4 avril 2025
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Salim Zerrouki : Rwama, un immeuble au cœur de la mémoire algérienne

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Salim Zerrouki

Dans Rwama, Salim Zerrouki nous plonge au cœur d’un immeuble emblématique d’Alger, témoin des espoirs et des désillusions d’une génération. À travers une narration mêlant témoignage et fiction, il dresse le portrait d’une Algérie en mutation, de l’utopie socialiste des années 1970 à la désillusion des décennies suivantes.

Son regard, à la fois intime et lucide, interroge la mémoire collective et les fractures sociales du pays. Dans cet entretien, il revient sur la genèse de son œuvre, les influences qui ont façonné son récit et l’impact durable de cette histoire sur sa propre vie et son travail d’artiste.

Le Matin d’Algérie : L’immeuble que vous décrivez dans Rwama est un microcosme de la société algérienne. Comment avez-vous travaillé cette dimension symbolique ?

Salim Zerrouki : Je dirais plutôt que c’est la juxtaposition de la cité CNS et de la cité olympique qui représente ce microcosme. L’utopie sociale d’une Algérie socialiste s’est peu à peu effondrée sur elle-même. L’immeuble Rwama était le témoin parfait de cette désillusion : un bâtiment neuf, moderne et esthétique, mais qui n’a pas résisté longtemps dans une Algérie engloutie par la corruption.

Le Matin d’Algérie : Les années 1970 symbolisent une période d’espoir en Algérie, tandis que les années 1990 sont synonymes de violence et de désillusion. Comment interprétez-vous cette métamorphose ?

Salim Zerrouki : Comme j’essaie de le raconter à travers mes souvenirs, l’Algérie de Chadli était une Algérie injuste (et pour ma part, elle l’est toujours). Elle a nourri un profond sentiment de hogra, avec les pénuries alimentaires, le chômage, le trabendo… Pendant ce temps, le parti unique et ses proches se livraient à des détournements de fonds publics, comme les fameux 26 milliards du fils de Chadli. Une telle injustice, endurée pendant des années, ne pouvait que mener à la révolte d’octobre 1988.

Le Matin d’Algérie : Pensez-vous que la fin de la guerre civile des années 1990 représente une rupture définitive avec les idéaux des années 1970 ?

Salim Zerrouki : Je ne suis pas un spécialiste de la question, je reste un artiste qui tente de témoigner de son époque. À mon avis, les idéaux des années 1970 sont morts avec Boumediene.

Le Matin d’Algérie : Comment la mémoire collective des Algériens a-t-elle été façonnée par ces différentes périodes ?

Salim Zerrouki : C’est une mémoire défaillante ! Après l’indépendance, on nous a appris à l’école une histoire officielle : celle d’une Algérie arabe et musulmane, qui n’a rien à voir avec ce que j’ai découvert plus tard en dehors de l’école. Le FLN a toujours écrit une histoire sans relief, une histoire à sens unique. L’un des plus grands défis de l’Algérie est de réécrire son histoire, en se rapprochant le plus possible de la réalité.

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Le Matin d’Algérie : Dans Rwama, l’enfance est à la fois un refuge et un prisme à travers lequel vous observez le monde. Pourquoi ce choix de perspective ?

Salim Zerrouki : L’histoire de Rwama est chronologique. Ce que je raconte, ce sont mes souvenirs d’enfance et ceux de mes voisins. Je ne voulais ni réécrire ni embellir, mais témoigner de ce que j’ai vu enfant et le raconter tel quel.

Le Matin d’Algérie : Votre écriture oscille entre fiction et témoignage. Comment parvenez-vous à équilibrer ces deux dimensions ?

Salim Zerrouki : Pour moi, il n’y a pas de fiction dans ce roman graphique, tout est vrai. J’ai changé les noms pour protéger l’identité de mon entourage, mais tout le reste est la stricte vérité ! Même l’immeuble parle parfois… Il faut juste savoir l’écouter !

Le Matin d’Algérie : L’architecture et les lieux ont une forte présence dans votre récit. Comment le décor influe-t-il sur la construction de votre histoire ?

Salim Zerrouki : J’ai toujours su que j’avais une chance immense d’habiter la cité olympique. Même à huit ans, je voyais où habitaient mes cousins, je voyais la cité CNS, je voyais le reste du pays, et je constatais la beauté de la cité olympique. Même enfant, cet esthétisme brutaliste me touchait. En grandissant, j’ai développé une sensibilité aux couleurs des différentes constructions, à la typographie, à tous ces détails qui faisaient la beauté de ce lieu. C’est quelque chose que je voulais exprimer depuis longtemps.

Le Matin d’Algérie : Quels écrivains ou œuvres vous ont influencé dans l’écriture de Rwama ?

Salim Zerrouki : Quand j’ai écrit Rwama, il ne ressemblait pas aux deux tomes que vous connaissez. Au départ, c’était plus proche d’un one-man-show, avec beaucoup de vannes et de punchlines. Cet esprit, je le dois à Aïder Mahmoud, Fellag, Dilem… Ces artistes ont énormément façonné ma jeunesse, et l’humour que j’ai adopté dans ma narration vient de là.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes-vous inspiré de témoignages ou d’autres formes d’archives pour nourrir votre récit ?

Salim Zerrouki : Oui, énormément. D’ailleurs, à la fin du tome 2, j’ai ajouté une bibliographie. Mais s’il ne fallait citer qu’une seule source qui a tout changé pour moi, ce serait celle du Tribunal Permanent des Peuples. Ce tribunal d’opinion répond aux demandes de communautés ou de peuples dont les droits ont été violés.

En 2004, il y a eu un procès sur l’Algérie concernant les violations des droits de l’homme entre 1992 et 2004. C’est une véritable mine d’or ! Le site rassemble 19 dossiers distincts, organisés par thème : exécutions extrajudiciaires, détentions arbitraires, disparitions forcées, massacres, centres de torture… Ce travail repose sur des témoignages recueillis par des organisations comme la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, le Collectif des familles de disparu(e)s, Amnesty International, Human Rights Watch… En plus de cela, on y trouve des documents officiels comme des lois, décrets, arrêtés, circulaires, extraits du code pénal… Tous les dossiers sont en PDF. Je conseille à tous les Algériens désireux d’en savoir plus sur la guerre civile de les consulter.

https://algerie-tpp.org/algerie_tpp.htm

➡️ Tribunal Permanent des Peuples – Session sur l’Algérie

Le Matin d’Algérie : Quel impact cette période et cet immeuble ont-ils eu sur vous, même après toutes ces années ?

Salim Zerrouki : Cet immeuble est une grande blessure en moi. Chaque fois que je le vois, ça me fend le cœur… D’ailleurs, je ne veux plus le revoir.

Le Matin d’Algérie : Si vous deviez faire un parallèle entre votre enfance et celle de la génération actuelle, quels éléments vous paraissent les plus marquants ?

Salim Zerrouki : C’est une question difficile pour moi, car je n’ai pas assez d’éléments sur cette génération pour faire une comparaison. Mais chaque génération est différente, avec ses propres codes, ses forces et ses faiblesses. Chaque génération porte en elle son espoir et celui des générations avant elle.

Le Matin d’Algérie : Après Rwama, quels projets souhaitez-vous explorer ? Continuerez-vous à mêler histoire personnelle et mémoire collective dans vos futures œuvres ?

Salim Zerrouki :Mon prochain projet, que j’ai déjà entamé, traite des essais nucléaires français dans le Sahara algérien… alors que l’Algérie était indépendante ! Tu savais que la France n’a quitté l’Algérie qu’en 1978 ? La mémoire, tu disais !

Entretien réalisé par Djamal Guettala

Les sénateurs réagissent au bras de fer entre Macron et la droite sur l’Algérie

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Le président Macron a recadré le chef du gouvernement François Bayrou et son ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dans la presse sur les relations avec l’Algérie.

Le chef de l’État refuse toute dénonciation unilatérale des accords de 1968 et appelle à un dialogue « exigeant et respectueux » quand Matignon menace de rompre les accords si l’Algérie refuse de reprendre ses ressortissants expulsables. Mardi soir, les relations franco-algériennes étaient débattues au Sénat et chacun se positionnent entre le chef de l’État et le gouvernement.

Le président a plus les faveurs de la gauche. Le communiste Fabien Gay le dit à sa manière : « Entre la peste et le choléra, je suis plus proche des propos d’Emmanuel Macron que de ceux de Bruno Retailleau. Nous avons le rapport à la colonisation. C’est un sujet pour beaucoup qui est encore extrêmement douloureux 60 ans après. »

Incompréhension chez les sénateurs Les Républicains. Max Brisson conteste la position présidentielle entre l’attentat de Mulhouse et l’échec d’expulsions d’influenceurs algériens. L’heure est au bras de fer. « Nous sommes constamment dans la discussion et nous recevons un coup de pied au derrière sur coup de pied au derrière. Donc il faut de la fermeté. Je rappelle au président de la République que dans la Constitution, il n’y a pas de domaine réservé.

Façon encore de contester ce qu’Emmanuel Macron rappelle ses derniers jours. Seul lui peut décider de la politique étrangère. Le socialiste Patrick Kanner approuve et appelle à la retenue : « On veut un conflit généralisé ? Une rupture diplomatique ? Ça n’a aucun sens. Si les accords de 1968 doivent être révisés. C’est à deux. »

Premiers responsables politiques à avoir mis sur la table la fin des accords de 1968. Édouard Philippe, aujourd’hui candidat déclaré pour 2027, l’un de ses proches, le sénateur Claude Malhuret : « Il faut que l’on rediscute de ces accords de 1968 qui n’ont plus lieu d’être. Il faut le faire de façon raisonnable ou en tout cas essayer. En ce qui nous concerne, les Français. »

Seul point d’accord de droite à gauche, demander la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, toujours emprisonné en Algérie.

RFI

L’Algérie envisage d’organiser une réunion arabe sur la Palestine après l’Aïd el-Fitr

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Gaza ravagée
Gaza ravagée par l'armée israéliene.

Selon des sources diplomatiques arabes citées par le média arabe paraissant à Londres, Al-Araby Al-Jadeed,  l’Algérie a proposé la tenue d’une réunion arabe élargie après l’Aïd el-Fitr, impliquant les pays concernés par la question palestinienne.

L’objectif de cette initiative serait d’élaborer une vision commune qui garantirait la participation de toutes les parties arabes actives dans la résolution de la crise à Gaza, la relance de l’Initiative de paix arabe et l’avancement de la solution à deux États.

Cette décision intervient alors que le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est abstenu de participer au sommet extraordinaire tenu mardi au Caire. Une source officielle algérienne, citée par l’agence de presse algérienne, a déclaré que cette absence visait à protester contre « les déséquilibres et les insuffisances » du processus préparatoire du sommet, dénonçant la « monopolisation » de celui-ci par un nombre restreint de pays arabes.

Une divergence sur la gestion du dossier palestinien

Selon une source diplomatique égyptienne interrogée par Al-Araby Al-Jadeed, le plan de reconstruction de Gaza proposé par l’Égypte, qui a été adopté, inclut une proposition visant à solliciter le Conseil de sécurité de l’ONU pour le déploiement de forces internationales de maintien de la paix à Gaza et en Cisjordanie. Ce dispositif inclurait également le positionnement de ces forces à la frontière entre l’Égypte et Gaza, notamment sur l’axe Salah al-Din (Philadelphie), ainsi que dans les zones de contact entre la bande de Gaza et les colonies israéliennes voisines.

La source a précisé que cette proposition prend en compte les préoccupations sécuritaires d’Israël concernant le désarmement de la résistance à Gaza, tout en intégrant la position du Hamas, qui refuse toute remise des armes avant l’établissement d’un État palestinien. Elle ajoute que l’Égypte remet ainsi la responsabilité aux mains du Conseil de sécurité et de l’administration américaine, soulignant que si la communauté internationale souhaite réellement une solution durable, elle ne doit pas permettre une annexion progressive des territoires palestiniens au profit d’Israël.

De son côté, une source du Hamas a réagi à cette proposition, affirmant que le désarmement de la résistance était une ligne rouge. Toutefois, elle a ajouté qu’une force de maintien de la paix pourrait être envisagée si sa mission se limitait à la surveillance et n’empiétait pas sur la sécurité du territoire ou les capacités défensives des factions armées palestiniennes.

Une initiative algérienne en réaction au sommet du Caire ?

L’annonce de cette réunion élargie par l’Algérie soulève plusieurs interrogations. Pourquoi Alger cherche-t-elle à organiser une autre rencontre sur la Palestine, alors qu’un sommet arabe a déjà eu lieu au Caire et que les pays participants y ont adopté un plan de reconstruction de Gaza ? L’Algérie cherche-t-elle à corriger ce qu’elle considère comme un manque d’inclusivité dans la gestion du dossier palestinien, ou bien veut-elle affirmer son rôle diplomatique en tant qu’acteur incontournable de la cause palestinienne ?

Cette initiative illustre en tout cas les divergences entre certains États arabes quant à la manière d’aborder la crise et d’interagir avec les acteurs internationaux, notamment les Nations unies et les États-Unis. Elle met également en lumière les tensions sous-jacentes entre les différentes approches arabes, entre ceux qui privilégient un règlement par la voie diplomatique avec les puissances occidentales et ceux qui estiment que la résistance palestinienne doit être préservée jusqu’à l’établissement d’un État souverain.

La rédaction

Sommet arabe d’urgence : une feuille de route pour la paix et la reconstruction de Gaza

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Gaza famine
Avec la famine, Gaza est devenue une jungle

Le Caire a accueilli, mardi 4 mars 2025, un sommet arabe d’urgence consacré aux derniers développements de la situation en Palestine et aux efforts de reconstruction de la bande de Gaza.

Répondant à l’invitation du maréchal-président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi et en coordination avec le roi de Bahreïn, Hamad bin Issa Al Khalifa, les dirigeants arabes ont adopté une déclaration finale réaffirmant leur engagement en faveur d’une paix juste et durable basée sur la solution à deux États.

Un engagement renouvelé en faveur d’une paix juste

Les dirigeants arabes ont souligné que la cause palestinienne demeure la question centrale du monde arabe et un enjeu de justice internationale. Le sommet a réaffirmé que la seule issue viable au conflit passe par une solution à deux États, garantissant aux Palestiniens un État souverain sur les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, et assurant la sécurité de tous les peuples de la région.

Dans ce cadre, les participants ont exprimé leur volonté de coopérer avec les acteurs internationaux, notamment les États-Unis, afin de relancer un processus de paix fondé sur les résolutions de l’ONU et l’Initiative de paix arabe de 2002. Une conférence internationale pour la reconnaissance de l’État palestinien devrait être organisée en juin 2025 à New York, sous l’égide de l’Arabie saoudite et de la France.

Rejet du déplacement des Palestiniens et condamnation des politiques israéliennes

L’un des points clés de la déclaration a été la condamnation sans équivoque de toute tentative de déplacement des Palestiniens, considérée comme un crime contre l’humanité et une violation flagrante du droit international. Le sommet a dénoncé les politiques israéliennes de blocus, de famine et de destruction visant à forcer les habitants de Gaza à quitter leurs terres.

Par ailleurs, le refus catégorique de l’annexion de territoires palestiniens en Cisjordanie et l’opposition aux colonisations illégales ont été réaffirmés. Les attaques israéliennes contre la Syrie et le Liban ont également été dénoncées, avec un appel pressant à l’application des résolutions internationales garantissant leur souveraineté.

Un plan arabe pour la reconstruction de Gaza

La reconstruction de la bande de Gaza a occupé une place centrale dans les discussions. Un plan de relèvement rapide et de reconstruction, présenté par l’Égypte et coordonné avec la Palestine et les pays arabes, a été adopté comme une initiative collective. Il prévoit :

La mobilisation de fonds internationaux via un fonds fiduciaire pour la reconstruction.

L’organisation d’une conférence internationale de soutien à Gaza au Caire.

Le retour des habitants déplacés et la garantie d’un accès sécurisé et immédiat à l’aide humanitaire.

La mise en place d’un comité de gestion transitoire pour Gaza, sous l’autorité du gouvernement palestinien.

Le sommet a également insisté sur la nécessité d’une force internationale de maintien de la paix sous l’égide des Nations Unies, afin d’assurer la sécurité des Palestiniens et d’éviter de nouveaux conflits.

Vers une unité palestinienne et une réforme politique

Les dirigeants arabes ont salué les efforts de réforme en Palestine, notamment la formation d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation prochaine d’élections législatives et présidentielles. L’unité des forces palestiniennes sous l’égide de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a été mise en avant comme une priorité pour renforcer la résistance face à l’occupation.

De plus, une attention particulière a été accordée à la situation des réfugiés palestiniens, avec un soutien accru à l’UNRWA, menacé par des restrictions israéliennes. Un fonds international pour les orphelins de Gaza a également été proposé, en réponse aux milliers d’enfants ayant perdu leurs parents dans le conflit.

Une pression juridique et diplomatique accrue sur Israël

Enfin, le sommet a insisté sur la responsabilité légale et matérielle d’Israël pour ses actions à Gaza et en Cisjordanie. Les participants ont appelé à :

Poursuivre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) pour crimes de guerre et génocide.

Exiger l’application des ordonnances de la CIJ sur les violations israéliennes.

Mettre en place un comité juridique arabe pour documenter les crimes et engager des actions judiciaires internationales.

Un tournant décisif pour l’avenir de la Palestine

Ce sommet d’urgence marque une étape cruciale dans la lutte diplomatique arabe pour la cause palestinienne. En combinant initiatives politiques, efforts humanitaires et pressions internationales, le monde arabe entend imposer une solution durable au conflit, garantissant au peuple palestinien son droit à l’autodétermination, à la dignité et à la liberté.

Alors que le Ramadan débute, les dirigeants arabes ont lancé un appel à la désescalade et à la protection des lieux saints, notamment à Jérusalem, en insistant sur le respect du statut juridique et historique de la mosquée Al-Aqsa.

L’avenir de la Palestine repose désormais sur la mise en œuvre effective des décisions prises, ainsi que sur l’engagement de la communauté internationale à faire respecter le droit et la justice dans la région.

Samia Naït Iqbal

L’ombre numérique au-dessus des élèves algériens ?

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Espionnage web

Il m’arrive parfois  de consulter les titres des articles de presse algériens, non pour m’informer, je serais pris de démence, mais pour une veille de ce qui se dit dans ce pas où on n’a le droit de ne rien dire. Qui sait, peut-être un germe de quelque chose, une lumière qui s’allume par erreur ou qui se risque, une nouvelle disposition pour la liberté.

Dans cette recherche rétrospective de plusieurs semaines de publications, car je ménage mon cerveau, il vaut mieux que les attaques cérébrales soient regroupées, je lis un titre qui m’a intrigué, « Tentative de manipulation et de déstabilisation des établissements scolaires », publié le 22 janvier 2024.

Je me suis dit, dans un sursaut d’espoir, qu’on allait enfin parler de l’embrigadement des élèves dans des cellules d’intoxication religieuse ou nationaliste. C’était un moment d’égarement de ma part car dès les premières lignes je suis retombé dans la réalité algérienne.

Voici ce début, « L’Union nationale des parents d’élèves qui «suit avec une grande inquiétude les tentatives de déstabilisation du secteur éducatif», a mis en garde contre toute forme de manipulation des élèves. Appelant ainsi les membres de la communauté éducative, entre enseignants, administrateurs et autres professionnels ainsi que les parents, à surveiller les enfants pour qu’ «ils ne se laissent pas entraîner dans les appels trompeurs publiés par certaines pages suspectes sur les réseaux sociaux. Notamment celles qui appellent les élèves à déstabiliser le fonctionnement de l’école».

Pour eux, il est impensable que le danger de manipulation vienne des enseignants lobotomisés par la doctrine des ténèbres et de l’inculture aussi profonde que les abysses de l’océan. Pour eux, la manipulation est ailleurs, hors des murs des cellules de l’apprentissage et de l’embrigadement à la sauce de George Orwell dans son si célèbre roman 1984.

Internet serait l’ennemi manipulateur, le propagandiste d’idées perverses et dangereuses. Il entraîne les jeunes élèves vers des chemins obscurs incontrôlables. Bien entendu, rien n’est aussi banal de le dire dans n’importe quel pays au monde. Il ne se passe effectivement pas un seul jour dans tous ces pays sans appel à la vigilance et à la formation des élèves face à un outil qui peut effectivement mener vers des sentiers dangereux.

J’ai hésité entre la gigantesque explosion de rire ou la rage la plus extrême.

Pour moi, le danger le plus absolu, le plus manipulateur et le plus mortifère pour ces élèves, sont les professeurs et l’institution scolaire, sans oublier les parents eux-mêmes qui sont les relais volontaires, assumés et convaincus. Que cela ne soit pas perçu par eux démontre la gravité de la prise de contrôle totale des esprits.

C’est époustouflant de lire cela. Internet, au-delà des dangers connus, est probablement la seule fenêtre de liberté et d’ouverture d’esprit au monde qui leur soit possible de bénéficier. Bien sûr dans un océan d’inculture et d’endoctrinement, cette petite lucarne où passe un rayon de soleil, concerne un nombre marginal d’élèves.

Les autres n’y voient qu’un outil d’amusement et de curiosité. Mais même dans les ténèbres, Internet nous permet d’avoir un léger espoir de retenir à flot de l’humanité ces malheureux élèves. Il est vrai aussi que certains autres y trouvent matière pour confirmer ce qui leur a été dit, l’étranger est un monde pervers et décadent.

C’est pour cela que je rappelle à ce journaliste et à cette association de parents d’élèves la lourde responsabilité qui est la leur dans cette dérive de l’Algérie vers un monde des cavernes et des ténèbres.

Boumediene Sid Lakhdar 

L’Algérie à la croisée des chemins : entre régression et espoir d’un sursaut

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Atmane Mazouz

Lors de son dernier meeting à Ouadhias, Atmane Mazouz, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a dressé un constat alarmant sur l’état du pays.

Le discours d’Atmane Mazouz, à la fois incisif et porteur d’inquiétudes, met en lumière deux dangers majeurs qui menacent l’Algérie : la montée d’un islamisme rigoriste gangrenant l’école et les institutions, et la réhabilitation insidieuse des acteurs du terrorisme sous couvert de réconciliation nationale. Implacable.

Un système éducatif sous emprise idéologique

Au cœur des préoccupations soulevées par Atmane Mazouz, l’école algérienne apparaît comme un levier clé d’un endoctrinement progressif. Les programmes scolaires, selon lui, sont infiltrés par un discours conservateur qui bride la pensée critique et réduit l’histoire de l’Algérie à une narration partisane.

Loin de valoriser la richesse millénaire du pays, notamment son héritage amazigh incarné par des figures telles que Massinissa, Jugurtha ou la Kahina, l’enseignement privilégie une lecture dogmatique centrée sur une vision figée de l’islam.

La marginalisation des sciences, de la philosophie et de l’ouverture sur le monde fragilise la capacité des jeunes générations à affronter les défis du XXIᵉ siècle. Dans un monde en perpétuelle mutation, où la connaissance et l’innovation sont des moteurs du progrès, Mazouz dénonce une école qui fabrique des citoyens soumis plutôt que des esprits éclairés. Cette dérive compromet gravement l’avenir du pays, en limitant les perspectives d’émancipation et de développement.

Une réconciliation nationale au prix de l’oubli

L’autre menace soulevée par le président du RCD concerne la réhabilitation progressive des acteurs du terrorisme qui ont ensanglanté l’Algérie durant la décennie noire. Selon lui, cette démarche, menée au nom de la réconciliation nationale, tourne à l’amnésie collective et à l’impunité.

Comment expliquer que des individus ayant assumé des actes de barbarie – attentats, massacres, viols – soient aujourd’hui réintégrés dans les sphères économiques, politiques et médiatiques du pays ? Quel message envoie-t-on aux familles des 200 000 victimes de cette guerre atroce ? Pour Mazouz, cette politique de recyclage des anciens terroristes est une insulte à la mémoire des martyrs et un dangereux précédent qui pourrait plonger l’Algérie dans une nouvelle spirale d’intolérance et de violence.

Un choix décisif pour l’avenir

À travers ce discours, Atmane Mazouz met en garde contre un avenir compromis si ces dérives ne sont pas combattues. L’Algérie ne peut bâtir un État moderne et prospère en sacrifiant son histoire, sa diversité et les principes fondamentaux de la liberté de pensée.

L’école doit redevenir un espace d’apprentissage et d’émancipation, où la pensée critique et la connaissance sont au cœur de la formation des citoyens. La mémoire nationale, quant à elle, ne peut être galvaudée au nom de calculs politiques. La justice et la vérité restent des préalables essentiels pour une réconciliation véritable.

Le constat du président du RCD est sans appel : l’Algérie est à un tournant. Soit elle cède à l’obscurantisme et à l’impunité, soit elle choisit la voie du progrès et de la justice. Le sursaut citoyen sera-t-il au rendez-vous ? L’avenir du pays en dépend.

Samia Naït Iqbal

Les droits de douane américains entrent en vigueur, le Canada, le Mexique et la Chine répliquent

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Donald Trump
Trump part en guerre économique.

Le Canada et le Mexique n’ont « plus de marge de manœuvre » pour éviter l’entrée en vigueur des droits de douane sur l’ensemble de leurs produits aux États-Unis, a prévenu Donald Trump ce lundi 3 mars. Ottawa et Pékin ont annoncé que leurs pays respectifs allaient répliquer dès mardi. 

« Il n’y a plus de marge de manœuvre pour le Mexique et le Canada. Les droits de douane sont un fait. Ils entreront en vigueur demain (mardi) », a assuré Donald Trump à des journalistes à la Maison Blanche ce lundi.

Le Canada a, dans la foulée, annoncé mettre en place des droits de douane sur les produits américains, dès ce mardi 4 mars, en représailles, a déclaré lundi le Premier ministre Justin Trudeau, estimant que « rien ne justifiait ces mesures » américaines. « Si les droits de douane des États-Unis entrent en vigueur, le Canada ripostera à compter de minuit en mettant en œuvre des droits de douane de 25 % sur 155 milliards de dollars de marchandises américaines », a indiqué le chef du gouvernement canadien dans un communiqué.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a estimé que les États-Unis de Donald Trump avaient déclenché une « guerre économique » avec le Canada dans le but de « faire chuter l’économie » pour ensuite « pouvoir annexer » le pays. « C’est ce qu’il veut », a insisté le chef du gouvernement canadien, qui a qualifié la décision du président américain d’imposer des droits de douane sur les produits canadiens de « stupide ».

Selon Justin Trudeau, la question des arrivées de fentanyl aux États-Unis, avancée par le président américain pour justifier l’imposition de droits de douane, est « complètement bidon, complètement injustifié ». « Cela va être dur et cela va frapper durement le Canada », mais le pays ne « reculera pas », a-t-il ajouté, promettant la victoire du Canada.

Plusieurs provinces canadiennes, notamment l’Ontario et le Québec, ont annoncé mardi retirer l’alcool américain de leurs magasins d’état, en riposte à l’imposition de droits de douane sur les produits canadiens par les États-Unis quelques heures plus tôt. « C’est un énorme coup dur pour les producteurs américains », a déclaré Doug Ford le Premier ministre de l’Ontario, qui a rappelé que chaque année la régie de la province vend pour près d’un milliard de dollars canadiens (650 millions d’euros) d’alcool en provenance des États-Unis.

Représailles douanières et non douanières du Mexique

La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a annoncé des représailles « douanières et non douanières » à la décision de Donald Trump de taxer à 25% les importations mexicaines. « Il n’y a pas de motif, de raison ni de justification à l’appui de cette décision qui affectera nos peuples et nos nations », a-t-elle déclaré quelques heures après l’entrée en vigueur des menaces du président américain. Elle en précisera la teneur dimanche 9 mars lors d’une réunion publique à Mexico.

Dans les médias locaux, on souligne que la réponse du Mexique est moins virulente que celle du Canada ou de la Chine. Tandis que des organisations du secteur privé ont affiché leur soutien au gouvernement, la présidente Sheinbaum qui n’est parvenue qu’a retarder la mise en place de ces frais de douane, suit sa stratégie de garder la tête froide et prétend toujours chercher la voie de la négociation.

« Nous ne voulons pas entrer dans une guerre commerciale », prévient-elle. « Cette décision affecte les gens. Je convoque tous les Mexicains et les Mexicaines à faire face à ce défi qui nous est présenté. »

Forte d’un soutien populaire qui dépasse les 80 %, encore au-delà de son prédécesseur, la présidente Mexique appelle à l’unité des mexicains et assure que l’économie Mexique tiendra le coup.

Des produits agricoles américains taxés par la Chine

La Chine a aussi informé instaurer des droits de douane supplémentaires de 15 % sur une série de produits américains, dont le poulet, le blé, le maïs ou le soja, en riposte à l’entrée en vigueur de nouvelles taxes américaines sur les produits chinois. D’autres produits américains importés tels que le sorgho, le soja, le porc, le bœuf, les produits de la mer, les fruits, les légumes et les produits laitiers feront l’objet d’une taxe supplémentaire de 10%.

Autre mesure de représailles : Pékin interdit à 25 entreprises américaines supplémentaires, principalement du secteur de la défense, de mener de nouveaux investissements en Chine. Le gouvernement les accuse de vendre des produits à Taïwan, île indépendante de facto, mais que Pékin considère comme l’une de ses provinces.

« Washington, en agissant unilatéralement, porte atteinte au système commercial multilatéral » et « fragilise les bases de la coopération économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis », a justifié le ministère chinois des Finances dans un communiqué. Les nouvelles taxes entreront en vigueur après le 10 mars 2025, précise le communiqué.

Inquiétude pour l’industrie automobile

Le sort de l’industrie automobile inquiète tout particulièrement. Au cœur des échanges entre le Canada, les États-Unis, mais aussi le Mexique, elle risque de pâtir le plus de la décision. Deux cent vingt-cinq milliards de dollars de biens automobiles transitent entre ces trois pays signataires d’un accord de libre-échange.

« Ce qu’il faudra faire, c’est construire des usines automobiles et d’autres choses aux États-Unis et dans ce cas, il n’y aura pas de droits de douane. C’est ce que je vais dire aux Canadiens et aux Mexicains. Ils doivent construire ici. Ce sera bien mieux, parce que nous sommes le marché où ils vendent le plus. Donc, je pense que ça va être très bien. Très bien pour les constructeurs automobiles », a assuré Donald Trump.

Ces dernières semaines, les appels se sont multipliés de la part des industriels pour empêcher l’application des taxes voulues par le président américain. La semaine dernière, le président du groupe automobile franco-italien Stellantis a fustigé des taxes qui frapperont de manière disproportionnée des constructeurs qui ont des usines aux États-Unis. 

Autrement dit, Donald Trump se tire une balle dans le pied et menace sa propre économie. Stellantis comme Ford se sont établis à Windsor dans l’Ontario pour servir le marché américain. Pour l’économie du Canada, le risque est majeur et Ottawa craint une récession de près de 2,4% et la perte de 1,5 million d’emplois. 

Mais plus fondamentalement, c’est la relation historique de confiance entre deux voisins qui se trouve menacée. Donald Trump piétine l’accord de libre-échange qu’il avait contribué à négocier avec le Canada et le Mexique en 2020.

RFI

Lezzayer vs Fransa : « Beddel abrid, neɣ tikli » : akken kan i ferrunt !

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Hirak

Tanagit n wass n 22/01/2025. Deg yiwen usarag, mlaleɣ Sliman (isem ibeddel), nemyussan yakan, nniɣ-as :

– Trezzuḍ ɣer tmurt akk’akka ?

– Setta iseggasen aya ur ẓriɣ tamurt ; temmut yemma ur tt-ẓriɣ.

– Ayɣer a Sliman ?

– Irgel ubrid ay ameddakel. Ẓriɣ ma kecmeɣ, d abrid ɣer lḥebs n Kolea, neɣ ad ttwaṭṭfeɣ din deg umerdax n ISTN.

– Illa win i yak-d-innan akka ara teḍru  ?

– …

D timrawin n yemdanen i yellan di tmura n medden, ass-a ttwaqqnen, ur zmiren ad kecmen ɣer tmurt n Lezzayer, acku kukran ayen ad d-iḍrun din sɣur temsulta n tmurt, di ddra n tigawt-nsen deg unnar n tsertit, n umennuɣ ɣef izerfan, n yidles neɣ acku banen-d ugar di tikliwin-nni n lḥirak/tanekra n 2019.-2020.

Yal yiwen d tamsalt-is, maca d ayen iḍran yakan d yemdanen ikecmen, taggara ttwarzen deg unekraf, neɣ ttewten s tyita-nni n ISTN, qqimen agguren d wagguren, ǧǧan ixxamen-nsen d warraw-nsen di tmura n medden.

Yal tamurt isseqdacen taɣdemt, ddin akked temsulta akken ad teqqen tamurt deg unnar n tsertit akked izerfan, ur telli deg ubrid iwatan.

Di yal tamurt n umaḍal, uguren n tsertit llan s wudem-a neɣ s wudem-in, maca ferrun s wallalen/moyens n tsertit, s leqder n izerfan, mačči s unekraf akked tuqqna n yemdanen.

Iɣarimen/citoyens n tmurt, wid igan aɣbel i tmurt-nsen, anida bɣun ilin, ur llin d icenga n tmurt-nsen. Ur izmir yiwen ad ten-isdukel, ad ten-izdi akked ibandiyen i yezzenzen tamurt-nsen, i yukren tamurt-nsen, neɣ i yeddan d imenzan/mercenaires di tsertit illan mgal tamurt-nsen. 

Tifrat n wuguren illan gar Fransa akked Lezzayer.

Mačči yiwet temsalt i yellan ur tefri si 1962, maca yesdukel-aɣ umezruy, sduklen-aɣ idammen akked yidles n imelyunen n Izzayriyen-Ifransiyen, llan akka, llan akkin.

D tifrat kan s wid ilhan i d abrid s tmuɣli ɣer yimal, mačči d amčeqlel akked tfusit timeṭṭurfit/extrême droite n Fransa ur neṭṭif adabu di Paris.

Maca, tamurt n Lezzayer issefk ad tezwir deg ubrid-nni n tifrat s tsertit tamaynut n tdukli, tin ara yekksen akukru akked tɣennant. Issefk adabu n Lezzayer ad izwir ad d-isdukel Izzayriyen deg ubrid n lehna akken ad teddukel tmurt, s walɣu amaynut i yal Azzayri illan di berra n tmurt akken ad d-ikcem ɣer tmurt-is mi yebɣa, s walɣu amaynut akken diɣ imeḥbas n tikta di tmurt ad kecmen ɣer yexxamen-sen.

Ass-a, d imeyyaten n Izzayriyen i yellan di yal anekraf, ttwarzen di ddra n tikta-nsen, i yellan di tmurt maca tettwakkes-asen tiɣri akked tlelli-nsen, neɣ netlen di tmura n medden d imenfan n tmara, « exilés politiques », neɣ « exilés volontaires », acku ur uminen taɣdemt n tmurt-nsen.

Tasertit n tdukli n Izzayriyen tella-d yakan deg umezruy, asmi yekker Abane Ramdane di 1955 (1), injer asalu n tdukli i yimeɣnasen n ikabaren illan di tallit-nni (PPA-MTLD, UDMA, PCA, Oulémas…), akken ad dduklen deg umussu n FLN d-ilulen.

D tasertit-nni i yefkan afud ameqqran i tegrawla n tmurt, tekkes iderma, tessemɣer tazmert, armi tessaweḍ tekkes azaglu n temhersa n Fransa di 1962.       

Ass-a, abrid n tdukli n Izzayriyen issefk ad ildi s tsertit tunṣibt n tmurt, s tiɣri n win ibedden d aselway n tmurt n Lezzayer, mačči s wurar akked tḥila n temsulta, akked txerbicin n useqdec d userkec n « les influenceurs » n twaɣit i yessamsen tamurt n Lezzayer s yal aberraḥ n tekriṭ, ɣef tiṭ n tmura n umaḍal.

Diɣ, tadyant n unekcum n umeɣnas n ex.FIS, Anouar Haddam, ɣer tmurt n Lezzayer, terna-d tawaɣit nniḍen i tiṭ n Izzayriyen.

Akken tebɣu tili tuɣalin n Anouar Haddam ɣer tmurt n Lezzayer, nettat tella-d s ufus n udabu n Lezzayer : d tamahelt/ambassade n Lezzayer di USA i yas-ifkan passeport amaynut.

Ass-a, tettban-d tedyant i Yizzayriyen zun d taḥilet nniḍen akken adabu ad isseqdec tamsalt n timeṭṭurfit tineslemt, mgal amussu n Lezzayer deg ubrid n tugdut akked izerfan, deg ubrid n lehna di Tefrikt n Ugafa.

Ma akka i tella temsalt, mačči d abrid-nni ara d-issuffɣen tamurt n Lezzayer si yir tagnit deg tella di Tefrikt n Ugafa, sdat wuguren n yal udem si yal tama : uguren akked Fransa, uguren ittenfufuden gar-aɣ d Merruk, uguren n udabu ur nefri di Tunes, coup d’État n Mali akked Niger, beṭṭu n Libya ɣef sin, imenzan n Wagner-Africa Corps ɣer tlisa…).

Tella tmussni n imezwura, sdat yal ugur, mačči d adegger n udrar : beddel abrid, neɣ beddel tikli…

Aumer U Lamara

Timerna / Notes :

1. Awal n Abane Ramdane di 1955 : « je ne veux rien laisser à la France. Il faut rassembler tout le monde et faire table rase du passé ». Ces deux phrases résonnent encore dans ma tête, c’était le leitmotiv d’Abane, me confiera celle qui lutta à ses côtés avant de devenir son épouse…

Extrait du livre « Nuage sur la Révolution, Abane au cœur de la tempête », ouvrage historique de Belaïd Abane, Koukou Editions, Alger 2009,  p. 89.

Rouissat-Ittihad El Harrach : deux personnes placées en détention provisoire

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Justice

Le juge d’instruction du Pôle pénal national de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication a ordonné, ce mardi, le placement en détention provisoire de deux individus accusés d’avoir tenu des propos incitant à la haine et à la discrimination, à la suite du match entre Mostaqbal Rouissat et Ittihad El Harrach (deuxième division).

Selon le parquet général, qui s’est exprimé à travers un communiqué, l’affaire concerne la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos dans lesquelles plusieurs personnes tiennent des discours à caractère discriminatoire et haineux. Une enquête préliminaire a été ouverte, conduisant à l’arrestation des suspects, identifiés sous les initiales « M.J. » et « A.S. ».

Présentés ce mardi devant le Parquet du Pôle Criminel National, les deux individus ont été mis en examen pour discrimination et incitation à la haine via les technologies de l’information et de la communication et mise à la disposition du public de vidéos pouvant porter atteinte à l’intérêt national.

Après leur première comparution, le juge d’instruction a ordonné leur placement en détention provisoire, conformément aux procédures en vigueur.

Le match entre Mostaqbal Rouissat et Ittihad El Harrach, comptant pour la 21ᵉ journée de la deuxième division, a été annulé avant son coup d’envoi en raison de graves incidents. Des affrontements violents ont éclaté, causant des blessures parmi les joueurs et l’encadrement du club visiteur, qui ont dû être évacués vers l’hôpital.

Face à ces événements, la Fédération algérienne de football a annoncé l’ouverture d’une enquête urgente afin de faire la lumière sur les circonstances de ces violences, dénonçant un « comportement irresponsable ».

R.S.

Le cancer colorectal en Algérie : un enjeu majeur de santé publique

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Cancer

Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus meurtriers au monde. En Algérie, selon les statistiques de 2022 du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), 7 747 nouveaux cas ont été enregistrés, avec 4 380 décès liés à cette maladie.

Le cancer colorectal représente le deuxième cancer plus fréquent en Algérie, après celui du sein. Cette année, 4 082 hommes ont reçu ce diagnostic, contre 3 665 femmes.

Ce cancer touche dans 95 % des cas les personnes de plus de 50 ans et affecte la paroi du côlon et du rectum, la portion terminale de l’intestin, connus sous le nom de gros intestin. Dans la majorité des cas, elle résulte de la transformation de polypes bénins qui se développent le plus souvent dans cette région.

Le cancer colorectal est souvent asymptomatique. Sa détection précoce est essentielle pour améliorer les chances de guérison. En Algérie, le dépistage par la recherche de sang dans les selles (test immunologique fécal FIT) reste marginal. Les gastro-entérologues estiment qu’à peine 10 % des personnes éligibles réalisent ce test, qui repose principalement sur l’initiative individuelle des patients ou la recommandation du médecin traitant.

Ce test doit être réalisé tous les deux ans à partir de 50 ans, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Cependant, certains cancers sont héréditaires, et les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal présentent un risque accru de développer la maladie. Dans ces cas, le dépistage repose sur des examens endoscopiques.

Depuis 2016, ce cancer est en progression constante, en raison de plusieurs facteurs tels que l’allongement de l’espérance de vie, l’évolution des habitudes alimentaires avec une consommation accrue de viandes rouges et transformées, ainsi que la sédentarité. L’augmentation du surpoids, de l’obésité, la consommation d’alcool et le tabagisme constituent également des risques majeurs dans le développement de cette maladie. Une prise de conscience individuelle et collective est donc nécessaire pour inverser cette tendance.

La prise en charge du cancer colorectal dépend du stade de la maladie. À un stade précoce, la chirurgie reste l’option privilégiée. Dans 9 cas sur 10, un cancer du côlon guérit s’il est détecté précocement. Pour les cancers avancés, les thérapies ciblées et l’immunothérapie ouvrent de nouvelles perspectives mais la prise en charge devient plus complexe et invasive.

Outre le dépistage, la prévention joue un rôle clé dans la lutte contre le cancer colorectal. Une alimentation saine riche en fibres et pauvre en viandes transformées, associée à une activité physique régulière, permettrait de réduire considérablement le risque de développer la maladie.

En France, le mois de mars est consacré à la sensibilisation sur l’importance du dépistage du cancer colorectal. « Mars Bleu » est largement médiatisé avec des spots publicitaires percutants. Le kit de dépistage pour les personne de 50 à 74 ans est disponible chez le médecin traitant, en pharmacie ou sur commande via le site de l’Assurance maladie.

Pour lutter efficacement contre ce fléau silencieux, « va chier » et fais le test de dépistage.

Rabah Aït Abache

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