17.9 C
Alger
Accueil Blog Page 29

Code de la route et hausse des carburants :  les symptômes d’un « bricolage institutionnel », pour le FFS

1

Le Front des forces socialistes (FFS) a inauguré l’année politique 2026 par une réunion élargie de sa direction nationale, tenue vendredi 2 janvier au siège national du parti, sous la présidence de son Premier Secrétaire national, Youcef Aouchiche.

Cette rencontre, marquée par une lecture critique de la situation nationale, a permis au plus ancien parti d’opposition de dresser un diagnostic sévère de la gouvernance actuelle, tout en réaffirmant ses priorités politiques à l’approche d’échéances jugées « nombreuses et stratégiques ».

Les travaux ont débuté par une minute de silence à la mémoire du moudjahid et historien Mohammed Harbi, décédé le 1er janvier, figure intellectuelle majeure du mouvement national. 

Le  FFS a ensuite abordé plusieurs dossiers qu’il considère comme révélateurs d’un déficit structurel de vision et d’anticipation des pouvoirs publics.

Au premier rang des préoccupations figure la hausse des prix des carburants, entrée en vigueur dès le 1er janvier. Le parti dénonce une décision « brutale », prise sans préavis ni débat public, et en contradiction avec les engagements officiels de protection du pouvoir d’achat. Pour le FFS, cette augmentation, socialement injuste, risque d’alimenter durablement l’inflation et d’annihiler les effets des récentes revalorisations salariales et sociales. Elle traduirait, selon lui, une gestion improvisée de l’économie et une persistance de « l’illusion monétaire » au détriment de la stabilité sociale.

Le nouveau code de la route constitue un autre exemple, aux yeux du FFS, de cette gouvernance qualifiée de « bricolage institutionnel». 

Adopté dans la précipitation par l’Assemblée populaire nationale, sans concertation avec les acteurs concernés, le texte a provoqué un mouvement de grève d’ampleur, rapidement suivi d’un recul des autorités. Cette séquence, marquée par des décisions et contre-décisions successives, est analysée comme le symptôme d’un affaiblissement des institutions : un exécutif agissant seul et un Parlement réduit à entériner des choix qu’il ne contrôle plus réellement.

Sur le terrain des libertés, le FFS renouvelle son appel à l’ouverture immédiate des champs politique et médiatique, à la libération des détenus d’opinion et à l’abrogation des lois jugées liberticides. Le parti inscrit cette exigence dans une logique d’apaisement et de restauration de la confiance entre l’État et la société.

Concernant la loi sur la nationalité, le FFS rejette fermement toute disposition introduisant la déchéance de la nationalité d’origine, qu’il estime contraire aux principes universels des droits humains et porteuse de risques sérieux d’apatridie. Dans un contexte de judiciarisation accrue de l’action politique, une telle mesure est perçue comme une source potentielle de dérives graves.

Sur la question mémorielle, le FFS réaffirme son attachement à une loi criminalisant la colonisation, tout en émettant des réserves sur le contenu du texte récemment adopté par l’APN. Ces remarques, précise-t-il, seront défendues au niveau du Conseil de la Nation par ses représentants.

Au-delà des critiques, le parti insiste sur la nécessité d’un dialogue national inclusif, sincère et transparent, impliquant l’ensemble des forces politiques et des institutions. Pour le FFS, une telle démarche constitue un levier essentiel pour prévenir les dérives autoritaires, renforcer la cohésion nationale et refonder la gouvernance sur des bases démocratiques et sociales solides.

Enfin, la réunion a permis d’aborder les réformes encadrant la vie politique et les préparatifs des élections de 2026. Le Premier Secrétaire national a présenté le dispositif chargé de préparer ces échéances, tandis que le parti appelle à une révision en profondeur du code électoral afin de garantir une représentation crédible et de lutter contre l’abstention.

La direction nationale a également finalisé les préparatifs du colloque international consacré à Hocine Aït Ahmed, fondateur et président historique du FFS.

La rédaction

Ruben Gallego dénonce la guerre contre le Venezuela : « Illégale et honteuse »

1

Les frappes américaines contre le Venezuela provoquent une vague de critiques au sein même du Congrès. Un sénateur démocrate n’a pas mâché ses mots.

Le sénateur Ruben Gallego (Arizona) a publié sur X : « Second unjustified war in my life time. This war is illegal, it’s embarrassing that we went from the world cop to the world bully in less than one year. There is no reason for us to be at war with Venezuela. »

Traduction : « Deuxième guerre injustifiée de ma vie. Cette guerre est illégale. Il est embarrassant que nous soyons passés de policier du monde à brute du monde en moins d’un an. Il n’existe aucune raison pour que nous soyons en guerre avec le Venezuela. »

Vétéran des Marines, Gallego met en perspective l’opération actuelle et la compare à l’Irak. Aucun mandat légal. Aucun vote du Congrès. Aucun fondement constitutionnel clair.

Même du côté républicain, des voix s’élèvent. Le sénateur Mike Lee (Utah) s’interroge sur la légalité d’une action militaire sans autorisation explicite du Congrès. Washington se retrouve seule face à un débat juridique et politique intense.

Pour Gallego, le problème dépasse la loi : il touche à l’image des États-Unis. Le pays, autrefois « policier du monde », devient une puissance intimidante et agressive. La transition est rapide, moins d’un an.

Les conséquences sont multiples : isolement diplomatique, fractures internes, tension accrue en Amérique latine. Le Venezuela devient un terrain stratégique où se croisent les intérêts internationaux, de la Russie à la Chine.

Le Congrès réfléchit déjà à restreindre le pouvoir présidentiel en matière militaire. Le débat n’est plus procédural : il questionne la légitimité même de l’intervention américaine.

Pour Ruben Gallego, la conclusion est nette : aucune justification n’existe. Sa dénonciation publique illustre un refus de voir les États-Unis s’engager dans des « guerres de bullying » qui sapent le droit international et la crédibilité du pays.

L’enjeu est désormais clair : continuer sur la voie de l’interventionnisme militaire ou réaffirmer les limites imposées par la Constitution et la prudence diplomatique. Le Congrès pourrait bien imposer un virage stratégique, dont les effets sur la politique étrangère américaine seront lourds de conséquences.

Mourad Benyahia 

Donald Trump annonce l’arrestation de Nicolas Maduro

7

Donald Trump, le président américain a confirmé, samedi, l’opération menée par l’armée à Caracas et dans d’autres villes du pays. « Nicolas Maduro et sa femme ont été capturés et exfiltrés » en dehors du Venezuela, a-t-il écrit dans un message sur son réseau social.

L’armée américaine a attaqué le Venezuela et déployé ses forces dans plusieurs villes selon des médias américains. Le ministre de la défense vénézuélien, le général Vladimir Padrino López, a dénoncé, lors d’une allocution à la Nation, ce qu’il a qualifié d’attaque américaine. « Cette invasion représente l’outrage le plus flagrant jamais subi par le pays », a-t-il déclaré. Il a accusé les Etats-Unis d’avoir « frappé (…) des zones résidentielles » et a annoncé un « déploiement massif » de tous ses moyens militaires. Il s’agit de la première apparition publique d’un haut responsable vénézuélien depuis le début des explosions.

Donald Trump qui se piquait de vouloir le prix Nobel de la paix se conduit en homme de guerre. Il annonce que le président vénézuélien Nicolas Maduro, et son épouse, ont été « capturés et exfiltrés » du pays sud-américain, dans un message posté sur son réseau Truth Social, samedi 3 janvier. Il a également précisé que les Etats-Unis avaient mené une « attaque à grande échelle » contre le pays sud-américain. Le dirigeant américain a annoncé une conférence de presse à 17 heures (heure française). Auparavant, de fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols de missiles ou d’aéronefs avaient été entendus dans la capitale vénézuélienne, selon plusieurs médias et les habitants.

Donc l’armée américaine envahit un pays souverain en toute impunité, en violation de toutes les lois internationales, y compris l’ONU. Donald Trump se conduit en cow-boy, dictant sa loi mondiale au reste de la terre. Cette agression suivie de l’enlèvement du président Maduro est un précédent gravissime. Il montre, encore une fois, que les Etats-Unis que le droit international n’est qu’un simple texte violable à souhait.

Quelle sera la position de l’Algérie qui s’est toujours montré au côté du Venezuela ? Va-t-elle condamner cette invasion de Caracas et l’enlèvement de son président au mépris de toutes les lois internationales ou se taire ? Voire pondre un communiqué tiède pour ménager les uns et les autres…

La rédaction

Au rythme des silences de Sadrina Aissani, un appel courageux à la vie

0

Comment peut-on vivre dans un monde bruyant qui nous tourne le dos ? Comment espérer de la quiétude quand tout autour de nous rappelle l’absurdité d’une vie dénuée de toute âme ? La réponse vient par bribes dans le nouveau recueil de poésie de Sadrina Aissani paru cette année à compte d’auteur aux éditions El-Amir.

Autant les virgules sont, dit-on, la respiration de la phrase, les silences sont l’esprit de la vie. Ils sont quelquefois autant d’escales nécessaires pour reprendre le souffle et regarder vers le haut, vers l’horizon des espérances. Combien de fois où ceux qui se sentent seuls, écartés ou rejetés par les vicissitudes de la vie, ont-ils besoin du silence pour se reconstruire, partir sur de nouvelles bases et espérer aller de l’avant, vers le salut ?

Cette interrogation n’est pas du tout anodine et appelle à être regardée avec sérieux. Parler avec soi dans le silence du cœur n’est-il pas la meilleure catharsis spirituelle ? Souvent, on minimise la valeur du silence et de la méditation dans notre vie de tous les jours. Or, rien ne vaille que le silence quand survient l’irréparable. A vrai dire, dans ce modeste recueil de poésie, les mots résonnent en échos furtifs et nous transportent vers des lointains horizons où l’on apprend à suivre les vagues des émotions.

Sadrina Aissani prend soin de choisir ses rimes comme dans une partition musicale, de jouer avec des mots, de sortir des sentiers battus pour nous offrir un texte authentique, le plus proche de la réalité possible : la réalité des gens qui souffrent dans le silence, des personnes aux besoins spécifiques, des malades, des solitaires, etc. Sadrina donne une place aux invisibles, à ceux que l’on tente d’effacer du décor, les sans-voix, les « moins-que-rien », les rejetés, les marginaux, etc.

Quand on lit ce recueil, on prend acte de l’audace de l’auteure, de sa détermination à sortir de sa petite « zone de confort » pour relater avec une fascinante densité la vie de ceux d’en bas, de ses efforts pour donner quelque chose d’utile à la société, de sa volonté de porter à bras le corps les préoccupations de ceux qui souffrent. Et si, certes, la poésie comme art majeur de la brièveté et de la concision ne suffit pas à faire le tour de la question avec exhaustivité, elle n’en reste pas moins d’une profondeur sémantique et verbale dans le cas de la poétesse d’Ath Waghliss.

C’est un langage du cœur, verbalisé avec des vers. Des vers qui se parlent et qui nous parlent, dans une intimité contenue dans une sorte de maison de verre. La poésie n’est pas, après tout, d’après elle, un privilège ou un luxe pour les nantis du verbe, ces « intellos » qui se cachent derrière leur aura élitiste pour nous décrire un monde aussi impénétrable qu’indéchiffrable mais un souffle, une ode, un appel vital à surmonter le mur de l’indifférence.

En réalité, le présent recueil fait suite au premier déjà présenté dans les colonnes du site du Matin d’Algérie : « Plume Vacillante », paru aux éditions de La Pensée où il était question d’une sensibilité à fleur de peau autour de l’art de l’écriture et de la création.

La poétesse de Sidi Aich compte d’ailleurs diversifier l’éventail des thèmes de ses futurs écrits pour toucher un large public, notamment les enfants. Bref, il est un juste rappel concernant «Au rythme des silences» : la poésie est un art à ne pas ignorer ni à sous-estimer. C’est une manière des plus belles et des plus utiles pour dire l’indicible, pour toucher à la fibre sensible de l’humain, dans ses coins et recoins les plus sombres, pour guérir et soigner, pour se comprendre soi-même et comprendre ce qui nous entoure. La poésie, c’est la voix des marges qui se déploie dans le spectre lumineux du verbe pour parvenir au centre des émotions les plus indescriptibles.

Si Aissani avait réussi un quelconque défi, ce serait celui de porter sa fragilité d’artiste et de femme comme un étendard de sa force. Une force « puissante » qui, à travers la douceur de ses silences, nous plonge dans un espoir sans limites, une sorte d’appel courageux à la vie…

Kamal Guerroua

Sadrina Aissani, Au rythme des silences, édition El-Amir, 2025, Alger, 136 pages.

Les Etats-Unis bombardent Caracas : le président Maduro dénonce la «très grave agression»

0

De fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols d’avions ont été entendus vers 2h (6h TU) samedi à Caracas, la capitale du Venezuela, a constaté un journaliste de l’AFP. Le président Maduro décrète l’état d’exception et appelle à la « mobilisation ».

Caracas sous les bombes américaines

Donald Trump est donc passé à l’action après ses nombreuses menaces contre le Venezuela et Nicolas Maduro. De fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols d’avions ont été entendus vers 02H00 (06H00 GMT) samedi à Caracas, a constaté un journaliste de l’AFP. Des bruits d’explosion continuaient à être entendus vers 02H15 (06H15 GMT).

Le Venezuela a dénoncé samedi une « très grave agression militaire » après les explosions qui ont secoué la capitale dans la nuit, et le président Nicolas Maduro a décrété l’état d’exception.

Ces déflagrations surviennent alors que le président américain, Donald Trump, a évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président vénézuélien, Nicolas Maduro, étaient « comptés », après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes.

Les habitants témoins des explosions. Certaines ont secoué les fenêtres des kilomètres à la ronde sans qu’il soit possible de les localiser précisément dans l’immédiat. Elle semblent avoir eu lieu dans le sud et l’est de la capitale vénézuélienne, et possiblement à Fuerte Tiuna, l’énorme enclave militaire dans la ville.

Le président colombien Gustavo Petro condamne l’attaque aux « missiles » contre Caracas. Le dirigeant a réclamé une réunion « immédiate » de l’Organisation des Etats américains et de l’ONU.

Avec agences

Saint-Denis célèbre la culture africaine et afro-descendante en hommage à Lounès Matoub

0

La Bourse du Travail de Saint-Denis (île de France) s’apprête à vibrer au rythme de la mémoire et de la poésie berbère.

À l’occasion de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, proclamée par l’UNESCO et célébrée chaque 24 janvier depuis 2019, la ville rend hommage à Lounès Matoub, chanteur et poète kabyle engagé, assassiné en 1998, dont la voix reste un symbole universel de liberté et de résistance.

L’événement, organisé par les associations Apulivre et Maison Amazigh de Saint-Denis (AMABSD), avec le soutien de la municipalité, sera parrainé par Nadia Matoub, veuve de l’artiste. Cette journée se veut à la fois un moment de célébration et de réflexion, un espace où la culture devient vecteur de mémoire et d’émancipation.

Parmi les temps forts, l’exposition et les lectures poétiques d’Arwa Ben Dhia, poétesse franco-tunisienne et ingénieure, membre d’Apulivre, permettront de découvrir des voix contemporaines en dialogue avec l’héritage de Matoub. 

Les participants pourront également assister à des conférences et des moments d’échange autour de l’œuvre et de l’engagement de l’artiste, qui a marqué l’histoire de la Kabylie et inspiré des générations au-delà des frontières.

La programmation inclut un salon du livre, offrant un espace de rencontres entre auteurs, lecteurs et passionnés de culture africaine et afro-descendante. Ces initiatives rappellent que la culture est plus qu’un patrimoine : elle est un outil de résistance, de dialogue et de transmission.

Pour les organisateurs, cette journée est aussi un moyen de rappeler l’importance de célébrer des figures comme Lounès Matoub, dont la trajectoire artistique et politique continue de résonner face aux défis contemporains de liberté et d’expression. Saint-Denis, ville pluriculturelle, devient pour quelques heures le lieu d’un hommage collectif et d’une rencontre avec l’histoire vivante de la culture africaine et afro-descendante.

Djamal Guettala 

le samedi 24 janvier 2026, de 13h à 19h, à la Bourse du Travail de Saint-Denis (9-11 rue Génin, 93200 Saint-Denis, France).

Loi sur le code de la route : Saïd Saayoud engage les concertations syndicales après le vote de l’APN 

Dans un climat marqué par une grogne sociale latente, les pouvoirs publics ont multiplié ces derniers jours les signaux d’apaisement autour du projet de loi portant code de la route. Une réunion de concertation, présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales, de l’Aménagement du territoire et des transports, s’est tenue avec les principaux partenaires sociaux et syndicats de transporteurs.

L’ombrageux Saïd Saayoud s’en même pour éteindre l’incendie qui commence à prendre suite à l’annonce du projet de loi sur le code de la route. Une initiative présentée comme une ouverture au dialogue, mais qui soulève des interrogations de fond sur la cohérence du processus législatif en cours.

Selon le communiqué officiel ayant sanctionné cette rencontre, les autorités ont tenu à préciser que le projet de loi est « toujours en cours d’étude dans le cadre du circuit législatif en vigueur » et demeure « ouvert à l’enrichissement ». Un message destiné à rassurer, notamment sur les dispositions sensibles liées à la tarification des transports et aux sanctions prévues.

Rétropédalage ?

Toutefois, cette démarche intervient dans un contexte particulier : le texte a déjà été adopté à une large majorité par l’Assemblée populaire nationale. Ce décalage entre la validation par la chambre basse et la relance de la concertation sociale alimente les critiques sur la temporalité du dialogue et la portée réelle du vote parlementaire.

C’est dans ce cadre que le département du ministère dirigé par Saïd Saayoud est appelé à jouer un rôle central. Selon les engagements pris lors des discussions avec les syndicats, ce département ministériel entend prendre en charge les préoccupations exprimées par les professionnels du secteur et les intégrer lors de la prochaine étape du processus, à savoir la soumission du texte au Conseil de la nation. Les amendements envisagés devraient ainsi être portés dans le débat sénatorial, offrant une marge de réajustement institutionnelle au projet de loi.

Cette situation met en lumière une forme de déconnexion entre le vote des députés, censés représenter la voix populaire, et l’accueil réservé au texte sur le terrain. Alors que la loi a été validée dans l’hémicycle, une partie significative de l’opinion publique et des acteurs du transport continue d’exprimer ses réserves, voire son rejet, notamment face au caractère jugé coercitif de certaines dispositions.

Sur le plan strictement législatif, la question demeure : à quoi sert le vote parlementaire si l’exécutif annonce, dans la foulée, son intention de revoir le contenu du texte ? En principe, une loi adoptée par l’Assemblée constitue un acte quasi achevé, appelé à être examiné par les sénateurs avant sa promulgation et sa publication au Journal officiel.

La logique institutionnelle voudrait que les phases d’écoute, de concertation et d’enrichissement se déroulent en amont du vote. En ouvrant la voie à des ajustements après l’adoption par la chambre basse, les autorités semblent tenter un exercice d’équilibrisme entre le respect des procédures et la nécessité de désamorcer une tension sociale persistante.

Pour de nombreux observateurs, cette séquence révèle surtout les limites des mécanismes de consultation préalable. La promesse d’amendements au stade du Conseil de la nation apparaît désormais comme un test de crédibilité pour l’exécutif, et en particulier pour le ministère des Transports, chargé de traduire politiquement les revendications des syndicats.

La suite du processus législatif sera donc déterminante. C’est à travers le débat sénatorial et, in fine, la version publiée au Journal officiel que se mesurera la capacité des institutions à concilier impératif parlementaire et prise en compte effective des réalités sociales. Seule cette issue permettra de trancher entre un simple ajustement de forme et une réelle inflexion du contenu de la loi.

Samia Naït Iqbal

2026, bonne année… la facture arrive

L’Algérie a une manière élégante de commencer l’année. Elle souhaite le bonheur, puis elle le facture. La hausse du carburant n’est pas une mesure, c’est un signal. Un coup de klaxon au réveil pour rappeler que la caisse existe encore et que nous aussi, nous sommes toujours là pour régler.

Ce n’est pas l’essence qui augmente, c’est le quotidien qui se resserre. Le carburant reste le robinet principal. On tourne la poignée et tout suit. Transport, pain, tomate, pièces détachées, services, prix, humeur. Une hausse à la pompe et, par un mécanisme parfaitement rodé, la vie devient plus courte, plus chère, plus étroite. On appelle cela un ajustement. Pour nous, c’est simplement encore.

La gifle est toujours accompagnée d’une phrase censée calmer. Elle annonce surtout qu’il faut s’habituer. Qu’il vaut mieux encaisser sans trop regarder. Elle sert à anesthésier l’addition.

Les premiers à encaisser sont connus d’avance. Les chauffeurs.

Visibles, utiles, faciles à viser. Ils tiennent la ville par le volant pendant que d’autres tiennent le pays par la parole. Et comme la hausse ne suffit jamais, on ajoute la morale. Une loi, quelques comportements isolés, et c’est toute une profession qui passe à la caisse. PV distribués à l’humeur, contrôles au hasard, sermons en prime. Officiellement, il s’agit d’ordre et de sécurité. Dans la rue, cela ressemble surtout à une collecte.

Dans la foulée, on s’en prend aux taxis clandestins.

Personne ne choisit la clandestinité par goût. On y glisse par nécessité, quand le transport public manque et que la fin de mois serre. Ce n’est ni une vertu ni un modèle, c’est une béquille. Le symptôme d’un service absent. Mais il est plus simple de fabriquer des coupables que de réparer un système. Une arrestation fait une image. Une politique demande du temps.

Puis la scène devient plus intime. La poche.

Personne ne sacralise le liquide. On s’y accroche quand la confiance disparaît. Le billet n’est pas une idéologie, c’est un réflexe de survie dans un système bancaire qui rassure moins qu’un tiroir. Et au lieu de réparer l’outil, on serre l’utilisateur. Nous ne sommes plus des clients. Nous devenons des tirelires qu’on secoue quand la caisse tousse.

Dans la vitrine, le dinar suit.

Il ne baisse plus, il s’effrite. Et cet effritement n’a rien d’abstrait. Il se lit dans le panier qui maigrit, le salaire qui rapetisse, les projets qui parlent à voix basse, presque gênés d’exister.

Pendant ce temps, la gouvernance continue à la décoration.

Des ministres choisis non pour la compétence, mais pour la docilité. L’expérience se mesure à la capacité de répéter, d’inaugurer, de rassurer. La phrase compte plus que la structure. Le béton peut fissurer, l’excuse, elle, arrive toujours à l’heure.

Tout cela obéit à une logique simple. La realpolitik version nif.

La tête haute remplace la tête pleine. La posture tient lieu de pensée. La phrase gonflée tient lieu de vision. Et à force de gouverner le nez en l’air, ce n’est pas de la grandeur qui tombe. C’est une bêtise bien habillée.

Nous connaissons la suite.

Patience. Sacrifice. Conjoncture. Complot.

Tout est prêt, sauf l’essentiel. Reconnaître l’échec et en assumer le prix.

Alors oui, bonne année, citoyens. Et bon courage au réel. Celui qu’on ne lit jamais au Parlement.

En Algérie, la fatalité a un calendrier. Tous les dix ans, le boomerang revient.

Les mirages se dissipent, la boue remonte, les caisses sonnent creux.

Le reste relève de la responsabilité de la chaîne de commandement.

Zaim Gharnati

Hausse du carburant sans annonce préalable : le gouvernement s’explique

5

La hausse des prix des carburants, entrée en vigueur en Algérie dans la nuit du 1ᵉʳ janvier 2026, continue de susciter interrogations et réactions dans l’opinion publique. Appliquée sans communication officielle préalable, la mesure a d’abord été constatée directement par les automobilistes dans les stations-service, avant d’être expliquée, a posteriori, par le ministère des hydrocarbures et des Mines.

Dans un communiqué rendu public ultérieurement, le département ministériel de M. Arkab précise que cette révision tarifaire s’inscrit dans une démarche visant à assurer un approvisionnement régulier et durable du marché national, dans un contexte marqué par la hausse des coûts de production, de transport et de distribution des produits pétroliers.

Le ministère souligne que, malgré cette augmentation, l’État continue d’assumer la majeure partie de l’écart entre le coût réel du carburant et les prix appliqués à la pompe. Une politique de soutien qui, selon les autorités, vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à amortir l’impact des fluctuations économiques sur les consommateurs.

Dans le détail, les nouveaux tarifs concernent plusieurs types de carburants. Le prix du litre d’essence est passé de 45,62 dinars à 47 dinars, soit une augmentation de 1,38 dinar. Le gasoil (mazout) est désormais fixé à 31 dinars le litre, contre 29,01 dinars auparavant (+1,99 dinar). Quant au GPL/C, son prix a été réajusté de 9 à 12 dinars le litre, enregistrant la hausse la plus significative.

Le ministère assure que cette révision a été opérée conformément aux textes législatifs et réglementaires en vigueur, et qu’elle vise à trouver un équilibre entre la pérennité du service public énergétique et la protection du consommateur. Il rappelle également que les prix des carburants en Algérie n’avaient pas été modifiés depuis 2020 et demeurent, selon les autorités, parmi les plus bas au niveau international.

Reste que la méthode d’application de cette hausse, sans annonce officielle préalable, a alimenté un sentiment de malaise et de défiance. La diffusion rapide de l’information sur les réseaux sociaux, bien avant toute communication institutionnelle, a renforcé les critiques sur le manque de transparence et de pédagogie autour d’une décision aux répercussions directes sur le coût du transport et, plus largement, sur les prix à la consommation.

Si le gouvernement met en avant des impératifs économiques et budgétaires, cette séquence révèle une nouvelle fois l’importance de la communication publique dans la gestion de mesures sensibles, dont l’impact dépasse largement le seul secteur de l’énergie.

La rédaction

Code de la route et carburant : le syndicat des taxis opte pour la désescalade après l’alerte 

0

En l’espace de deux jours, le Syndicat national des transporteurs par taxi (SNTT), affilié à l’UGTA, a opéré un infléchissement notable de sa ligne.

Après un premier communiqué alarmiste publié au lendemain de l’entrée en vigueur de nouvelles mesures économiques et réglementaires, l’organisation syndicale a opté, dès le 2 janvier, pour une stratégie d’apaisement et de dialogue. Un repositionnement qui intervient à la veille d’un moment socialement sensible : la rentrée scolaire.

Le 1er janvier 2026 a marqué une accumulation de contraintes pour les professionnels du transport individuel. Dans son communiqué n°01/2026, le bureau exécutif national du SNTT dressait un constat sévère de la situation du secteur, évoquant un climat de « tension » au sein de la base syndicale.

Deux facteurs majeurs étaient mis en avant. D’une part, l’application stricte du nouveau code de la route, perçue comme une pression supplémentaire sur des exploitants déjà fragilisés. D’autre part, la hausse des prix des carburants, entrée en vigueur à la même date, qui pèse directement sur les marges et la viabilité économique de l’activité. Le syndicat mettait alors en garde contre les risques de déstabilisation du secteur en l’absence de mesures d’accompagnement claires.

Un changement de cap dicté par le contexte social

Moins de vingt-quatre heures plus tard, le discours syndical s’est sensiblement modéré. Dans un second communiqué (n°02/2026), le SNTT a appelé ses adhérents à la retenue, invoquant la nécessité de préserver la continuité du service public à l’approche de la reprise des cours, prévue pour le dimanche 4 janvier.

Le syndicat a ainsi exhorté les chauffeurs de taxi à faire preuve de « discipline » et de « conscience professionnelle », soulignant l’impact qu’un éventuel mouvement de protestation pourrait avoir sur la mobilité des citoyens, notamment des élèves et de leurs familles. Ce revirement traduit une prise en compte explicite de l’enjeu social et de la responsabilité du secteur dans le fonctionnement quotidien des villes.

Le rôle central de l’UGTA dans la désescalade

Cette stratégie d’apaisement s’appuie sur l’intervention directe de la centrale syndicale. Le SNTT a fait état de l’engagement du secrétaire général de l’UGTA, Amar Takdjout, à porter les revendications des chauffeurs auprès des autorités concernées.

L’organisation syndicale justifie ce choix par plusieurs arguments : la nécessité de préserver l’unité des rangs face aux appels à la contestation venant de  d’horizons divers,  la volonté de privilégier un cadre légal et structuré, ainsi que l’existence de signaux jugés « positifs » dans les échanges avec les ministères de tutelle. Le maintien de la paix sociale apparaît ainsi comme une priorité affichée, dans un contexte économique déjà marqué par de fortes tensions.

Une réunion nationale décisive

L’accalmie observée n’efface toutefois pas les revendications de fond. La réunion nationale prévue le lundi 5 janvier 2026 au siège de la centrale syndicale reste maintenue et s’annonce déterminante. Elle constituera un test pour la direction du SNTT, appelée à démontrer à sa base que le choix du dialogue peut déboucher sur des avancées concrètes.

Au cœur des attentes figurent notamment la révision des tarifs du transport par taxi et la mise en place de mécanismes de compensation face à la hausse des coûts énergétiques. Autant de dossiers qui conditionneront, dans les semaines à venir, l’équilibre fragile entre grogne sociale et impératif de service public.

Samia Naït Iqbal