré ses premiers enseignements dès la première journée. Entre victoire arrachée, nul frustrant et succès laborieux, les grandes nations ont dû s’employer pour éviter le faux départ, confirmant une entame de tournoi disputée.

Dans le groupe B, l’Afrique du Sud a parfaitement lancé sa compétition en s’imposant face à l’Angola (2-1). Les Bafana Bafana ont rapidement pris l’avantage grâce à Oswin Appollis, récompensant une entame sérieuse. Mais l’Angola, loin d’être résigné, est revenu dans la partie par Show, relançant totalement le match. En seconde période, les Sud-Africains ont su faire parler leur expérience. Lyle Foster a inscrit le but décisif, offrant trois points précieux à une équipe sud-africaine qui prend la tête du groupe tout en affichant certaines failles défensives.

Dans le groupe A, le Mali a vécu une entrée en matière frustrante face à la Zambie. Favoris sur le papier, les Aigles n’ont pas su tenir leur avantage et ont été rejoints en toute fin de rencontre (1-1). Ce nul laisse un goût amer aux deux sélections. Le Mali, irrégulier mais ambitieux, manque une occasion importante de se positionner avant le choc attendu face au Maroc. La Zambie, disciplinée et combative, repart avec un point mérité mais peut nourrir des regrets au vu de certaines opportunités.

Enfin, l’Égypte a frôlé la désillusion face au Zimbabwe avant de s’imposer sur le fil (2-1). Longtemps accrochés, les Pharaons ont dû attendre les derniers instants pour faire la différence. Omar Marmoush a d’abord permis à l’Égypte de rester dans le match, avant que Mohamed Salah, une nouvelle fois décisif, ne délivre les siens sur le gong. Une victoire précieuse, mais révélatrice d’une sélection égyptienne encore perfectible dans le jeu.

Ces trois rencontres inaugurales donnent le ton d’une CAN 2025 où les écarts semblent réduits. Les favoris sont là, mais aucun ne s’est imposé sans souffrir. La suite de la phase de groupes s’annonce déjà tendue et riche en enseignements.

Djamal Guettala 

- Publicité -

Arris : le lycée Mohamed Yekken El-Ghassiri accueille le double de sa capacité

0
Arris
Arris.

À Arris, dans la wilaya de Batna, la situation du lycée Mohamed Yekken El-Ghassiri illustre de manière concrète la crise de la surfréquentation scolaire dans les zones de montagne. Conçu initialement pour une capacité d’environ 400 élèves, l’établissement accueille aujourd’hui, selon des estimations concordantes de parents d’élèves et d’enseignants, entre 900 et 1 000 lycéens.

Seul établissement secondaire de la commune, le lycée reçoit des élèves du centre d’Arris mais aussi de plusieurs localités environnantes, notamment Mezata, Dechra El Baïda et Inerkeb. Cette concentration a conduit à une explosion des effectifs par classe, qui atteindraient 45 à 50 élèves, parfois davantage, selon les mêmes sources.

Cette surcharge a des conséquences directes sur les conditions d’enseignement. Les salles de classe, prévues pour des effectifs nettement inférieurs, ne permettent plus un suivi pédagogique normal. « Le professeur ne peut plus travailler correctement avec près de cinquante élèves par classe », témoigne un parent, évoquant une dégradation continue de la qualité de l’enseignement.

À cela s’ajoute la question de l’accès. De nombreux lycéens parcourent de 2 à 4 kilomètres à pied chaque jour, faute de transport scolaire suffisant, notamment pour les zones rurales et montagneuses. Une contrainte qui pèse lourdement sur des élèves souvent issus de familles modestes et qui favorise fatigue, absentéisme et décrochage.

Face à cette situation, la revendication principale des habitants est connue : la réalisation d’un nouveau lycée à Arris. Un projet de lycée de type 800 à 1 000 places figure bien dans les programmes d’équipement de la wilaya de Batna. Les études techniques seraient achevées et les procédures administratives engagées, selon des annonces officielles antérieures, mais aucun calendrier précis de réalisation n’a encore été rendu public.

En attendant, le lycée Mohamed Yekken El-Ghassiri continue de fonctionner bien au-delà de ses capacités. Pour les parents et les enseignants, la question n’est plus seulement celle du confort, mais celle de l’égalité des chances et du droit à une éducation décente dans une région longtemps marginalisée.

À Arris, les chiffres parlent d’eux-mêmes : un établissement prévu pour 400 élèves contraint d’en accueillir plus du double, dans un contexte où les solutions tardent à se concrétiser.

Djamel Guettala

- Publicité -

Célébration du 10e anniversaire du décès d’Aït Ahmed : la prière incomprise

2
Hocine Aït Ahmed
Hocine Aït Ahmed

« La docilité inconditionnelle remplace la rigueur morale, la fermeté idéologique et la compétence. » (1)

Introduction : le bijou fané

« Dans l’histoire, c’est l’action politique, au sens le plus large, qu’Arendt sélectionne comme l’activité la plus humaine parce que la plus libre. » (2)

Quelle est, reprise comme posture d’existence ordinaire, cette valeur qui, malgré les rigidités des temps et les pesanteurs harcelantes du contexte socio-historique, fait de l’Instant un lieu de théorie   par laquelle les autoritaires se défont sereinement ? Gramsci aurait-il produit dans ses carnets de prison de la théorie révolutionnaire ? Rien ne peut remettre en cause les dictateurs qu’un positionnement qui fait de la contre-histoire un ordre qui déconstruit les mythes ambiants pour donner lieu à une idéologie soustraite aux lexiques bourgeois et à un ordre fait de ce que Bourdieu appelle l’intellectuel collectif : nous avons besoin d’une démocratie à laquelle adhèrent tous les Algériens et qui, nonobstant tous les drames connus par le peuple algérien, profite à notre sujet collectif. Une démocratie collective, ni laxiste, ni rigoriste. Une démocratie rigoureuse. Avant d’être policier, musulman ou chrétien, nous sommes Algériens : que les cercles bourgeois dont le décor est loin d’égaler les salons où les Co-Freud ont élaboré leur doctrine, comprennent que l’instant existentiel fragmenté par la dialectique ne résiste pas à la pensée dite pourtant mineure. 

1° Les peurs narguées

A l’action politique à laquelle Ait Ahmed donne lieu, s’opposent les clubs et sectes politiques qui n’assument pas publiquement leurs prétendus engagements. « L’analyste des politiques publiques n’est donc pas un ingénieur de l’appareil bureaucratique, de ses procédures et instruments, qu’il est possiblement censé améliorer, mais un sociologue politique de l’action publique analysant les discours, attitudes et comportements des acteurs concernés, publics et privés, engagés dans des luttes de pouvoir et de cadrage des objectifs et contenus des politiques publiques. » (3)

D’abord, Hocine Ait Ahmed nous explique ce que les Algériens attendaient de l’indépendance. Face au procureur, il explique ce que l’Acte politique doit à la révolution populaire. C’est-à-dire qu’au nom du politique que les abstractionnismes les plus vils ont été évacués de l’agora.  Le stalinisme a orienté le débat vers encore pire qu’une tension, l’autoritarisme qui se cherchait des espaces où la dualité a pris une place de choix en chassant la dialectique. Hocine Ait Ahmed a compris le poids de la fascination ressentie par les masses face l’organisation bureaucratico-policière générée par une modernité où le képi et la vapeur annonçaient l’arrivée des journées où enthousiasme révolutionnaire et mode existentielle se rejoignent pour donner à l’humain la possibilité d’effacer la scène de la horde originaire. Et ceux qui voyaient la violence étoffer les rangs étaient, étranges militants, trop peu nombreux.

La guerre mondiale crache sur les figures des lumières et dément la rationalité. En Algérie, Hocine Ait Ahmed était le seul à nous avertir de la guerre civile. La violence met à nu la fausse sécularisation menée par une gauche vulgairement mondaine et perversement morale, donnant aux salons le droit de dicter aux institutions ce que ces dernières devraient soumettre à la délibération. Le prédicat a blasphémé sans que le code d’honneur soit outré. 

2° Le politique : plus de névrosés !

Ensuite, Ait Ahmed attaque la bourgeoisie à l’ombre de laquelle les vices des sectes politiques ont vu le jour et ont évolué. En pleine recomposition historique, l’Algérie n’a pas pu être pensée par des philosophes et des penseurs qui ont déserté les espaces qui leur ont été accordés. Nous remarquons que le vocabulaire politique a rompu avec l’ordre révolutionnaire qui a été dans ses rangs des parties politiques (organisations, partis et forums, etc.) sans filiation historique.

La notion d’Etat n’est pensée par aucun parti à la lumière de tous les travaux réalisés par les philosophes. Et les groupes de pression, les sectes de séides et les lobbies ont trouvé dans le vide politique institué par le pouvoir le moyen d’élaborer la maquette politique pour générer les faux conflits idéologiques (les tensions) sans penser la société algérienne : les officines de la police politique ont fabriqué des clivages où c’est l’ontique qui le prend à l’historique. D’où une organisation politique qui a donné lieu à une guerre qui devrait s’inscrire dans la mémoire universelle. Des hordes sont nées du rétropédalage des sectes politiques jusqu’à la résurgence de la scène primitive doublée d’un génie pervers auquel nos ainés ont refusé d’adhérer. « Avant d’être destructrice, la haine est donc séparatrice, elle fait apparaître l’autre et l’autre en soi dans une altérité à venir. » (4)  

3° Le génie contre le réflexe

En dernier lieu, c’est la figure de l’intellectuel qui nous intéresse. La bourgeoisie aussi. « Althusser signale un danger : si le parti perd son autonomie, il servira des intérêts tout autres que ceux des masses populaires. Il indique également une solution possible : la politique a pour enjeu l’État, mais elle ne se définit pas en fonction de celui-ci ; le parti participe au gouvernement, mais ne peut jamais être un parti de gouvernement. » (5)  L’Etat sécuritaire que fut la République algérienne avait fait des lettrés une classe politicophobe (pour ne pas dire apolitique). Les écrits littéraires restent muets sur les graves dérapages commis par le pouvoir. Bien que pris par des rêves magiques, les romanciers ont préféré la métaphore à la thèse, le récit au discours.

Or, il se trouve que le rôle de l’intellectuel est échu à des militants politiques qui n’ont jamais affiché des marqueurs bourgeois comparativement aux écrivains qui vivaient tranquillement dans leur pays. Ait Ahmed est acculé à transiger avec ses militants pour esquisser un récit national : la réflexion devient très difficile et très risquée. On a même vu des journalistes l’accuser, à tort, de zaïmisme. Lui, qui consultait tous ceux qu’il considérait comme personnes qui se positionnaient contre l’idéologie officielle et qui avaient une vision libre, était pris pour cible par les organes de presse (étatique et privée) avec une rage et un acharnement horribles. Ait Ahmed produit de la pensée et vit en autarcie par rapport à ses adversaires actionnés par les droites, toutes espèces confondues. Il a su contourner le sort réservé aux écrivains, classés dans la bourgeoisie « apolitique ».

Les hommes de lettres ont été isolés de l’Action politique, laquelle serait, pour la doxa officielle, la propriété de la bourgeoisie. Ait Ahmed reprend son bâton de pèlerin pour semer l’espoir et donner généreusement de la culture populaire aux masses pour les sauver du vide politique qui la mettait dans une perspective suicidaire. Le vide politique prépare les névrosés de la lutte à l’échafaud, eux qui ont la hantise de la disparition du moment politico-révolutionnaire. L’Existence mettra tous ceux qui croient pouvoir lui opposer des refus dans la case des endettés envers la collectivité, car elle ne fait qu’user les militants en les poussant à se défaire de toute œuvre politique et de tout idéal révolutionnaire. 

Conclusion : la vie virée 

Ait Ahmed a tenté de conjuguer son intimité à l’essence collective du peuple algérien : rêver avec ses congénères d’une agora où toutes et tous ont droit à la parole est loin d’être une posture bourgeoise. Ait Ahmed dresse un rempart contre l’hégémonie de l’Existence, le militantisme. Si militer signifie quelque chose, c’est le fait de défier Dieu dans son empire, à savoir le dressage de la langue et l’élargissement de la ligne. Cela n’est pas étranger à feu Ait Ahmed qui a tordu le cou à la contingence pour la rendre inopérante et sans impact sur la vie qu’il trainait, contre vents et marrées, pour donner sens à tout ce qui se réalisait en faveur de la dignité humaine. Il écrit, dans un article consacré à un hommage à Frantz Fanon : « Les héros ne sont pas morts pour qu’un cauchemar succède à un autre cauchemar ; ils croyaient que leur sacrifice serait plus fécond que leur présence. » (5)   

Abane Madi

  1. Hocine Ait-Ahmed, Cour de sûreté d’État 1964. Le texte est consultable au lien suivant : https://www.oocities.org/hocine_ait_ahmed/1964.htm 
  2.   Mewes, H. (2016). L’action politique selon Hannah Arendt. Cités, 67(3), 79-92. https://doi.org/10.3917/cite.067.0079
  3.  Le Galès, P. et Surel, Y. (2021). Sociologie politique de l’action publique Le moment du référentiel. Revue française de science politique, . 71(5), 809-826. https://doi.org/10.3917/rfsp.715.0809
  4. Stephanatos, G. (2013). De la haine nécessaire à la clôture totalitaire du sens. Topique, 122(1), 29-44. https://doi.org/10.3917/top.122.0029
  5. Nicola Badaloni, “Notes politiques sur les intellectuels et l’État”, Cahiers du GRM [Online], 23 | 2025, Online since 23 September 2025, connection on 21 December 2025. URL: http://journals.openedition.org/grm/4811; DOI: https://doi.org/10.4000/14rnh
  6. Article de Hocine Aït Ahmed paru dans Genève-Afrique, Vol. XXV, n° 2, 1987, p. 123-128

- Publicité -

Intempéries : plusieurs axes routiers entre Bouira et Tizi-Ouzou fermés à la circulation

0
Neige : routes coupées en Kabylie
Neige : routes coupées en Kabylie

Les chutes de neige enregistrées ces derniers jours sur les reliefs de la Kabylie ont fortement perturbé le réseau routier reliant les wilayas de Bouira et de Tizi-Ouzou.

Plusieurs axes stratégiques de montagne demeurent fermés à la circulation, selon les services de la Gendarmerie nationale, qui appellent les usagers à la prudence et au respect strict des consignes de sécurité.

Des cols de haute altitude impraticables

L’épisode neigeux touche principalement les zones situées au-delà de 1 000 mètres d’altitude, où l’accumulation de neige et les risques de verglas rendent la circulation dangereuse, voire impossible. Les cols assurant la liaison entre le versant sud de la Kabylie (Bouira) et le versant nord (Tizi-Ouzou) figurent parmi les plus affectés. Ces axes constituent pourtant des corridors essentiels pour les déplacements inter-wilayas, notamment en période hivernale.

Axes concernés par les fermetures

Les coupures recensées concernent plusieurs routes nationales traversant des communes montagneuses :

RN 30, au niveau du col de Tizi N’Kouilal, reliant les communes de Saharidj (Bouira) et Iboudraren (Tizi-Ouzou) ;

RN 33, dans la zone d’Asoul, sur le territoire de la commune d’Aït Boumahdi (Tizi-Ouzou) ; RN 15, au col de Tirourda, dans la commune d’Iferhounène (Tizi-Ouzou).

Ces axes resteront fermés jusqu’à amélioration des conditions météorologiques et à l’achèvement des opérations de déneigement.

Une situation évolutive sous surveillance

Si le reste du réseau routier demeure globalement fonctionnel, la réouverture de ces passages reste conditionnée à l’évolution du temps. Les services concernés poursuivent les opérations de déblaiement, mobilisant des engins spécialisés afin de sécuriser la chaussée et prévenir tout accident lié au verglas ou aux chutes de neige résiduelles.

Les autorités recommandent aux automobilistes d’éviter strictement ces itinéraires, de privilégier les axes de plaine lorsque cela est possible et de s’informer régulièrement via les canaux officiels, notamment la plateforme « Tariki » de la Gendarmerie nationale. Une vigilance accrue est également préconisée, en particulier durant les heures nocturnes, en raison de la baisse de visibilité et du risque de gel.

La rédaction

- Publicité -

​Trump met fin aux fonctions de l’ambassadrice américaine à Alger

2
Elizabeth Moore Aubin
L'ambassadrice des USA à Alger, Elizabeth Moore Aubin, rappelée par Donald Trump

​Par une directive sans précédent par son ampleur et sa rapidité, l’Administration Trump a notifié à près de trente diplomates de haut rang la fin immédiate de leur mission pour janvier 2026. Parmi eux, Elizabeth Moore Aubin, en poste à Alger, illustre la volonté de Washington de rompre avec l’héritage diplomatique de l’ère Biden.

Selon des informations confirmées par l’agence Associated Press, l’administration du président Donald Trump a ordonné le rappel de 29 chefs de mission diplomatique à travers le monde. Si le remplacement des ambassadeurs « politiques » est une tradition lors de chaque alternance à la Maison-Blanche, cette mesure frappe ici des diplomates de carrière, professionnels chevronnés de la politique étrangère, marquant une rupture nette avec les usages diplomatiques établis.

​Une diplomatie sous le signe de la rupture

​Cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre accélérée de la doctrine « America First ». En ciblant des diplomates de carrière nommés sous la précédente administration, l’exécutif américain signale sa volonté de s’assurer une loyauté absolue et une exécution sans faille de sa nouvelle feuille de route internationale.

​Le continent africain est le plus durement touché par cette vague de rappels, avec 13 chancelleries concernées. Ce mouvement suggère une réévaluation profonde des relations des États-Unis avec les nations émergentes, où Washington entend désormais privilégier des accords bilatéraux transactionnels plutôt que des cadres de coopération multilatérale.

​Le cas d’Alger : un signal fort pour l’Afrique du Nord

​Le rappel d’Elizabeth Moore Aubin, ambassadrice des États-Unis en Algérie depuis février 2022, constitue l’un des points d’orgue de cette annonce. Diplomate de carrière respectée, Mme Aubin a œuvré au renforcement de la coopération sécuritaire et énergétique entre Alger et Washington.

​Son départ forcé en janvier prochain pose plusieurs questions sur la direction que compte prendre l’administration Trump dans la région :

​En matière de gestion des équilibres régionaux, l’Algérie occupe une place centrale dans la stabilité du Sahel et du marché gazier méditerranéen.

​Aussi Washington pourrait, par pragmatisme économique, chercher à nommer un profil plus orienté vers les investissements directs et la compétition avec les intérêts russes et chinois dans la zone.

​Vers une vacance de pouvoir diplomatique ?

​L’inquiétude des analystes porte désormais sur les délais de remplacement. Le processus de nomination et de confirmation par le Sénat peut s’avérer long, laissant potentiellement des ambassades stratégiques sous la direction de simples chargés d’affaires pendant plusieurs mois.

​En agissant ainsi, Donald Trump affirme sa prérogative présidentielle : l’ambassadeur n’est pas seulement le représentant de l’État, mais le représentant personnel du Président. Dans cette nouvelle ère, la neutralité technique du corps diplomatique semble s’effacer devant l’impératif d’alignement politique.

​Outre l’Algérie, des pays comme le Nigeria, l’Égypte, le Sénégal et la Côte d’Ivoire voient également leurs chefs de mission rappelés, confirmant un pivot majeur de la présence américaine sur l’axe Afrique-Moyen-Orient.

Départ d’Elizabeth Moore Aubin : vers une inflexion de la politique américaine à l’égard d’Alger ?

L’impact du rappel d’Elizabeth Moore Aubin sur l’axe Alger-Washington s’analyse sous deux angles majeurs : la fin d’un cycle de stabilité diplomatique et l’incertitude quant aux futurs arbitrages stratégiques.

​D’une part, le départ forcé d’Elizabeth Moore Aubin brise une dynamique de proximité inédite. Depuis 2022, la diplomate avait réussi à approfondir les liens sécuritaires (lutte antiterroriste au Sahel) et économiques, marqués notamment par le retour en force des géants pétroliers comme Chevron et ExxonMobil. Son départ crée un vide opérationnel immédiat : alors qu’elle incarnait une diplomatie de dialogue et de « respect mutuel », son remplacement par un profil potentiellement plus transactionnel ou politique pourrait refroidir cette atmosphère de confiance, laissant les dossiers en cours — comme l’ouverture d’une ligne aérienne directe Alger-New York — en suspens.

​D’autre part, cette décision signale un durcissement probable de la posture américaine sur les dossiers sensibles de la région. Avec l’administration Trump, Washington pourrait exercer une pression accrue sur Alger concernant ses partenariats militaires avec Moscou ou ses positions sur le Sahara Occidental. Le rappel de l’ambassadrice n’est donc pas une simple formalité administrative, mais le prélude à une diplomatie plus « musclée », où le soutien à la vision américaine deviendra le préalable indispensable à toute coopération, risquant de heurter la doctrine d’indépendance nationale chère à l’Algérie.

Samia Naït Iqbal

Les 29 pays concernés par région

​Afrique (13) : Algérie, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Somalie, Ouganda.

​Asie & Pacifique (6) : Fidji, Laos, Îles Marshall, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Vietnam.

​Europe (4) : Arménie, Macédoine du Nord, Monténégro, Slovaquie.

​Moyen-Orient (1) : Égypte.

​Autres (5) : Népal, Sri Lanka, Guatemala, Suriname, Maurice.

- Publicité -

Barres d’armature en acier : les États-Unis accusent l’Algérie de dumping à grande échelle

4
Rond à béton

Les exportations algériennes de barres d’armature en acier pour béton vers les États-Unis se retrouvent dans le viseur de Washington.

Le département du Commerce américain a annoncé, le 17 décembre 2025, des conclusions préliminaires positives dans le cadre de son enquête antidumping visant ce produit stratégique de la sidérurgie algérienne, selon une publication officielle de l’Administration du commerce international (ITA).

Les autorités américaines estiment que les barres d’armature en provenance d’Algérie ont été commercialisées sur le marché américain à des prix inférieurs à leur valeur normale, constituant ainsi une pratique de dumping au regard du droit commercial américain.

Une sanction préliminaire d’une ampleur exceptionnelle

Dans ses conclusions, le département du Commerce retient une marge de dumping moyenne pondérée de 127,32 % à l’encontre de Tosyali Iron Steel Industry Algeria SPA, principal producteur-exportateur concerné. Ce taux, identique pour la catégorie « tous les autres exportateurs algériens », repose sur la méthode dite des « faits disponibles avec conclusions défavorables », généralement appliquée lorsque les autorités jugent la coopération de l’entreprise insuffisante ou les données transmises incomplètes.

Une telle marge, particulièrement élevée, équivaut de facto à une barrière quasi prohibitive à l’entrée du marché américain.

Un marché désormais fortement compromis

Les données officielles américaines montrent que les États-Unis ont constitué, ces dernières années, un débouché significatif pour les barres d’armature algériennes. En 2022 et 2023, les volumes exportés ont dépassé les 360 puis 440 millions de kilogrammes, pour une valeur avoisinant les 270 millions de dollars par an. En 2024, ces exportations ont déjà connu une chute marquée, signe possible de tensions commerciales croissantes.

Si les conclusions préliminaires sont confirmées en mars 2026, l’entreprise exportatrice algérienne s’exposerait à l’imposition de droits antidumping équivalents à plus du double de la valeur du produit, rendant toute exportation vers les États-Unis économiquement non viable.

Des implications lourdes pour Tosyali Algérie

Sur le plan commercial, cette procédure comporte plusieurs conséquences directes pour Tosyali Iron Steel Industry Algeria SPA :

Perte probable du marché américain, l’un des rares débouchés à forte valeur ajoutée hors Méditerranée ; désorganisation de la stratégie d’exportation, avec la nécessité de redéployer les volumes vers des marchés plus concurrentiels ou moins rémunérateurs ; risque de précédent, d’autres pays pouvant s’appuyer sur la décision américaine pour engager des procédures similaires et pression sur les marges et les capacités de production, dans un contexte international marqué par la surcapacité sidérurgique et la montée du protectionnisme.

À cela s’ajoute un impact réputationnel non négligeable, les accusations de dumping pouvant fragiliser la crédibilité commerciale du groupe sur certains marchés.

Une procédure encore en cours

L’enquête est loin d’être achevée. La décision finale du département du Commerce est attendue aux alentours du 3 mars 2026. En parallèle, la Commission du commerce international des États-Unis (ITC) devra déterminer si les importations algériennes ont causé ou menacent de causer un préjudice matériel à l’industrie sidérurgique américaine, condition indispensable à l’application définitive des droits.

La plainte à l’origine de la procédure a été déposée par la Rebar Trade Action Coalition, un lobby regroupant plusieurs géants américains de l’acier, dont Nucor, Gerdau Ameristeel et Steel Dynamics.

Un signal de plus du durcissement commercial américain

Cette affaire illustre une nouvelle fois le durcissement de la politique commerciale américaine, où les instruments antidumping sont de plus en plus utilisés pour protéger l’industrie nationale face à la concurrence étrangère. Pour l’Algérie, elle pose la question plus large de la vulnérabilité de ses exportations industrielles face aux mécanismes du commerce international et de la nécessité d’une stratégie d’anticipation juridique et commerciale plus offensive.

La rédaction

Comment fonctionne le mécanisme antidumping ?

Le mécanisme antidumping est un instrument juridique du commerce international permettant à un État d’imposer des droits supplémentaires sur des produits importés lorsqu’il est établi que ceux-ci sont vendus à un prix inférieur à leur « valeur normale », généralement le prix pratiqué sur le marché intérieur du pays exportateur ou un coût de production de référence. L’objectif affiché est de neutraliser un avantage de prix jugé artificiel et de protéger l’industrie nationale contre une concurrence considérée comme déloyale, conformément aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Aux États-Unis, la procédure repose sur un double examen : le département du Commerce évalue l’existence et l’ampleur du dumping, tandis que la Commission du commerce international (ITC) détermine si les importations concernées causent ou menacent de causer un préjudice matériel à l’industrie américaine. Ce n’est qu’en cas de conclusions positives des deux instances que des droits antidumping définitifs sont imposés, souvent pour plusieurs années, avec des effets dissuasifs majeurs sur les exportations visées.

Source : Administration du commerce international (ITA), département du Commerce des États-Unis – trade.gov.

- Publicité -

Béjaïa : une tentative d’émigration clandestine impliquant une famille mise en échec

0
Une famille arrêtée pour tentative d'immigration clandestine.
Une famille arrêtée à Bejaia pour tentative d'immigration clandestine. Crédit photo : APS

Les services de la sûreté de wilaya de Béjaïa ont déjoué une tentative d’émigration clandestine sur le littoral est de la wilaya, impliquant un couple et ses deux enfants mineurs. L’intervention s’inscrit dans le cadre du dispositif de surveillance mis en place pour lutter contre les traversées illégales vers l’autre rive de la Méditerranée.

Selon un communiqué de la police, le groupe a été intercepté au moment des préparatifs de l’embarquement. La présence de mineurs au sein des candidats à la traversée confirme une évolution du phénomène migratoire clandestin, désormais marqué par l’implication de cellules familiales, et non plus seulement de jeunes hommes agissant seuls.

L’opération a permis la saisie d’une embarcation équipée d’un moteur de forte puissance, de huit barils de carburant, ainsi que d’un camion utilitaire de marque Kia utilisé pour le transport du matériel et des personnes vers le point de départ. Des gilets de sauvetage et des effets personnels ont également été récupérés.

Ces éléments traduisent un niveau de préparation avancé et mettent en évidence l’adaptation des réseaux de facilitation, qui recourent à des moyens logistiques plus discrets pour contourner la surveillance renforcée des plages.

Un indicateur social préoccupant

Pour les observateurs, l’implication de familles entières dans les tentatives de migration irrégulière constitue un indicateur social préoccupant. Elle renvoie à des situations de précarité durable et à un sentiment d’absence de perspectives, qui conduisent des parents à envisager des traversées à haut risque, y compris avec des enfants mineurs.

Bien entendu, l’affaire a donné lieu à des suites judiciaires.

Conformément aux procédures en vigueur, l’ensemble du matériel saisi a été placé sous scellés et une enquête judiciaire a été ouverte afin d’identifier les organisateurs et éventuels complices de cette tentative. Les personnes interpellées ont été soumises aux procédures administratives et judiciaires prévues par la loi.

Cette affaire illustre une nouvelle fois les limites d’une approche exclusivement sécuritaire face à un phénomène aux causes essentiellement économiques et sociales.

Samia Naït Iqbal

- Publicité -

Syndrome de l’imposteur, le mal postcolonial algérien

10
Hirak
Le pouvoir s'est employé à nous inventer de nouveaux héros et un autre passé que le nôtre. Crédit photo : Le Matin d'Algérie.

Depuis l’indépendance du pays nous vivons une sorte de traumatisme permanent. Une hantise même. Allons-nous être délestés de notre précieuse indépendance ? L’intégrité de notre territoire sera-t-elle remise un jour en question ? Les Français complotent-ils derrière notre dos pour revenir nous soumettre et nous piller ? 

Quelle humiliation si l’Algérie finissait comme les dictatures  défaites d’Orient dont elle se réclame et dont les mécanismes de destruction ne sont toujours pas remis en question ! Comment allons-nous faire tenir la cohésion nationale dans un monde qui joue son volet final de la deuxième guerre mondiale ? De la françafrique à l’amérafrique qui broie même ses alliés.

Du pillage par procuration à la colonisation par délégation. Des voyous en col blanc à ceux en abaya et poils. Le monde a changé et nos ennemis aussi. Mais nous continuons à nous infliger les mêmes peurs dépassées, les mêmes thèses falsifiées. Le même horizon obstrué d’un monde disparu. L’entêtée pétrification des héros de la révolution. Coincés dans un couloir du temps dans lequel nous nous débattons sous l’œil sinon prédateur, opportuniste à souhait  des autres nations. 

Notre élite politique souffre d’un drôle de syndrome, celui de l’imposteur. A cogiter comme mille diables si elle est à la hauteur du lègue énorme de l’une des plus grandes révolutions de l’histoire.  D’autant plus qu’elle porte en elle la culpabilité du crime de genèse post colonial, celui de la décapitation de la révolution. 

A l’aube, aux balbutiements même de notre jeune nation. Les  révolutionnaires, stratèges et penseurs, ont tous été tués, ou pour les plus chanceux d’entre eux, exilés. Ils ont été supprimés avant même qu’ils aient le temps de nous dire comment marche un pays fraîchement indépendant. Ils savaient sûrement, eux qui savaient manier le fusil, le verbe et même la plume pour certain-e-s. Ils ont conquis la langue de l’occupant, son savoir et ses manies. Ils sont morts pour n’avoir pas voulu du modèle que leurs meurtriers ont inoculé à l’Algérie comme une bactérie incurable. 

Les premières années tout semblait facile. La France a laissé un pays urbanistiquement clef en main et l’illusion qu’il était aisé de le gérer. Sans ingénieurs, ni médecins, ni enseignants, ni agronomes, ni haut administrateurs, ni banquiers, ni industriels et des négociateurs pas toujours alertes pour vendre notre gaz et pétrole. Des contrats mal ficelés pour des ressources souvent cédées dans des termes défavorables à l’Algérie.

L’affaire El Paso* et sa bataille perdue, fut la première de cette série. Nous nous retrouvâmes débiteurs et endettés. Novices sur le marché des hydrocarbures, l’arène la plus carnivore du négoce mondial, nous fûmes mangés aux petits oignons… Elle nous attendait au tournant la France coloniale, elle qui a laissé un taux d’illettrisme dépassant les quatre-vingt pour cent. Et nous avons chassé de ses enfants même ceux qui étaient nos amis de combat et d’idéaux. L’unicité fondamentaliste nous habitait déjà. 

En 1970, la France a refusé de nous acheter notre vin que la colère nous a fait arracher ses vignes à la racine. Suscitant l’une des plus grandes crises agricole et humaine de la jeune nation. Les Français avaient mis cinquante ans à mettre au point cette culture, sur un coup de tête ou de colère, nous avons tout détruit en quelques jours. L’exode rural qui en a découlé, suivi du désastre de la politique agricole de l’autogestion, avaient fini par rendre la terre la plus fertile d’Afrique, stérile et nos villes encombrés de paysans qui ne savaient plus comment gagner leurs vies dignement. Premières balafres urbaines. 

Nous manquions aussi d’enseignants à l’aube de l’indépendance. Là aussi la  France n’a pas voulu ou pu nous en fournir parce que contrairement à ce que propagent les islamo-conservateurs, l’ancien colonisateur n’a jamais voulu qu’on maitrise la langue de Molière. Il limitait  drastiquement l’accès à ses écoles sur nos terres. Sur ce point, les colons et les islamistes se rejoignent. Moins on en sait, mieux ils se portent.

Moins on se connecte à nos origines et langues, plus ils peuvent nous en inventer pour nous maintenir dans l’ignorance et la soumission. Premières divisions structurelles.

S’ensuivent d’autres crises et défis économiques et culturels non relevés, dont celui qui nous préoccupe aujourd’hui, la diversité. On sait tous que la Kabylie s’insurge, mais on explique rarement à nos étudiants arabophones les raisons. Les jeunes ne savent pas qu’en Kabylie parler tamazight dans la rue pouvait conduire en prison. Qu’ils ont lutté pendant la guerre de libération avec bravoure pour se retrouver interdits d’expression mère. Qu’il était prohibé de célébrer une culture millénaire et qu’il a fallu des révoltes et du sang pour que ce droit élémentaire soit reconnu. 

On n’enseigne cela nulle part. L’Algérien postcolonial ne connaît et ne glorifie que les épisodes historiques qui l’ont fait  mercenaire ou suiveur.  Il ne se reconnaît ni mérite ni indépendance de décision. Il va jusqu’à dénier à nos révolutionnaires l’ordre de déclenchement de la guerre d’indépendance. C’est Nasser, le président égyptien, qui l’aurait ordonnée.  Syndrome de l’imposteur méthodiquement transmis par ces dirigeants sans gloire. 

L’école, la mosquée, les institutions veillent à transmettre ce qui n’est même plus une falsification, mais une pathologie.  

La littérature, le théâtre, le cinéma, les arts en général, vecteurs de vulgarisation des sciences humaines sont depuis quelques décennies systématiquement détruits.  Comme s’il s’agissait d’entretenir la confusion et l’ignorance. On agit avec des réflexes de colonisateurs-négateurs  de notre propre héritage linguistique et culturel. 

Chacun hurle dans son coin une origine différente car impossible d’accéder à  la réalité de  sa propre histoire. On a fabriqué dans la tête des gens  une nation de descendants de colons yéménites, saoudiens, turques, syriens et mêmes perses. De telle sorte que ces pays voient dans nos délires identitaires des diasporas qui pourraient leur être affiliées pour défendre  leurs intérêts chez nous et à nos dépens. « Vingt pour cent de la population algérienne serait d’origine turque », avait déclaré l’ambassadeur de Turquie lors d’une interview qui a suscité un tollé. Rien que ça ! 

De quoi s’autoriser une ingérence en somme ! Je ne sais pas à quel pourcentage l’Arabie saoudite, la Syrie ou le Yémen quantifieraient les leurs de descendants chez nous, mais il est évident que nous jouons avec le feu. Premières désintégrations du socle identitaire. 

Nous ne sommes en effet pas perçus comme  un peuple qui a intégré des différences venus d’ailleurs, a eu ses heures de gloire propre, conquis  des territoires réputés imprenables. Non, nous sommes tels des imposteurs incapables de nous attribuer le moindre mérite. Ancrant en nous-mêmes des réflexes d’usurpateurs. 

Vient maintenant  le sujet qui a inspiré ce texte, la déclaration d’indépendance du MAK.  A vrai dire, ce type d’événement n’est pas aussi exceptionnel. Dans le domaine géostratégique, c’est une chose qui arrive plus souvent qu’on ne le pense. Partout des régions aspirant à l’autodétermination s’agitent. En Espagne, en Belgique, en Angola, au Portugal, au Brésil, en Angleterre, en Inde,  en Chine, et même aux Etats-Unis d’Amérique,  des régions expriment ce type d’aspirations indépendantistes.

L’enjeu dans ce type de revendications n’est pas leur existence mais leur reconnaissance par les autres pays. Je dis bien pays et non quelques personnalités qui ne représentent qu’eux-mêmes. C’est la reconnaissance et elle seule qui détermine la naissance d’un État parmi les nations, et décide ou pas de la fragmentation d’un territoire. Et c’était loin d’être gagné pour le MAK car ce mouvement s’est construit non pas sur l’adhésion des Algériens de Kabylie qu’il prétend représenter,  mais sur la colère, le déni et frustration,  quant à eux, bien réelles et communs à tous les Algériens. Arabophones et berbérophones confondus. Elles font dire à une partie de nos concitoyens  qu’ils descendent d’autres pays. Et peut être qu’un jour qu’on espère ne jamais voir,  ils feront appel à la protection de ces pays. 

Le FIS s’est bien revendiqué d’une origine et d’une religion particulière  pour légitimer son assaut meurtrier financé et promu par certains pays dits frères ou plus exactement pères. 

Ce sentiment de fuite en avant par ignorance de soi et de ce qu’on représente. Cette quête identitaire oblitérée  par l’incurable syndrome de l’imposteur d’une élite politique incapable d’affronter la complexité et le multiple. Tentée par la facilité du recours à la brutalité pour cacher ses manquements et son absence de vision. Ce syndrome de l’imposteur qui  risque de nous coûter l’unité nationale est le vrai danger. 

De quoi est donc le nom de cette hystérisation de l’opinion sur des sujets qu’il est impératif de traiter dans le calme et la pédagogie ?  De quoi est le nom cette mise à l’index d’une partie de nos compatriotes qu’on voit poussés à justifier et à surenchérir sur leur appartenance  à la nation ? De quoi est le nom ces silences quand il s’agit de s’en prendre à l’assise identitaire ancestrale du pays, et sans laquelle nous sommes réduits à un ramassis de populations venues d’ailleurs ? Le chantage à la déchéance de la nationalité en sus pour mettre en commerce électoraliste  la plus fondamentale des constantes. Il faut vraiment  être  frappé du syndrome de l’imposture combiné à celui du crétinisme politique  pour aborder la nation sous des angles aussi peu responsables, sinon inconscients du précipice sur lequel nous nous tenons. 

Bref, nous sommes effectivement  en danger… mais de nous-mêmes !  

Myassa Messaoudi, écrivaine

*Affaire El Paso du nom du contrat de gaz signé avec la compagnie américaine du même nom en 1969, rapporté par Belaid Abdesselam dans son ouvrage le gaz algérien, paru en 1989.

- Publicité -

Tunisie : une grève de la faim collective pour rappeler que la lutte démocratique ne s’emprisonne pas

0
Ayachi Hammami
Ayachi Hammami.

Le 22 décembre 2025 marque le début d’une grève de la faim collective dans plusieurs prisons tunisiennes. À l’origine de cette mobilisation, l’appel lancé par l’avocat et défenseur des droits humains Ayachi Hammami, lui-même entré en grève de la faim depuis son arrestation, le 2 décembre.

Ce geste, à forte portée symbolique, résonne comme un écho direct à une autre séquence marquante de l’histoire politique tunisienne : la grève de la faim du 18 octobre 2005 contre le régime de Zine El-Abidine Ben Ali.

Vingt ans séparent ces deux dates, mais le parallèle s’impose. En 2005, la grève avait contribué à structurer une opposition plurielle face à un pouvoir autoritaire. En 2025, le contexte est différent, mais la logique répressive et la fermeture de l’espace politique rappellent des réflexes que l’on croyait révolus. L’entrée en grève d’Ayachi Hammami depuis sa cellule s’inscrit dans cette continuité historique : celle d’un combat démocratique qui refuse de s’éteindre sous la contrainte.

Dès le jour de son arrestation, Hammami a annoncé sa décision de transformer la prison en lieu de résistance. Pour lui, l’incarcération ne saurait être une parenthèse silencieuse, mais un prolongement du combat pour les libertés. Son appel à une grève collective vise précisément à rompre l’isolement carcéral et à redonner une visibilité politique à celles et ceux que le pouvoir entend reléguer dans l’ombre.

La force de cet appel réside dans son caractère inclusif. Il s’adresse aux prisonniers politiques, mais aussi aux syndicalistes, journalistes, militants associatifs, détenus d’opinion et, plus largement, à toutes les personnes estimant être victimes de poursuites judiciaires arbitraires. Cette démarche traduit une conception exigeante de la défense des droits, fondée sur l’égalité face à l’injustice et le refus de toute hiérarchisation des causes ou des engagements.

Tout au long de son parcours, Ayachi Hammami s’est distingué par une constance rare. Durant la période de transition démocratique, il est resté à distance des jeux d’appareil et des compromis politiques. Sa brève expérience gouvernementale, en 2020, comme ministre des Droits de l’homme, a confirmé les limites de l’action institutionnelle dans un climat de polarisation extrême. Depuis le tournant autoritaire engagé par le pouvoir en place, il s’est retrouvé de nouveau au cœur de la confrontation, notamment à travers son engagement pour l’indépendance de la justice et la défense des magistrats révoqués.

La grève de la faim demeure l’une des formes de lutte les plus radicales et les plus chargées de sens. Elle engage le corps lorsque toutes les autres voies d’expression sont verrouillées. En choisissant cette forme d’action, les grévistes entendent rappeler que la privation de liberté ne saurait signifier l’abdication politique.

La grève collective du 22 décembre s’inscrit ainsi dans un temps long : celui des résistances qui se transmettent, se transforment et se renouvellent. Elle pose, une fois encore, une question centrale : peut-on parler d’État de droit lorsque la dissidence se paie de la prison ? Pour ses initiateurs, la réponse passe par la mobilisation, même derrière les barreaux.

Mourad Benyahia 

- Publicité -

France : cambriolage chez François Hollande, deux jeunes Algériens en détention

3
Hollande
Le domicile de François Hollande visité par deux cambrioleurs algériens.

Une simple intrusion dans le domicile parisien de l’ancien président François Hollande et de sa compagne, l’actrice Julie Gayet, a pris des proportions judiciaires inattendues. Deux jeunes Algériens, âgés de 28 et 29 ans, ont été arrêtés pour le cambriolage survenu dans la nuit du 22 novembre dans le 17ᵉ arrondissement de Paris.

Selon la presse française, ils ont emporté une montre et une tablette, avant d’être rapidement identifiés grâce à des techniques d’enquête sophistiquées, notamment la localisation des téléphones portables utilisés à proximité du lieu du vol.

Les suspects, arrivés récemment en France, dont l’un en situation irrégulière depuis environ un an, ont été placés en détention provisoire. La défense conteste la gravité de la qualification retenue par le parquet, estimant qu’il s’agit d’une disproportion manifeste : « La nature des faits ne justifie pas un traitement pénal aussi sévère », déclarent leurs avocats. Selon eux, la notoriété des victimes aurait joué un rôle déterminant dans l’escalade judiciaire.

L’un des prévenus, exprimant ses regrets, a confié à la presse française qu’il n’imaginait pas que ce qu’il considère comme un « vol mineur » aboutirait à une détention prolongée. La chambre d’instruction de Paris a rejeté leur demande de remise en liberté, un refus qualifié de « scandale » par la défense, soulignant le contraste entre la modestie des biens dérobés et la rigueur de la réponse judiciaire.

L’affaire met en lumière une problématique souvent débattue en France : le traitement des infractions commises par des migrants, en particulier lorsqu’elles impliquent des personnalités publiques. Selon la presse française, les enquêtes ont été menées avec minutie par la police judiciaire, et la restitution de la montre volée à son propriétaire témoigne d’un suivi efficace de l’enquête.

Si le préjudice matériel reste limité, l’impact médiatique est considérable. L’opinion publique et les observateurs du droit s’interrogent sur l’équilibre entre la célébrité des victimes et la proportionnalité de la sanction infligée aux jeunes hommes. Au-delà de l’infraction en elle-même, cette affaire soulève des questions sur la manière dont le système judiciaire français prend en compte le contexte social et migratoire des prévenus.

Cette affaire rappelle aussi que la médiatisation peut influencer la perception du droit et amplifier la portée d’incidents qui, dans d’autres circonstances, seraient restés de simples délits mineurs. Selon la presse française, la détention des deux Algériens continue de susciter débats et polémiques, entre vigilance légale et questions sur la justice équitable face aux préjugés médiatiques et sociaux.

Mourad Benyahia

- Publicité -

DERNIERS ARTICLES

Le Cameroun qualifié

CAN 2025 : le Cameroun résiste et rejoint le Maroc en...

0
Le Cameroun poursuit sa route dans cette Coupe d’Afrique des Nations. Ce dimanche 4 janvier, lors du dernier huitième de finale disputé à 20...

LES PLUS LUS (48H)

Le Cameroun qualifié

CAN 2025 : le Cameroun résiste et rejoint le Maroc en...

0
Le Cameroun poursuit sa route dans cette Coupe d’Afrique des Nations. Ce dimanche 4 janvier, lors du dernier huitième de finale disputé à 20...