3 avril 2025
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Gaza : Netanyahu menace d’un «Plan de l’enfer»

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Gaza

Israël a mené des frappes dans la bande de Gaza et menace de lancer une opération baptisée « Plan de l’enfer ». Élaboré par le gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahu, ce plan comprend également la suspension de l’aide humanitaire.

C’est déjà le cas depuis hier, dimanche 2 mars. Mais aussi d’arrêter l’approvisionnement en électricité à Gaza et le déplacement vers le sud des populations tout juste rentrées dans le nord. Ce plan prévoit aussi une reprise des combats à grande échelle.

« Dès qu’ils le peuvent, les Israéliens mettent un coup de pied dans le processus de trêve en espérant tout faire capoter », explique une source diplomatique. De nouveau, Gaza compte ses morts et ses blessés. Frappes dimanche 2 et lundi 3 mars à Khan Younès, mais aussi des tirs à Rafah. C’est dans ces régions du sud de l’enclave qu’Israël souhaite – encore une fois – envoyer la population gazaouie. Un nouveau déplacement forcé.

Trois phases

L’accord signé par Israël et le Hamas en janvier 2025 devait être mis en œuvre en trois phases : la première a bien eu lieu avec l’arrêt des combats, la libération de 33 otages israéliens contre quelque 1 700 détenus palestiniens. Mais encore le retrait partiel des troupes israéliennes de Gaza, et le retour des populations déplacées dans le nord.

Netanyahu soutenu à fond par Washington

La deuxième phase devait débuter en ce mois de mars. Elle prévoit en théorie la libération du reste des otages, et doit mener à l’arrêt définitif de la guerre, qui conduira à la phase trois et à la reconstruction de Gaza.

C’était sans compter sur Benyamin Netanyahu, qui semble disposer de tout le soutien de Washington. Il affirme avoir reçu de la nouvelle administration américaine toutes les munitions qu’il souhaitait, et qui étaient bloquées par l’administration précédente. Ce lundi, Downing Street appelle à ne « pas bloquer » l’aide humanitaire.

«Les otages d’abord, le Hamas ensuite»

« Les otages d’abord, le Hamas ensuite ». C’est ce que réclame le Forum des familles d’otages qui s’inquiète des répercussions sur leur proches des mesures prises par Israël : le blocage de l’aide humanitaire et une éventuelle reprise des combats.

Les familles d’otages craignent la reprise des combats, écrit le correspondant de Rfi à Jérusalem. Et, hier soir c’est une des plus importantes manifestations de ces derniers mois qui s’est déroulée face à la résidence de Benyamin Netanyahu à Jérusalem et également à Tel Aviv. Sur les pancartes arborées par des manifestants on pouvait notamment lire : « Le gouvernement aurait pu vous sauver. Mais il a préféré choisir la voie  de la vengeance ». Le Forum des familles d’otages demande la poursuite de l’accord conclu avec le Hamas.

Des  négociations pour une seconde phase de cet accord et idéalement le retour en une fois de tous les otages restants. Dans une déclaration, les représentants des familles expriment leur désespoir et leur exigence de voir les otages rapatriés sans délais.

D’après le décompte israélien en tout, ils sont 59 toujours retenus à Gaza dont 35 sont présumés ne plus être en vie. Quatre des otages récemment rapatriés en Israël s’envolent aujourd’hui pour Washington pour rencontrer Donald Trump à la Maison Blanche, à l’invitation de ce dernier.

RFI

Ligue 1 Mobilis : USMA-ESM délocalisé au stade Nelson-Mandela de Baraki  

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Foot

Le match USM Alger-ES Mostaganem, initialement programmé le jeudi 6 mars au stade olympique du 5 Juillet, pour le compte de la 19e journée du championnat de la Ligue 1 Mobilis , a été délocalisé au stade Nelson-Mandela de Baraki (22h), a annoncé la Ligue de football professionnel (LFP), dimanche dans un communiqué.

Le stade du 5 Juillet a abrité plusieurs matchs depuis le début de la saison, toutes compétitions confondues, d’où la décision de le préserver en vue des prochaines rencontres.

L’USMA, qui reste sur une défaite concédée jeudi en déplacement face au MC El-Bayadh (2-1), dans le cadre de la 18e journée, occupe la troisième place au tableau, en compagnie de la JS Kabylie, avec 29 points chacun.

De son côté, la formation de Mostaganem reste sérieusement menacée par le spectre de la relégation, occupant la 14e place, aux côtés du NC Magra, avec 17 points.

APS

Tunisie : le procès d’opposants pour « complot » contre l’État s’ouvre mardi

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Kais Saied
Kais Saied

Le procès de plusieurs figures emblématiques de l’opposition au président Kaïs Saied s’ouvre ce mardi en Tunisie, dans le cadre d’accusations de « complot contre la sûreté de l’État ». Kaïs Saied mène une lutte implacable contre les voix dissidentes.

La Tunisie s’enfonce dans un système dictatorial. Une quarantaine d’individus, issus de divers courants politiques, sont poursuivis, dont des responsables de partis, des avocats, des figures médiatiques, ainsi que des militants de la société civile. Parmi les personnalités les plus en vue figurent Issam Chebbi, leader du parti Al Joumhouri, le juriste Jawhar Ben Mbarek, et Abdelhamid Jelassi, ancien dirigeant d’Ennahdha. À ces figures s’ajoutent des militants comme Khayam Turki et Chaïma Issa, l’homme d’affaires Kamel Eltaïef, ainsi que Bochra Belhaj Hmida, ex-présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), actuellement en exil en France. Même l’intellectuel français Bernard-Henri Lévy est accusé dans cette affaire.

Les charges qui pèsent contre ces opposants sont lourdes et incluent des accusations de « complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État » ainsi que d’« adhésion à un groupe terroriste ». Des accusations qui, selon leurs avocats, reposent sur des bases fragiles, notamment de faux témoignages.

Ces personnes risquent des peines de prison sévères, allant jusqu’à la peine capitale dans certains cas. La plupart des inculpés ont été interpellés lors de vagues d’arrestations en 2023, que le président Kaïs Saied avait qualifiées de « lutte contre les terroristes », mais que l’opposition et les organisations de défense des droits humains considèrent comme une répression politique.

La mise en scène judiciaire de ce procès intervient dans un contexte de plus en plus tendu depuis le coup de force de Saied en 2021, lorsqu’il s’est octroyé les pleins pouvoirs et a suspendu la constitution démocratique issue de la révolution de 2011, marquant ainsi un virage autoritaire.

Ce tournant a conduit à des accusations croissantes de régression des droits et libertés dans un pays qui fut l’un des fers de lance du « Printemps arabe ». L’opposition politique, ainsi que des ONG, dénoncent depuis lors une « répression systématique » et un « harcèlement judiciaire » visant à éliminer les voix dissidentes.

Jawhar Ben Mbarek, l’un des accusés, a dénoncé, dans une lettre adressée à la presse, cette répression comme un moyen de « démanteler méthodiquement » l’opposition.

L’avocate de Ben Mbarek, Dalila Msaddek, a qualifié l’accusation de son frère d’un « dossier vide » sans fondement, basé sur des témoignages mensongers. Ce procès est perçu comme un instrument de répression politique destiné à museler toute forme d’opposition et à détruire les voix critiques du régime. Les familles et avocats des accusés critiquent également la décision des autorités judiciaires de tenir les procès à distance, par visioconférence, ce qui a été qualifié d’« inacceptable » par les défenseurs des droits humains.

Ahmed Néjib Chebbi, un autre opposant historique et frère du leader politique Issam Chebbi, a insisté sur l’importance de garantir un procès équitable, où les accusés doivent pouvoir comparaître en personne. Selon lui, les conditions actuelles du procès font de cette procédure un exemple de « folie judiciaire ».

En parallèle, Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahdha, a récemment été condamné à 22 ans de prison pour des accusations similaires, dans un autre procès symbolique, après la dissolution du parlement par Saied. Cette série de condamnations soulève des interrogations sur l’état de droit en Tunisie et sur la politique de répression exercée par le président Saied contre ses adversaires.

Les critiques internationales se sont également intensifiées. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme a exprimé sa profonde inquiétude concernant la « persécution des opposants » en Tunisie, dénonçant des accusations floues et étendues, souvent lancées contre ceux qui exercent leurs droits fondamentaux. En réponse, le gouvernement tunisien a rejeté ces accusations et affirmé que les personnes visées par ces poursuites avaient été inculpées pour « des crimes de droit public » sans lien avec leur engagement politique ou médiatique. Selon le ministère des Affaires étrangères, la Tunisie, par ses démarches, pourrait « donner des leçons » à ceux qui critiquent son système judiciaire.

Dans ce contexte, le procès de ces opposants représente un tournant décisif dans la crise politique tunisienne, illustrant l’aggravation de la répression à l’encontre de l’opposition sous le régime de Kaïs Saied. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une véritable « chasse aux sorcières » qui fragilise les fondements de la démocratie tunisienne, et pour exiger la libération des prisonniers politiques et la fin de la répression.

Rabah Aït Abache

Tebboune s’en prend au prochain sommet du Caire sur la Palestine

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Tebboune
Abdelmadjid Tebboune remet une couche sur la colonisation

Abdelmadjid Tebboune boude le prochain sommet arabe sur la question palestinienne. L’Algérie se contentera d’envoyer son ministre des Affaires étrangères. L’information est rendue publique par l’agence officielle APS, sans citer, étrangement, nommément la source.

Tebboune n’est pas satisfait de la préparation de ce sommet. Pas seulement, il se plaint que la question palestinienne soit devenue l’apanage d’une poignée de pays arabes que sont l’Egypte, l’Arabie saoudite, le Qatar et les Emirats arabes unis. Bien entendu, la source anonyme ne cite pas ces pays. Il manquerait plus que ça pour accentuer l’isolement de l’Algérie sur le plan arabe aussi !

Pour autant, le chef de l’Etat, le fait dire publiquement à travers un communiqué mais sans pour autant assumer que cela vient de la présidence. a choisi de ne pas assister personnellement au sommet arabe d’urgence prévu en Égypte le 4 mars, une décision qui traduit son profond mécontentement quant à la manière dont cette réunion a été préparée.

Coup de canif au sommet !

Selon des sources bien informées, cette absence est une critique directe du processus d’organisation du sommet, que Tebboune considère comme biaisé et excluant une partie des pays arabes. Il a ainsi chargé Ahmed Attaf, ministre d’État et chef de la diplomatie algérienne, de représenter l’Algérie lors de cette rencontre.

Abdelmadjid Tebboune déplore une approche qu’il juge déséquilibrée et contraire aux principes de solidarité qui devraient guider les pays arabes face à la question palestinienne. Selon lui, la préparation du sommet a été accaparée par un cercle restreint d’États qui ont imposé leur vision, sans consultation élargie avec les autres nations arabes, pourtant toutes concernées par la cause palestinienne. Cette manière de faire, estime-t-il, est une rupture avec l’esprit d’unité arabe et risque d’affaiblir la défense des droits du peuple palestinien.

L’Algérie, qui a toujours milité pour une approche inclusive et collective sur cette question, voit dans cette marginalisation un dangereux précédent, avertit cette source. Pour Tebboune, il est inacceptable que le soutien à la Palestine devienne le monopole de certains pays au détriment d’autres, alors que cette cause devrait être le ciment de l’unité arabe. Cette division orchestrée par certains acteurs arabes risque, selon lui, d’affaiblir encore davantage le front commun face aux défis existentiels qui menacent le projet national palestinien.

La posture critique de l’Algérie s’inscrit dans la continuité de son engagement historique en faveur de la Palestine. Depuis son accession au Conseil de sécurité de l’ONU, Alger s’est fait le porte-voix des droits du peuple palestinien, refusant toute instrumentalisation politique de cette cause sacrée. La source ne rappelle pas que cet engagement au sein de l’ONU n’a produit aucun effet sur le terrain. Tebboune regrette l’état actuel du monde arabe, marqué par des fractures internes et des manœuvres qui desservent la solidarité régionale. Il dénonce une gestion opaque et partiale de ce sommet, qui, au lieu de renforcer les rangs arabes, risque d’accentuer les divisions et de fragiliser davantage la défense des droits palestiniens sur la scène internationale.

En boycottant cette réunion, le chef de l’Etat veut par cette déclaration envoyer un signal fort : l’Algérie refuse d’être complice d’un processus qui compromet l’unité arabe et affaiblit la cause palestinienne. Son absence est un acte politique visant à dénoncer une approche sélective et à rappeler l’urgence d’un véritable consensus entre les pays arabes. Dans un contexte où la Palestine fait face à des menaces existentielles, Tebboune estime que l’heure n’est pas aux calculs politiques étroits, mais à une solidarité sans faille.

Le fait n’est pas nouveau. L’Algérie a été écartée, depuis de nombreuses années, du premier cercle de négociations sur la question palestinienne. Seuls une poignée de pays arabes négocie avec le Hamas et Israël. Les mêmes qui ont gardé des canaux de communication avec l’Etat hébreu. Au final, cette prise de position publique pourrait isoler l’Algérie encore plus que ce qu’elle est actuellement. 

Yacine K.

Le Labyrinthe des âmes : là où les livres préservent la mémoire

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Librairie

Il existe des lieux qui ne se contentent pas de subsister, mais qui incarnent l’essence même de la culture et du savoir. Des espaces où le temps semble suspendu, où le silence se fait écho d’une pensée infinie, et où chaque livre, qu’il soit ouvert ou fermé, porte en lui les traces des voix et des regards qui l’ont parcouru.

La librairie Le Labyrinthe des âmes, fondée et dirigée par Mourad Reghi, est l’un de ces lieux uniques, véritable sanctuaire de la mémoire littéraire.

Au cœur de la ville de Batna, au 48 rue Boussehla Amor, cité Hippodrome, Le Labyrinthe des âmes se dresse modestement, mais résolument comme un phare culturel. Ce n’est pas une simple librairie ; c’est un espace où chaque livre, chaque ouvrage, raconte une histoire qui dépasse son auteur et son époque.

Ici, les allées sont un véritable labyrinthe de réflexion, et chaque étagère une fenêtre ouverte sur un univers de pensées et de voix. Les pages vibrent d’une chaleur rare, les mots prennent vie et deviennent les messagers d’un héritage collectif qui ne se perd pas. Ce lieu devient un refuge pour ceux qui cherchent bien plus qu’un ouvrage, mais une clé d’accès à une autre forme de compréhension du monde.

Ce qui distingue Le Labyrinthe des âmes, c’est la richesse et la diversité de son catalogue. En arabe, en français et en tamazight, les livres s’y entremêlent, neufs ou anciens, classiques littéraires ou publications contemporaines. La librairie abrite des trésors littéraires oubliés, des ouvrages disparus, ces classiques qui ont façonné l’histoire littéraire mais qui, pour diverses raisons, ont échappé au temps.

Que ce soit des écrits d’auteurs emblématiques, des livres rares ou des éditions épuisées, chaque livre qui repose sur les étagères de cette librairie est un témoignage vivant du patrimoine littéraire, et de l’indispensable mémoire collective.

Mourad Reghi, plus qu’un simple libraire, est un véritable passeur de culture. Lecteur passionné, il incarne un guide éclairé, attentif aux besoins de chaque visiteur. Il sait que le livre n’est pas qu’un objet à vendre, mais un moyen de transmission, un vecteur de réflexions et de découvertes. Son expertise s’étend aussi bien aux grandes œuvres de la pensée occidentale qu’aux sagesses orientales, en passant par les écrivains oubliés ou négligés. Chaque visiteur, qu’il cherche une œuvre classique ou un ouvrage inédit, trouve ici un lieu où sa quête trouve son aboutissement. Mourad Reghi connaît la richesse des pensées qui traversent les siècles et sait que, parfois, un livre se révèle être un voyage dont on ne revient pas indemne.

Et dans ce lieu, chaque génération trouve son bonheur. Les jeunes chercheurs de sens découvrent des auteurs contemporains qui leur parlent avec une voix neuve et incisive, tandis que les générations plus âgées plongent dans les classiques littéraires qui ont façonné leur culture. Qu’il s’agisse des grands auteurs francophones ou des écrivains arabes et amazighs, chaque visiteur, quel que soit son âge ou ses attentes, trouve ici un espace où sa curiosité et ses passions peuvent s’épanouir pleinement. Le Labyrinthe des Âmes devient ainsi un carrefour entre les époques et les générations, où chacun peut se reconnecter à l’histoire et à la culture tout en poursuivant son propre voyage intellectuel.

Dans un monde où la rapidité et l’éphémère dominent, Le Labyrinthe des Âmes incarne une forme de résistance culturelle. Cet espace devient une halte dans un monde en perpétuel mouvement, un lieu où la réflexion se fait lente mais profonde. Ceux qui franchissent le seuil de la librairie n’emportent pas simplement un livre : ils emportent avec eux un éclat d’idée, une réflexion nouvelle, ou parfois même une vérité redécouverte. Et, pour ceux qui se perdent dans ses allées, il est rare qu’ils en ressortent sans avoir redéfini un peu de leur propre regard sur le monde.

Car une véritable librairie ne se contente pas de vendre des livres. Elle accueille les âmes errantes et leur offre un espace où elles peuvent se retrouver, se nourrir et se régénérer. Le Labyrinthe des âmes est l’âme de la librairie par excellence, un sanctuaire où le passé et le présent se rencontrent, où chaque livre devient une lumière guidant le lecteur vers une nouvelle compréhension. Dans ce lieu, chaque ouvrage, chaque rayon, chaque coin devient un univers en soi, une invitation à se perdre pour mieux se retrouver.

Guettala Djamal

Tebboune n’ira pas au sommet arabe sur la Palestine : un boycott révélateur des fractures intra-arabes

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Tebboune

Abdelmadjid Tebboune a décidé de ne pas assister personnellement au sommet arabe extraordinaire sur la Palestine, organisé en Égypte, ce mardi 4 mars. Il a chargé le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, de représenter l’Algérie aux travaux de cette réunion.

Cette décision intervient dans un contexte de contestation du processus préparatoire du sommet, que l’Algérie estime biaisé et exclusif.

Un sommet préparé dans l’opacité ?

D’après l’Agence de presse algérienne, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, s’est indigné de la manière dont ce sommet a été organisé, dénonçant une approche sélective qui a exclu plusieurs pays, dont l’Algérie. « Comme si le soutien à la cause palestinienne était devenu l’apanage exclusif de certains », rapporte l’agence, mettant en cause un manque de coordination avec l’ensemble des pays arabes concernés.

L’Algérie, qui a toujours revendiqué un rôle central dans la défense des droits palestiniens, s’est particulièrement investie dans cette cause lors de son mandat actuel au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce rôle actif aurait pu justifier une implication plus directe d’Alger dans la préparation de ce sommet. Mais, les organisateurs ont fait le choix de limiter la concertation à un groupe restreint d’États, ce qui interroge sur les motivations réelles derrière cette mise à l’écart.

Une exclusion dictée par les dynamiques géopolitiques actuelles ?

Ce choix s’inscrit dans un contexte où la question palestinienne est de plus en plus monopolisée par un cercle restreint de pays arabes, sous l’influence des dynamiques géopolitiques actuelles au Moyen-Orient, largement façonnées par l’administration américaine et l’influence de la politique de Donald Trump.

Plus que jamais engagé dans le processus de normalisation des pays de la région du Moyen-Orient avec Israël, l’administration Trump n’entend pas remettre en cause ces accords et a continué d’appuyer les efforts de certains pays arabes pour maintenir un dialogue pragmatique avec Israël. 

Dans ce contexte, l’Algérie, qui prône une ligne intransigeante sur la question palestinienne, peut être perçue comme un élément perturbateur dans certaines stratégies diplomatiques régionales.

Selon la présidence algérienne, la préparation du sommet a été accaparée par un groupe restreint de pays, alignés sur une vision dictée par des intérêts externes, reléguant ainsi la concertation arabe à l’arrière-plan. 

Cette approche, héritée de la stratégie de l’administration Trump, vise à restructurer l’ordre régional en fonction des priorités américaines et israéliennes, au détriment des principes fondateurs du soutien à la cause palestinienne.

Le communiqué officiel exprime l’indignation du président Tebboune face à cette marginalisation de certaines nations arabes, affirmant que le soutien à la Palestine ne saurait être le privilège de quelques-uns, mais une responsabilité collective du monde arabe.

L’Algérie rappelle qu’elle a toujours prôné une unité des rangs arabes et un engagement sincère pour la cause palestinienne, loin des calculs politiques imposés par des acteurs extérieurs. La déclaration souligne que le projet national palestinien fait face à des menaces existentielles accrues, nourries par les accords et normalisations orchestrés sous l’égide de Washington, qui visent à redessiner le Moyen-Orient en fonction d’intérêts géostratégiques qui arrangent l’État d’Israël.

Rabah Aït Abache

Crise diplomatique algéro-française : un document secret révèle une politique de restriction ciblée

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Macron Tebboune

Les tensions entre l’Algérie et la France connaissent un nouveau rebondissement après l’expulsion de l’épouse de l’ambassadeur algérien au Mali à son arrivée sur le sol français. Un document très confidentiel révèle une politique de restriction ciblée visant les dirigeants algériens.

Le renvoi par les autorités françaises de la femme de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, révélé par une dépêche de l’agence d’informations officielle APS, est perçu comme un acte de provocation par Alger, prendra, certainement, une dimension encore plus grave avec la révélation par La Tribune du dimanche d’un document secret du ministère de l’Intérieur français détaillant une série de mesures restrictives à l’encontre de l’Algérie et de ses élites.

Un document classé « très confidentiel »

Publié par La Tribune du dimanche, ce document de trois pages, estampillé « très confidentiel », aurait été rédigé sous l’autorité du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, connu pour ses positions dures envers l’Algérie. Il détaille une stratégie d’escalade diplomatique visant à restreindre l’accès à la France des élites politiques, économiques et militaires algériennes.

Le document évoque plusieurs mesures au caractère restrictif et destinées à mettre plus de pression sur les autorités algériennes. 

Parmi celle-ci, une réduction drastique des visas accordés aux personnalités algériennes, notamment les hauts fonctionnaires et hommes d’affaires., inscription de certaines figures influentes du régime  sur une liste de « personnes indésirables » en France, restrictions de déplacement pour les responsables militaires et économiques algériens, suspension des activités de compagnies aériennes et maritimes algériennes en France et, enfin,  renforcement des contrôles aux frontières, avec une surveillance accrue des voyageurs algériens.

Le document précise que cette politique impliquerait plusieurs ministères français, notamment l’Intérieur, les Affaires étrangères, les Finances et les Transports. Il évoque également la possibilité de convoquer les consuls algériens en France pour leur rappeler les obligations d’Alger en matière de rapatriement de ses citoyens, conformément à un accord bilatéral de 1994.

Un ciblage des influenceurs algériens en France

Un autre point sensible du document concerne les influenceurs algériens résidant en France, que le ministre considère comme une menace potentielle pour la sécurité nationale. Un cas précis est mentionné : celui d’un influenceur dont l’Algérie aurait refusé le retour malgré son passeport algérien, ce que le document interprète comme un manque de coopération d’Alger dans la gestion de ses ressortissants.

Une affaire qui relance les tensions diplomatiques

Cette révélation de La Tribune du Dimanche renforcera les soupçons de l’Algérie, qui accuse Bruno Retailleau d’être l’architecte d’une politique de confrontation avec Alger.
 L’affaire de l’épouse de l’ambassadeur algérien au Mali, expulsée de France malgré son passeport diplomatique et ses garanties financières, s’inscrit désormais dans un contexte plus large de durcissement des positions françaises.

Selon l’Agence de presse algérienne, ce geste est une provocation délibérée et un manque de respect des accords bilatéraux, notamment celui de 2013 qui exempte les détenteurs de passeports diplomatiques de l’obligation de visa.

Le ministère algérien des Affaires étrangères a révélé que deux autres personnalités titulaires de passeports diplomatiques ont récemment été interdites d’entrée en France. Dans un premier cas, Paris avait évoqué une « erreur administrative », mais le deuxième incident, encore non résolu, fait l’objet d’une demande d’explication officielle.

Réactions en Algérie : vers un durcissement de la position d’Alger

L’affaire suscite une forte réaction en Algérie, où plusieurs personnalités politiques appellent à une réponse ferme. Abdelaziz Ziari, ancien président de l’Assemblée nationale (2007-2012), a déclaré qu’il refuserait désormais d’utiliser son passeport diplomatique pour entrer en France en signe de protestation.

Dans une interview au journal El Khabar, Abdelaziz Ziari estime que les autorités algériennes devraient prendre des mesures pour empêcher toute tentative de chantage à travers ces restrictions. Il a également dénoncé la dépendance psychologique de certains responsables algériens à l’égard de la France, qu’il considère comme un obstacle à une politique étrangère souveraine.

Donneur de leçons devant l’éternel, Abdelaziz Ziari (79 ans), ancien ministre FLN ayant également présidé aux destinées de l’APN ne dit pas s’il va obliger plusieurs membres de sa famille dont ses enfants installés depuis longtemps en France de quitter le territoire d’un pays qu’il a vilipendé en des termes insultants. Ils sont en effet nombreux ces pontes du régime qui ont un pied à Paris et un autre à Alger, tout en se piquant d’être plus nationalistes que le reste des Algériens.

Quelle réponse de l’Algérie ?

Face à cette escalade, l’Algérie pourrait durcir sa position vis-à-vis de la France. Plusieurs analystes estiment que le pays pourrait à son tour réduire les facilités accordées aux officiels français, voire réévaluer les accords bilatéraux. Est-ce seulement possible ?

Si jusqu’ici l’Algérie s’est abstenue de prendre des mesures radicales, la publication de ce document classé très confidentiel pourrait accélérer la rupture entre les deux États. L’avenir des relations franco-algériennes semble plus incertain que jamais.

Samia Naït Iqbal

Zelensky ridiculisé pour avoir dit la vérité ?

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le président ukrainien Volodymyr Zelensky
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky

L’incident diplomatique qu’il y a eu à la Maison-Blanche pendant le passage de Zelensky en révèle beaucoup sur le nouveau gouvernement des États-Unis.  

L’extrait d’une dizaine de minutes de la fin de la rencontre le 28 février entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky, celui américain, Donald Trump et son vice-président, JD Vance, a tourné en boucle sur la plupart des médias internationaux, causant des remous diplomatiques un peu partout sur la planète.

Avant que les échanges ne deviennent plus musclés, on y entend le président américain défendre sa politique sur l’Ukraine dont les arguments ressemblent fortement à ceux de la Russie. Trump y affirme pourtant qu’il n’est pas aligné sur Poutine, mais plutôt sur le monde et l’Europe bien qu’il mène actuellement une guerre tarifaire avec une bonne partie des pays qui étaient considérés comme alliés des États-Unis avant le 20 janvier dernier.

JD Vance insiste alors pour intervenir et dire que pendant quatre ans, Joe Biden, le président des États-Unis affirmait que Poutine avait envahi l’Ukraine et avait détruit une partie du pays. Selon lui, le chemin pour la paix et la prospérité est de s’engager plutôt dans une résolution diplomatique du conflit.

Volodymyr Zelensky prend par la suite la parole et décrit ce que son pays a dû souffrir sous l’invasion russe qui a commencé en 2014 et n’a pas cessé depuis malgré une longue période de moindre intensité entre 2014 et 2022, stressant que personne jusqu’à maintenant n’a été capable d’arrêter Poutine qui brise les cessez-le-feu, malgré le fait qu’il signe des documents qui spécifient l’arrêt des hostilités et l’échange de prisonniers. Zelensky pose alors à Vance la question qui mettra le feu aux poudres : de quel genre de diplomatie JD parlez-vous?

Le vice-président répond alors avec arrogance que c’est le genre de diplomatie qui va arrêter la destruction de l’Ukraine et que c’était irrespectueux de venir dans le bureau ovale et de plaider sa cause devant les médias américains, décrivant par la suite ce qu’il considérait être les problèmes que vivent les Ukrainiens. Incapable de dire quand il avait été en Ukraine pour y constater ces problèmes, Vance donne plusieurs arguments déjà relevés par la propagande russe.

Trump entre alors dans la conversation et parle d’une manière condescendante à Zelensky, affirmant qu’il n’est pas dans une bonne position et n’a pas de carte dans son jeu, disant du même coup qu’il les aurait s’il signait l’entente avec les États-Unis.

La situation passe alors de l’humiliant au dégradant, le président américain imitant de manière ridicule Zelensky et rejetant sur les démocrates américains la mauvaise opinion que le monde a de Poutine, précisant que le dirigeant russe a beaucoup souffert de ces accusations dont il n’était aucunement responsable.

Répondant à une question d’un journaliste, Trump continue en affirmant que si Poutine a brisé ces cessez-le-feu dans le passé, c’est qu’il n’avait pas de respect pour les présidents américains antérieurs tandis qu’il en avait pour lui et qu’il croyait que ce dernier ne le ferait plus pour cette raison.

La fin de la rencontre est encore pire et Trump sort des arguments de vente sous-pression disant que si Zelensky ne signe pas l’entente sur les minéraux critiques, les États-Unis ne fourniront plus d’aide, que les Ukrainiens devront se battre sans et qu’il pense que ce ne sera pas beau.

« Vous n’avez pas les cartes, mais quand nous aurons signé cette entente, vous serez en bien meilleure position. » Il précise encore de manière condescendante que Zelensky ne semblait pas avoir de gratitude pour ce qu’on fait les États-Unis pour son pays et que ce n’était pas une bonne chose à ses yeux. Le président américain met ensuite fin à la rencontre.

La délégation ukrainienne serait donc repartie précipitamment par la suite sans signer l’entente voulue par les Américains. Les invectives et l’attitude condescendante de Trump et Vance semblent donc liées directement à l’insistance de Zelensky à rétablir les faits au sujet de ce qui se passait actuellement en Ukraine et des garanties de sécurité qu’il voulait.

Les conclusions que l’on pourrait tirer de cette partie de la rencontre seraient que le gouvernement des États-Unis utilisait les mêmes arguments que Poutine et allait lâcher l’Ukraine, allant en ce sens jusqu’à demander une part des ressources du pays sans pour autant s’impliquer dans sa sécurité face à la Russie.

Comme tout cela a été mis en onde ou sur internet en direct par plusieurs médias et diffusé partout dans le monde, les dirigeants européens ont pu voir de leurs yeux l‘attitude absolument scandaleuse et irrespectueuse que le président ukrainien, considéré par plusieurs comme un héros résistant courageusement à une invasion, à du subir aux mains des plus hauts dirigeants des États-Unis.

Ceux qui avaient encore des illusions sur la voie qu’avait prise ce pays depuis l’arrivé en poste de l’administration Trump, ne peuvent plus se cacher la tête dans le sable et devront prendre rapidement des décisions pour se protéger des dangers qui les guettent, provenant de ce qui a toutes les allures d’être actuellement pour beaucoup d’entre eux un ancien allié.

Michel Gourd

Des fuites révèlent la stratégie musclée de Bruno Retailleau contre l’Algérie

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Bruno Retailleau

Alors qu’Emmanuel Macron, en déplacement au Portugal, avait appelé à l’apaisement entre Paris et Alger, repoussant les « jeux politiques » et qualifiant de « ridicules » les échanges par voie de presse, un nouveau regain de tension apparaît ce week-end.

Le journal La Tribune publie une note secrète du ministère de l’Intérieur revendiquant la nécessité d’engager un rapport de force avec les autorités algériennes.

La fuite intervient moins de 48h après les déclarations d’Emmanuel Macron, considérées comme un camouflet pour le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Dans cette note de trois pages, censée être hautement confidentielle, les services de l’Intérieur exposent la stratégie pour tordre le bras à Alger : restriction massive de visas, en priorité pour l’élite politique, économique et militaire du pays, contrôles renforcés des liaisons maritimes, convocation des consuls généraux algériens.

Dossiers sensibles

Mais aussi remise en cause de dossiers éminemment sensibles comme l’indemnisation des essais nucléaires menés par la France en Algérie. Un « changement de posture » nécessaire explique le texte, face « aux vexations et entraves soigneusement mises en scène par Alger », en particulier l’action d’influenceurs algériens sur les réseaux sociaux, qualifiée de « menace directe à la sécurité. »

Retailleau vs Barrot ?

Une manière de placer dans le débat public français les propositions défendues par Bruno Retailleau, pas vraiment partisan des conciliabules diplomatiques prônés par son collègue des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

La position du Quai d’Orsay semble pour l’instant avoir les faveurs d’Emmanuel Macron, au moins dans sa volonté de ne pas outrageusement mettre en scène la dispute entre les deux pays.

Avec RFI

L’épouse d’un ambassadeur algérien refoulée par Paris

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PAF
La police des frontières refoule la femme de l'ambassadeur d'Algérie au Mali.

La femme de l’ambassadeur d’Algérie au Mali a été interdite d’entrer sur le territoire français, rapporte l’APS.

Dans une dépêche, l’agence officielle rapporte que les services de la police des frontières françaises ont refoulé l’épouse de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, en lui interdisant l’entrée sur le territoire français. La même source avance que cette femme a été refoulé « sous le prétexte qu’elle n’avait pas d’argent ».

Et pourtant l’épouse du diplomate était en règle, elle a présenté son certificat d’hébergement, un document d’assurance et la carte de crédit de son époux, ajoute l’APS.

La même source s’enflamme et souligne que cette interdiction « est la provocation de trop de ce ministre de l’intérieur, conseillé par ses amis intimes. Les choses sont désormais claires, ce ministre de l’intérieur qui fait de l’Algérie son seul et unique programme a décidé de jouer la carte de la rupture avec l’Algérie sur le dos de son président ».       

L’Algérie qui est victime de ce double langage au sommet de l’Etat français ne peut plus rester les bras croisés et va prendre toutes les mesures de riposte qu’impose cette situation, estime encore l’APS.

La rédaction

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