3 avril 2025
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« Seg Tyemmant n Dadda- De la mémoire de mon grand-père » : quand les voix du passé se font théâtre

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Seg Tyemmant n Dadda

Certaines histoires ne connaissent pas l’oubli. Elles traversent le temps comme des échos indomptables, portées par la voix des anciens, par la ferveur de ceux qui refusent de les laisser s’effacer.

Seg Tyemmant n Dadda – De la mémoire de mon grand-père, adaptation théâtrale de Les Princes de Belezma d’Abderrahmane Gaouda par Rumaysa Boulakwas, publiée par Adhlis Belazma à Batna, s’inscrit dans cette tradition où la parole devient une flamme, un héritage que le théâtre ravive et prolonge.

Un voyage entre passé et présent

Sous le ciel profond des Aurès, la scène s’anime d’un vertige temporel, où passé et présent se superposent en un même souffle. Dada Bourk, le sage aveugle, avance à tâtons dans la légende, son destin suspendu à la promesse d’un regard retrouvé.

À ses côtés, Lalla Fatma Thazaghaght, royale et farouche, veille sur ses terres avec l’autorité d’un mythe gravé dans la pierre et la mémoire des hommes. Ces figures ne sont pas de simples ombres du passé : elles vivent, vibrent, murmurent à l’oreille du présent.

La transmission vivante de la mémoire

Et puis, il y a Rehwaja. Gardienne des murmures anciens, tisserande d’histoires, elle recueille les éclats du temps et les métamorphose en chant, en verbe, en théâtre. Par sa voix, les siècles se rejoignent, les ancêtres renaissent, et la mémoire devient chair. Sur scène, elle ne raconte pas : elle invoque, elle réveille, elle donne corps à l’invisible.

Quand le théâtre ravive l’âme d’un peuple

Avec Seg Tyemmant n Dadda – De la mémoire de mon grand-père, Rumaysa Boulakwas ne se contente pas de narrer une épopée : elle fait résonner un serment. Celui de ne jamais laisser le silence recouvrir les pas des aïeux. Le théâtre devient le sanctuaire où se nouent et se dénouent les fils du temps, où chaque mot prononcé est une offrande à l’histoire, un rempart contre l’oubli.

Ainsi, cette pièce s’élève comme un chant ancien, un rituel de mémoire inscrit dans la tradition du théâtre amazigh. Car ici, raconter, c’est transmettre. Se souvenir, c’est résister. Et faire du passé une lumière, c’est refuser qu’il ne devienne ombre.

Djamal Guettala 

La guerre est finie depuis 63 ans

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Drapeau Algérie France

A force de nous faire rebattre les oreilles par les séniles qui nous gouvernent, sur la France coloniale, alors que la guerre est finie depuis 63 ans, on a fini par oublier la France des peuples

On a fini par oublier :

La France des lumières, celle de Voltaire, de Diderot, de Molière, de Spinoza, de Descartes, de Pascal, de Buffon, de Lamarck, de Lavoisier, de Pasteur, de Pierre et Marie Curie 

La France des révolutionnaires, celle de Robespierre, de Danton, de Marat, de Saint-Just, de Desmoulins …

La France de Napoléon Bonaparte qui a fait trembler les royaumes et les empires pour construire l’Europe des peuples, il y a plus de 200 ans et bien avant l’heure.

La France de la commune, celle de Victor Hugo, des Misérables et de Gavroche, de tous les Gavroches du monde …

La France des poètes, celle de Ronsard, de François Villon, de Lamartine, de Verlaine, de Baudelaire, de Rimbaud, de Gérard de Nerval, de Gautier, de Guillaume Apollinaire, de Louis Aragon, de Paul Eluard, de Boris Vian …

La France des artistes, celle de Picasso, de Matisse, de Monet, de Modigliani, d’Etienne Dinet, de Rodin …, la France, seconde patrie de Van Gogh … et de Assia Djebar, membre de l’académie française. 

La France des luttes ouvrières et paysannes, celle d’Émile Zola, de Balzac et de Flaubert, de Jaures et de Maurice Thorez, celle du congrès de Tours et celle de la sécurité sociale et des congés payés  …

La France des résistants, celle de Jean Moulin, du colonel Fabien, de Simone Abat, de l’Abbé Pierre, de l’Abbé René Bonpain …

La France des porteurs de valises, celle de Francis Jeanson, de Robert Davezies, de Helene Cuenar, de Micheline Pouteau, de Jacqueline Carré, de Pierre et Claudine Chaulet …

La France des intellectuels engagés, celle de Jean Paul Sartre, de Simone de Beauvoir, de Gisèle Halimi, de Frantz Fanon, de Jacques Vergès …

La France des coopérants français, qui ont tourné le dos à la guerre de leurs parents et sont venus prêter main forte à la jeune Algérie indépendante. Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils étaient loyaux et généreux …

La France qui accueille sur son sol tous les exilés du monde, comme celles et ceux qui se battent pour la dignité de leur peuple, contre la dictature aveugle des séniles qui nous gouvernent, semeur de haine. 

El-Hadi Bouabdallah, Ingénieur agronome à la retraite

Pour votre plaisir et vos souvenirs, un hommage aux immigrants morts pour la France

« L’affiche rouge », un poème de Louis Aragon, interprété par Léo Ferré

BONNE ECOUTE ET VIVE LA FRANCE DES PEUPLES ET DES LUMIÈRES.

Serment

Poème de Bachir Hadj Ali

15 décembre 1960

Je jure sur la raison de ma fille attachée

Hurlant au passage des avions

Je jure sur la patience de ma mère

Dans l’attente de son enfant perdu dans l’exode

Je jure sur l’intelligence et la bonté d’Ali Boumendjel

Et le front large de Maurice Audin

Mes frères mes espoirs brisés en plein élan

Je jure sur les rêves généreux de Ben M’hidi et d’Inal

Je jure sur le silence de mes villages surpris

Ensevelis à l’aube sans larmes sans prières

Je jure sur les horizons élargis de mes rivages

A mesure que la plaie s’approfondit hérissée de lames

Je jure sur la sagesse des Moudjahidine maîtres de la nuit

Je jure sur la certitude du jour happée par la nuit transfigurée

Je jure sur les vagues déchaînées de mes tourments

Je jure sur la colère qui embellit nos femmes

Je jure sur l’amitié vécue les amours différées

Je jure sur la haine et la foi qui entretiennent la flamme

Que nous n’avons pas de haine contre le peuple français.

Turquie : Ekrem Imamoglu, principal opposant à Erdogan, arrêté

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Il a été interpellé ce mercredi 19 mars au matin, avec plusieurs dizaines de ses collaborateurs, d’élus et membres de son parti. Tous sont accusés de « corruption », selon le procureur de la ville.

Maire d’Istanbul et opposant populaire au président Erdogan, Ekrem Imamoglu a été arrêté avec une accusation de « corruption ». Selon un de ses proches collaborateurs, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, pressenti par son parti, le CHP (Parti républicain du peuple, social-démocrate), pour être son candidat à la prochaine élection présidentielle, a été emmené, ce 19 mars au matin, dans les locaux de la police.

Au-delà de l’accusation de « corruption » – puisque dans le communiqué du bureau du procureur d’Istanbul, M. Imamoglu est accusé de corruption et d’extorsion, désigné comme le chef d’une « organisation criminelle à but lucratif » – l’agence étatique Anadolu évoque également des accusations de « terrorisme » et « d’aide au PKK », le Parti des travailleurs du Kurdistan – interdit en Turquie – à l’encontre de sept suspects dont M. Imamoglu lui-même.

Ces dernières accusations sont les plus lourdes et peuvent être utilisées par les autorités pour destituer le maire d’Istanbul et nommer à sa place un administrateur – comme il l’a déjà fait dans un grand nombre de villes, gérées pour la plupart par le parti pro-kurde légal (le DEM).

« Des centaines de policiers »

Dans une vidéo postée sur le réseau social X, l’édile de 53 ans, en train de s’habiller et de nouer sa cravate, dénonce la fouille de son domicile : « Des centaines de policiers sont arrivés à ma porte. La police fait irruption chez moi et frappe à ma porte. Je m’en remets à ma nation », indique-t-il. Le président du CHP, Özgur Özel, a dénoncé « un coup de force pour entraver la volonté du peuple » et « contre le prochain président » de la Turquie.

Ekrem Imamoglu est seul en lice pour représenter son parti à la prochaine présidentielle prévue en 2028 et devait être officiellement désigné, dimanche 23 mars, au cours d’une primaire au sein du CHP. Figure de ce parti, principal parti d’opposition parlementaire, l’homme est visé par cinq autres procédures judiciaires, dont deux ont été ouvertes en janvier 2025.

Rassemblement et manifestations interdits

Tous les rassemblements et manifestations ont été interdits jusqu’à dimanche par le gouverneur d’Istanbul et, selon la chaine de télévision privée NTV, la station de métro de l’emblématique place Taksim au centre d’Istanbul, est fermée. En outre, l’accès aux réseaux sociaux est ralenti. Avant son interpellation, M. Imamoglu avait prévu de rassembler mercredi ses partisans sur la rive asiatique d’Istanbul.

Opposant véhément au président Erdogan, le maire d’Istanbul a dénoncé – fin janvier 2025 – le « harcèlement » de la justice à son encontre. Il sortait alors d’un tribunal d’Istanbul où il était entendu dans le cadre d’une enquête ouverte après des critiques contre le procureur général de cette ville.

Avec Rfi

Le marché des paris en ligne en Algérie

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Depuis plusieurs années, le marché des paris en ligne connaît une croissance fulgurante à l’échelle mondiale. Propulsé par l’essor du numérique et une accessibilité accrue à Internet, ce secteur attire chaque jour de plus en plus d’adeptes.

Selon un rapport de Mordor Intelligence, le marché mondial des paris en ligne est actuellement estimé à plusieurs milliards de dollars avec une croissance annuelle est constante. En Afrique du Nord, et notamment en Algérie, les paris en ligne suscitent un intérêt grandissant alors même que le cadre législatif y est assez restrictif. Quelles sont donc les tendances actuelles et futures de ce marché en Algérie ?

Un marché en expansion

Comme mentionné précédemment, bien que le cadre juridique des jeux d’argent en Algérie demeure strict, l’intérêt des joueurs pour les paris en ligne ne cesse de croître. Pourquoi? Plusieurs facteurs expliquent cette tendance :

  • L’essor du digital : L’accès à Internet s’est amélioré, avec un taux de pénétration qui atteint aujourd’hui plus de 60 %, facilitant ainsi l’accès aux plateformes de jeux en ligne.
  • La popularité du football : Le sport national favori des Algériens constitue un levier puissant pour le développement des paris sportifs. Les grands tournois, comme la Ligue des Champions ou la Coupe d’Afrique des Nations, attirent désormais des milliers de parieurs.
  • L’engouement pour les plateformes internationales : De nombreux parieurs algériens accèdent à des sites étrangers afin de contourner les régulations locales et de bénéficier de meilleures cotes et promotions.
  • Les nouvelles technologies : L’utilisation des applications mobiles et des solutions de paiement alternatives, comme les cryptomonnaies, facilite les transactions et renforce l’attrait pour les plateformes de paris en ligne.

Comme souligné ci-dessus, de nombreux parieurs se tournent vers des plateformes internationales. Ainsi, pour ceux qui souhaitent découvrir les meilleures offres du moment, nous vous recommendons de consulter le Nouveau Casino en Ligne et de profiter des meilleures promotions disponibles.

Des défis persistent

Malgré cette croissance, plusieurs obstacles freinent l’expansion du marché des paris en ligne en Algérie et en voici quelques-uns :

  • La réglementation stricte : Les jeux d’argent sont interdits dans le pays, ce qui pousse les joueurs à utiliser des VPN ou des plateformes offshore pour accéder aux sites de paris.
  • Les restrictions bancaires : Effectuer des dépôts et des retraits reste complexe pour les parieurs locaux, car les institutions financières algériennes ne prennent pas en charge les transactions liées aux jeux d’argent.
  • Les risques de fraude et d’addiction : L’absence de régulation expose les joueurs à des risques accrus, tels que les arnaques en ligne ou les problèmes de dépendance aux jeux d’argent.

Quelles prévisions? 

Malgré toutes les difficultés mentionnées, plusieurs tendances suggèrent qu’une évolution du marché est possible notamment concernant les points suivants:

  • Une possible adaptation réglementaire : Certains pays africains, comme le Maroc et la Tunisie, ont assoupli leurs lois pour bénéficier des retombées fiscales des jeux en ligne. Si l’Algérie venait à suivre cette tendance, cela pourrait ouvrir la voie à un marché légal et réglementé.
  • L’essor du mobile gaming : Avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs de smartphones, les plateformes optimisées pour mobile sont davantage utilisées. En effet, on estime aujourd’hui que plus de 75 % des parieurs en ligne utilisent leurs téléphones pour placer leurs mises.
  • Le rôle des cryptomonnaies : Pour contourner les restrictions bancaires, de nombreux parieurs algériens utilisent les cryptomonnaies pour leurs transactions. Cette tendance devrait certainement s’accentuer dans les années à venir.
  • Les opérateurs internationaux en expansion : Face à l’intérêt croissant des joueurs algériens, de nombreuses plateformes internationales adaptent leurs offres et services pour répondre aux attentes de ce public spécifique. Certaines proposent même déjà des versions en langue arabe ainsi que des options de paiement alternatives.

Conséquences d’une potentielle réglementation 

Si l’Algérie décide enfin d’encadrer les paris en ligne, plusieurs avantages pourraient alors en découler :

  • Génération de revenus fiscaux : Un marché réglementé permettrait à l’État de taxer les gains mais aussi les activités des opérateurs.
  • Protection des joueurs : La mise en place d’une législation stricte garantirait un jeu plus responsable tout en limiterant les situations de fraudes.
  • Développement de l’économie numérique : Un cadre légal clair encouragerait l’émergence de startups locales dans le secteur des jeux en ligne.

Le marché des paris en ligne en Algérie est en effervescence et probablement sur le point de prendre un tournant significatif. Entre restrictions légales et engouement croissant des joueurs, l’avenir du secteur repose plus que jamais sur une éventuelle adaptation de la réglementation. Il se pourrait que l’Algérie suive l’exemple d’autres pays africains qui ont légalisé et encadré les jeux en ligne, permettant ainsi une meilleure protection des joueurs et une source de revenus pour l’État.

OQTF algériens : le ministre français des Affaires étrangères s’indigne de la réponse de l’Algérie

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France Algérie

Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères français, s’est exprimé mardi à l’Assemblée nationale alors que les autorités algériennes ont opposé la veille une fin de non-recevoir à la liste d’une soixantaine d’Algériens que Paris souhaite renvoyer dans leur pays.

Le rejet par les autorités algériennes d’une liste de ressortissants expulsables fournie par Paris « porte atteinte » aux intérêts de la France, a dénoncé, mardi 18 mars, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. « Nous allons, avec une détermination très ferme, œuvrer sur ce dossier pour défendre les intérêts des Français qui sont notre seule boussole », a assuré le chef de la diplomatie française lors des questions au gouvernement, tout en soulignant la nécessité de résoudre les « tensions » entre la France et l’Algérie « avec exigence et sans aucune faiblesse ».

Après le refus d’Alger, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a décidé lundi de déclencher « la riposte graduée, comme le comité interministériel, présidé par le Premier ministre, l’a décidé ». Cela signifie la « suspension des accords de 2007 pour l’exemption de visa aux détenteurs de passeports diplomatiques », a-t-il annoncé.

Le Premier ministre a également été interrogé sur la crise diplomatique entre la France et l’Algérie lors de ces mêmes questions au gouvernement. « Jusqu’à quand allez-vous accepter l’humiliation que fait subir chaque jour un peu plus l’Etat voyou algérien à notre pays ? De quoi avez-vous peur ? Les Français attendent des actes, et non des coups de menton ou des paroles », a dénoncé le député Eric Ciotti.

« Nous parlons de gouvernement à gouvernement, je n’emploie pas le terme d’Etat voyou », a répondu François Bayrou. Interrompre « tout visa pour tout ressortissant algérien, ça veut dire que vous faites porter à tout un peuple (…) la punition qu’ils ne méritent pas. Je ne leur ferai pas porter la responsabilité des décisions que prend leur gouvernement. »

Francetvinfos

Depuis quand Ould Ali Lhadi est une ancienne gloire de la JSK ?

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Ould Ali Lhadi
Ould Ali Lhadi, gloire de la JSK ?

Une dépêche de l’APS nous apprend que l’opérateur de téléphonie mobile Mobilis a organisé lundi soir une cérémonie d’hommage en l’honneur d’anciennes gloires du club de football Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) lors d’un dîner Iftar à l’occasion du mois sacré de ramadhan.

 Etaient conviés à cette soirée, le ministre des Sports, Walid Sadi, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, ainsi que des personnalités éminentes du monde du sport et des médias. Jusque-là tout va bien ou presque… Mais

Parmi les anciens joueurs honorés figuraient Rachid Adghigh, Bouich Nasser, Farouk Belkaid, Medane Hakim, Ould Ali El Hadi et Karim Doudene.

Le PDG de Mobilis, Chaouki Boukhezani, a souligné que « ces joueurs ont marqué l’histoire de la JSK et contribué significativement aux succès du football algérien. En tant que propriétaire exclusif de la JSK, Mobilis a voulu reconnaître leur rôle dans l’histoire du club », a-t-il ajouté.

« Mobilis se distingue par son partenariat, son engagement et son soutien constant et indéfectible au football algérien et à tous les sports », ont affirmé, pour leur part, des responsables de l’opérateur public.

Nous savons l’actuel président de la JSK, Ould Ali Lhadi est, entre autres, un ancien ministre sous Bouteflika, un dirigeant du MCB (aile du RCD), mais nous le découvrons comme étant une ancienne gloire de la JSK !

Pendant ce temps, Cherif Mellal, un autre président de la JSK, en détention arbitrairement depuis plus de deux ans mène une grève de la faim depuis 15 jours. Mais entre Ould Ali Lhadi et Cherif Mellal, il y a ce fossé immense qui sépare les serviteurs du pouvoir de ceux qui refusent la compromission.

Yacine K.

Décisions d’éloignement de ressortissants algériens : « 5 données pour réfuter les accusations de Retailleau »

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Bruno Retailleau.
Retailleau.

Le site de la Radio algérienne a publié cette tribune non signée qui s’en prend directement au ministre de l’Intérieur français, Bruno Retailleau.

A peine l’Algérie a-t-elle rendu publique sa réponse sur la nouvelle démarche de la France consistant à lui transmettre une liste de ressortissants algériens faisant l’objet de décisions d’éloignement du territoire français que le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est précipité sur son compte X pour accuser, encore une fois, l’Algérie de violer ses engagements internationaux.

Cette accusation devenue trop répétitive ces derniers temps, et dont la récurrence n’en fait pas pour autant une vérité, mérite un éclairage particulier pour déterminer, une fois pour toute, qui viole ses engagements internationaux et qui les respecte. A cet égard, cinq données fondamentales méritent d’être mises en exergue :

Premièrement : La partie algérienne était dans son bon droit quand elle a refusé de donner suite à la liste que lui a soumise la partie française. Cette procédure de transmission de listes n’est prévue ni par les accords liant les deux pays, ni par la pratique que ces deux derniers ont développée de manière concertée depuis plus de 30 ans.

Plus encore, le non-respect par la France des procédures bien établies en matière de gestion des dossiers d’éloignement a été aggravé par le recours abusif au langage comminatoire, aux ultimatums et aux menaces de rétorsions et de représailles, en flagrante violation des principes élémentaires du droit international.

Contrairement à la lecture biaisée qu’en fait le Ministre français de l’Intérieur, l’Algérie n’a pas opposé une fin de non-recevoir à la liste française.

La partie algérienne a rejeté les mesures unilatérales et arbitraires décidées sans concertation, tout en invitant la partie française à respecter la pratique établie et à recourir au canal traditionnel liant les préfectures françaises aux consulats algériens compétents.

Deuxièmement : Au cœur de cette bataille sur les listes et les mesures d’éloignement, l’enjeu principal porte sur l’exercice de la protection consulaire à l’égard des ressortissants algériens se trouvant en France. Dans cette bataille, il y a un pays déterminé à assumer l’obligation qui lui incombe en la matière, et un autre pays qui, par le truchement de son Ministre de l’Intérieur, cherche à tout prix à l’empêcher de remplir cette mission consacrée par le droit international et les accords bilatéraux.

De ce point de vue, il n’est point surprenant que la partie française ait choisi, depuis le début de cette crise, d’éviter toute référence, directe ou indirecte, à la convention consulaire algéro-française de 1974. La raison d’une telle attitude est à rechercher dans la teneur de l’article 33 de cette convention qui fait obligation à la partie française de notifier, dans les délais, toute mesure privative de liberté prise à l’encontre de ressortissants algériens, afin que leur pays d’origine puisse s’acquitter pleinement de son devoir de protection à leur égard.

Troisièmement: Dans ses assauts répétés sur l’Algérie, le Ministre français de l’Intérieur a fait de la Convention de Chicago le bréviaire de ses accusations récurrentes contre notre pays. En refusant l’embarquement de personnes faisant l’objet de mesures d’éloignement et démunies de laissez-passer consulaires, la compagnie nationale « Air Algérie » s’est vue menacée de représailles contre son personnel sur fond de prétendues violations de la Convention de Chicago.

Or, cette énième accusation est totalement infondée. La Convention de Chicago ne contient aucune disposition relative à l’embarquement forcé de personnes faisant l’objet de mesures de reconduite aux frontières.

Bien au contraire, et au grand dam du Ministre français de l’Intérieur, la Convention de Chicago accorde aux compagnies aériennes le droit de refuser l’embarquement si les documents présentés ne sont pas conformes aux exigences du pays de destination ou de transit.

Quatrièmement : Dans cette même bataille autour des listes et des mesures d’éloignement, le Ministre français de l’Intérieur s’est enorgueilli, à maintes reprises, d’avoir mis en œuvre des mesures restrictives d’accès au territoire français à l’encontre de ressortissants algériens détenteurs de passeports diplomatiques.

Or, de telles mesures doivent obéir au préalable à l’obligation de notification consacrée par l’accord algéro-français de 2013. Dans ce cas de figure, la violation d’un engagement bilatéral a été davantage aggravée par l’effet d’annonce dont le Ministre français de l’Intérieur semble tirer une veine gloriole.

Cinquièmement: l’annonce médiatique depuis hier soir relayant une éventuelle suspension de l’accord algéro-français portant exemption de visas au profit des détenteurs de passeports diplomatiques et de service mérite clarification. Il s’agit, d’abord, de l’Accord de 2013 et non pas de celui de 2007 qui a été abrogé depuis presque douze ans. Ensuite, l’Accord de 2013, en lui-même, prévoit les possibilités de suspension et de dénonciation suivant une procédure bien définie.

Cette procédure repose essentiellement sur l’obligation de notification qui incombe à la partie initiatrice d’une telle mesure. La partie française est, par conséquent, tenue de se conformer aux dispositions pertinentes de l’Accord de 2013, et non celui de 2007 au demeurant abrogé.

Ces cinq données suffisent, à elles-seules, pour établir, sans nuance aucune, laquelle des parties, algérienne et française, respecte ses engagements internationaux et laquelle de ces deux dernières les viole de manière flagrante et systématique. Le fait de porter en permanence sur l’autre des accusations dont on est pleinement coupable est, dans le cas d’espèce, le paroxysme de l’ironie. Ne dit-on pas en arabe que « le sotte ne lit que ce qui est en lui ».

Mondial 2026 : les Verts à pied d’œuvre à Gaborone

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Equipe d'Algérie
Les Verts

La sélection nationale de football a rallié, ce mardi, la capitale botswanaise Gaborone en prévision du match contre les «Zèbres» prévu le vendredi 21 mars à Francistown (14h00 heure algérienne), pour le compte de la 5e journée des éliminatoires de la Coupe du monde de football-2026 (Groupe G), a indiqué la Fédération algérienne (FAF).

Le sélectionneur national, Vladimir Petkovic, a prévu plusieurs séances d’entraînement sur place à Gaborone, avant de rejoindre, jeudi, la ville de Francistown (400km au nord-est de la capitale), où l’équipe devra effectuer son unique entraînement sur la pelouse du stade d’Obed Itani Chilume qui abritera la rencontre.

Le retour de la délégation à Alger est prévu juste après le match pour rejoindre directement le Centre technique de préparation de Sidi Moussa afin de préparer la seconde rencontre contre le Mozambique programmée le 25 mars (22h00) au stade Hocine Ait-Ahmed (Tizi-Ouzou) pour le compte de la sixième journée.

Avant de rallier Gaborone, les coéquipiers du capitaine, Riyad Mahrez, ont effectué lundi sur l’une des pelouses du Centre technique national de Sidi Moussa, leur unique séance d’entrainement à Alger.

A l’issue de la 4e journée de ces éliminatoires, disputée en juin 2024, l’Algérie et le Mozambique se partagent le fauteuil de leader avec 9 points chacun. Soit avec trois longueurs d’avance sur le Botswana, la Guinée, et l’Ouganda, qui totalisent 6 points chacun, au moment où la Somalie ferme la marche, avec 0 point.

Abdel Raouf Dafri : « Il n’y a que la passion qui m’anime »

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Abdelatif Dafri
Photo : RTS

Abdel Raouf Dafri a un parcours qui fascine, atypique, hors des sentiers battus, de l’ombre à la lumière, quand le talent est là, rien ne peut l’arrêter, il est comme cette lumière du soleil d’Afrique qui illumine tant d’espoirs, dont l’éclat est recherché par tous les peintres et les créateurs de génie.

Ce fils d’immigré algérien a su s’imposer par son talent et son génie. Il est l’un des meilleurs scénaristes actuels, il s’est distingué sur la scène artistique par son originalité et sa vision juste, écartant les clichés et autres stéréotypes en jetant les œillères qui maintiennent les illusions et les indifférences, pour arracher à la nuit la clarté, pour faire jaillir la réalité avec sa profusion de couleurs pour rendre au monde sa dimension, sa beauté, sa richesse, dans la diversité et les différences.

Ce scénariste et réalisateur français d’origine algérienne, de cinéma et de télévision, a passé son enfance à Wattignies, une banlieue de Lille. Cet autodidacte s’est construit à la sueur de la passion, sans jamais baisser les bras, pour atteindre son rêve, il demeure un exemple pour les jeunes générations de tous les horizons. 

Abdel Raouf Dafri a montré que par le travail et la volonté on peut y arriver, passant de la petite porte à la grande porte, faisant fi des préjugés, non sans efforts mais avec la sueur, la force de l’esprit et la générosité du cœur. 

Il partage en 2010, le César du meilleur scénario original avec Jacques Audiard, Thomas Bidegain et Nicolas Peufaillit, pour Un prophète.

Abdel Raouf Dafri est nommé en 2012 au grade de chevalier des Arts et des Lettres, par le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand. Il remporte un, International Emmy Award dans la catégorie Drama Series, série dramatique, pour le scénario de Braquo2.
Pour la télévision, il a créé La Commune, il est le scénariste de Braquo, saison 2, 3 et 4, et Alger confidentiel.

Il a écrit quatre scénarios de films pour le cinéma, Gibraltar de Julien Leclercq, Mesrine, L’Instinct De Mort et Mesrine, L’Ennemi Public No 1, de Jean-François Richet et Un Prophète de Jacques Audiard. Il a également écrit et réalisé un film dramatique, Qu’un sang impur, sur la guerre d’Algérie.

Le succès du film Un prophète, ce chef d’œuvre absolu, a révélé l’excellent acteur Tahar Rahim d’origine algérienne, qui reçoit en 2010, le César du meilleur acteur pour le film Un prophète, Tahar Rahim dont la carrière a pris une dimension internationale qui s’est récemment distingué dans Monsieur Aznavour, un film réalisé par Mehdi Idir d’origine algérienne et Grand Corps Malade. 

C’est ainsi que le talent révèle d’autres talents. Abdel Raouf Dafri ne cesse de se renouveler apportant à chaque fois un nouveau souffle, par une création artistique ancrée dans le moment, et dans le réel, révélant tel un tableau des couleurs cachées qui attendaient d’être révélées pour redonner ces lettres de noblesse au septième art.

Le Matin d’Algérie : Homme de radio, journaliste, cinéaste, qui est Abdel Raouf Dafri ?

Abdel Raouf Dafri : Je suis avant tout le fils aîné de Beya Lazli, née en Algérie, dans les années trente, et qui a grandi au 250 cité Didouche Mourad à Annaba. C’est dans la maison de ses parents et ses sœurs que je me rendais chaque année (entre 6 et 14 ans) durant les vacances d’été pendant deux mois. 

Ma mère est celle, grâce à qui je suis là où je suis aujourd’hui. Bien sûr, je ne suis pas aussi vertueux et honorable qu’elle parce que la vie vous oblige à ne pas être totalement naïf et trop gentil. Pour mordre dans le gâteau de ses ambitions et surtout pour survivre dans des quartiers compliqués, il faut parfois montrer les dents… 

Je dirais, sans faire d’auto-analyse, que j’ai beaucoup de défauts, quelques qualités et pas mal de principes. Je suis loyal, franc et attaché à des valeurs humanistes sans être dupe des monstres, qui ont pourtant une face humaine, et qu’il m’est arrivé de rencontrer. Je suis aussi empreint d’un grand respect pour celles et ceux qui prennent soin de leur mère, leur compagne et leurs enfants. 

Si on n’a pas cette ligne de conduite à l’égard des siens, à mes yeux on est forcément un porc ou une truie. 

Sans être croyant, il y a une très belle phrase dans le Coran au sujet des mères qui dit : « Le paradis est aux pieds des mères. » Sans vouloir paraphraser au risque de blasphémer, j’ajouterai que : « Le cœur des mères est LE paradis ».  

Le Matin d’Algérie : Vous dépoussiérez, vous donnez un nouveau souffle au cinéma français, qu’en pensez-vous ?

Abdel Raouf Dafri : Je ne sais pas si je « dépoussière » ou si je donne « un souffle nouveau » au cinéma français, mais il est clair que les histoires que je choisis d’écrire n’ont pas grand-chose à voir avec le landernau classique des films français. 

J’ai surtout un regard très différent sur le monde et les humains qui le peuplent. Cela doit venir de mon parcours social (apprenti ouvrier à l’âge de 16 ans dans une usine, zéro diplôme et petits boulots qui ne mènent nulle part) ainsi que de mon auto-éducation culturelle, par les livres, la télévision et le cinéma. 

Quand vous avez tété le biberon de la rue et celui d’une vie dans la cave sociétale de la France d’en bas, vous avez forcément une vision moins angélique du monde et plutôt acérée de ce qu’on appelle l’adversité. Et comme le disait un vieil ami (paix à son âme) : « Dans courage, il y a le mot rage ! »

Quant au cinéma français, même s’il engrange des succès en salles, il ne faut pas s’y tromper. Hormis quelques rares vrais films de cinéma, tout le reste est un ramassis de choses fabriquées et conceptualisées qui ne trouvent leur source dans aucun désir de création voire d’innovation. 

C’est triste, mais c’est ainsi ! Heureusement, le temps qui passe efface ses indignités filmées, comme la pluie nettoie les trottoirs. Seul le temps est juge suprême de la grandeur d’une œuvre, qu’elle soit littéraire, cinématographique, musicale ou autre…


Le Matin d’Algérie : Le cinéma français n’est pas représentatif du peuple avec ses couleurs, contrairement au cinéma américain, que se passe-t-il au pays des lumières ? 

Abdel Raouf Dafri : Détrompez-vous ! Le cinéma français d’aujourd’hui est très représentatif des citoyens (noirs, arabes, juifs, etc…) de France. Il est clair que je suis arrivé dans ce métier à une époque où l’on ne voyait pas sur les écrans beaucoup de personnages basanés et Français, assez consistants pour prendre leur destin en mains. Et ce, sans avoir besoin d’un Patrick, René, Julien ou Alexandre (sourire) pour leur indiquer la route à suivre. 

Ce genre de narratif aux relents paternalistes et néo-colonialistes n’existe plus actuellement. Et c’est une bonne chose, même si on ne peut pas se contenter de ça… 

Ce que j’aime et ambitionne à travers le medium cinéma, c’est de raconter mon pays, la France, à travers les pans les plus sombres de son Histoire (la conquête coloniale, la guerre d’Algérie, la Françafrique, l’assassinat de Robert Boulin, etc…) que l’on met sous silence avec des conséquences tragiques pour l’unité entre citoyens, tous Français mais dont la plupart ont des parents venus d’horizons Africains et Nord Africains. 

Pour moi, la France a une Histoire grandiose mais aussi très sombre. Et ne raconter que la partie lumineuse en éludant les crimes, est une erreur qui génère de l’incompréhension et peut donner à certains, je pense aux enfants d’immigrés, l’impression qu’on les méprise. Sentiment qui génère une colère sourde et gare au jour maudit où elle explosera.

La France n’a pas d’autre choix que de reconnaître cette part violente de son Histoire !! Et sans pour autant avoir besoin de s’en excuser, simplement d’en parler afin de pouvoir avancer, tous ensemble. 

Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’Allemagne a fait son mea-maxima-culpa en travaillant sur le nazisme et Hitler, en éduquant ses citoyens jusque dans les écoles et les manuels scolaires pour que les jeunes générations ne reproduisent pas les erreurs et horreurs du passé… 

La France, pays que je chéris, devrait faire le même travail éducatif sur son passé colonial. C’est un vœu pieux que je lance, avec la conscience qu’il ne s’exaucera qu’avec une franche volonté politique.

Le Matin d’Algérie : Des réussites issus de l’immigration sont rares, souvent étouffées, vous avez su dépasser les obstacles, d’où tenez-vous cette incroyable énergie ? 

Abdel Raouf Dafri : Le monde du cinéma français est certes un milieu assez fermé, mais c’est le seul espace de travail en France (et des jobs dans d’autres secteurs d’activité, j’en ai eu un paquet) ou le racisme n’existe PAS DU TOUT !! Les professionnels (acteurs, actrices, scénaristes, réalisateurs, techniciens, producteurs, etc…) sont des gens profondément bienveillants et curieux des autres. 

Certaines et certains peuvent être très cons, mais racistes ? Jamais de la vie ! Le racisme dans les métiers artistiques est une hérésie. Si le cinéma français était raciste, je n’aurais jamais pu écrire « La Commune » (ma première série sur Canal Plus) ou « Un Prophète » de Jacques Audiard

D’ailleurs, j’ai récemment terminé avec Nicolas Peufaillit, mon frère de cœur et de labeur, la saison 1 de la série « Un Prophète » dont le premier rôle est tenu par un inconnu doué d’un immense talent, Mamadou Sidibé. Et je précise que Mamadou n’avait jamais joué quelque rôle que ce soit quand il a passé le casting et qu’il a décroché le rôle de Malik El Djebenna. On peut dire que Mamadou a décroché, dans tous les sens, son tout premier rôle en tant que jeune acteur.

Quant à mon « incroyable énergie », je la puise à la source du syndrome de survie sociale et d’orgueil personnel. Dans le film « Rocky », Sylvester Stallone a la chance de pouvoir se retrouver sur le ring face à Apollo Creed, le champion du monde des poids lourds. 

Rocky est bien conscient de n’être qu’un boxeur de seconde zone, un gaucher, une « fausse patte », l’éternel exclu du « rêve américain ». De plus, il voit que tout le monde se moque de lui. Dans ce match d’exhibition, il n’est que le bouffon dont tout le monde va se gausser. 

À un moment, il a un échange avec Adrian, ce grand amour qu’il rencontre enfin, et il lui dit : « Je sais bien que tout le monde me voit perdant. Même moi, je sais que j’ai aucune chance de gagner face au champion. Mais si à la fin des 45 minutes réglementaires du combat, je suis encore debout, ça prouvera que je vaux mieux que le tocard que tout le monde croit que je suis. » 

Croyez-moi, entendre ça m’a bouleversé et motivé, à l’époque où je n’étais « rien qu’un p’tit gars de quartier sans horizon particulièrement brillant. » Et l’autre grande leçon du film est que si vous avez la chance de concrétiser un rêve, même si vous venez du plus bas échelon de la société, accomplissez ce rêve sans désir malsain de revanche ou d’écraser en retour celles et ceux qui vont ont méprisé quand vous n’étiez « rien ». Si vous devez prouver quelque chose en vous accomplissant, c’est à vous et rien qu’à vous.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes un exemple pour les jeunes générations issus de l’immigration, vous avez tracé un sillon, qu’en est-il des barrières et autres murs qui se dressent encore çà et là ?

Abdel Raouf Dafri : Je ne sais pas si je suis un exemple pour les jeunes issus de l’immigration et si c’est le cas j’en suis ravi et honoré. Toutefois, je m’efforce d’être chaque jour exemplaire et digne. Je signale quand même qu’il y a beaucoup de jeunes Françaises et Français issus de l’immigration qui sont encore plus exemplaires que moi. 

Et nous avons même une jeune Algérienne, Melissa Saichi, arrivée en France à l’âge de 16 ans et qui a été distinguée pour ses recherches sur la détection précoce des formes les plus agressives du cancer du sein. Voilà quelqu’un qui mérite la plus grande des admirations…

Bien sûr qu’il existe encore des barrières en France, notamment dans mon secteur d’activités, particulièrement sur le choix de certains sujets que les diffuseurs refusent d’aborder parce qu’ils pensent que ça va générer de la polémique et nuire au succès commercial du film ou de la série. La guerre d’Algérie et les crimes commis par le colonisateur français depuis 1830 sont des sujets encore tabous !!

Le Matin d’Algérie : Qu’un Sang impur, est votre film le plus personnel, sur la guerre d’Algérie, c’est un film courageux, un retour vers vos racines, comprendre et mieux voir, même en bousculant l’histoire, est-ce important pour vous ?

Abdel Raouf Dafri : Oui ! « Qu’un sang impur » est mon premier film et il m’est très personnel car je tenais à aborder (aussitôt que j’en aurais l’opportunité) le conflit de la guerre d’Algérie. J’ai choisi l’année 1960 qui est la période de cette guerre au cours de laquelle la barbarie dans les affrontements a atteint un point de non-retour dans les deux camps.  

Avec ce film, je voulais toucher autant aux contradictions des Algériens qui se battaient pour la Libération de leur peuple du joug colonial qu’à celles des Français qui prétendaient combattre la barbarie alors qu’ils n’avaient rien à faire dans ce pays. « Algérie française » qu’ils clamaient pour justifier une occupation violente à l’égard des populations. 

Je voulais montrer que dans chaque camp, la noblesse de la cause et la plus débridée des violences cohabitaient dans le cœur des combattants de chaque camp. 

Je voulais bousculer l’Histoire afin de donner à mieux voir et je l’espère pour chacun, mieux comprendre.

Même si le film a été empêché par les exploitants de salles qui l’ont refusé au motif que mon film allait attirer dans leurs salles « une clientèle dont on n’a pas besoin. » 

Je salue toutefois les 42 exploitants qui ont accueilli mon film et je préviens tous les autres que je n’en ai pas fini avec ce sujet qui reste encore aujourd’hui, tabou et inquiétant.

Le Matin d’Algérie : L’Algérie ce grand pays, la porte de l’Afrique, le plus grand pays d’Afrique, peine à se démocratiser, le septième art peine à se développer, pourtant il aiderait à l’émancipation de la société, qu’en pensez-vous ?

Abdel Raouf Dafri : L’Algérie est un grand pays et pas seulement par sa superficie, mais aussi par la beauté et la majesté de ses paysages. Quand on les voit, on comprend pourquoi le colonisateur français ne voulait plus repartir (rire). 

Je suis le premier attristé de voir que ce grand pays ne bénéficie toujours pas d’une pluralité de partis lors des élections à la plus haute fonction, celle de la présidence. 

Je me souviens que j’étais en Algérie lors des élections qui ont permis à Chadli Bendjedid de devenir Président. Je me souviens aussi que les Algériens avaient en mains deux billets pour voter. Un sur lequel il était noté « Oui pour Chadli » et l’autre : « Non pour Chadli » (rire).

À l’époque, il a été affirmé que Chadli Bendjedid avait gagné avec plus de 80% des voix. Et pour sa réélection, le résultat fut un plébiscite avec plus de 93% de « OUI ». 

Avec le recul, la magouille est tellement grossière qu’on ne peut qu’en rire et en pleurer. Pourtant, malgré ce déni de démocratie, les Algériens aiment leur pays à la folie. Bien plus que les Français qui vivent pourtant dans une démocratie où la parole critique est libre, ainsi que le droit de manifester et même, de gifler le président Macron et de ne prendre que du sursis sans incarcération. 

Quant au cinéma Algérien, je ne sais pas quelle est sa situation, mais ce serait dommage qu’il disparaisse ou s’éteigne à petit feu. L’Algérie est un pays suffisamment riche pour investir dans le medium audiovisuel qui lui permettrait de raconter son Histoire. Je rappelle quand même que le film de Gillo Pontecorvo, « La bataille d’Alger » est un film Algero-Italien qui est considéré à juste titre comme un chef d’œuvre et sûrement le meilleur film consacré à un épisode très violent de la guerre d’Indépendance. 

Je caresse d’ailleurs le rêve de faire un jour un film sur l’Émir Abdelkader afin de montrer la grandeur et l’humanité du plus glorieux et charismatique des Algériens face à la barbarie coloniale. De plus, j’aimerais que ce soit une production Algero-Française. Vous imaginez le message symbolique que ça pourrait envoyer des deux côtés de la Méditerranée ?

Le Matin d’Algérie : C’est la passion qui vous anime, comment est-elle née en vous ?

Abdel Raouf Dafri : Il n’y a que la passion qui m’anime, et pas seulement pour mon métier. Quand je donne ma confiance et ma loyauté, c’est en totale sincérité. Je peux être naïf, mais jamais totalement aveugle. 

Je sais que la main qui la veille, vous flatte gentiment l’épaule peut aussi être celle qui vous poignardera dans le dos le lendemain. 

Cet esprit de feu et de passion me vient de ma mère qui s’est battue sans relâche, tous les jours de sa vie, pour que ses sept enfants ne manquent jamais de rien. 

À 91 ans, elle est toujours de ce monde et je m’en réjouis chaque jour tout en me demandant comment j’encaisserai son départ définitif le jour où il se produira. Et le plus tard sera le mieux… 

Le Matin d’Algérie : Quelles sont les personnalités du septième art qui vous influencent ?

Abdel Raouf Dafri : Deux personnes dans le milieu du cinéma français m’ont permis de gagner ma vie et surtout de progresser dans mon écriture. Deux producteurs : Marco Cherqui (producteur du film et de la série « Un Prophète ») et Claude Chelli (producteur de la série « Braquo » et avec qui j’ai récemment signé pour un autre projet). Avec Marco, j’ai gagné un César ! 

Avec Claude, nous avons gagné un International Emmy Award pour « Braquo saison 2 ». Et pour couronner le tout, nous sommes devenus amis… De vrais amis !

Quant aux GRANDS artistes dont le travail a une réelle influence sur moi, ils sont principalement américains (Clint Eastwood, Stanley Kubrick, Sam Peckinpah, John Ford, Norman Jewison, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola…), Italiens (Sergio Leone, Dino Risi, Nino Manfredi, Federico Fellini…) et Anglais (John Boorman, David Lean, Michael Powell…) Dans tous les cas cités entre parenthèses, la liste est loin d’être exhaustive.

Le Matin d’Algérie : Avez-vous des projets en cours ou à venir ?

Abdel Raouf Dafri : Bien sûr ! La série « Un Prophète » est en cours de post-production et sera diffusée sur Canal Plus, au plus tôt dans le dernier trimestre de 2025, au plus tard début 2026. 

Je développe avec Claude Chelli, l’adaptation de « La porte du vent », un livre écrit par un grand policier français, Jean-Marc Souvira, et qui raconte l’affrontement à Paris, de nos jours, entre les mafias juives et chinoise. 

Et je me lance aussi dans l’écriture d’un roman pour une maison d’édition française que j’aime beaucoup. Ce sera un polar aussi violent qu’émouvant et surtout l’occasion de découvrir si je suis aussi bon écrivain que scénariste…

Le Matin d’Algérie : Un dernier mot peut-être ?

Abdel Raouf Dafri : Pour votre dernière question, le mot le plus approprié me semble être : « Merci »

Entretien réalisé par Brahim Saci

Vente de la pomme de terre : un spéculateur condamné à 15 ans de prison ferme

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Justice

Le tribunal de Khemis El Khechna (Boumerdes) a prononcé, ce mardi, un verdict de 15 ans de prison ferme à l’encontre d’une personne impliquée dans une affaire de détention d’une quantité considérable de pommes de terre destinées à la spéculation illégale, selon un communiqué du parquet de la République près ce même tribunal.

Le communiqué a précisé que «conformément aux dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le procureur de la République près le tribunal de Khemis El Khechna informe l’opinion publique que, dans le cadre de la lutte continue contre le phénomène de la spéculation illégale sur les denrées alimentaires de base à large consommation, les éléments de la Section de recherche et d’investigation de la Gendarmerie nationale de Boumerdes ont réussi, le 16 mars 2025, en coordination avec les services de la direction du commerce de la wilaya, à saisir une quantité de 150 tonnes de pommes de terre destinées à la spéculation illégale, stockées sur le territoire de la commune de Khemis El Khechna. L’enquête préliminaire a abouti à l’arrestation de l’individu nommé (B.A).»

Le communiqué a ajouté que «le 18 mars 2025, le suspect a été présenté devant le parquet et renvoyé devant le tribunal correctionnel, via la procédure de comparution immédiate pour le délit de spéculation illégale. Après le procès, il a été condamné à 15 ans de prison ferme et à une amende de 5 millions de dinars algériens, avec mise sous écrou.»

Avec radio Algérie

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