4 avril 2025
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Quand le régime algérien tente de faire taire ses opposants en France

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Hirak

Selon les révélations de « L’Œil du 20 heures » de France 2, des opposants au régime sont approchés en France afin qu’ils partagent des informations sur les militants qu’ils côtoient et sur leurs activités, en échange d’un retour en Algérie et de l’abandon des poursuites à leur encontre.

Des manœuvres sur le sol français pour mettre la pression sur les opposants au régime, bien au-delà des campagnes sur les réseaux. C’est ce que mettrait en œuvre le pouvoir algérien, selon les révélations de « L’Œil du 20 heures », diffusé lundi 3 mars. Dans une note confidentielle, les renseignements territoriaux français confirment « l’existence d’une stratégie d’influence développée par Alger auprès de sa diaspora, qui s’appuie sur les réseaux sociaux ». Mais, dans l’ombre, l’enquête de « L’Œil du 20 heures » démontre que le pouvoir algérien manœuvre également directement sur le sol français, pour neutraliser et récupérer ses opposants.

Ghilas Aïnouche est algérien, opposant au régime et réfugié en France. Ce caricaturiste de 36 ans a été condamné par contumace à dix ans de prison pour « atteinte à la personne du président de la République algérien ». Mais même en France, ses dessins lui valent des menaces sans ambiguïté des partisans du régime. « C’est toujours les mêmes termes. Nous sommes des harkis, des traîtres, des collabos, à la solde de la France. Ils disent qu’on est payés pour insulter l’Algérie et le peuple algérien », témoigne le dessinateur. 

« Si tu veux rentrer, on peut t’aider »

Ils, ce sont « le régime et ses partisans« , ajoute-t-il, tout en affirmant être régulièrement contacté par les autorités algériennes, qui lui proposent un marché : l’annulation de sa peine de prison contre un ralliement au régime. « On a déjà essayé de m’approcher pour faire sauter les dix ans de prison. On m’a appelé, mais je n’ai pas voulu me rendre à ce rendez-vous. J‘ai refusé, assure-t-il. Je ne pense pas qu’il y ait un opposant que le régime n’ait pas essayé d’approcher. »

Si Ghilas Aïnouche n’a jamais donné suite, d’autres opposants ont voulu savoir ce qui se cachait derrière cette promesse. Trois opposants membres du MAK, le Mouvement autonomiste kabyle, classé organisation terroriste par Alger pour « atteinte à l’unité nationale« , donnent rendez-vous dans un petit local parisien qui leur sert de QG. Il y a six mois, l’un d’eux a été approché, via les réseaux sociaux, par un homme qui affirmait parler au nom de l’Etat algérien, avec une proposition explicite : « Si tu veux rentrer, on peut t’aider. Ta condamnation sera effacée. »

Le soir de leur rencontre avec « L’Œil du 20 heures », ils ont accepté un rendez-vous téléphonique avec leur interlocuteur, un certain Mourad A. qui affirme travailler au ministère de l’Intérieur algérien. « Un ministère puissant », ajoute-t-il. L’échange est cordial. En réponse à la question de l’un des opposants, « Pourquoi l’Algérie accepte-t-elle qu’on revienne alors qu’on a quand même trahi, qu’on est classifiés comme terroristes ? », Mourad A. l’assure : « L’Algérie n’abandonne jamais ses enfants. »

Un entretien au consulat

Pour ceux qui acceptent, la suite se passe dans certains consulats algériens en France. Nous avons pu nous procurer l’enregistrement audio de la convocation d’un opposant. Ce document inédit révèle les méthodes d’intimidation pour retourner les voix dissidentes. Ce jour-là, l’homme est conduit vers le bureau de sécurité, un département officieux du consulat, rattaché aux services de renseignements algériens. « Cher monsieur, mettez-vous à l’aise », lui dit un homme. « Ne soyez pas stressé ! ». Face à lui, deux hommes en civil, dont l’un se présente comme un haut cadre du consulat.

L’échange, d’apparence cordiale, tourne rapidement à l’interrogatoire : « Qui traîne avec vous ? Quand avez-vous rejoint le mouvement ? » Puis les questions se font plus précises : « En tant que militant, vous étiez en charge de quoi ? Qui a l’ascendant ? » Comprendre : qui est le chef ? Et le ton se fait plus pressant : « Qui sont tes amis les plus proches ? Est-ce que tu sens qu’ils sont récupérables ? S’il te plaît, continue. »

Donne-nous en plus sur ton organisation et les noms. Il faut que tu collabores.Extrait d’un enregistrement lors de la convocation d’un opposant

révélé par « L’Œil du 20 heures »

Les interlocuteurs quittent régulièrement la pièce et reviennent avec des documents. L’opposant découvre qu’il est déjà fiché et que ses hôtes savent tout de lui et de ses proches : « Tous ces noms, on les a, on connait tout le monde. Ce qui nous intéresse, c’est que tu t’engages à combattre ces gens. »

Une lettre de renonciation et d’allégeance

Puis vient l’ultimatum : « Je vais te donner le papier, tu vas le signer. » L’un des deux hommes tend une lettre de renonciation et d’allégeance. Dans le texte soumis à la signature de l’opposant, il est écrit noir sur blanc que celui-ci s’engage « à cesser toute activité subversive ou hostile susceptible de porter atteinte aux intérêts de [son] pays, l’Algérie, (…) à dévoiler tous les noms et plans de [son] mouvement, (…) à collaborer avec les services de renseignements algériens. » Puis il se termine par « Je certifie n’avoir subi aucune sorte de pression. » Si l’opposant au régime signe, on lui promet de rentrer au pays sans être inquiété. 

Contacté, le consulat algérien n’a pas répondu. Mais nous avons appelé le fameux Mourad, celui qui approche les opposants. Il l’affirme : « L’Algérie a initié une procédure pour tout Algérien égaré qui veut rentrer dans son pays. Un Algérien qui se considère algérien, il est aux côtés de son pays et il doit défendre l’Algérie face à la France. » Quant aux autorités françaises, elles confient : « Alger déploie des moyens substantiels pour récupérer ses opposants. Les procédés, on les connait. On fait savoir qu’on sait, mais ça n’est pas toujours suffisant. »

Francetvinfo

Le FLA et le Jnim envisagent de mener des opérations conjointes dans le nord du Mali

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Rebelles touaregs
Une colonne de rebelles touaregs

Au Mali, des négociations sont en cours entre les rebelles du FLA et les jihadistes du Jnim. Information révélée lundi 3 mars par notre confrère Wassim Nasr de France 24.

Le FLA, Front de libération de l’Azawad, ce sont les rebelles indépendantistes du nord du Mali, qui avaient signé en 2015 un accord de paix avec l’État malien et qui ont repris les armes après la rupture de cet accord par les autorités de transitions actuelles, il y a un an et demi. Le Jnim, Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, rassemble les groupes jihadistes actifs au Sahel et liés à al-Qaïda.

Les frontières ont toujours été poreuses entre tous ces groupes, qui avaient d’ailleurs déjà conclu un pacte de non-agression. Il s’agit à présent d’aller plus loin et mener des opérations militaires conjointes dans le nord du Mali notamment. Des divergences de fond limitent la portée des discussions qui se poursuivent. 

Après les affrontements meurtriers qui avaient opposés indépendantistes et jihadistes en juillet dernier, près de la frontière mauritanienne, un pacte de non-agression avait finalement été conclu, pour que chacun concentre ses forces contre l’ennemi commun : l’armée malienne et ses supplétifs de Wagner.

Au début du mois de décembre, il y a trois mois, les rebelles du FLA et les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, ont initié de nouvelles négociations, dans l’idée de conjuguer encore davantage leurs efforts. Les discussions ne sont pas terminées, aucun accord n’a été conclu à ce stade, mais les différents cadres du FLA joints par RFI ont tout de même apporté des précisions.

Opérations militaires conjointes et Justice islamique

Deux points d’entente auraient ainsi déjà été trouvés. Le premier, c’est la mise en place d’un mécanisme conjoint pour planifier, exécuter et revendiquer des opérations militaires contre l’armée et Wagner dans le nord du Mali. Un état-major conjoint pourrait même être mis en place. Le FLA et le Jnim ne combattraient donc plus chacun de son côté le même ennemi, mais ils le combattraient ensemble. Cette alliance militaire, limitée au territoire du nord du Mali, porterait un nouveau nom, sur lequel un consensus n’a pas encore été trouvé.

Le second point d’entente porte sur la création d’une structure de Justice islamique, composée de cadis ou de marabouts locaux, indépendants du FLA et du Jnim, mais reconnus par eux. Une Justice religieuse mais non radicale, selon plusieurs cadres du FLA, qui précisent que les discussions sur cette structure sont avancées mais pas encore abouties. Là encore, seules les régions du nord du Mali seraient concernées.

Désaccords sur les frontières et les objectifs

Et c’est ce qui conduit au principaux points de désaccords qui subsistent entre le FLA et le Jnim : les frontières et les objectifs. Le FLA veut obtenir l’indépendance de l’Azawad, terme qui désigne les régions du nord du Mali.  Du fait de ce projet politique et identitaire, le FLA ne compte en aucun cas étendre son action au reste du Mali, encore moins aux pays voisins. L’instauration de la charia n’est pas non plus le but des rebelles : certains ne seraient incontestablement pas contre, mais d’autres sont profondément attachés au principe de laïcité – parmi les combattants issus du MNLA principalement.

Le Jnim, lui, refuse de faire sien le « projet azawadien » : les jihadistes combattent pour imposer la charia, non seulement dans tout le Mali mais aussi au Niger, au Burkina, et -de plus en plus- dans les pays côtiers. En toute logique donc, le Jnim refuse de rompre avec al-Qaïda. L’idée ne serait pas exclue sur le long terme, dans la perspective d’une administration des territoires conquis, mais à ce stade, il ne s’agit que d’une éventualité. L’exemple syrien du HTS semble ainsi clairement inspirer le Jnim, mais cet exemple montre également que la stratégie se joue nécessairement sur le long terme et requiert des conditions sur le terrain qui ne semblent actuellement pas réunies. 

Appartenance à al-Qaïda

Or, selon plusieurs de ses cadres, le FLA est prêt à nouer une alliance avec le Jnim pour avancer sur ses objectifs propres, mais en aucun cas à fusionner avec des groupes armés qui seraient toujours sous la bannière d’al-Qaïda. Autres lignes rouges ou points de rupture qui posent des problèmes de fond au sein du FLA : les prises d’otages -internationaux et nationaux-, les attaques kamikazes et le fait que le Jnim -du fait précisément de ses liens avec al-Qaïda- compte des dirigeants étrangers, algériens notamment… Le radicalisme religieux et la vision politico-administrative demeurent ainsi des éléments d’opposition entre jihadistes et rebelles.

Les négociations sont toujours en cours, et il convient d’en attendre l’issue, mais à ce stade les points d’entente se limitent donc à la mise en place d’une structure militaire conjointe et d’un mécanisme de Justice islamique, dans le nord du Mali. Ce qui serait déjà énorme et inédit. En 2012, jihadistes et rebelles avaient parfois combattu côte à côte, mais les groupes liés à al-Qaïda avaient ensuite évincé, dans le sang, les groupes indépendantistes pour administrer seuls les régions du Nord. Avant d’en être à leur tour chassés par les militaires français de l’opération Serval en janvier 2013.

« Terroristes »

En tout état de cause, ces discussions et le probable accord à venir, quels qu’en soient les termes précis, renforceront l’argumentaire de ceux qui mettent dans le même sac le Jnim et le FLA. Á commencer par les autorités maliennes de transition, qui qualifient indistinctement de « terroristes » les rebelles indépendantistes, signataires du défunt accord de paix de 2015, et les jihadistes d’Aqmi ou de l’État islamique au Sahel.

C’était d’ailleurs le principal risque de la rupture de cet accord de paix : des groupes qui avaient accepté les règles républicaines de l’État malien, en échange d’une décentralisation du pouvoir plus avancée, ont repris les armes, sont revenus à leur revendication indépendantiste, et se sont rapprochés des groupes jihadistes. Un rapprochement qui devient progressivement de plus en plus concret, en dépit de divergences de fond. 

RFI

Opep+ : l’Algérie et sept pays annoncent un retour de leurs réductions volontaires

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Mohamed Arkab

L’Algérie et sept autres pays de l’alliance «Opep+» ont décidé, hier lundi, de procéder à un retour progressif, à partir du 1er avril prochain, de leurs réductions volontaires de production pétrolière, selon un communiqué du ministère de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables.

Cette décision a été prise lors d’une réunion ministérielle tenue par vidéoconférence, réunissant les huit pays membres de l’Opep+ (Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés non membres), qui appliquent des réductions volontaires de leur production pétrolière, à savoir : l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Irak, le Kazakhstan, le Koweït, Oman et la Russie.

A l’issue de sa participation à la réunion, le ministre d’Etat, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, Mohamed Arkab, a souligné que «cette décision reflète l’engagement des huit pays de l’Opep+ à adopter une approche responsable afin d’assurer la stabilité du marché pétrolier international».

«Cette décision s’inscrit dans le cadre des efforts continus de l’Opep+ pour assurer un équilibre durable du marché et préserver les intérêts des producteurs et des consommateurs», a souligné M. Arkab cité dans le communiqué.

Cette décision fait suite à un examen approfondi de la situation actuelle du marché pétrolier et de ses perspectives d’évolution dans les mois à venir, selon le communiqué du ministère.

De son côté, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a publié un communiqué sur son site web, affirmant que les huit pays, «compte enu des fondamentaux sains du marché et des prévisions positives», ont décidé de procéder à un retour progressif et flexible des ajustements volontaires de 2,2 millions de barils par jour à partir du 1er avril 2025, comme convenu lors de la réunion de décembre dernier.

Toutefois, les huit pays ont souligné la nécessité de «maintenir la flexibilité pour s’adapter aux conditions évolutives», soulignant que «cette augmentation progressive pourrait être suspendue ou inversée en fonction des conditions du marché», selon la même source.

Selon les données jointes au communiqué de l’Opep, la production algérienne connaîtra une augmentation en avril prochain pour atteindre 911.000 barils par jour, avant d’augmenter progressivement à 1,007 million de barils par jour d’ici la fin de 2026.

APS

Quand France Télévisions sombre dans la désinformation

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Studio TV

Dans son journal télévisé du 20h du lundi 3 mars 2025, la chaîne publique France 2 a diffusé un reportage intitulé «Quand Alger veut faire taire ses opposants». Ce sujet, qui se veut une enquête sur une prétendue ingérence algérienne en France, s’apparente en réalité à une opération de communication au service d’un agenda politique bien précis.

Ce qui a été diffusé par France Télévisions est tout simplement scandaleux. Jusqu’à présent, les médias publics français s’étaient toujours défendus d’entrer dans les basses campagnes médiatiques contre l’Algérie, contrairement aux médias contrôlés par Vincent Bolloré, porte-voix des courants les plus extrémistes de la droite française.

En s’abaissant à ce genre de reportage, contraire à l’éthique et au professionnalisme journalistique dont elle se réclamait, France Télévisions signe une véritable «barbouzerie de bas étage», bien loin des standards de rigueur que l’on est en droit d’attendre d’un média public.

Le reportage de « L’Œil du 20h » accuse l’Algérie d’opérer directement sur le sol français pour «faire taire ses opposants», en s’appuyant sur des témoignages de figures issues de la mouvance du MAK et d’anciens militants marginalisés qui peinent à exister sur la scène politique algérienne.

Pire encore, France 2 laisse entendre que les autorités algériennes tenteraient de récupérer ces «opposants» en menant des actions d’influence auprès de la diaspora algérienne qui ne cesse de prouver son attachement et son amour à son pays.

Mais en quoi le fait de vouloir rassembler ses enfants autour d’un projet national serait-il condamnable ? L’Algérie, par la voix du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, n’a jamais caché son souhait de voir tous ses enfants, où qu’ils soient, contribuer au développement du pays. L’initiative de لم الشمل (Lam Chaml – initiative de rassembler) lancée en 2022 pour faire face aux défis qui guettent le pays témoigne de cette volonté de dialogue et d’unité nationale.

La France, habituée aux manœuvres contre l’Algérie

Il est pour le moins cocasse que la France, connue pour ses opérations secrètes et ses ingérences dans les affaires des pays souverains, tente aujourd’hui de se poser en victime. L’histoire récente regorge d’exemples de manœuvres françaises visant à déstabiliser l’Algérie, à l’instar du recrutement d’anciens terroristes pour mener des campagnes de propagande contre l’Etat algérien.

Ce reportage qui semble être une suite logique des campagnes presque journalières menées contre le pays depuis quelques mois déjà intervient dans un contexte où la France traverse une crise sociale et économique profonde. Avec une dette publique dépassant les 3.200 milliards d’euros, une attractivité économique en déclin et une société divisée depuis la révolte des Gilets jaunes, certains cercles politiques trouvent dans la diabolisation de l’Algérie un moyen commode pour détourner l’opinion publique de leurs propres échecs.

L’Algérie refuse catégoriquement ces accusations infondées et ne se taira pas face à ces manœuvres. Ce reportage n’est ni plus ni moins qu’un montage grotesque, fabriqué pour servir des agendas politiques au détriment de la vérité.

Une frustration économique évidente

Derrière ces campagnes médiatiques se cache une frustration économique que personne ne veut avouer. Depuis que l’Algérie a décidé de diversifier ses partenaires économiques et de défendre ses intérêts vitaux dans un monde en pleine mutation, la France a perdu sa position privilégiée. Ce réalignement économique dérange ceux qui pensaient pouvoir éternellement bénéficier de leur position dominante héritée de la colonisation.

Les héritiers de l’OAS en quête de revanche

Enfin, il faut bien dire que les campagnes médiatiques hostiles trouvent un écho chez certains politiciens français qui rêvent de fouler les marches de l’Elysée, quitte à torpiller les relations avec l’Algérie.

Ces nouveaux nostalgiques de l’Algérie française ne sont que les dignes héritiers de l’OAS, animés par une haine inextinguible contre une Algérie souveraine, libre et debout.

Mais l’Algérie avance, sans se laisser distraire par ces gesticulations médiatiques. Ni la désinformation, ni les manipulations ne pourront freiner la marche du peuple algérien vers un avenir meilleur.

Avec Radio Algérie

La citoyenneté avant la croyance

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Ramadan
Image par Ahmad Ardity de Pixabay

Jeûner ou pas, croire ou non, cela s’appelle la liberté individuelle. Et si, toi qui as la foi, tu n’arrives pas à supporter celui qui mange devant toi, sur la place publique ou ailleurs, dis-toi que le problème, ce n’est pas lui, l’autre qui dé-jeune, tant s’en faut, mais c’est toi ; parce que t’importe qu’il jeûne ou pas, puisque, toi, tu le fais et que tu en es convaincu.

Au reste, veux-tu qu’il jeûne alors qu’il n’en a pas la conviction ? Ta foi n’est-elle pas inébranlable ? Ou alors s’agit-il simplement de quelque instinct primitif qui fait que tu ne supportes pas que l’autre mange et s’abreuve, et toi, tu continues d’endurer multiples privations ! Et dans ce cas-ci, on n’est plus dans la foi, mais dans l’instinct, dans l’idéologie, dans l’imposition, dans la foi de l’affirmation, dans le prosélytisme simplement.

On est un peu dans cette histoire du bigot violeur qui viole une femme, par ce que, argue-t-il, elle n’est pas habillée pudiquement ; elle est « nue », l’adjectif ayant depuis belle lurette intégré le lexique social imposé insidieusement aux mémoires afin de justifier la folie libidineuse de l’homme par le ciel.

En somme, mettre la religion avant la citoyenneté est non seulement grave, mais funeste, destructeur de la dernière possibilité du vivre-ensemble. On n’est pas musulmans, ensuite citoyens ; on n’est citoyens, ensuite croyants ou non, musulmans ou autres. C’est l’essence même du vivant. La preuve, intimement pour ainsi dire, chez lui à la maison, aucune croyance ou conviction n’empêche un homme d’être qui il est réellement.

Quand tu voyages et que tu t’installes dans d’autres pays, c’est la citoyenneté qui te protège, n’est-ce pas ? C’est elle qui te permet d’être d’abord un homme ou une femme, un citoyen comme tout le monde, pour que tu aies ta chance comme n’importe qui au travail, à l’école ou ailleurs.

Dans leurs entreprises et institutions, ils ne voient pas en toi un musulman, mais un collègue, un homme qui porte sa brique comme tous à l’édifice du vivre-ensemble.

La foi est aussi une confiance, une espérance, une interrogation du sens, une quête de la tranquillité de l’âme ; mais si elle veut imposer aux autres, elle n’est plus de Dieu, elle devient violence et abolition de l’autre. Or, le divin est une sublimation, à la manière de Hallaj et de Rûmi, et non un ensauvagement, une négation des altérités.

Et si le problème, le vrai problème dans l’histoire de ces inquisiteurs, vicaires autoproclamés, était le doute. Voir l’autre dé-jeuner et sentir percer le doute au cœur ; ce doute qui met la foi sur un même pied d’égalité que n’importe quelle conviction…

Parce que de tout temps ou presque, l’école, la famille et autres espaces de transmissions culturelles, n’ont jamais enseigné la foi en dehors de son affirmation, de sa dimension prosélyte.

On n’a jamais expliqué à nos enfants que la foi interroge le mystère et le silence des espaces infinis, on a toujours enseigné la religion version imams et prêtres et jamais le fait religieux version sciences et raison. Parce qu’enseigner le fait religieux, c’est interroger l’histoire, fouiller dans les sociétés, aller jusqu’à l’origine de la naissance de la croyance, de la foi, de la question du Comment.

Eh bien, c’est simple, d’autant plus que l’islamisme est de plus en plus la norme dans nos sociétés, nous avons fabriqué des croyants incapables de voir dans le compatriote plus loin que l’explication identitaire par la religion.

Avocats, juges, enseignants, artisans… la religion devient l’explication première de tout le vivant, alors que la religion, comme toute chose humaine, est une construction humaine historique, sociale, culturelle, sociologique, politique, linguistique, anthropologique…

« La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s’y trouve», disait le grand soufi Djalal ad-Dîn Rûmi. Autrement dit, tu ne détiens aucune vérité, hormis ton petit bris de miroir ; tu n’as pas à gouverner le corps des autres ; tu as seulement le droit de gouverner ton corps.

Louenas Hassani

La BEA ouvrira cinq agences en France : un signe de continuité économique

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BEA
La BEA ouvrira ses premières agences en France.

Alors que les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie connaissent de sérieuses turbulences, la coopération économique entre les deux pays se poursuit. La récente annonce de l’ouverture de cinq agences de la Banque Extérieure d’Algérie (BEA) en France illustre cette dynamique.

Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a confirmé, dans une réponse  la question écrite au député de la communauté nationale résidant à l’étranger (France), Abdelwahab Yakoubi que la BEA avait obtenu, en date du 16 janvier 2025, l’agrément de la Banque Centrale Européenne et de la Banque Centrale Française, permettant ainsi à l’institution bancaire algérienne d’exercer pleinement ses activités sur le sol français.

L’ouverture de ces agences répond avant tout aux besoins de la communauté algérienne installée en France. Selon le ministre des Finances, ces nouveaux établissements permettront de faciliter le transfert des fonds des résidents algériens vers leur pays d’origine, qu’il s’agisse d’épargnes, de pensions ou de cotisations sociales. « Les membres de la communauté nationale pourront également bénéficier de divers services bancaires, qu’ils soient traditionnels ou islamiques, notamment pour le financement immobilier et le paiement des mensualités de prêts par virement bancaire », a précisé Abdelkrim Bouzred. Il reste à savoir si les Algériens vont se passer du marché parallèle plus lucratif pour les détenteurs de la devise pour mettre leur argent à la BEA.

Des relations économiques qui perdurent malgré la crise

Si la diplomatie franco-algérienne traverse des phases de tension, l’économie, elle, continue de suivre son cours. Le processus d’agrément de la BEA a certes pris du temps, notamment en raison des procédures de validation menées par les autorités monétaires européennes et françaises, mais son aboutissement témoigne d’une volonté de maintenir les échanges économiques entre les deux pays.

La France reste l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Algérie, et la présence renforcée de la BEA sur son territoire montre que, malgré les différends politiques, les intérêts économiques et le pragmatisme l’emportent. Pour l’Algérie, c’est aussi un moyen de renforcer son influence financière à l’international et d’apporter un soutien concret à sa diaspora. Ce développement illustre ainsi une réalité incontournable : les affaires continuent, quelles que soient les tensions diplomatiques.

La rédaction

L’ex-ministre Tahar Khaoua condamné à 6 ans de prison pour corruption 

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Tahar Khaoua

Le pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption financière et économique au tribunal de Sidi M’hamed a prononcé ce mardi une peine de 6 ans de prison ferme et une amende d’1 million de dinars à l’encontre de l’ancien ministre chargé des relations avec le Parlement, Taher Khaoua, a rapporté le média en ligne  Ennahar dans son édition de ce mardi 4 mars 2025.

L’ancien ministre  a été poursuivi pour les  chefs d’inculpation d’acceptation d’un avantage indu, abus de fonction et trafic d’influence. Des accusations établies suites à des faits   de corruption liés à l’attribution d’un parc de stationnement à un homme d’affaires de manière douteuse, pour une valeur dépassant 600 millions de dinars.

Le procureur de la République a requis 10 ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars contre Tahar Khaoua, 

Dans la même affaire, le deuxième accusé, nommé B. Mohamed, a été condamné à 5 ans de prison ferme et une amende de 1 million de dinars.

L’affaire a commencé après une plainte déposée par un homme d’affaires, B. M., contre l’ancien ministre. Ce dernier lui aurait promis l’attribution d’un parking dans la capitale afin d’y stocker le matériel de son fils, entrepreneur. Cependant, selon la plainte du plaignant, l’ancien ministre lui aurait soutiré plus de 600 millions de dinars.

Lors de son interrogatoire devant le tribunal, Taher Khaoua a nié en bloc toutes les accusations. Il a expliqué que ses échanges concernaient les fils de l’accusé Mohamed en 2013, lorsqu’il leur avait vendu un appartement situé dans la wilaya de Batna. Cet appartement, acheté par un prêt bancaire auprès de la banque Al Baraka pour 90 millions de dinars, aurait été vendu à Hicham, le fils de Mohamed. La moitié du montant aurait été payée, tandis que le reste aurait été couvert par une reconnaissance de dette.

Cette affaire constitue la deuxième poursuite judiciaire contre Taher Khaoua, raporte encore Ennahar. L’ex ministre avait déjà été condamné en novembre 2022 par la chambre pénale 6 de la cour d’Alger à 12 ans de prison ferme pour une autre affaire de corruption. Cette affaire impliquait également l’ancien wali de Batna, Mohamed Salamani, qui avait été condamné à 2 ans de prison ferme.

Samia Naït Iqbal

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Le compte Premium est plus adapté aux traders expérimentés. Il présente toutes les caractéristiques du compte standard, mais le spread moyen est de 1,6 pips. La taille minimale du lot est également la même, à savoir 0,01.

Compte Privilege

Le compte Privilege comprend toutes les caractéristiques des comptes Standard et Premium, telles qu’un dépôt minimum de 50 $ et un effet de levier flexible. Cependant, les traders peuvent bénéficier de spreads moyens inférieurs de 1,1 pips et d’une taille de lot minimum de 0,01.

Compte Cent

T4Trade propose également le compte Cent, qui est parfait pour les traders qui souhaitent négocier avec de plus petits montants. Ce compte est libellé en cents et offre donc un environnement à faible risque pour les traders qui souhaitent développer leurs stratégies de trading. 

Les traders peuvent également bénéficier d’un effet de levier flexible et la taille minimale de lot de 0,01 s’applique également au compte en cents.

La gamme de types de comptes de T4Trade convient à différents styles de trading, niveaux d’expérience et tolérance au risque. Le choix de quatre types de comptes différents permet aux traders de choisir un compte qui répond à leurs besoins et préférences spécifiques.

Revue T4Trade: Spreads

Les spreads compétitifs de T4Trade sont une caractéristique tout aussi importante de cette revue T4Trade. Les spreads sont importants car ils représentent les coûts de trading. Il s’agit d’un facteur clé pour les traders, car les coûts de transaction ont un impact sur la rentabilité. 

T4Trade offre des spreads compétitifs sur une large gamme d’instruments financiers, de devises, de métaux, de contrats à terme, de matières premières, d’actions et d’indices. La plupart des instruments de trading de T4Trade ont des spreads bas, ce qui permet aux traders d’exécuter leurs transactions à moindre coût.

Des comptes à spreads fixes et flottants sont disponibles chez T4Trade, et les spreads peuvent varier en fonction de facteurs tels que le type de compte et les conditions du marché.

Pour les traders qui recherchent la stabilité et des coûts de trading fixes, les comptes à spreads fixes de T4Trade sont préférables car les traders pourront connaître leurs coûts de trading à l’avance. En effet, le spread reste le même quelles que soient les conditions du marché.

T4Trade offre des spreads compétitifs, avec des spreads fixes à partir de 1,2 pips sur différents instruments financiers.

Revue T4Trade: Formation

L’une des priorités de T4Trade dans cette revue T4Trade est la formation de ses traders. Par le biais de la formation de T4Trade, le courtier fournit une large gamme de ressources éducatives pour les traders débutants et avancés. 

Les webinaires, les podcasts et les vidéos de trading sont quelques-unes des ressources éducatives proposées par T4Trade:

Webinaires

T4Trade organise des webinaires animés par des experts du secteur. Les webinaires en ligne couvrent un large éventail de sujets tels que l’analyse fondamentale et technique, les stratégies de trading, la gestion du risque, et plus encore. 

Grâce à ces webinaires, T4Trade fournit à ses traders des informations précieuses et des connaissances pratiques pour améliorer leurs compétences en matière de trading.

Podcasts

Les podcasts de T4Trade couvrent différents aspects du trading. Ils abordent une grande variété de sujets intéressants tels que « Quels sont les traits les plus communs des traders qui réussissent » ou « 3 choses que vous devriez savoir avant de trader le forex ».

Vidéo à la demande

T4Trade propose également des vidéos à la demande, qui comprennent une bibliothèque de vidéos éducatives préenregistrées. 

Ces vidéos couvrent un large éventail de sujets liés au trading, y compris les bases du forex, les conseils de trading, l’analyse technique, l’analyse fondamentale, les stratégies de gestion du risque, et bien plus encore. 

Les traders peuvent regarder ces vidéos à leur propre rythme et apprendre à leur convenance. Des commentaires quotidiens aux bases du forex, aux conseils de trading, à l’analyse technique, à la gestion du risque, à la psychologie du trading et bien plus encore, ces vidéos sont parfaites pour vous permettre de rester affûté, concentré et inspiré.

Les ressources éducatives de T4Trade couvrent tous les types de traders, des débutants cherchant à apprendre les bases du trading, aux traders expérimentés souhaitant affiner leurs stratégies.

Pourquoi recommander ce courtier?

T4Trade, régulé par l’Autorité des services financiers des Seychelles, offre une large gamme d’instruments de trading, y compris le forex, les contrats à terme, les matières premières, les actions et les indices. 

Avec ses spreads compétitifs, sa plateforme de trading fiable, ses ressources éducatives étendues et ses quatre types de comptes de trading, le courtier est un choix fiable qui offre aux traders une expérience de trading agréable.

Toute activité de trading comporte des risques. Il est possible de perdre tout son capital.

L’insupportable chantage du pouvoir d’Alger

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Selon le pouvoir et ses relais, les opposants qui continuent de s’exprimer à l’étranger sont tous des traîtres !

C’est maintenant une certitude, selon l’œil du 20 heures de France 2, diffusé ce lundi 3 mars, les relais du pouvoir d’Alger se déploient sur le territoire de l’Hexagone pour faire du chantage aux Algériens qui refusent de se taire face à des dérives totalitaires qui font de tout Algérien qui ose s’exprimer librement, un ennemi à abattre.

Les opposants au régime sont approchés en France afin qu’ils partagent des informations sur les militants qu’ils côtoient et sur leurs activités, en échange d’un retour en Algérie et de l’abandon des poursuites à leur encontre. Des méthodes dignes de la Gestapo.

Dans une note confidentielle, les renseignements territoriaux français confirment « l’existence d’une stratégie d’influence développée par Alger auprès de sa diaspora, qui s’appuie sur les réseaux sociaux ». Mais, dans l’ombre, l’enquête de « L’œil du 20 heures » démontre que le pouvoir algérien manœuvre également directement sur le sol français, pour neutraliser et récupérer ses opposants.

Ghilas Aïnouche, ce caricaturiste de 36 ans, a été condamné par contumace à dix ans de prison pour « atteinte à la personne du président de la République algérien ». Mais même en France, ses dessins lui valent des menaces sans ambiguïté des partisans du régime. « C’est toujours les mêmes termes.

Nous sommes des harkis, des traîtres, des collabos, à la solde de la France. Ils disent qu’on est payés pour insulter l’Algérie et le peuple algérien », témoigne le dessinateur. « Ils », ce sont « le régime et ses partisans », ajoute-t-il, tout en affirmant être régulièrement contacté par les autorités algériennes, qui lui proposent un marché : l’annulation de sa peine de prison contre un ralliement au régime. « On a déjà essayé de m’approcher pour faire sauter les dix ans de prison. On m’a appelé, mais je n’ai pas voulu me rendre à ce rendez-vous. J’ai refusé, assure-t-il. Je ne pense pas qu’il y ait un opposant que le régime n’ait pas essayé d’approcher. »

Si Ghilas Aïnouche n’a jamais donné suite, d’autres opposants ont voulu savoir ce qui se cachait derrière cette promesse. Trois opposants membres du MAK, le Mouvement autonomiste kabyle, classé organisation terroriste par Alger pour « atteinte à l’unité nationale », donnent rendez-vous dans un petit local parisien qui leur sert de QG.

Il y a six mois, l’un d’eux a été approché, via les réseaux sociaux, par un homme qui affirmait parler au nom de l’Etat algérien, avec une proposition explicite : « Si tu veux rentrer, on peut t’aider. Ta condamnation sera effacée. »

Le soir de leur rencontre avec « L’œil du 20 heures », ils ont accepté un rendez-vous téléphonique avec leur interlocuteur, un certain Mourad A. qui affirme travailler au ministère de l’Intérieur algérien. « Un ministère puissant », ajoute-t-il. L’échange est cordial. En réponse à la question de l’un des opposants, « Pourquoi l’Algérie accepte-t-elle qu’on revienne alors qu’on a quand même trahi, qu’on est classifiés comme terroristes ? », Mourad A. l’assure : « L’Algérie n’abandonne jamais ses enfants. »

Avis aux amateurs !

Par ailleurs, tout le monde l’aura remarqué, depuis l’arrestation et l’incarcération de Boualem Sansal, les réseaux sociaux sont envahis par les relais du pouvoir pour insulter et menacer tous azimuts, tous ses défenseurs, avec un vocabulaire explicite des plus exécrables.

Décidément, rien ni personne ne semble en mesure d’arrêter ces fous qui tiennent l’insulte pour seul argument. 

Ah si les morts pouvaient revenir témoigner ! Nous verrions alors qui de leurs parents ou des nôtres ont libéré le pays.

Kacem Madani

Mohamed Ben Salmane appelle ses opposants à rentrer en Arabie saoudite

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Mohamed ben Salman
Le Prince héritier saoudien

« Selon les directives du prince héritier, si aucune poursuite n’a été engagée contre vous pour homicide, vol ou agression et que vous avez été induit en erreur, l’État vous accueillera et ne vous punira pas », a déclaré Abdulaziz Al-Howairini, chef de la présidence de la sûreté de l’État saoudienne.

Lors d’une interview diffusée pendant le ramadan sur la chaîne MBC, Al-Howairini a annoncé que les opposants en exil pouvaient, en théorie, revenir en Arabie saoudite sans craindre de sanctions, à condition qu’ils n’aient pas commis de crimes graves, tels que le meurtre, le vol ou l’agression. Une déclaration qui semble viser à adoucir l’image d’un régime autoritaire tout en rappelant les lourdes implications de ses décisions.

Cependant, ce message, en apparence conciliant, soulève plusieurs questions sur l’étendue du contrôle que le pouvoir exerce sur la société saoudienne. En effet, Al-Howairini a précisé que même ceux qui n’ont pas réellement commis de crimes, mais qui en ont seulement eu l’idée, seraient pris en charge par l’État.

« Toute personne qui décide de rentrer, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée contre elle pour agression, homicide ou autres actes violents, et si ses actions se sont limitées à l’opposition ou si elle a été exploitée par des haineux ou si elle a reçu de l’argent à un moment donné ou si elle a été induite en erreur, elle est la bienvenue pour revenir sans craindre de sanction», a-t-il encore ajouté.

Cette déclaration laisse entendre que les autorités saoudiennes pourraient intervenir non seulement sur les actes, mais aussi sur les pensées et les intentions de leurs citoyens, étendant ainsi la répression bien au-delà de la simple commission d’un délit. Si une personne est soupçonnée de nourrir des idées d’opposition, même sans les avoir mises en acte, l’État se réserverait le droit de « régler » cette question. Une notion qui incarne parfaitement l’autoritarisme d’un régime prêt à contrôler la pensée et la parole des individus, tout en étendant sa mainmise sur la vie privée des citoyens.

Les propos d’Al-Howairini, qui cite les directives du prince héritier Mohammed bin Salman, vont dans le sens d’une ouverture apparente pour les opposants, à condition de n’avoir commis aucun acte violent. Il affirme que ceux qui ont été « induits en erreur », qui ont « été exploités par des haineux », ou qui ont simplement exprimé des idées opposées au régime, peuvent revenir au pays sans crainte de sanctions.

Cependant, ce type de « clémence » n’est qu’une illusion qui dissimule une réalité bien plus sombre. Le régime saoudien reste l’un des plus répressifs au monde, où toute forme de dissidence est surveillée et punie avec une extrême rigueur.

Dans cette perspective, la possibilité de rentrer au pays sans craindre de poursuites semble conditionnée par une acceptation tacite du système autoritaire en place. Les opposants doivent être prêts à se conformer aux normes imposées par le pouvoir, sous peine de se retrouver isolés et persécutés.

L’affirmation selon laquelle l’État accueille ceux qui n’ont pas « commis de crime » est en réalité une manière de renforcer l’idée que la dissidence elle-même est un crime, une idée dangereuse qui remet en cause les libertés fondamentales.

Par ailleurs, la mise en place d’une ligne téléphonique dédiée, à laquelle les ressortissants saoudiens peuvent contacter les autorités et solliciter de l’aide, apparaît comme une autre manifestation de ce contrôle omniprésent. Les autorités affirment que les communications sont confidentielles, mais le simple fait de devoir passer par une structure aussi centralisée soulève des doutes sur le véritable but de cette mesure.

N’est-ce pas une manière supplémentaire d’exercer une pression psychologique sur les individus en exil, en leur faisant savoir que l’État a les moyens de suivre leurs déplacements et d’intervenir dans leurs vies ?

Il faut également souligner que la nature même de ces « instructions » dénote une volonté de normaliser la répression en Arabie saoudite. Si le prince héritier met en avant un discours d’ouverture, en réalité, ce système impose une surveillance constante et une menace latente sur toute forme de dissidence. Chaque opposant doit être conscient qu’en exprimant ses désaccords, même de manière pacifique, il se place potentiellement sous la menace d’une sanction qui peut survenir à tout moment. Il ne suffit pas de ne pas commettre de « crimes violents » pour être à l’abri ; l’intention et l’opinion elle-même deviennent des éléments de jugement.

En ouvrant la porte à un retour supposé sans répercussions pour certains exilés, le pouvoir saoudien ne fait que renforcer son contrôle autoritaire, en s’assurant que même la simple idée de s’opposer à lui soit perçue comme une menace à neutraliser. Le régime de Mohammed ben Salmane continue donc de modeler la société saoudienne selon ses propres critères, écrasant sous la pression toute forme de contestation et assurant une emprise totale sur ses citoyens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Le régime saoudien, dirigé par le prince héritier Mohammed ben Salmane n’a pas changé par rapport à son passé. Il ne cesse de renforcer son autoritarisme, en exerçant un contrôle strict sur la population et en étendant sa surveillance à l’international. Dans ce contexte, les opposants saoudiens, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, se trouvent sous une pression constante, souvent sous l’ombre d’une menace de répression ou de sanctions.

Cet appel participe de la volonté du prince héritier de polir son règne sans changer en rien le fond de l’architecture de la monarchie.

Sofiane Ayache

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