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PS et gouvernement se rapprochent d’un accord sur la surtaxe des entreprises, malgré des tensions persistantes

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Assemblée nationale

À l’Assemblée nationale française, Le Parti socialiste et le gouvernement Lecornu ont trouvé lundi un terrain d’entente sur la surtaxe des bénéfices des entreprises. Ce compromis semble marquer une avancée vers un accord budgétaire global, même si plusieurs points de désaccord subsistent, notamment sur la fiscalité du patrimoine et la suspension de la réforme des retraites.

Les députés examinaient le projet de loi de finances lorsque les débats se sont concentrés sur la surtaxe imposée aux sociétés. Le gouvernement a présenté un amendement prévoyant d’augmenter le rendement de cette taxe de 4 à 6 milliards d’euros, en concentrant l’effort sur les grandes entreprises.

Une orientation vivement critiquée par les députés du groupe UDR, proches d’Éric Ciotti (extrême droite), mais aussi par certains élus LR et macronistes de Renaissance, qui réclamaient la suppression pure et simple de la mesure.

De son côté, Manuel Bompard (LFI) a dénoncé un « marchandage dans des salles parallèles » entre le PS et le gouvernement. Malgré ces critiques, son groupe a finalement voté en faveur du dispositif.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a défendu la méthode : « Nous nous sommes engagés à écouter les débats au sein de l’Assemblée », a-t-il rétorqué.

Devant la presse, le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, a pour sa part souligné le manque de cohésion dans le camp présidentiel. « Il n’y a ni bloc central, ni socle commun. Ce n’est pas rassurant pour la suite », a-t-il regretté.

Une entente fragile sur fond de nouvelles discussions

Les prochaines discussions porteront sur la « taxe Zucman », qui vise à instaurer une imposition minimale sur le patrimoine. Les socialistes proposent une version allégée de cette mesure et attendent désormais un soutien clair du gouvernement pour la faire adopter.

Dimanche, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a mis en garde l’exécutif contre le risque d’une nouvelle dissolution s’il refusait d’avancer sur la taxation des hauts patrimoines.

En parallèle, les députés ont voté lundi après-midi la réduction, puis la suppression anticipée, de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), un impôt de production décrié à la fois par le gouvernement et par l’extrême droite. Cette mesure coûtera 1,3 milliard d’euros.

Retraites et Sécurité sociale : des débats encore vifs

En commission des Affaires sociales, le député socialiste Jérôme Guedj a salué de « faibles signaux » allant dans le sens d’un accord global, après l’adoption d’un amendement relevant la CSG sur les revenus du patrimoine et du capital. Les macronistes se sont abstenus, tout en exigeant des garanties avant le débat en séance, prévu à partir du 4 novembre.

La commission a également rejeté le gel du barème de la CSG proposé par le gouvernement, préférant maintenir son indexation sur l’inflation. Autre revers pour l’exécutif : le refus de créer une cotisation patronale sur les tickets-restaurants et les chèques-vacances.

Mais la question centrale du budget de la Sécurité sociale reste la suspension de la réforme des retraites — condition posée par le PS pour ne pas censurer le texte. La mesure, qui reporte jusqu’à janvier 2028 la montée progressive vers les 64 ans et l’allongement des trimestres, divise profondément la majorité.

La droite a d’ores et déjà annoncé qu’elle proposerait de supprimer cette suspension. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a prévenu : si l’Assemblée la maintient, la chambre haute, dominée par la droite et le centre, rétablira la réforme.

Le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, a d’ailleurs rencontré lundi les chefs de file des groupes sénatoriaux de droite et du centre, irrités par les concessions accordées aux socialistes. « Je n’ai pas de deal avec le PS », leur a-t-il assuré, tout en reconnaissant que le Sénat avait « ses propres lignes » sur le budget.

Le coût de la suspension de la réforme des retraites est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et à 1,4 milliard en 2027. Un poids budgétaire conséquent, alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale se veut particulièrement rigoureux, visant à ramener le déficit à 17,5 milliards d’euros en 2026, contre 23 milliards en 2025.

Mourad Benyahia avec AFP

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Les Benflis, de père en fils !

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¨Prison

Suite à la condamnation du fils de l’ancien chef de gouvernement algérien, Ali Benflis, quoi de plus évident que reprendre une litanie qui nous est servie comme les épisodes du téléfilm « Gloire, amour et beauté » dont la diffusion est éternelle. 

La particularité des téléfilms algériens est qu’ils débutent toujours par la fin de l’histoire. Si ceux de Colombo en font de même, c’est par un effet voulu pour que le téléspectateur reste en haleine pour comprendre ce qu’il s’est passé.

Mais en Algérie, cette inversion des faits est due à une autre raison. C’est celle du silence absolu, par terreur ou par crainte de se dévoiler. Ce n’est que lorsqu’un loup montre sa fragilité, parce que sa terreur a perdu de son effet, que la meute se précipite sur lui. C’est l’épilogue qui est porté à la connaissance du public, la phase judiciaire

Qui a dit cette phrase célèbre « Les loups ne se mangent pas entre eux » ne connaissait pas l’existence de l’une des variantes de l’espèce qu’on appelle les dirigeants du régime militaire algérien. Commençons par le scénario du jour, celui du fils de Ali Benflis. 

La liste des chefs d’accusation est longue, je la reprends d’un résumé publié hier dans Le Matin d’Algérie. Si le lecteur sent qu’il est épuisé pour lire la longue liste, il peut éviter la lecture entière tant il connaît par cœur le dictionnaire des mots de la justice politique en Algérie. Dans cette affaire, les voici en liste à la Prévert..

« Les accusations portées contre le fils de l’ancien chef de gouvernement étaient particulièrement graves. Elles incluaient des chefs d’inculpation pour crime de trahison, établissement de contacts avec des agents de renseignement d’un État étranger susceptibles de nuire à la position militaire ou diplomatique algérienne ou à ses intérêts économiques fondamentaux. 

S’y ajoutaient des charges de blanchiment d’argent issu de revenus criminels, de financement d’actes terroristes, de promesse d’avantages indus à un fonctionnaire en échange de l’accomplissement de ses devoirs professionnels, et de financement occulte d’un parti politique. »

Pour l’histoire de ces plats réchauffés, passons en revue quelques exemples de la ruée des loups sur une victime qui ne peut plus les mordre.

Abdelmalik Sellal, ancien Premier ministre, condamné à 12 ans de prison pour corruption.

Noureddine Bedoui, dernier ministre de Bouteflika, condamné à 12 ans de prison pour corruption. Il n’avait pas quitté le navire alors qu’il était évident que le protecteur allait mettre un genou à terre. Je l’aurais condamné à la perpétuité pour cause grave d’imbécilité.

Saïd Bouteflika, frère et dauphin du roi. Le job d’apprenti dictateur est dangereux lorsque le maître de stage est fragilisé.

Et ainsi de suite…

Passons maintenant aux plus féroces. C’est du lourd.

Ahmed Ben Bella : renversé par un coup d’Etat. Les leaders d’une meute sont perpétuellement menacés par les loups qui veulent être leader à sa place. C’est dans l’ordre des choses dans ce monde sauvage. 

Houari Boumédiene : fauché par la mort à 46 ans. Même les grands prédateurs ne peuvent  défier plus fort qu’eux, la maladie.

Chadli Bendjedid : ll a été chassé du système. Ce genre de menaces ne peuvent être prises à la légère par les loups affaiblis. 

Mohamed Boudiaf : invité par le clan au grand festin, il n’avait pas compris qu’elle était menacée par une autre. 

Liamine Zéroual : le plus malin de tous car il a préféré préserver sa vie. Ils voyaient bien que les crocs de la meute commençaient à s’aiguiser. 

Abdelaziz Bouteflika : le vieux lion a voulu présomptueusement garder sa couronne sur une crinière dégarnie et des crocs devenus aussi inoffensifs que ceux d’un vieux chat. 

Et nous éviterons de citer les petits louveteaux, ceux du quotidien des tribunaux. Des hommes d’affaires par-ci, des femmes de hautes fonctions et des petits fonctionnaires qui ont mis leurs mains dans la caisse sans en demander la permission aux chefs du système.

C’est du menu fretin qui est responsable de l’engorgement des tribunaux algériens. Ils encombrent mais ne font même pas frémir un poil de la moustache des chefs de la meute. 

Moi, je veux maintenant un retour des grands prédateurs dans les tribunaux. Je veux des Landru, des Jack l’Éventreur, des Néron et des Staline.

Bon, je me contenterai du procès du terrifiant Tebboune mais franchement, un individu de ce gabarit qui veut être dans l’histoire, c’est léger.

Le sort du fils de Benflis ? C’est qui ?

Boumediene Sid Lakhdar

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Affaire ANEP 2 : justice spectacle, des zones d’ombre et des « patrons de presse » toujours intouchables 

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Presse algérienne

Derrière les condamnations spectaculaires de Hamid Grine et Djamel Kaouane, deux ex-ministres de la Communication, l’affaire ANEP 2 met à nu un vaste réseau de détournement de la publicité publique au profit de journaux de façade et de titres de connivence.

Tandis que les lampistes tombent, les véritables profiteurs de cette rente — propulsés au rang de “patrons de presse” grâce à la manne de l’ANEP — continuent d’échapper à la justice, exposant les limites d’un assainissement plus politique que moral. Ne nous leurrons pas, nous assistons plus à une justice sacrificielle.

L’affaire dite ANEP 2 n’a pas seulement révélé un vaste système de détournement et de clientélisme au sein du dispositif public de publicité ; elle met à nu une dérive structurelle qui mine depuis des années la relation entre pouvoir, médias et argent public. Derrière les condamnations spectaculaires prononcées contre d’anciens ministres de la Communication et des responsables de l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP), se profile une question essentielle : celle de la transparence dans la distribution de la manne publicitaire publique et de la responsabilité réelle des bénéficiaires.

Selon les éléments du dossier, les annonces institutionnelles — censées soutenir la presse nationale — ont été attribuées à des journaux fictifs ou créés de toutes pièces, souvent en échange d’une bienveillance éditoriale. L’enquête a mis au jour une exploitation abusive des quotas publicitaires, orientés vers des titres proches du pouvoir ou montés artificiellement dans le seul but de capter les budgets de l’ANEP. Ce système, toléré et parfois encouragé, a contribué à dévoyer le rôle originel de la publicité publique : garantir la pluralité de la presse et accompagner son développement économique.

Si la condamnation des ex-ministres Hamid Grine et Djamel Kaouane est perçue comme un acte de justice salutaire, elle laisse néanmoins un sentiment d’inachevé. Beaucoup y voient une justice sélective, à deux vitesses, ciblant des figures visibles du dispositif sans remonter la chaîne des responsabilités. Le procès, à cet égard, illustre une forme de justice spectacle, où la sévérité affichée envers quelques responsables politiques sert de paravent à d’autres acteurs qui continuent d’échapper à toute reddition de comptes. Qu’en est-il de tous ces patrons de presse qui ont bénéficié de milliards en publicité pour des canards boiteux ?

Car la question centrale demeure : à qui ont profité ces détournements ? Les bénéficiaires de ces dotations publicitaires, souvent des propriétaires de publications montées à la hâte, ont perçu des sommes considérables. Grâce à des décisions administratives complaisantes, beaucoup se sont érigés en « patrons de presse » sans jamais investir dans le développement de leurs entreprises ni dans l’amélioration des conditions socioprofessionnelle de leurs employés , journalistes et autres personnels de service.

Les milliards de dinars versés par l’ANEP n’ont, pour l’essentiel, pas servi à moderniser les rédactions ni à soutenir le pluralisme médiatique, mais à alimenter des comptes personnels ou des investissements immobiliers, parfois à l’étranger. 

Pour être réellement équitable, l’action publique doit aller jusqu’au bout : identifier les véritables bénéficiaires de ces subventions publiques et exiger d’eux qu’ils rendent compte de l’usage des fonds perçus. Une simple enquête administrative, rigoureuse et transparente, suffirait à dévoiler les contrevenants présumés— des acteurs bien connus dans les milieux journalistiques comme au sein de l’administration de la communication.

Au-delà du volet judiciaire, l’affaire ANEP 2 interpelle sur la nécessité d’une refonte profonde du système de financement de la presse. Tant que la distribution de la publicité publique restera opaque et dépendante des affinités politiques, le risque de reproduire les mêmes dérives subsistera. Ce scandale, symptomatique d’un mode de gouvernance médiatique clientéliste, appelle donc moins à des procès symboliques qu’à une réforme structurelle, fondée sur la transparence, l’équité et la reddition de comptes. 

L’assainissement du secteur médiatique passe inévitablement par la mise en place de mécanismes clairs et indépendants de régulation de la publicité publique. Faute de quoi, l’affaire ANEP 2 ne sera qu’un épisode de plus dans une longue série de scandales où la presse, censée informer et éclairer, reste instrumentalisée par ceux qui la financent.

La Rédaction 

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Mali : attaque du Jnim près de Bamako, les États-Unis appellent leurs ressortissants à quitter le pays

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Assimi Goita, le chef de la junte militaire à Bamako
Assimi Goïta, le chef de la junte militaire

Au Mali, la pression du Jnim, groupe terroriste proche d’al-Qaïda, dirigé par Iyad Ag Ghaly, se poursuit. Ce 28 octobre, un important convoi de transport d’essence et de gasoil a été attaqué non loin de Bamako.

L’attaque, filmée et diffusée par les djihadistes, s’est produit à 50 km de Kati, un camp militaire, situé à tout juste 18 kilomètres de Bamako.

Aucun bilan de cette embuscade n’a été fourni, l’armée ne communiquant jamais sur ce type d’attaque. Une situation complexe qui a poussé les États-Unis à demander à leurs ressortissants de quitter le pays immédiatement. C’est la première ambassade occidentale à quitter ses quartiers.

Au Mali, sur les vidéos de propagande diffusées par les jihadistes, d’intenses et noires volutes de fumée, caractéristiques des feux d’essence, s’élèvent dans le ciel. Seuls les camions, à l’avant et à l’arrière du convoi, sont en feu, stratégie efficace pour bloquer la majorité des véhicules, près de 40 citernes selon des sources locales, qui ne sont donc pas touchées par les flammes et deviennent visiblement le butin de guerre des jihadistes.

L’attaque s’est déroulée le long de la RN24, axe goudronné qui relie le sud-ouest du pays à la capitale Bamako, dans une zone boisée, située à 50 kilomètres de Kati, ville garnison, véritable base de la junte militaire, cœur du pouvoir du général Assimi Goita.

En fin de journée ce mardi 28 octobre, l’ambassade américaine au Mali a indiqué : « la poursuite du conflit entre le gouvernement malien et les terroristes accroit l’imprévisibilité de la situation à Bamako ». L’ambassade a ainsi appelé ses ressortissants à quitter « immédiatement, par avion commercial, le Mali. » La rareté du carburant à Bamako des suite du blocus djihadiste a un sérieux impact sur les habitants mais aussi le tissu économique déjà moribond.

Il est manifeste que rien ne va au Mali. Les terroristes du Jnim et autres organisations affiliées ne se contentent plus de l’intérieur du pays où elles font régner leur loi. La menace djihadiste se rapproche de la capitale. Avec une question qui s’impose : Bamako va-t-elle cette fois-ci tomber, malgré l’appui des mercenaires russes d’Africa Corps, aux mains de cette organisation ?

La rédaction

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Tunisie : un rapport dénonce dix ans d’abus systématiques dans les prisons et centres de détention

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Prisons

L’association Taqatoeʿ pour les droits et les libertés a publié, mardi 28 octobre 2025, un rapport accablant sur les conditions de détention en Tunisie.

Intitulé « Derrière les murs : rapport sur la torture, les mauvais traitements et la négligence médicale au cœur du système carcéral tunisien », le document couvre la période 2015-2025 et dresse un constat alarmant d’atteintes répétées aux droits fondamentaux des détenus.

Selon l’association, six formes principales de violations ont été recensées : privation du droit à la défense, torture et mauvais traitements, conditions de détention inhumaines et surpopulation, défaut de soins médicaux, isolement disciplinaire abusif, et décès suspects sans enquête effective. Le rapport s’appuie sur 24 cas documentés impliquant des citoyens, militants et opposants politiques.

« La récurrence de ces violations sur une décennie révèle un problème structurel profond au sein du système pénitentiaire et sécuritaire », souligne l’association, qui appelle à des réformes urgentes et à la mise en œuvre effective du rôle de l’Instance nationale pour la prévention de la torture.

Le rapport met en lumière des situations où les personnes privées de liberté vivent dans des conditions ne respectant pas la dignité humaine, marquées par un surpeuplement chronique et des pratiques arbitraires. Certaines de ces pratiques, estime Taqatoeʿ, « vont jusqu’à porter atteinte au droit à la vie », traduisant un affaiblissement structurel des institutions chargées de faire respecter la loi.

L’association insiste sur le fait que ces violations « ne peuvent être considérées comme des cas isolés », mais qu’elles relèvent d’un schéma systémique exigeant une refonte globale des politiques sécuritaires et pénitentiaires, ainsi que la création de mécanismes indépendants de reddition des comptes.

Des recommandations à l’exécutif, au judiciaire et à la société civile

Le rapport se conclut par une série de recommandations adressées aux pouvoirs publics et à la société civile.

Parmi elles :

Élaborer une stratégie nationale pour renforcer le respect des droits humains dans les lieux de détention ;

Former et sensibiliser les agents de sécurité aux normes internationales ;

Installer des caméras dans les centres d’arrestation pour garantir la transparence ;

Améliorer les infrastructures sanitaires et lutter contre la surpopulation carcérale ;

Encourager les peines alternatives, notamment le port du bracelet électronique ;

Renforcer le contrôle judiciaire des lieux de détention et accélérer le traitement des affaires liées aux décès suspects ou aux abus policiers.

L’association invite également les organisations de la société civile à former un front commun pour la défense des droits et libertés, et à poursuivre les efforts de surveillance et de documentation des abus.

Pour l’élaboration de ce rapport, Taqatoeʿ s’est appuyée sur des témoignages directs de victimes et de leurs familles, des entretiens avec des avocats et experts, ainsi que sur des rapports d’organisations nationales et internationales.

Ce document s’ajoute à une série de rapports récents qui soulignent la dégradation du climat des libertés publiques en Tunisie et les difficultés persistantes à garantir la justice et la transparence dans le traitement des affaires de droits humains.

Mourad Benyahia 

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Récupération de l’hôtel El Palace : faut-il parler d’une victoire diplomatique ?

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Ali Haddad
Ali Haddad, l'ancien propriétaire d'El Palace, actuellement en prison.

L’État algérien vient officiellement de récupérer l’un des joyaux immobiliers détenus à l’étranger par l’oligarchie de l’ère Bouteflika : l’hôtel El Palace de Barcelone. Cet établissement cinq étoiles, parmi les plus anciens et prestigieux de la capitale catalane, appartenait depuis 2011 à l’homme d’affaires Ali Haddad, aujourd’hui incarcéré pour corruption et détournement de fonds publics.

Selon une enquête du quotidien espagnol La Vanguardia, la restitution du bien ne résulte pas d’une décision judiciaire, mais d’un accord à l’amiable conclu entre l’État algérien et Haddad. Le transfert de propriété a été enregistré au registre foncier de Barcelone en août dernier, sous la formule juridique du « paiement en compensation d’une dette », impliquant un consentement mutuel. Autrement dit, Haddad aurait accepté de céder l’hôtel à la puissance publique en contrepartie d’une régularisation financière.

Le bâtiment avait été acquis en décembre 2011 auprès du groupe espagnol Husa, propriété de l’ex-président du FC Barcelone Joan Gaspart, pour un montant d’environ 80 millions d’euros. D’après les documents produits lors du procès de l’ex-patron du groupe ETRHB, l’achat avait été financé par trois crédits bancaires et un prêt privé, et grevé d’une hypothèque de 26 millions d’euros auprès de la banque Santander. Ce lourd passif a finalement été pris en charge par le Fonds national d’investissement (FNI), bras financier de l’État algérien, lors du transfert de propriété.

Dans son discours du 10 octobre dernier, Abdelmadjid Tebboune avait évoqué la récupération de plusieurs avoirs mal acquis, évalués à 30 milliards de dollars, mentionnant notamment un « hôtel cinq étoiles en Espagne acheté avec de l’argent volé ». Tout laisse penser qu’il s’agissait du Palace de Barcelone. Pour le reste des actifs récupérés, on attend toujours !

L’opération El Palace s’inscrit dans le vaste chantier lancé en 2022 par les autorités pour rapatrier les biens et fonds spoliés par les hommes d’affaires proches de l’ancien régime, via des procédures judiciaires ou des règlements à l’amiable avec les détenus.

Elle marque ainsi une étape symbolique dans la politique de récupération des richesses nationales dissimulées à l’étranger — tout en soulevant la question de la transparence des « accords » conclus avec les anciens oligarques. Au prix de quel deal ces biens sont-ils récupérés ? Un travail de recension publique des biens mal acquis en Algérie et à l’étranger est nécessaire si la justice (donc le pouvoir actuel) donner quelque transparence à son action.

Mourad Benyahia 

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Tunisie : hausse des suspensions d’associations, alerte sur le droit au travail civil

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La campagne « Contre la criminalisation du travail civil » a annoncé mardi que le nombre d’associations dont l’activité a été suspendue pour un mois connaît une hausse significative en Tunisie. Selon cette campagne, ce phénomène est le signe d’un escalade inquiétante visant le droit à l’organisation et à l’action humanitaire.

Parmi les associations concernées figurent notamment l’Association tunisienne des femmes démocrates, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, l’Association tunisienne de recherche sur le développement et Manamti.

La campagne souligne que ces mesures, encore préliminaires et sujettes à mise à jour, révèlent selon elle une volonté du gouvernement de frapper toute voix critique et de restreindre le travail associatif libre, s’attaquant à un acquis majeur de la Révolution tunisienne.

Le cadre légal invoqué pour ces suspensions est le décret n°88 de 2011, qui régit les activités des associations. Toutefois, plusieurs organisations rapportent que des décisions similaires ont été prises contre d’autres structures, sous prétexte de financements étrangers, sans annonce officielle de ces dernières.

Ramadan Ben Omar, porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, a déclaré à Reuters que les audits financiers présentés comme justification sont en réalité un prétexte pour réduire au silence les voix indépendantes. Il a précisé que tous les financements de son organisation sont légaux et connus des autorités.

Cette suspension a suscité une réaction immédiate de solidarité de la part d’autres associations locales et régionales, ainsi que d’organisations politiques et de droits humains. Ces dernières estiment que la mesure constitue une pression sur l’espace civil et un ciblage des organisations indépendantes, appelant les autorités à revenir sur leur décision et à respecter la liberté d’organisation et le travail associatif.

Depuis avril 2025, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux fait face à une série de contrôles financiers et fiscaux, que ses responsables considèrent comme un processus de restriction de l’espace civil indépendant et une tentative d’assujettir les voix libres.

Mourad Benyahia 

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Hamid Grine et Djamel Kaouane, ex-ministres sous Bouteflika, lourdement condamnés

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Djamel Kaouane et Hamid Grine,
Djamel Kaouane et Hamid Grine, anciens ministres de la Communication, lourdement condamnés.

Le tribunal économique et financier de Sidi M’hamed a rendu, mardi 28 octobre 2025, son verdict dans le dossier dit « ANEP 2 », l’une des affaires les plus emblématiques des dérives de la gestion de la publicité publique sous l’ère Bouteflika. Hamid Grine et Djamel Kaouane en prennent à la place de tout le monde.

Deux anciens ministres de la Communication, Djamel Kaouane et Hamid Grine, ont été condamnés respectivement à huit et quatre ans de prison ferme pour abus de fonction et dilapidation de fonds publics, dans un dossier qui met à nu le système de favoritisme ayant longtemps structuré les rapports entre pouvoir politique et presse nationale.

La justice a également condamné Amine Echikr, ancien président-directeur général de l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP), à huit ans de prison ferme, tout en ordonnant la confiscation des comptes bancaires des principaux accusés et le versement d’indemnités au profit du Trésor public. D’autres responsables de l’agence, dont M. Chérif, ex-directeur de la branche communication et signalétique, et B. Ammar, ancien directeur général d’une filiale de messagerie rapide, ont écopé de peines allant de quatre à cinq ans de prison ferme.

Ces condamnations interviennent après que le parquet avait requis des peines particulièrement lourdes lors des audiences du procès tenu à la mi-octobre en cours, soit dix ans de prison et une amende d’un million de dinars contre Djamel Kaouane et Amine Echikr, et six ans de prison contre Hamid Grine. Les autres prévenus encouraient entre cinq et sept ans d’emprisonnement. Le verdict, prononcé le 28 octobre 2025, vient ainsi clore un procès emblématique du vaste mouvement de reddition des comptes engagé depuis 2019.

L’affaire ANEP 2 met en lumière un système de détournement et de clientélisme où les annonces publiques, instrument stratégique de soutien à la presse, auraient été attribuées à des journaux fictifs ou créés de toutes pièces, souvent en échange d’une bienveillance éditoriale. L’enquête a révélé une exploitation abusive des quotas publicitaires au profit de titres proches du pouvoir, au détriment de la transparence et de la concurrence équitable.

Pour de nombreux observateurs, ce procès dépasse le simple cadre pénal : il soulève la question structurelle de la dépendance économique de la presse algérienne à la publicité publique, longtemps utilisée comme levier de contrôle politique. 

Avec l’affaire ANEP 2, c’est toute une page du rapport opaque entre pouvoir et médias qui est dévoilée — sans pour autant dissiper les interrogations sur la capacité du secteur à construire un modèle réellement indépendant et transparent. Pas seulement, même si ces ministres ont leur part de responsabilité, tout le monde sait en Algérie que les ministres et PDG ne sont que des seconds couteaux. Les vrais décideurs sont ailleurs et demeurent intouchables.

Samia Naït Iqbal

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Mostefa Hamouda : « Batna est une source inépuisable d’inspiration »

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Mostafa Hamouda
Mostafa Hamouda

Avec Égards et écarts et Batna, un cri décrit !, Mostefa Hamouda offre deux ouvrages profondément ancrés dans son rapport à l’écriture et à sa ville natale. Entre mémoire personnelle et vécu collectif, il explore l’âme de Batna, ses contrastes, sa beauté et ses contradictions.

Dans ses pages, la ville n’est pas seulement un décor, mais une véritable protagoniste, une voix qui résonne entre souvenirs intimes et mémoire collective. L’écrivain y mêle poésie, authenticité et regard critique sur le présent. Ses livres se veulent à la fois un hommage et un cri, une manière de dire que Batna continue de vivre à travers les mots et les générations.

Mostefa Hamouda a accepté de répondre aux questions du Matin d’Algérie, partageant sa vision de l’écriture, de la mémoire et de son attachement indéfectible à Batna. Son témoignage éclaire un parcours littéraire qui dépasse le simple récit personnel pour toucher à l’universel.

Le Matin d’Algérie : Quand on lit Batna, un cri décrit !, on a l’impression que la ville elle-même parle à travers vos mots. Comment Batna vous inspire-t-elle au quotidien ?

Mostefa Hamouda : Batna est effectivement une ville qui m’inspire profondément. Chaque rue, chaque monument, chaque personne que je rencontre ici a une histoire à raconter et une émotion à partager. Je trouve mon inspiration dans les détails quotidiens, dans la vie des gens, dans l’histoire de la ville et dans sa beauté naturelle. Batna est pour moi une source inépuisable de créativité et d’inspiration, et je suis reconnaissant de pouvoir la vivre et la partager à travers mes mots.

Le Matin d’Algérie : Vos deux nouveaux livres, Égards et Écarts et Batna, un cri décrit !, viennent d’être publiés. Pouvez-vous partager un moment ou une image qui vous a poussé à écrire ces histoires ?

Mostefa Hamouda : Pour Égards et Écarts, j’ai été inspiré par les moments de connexion et de désillusion que nous vivons tous dans nos relations. Un moment clé a été une conversation avec un ami qui m’a fait réaliser l’importance des regards et des silences dans nos interactions.

Pour Batna, un cri décrit !, c’est l’amour pour ma ville natale qui m’a poussé à écrire. Une image m’a marqué : celle des gens qui se rassemblent dans les moments difficiles, montrant solidarité et force collective. J’ai voulu capturer cette essence dans mon livre.

Le Matin d’Algérie : La littérature peut-elle vraiment « faire vivre » une ville ? Comment vos écrits tentent-ils de capturer l’âme de Batna ?

Mostefa Hamouda : La littérature peut effectivement faire vivre une ville en capturant son essence, son histoire et sa culture. À travers mes écrits, je tente de saisir l’âme de Batna : ses paysages, ses habitants, ses traditions et ses émotions. Pour moi, l’écriture est un moyen de préserver la mémoire de la ville et de transmettre son esprit aux générations futures.

Le Matin d’Algérie : On sent dans vos textes un mélange de mémoire personnelle et de vécu collectif. Comment jonglez-vous entre ces deux dimensions ?

Mostefa Hamouda : Je puise dans mon expérience personnelle pour évoquer des émotions universelles. Je cherche un équilibre entre les détails intimes de mon vécu et les thèmes plus larges que les lecteurs peuvent partager. Cela me permet de proposer une écriture à la fois personnelle et collective, qui résonne sur un plan émotionnel et intellectuel.

Le Matin d’Algérie : Lors de cette rencontre, vous vous adressez à un public de toutes générations. Quel message particulier aimeriez-vous faire passer aux jeunes Batnéens ?

Mostefa Hamouda : Aux jeunes Batnéens, je voudrais dire que je suis fier de vous voir grandir et évoluer dans cette ville que j’aime tant. Je vous encourage à être curieux, à apprendre, à créer et à innover. Votre ville est votre terreau, votre source d’inspiration et votre avenir. Mais surtout, veillez à son hygiène ! Je suis convaincu que vous ferez de grandes choses et rendrez Batna encore plus belle et plus forte.

Le Matin d’Algérie : Avez-vous un souvenir précis de Batna — une rencontre, une ruelle, un événement — qui a marqué l’écriture de vos livres ?

Mostefa Hamouda : Pour moi, tout Batna est un éternel souvenir.

Le Matin d’Algérie : Les titres de vos ouvrages évoquent des contrastes et des nuances (Égards et Écarts). Quelles contradictions de la vie batnéenne vouliez-vous explorer ?

Mostefa Hamouda : Exactement ! La vie, ce sont des contrastes et des nuances. Oui, c’est bien ça la vie.

Le Matin d’Algérie : Organiser un événement culturel dans sa ville natale, est-ce pour vous un acte de partage, de transmission, ou un mélange des deux ?

Mostefa Hamouda : C’est surtout renouer avec l’authenticité.

Le Matin d’Algérie : Si vous deviez faire découvrir Batna à quelqu’un qui ne la connaît pas, à travers vos mots, par où commenceriez-vous ?

Mostefa Hamouda : Par son âme, qui est unique au monde.

Le Matin d’Algérie : Après cette rencontre et la sortie de vos ouvrages, quels défis ou projets littéraires vous excitent le plus pour l’avenir ?

Mostefa Hamouda : J’ai déjà un autre ouvrage en gestation, entamé, qui traite de l’avènement technologique. Il s’intitulera De Bell à Bitcoin.

Entretien réalisé par Djamal Guettala 

L’auteur sera présent au SILA 2025, le jeudi 30 octobre, pour une vente-dédicace de ses ouvrages.

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« L’affaire Ben Barka » : enquête et révélations sur un crime d’État

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Le 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka disparaît à Paris. Opposant à Hassan II, roi du Maroc et figure du tiers-mondisme, il devait être reçu à l’Élysée le lendemain. Depuis, sa disparition reste un mystère qui hante l’histoire politique du Maghreb et de la France.

Plus de soixante ans plus tard, Stephen Smith et Ronen Bergman publient, aux éditions Grasset, dans la catégorie Essais et Documents L’affaire Ben Barka, un travail qui mêle enquête rigoureuse, analyse historique et révélations inédites. L’ouvrage explore minutieusement le contexte géopolitique et les mécanismes de l’enlèvement, en reconstituant le rôle des barbouzes français, des officines gaullistes, de services secrets étrangers et de diplomates impliqués dans l’ombre.

« Les ravisseurs savaient exactement où frapper, quels corridors emprunter, quelles identités emprunter », écrivent les auteurs, donnant au lecteur la sensation glaçante d’une opération planifiée dans ses moindres détails. Une note des services secrets français, citée dans le livre, insiste : « Tout doit être exécuté avec discrétion. Aucune trace ne doit subsister. »

L’ouvrage dépasse la simple narration d’un fait divers. Il permet de comprendre l’implication supposée du Mossad, des services tchécoslovaques et de certains officiers français, tout en analysant la compromission au plus haut niveau de l’État français. Les archives inédites consultées par Smith et Bergman – notes manuscrites, listes de contacts et instructions précises – permettent d’éclairer des zones d’ombre longtemps restées opaques.

Au-delà de l’intrigue, le livre replace la disparition de Mehdi Ben Barka dans le cadre plus large de la guerre froide et des luttes d’influence au Maghreb. « La disparition de Ben Barka n’était pas qu’un fait divers tragique : elle met en lumière les tensions de tout un siècle, les alliances secrètes et les manipulations d’États », écrivent les auteurs.

Ce travail d’essai-documentaire met également en lumière l’homme derrière l’événement : un intellectuel engagé, symbole d’un tiers-monde en quête de justice et de souveraineté, dont la mémoire continue de traverser les générations. L’ouvrage montre comment les choix et manœuvres politiques de l’époque ont façonné les relations internationales et l’histoire de la région.

« L’affaire Ben Barka » combine enquête journalistique, documentation historique et analyse critique. Il éclaire un crime d’État longtemps occulté et restitue au lecteur la complexité des forces en jeu. Comme le soulignent les auteurs : « Chaque indice retrouvé contribue à reconstituer la vérité », soulignant que derrière l’histoire officielle se cachent souvent des réalités ignorées.

À travers cet essai, Smith et Bergman offrent une lecture nécessaire pour comprendre non seulement la disparition tragique de Mehdi Ben Barka, mais aussi les enjeux géopolitiques, diplomatiques et sécuritaires qui continuent de peser sur le Maghreb et ses relations avec la France.

Mourad Benyahia

Stephen Smith, Ronen Bergman. Essais et Documents

Éditions : Grasset

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