La loi criminalisant la colonisation est en contradiction avec les Accords d'Evian, selon Benjamin Stora.
Adoptée mercredi dernier par l’Assemblée populaire nationale, la loi algérienne portant sur la criminalisation de la colonisation française relance le débat mémoriel entre Alger et Paris. Dans un entretien accordé à RFI, l’historien Benjamin Stora décrypte un texte qu’il juge avant tout politique et symbolique, dans un contexte de gel du dialogue mémoriel franco-algérien.
La loi votée par les députés algériens affirme l’imprescriptibilité des crimes de la colonisation et pose les excuses officielles de la France comme préalable à toute réconciliation mémorielle. Pour Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire coloniale et coprésident de la commission mixte algéro-française sur la mémoire, cette démarche ne saurait toutefois être interprétée comme une traduction juridique immédiate.
Selon lui, le texte relève principalement d’une stratégie de positionnement politique et symbolique. « La question des excuses devait être l’aboutissement d’un long travail mémoriel engagé ces dernières années », rappelle-t-il, soulignant que ce chantier — amorcé notamment à partir de son rapport remis en 2021 — s’est interrompu depuis près de deux ans.
Les excuses, un horizon désormais lointain
Dans ce contexte, la perspective d’excuses officielles de la France apparaît peu probable à court terme. Benjamin Stora met en cause la dégradation du climat politique en France, marquée par la montée en puissance de l’extrême droite, hostile à toute reconnaissance des exactions commises durant la période coloniale. Cette évolution contribue, selon lui, à figer le dialogue et à éloigner toute avancée mémorielle substantielle.
Un texte en contradiction juridique avec les accords d’Évian
Sur le plan du droit, l’historien pointe une contradiction entre la loi algérienne et les accords d’Évian de 1962. Signés par les deux parties, ces accords prévoyaient explicitement l’absence de poursuites pénales pour les faits commis durant la guerre d’indépendance. L’affirmation actuelle de l’imprescriptibilité des crimes coloniaux traduit ainsi moins une rupture juridique qu’un déplacement du débat vers le terrain politique et symbolique.
La revendication inédite des réparations financières
Autre nouveauté du texte : la demande d’une indemnisation financière complète et équitable pour les dommages causés par la colonisation. Une revendication inédite dans le discours officiel algérien. Benjamin Stora se montre toutefois réservé quant à sa faisabilité, rappelant l’absence, à ce jour, de juridiction internationale susceptible d’imposer de telles réparations à la France, et l’impossibilité d’en établir un chiffrage consensuel.
Essais nucléaires : un terrain possible de coopération
Sur un volet plus opérationnel, la loi algérienne réclame la transmission des cartes précises des essais nucléaires français menés dans le Sahara dans les années 1960. Sur ce point, Benjamin Stora estime qu’un geste français serait envisageable. Il rappelle que des experts français ont à plusieurs reprises sollicité l’accès aux sites concernés afin d’évaluer les effets sanitaires et environnementaux sur les populations civiles. À ce jour, aucune commission internationale indépendante n’a toutefois pu mener de telles investigations sur le terrain.
Une commission en suspens, un savoir à partager
La commission mixte algéro-française sur l’histoire et la mémoire, coprésidée par Benjamin Stora et l’historien algérien Mohamed Larbi Zegidi, s’est réunie pour la dernière fois en mai 2024, trois mois avant la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Un choix diplomatique qui a contribué à fragiliser davantage le dialogue bilatéral.
Si l’avenir institutionnel de la commission demeure incertain, Benjamin Stora insiste sur l’essentiel : la circulation des savoirs et la coopération intellectuelle ne doivent pas s’interrompre. Au-delà des crispations politiques, l’historien rappelle que les jeunes générations, en Algérie comme en France, expriment une forte demande de compréhension de cette histoire partagée — seul terrain, selon lui, où un dialogue mémoriel durable reste encore possible.
Présenté récemment à Varèse en Italie , le film Algérie, sections armes spéciales, réalisé par Claire Billet, a donné lieu à des échanges marquants entre la chercheuse Lina Leyla Abdelaziz et l’historien Christophe Lafaye,
Le documentaire Algérie, sections armes spéciales, réalisé par Claire Billet, s’est imposé comme un révélateur brutal des impensés mémoriels qui continuent de structurer les relations franco-algériennes. Présenté récemment à Varèse en Italie , le film a donné lieu à des échanges marquants entre la chercheuse Lina Leyla Abdelaziz et l’historien Christophe Lafaye, autour de la question des crimes coloniaux et de leur difficile reconnaissance dans l’espace public français.
Une sortie sous tension diplomatique
Sorti en mars 2025 en France, le film intervient dans un contexte de crise diplomatique sans précédent entre Paris et Alger. Sa déprogrammation sur France 5, officiellement justifiée par la priorité donnée à l’actualité en Ukraine, a suscité de nombreuses interrogations. Pour Lina Leyla Abdelaziz, cette décision s’inscrit dans un climat plus large, marqué par ce qu’elle qualifie de « passé qui ne passe pas ».
Cette déprogrammation fait écho à la polémique déclenchée par les propos du journaliste Jean-Michel Aphatie, qui avait évoqué les crimes de la conquête coloniale en les comparant aux massacres d’Oradour-sur-Glane. Le tollé provoqué par cette comparaison a mis en lumière une hiérarchisation persistante des victimes et une difficulté française à reconnaître pleinement la violence exercée contre les populations algériennes.
Un travail mémoriel encore entravé en France
Malgré l’existence de travaux historiques solides sur la conquête et la guerre de libération — notamment ceux de Sylvie Thénault ou Raphaëlle Branche —, Lina Leyla Abdelaziz constate que ces recherches peinent à irriguer l’espace public français. Cette absence de transmission freine l’avancée d’un travail mémoriel indispensable entre les deux pays.
À l’inverse, le documentaire a été accueilli avec un vif enthousiasme en Algérie : diffusion sur l’ensemble des chaînes de télévision, nombreux articles de presse, débats publics. Ce décalage de réception entre les deux rives de la Méditerranée révèle la profondeur d’une relation historique faite de violences, mais aussi d’échanges, de métissages et de coopérations culturelles et scientifiques.
Assia Djebar et la mémoire des enfumades
Pour éclairer cette fracture mémorielle, Lina Leyla Abdelaziz s’est appuyée sur L’Amour, la Fantasia d’Assia Djebar, œuvre dans laquelle la romancière et historienne entrecroise son rapport intime à la langue française et l’histoire de la conquête de l’Algérie.
Dans le chapitre consacré aux enfumades du Dahra, Djebar restitue, à partir d’archives et de témoignages, l’extermination de la tribu des Ouled Riah en 1845, asphyxiée dans une grotte sur ordre du général Pélissier. Hommes, femmes, enfants, vieillards et troupeaux y périrent dans une scène d’une violence extrême, consignée jusque dans les rapports militaires.
D’une grotte à l’autre : Dahra et Ghar Ouchettouh
Prenant la parole à son tour, Christophe Lafaye a établi un lien direct entre les enfumades du XIXᵉ siècle et les révélations contemporaines sur Ghar Ouchettouh, où plus de 118 personnes ont trouvé la mort lors d’un épisode lié à l’usage d’armes chimiques pendant la guerre de libération nationale.
Alors que l’enfumade du Dahra avait suscité de vives protestations au Parlement français en 1845, la révélation de Ghar Ouchettouh se heurte aujourd’hui à un mur de silences. « Qui pour s’indigner de ces morts ? Qui pour soutenir celui qui cherche un père ou un frère dans les décombres ? », interroge l’historien, posant une question centrale : la France a-t-elle perdu le sens de son humanité commune ?
Face à ces silences, Christophe Lafaye affirme avoir choisi, en tant qu’historien, « le camp de l’humanité ». Avec la réalisatrice Claire Billet, il multiplie les projections du film, dans de grandes salles comme dans des lieux plus modestes, dans des universités ou des espaces alternatifs, afin d’aller à la rencontre du public français. « La France a besoin de ce miroir », affirme-t-il.
Il évoque également un moment vécu dans les Aurès lors du tournage : interrogé sur ce qu’il attend désormais de la France, un témoin ayant perdu son père répond simplement : « La vérité ». Ce mot, chargé d’émotion, résume à lui seul l’enjeu du film et du travail collectif mené autour de lui.
Dépasser les clivages hérités de la colonisation
Si le documentaire rencontre un tel écho, c’est aussi parce qu’il refuse de rejouer les oppositions figées entre ancien colonisateur et ancien colonisé. Le travail mené s’appuie sur une collaboration transnationale où la nationalité n’est pas au centre du questionnement, mais où prime le respect de la dignité des témoins et la recherche rigoureuse de la vérité historique.
Pour Christophe Lafaye, cette démarche traduit un basculement générationnel. Une génération qui tente de se détacher des stéréotypes et des représentations héritées du conflit colonial, et qui œuvre, des deux côtés de la Méditerranée, à un travail scientifique et citoyen commun.
Cet équilibre reste toutefois fragile, soumis à la politisation des enjeux mémoriels. Pour qu’il puisse perdurer, il exige liberté académique, accès aux archives et espace d’expression. La question demeure ouverte : en France comme en Algérie, les sociétés sont-elles prêtes à laisser œuvrer celles et ceux qui cherchent, simplement, la vérité ?
Des chutes de neige affecteront, jeudi et vendredi, plusieurs wilayas du Centre et de l’Est, indique un Bulletin météorologique spécial (BMS), émis par l’Office national de météorologie.
De niveau de vigilance «Orange», le BMS concerne les wilayas de Bouira, Tizi Ouzou, Bejaia, Bordj Bou Arreridj et M’sila, dont les reliefs dépassent les 1200 m d’altitude où l’épaisseur de la neige est estimée entre 10 et 15 cm, et ce, de jeudi à 21h00 à vendredi à 12h00, précise la même source.
Les wilayas de Sétif, Batna et Khenchela, dont les reliefs dépassent les 1200 m d’altitude, sont également concernées par les chutes de neige, avec une épaisseur estimée entre 10 et 15 cm, vendredi de 03h00 à 15 h00, selon la même source.
Il est assez difficile de contenir une vérité historique, si elle s’impose d’elle-même. Beaucoup de nos illustres dramaturges ne sont plus de ce monde afin d’apporter la contradiction tant attendue, et le peu d’écrits les concernant n’apporte pas suffisamment de réponse à la question si Luigi Pirandello (1867-1936) a été d’un quelconque apport au théâtre algérien.
C’est ce qu’a tenté une récente thèse universitaire, datant de 2020 et dont le jury est composé, entre autres, de l’écrivain Amin Zaoui, qui a tenté de savoir si le dramaturge sicilien avait influencé M’hamed Benguettaf (1939-2010) dans sa pièce La Répétition (1994). Cette belle aventure de sémiotique théâtrale version arabisée n’avait abouti qu’à une mécanique de collage pour enfants et non à un travail de recherche académique.
Selon ce texte, bien que entaché de travestissements discursifs islamistes, c’est Ahmed Benaïssa (1944-2022) qui a fait découvrir à Benguettaf la pièce Six personnages en quête d’auteur, propos s’appuyant sur une lettre manuscrite du comédien remise à l’auteure de la thèse.
Carte du Parti national fasciste de Pirandello.
Des propos qui n’intéressent qu’une certaine paléographie d’un mysticisme qui nous éloigne de tout académisme historique. Un Benguettaf qui semblerait ignorer l’existence d’un tel texte, cela semble bien être de la fourberie à la Molière. Pire encore, Pirandello, soutient cette thèse, s’est introduit dans le texte de feu Benguettaf par le biais de la technique du théâtre dans le théâtre que la thèse universitaire estime être le fondement même de la dramaturgie de l’auteur italien. Quelques années auparavant, on entendait dire la même chose pour le théâtre d’Abderrahmane Kaki (1934-1995) par un « spécialiste » bien arabiste du théâtre algérien.
Libre à chacun de se situer aux frontières de la politique étrangère d’État, mais non au point de falsifier des questions qui relèvent du débat dramatique tout juste, afin de plaire aux seigneuries du théâtre national. Durant les quelques occasions où nous avons eu à rencontrer certains de nos illustres dramaturges, dont Abdelkader Alloula du temps où il était directeur des théâtres au ministère de la Culture ou encore Azzeddine Medjoubi (1944-1995), comme directeur du Théâtre régional d’Annaba, le nom de Luigi Pirandello n’était que sommairement cité, presque éloigné de toute adaptation ou inspiration théâtrale pour la scène algérienne.
Le répertoire du Théâtre national atteste bien du choix de nos dramaturges, hommes et femmes, qui ont puisé dans l’héritage littéraire russe – pour l’essentiel – et ne s’intéressent qu’à une partie de celui du rivage italien. C’est ainsi que nous trouvons la présence des « trois Carlo » Gozzi, Collodi et Goldoni qui ne quittaient presque pas la bouche de nos artistes et dramaturges. Il y avait presque un attachement religieux à cet héritage italien des 18ᵉ et 19ᵉ siècles. Luigi Pirandello est bien mis en attente.
La seule réaction qui nous est restée à l’esprit est celle de notre feu grand ami, Boubakeur Makhoukh (1954-1998), qui disait qu’il ne s’intéressait pas trop à Pirandello parce que c’est un auteur réactionnaire. Venant d’un tel comédien et dramaturge, il y a lieu de réinitialiser son savoir artistique et culturel pour mieux réfléchir à la question. En évoquant Makhoukh, c’est aussi se rappeler les premières textures de la pièce Hafila Tassir, adaptée d’une nouvelle de l’Égyptien, Ihssan Abdulkadus que Benguettaf et la troupe de Masrah El- Kalaâ (troupe de La Citadelle) ont portée sur scène. Entre Makhoukh et Benguettaf, il y avait de l’amitié certes, mais avec quelques intempéries orageuses d’artistes.
Mais à aucun moment nous n’avons entendu prononcer le nom ou un texte du dramaturge italien. Cette figure marginale des lettres européennes, vénérée dans la seule péninsule italienne, un oublié depuis 1980 aux Amériques, vient d’être indexée tout récemment dans un ouvrage de Piero Meli, Luigi Pirandello « Je suis fasciste » (2021). Un écrit qui met de l’ordre dans le parterre dramatique italien, L’écrivain sicilien traduit bien une obscure fascination pour la violence qu’il considère comme « un pouvoir purificateur de la société ». Nous lisons dans ce texte de Meli que l’art de Pirandello aborde le chaos comme forme esthétique et que le monde ne peut être qu’à travers le point de vue de l’individu.
En acceptant les 700 000 lires que lui avait offertes Mussolini pour son Théâtre d’art de Rome, Pirandello s’engageait dans un combat bien désespéré pour cette liberté du seul individu. Rejetant tout romantisme, toute sensualité, pour la seule glorification « d’une mystique Italie du passé, héroïque et autoritaire ».
Le réactionnaire Pirandello est l’expression même d’un théâtre de la mentalité fragmentée. Celle de l’exploration sans fin d’un héroïsme pathétique du justicier solitaire qui n’arrive pas à mettre une limite à son exploitation psychologique. Nous citerons l’exemple de son roman, Un, aucun et cent mille (1925) un texte écrit durant 15 années et publié un an après sa déclaration d’allégeance au fascisme. Le roman illustre tout à fait « les antagonismes qui nourrissent la complexité de son œuvre » (Piero Meli). Il a toujours glorifié la violence sans jamais la pratiquer, à la différence de son contemporain Gabriele D’Annunzio (1863-1938). Pirandello se suffisait du seul statut du « pantin démesuré vêtu de cérémonies militaires » (Meli).
Le figurisme bien familial de Pirandello
Le dramaturge est fasciné par un grand-père qui organisa à Palerme l’insurrection anti-Bourbons en 1846, un père qui combattait auprès de Garibaldi contre ces mêmes Bourbons et enfin, ses oncles qui ont combattu auprès de Garibaldi jusqu’à la prise de Naples, pour une unification italienne bien théâtrale !
Il est peut-être compréhensible que l’ouverture d’un tel débat en Italie soit bien tardif, même si le climat politique, tant à Rome que dans le monde, s’y prête. C’est un retard accumulé par la critique littéraire italienne vis-à-vis de l’une de ses figures artistiques, qui aggrave tout au plus la lutte idéologique dans un pays que l’on considère comme un réel pontificat du renouveau fasciste mondialisé. Bien que Piero Meli précise qu’il avait refusé « les interprétations réactionnaires du fascisme de Pirandello données par Sciascia, Camelieri et Alvaro (…). Pirandello, en revanche, était fasciste jusqu’au bout des ongles ; il l’était avant même d’adhérer au parti, et il ne l’a jamais été par opportunisme. Je ne partage pas cet avis ; les faits parlent d’eux-mêmes », écrit-il.
Un livre bien documenté qui reconstitue des faits, sans préjugés, mettant de côté toute interprétation personnelle en étayant des arguments inédits et des épisodes encore inconnus de la critique officielle italienne, il demeure une des rares voix qui apporte la contradiction nécessaire à ce qui a été longtemps considéré comme une controverse littéraire.
Cette lecture argumentée d’archives personnelles du dramaturge italien, conforte tout à fait les dires de notre regretté ami qui fut, tout au long de son existence, un inconditionnel anticonformiste sur les questions du 4ᵉ art dans son pays. Pompeusement mis en scène en France, le théâtre de Pirandello doit beaucoup à cette France qui la traduit, sous la plume de Benjamin Crémieux et mise en scène en son temps, par Charles Dullin et Georges Pitoëff et de sa femme Ludmila. Mais c’est une tout autre France qui a de suite réagi à son théâtre de la négation sociale. La France progressiste a bel et bien condamné le fascisme du dramaturge sicilien et de 1924 jusqu’à son décès en 1936, Pirandello reçut les salves nécessaires tant du côté des « gauchistes » que de ceux du courant réformateur au sein du mouvement communiste français à cette époque.
Sous la signature des Bolcheviks, nous pouvons lire dans L’Humanité du 6/1/1926 que Pirandello est « un arriviste et un intrigant qui s’est rallié au fascisme pour pouvoir briguer les honneurs officiels et faire de bonnes recettes et être sacré par la presse fasciste le plus grand auteur dramatique de tous les pays et de tous les temps, rien que ça ! ».
Après que la machine politique fasciste a porté Il Duce au pouvoir dès 1922, l’enthousiasme de Luigi Pirandello est sans bornes. Même après le lâche assassinat du politicien socialiste Giacomo Matteotti par le groupe d’Amerigo Dumuni, il choisit la voie de publier dans la presse, une Lettre ouverte à Mussolini où il dira clairement que « Je sens que le moment est plus propice pour moi. Si Votre Excellence me juge digne de rejoindre le Parti national fasciste, je considérerai comme le plus grand honneur de devenir l’un de vos plus humbles et plus obéissants disciples. Avec une dévotion absolue ».
Dans l’hebdomadaire Le Monde, du 6 décembre 1934, que dirigeait Henri Barbusse, Nicolas Ferretti constate sous le titre de « Luigi Pirandello » : Poète amer du scepticisme », que le serment de fidélité de Pirandello à Mussolini est dû à cette profonde pensée qui animait l’écrivain dans son art même qui ne s’oppose nullement dans son essence au fascisme. Il n’avait pas à le faire puisque son seul centre d’intérêt est que le monde ne s’exprime qu’à travers le psychologique. L’article de Ferretti parait au moment où le Sicilien recevait son prix Nobel que Mussolini n’approuvait pas tellement.
Dans Chacun sa vérité, les personnages pirandelliens se moquent des hommes qui cherchent les faits. « Pour moi, déclare l’un d’eux, la réalité ne réside pas dans ces documents, elle réside dans l’âme de ces deux êtres ». C’est sur cette trame que l’ensemble de l’œuvre de Pirandello se dresse pour nous faire dire qu’il n’y a aucune vie réelle ou sociale qui animerait l’ensemble de notre existence, mais bien nos réactions psychologiques qui nous identifient au monde dans lequel nous vivons. Par ce subjectivisme littéraire, Luigi Pirandello évite toute confrontation politique et gagne l’estime de cette bourgeoisie italienne qui, après sa faillite économique, a déroulé le grand tapis rouge à l’accession du fascisme au pouvoir.
Même si le mouvement fasciste italien n’avait pas à exploiter directement l’œuvre de Pirandello, notait encore Nicolas Ferretti, l’œuvre de l’écrivain sicilien exprimait bien le mouvement intérieur d’une classe sociale qui allait mourir et elle devait au fascisme pour qu’elle survive. Pirandello était là pour alimenter sa satisfaction nihiliste en aliénant son Moi. C’est pour cette raison qu’il a été éloigné de la réalité de la scène dramatique en Algérie.
Dans Le sabre et le code, Farid Zafrane, avocat, docteur en droit et chercheur en géopolitique, analyse la manière dont la colonisation française a utilisé le droit comme instrument de domination.
De l’esclavage codifié par le Code noir au régime d’exception du Code de l’indigénat, il montre comment la violence militaire, incarnée par le sabre, s’est toujours accompagnée d’un appareil juridique destiné à la légitimer. Dans cet entretien, il revient sur la genèse de son ouvrage, la continuité entre le droit colonial et certaines pratiques contemporaines, ainsi que sur la nécessité de décoloniser le droit et de reconnaître les traditions juridiques des sociétés colonisées. Un dialogue éclairant sur l’histoire du droit, la mémoire coloniale et les enjeux de justice contemporaine.
Le Matin d’Algérie : Pourquoi avoir choisi ce titre, Le sabre et le code ? Que résume-t-il, selon vous, de la réalité de l’Empire colonial français ?
Zafrane Farid : Le titre cristallise l’idée centrale de mon ouvrage : la domination coloniale française repose sur la complémentarité entre la force militaire, le sabre, et le droit, le code. Dans le livre, je démontre que cette apparente dualité est en réalité une unité conceptuelle : le sabre conquiert, le code légitime et structure la domination. La violence militaire n’est pas anarchique ; elle est encadrée et rendue « acceptable » par le droit colonial. Cette logique est visible dès l’expérience algérienne, où les tribunaux d’exception et le Code de l’indigénat codifient les pratiques de répression et d’assujettissement afin de mieux les faire accepter par les forces armées et les rendre justes aux yeux de la population locale, car émanant de la loi : le code de l’indigénat.
Le Matin d’Algérie : Vous écrivez que la colonisation ne s’est pas faite contre le droit, mais par le droit. À quel moment la République a-t-elle accepté de renoncer à l’égalité juridique au nom de l’Empire ?
Zafrane Farid : La colonisation française ne s’est pas faite contre le droit, mais par le droit, aménagé pour servir l’entreprise coloniale. Le Code noir (1685) en constitue un premier exemple : il codifie l’esclavage, réduisant les personnes esclavisées au statut de biens meubles tout en encadrant légalement la violence exercée contre elles.
Au XIXᵉ siècle, le Code de l’indigénat prolonge cette logique autrement. Il instaure un régime juridique d’exception, qui distingue les citoyens français des sujets indigènes, privés de l’égalité devant la loi et soumis à des sanctions spécifiques. Ainsi, du Code noir au Code de l’indigénat, le droit colonial ne disparaît pas : il se transforme, passant de l’asservissement total à une citoyenneté hiérarchisée, révélant une continuité historique dans l’usage du droit comme instrument de domination et de légitimation de la violence coloniale, en contradiction flagrante avec les principes proclamés par la République.
Le Matin d’Algérie : La Conférence de Berlin de 1884-1885 marque un tournant. Peut-on dire qu’elle a posé les bases d’un ordre colonial juridiquement organisé, bien au-delà des seules conquêtes militaires ?
Zafrane Farid : La Conférence de Berlin institutionnalise le partage de l’Afrique entre les puissances européennes et confère une légitimité juridique internationale à la colonisation. Elle instaure un cadre normatif structurant, fondé sur le principe d’« occupation effective », transformant la conquête militaire en droit reconnu. Dans Le Sabre et le Code, je montre que cette codification fonde un véritable ordre juridique colonial : la violence de la conquête, symbolisée par le sabre, est relayée et pérennisée par le droit. Les territoires colonisés sont administrés, normés et hiérarchisés à travers des codes spécifiques et des juridictions d’exception, révélant que le droit ne se contente pas d’accompagner la colonisation, mais en devient l’outil structurant.
Le Matin d’Algérie : Le Code de l’indigénat, né en Algérie, est au cœur de votre démonstration. En quoi constitue-t-il une rupture radicale avec les principes républicains proclamés par la France ?
Zafrane Farid : Le Code de l’indigénat est la preuve d’une rupture radicale avec les principes proclamés en 1789. Alors que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme l’égalité devant la loi, ce dispositif instaure dans les colonies une justice à deux vitesses, fondée sur un statut juridique différencié. Les populations colonisées sont soumises à un régime d’exception : sanctions administratives sans juge, présomption de culpabilité, restrictions des libertés fondamentales.
Cette justice dérogatoire ne constitue pas une anomalie, mais un outil central de l’ordre impérial, transformant l’égalité républicaine en mécanisme de hiérarchisation raciale et sociale, au service de la domination coloniale.
Le Matin d’Algérie : Vous montrez que ce droit colonial reposait sur la présomption de culpabilité des colonisés. Comment un tel principe a-t-il pu être légitimé par des juristes français ?
Zafrane Farid : La présomption de culpabilité appliquée aux colonisés ne relève ni de l’exception ni de l’arbitraire ponctuel, mais d’une construction juridique et doctrinale assumée. Des juristes et administrateurs français ont théorisé une « justice adaptée » aux colonisés, fondée sur des préjugés raciaux et culturels, pour justifier l’abandon des garanties fondamentales du droit commun. Ces théories ont permis de judiciariser la violence, en l’intégrant dans le cadre formel de l’État de droit. La présomption de culpabilité devient ainsi un principe implicite du droit colonial, inscrit dans les textes et les pratiques judiciaires, révélant une logique systémique de domination et de contrôle des populations.
Le Matin d’Algérie : Des auteurs comme André Girault et Robert Maunier ont théorisé une justice « adaptée » aux indigènes. Faut-il aujourd’hui interroger la responsabilité morale et politique de ces intellectuels du droit ?
Zafrane Farid : La responsabilité morale et politique des intellectuels du droit ne peut être éludée. Certains juristes et universitaires ont activement participé à la construction doctrinale du droit colonial, en justifiant juridiquement l’oppression. En élaborant des catégories hiérarchisées et en naturalisant l’inégalité, ils ont légitimé la domination coloniale. Ainsi, leur responsabilité dépasse l’histoire des idées : le droit qu’ils ont façonné a servi d’instrument central de violence impériale.
Le Matin d’Algérie : Ancien militaire, vous analysez sans complaisance le rôle de l’armée. Peut-on dire que l’institution militaire a été à la fois bras armé et administrateur du droit colonial ?
Zafrane Farid : L’armée a joué un rôle central dans le maintien de l’ordre colonial, agissant à la fois comme force conquérante et administratrice du droit. Elle applique directement le droit colonial via tribunaux militaires, sanctions collectives et surveillance des populations. Cette synergie entre le sabre et le code montre que violence et droit se complètent : l’armée légitime et exécute une justice d’exception, garantissant la domination impériale.
Le Matin d’Algérie : Les sanctions administratives sans procès apparaissent comme une pratique centrale. Le droit colonial était-il avant tout un outil de discipline et d’humiliation collective ?
Zafrane Farid : Le droit colonial ne vise pas à protéger les individus, mais à discipliner et contrôler les colonisés. Sanctions administratives, mesures collectives et restrictions arbitraires des libertés constituent un système d’humiliation renforçant la hiérarchie raciale et consolidant l’autorité impériale. Le droit structure, légitime et pérennise la domination coloniale.
Le Matin d’Algérie : Vous établissez un lien entre le droit colonial et certaines législations contemporaines : état d’urgence, internement administratif, politiques sécuritaires. Ces continuités sont-elles assumées ou refoulées par l’État français ?
Zafrane Farid : Certaines logiques du droit colonial persistent dans le droit contemporain. État d’urgence, internement administratif, contrôle différencié de certaines populations : ces pratiques témoignent d’une continuité structurelle des catégories héritées du colonialisme. Elles sont généralement refoulées officiellement, mais elles révèlent la capacité du droit à fonctionner comme instrument de hiérarchisation et de contrôle social.
Le Matin d’Algérie : Décoloniser le droit : est-ce, selon vous, une nécessité politique actuelle ou un simple débat académique encore marginal ?
Zafrane Farid : Décoloniser le droit est une nécessité concrète et éthique. Il s’agit de déconstruire les catégories héritées du colonialisme, d’intégrer les traditions juridiques locales et d’adapter les institutions pour garantir une égalité réelle devant la loi. Cette démarche dépasse le cadre académique : elle engage une responsabilité politique, sociale et juridique, visant à transformer la justice en outil de véritable inclusion.
Le Matin d’Algérie : Votre livre invite à reconnaître les traditions juridiques des sociétés colonisées. Comment éviter que cette reconnaissance ne reste symbolique, sans effets réels sur les pratiques juridiques ?
Zafrane Farid : La reconnaissance des traditions juridiques ne doit pas rester symbolique. Il faut adapter les procédures judiciaires, former les magistrats et intégrer ces traditions dans le droit positif. Cela permet de transformer la justice en outil inclusif, respectueux de la diversité culturelle et des pratiques locales, plutôt qu’en simple représentation ou mémoire symbolique.
Le Matin d’Algérie : Enfin, que signifie pour vous le fait que Le sabre et le code soit aujourd’hui adopté comme référence scientifique par l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou ? Est-ce un signe que la parole sur le droit colonial se libère enfin ?
Zafrane Farid : L’adoption de mon ouvrage comme référence scientifique constitue un signe fort de libération de la parole sur le droit colonial. Elle montre que le débat sur les héritages coloniaux peut désormais se mener ouvertement, contribuant à la réflexion sur la décolonisation du droit et la construction d’institutions plus justes. À titre personnel, c’est une fierté immense : issu d’une famille kabyle et français d’origine algérienne, le fait que mon ouvrage soit étudié en Algérie, et plus précisément en Kabylie, rend hommage à la mémoire de tous les révolutionnaires et de mes parents, tout en témoignant de la transmission et de la reconnaissance des luttes historiques à travers le droit et l’histoire
Entretien réalisé par Djamal Guettala
Farid Zafrane est avocat, docteur en droit international public, politologue et conférencier français, spécialiste de l’Afrique, de la géopolitique et des héritages coloniaux. Ancien militaire et formateur en sécurité, diplômé de l’IHEDN, il est aussi lauréat d’un doctorat primé sur la gouvernance française en Afrique. Basé à Perpignan, il mène aujourd’hui des recherches indépendantes et publie des ouvrages sur l’histoire africaine, le droit colonial et la présence militaire française, dont Le sabre et le code (2025). Ses travaux analysent les continuités postcoloniales tout en valorisant la complexité et la richesse du continent africain.
L’Association France-Algérie (AFA) a annoncé, dans un communiqué daté du 19 décembre 2025, l’élection de Ségolène Royal à sa présidence, à l’issue du conseil d’administration réuni la veille. Elle succède à Arnaud Montebourg, qui occupait cette fonction depuis 2021.
Fondée le 20 juin 1963, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, avec le soutien du général Charles de Gaulle, l’Association France-Algérie a été créée par Edmond Michelet, premier président de l’AFA, aux côtés de Germaine Tillion et d’autres figures engagées. Depuis plus de six décennies, l’association se donne pour mission de promouvoir l’amitié, le respect mutuel et la coopération entre les peuples français et algérien, en dépassant les héritages douloureux de l’histoire coloniale.
Au fil de son histoire, l’AFA a été présidée par des personnalités marquantes de la vie politique et intellectuelle française, parmi lesquelles Edmond Michelet, Georges Gorce, Stéphane Hessel, Germaine Tillion, Jean Charbonnel, Bernard Stasi, Pierre Joxe, Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg.
L’élection de Ségolène Royal intervient dans un contexte de relations franco-algériennes marquées par des tensions récurrentes, mais aussi par une nécessité de dialogue renouvelé. Figure politique connue pour ses positions favorables au rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée, l’ancienne ministre et ex-candidate à l’élection présidentielle française entend inscrire son action dans la continuité des valeurs fondatrices de l’association, tout en leur donnant une nouvelle impulsion.
À travers cette nomination, l’Association France-Algérie affirme sa volonté de demeurer un acteur associatif indépendant, engagé pour un dialogue sincère, lucide et durable entre la France et l’Algérie, à l’heure où les défis mémoriels, politiques et humains restent au cœur de la relation entre les deux pays.
Depuis plus de 26 jours, Zoheir Zeghada observe une grève de la faim dans sa cellule. Non pas pour rechercher la mort, mais pour protester contre ce qu’il considère comme une injustice : son emprisonnement, non pour un crime, mais pour avoir dit un mot.
Sa situation a poussé son fils à écrire une lettre poignante, rendue publique récemment. Dans ce texte, le jeune homme ne plaide pas la pitié : il raconte la vérité d’un père intègre, un homme droit, connu pour son attachement à son pays et à ses concitoyens.
Un geste de résistance pacifique
La grève de la faim de Zoheir Zeghada est un acte de résistance pacifique. Chaque jour qui passe épuise son corps, mais son esprit reste intact. Son fils souligne que cette lutte n’est pas un geste désespéré, mais un dernier recours pour clamer son innocence et exiger justice.
La lettre montre aussi l’impact de la détention sur la famille : une attente quotidienne, des journées rythmées par l’inquiétude et la prière, une fatigue silencieuse qui accompagne l’angoisse et l’impuissance des proches.
« Mon père n’est pas un numéro de cellule », écrit le fils. Cette phrase résume la portée de son message : refuser la déshumanisation, rappeler que chaque détenu reste un homme, un père, un citoyen, porteur de droits inaliénables, dont le premier est celui à une justice équitable.
Une demande simple et juste
Le texte du fils ne formule qu’une seule demande : la vérité, un procès équitable et le retour de son père chez lui, la tête haute. Rien de plus, rien de moins. Dans un contexte où la parole critique est de plus en plus souvent criminalisée, cette lettre agit comme un rappel : lorsque la parole conduit à la prison, et lorsque le corps devient le dernier espace de protestation, c’est l’ensemble de la société qui est interpellé.
La lettre complète du fils de Zoheir Zeghada
Papa,
Aujourd’hui tu es derrière les barreaux, non pas parce que tu as commis un crime, mais parce que tu as prononcé un mot…
Un mot, quand il est sincère, effraie les oppresseurs.
Je te connais comme tout le monde te connaît : un homme intègre, qui a servi son pays avec conscience, marchant parmi les gens avec un cœur pur, sans rancune et sans compromis sur le droit.
On t’a privé de ta liberté injustement, mais ils n’ont pas pu t’ôter ta dignité, ni ternir ton honneur. La dignité ne se met pas en prison et la justice ne peut être enchaînée.
Depuis plus de vingt-six jours, tu es en grève de la faim, non pas pour rechercher la mort, mais pour proclamer la vie face à l’injustice, une clameur qui dit au monde : je suis innocent. Ton corps s’épuise, papa, et nous souffrons à chaque jour qui passe, mais ton esprit reste fort, et ta foi en la justice n’a jamais été brisée, comme elle ne l’a jamais été auparavant.
Nous, ta famille, vivons l’angoisse à chaque instant, nous comptons les heures, et la prière ne quitte jamais nos lèvres, car l’espoir est la dernière chose qui ne peut être emprisonnée.
Papa,
Tu n’es pas un numéro dans une cellule, tu es un père, tu es un être humain, avec un nom, une histoire, et un droit à la justice.
Nous demandons seulement la vérité, un procès équitable, et que tu retournes chez toi la tête haute, comme tu l’as toujours été.
Rien n’est plus cruel que de voir un père emprisonné injustement, et rien n’est plus noble que la patience d’un innocent.
Moins de deux minutes de jeu et un but pour l’ancien Joueur africain de l’année qui inscrit le but le plus rapide depuis le début du tournoi. On se dit que l’après-midi risque d’être long pour les Chevaliers du dessert, dépassés sur le plan de la vitesse et de la technique dans ces premières secondes.Pourtant, les hommes du Ghanéen Kuessi Appiah vont se montrer dangereux, contribuant à faire briller Luca Zidane, auteur d’une belle parade sur une frappe d’Eldyn Tayfour (31e). Malgré son avance, l’Algérie n’arrive pas à enfoncer le clou, étant constamment gênée par l’engagement des Soudanais. Un engagement un peu trop poussé pour l’arbitre gabonais Pierre Atcho qui décide d’expulser l’attaquant Salaheldin Adil Ahmed après un second carton jaune à la 40e minute.Sept champions d'Afrique titulaires
Mais à 11 contre dix, avec un public acquis à leur cause, les hommes de Vladimir Petkovic vont attendre l’heure de jeu et après un face-à-face manqué par Baghdad Boudedjah (59e) pour faire le break grâce, une nouvelle fois, à Riyad Mahrez après une délicieuse passe de l’extérieur du pied de Mohamed Amoura (61e). Peu en vue pendant la rencontre, le capitaine algérien a été clinique pour concrétiser ses deux occasions du match en but.La note sera plus embellie avec un troisième but du rentrant Ibrahim Maza bien servi dans la surface par une remise de la tête de Bounedjah (85e). La fin de match sera plus animée avec les remplaçants, mais aucun n'arrivera à mettre un quatrième but malgré les nombreuses occasions.Avec sept champions d’Afrique 2019, dont six titulaires pour ce premier match (Bensebaini, Mandi, Mahrez, Bounedjah, Bennacer, Boudaoui), l’Algérie a retrouvé des sensations perdues à la CAN depuis six ans. Assez pour rêver d’aller chercher une nouvelle étoile ? Il faudra d’abord confirmer cela très vite contre le Burkina ce dimanche 28 décembre.Toute l'actualité de la CAN 2025
Calendrier et résultats des matchs
Les six groupes de la CAN
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Plus de six ans après sa dernière victoire à la CAN et le titre de 2019, l’Algérie a retrouvé le chemin du succès en s’imposant face au Soudan (3-0) grâce à un doublé de Riyad Mahrez. Les Fennecs ont été efficaces et réalistes à défaut d’être emballants.
Il était temps pour l’Algérie et pour tous les millions de supporters des Verts de retrouver le goût sucré d’une victoire à la CAN. Depuis la finale gagnée contre le Sénégal en 2019, les Fennecs n’avaient en effet plus remporté la moindre victoire en Coupe d’Afrique. Deux CAN (2022 et 2024), deux éliminations au premier tour, trois matchs nuls, et trois défaites dont des humiliantes face à la Guinée équatoriale (0-1) en 2022 et la Mauritanie en 2024.
La disette a donc pris fin ce mercredi 24 décembre au stade Moulay El Hassan de Rabat, sous les yeux de Zinedine Zidane, venu voir son fils Luca, titularisé au poste de gardien des Fennecs. On espère que l’ex-capitaine et numéro 10 de l’équipe de France n’est pas arrivé en retard, parce que les Algériens n’ont pas perdu de temps pour punir le Soudan dès les premières secondes.
Sur une rapide contre-attaque en effet, Amoura est trouvé dans la profondeur face à une défense soudanaise sur le reculoir. Le milieu de Wolfsburg adresse un centre dans la surface, Boudaoui est court, mais à l’intelligence de talonner pour Riyad Mahrez ; le capitaine conclut d’une frappe bien placée du gauche.
Moins de deux minutes de jeu et un but pour l’ancien Joueur africain de l’année qui inscrit le but le plus rapide depuis le début du tournoi. On se dit que l’après-midi risque d’être long pour les Chevaliers du dessert, dépassés sur le plan de la vitesse et de la technique dans ces premières secondes.
Pourtant, les hommes du Ghanéen Kuessi Appiah vont se montrer dangereux, contribuant à faire briller Luca Zidane, auteur d’une belle parade sur une frappe d’Eldyn Tayfour (31e). Malgré son avance, l’Algérie n’arrive pas à enfoncer le clou, étant constamment gênée par l’engagement des Soudanais. Un engagement un peu trop poussé pour l’arbitre gabonais Pierre Atcho qui décide d’expulser l’attaquant Salaheldin Adil Ahmed après un second carton jaune à la 40e minute.
Sept champions d’Afrique titulaires
Mais à 11 contre dix, avec un public acquis à leur cause, les hommes de Vladimir Petkovic vont attendre l’heure de jeu et après un face-à-face manqué par Baghdad Boudedjah (59e) pour faire le break grâce, une nouvelle fois, à Riyad Mahrez après une délicieuse passe de l’extérieur du pied de Mohamed Amoura (61e). Peu en vue pendant la rencontre, le capitaine algérien a été clinique pour concrétiser ses deux occasions du match en but.
La note sera plus embellie avec un troisième but du rentrant Ibrahim Maza bien servi dans la surface par une remise de la tête de Bounedjah (85e). La fin de match sera plus animée avec les remplaçants, mais aucun n’arrivera à mettre un quatrième but malgré les nombreuses occasions.
Avec sept champions d’Afrique 2019, dont six titulaires pour ce premier match (Bensebaini, Mandi, Mahrez, Bounedjah, Bennacer, Boudaoui), l’Algérie a retrouvé des sensations perdues à la CAN depuis six ans. Assez pour rêver d’aller chercher une nouvelle étoile ? Il faudra d’abord confirmer cela très vite contre le Burkina ce dimanche 28 décembre.
Le tribunal criminel d’appel d’Alger examinera, ce jeudi 25 décembre, le dossier de la militante amazighe et ancienne détenue d’opinion Kamira Nait Sid, a annoncé Me Fetta Sadat, membre du collectif de défense des détenus politiques et d’opinion.
Cette nouvelle audience intervient à la suite d’une décision de la Cour suprême ayant annulé sa condamnation précédente, ouvrant la voie à un réexamen intégral de l’affaire.
Un retour devant la justice après cassation
Le renvoi de l’affaire devant la juridiction criminelle d’appel découle d’un arrêt rendu le 28 mars 2024 par la chambre criminelle de la Cour suprême. Saisie d’un pourvoi introduit par la défense, la haute juridiction a prononcé la cassation du jugement initial, estimant que les conditions d’un nouveau procès étaient réunies. Elle a, à ce titre, ordonné que l’affaire soit rejugée par une formation différente.
Sur le plan procédural, cette décision est lourde de conséquences. Elle implique que le dossier soit repris sur le fond, avec une réévaluation complète des éléments à charge et à décharge, sans être liée par l’appréciation précédente des faits.
Une condamnation déjà purgée
Kamira Nait Sid avait été placée sous mandat de dépôt le 1er septembre 2021. À l’issue de son premier procès, elle avait été condamnée à trois ans de prison ferme pour « atteinte à l’intégrité du territoire national », en vertu de l’article 79 du Code pénal. Elle a recouvré la liberté le 1er septembre 2024, après avoir purgé l’intégralité de sa peine à la prison de Koléa.
Bien que la militante ne soit plus détenue, la tenue de ce nouveau procès n’en demeure pas moins déterminante. L’enjeu dépasse la seule question de la privation de liberté et concerne directement la qualification pénale des faits retenus contre elle, ainsi que les conséquences sur son casier judiciaire.
Les enjeux juridiques de l’audience
L’audience de ce 25 décembre s’annonce essentiellement technique. Les débats devraient porter sur l’interprétation et l’application de l’article 79 du Code pénal, ainsi que sur la proportionnalité des poursuites au regard des activités militantes reprochées à l’accusée. La défense devrait notamment plaider pour une relecture des faits à la lumière des garanties constitutionnelles liées à la liberté d’expression et d’opinion.
Dans un contexte marqué par une attention accrue portée aux dossiers judiciaires impliquant des militants et des figures de l’opposition, cette affaire continue de susciter l’intérêt des observateurs nationaux et des organisations de défense des droits humains. Le verdict attendu constituera une étape supplémentaire dans le traitement judiciaire des affaires liées à l’engagement politique et associatif en Algérie.
Au-delà du cas individuel de Kamira Nait Sid, ce nouveau passage devant le juge relance ainsi le débat sur l’équilibre entre sécurité de l’État et respect des libertés fondamentales, au cœur des évolutions récentes du paysage judiciaire algérien. Faut-il donner quelque crédit à ce dernier quand on sait que 250 détenus d’opinion croupissent derrière les barreaux ?
Des trafiquants de drogue poursuivis aux Emirats arabes unis.
Les Émirats arabes unis, est le nouvel échiquier stratégique de la lutte française contre les réseaux criminels. La guerre contre le narcotrafic ne se joue plus uniquement dans les quartiers populaires, les ports européens ou les couloirs judiciaires nationaux. Elle se mène désormais à l’échelle globale, là où se croisent flux financiers, logistiques et décisionnels.
Dans cette cartographie du crime mondialisé, Dubaï s’est imposée comme un centre névralgique, au point de devenir un passage obligé pour les autorités françaises engagées dans une lutte qu’elles qualifient désormais de combat contre une menace systémique sur la société et l’écosystème économique du pays.
Dubaï, refuge discret des chefs de réseaux
Depuis plus d’une décennie, la métropole émiratie attire une partie significative des figures du grand banditisme européen. Barons de la drogue français, belges, néerlandais ou italiens s’y sont installés, profitant d’un environnement longtemps favorable : fiscalité attractive, création aisée de sociétés, opacité financière, marché immobilier de luxe et coopération judiciaire limitée avec l’Europe.
Dubaï n’est pas un simple lieu de villégiature. Elle serait devenue une base arrière opérationnelle, d’où sont pilotées des importations massives de cocaïne en provenance d’Amérique latine, via l’Afrique de l’Ouest ou les grands ports du continent européen. Les arrestations ont lieu à Marseille, Anvers ou Rotterdam, mais les décisions stratégiques se prennent souvent à des milliers de kilomètres.
Une doctrine française en mutation
Face à l’ampleur du phénomène, la France a revu sa stratégie. L’objectif n’est plus seulement de désorganiser les réseaux à leur base, mais de remonter jusqu’aux centres de commandement. Cette évolution marque un tournant : la lutte antidrogue devient une affaire de renseignement international, de diplomatie judiciaire et de coopération financière.
Or, sans l’appui des Émirats arabes unis, cette stratégie reste incomplète. Une partie des cerveaux du narcotrafic opère depuis leur territoire, hors de portée directe des juridictions européennes. Sous la pression du GAFI et de partenaires occidentaux, Abou Dhabi a amorcé ces dernières années un infléchissement : extraditions ciblées, coopération policière renforcée, échanges d’informations. Des avancées encore fragiles, mais désormais cruciales pour Paris.
Suivre l’argent pour affaiblir les réseaux
Le narcotrafic est avant tout une économie criminelle mondialisée, générant des flux financiers colossaux. Immobilier de prestige, sociétés écrans, circuits offshore, cryptoactifs : Dubaï concentre une partie des mécanismes de blanchiment utilisés par les réseaux.
Pour les autorités françaises, la bataille ne peut être gagnée sans une coopération financière étroite avec les Émirats. Geler les avoirs, identifier les bénéficiaires réels, démanteler les montages complexes : frapper les finances, c’est s’attaquer au cœur du système. Sans cela, chaque réseau démantelé est rapidement remplacé.
Une menace directe pour l’État
En France, le narcotrafic n’est plus perçu comme une simple question de sécurité publique. Il alimente une violence extrême, banalise l’usage d’armes de guerre, corrompt des pans de l’économie légale et fragilise l’autorité de l’État dans certains territoires. Cette réalité a conduit les pouvoirs publics à parler désormais de menace pour la sécurité nationale.
Mais cette menace ne s’arrête pas aux frontières. Derrière les fusillades et les règlements de comptes, les commanditaires sont souvent hors du territoire national. D’où la nécessité, pour Paris, d’agir à la source et de s’inscrire dans une logique résolument transnationale.
Une coopération aux enjeux politiques
La coopération antidrogue s’inscrit enfin dans un cadre diplomatique plus large. Les Émirats arabes unis sont un partenaire stratégique de la France au Moyen-Orient : coopération militaire, ventes d’armements, renseignement, lutte antiterroriste. Paris dispose d’ailleurs d’une base militaire permanente sur place.
Dans ce contexte, la lutte contre le narcotrafic devient aussi un levier politique. Elle permet à la France d’exiger des engagements concrets en matière d’extradition et de lutte contre le blanchiment, tout en consolidant un partenariat jugé essentiel dans une région marquée par de fortes tensions géopolitiques.
La bataille contre le narcotrafic se joue désormais autant dans les tours de verre de Dubaï que dans les rues de Marseille ou les docks d’Anvers. Elle révèle une réalité dérangeante : la criminalité organisée a pleinement épousé les logiques de la mondialisation.
Pour la France, coopérer avec les Émirats arabes unis n’est ni un choix de confort ni une posture diplomatique. C’est une nécessité stratégique. Sans cette coopération, la lutte restera déséquilibrée, cantonnée aux effets visibles d’un système dont les centres de décision continueront d’opérer à distance, à l’abri.
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