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CAN 2025 : le cadeau des Fennecs à l’Algérie

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C’est une équipe d’Algérie des grands jours, qui a affronté mercredi 31 décembre, la Guinée-Equatoriale, à l’occasion de la 3e journée de la phase de groupes ce mercredi 31 décembre à Rabat. Pour l’Algérie, le match était sans enjeu puisque qualifiée au prochain tour. Et pourtant...

Alors que le calendrier annonçait le passage à la nouvelle année, l’équipe nationale algérienne offre à ses supporters un beau cadeau : une victoire convaincante face à la Guinée équatoriale au Stade Prince Moulay El Hassan de Rabat. Les « Verts » s’imposent 3‑1, terminant la phase de groupes de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 en tête du groupe E et validant leur billet pour les huitièmes de finale.

Dès l’entame, l’Algérie impose son rythme. À la 19ᵉ minute, « Zineddine Belaïd ouvre le score à la suite d’une action collective parfaitement exécutée, mettant rapidement son équipe en confiance. »

 Moins de dix minutes plus tard, Farès Chaïbi double la mise, et quelques instants après, Ibrahim Maza porte le score à 3‑0 avant la pause. Une première période dominée de bout en bout qui illustre parfaitement la maîtrise tactique et technique des hommes de Vladimir Petković

En seconde période, la Guinée équatoriale réduit l’écart grâce à Emilio Nsue (50ᵉ), mais l’Algérie gère son avance avec intelligence, alternant possession et contre-attaques rapides, tout en neutralisant les rares occasions adverses. Avec ce succès, les « Verts » terminent la phase de groupes invaincus, affichant cohésion et confiance avant le prochain défi.

Ce dernier match de poule permet déjà de préparer le huitième de finale contre la République démocratique du Congo (RD Congo). Le duel est prévu le mardi 6 janvier 2026 à 17 h au Stade Prince Moulay El Hassan à Rabat, un stade désormais familier pour les supporters algériens. La RD Congo, finaliste malheureux de la dernière CAN, possède une équipe solide et dangereuse en contre-attaque. Les « Verts » devront allier maîtrise collective, efficacité offensive et rigueur défensive pour franchir ce cap et rester dans la course au titre continental.

Pour les supporters algériens, ce dernier jour de 2025 est doublement symbolique : un match maîtrisé qui conclut la phase de groupes et l’espoir d’un parcours prometteur pour 2026. L’équilibre entre jeunesse et expérience au sein de l’équipe nationale laisse augurer de belles performances dans la phase à élimination directe.

En attendant le coup d’envoi du huitième de finale, l’Algérie peut savourer cette victoire, signe que la route vers le titre continental reste ouverte et que la nouvelle année commence sous le signe de la victoire et de l’ambition.

Djamal Guettala

Elles ont disparu en 2025 : ces figures qui ont façonné l’État, l’économie, la culture…

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L’année 2025 a vu disparaître plusieurs personnalités dont les trajectoires, bien que différentes, ont profondément marqué l’Algérie contemporaine. Issues de la sphère politique, économique, culturelle ou sportive, elles ont contribué, chacune à sa manière, à façonner l’État, l’économie productive, l’imaginaire collectif et la mémoire nationale.

Parmi elles, certaines incarnent des pans structurants de l’histoire algérienne récente : l’État avec Sid Ahmed Ghozali et Ahmed Taleb Ibrahimi, l’économie nationale avec Hadj Hamitouche, la mémoire cinématographique avec Mohamed Lakhdar-Hamina, sans oublier des figures populaires du sport et de la culture.

Trois générations, plusieurs visions, un héritage commun, souvent discuté, parfois contesté, mais toujours structurant.

Sid Ahmed Ghozali (1937 – 2025) : un technocrate au sommet de l’État

Ingénieur de formation, diplomate et ancien Premier ministre, Sid Ahmed Ghozali appartient à cette génération de hauts responsables qui ont structuré l’État algérien après l’indépendance. Il a occupé plusieurs fonctions stratégiques, notamment à la tête de Sonatrach, avant d’être nommé chef du gouvernement au début des années 1990, dans un contexte de crise politique et institutionnelle aiguë.

Son passage à la primature s’inscrit dans une période de fortes tensions, où l’État cherchait à préserver sa cohésion face à une instabilité croissante. Ghozali incarne le profil du technocrate convaincu du rôle central des institutions et d’une gestion rationnelle des ressources nationales, au cœur d’un système alors sous pression.

Hadj Hamitouche (1946 – 2025) : un self-made man, symbole du capitalisme national

À rebours des trajectoires politiques ou culturelles, Hadj Hamitouche s’est imposé comme l’une des figures emblématiques du monde économique algérien. Issu d’un milieu populaire, il a bâti, par le travail et l’audace entrepreneuriale, un empire industriel et touristique fondé sur la production nationale.

Fondateur de la Laiterie Soummam, devenue une référence dans le secteur agroalimentaire, il a contribué à structurer une industrie locale compétitive, ancrée dans la qualité, l’innovation et le territoire. Son nom est également associé au développement du tourisme privé à travers la chaîne hôtelière Atlantis, illustrant une ambition économique tournée vers la valorisation des potentialités nationales.

Hadj Hamitouche incarnait une figure rare : celle de l’entrepreneur autonome qui  a incarné un modèle de capitalisme social, où la réussite économique d’une entreprise est indissociable du bien-être de sa communauté. Son action solidaire s’est articulée autour de trois piliers fondamentaux : l’urgence humanitaire, le développement local et le soutien à la jeunesse.

Son intervention durant la pandémie de Covid-19 reste l’exemple le plus frappant de son altruisme. Face à l’urgence respiratoire, il ne s’est pas contenté de dons financiers, mais a agi en véritable logisticien de la santé à travers l’acquisition et le financement de générateurs d’oxygène pour les hôpitaux.

Pour Hadj Hamitouche, la solidarité passait par la pérennité des moyens de subsistance. Il a instauré un écosystème où la laiterie Soummam servait de bouclier aux éleveurs ( reconstitution des cheptels, soutien direct à  ceux parmi ces derniers ayant perdu leurs bêtes lors de catastrophes naturelles.)

Le sport et la vie citoyenne étaient pour lui des vecteurs essentiels pour éloigner la jeunesse de l’oisiveté. Son influence s’est manifestée par : un soutien massif au sport : Sponsoring de nombreux clubs (Olympique d’Akbou, JSK, etc.), faisant de Soummam le premier partenaire du football algérien.

La figure de Hadj Hamitouche reste marquée par une profonde humilité. Bien qu’il ait été l’un des plus grands contributeurs privés à l’effort de solidarité en Algérie, ses actions étaient souvent menées avec discrétion, lui valant le respect unanime de la population et des autorités.

Ahmed Taleb Ibrahimi (1932 – 2025) : un intellectuel d’État, figure clivante

Moudjahid, intellectuel et plusieurs fois ministre, Ahmed Taleb Ibrahimi est décédé en octobre 2025 à l’âge de 93 ans. Figure centrale de l’Algérie post-indépendance, il a occupé des portefeuilles stratégiques — l’Éducation nationale, l’Information et la Culture sous Houari Boumediene, puis les Affaires étrangères sous Chadli Bendjedid — incarnant une élite dirigeante cultivée, idéologisée et profondément engagée dans la construction de l’État national.

Personnalité respectée mais clivante, il s’est distingué par un nationalisme affirmé et un ancrage idéologique arabo-islamique assumé, qui ont largement influencé ses positions politiques. Se revendiquant moderniste, il fut l’un des cadres du régime boumediéniste convaincus que la consolidation de l’État passait par une homogénéisation culturelle et linguistique rapide.

Il figura ainsi parmi les artisans d’une arabisation volontariste de l’école algérienne, pensée comme un instrument de souveraineté postcoloniale mais appliquée de manière souvent improvisée, avec des effets délétères  sur la qualité de l’enseignement et la cohésion identitaire. Cette « arabisation au rabais » demeure l’un des aspects les plus débattus de son héritage.

Sur le plan identitaire, son parcours connaîtra toutefois une inflexion tardive : Ahmed Taleb Ibrahimi finira par reconnaître explicitement la dimension amazighe constitutive de l’Algérie et la place légitime de tamazight dans l’échiquier linguistique national, opérant une forme de réévaluation de son propre héritage politique.

Mohamed Lakhdar-Hamina (1934 – 2025) : le cinéma comme mémoire nationale

Réalisateur de renommée mondiale, Mohamed Lakhdar-Hamina est décédé en mai 2025 à l’âge de 90 ans. Figure tutélaire du cinéma algérien, il demeure l’unique cinéaste  africain à avoir remporté la Palme d’or au Festival de Cannes, en 1975, pour Chronique des années de braise.

Son œuvre a hissé le cinéma algérien au rang de langage universel, en racontant l’histoire du peuple algérien à travers une écriture cinématographique ambitieuse, épique et engagée. Lakhdar-Hamina a fait du cinéma un outil de transmission historique et de construction mémorielle.

Djamel Menad (1961 – 2025)

Ancien international algérien et figure emblématique du football national, Jamal Menad s’est éteint en mars 2025 à l’âge de 64 ans. Attaquant talentueux, il fut l’un des visages marquants de la génération des années 1980, période faste pour la sélection nationale. Son nom reste associé à la JS Kabylie et à une vision combative et généreuse du football.

Beyouna (Baya Bouzar) (1952 – 2025)

Artiste et comédienne populaire, Biyouna est décédée en novembre 2025 à l’âge de 73 ans. Aimée pour sa spontanéité et son franc-parler, elle a marqué le théâtre, la télévision et le cinéma algériens par des rôles à la fois drôles, incisifs et profondément humains.Fouzi Saïchi, dit Remimès (1951 – 2025)

Connu du grand public sous le nom de Remimès, l’acteur Fouzi Saïchi s’est éteint en septembre 2025 à l’âge de 74 ans. Son jeu sobre et réaliste lui a permis d’incarner des personnages proches du quotidien des Algériens, faisant de lui un visage familier du cinéma et de la télévision nationale.

La fin d’une génération, l’épreuve de l’héritage

Le départ de ces figures en 2025 marque plus qu’une succession de disparitions. Il symbolise l’effacement progressif d’une génération qui a bâti l’Algérie dans ses institutions, son économie productive, ses performances sportives et son récit culturel.

La rédaction

Bilan 2025 : l’humanité en faillite…

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L’année 2025 s’achève sur un constat encore plus funeste que celui qui l’a précédée : des centaines de milliers de vies anéanties dans des conflits qui, pour beaucoup, auraient pu être évités. L’Ukraine et la Palestine incarnent tragiquement cette détresse. Une fois encore, les logiques économiques, militaires et géopolitiques ont prévalu sur la valeur de la vie humaine. Cette suprématie des intérêts sur l’humain s’est imposée avec une brutalité et une ampleur qui heurtent et ébranlent la conscience de notre époque.

Comment en sommes-nous arrivés à un tel degré de désensibilisation ? À ce point où l’on contemple, sur nos écrans, le carnage à ciel ouvert de Gaza ou de Kiev comme un simple flux d’images parmi tant d’autres. Des journalistes, appelons-les plutôt commentateurs complaisants, qui ont maintenu la même ligne éditoriale tout au long de ces conflits, s’acharnent à banaliser l’horreur, voire à la justifier, nous assénant quotidiennement leurs verdicts binaires. Pour la Palestine : Israël aurait le « droit de se défendre », la privation de nourriture de la population palestinienne constituerait une mesure légitime. Pour l’Ukraine : on fait croire qu’elle peut vaincre la Russie, prolongeant ainsi un conflit meurtrier. Dans les deux cas, la même logique : la faute des uns, l’innocence absolue des autres. Le premier conflit serait imputable aux seuls Russes, puisqu’ils auraient « attaqué ». Le second se réduirait au 7 octobre. Comme si ces guerres n’avaient pas d’histoire. Comme si l’on pouvait réécrire le passé en sélectionnant arbitrairement des dates-repères, effaçant tout ce qui précède pour mieux légitimer l’inacceptable.

À ces malheurs qui ont frappé le monde s’ajoutent l’ascension et la consolidation au pouvoir de figures extrémistes de premier plan. Le retour de Donald Trump à la présidence américaine, porté par la vague de l’extrême droite et à la tête de l’État le plus puissant au monde, a précipité une situation déjà catastrophique, institutionnalisant le cynisme et l’impunité comme principes de gouvernance et insufflant une folie supplémentaire à un ordre mondial déjà vacillant.

Cette année 2025, sans exagération, est la pire qu’ait connue notre génération, comme celle de millions de personnes à travers le monde. Elle aurait dû être un moment d’espoir et de célébration. Au lieu de cela, 2025 laisse derrière elle un sentiment de pesanteur et un goût amer. Le monde dit « civilisé », celui qui se réclame des Lumières, s’éteint en révélant un nouveau visage : une image qui restera, sans doute,  gravée dans l’histoire de l’humanité, celle de l’effondrement de ses propres valeurs. L’extermination de populations entières, femmes et enfants sans aucune distinction, la spoliation des terres, la famine organisée, la torture des prisonniers, voire le viol, le mépris affiché du droit international, le tout mené sous couvert d’un récit forgé par les sanguinaires et légitimé par une prétendue légalité internationale, dans l’indifférence quasi générale. Les principes humanistes proclamés en temps de paix se sont évanouis face aux intérêts géopolitiques.

En outre, l’irruption du monde numérique, déjà y a quelques années aurait pu incarner l’émancipation et le progrès et l’ouverture vers les autres. Au lieu de cela, ces technologies, nouvelles moyens de communications, ont eux aussi libéré la parole du diable, et censuré les paroles qui rassemblent et qui appel à la raison se sont muées en instruments de guerre et de surveillance, donnant naissance à une forme nouvelle de techno-populisme post-idéologique, fondé non pas sur les idées mais sur les algorithmes mis au point par les ingénieurs du chaos, comme le souligne Giuliano da Empoli dans son ouvrage Les Ingénieurs du chaos.

L’avènement de l’intelligence artificielle a porté cette dérive à un niveau inédit. En Palestine, Israël déploie des systèmes comme « Lavender » et « Gospel », des intelligences artificielles qui génèrent des listes de cibles et optimisent les frappes. Selon des témoignages d’anciens responsables militaires, ces algorithmes analysent des milliers de données pour désigner qui doit mourir, transformant l’assassinat en processus automatisé. Les drones Harop et les systèmes autonomes de surveillance font de Gaza un laboratoire à ciel ouvert pour la guerre algorithmique.

En Ukraine, les deux camps utilisent des drones kamikazes « intelligents », des systèmes de reconnaissance par IA, et des algorithmes de ciblage qui accélèrent le cycle décisionnel de la mort. Les populations civiles deviennent les cobayes involontaires de ces technologies létales. Et ce n’est là que le commencement : l’avenir recèle sans nul doute des catastrophes dont nous ne mesurons pas encore l’ampleur.

Si l’être humain a abdiqué son humanité dans ces conflits, l’intelligence artificielle n’est que le reflet amplifié de cette déchéance. La machine n’a pas d’âme : elle ne fait qu’exécuter, avec une efficacité redoutable, la volonté de ceux qui l’ont conçue pour tuer. S’impose ainsi un nouveau paradigme où la technologie, loin de rapprocher les peuples, perfectionne les moyens de destruction. Elle ajoute une strate supplémentaire de froideur et de déshumanisation à un monde déjà exsangue. Comme si l’humanité, au bord du gouffre, choisissait délibérément d’y verser le poison qui achèvera sa chute.

Il est important de rappeler que ce qui se déroule en Palestine a été qualifié de génocide par l’ONU, de nombreuses organisations de défense des droits humains et une large majorité de spécialistes. Il s’agit d’une campagne de massacres de masse d’une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine. Même après l’annonce d’un cessez-le-feu en octobre 2025, plus de 300 Palestiniens ont encore péri. Et l’on ose parler d’amélioration, simplement parce qu’auparavant, ce nombre de victimes tombait chaque jour.

Nous avons atteint ce point de désespoir où la mort de centaines d’êtres humains semble presque dérisoire. La tragédie s’est muée en routine, et notre cœur collectif, anesthésié par l’actualité médiatique et numérique, s’est dangereusement habitué à ces bilans macabres. Les bombardements se sont succédé à un rythme tel que l’on avait à peine le temps de commenter l’un qu’il était déjà éclipsé par le suivant, dans une spirale infinie qui a saturé la scène médiatique et cognitif, plongeant le monde dans un mélange de sidération et d’impuissance.

Pire encore, celles et ceux qui osent dénoncer cette horreur sont réduits au silence, emprisonnés, criminalisés. À force de nous imposer ce quotidien macabre, de normaliser l’innommable, l’empathie s’érode. Quelque chose d’essentiel, de profondément humain, se brise en nous.

L’année 2025 nous a fait assister à une course macabre, encore plus intense que l’année précédente, vers le plus sinistre des palmarès : qui aura exterminé le plus de vies, massacré le plus de populations, condamné à la famine le plus grand nombre ? Qui aura déployé le plus de mensonges, perfectionné l’art de la manipulation ? Cette compétition dans l’abomination rappelle cette sentence attribuée à Dostoïevski : « Rassurez-vous, l’enfer est assez vaste pour tout le monde ; cela ne mérite pas toute cette concurrence acharnée pour savoir qui d’entre vous sera le pire. »

Et de l’autre côté du gouffre, 2025 laissera également le souvenir de ceux qui ont persévéré dans leur contemplation passive, spectateurs complices de l’innommable. Car eux aussi ont abdiqué, au cours de cette année funeste, ce qui faisait d’eux des êtres humains. Entre ceux qui agissent et ceux qui observent en silence, la différence s’est réduite à néant.

Face à cette débâcle morale, une question lancinante s’impose : comment reconstruire ce qui a été détruit ? Comment retrouver cette humanité que nous avons collectivement abdiquée ? L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humanitaires laissent des cicatrices indélébiles, non seulement dans les corps mais dans les consciences. Pourtant, jamais auparavant l’effondrement n’avait été si méthodiquement documenté, diffusé, normalisé. Nous sommes les témoins d’une époque où l’horreur ne se cache plus dans l’ombre mais s’étale au grand jour, légitimée par des discours juridiques creux et des rationalisations géopolitiques.

Peut-être est-ce précisément là que réside notre ultime responsabilité : refuser cette normalisation. Refuser que les massacres et la famine deviennent une simple rubrique dans le journal du soir. Refuser que le décompte des morts se transforme en statistiques abstraites. Car si nous acceptons cet état de fait, si nous laissons cette anesthésie morale s’installer définitivement, alors 2025 ne sera pas seulement l’année de l’effondrement des valeurs humanistes — ce sera l’année où nous aurons consenti à notre propre déshumanisation, peut-être même aux prémices de la disparition de l’espèce humaine, menacée par la prolifération nucléaire et la folie des hommes. Ce bilan sombre laisse-t-il encore la possibilité d’inverser la trajectoire et de reprendre en main notre destin ? 

Avec une profonde tristesse en cette fin d’année, préservons malgré tout une étincelle d’espoir pour ceux qui y croient encore. Que 2026 apporte un soulagement à celles et ceux qui pleurent un père, une mère, un enfant, parfois une famille entière, assassinés et torturés par la prétendue supériorité du mal.

À ceux que l’on a dépossédés de leur terre et dont on a rasé leurs maisons. À ceux qui, en cet instant même, grelottent de froid sans toit ni pain. Puissent-ils retrouver ce que l’humanité leur a volé avec la complicité de nos silences : la dignité, la paix, un foyer…

Nabil Mati
Enseignant à l’Université Paris 
EHESS (Anthropologie) 

Séjour et naturalisation en France : ce qui change pour les étrangers en 2026

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Maîtrise de la langue française, examen civique, critères sociaux renforcés pour accéder à la nationalité : à compter du 1er janvier 2026, les conditions pour séjourner durablement en France vont encore se durcir pour les étrangers non européens. 

À partir du 1er janvier 2026, le parcours des étrangers non européens qui veulent s’installer durablement en France se complique nettement. La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » a durci les exigences en matière de maîtrise du français et d’« intégration républicaine » des primo-arrivants. Elle crée notamment un examen civique et relève le niveau de langue, qui sera par ailleurs sanctionné par un test, pour obtenir un titre de séjour de longue durée ou la nationalité française. Ces mesures sont mises en œuvre progressivement depuis 2025, mais c’est au 1er janvier 2026 que le dispositif sera pleinement opérationnel.

Un examen civique obligatoire 

Une nouvelle pièce s’ajoute au dossier à présenter à la préfecture : l’attestation de réussite à un examen civique. Bruno Retailleau, a signé le 10 octobre 2025, juste avant son départ du ministère de l’Intérieur, un arrêté qui en fixe le programme, les épreuves et les modalités d’organisation. À partir du 1er janvier, cette attestation sera exigée pour une naturalisation, mais aussi pour une première carte de séjour pluriannuelle autorisant un séjour stable de plusieurs années ou une première carte de résident (10 ans).

Ce test prend la forme d’un questionnaire à choix multiples (QCM) « portant principalement sur les principes et les valeurs de la République, les droits et devoirs liés à la vie en France, l’histoire, la géographie, la culture et le système institutionnel et politique de la France », indique le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Les candidats ont 45 minutes pour répondre à 40 questions. Et pour réussir l’examen, il faudra obtenir 80 % de bonnes réponses (soit 32 bonnes réponses minimum).

L’examen devra être passé dans des centres agréés avant le dépôt de la demande de titre de séjour ou de naturalisation. Il pourra être repassé « autant de fois que nécessaire » et ne sera demandé qu’à la première délivrance de la carte de séjour.  L’entretien d’assimilation en préfecture qui existait déjà est maintenu mais recentré sur l’adhésion aux valeurs de la République.

Un test de français et des cours dématérialisés

L’autre évolution majeure concerne le niveau de français. Avec la loi du 26 janvier 2024, on passe d’une logique d’obligation de moyens (suivre un nombre précis d’heures de formation) à une obligation de résultat. Il faut désormais réussir un examen officiel pour prouver ses compétences linguistiques. Les niveaux demandés sont par ailleurs relevés. Pour une demande de naturalisation, le niveau B2 (l’un des plus élevés) est requis, contre B1 auparavant ; pour une carte de séjour pluriannuelle, il faut attester du niveau A2 ; enfin, pour une carte de résident, le niveau B1 est exigé, alors qu’il était fixé à A2 précédemment.

« Cette évolution est une catastrophe, commente Marianne Bel, qui s’occupe des questions d’apprentissage du français à La Cimade, qui témoigne d’un afflux de demandes pour des ateliers de langue avant la fin 2025. La langue est un critère très discriminant.Pour la carte pluriannuelle, le fait d’exiger maintenant une réussite à un examen, et à l’écrit aussi, ça va être clairement un barrage pour énormément de monde, notamment pour les personnes non scolarisées. » La responsable souligne aussi que « le niveau B2 qui va être demandé pour la naturalisation, c’est le niveau qu’on demande aux étudiants à l’étranger pour pouvoir accéder à l’université ».

Pour justifier du niveau de langue, il faudra un diplôme français ou une attestation de test linguistique (type TCF/TEF/DELF) reconnu au niveau international. Attention aux arnaques avec des tests non agréés, prévient La Cimade.Je m’abonne

« Le gouvernement augmente les exigences d’intégration avec des tests qui pourraient être difficiles même pour des Françaisen réduisant les moyens pour y parvenir », notait en septembre Vincent Beaugrand, le directeur de France terre d’asile. Depuis le 1er juillet 2025, les cours de français prescrits par l’OFII aux titulaires d’un premier titre de séjour sont, pour l’immense majorité, dématérialisés via la plateforme Frello. Les cours en présentiel ne subsistent que pour un public très restreint de personnes allophones, très peu ou pas scolarisés. Fin août, la Cimade, le Secours catholique-Caritas France et la Fédération des centres sociaux et socioculturels ont saisi la justice pour contester le choix de dématérialiser l’offre de formation.

Qu’il s’agisse de l’examen civique ou du test de français, des aménagements sont prévus (temps supplémentaires, modalités adaptées) pour les personnes présentant un handicap ou un état de santé déficient chronique, sur présentation d’un certificat médical.Les personnes de plus de 65 ans qui prétendent à une carte de séjour pluriannuelle et à la carte de résident n’y sont pas soumises. Pour la naturalisation, l’administration met en avant la possibilité d’aménagements ou de dispenses au cas par cas pour l’évaluation linguistique lorsque l’état de santé le justifie, mais ne prévoit pas à ce stade une dispense générale liée à l’âge dans les textes de procédure.

Tour de vis sur la naturalisation

Au-delà du niveau B2 et de l’examen civique, la circulaire du 2 mai 2025, signée par Bruno Retailleau, durcit fortement les critères d’accès à la nationalité française par naturalisation. Désormais, le candidat doit justifier d’un emploi stable : contrat à durée indéterminée (CDI) d’au moins un an ou contrat à durée déterminée (CDD) couvrant deux années continues à la date d’examen du dossier. Mais aussi percevoir des ressources « stables et suffisantes », au moins au niveau du Smic et majoritairement d’origine française. Les personnes dont les revenus proviennent en grande partie de prestations sociales – ou de l’étranger – sont considérées comme ne satisfaisant pas les critères d’insertion professionnelle.

Dans les faits, cela peut exclure un grand nombre de profils précaires : travailleurs à temps partiel, intérimaires, personnes en contrats courts, et en particulier des femmes dont les revenus sont complétés par des prestations sociales.

Autre « filtre » : l’« exemplarité du parcours ». Les préfectures sont invitées à écarter largement les personnes ayant connu des périodes d’irrégularité de séjour, celles qui n’ont pas exécuté une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ou qui ont aidé au séjour irrégulier d’un tiers. La circulaire rappelle que la naturalisation n’est « pas un droit » mais une décision souveraine du gouvernement, et assume une ligne plus restrictive que celle des circulaires antérieures.

Le Pacte européen sur la migration et l’asile, autre tournant en juin 2026

Pour l’instant, rien ne change fortement pour les demandeurs d’asile en France. Mais d’ici quelques mois, une autre réforme majeure entrera en vigueur, à l’échelle européenne cette fois. 

Le Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté en 2024, commencera à s’appliquer à partir du 12 juin 2026 dans l’ensemble des États membres. 

Ce paquet législatif, composé de dix textes, vise à harmoniser le traitement des demandes d’asile et la gestion des frontières extérieures de l’Union européenne. La France devra donc appliquer ces nouvelles règles. Concrètement, pour les personnes qui demandent l’asile, il prévoit :

– une procédure commune européenne, avec des délais d’instruction limités à quelques semaines,

– un filtrage renforcé :toutes les personnes interceptées aux frontières subiront un screening en quelques jours (contrôles d’identité, de santé, de sécurité), leurs données biométriques (empreintes, photo, éventuellement données faciales) étant centralisées dans la base européenne de données biométriquesEurodac élargie.

– la généralisation de la pratique des procédures aux frontières où la demande est examinée avant toute entrée sur le territoire,

– la possibilité, pour les États, de choisir entre accueillir des demandeurs d’asile relocalisés ou contribuer financièrement à la solidarité européenne. La France devra préciser sa contribution dans un plan national de mise en œuvre.

Les ONG redoutent une « accélération des procédures au détriment des droits des personnes », notamment pour les publics vulnérables. En France, le gouvernement prévoit d’adapter le droit national au premier semestre 2026, avec la création de nouveaux centres dédiés aux procédures à la frontière.

Rfi

M. Tebboune, le sauveur de l’Algérie !

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M. Abdelmadjid Tebboune aime s’écouter disserter sur ses immenses exploits économiques. En guise de cadeau de fin d’année, il nous a ainsi ressassé dans son dernier discours devant un parlement bien sage qu’il a encore « sauvé » l’économie algérienne.

Si l’on en croit la parole presidentielle, l’Algérie va très bien. Elle fait pâlir de jalousie les plus grandes économies mondiales : croissance insolente, inflation domptée, salaires revalorisés, leadership africain assuré et une diplomatie qui fait trembler les puissants. Pourtant, dans la vraie vie, l’économie algérienne est liée au prix du baril de pétrole comme un pendu accroché à sa corde. Tout le reste n’est qu’enfumage​ à la petite semaine.

Une prospérité en trompe-l’oeil

À écouter M. Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie aurait enfin tourné la page de la dépendance aux hydrocarbures, bâtissant une économie « diversifiée et résiliente » qui n’a plus peur des tempêtes. Dans son discours, il enfile les mirages comme autant de vérités absolues. Las, les chiffres rappellent une vérité moins héroïque : l’essentiel des devises vient toujours du pétrole et du gaz, et la moindre secousse sur les cours internationaux suffit à faire trembler tout l’édifice. On maquille la rente en réussite industrielle, comme si repeindre un pipeline suffisait à en faire une usine.​ Mais il y a pire, la réussite de « la nouvelle Algérie » fait face à une conspiration mondiale qui lui envie ses exploits. Avec M. Tebboune, la paranoïa atteint son acmé.

Dans les déclarations officielles, on découvre que l’industrie nationale décolle. « Le secteur industriel contribue désormais à hauteur de 10% au produit intérieur brut (PIB) et nous ambitionnons de porter cette contribution à 13% », a-t-il soutenu sans trembler, précisant même que la couverture du marché national en médicaments produits localement a atteint 82%.

L’agriculture, elle, explose, l’export hors hydrocarbures s’envole donc, selon les chiffres avancés par le locataire d’El Mouradia. On se croit déjà dans le plein-emploi ! Piquez-nous qu’on se réveille ! Dans les faits, ces secteurs restent pourtant trop étroits pour absorber la main-d’œuvre, financer le budget et amortir un contre-choc pétrolier sérieux. Le chômage est toujours à deux chiffres, n’en déplaise à ceux qui arguent le contraire. On parle de milliers de projets, de zones industrielles, de start-up par centaines, mais le climat des affaires, les ukases contradictoires qui tombent d’en haut comme des missiles, la bureaucratie et l’instabilité des règles découragent encore nombre d’investisseurs.​ Pourquoi diable alors servir la Vérité à un parlement ébaubi et s’en encombrer ? Pour se donner une contenance sans doute et se convaincre de constructions imaginaires.

La générosité du tiroir-caisse

L’imprévisible M. Tebboune se vante de n’avoir imposé ni austérité ni cures d’amincissement budgétaire, tout en distribuant revalorisations de salaires, hausses de pensions et aides multiples. Politiquement habile, économiquement risqué comme équation pourtant. Cette fausse générosité repose sur la rente et non sur une productivité enfin réveillée. Elle est surfaite. À force d’acheter la paix sociale avec l’argent du sous-sol, on fabrique une société dépendante d’un trésor volatil dont personne ne maîtrise le prix.​

Dans les discours, le pouvoir d’achat grimpe, l’inflation recule, et tout va visiblement beaucoup mieux. Dans les foyers, la cherté de la vie, le chômage des jeunes et la précarité de l’informel racontent une tout autre histoire. Il y a pourtant bien loin entre l’Algérie décrite par le chef de l’Etat et l’Algérie réelle. Celle-là même que Tebboune ne connaît pas et n’a pas pour habitude de croiser puisque comme tout dirigeant imbu de ses pouvoirs inespérés, il se contente des avis de ses laudateurs patentés.

En réalité, quand M. Tebboune parle de transformation de l’Algérie, il faut y voir une fossilisation générale. Ses dernières déclarations relèvent moins du bilan que d’une propagande assumée : les chiffres sont favorables, les résultatsprometteurs. Ses conseillers relèguent les fragilités structurelles, voire les ignorent. Oui, certaines améliorations existent, mais elles tiennent davantage à un contexte énergétique porteur qu’à une révolution économique pilotée depuis le palais d’El Mouradia.

A la lumière de ses grandes réalisations donc, il lance : « Conformément à mes engagements, je continue à œuvrer avec la même détermination au service du vaillant peuple algérien et de la défense des intérêts du pays », a-t-il tonné devant les deux chambres du Parlement, au Palais des nations. Puis, il promet : « Ni les difficultés, ni les tentatives de perturbation de l’intérieur comme de l’extérieur, ne nous détourneront de nos objectifs ». Un hic parmi mille quand même : si tous les indicateurs sont au vert comme on nous rebat les oreilles, pourquoi les Algériens prennent d’incalculables risques pour fuir le pays, souvent en famille, dans des embarcations de fortune ?

Une observation tout de même. Aucune allusion bien entendu aux libertés souverainement bafouées, à la presse mise au pas, aux partis réduits à des faire-valoir. Les 250 détenus d’opinion qui croupissent dans les prisons ont dû suivre l’imbuvable discours de aamou Tebboune avec une colère rentrée. ​Il est vrai toutefois que le pouvoir, comme l’a expliqué Machiavel, n’est pas là pour plaire, mais pour se faire craindre. Et les droits ne s’octroie pas, ils s’arrachent. En l’espèce le renoncement est malheureusement manifeste.

Un dernier augure. Tout porte à croire que Tebboune va violer la Constitution en 2026 pour faire sauter le verrou des deux mandats et s’offrir, un 3e voire un 4e mandat, comme Fakhamatouhou Bouteflika, avant que celui-ci ne soit chassé comme un malpropre par une partie de l’armée suite à la pression populaire. Pour ne pas gâcher la bonne année à nos lecteurs, formulons le vœu que nous soyons démentis.

Hamid Arab

Batna : saisie de 150 kg de viandes impropres à la consommation et poursuites contre un commerçant

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Les services de la direction du commerce de la wilaya de Batna ont procédé récemment à la saisie d’une quantité importante de viandes impropres à la consommation, lors d’une inspection inopinée dans un commerce de détail de la commune de Batna. L’opération, inscrite dans le cadre des contrôles réguliers sur les produits alimentaires, visait à garantir la sécurité sanitaire des consommateurs et à lutter contre les pratiques commerciales frauduleuses.

Selon les informations communiquées par les autorités locales, les agents de contrôle ont constaté de graves manquements aux normes sanitaires. Les viandes et produits transformés présentés à la vente étaient altérés, tant par leur aspect que par leur odeur, ce qui constituait un risque direct pour la santé publique.

La quantité saisie a été estimée à environ 150 kilogrammes, comprenant 102 kg de viandes blanches et 22 kg de merguez, qui ont été transférés au parc zoologique de Batna. Cette mesure, conforme à la réglementation en vigueur, permet de valoriser les produits de manière sécurisée tout en empêchant leur réintroduction dans le circuit commercial.

Un procès-verbal a été établi à l’encontre du commerçant, ouvrant la voie à des sanctions administratives et judiciaires. Les infractions constatées peuvent entraîner des amendes, la fermeture temporaire ou définitive du commerce, et, en cas de récidive ou de mise en danger manifeste de la santé publique, des poursuites pénales.

Cette opération met en lumière l’importance des campagnes de contrôle et de surveillance menées régulièrement par la direction du commerce dans toute la wilaya. Les viandes, en tant que produits périssables, nécessitent un respect strict de la chaîne du froid et des conditions d’hygiène pour prévenir tout risque sanitaire. Les autorités rappellent également l’importance de la vigilance des consommateurs, qui peuvent signaler toute anomalie afin d’aider les services de contrôle à maintenir la qualité et la sécurité des denrées alimentaires.

La saisie de ces produits rappelle que la protection de la santé publique repose sur la combinaison d’un contrôle rigoureux et d’une sensibilisation constante, tant auprès des commerçants que des consommateurs. Elle souligne aussi le rôle essentiel des organes de contrôle dans la régulation du marché, la prévention des pratiques frauduleuses et la garantie de la qualité des produits alimentaires mis en vente.

Les autorités locales ont annoncé que les inspections se poursuivront tout au long de l’année, notamment dans les commerces alimentaires de proximité, afin d’assurer le respect des normes sanitaires et de renforcer la confiance des citoyens dans les produits commercialisés. Cette vigilance accrue constitue un signal fort à tous les opérateurs économiques : la santé du consommateur demeure une priorité absolue.

Mourad Benyahia 

Turquie : 357 personnes arrêtées dans une opération contre l’organisation Etat islamique

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Trois policiers ont par ailleurs été tués lundi au cours d’une opération contre l’Etat islamique à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie.

Un coup de filet contre l’Etat islamique. Les forces de l’ordre ont arrêté 357 personnes dans une opération menée dans 21 provinces contre l’organisation Etat islamique (EI), a annoncé mardi 30 décembre le ministre turc de l’Intérieur Ali Yerlikaya. « Nous n’avons jamais laissé la moindre chance à ceux qui tentent de mettre ce pays à genoux par le terrorisme », a affirmé le ministre sur X.

Trois policiers ont été tués lundi lors d’une opération contre l’EI à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie. Un affrontement qui a duré plusieurs heures entre la police et des membres de l’EI a éclaté à la suite de cette opération lors de laquelle six membres de l’EI, tous de nationalité turque, ont été tués.

Jeudi, le procureur d’Istanbul avait ordonné l’arrestation de 137 membres présumés de l’EI « à la suite de renseignements indiquant que l’organisation terroriste EI planifiait des attaques pendant les célébrations de Noël et du Nouvel An ». La Turquie, qui a une frontière de 900 km avec la Syrie, redoute des infiltrations de ce groupe jihadiste toujours actif chez son voisin.

Avec Francetvinfo/AFP

L’Algérie de Tebboune en mode réussite activé

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Tout va bien, les chiffres l’affirment, les institutions confirment. Reste à savoir ce qu’il advient d’un pays quand le réel n’est plus invité à la séance.

Il faut reconnaître une chose à Abdelmadjid Tebboune : il sait dresser des bilans qui ne rencontrent jamais d’obstacle. Devant le Sénat et l’APN, le pays devient un couloir interminable, propre, ciré. Chaque phrase avance sans jamais croiser le réel. Tout est réussite, tout est dynamique, tout est sous contrôle. Un discours prononcé devant des institutions qui ont perfectionné l’art rare de ne pas déranger.

La méthode est presque élégante : d’abord bénir un Parlement “revitalisé”, comme si la souveraineté naissait d’un vote bien rangé. Ensuite, dérouler les chiffres comme on déroule un tapis rouge sur une rue pleine de nids-de-poule et de dos d’âne. Investissements inédits, inflation en recul, industrie renaissante, logements par millions. Le pouvoir parle en quantités pour éviter de parler en responsabilités. Le nombre sert de rideau : derrière, il n’y a ni fond ni forme, ni emploi réel, ni dignité du quotidien. Le mirage suffit. La feuille Excel fait le reste.

Car ce discours n’est pas un échange. C’est une cérémonie. Le chef de l’Etat parle, les bancs acquiescent, et le peuple, convoqué comme figurant, écoute une réussite à laquelle il n’a jamais été invité autrement que par procuration. Six pour cent au premier mandat. Quinze ou vingt au second. Mais une légitimité gonflée à l’intonation, comme un ballon qu’on remplit à la tribune militaire. On sait d’où vient l’air, qui tient la pompe, et combien de temps ça tient : jusqu’au journal de vingt heures.

Les annonces tombent en rafale : 309 projets étrangers, 13 000 start-up, 1,7 million de logements, 80 % de médicaments, 15 000 exploitations agricoles.

À ce rythme, l’Algérie ressemble moins à un pays qu’à un tableau de bord qui a pris le pouvoir. Or un chiffre n’est pas une politique. C’est un paravent. Derrière les logements, encore des millions sur la paille. Derrière l’industrie, aucune chaîne de valeur lisible. Derrière les start-up, un désert réglementaire et bancaire si vaste qu’on pourrait y organiser un sommet… à condition d’avoir des invités. Quant aux gagnants, eux, connaissent déjà la prise. Ils savent où se brancher.

Et quand la question insiste, elle passe directement au tribunal de la morale : qui ne reconnaît pas est jaloux ou ingrat. Voilà la démocratie version brochure. Le désaccord devient un vice, le doute une trahison, la critique un défaut de patriotisme. On ne répond plus. On classe. On ne débat plus. On diagnostique.

Moment “humain”, minute de théâtre, l’aveu d’échec sur la viande. Unique fissure dans la fresque triomphale. Mais l’échec est livré sans auteur, sans système, sans architecture de responsabilités. Juste une interpellation morale aux acteurs du secteur, comme si l’économie obéissait à la pudeur et à la bonne intention. La crise devient un sermon : “soyez jaloux de votre pays”. Traduction : l’État a échoué, mais c’est votre faute de ne pas être assez vertueux. Un classique.

Le passé, lui, sert de paratonnerre permanent. Tout ce qui résiste aujourd’hui viendrait d’hier. L’ère précédente devient l’alibi universel : elle explique, absout, justifie. Pratique pour un pouvoir qui entame son deuxième mandat et continue de parler comme s’il était encore en train de découvrir le pays. À ce compte-là, demain, on expliquera les embouteillages par l’histoire, et les coupures d’eau par une météo d’archive.

À l’extérieur, le récit a moins de maquillage et plus de murs. On proclame l’intégration dans la “dynamique mondiale”, et le monde répond par des portes restées fermées. BRICS : refus. G20 : pas d’invitation, pas de table, pas même un verre d’eau à l’entrée. Sahara occidental : posture droite, effet qui s’émousse. Libye : “solution entre frères” pendant que le terrain se découpe sans nous. Tunisie : perfusion et grands mots. Sahel : fâcheries, incertitudes, voisins nerveux. Et les relations franco-algériennes, elles, suivent un calendrier plus intime que diplomatique : douleurs cycliques, crispations récurrentes, fièvre, trêve… jusqu’au prochain épisode. Un contentieux qui se renouvelle comme une ordonnance, avec deux capitales qui grimacent en même temps et font semblant d’être surprises.

Et là, surprise, presque au détour du réveillon, comme on glisse une facture sous une porte : on annonce qu’on va retoucher la Constitution. Déjà ! Pourquoi ? Comment ? Avec quel mandat populaire ? Silence. On laisse entendre que les deux chambres, supposées acquises, feront le reste. Le désir de l’enfant gâté, version institutionnelle : on change la règle parce qu’on tient le stylo.

Et comme si cela ne suffisait pas, on ressort la déchéance de nationalité : solution miracle, version tampon. Avec un seul passeport vert, on ne règle rien. On appelle ça gouverner. En réalité, on fabrique des apatrides et on mesure jusqu’où un peuple peut encaisser.

Le décor, lui, est prêt : opposition muselée, presse bâillonnée, et justice passée en mode réseau mobile. Une justice à la puce, au “passe-moi le numéro”. Ici, l’indépendance se mesure parfois en barres de réseau.

Ce discours ne cherche pas à convaincre. Il cherche à fermer la conversation, à dire que tout est déjà jugé, validé, applaudi. Pourtant, plus un pouvoir répète qu’il réussit, plus il révèle sa peur centrale. Celle qu’on lui demande enfin des comptes. Pas en slogans. Pas en chiffres. En légitimité.

Fin d’année terrible. Début 2026 imprévisible. Et au milieu, une certitude : tant qu’on gouverne par listes, le réel finira toujours par raturer la page.

Zaim Gharnati

CAN 2025 : le Nigeria poursuit sa route parfaite, la Tunisie et la Tanzanie en huitièmes

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Le Nigeria poursuit son parcours parfait à la Coupe d’Afrique des nations 2025. Après avoir battu la Tanzanie (2‑1) puis la Tunisie (3‑2) plus tôt dans la compétition, les Super Eagles ont une nouvelle fois confirmé leur supériorité en s’imposant (3‑1) face à l’Ouganda, lanterne rouge du groupe C, au Complexe Sportif de Fès. Avec trois victoires en trois matchs, le Nigeria termine en tête de sa poule et s’avance vers les huitièmes de finale avec confiance.

Derrière eux, aucun vainqueur dans le duel entre la Tunisie et la Tanzanie, mais deux équipes s’en sortent grandes. Les Aigles de Carthage et les Taifa Stars ont conclu leur match sur un score de parité (1‑1), assurant ainsi respectivement la deuxième et la troisième place du groupe C. Pour la Tanzanie, il s’agit d’une qualification historique, la première à ce stade de la compétition.

Les prochaines rencontres

Tunisie – Mali : Les Aigles de Carthage tenteront de poursuivre leur parcours face à un adversaire solide.

Tanzanie – Maroc : les Taifa Stars défieront le pays hôte, dans un match très attendu, symbole de leur ascension dans le football africain.

Nigeria – adversaire à confirmer : Les Super Eagles, leaders incontestés, attendent leur rival pour les huitièmes, forts de leur bilan parfait.

Avec ces qualifications, la phase à élimination directe s’annonce riche en émotions, entre la régularité exemplaire du Nigeria et les exploits historiques de la Tunisie et de la Tanzanie, promettant des matchs spectaculaires et intenses.

Djamal Guettala 

La zaouïa Shabia profanée : quand l’obscurantisme s’attaque à la mémoire d’Annaba

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La zaouïa Shabia, située à une trentaine de kilomètres d’Annaba, a été profanée. Tombes saccagées, sépultures brisées, pierres arrachées : les images diffusées ces derniers jours révèlent un acte d’une brutalité symbolique assumée. Ce qui a été visé n’est pas un simple site, mais un pan entier de la mémoire historique et spirituelle de la région.

Cette agression n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une logique idéologique portée par des courants influencés par le wahhabisme, connus pour leur rejet des pratiques soufies et de tout ce qui relève d’un islam enraciné dans l’histoire et la culture locales. Derrière un discours prétendument religieux, c’est une vision rigide, intolérante et profondément ignorante qui cherche à effacer ce qu’elle ne comprend pas.

La zaouïa Shabia n’est pourtant ni une anomalie ni un vestige marginal. Elle est l’un des témoins anciens de la présence soufie dans la région d’Annaba. Pendant des générations, elle a été un lieu d’enseignement, de transmission et de médiation sociale. Comme tant d’autres zaouïas en Algérie, elle a contribué à structurer la vie locale, à diffuser le savoir et à préserver un héritage fondé sur la tolérance, la sagesse et le lien social.

Il ne s’agit pas ici de défendre le soufisme en tant que doctrine religieuse, ni d’imposer une lecture spirituelle particulière. La question est ailleurs. Ce qui est attaqué, c’est le droit d’une société à conserver sa mémoire, à protéger ses repères historiques et à refuser qu’une idéologie importée se substitue à des siècles d’histoire vécue. Le soufisme, qu’on y adhère ou non, fait partie intégrante du paysage religieux et culturel algérien. Le combattre par la destruction est une violence faite à l’histoire elle-même.

Le plus inquiétant demeure le silence qui entoure cet acte ignoble. L’absence de réaction ferme des autorités locales et des institutions chargées de la protection du patrimoine interroge. L’État, qui affirme dans ses discours le respect de la liberté de culte et la protection des traditions religieuses, est aujourd’hui directement interpellé. Identifier les auteurs, les poursuivre en justice et restaurer le site ne relèvent pas du symbolique, mais d’une responsabilité politique et morale.

Ce qui s’est produit aux portes d’Annaba n’est pas un fait divers. C’est un signal d’alarme. Lorsque des lieux de mémoire ou de piété sont détruits dans l’indifférence, c’est l’ensemble du patrimoine national qui se trouve fragilisé. La zaouïa Shabia, aujourd’hui meurtrie, rappelle avec force que la défense de la mémoire est aussi un combat contre l’obscurantisme, l’effacement et la falsification de l’histoire.

Mourad Benyahia