3 avril 2025
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Éducation : le ministère déclare quatre syndicats non représentatifs et juge leur grève illégale

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Le Cnapeste déclaré non représentatif par le ministère de l'Education.

Après avoir recouru à la répression du mouvement de protestation des enseignants, incluant l’arrestation de syndicalistes et de grévistes placés en garde à vue durant de longues heures, les autorités optent désormais pour une approche réglementaire afin de contrer l’action des quatre syndicats ayant reconduit leur grève les 17 et 18 février 2025.

En effet, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (CNAPESTE), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), le Conseil des enseignants des lycées algériens (CELA) et l’Organisation algérienne des enseignants de l’éducation (Madjal), qui ont maintenu leur mouvement de grève cyclique de deux jours par semaine, ont été déclarés hors la loi et leur grève jugée illégale par le ministère de l’Éducation nationale (MEN).

Le MEN invoque la non représentativité des syndicats

Selon le ministère, cette décision repose sur une notification officielle du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, qui considère que ces syndicats ne remplissent pas les conditions de représentativité requises par la nouvelle législation. En conséquence, ils n’ont pas le droit d’appeler à une grève et s’exposent aux sanctions prévues par la loi.

Cette mesure s’appuie sur la loi algérienne n°23-02 du 25 avril 2023 relative à l’exercice du droit syndical. Ce texte introduit des critères plus stricts pour qu’un syndicat soit reconnu comme représentatif.

Désormais, un syndicat doit soit compter dans ses rangs au moins 25 % des salariés d’un organisme employeur, soit obtenir le soutien d’au moins 25 % des employés lors d’un vote, pour bénéficier de la reconnaissance officielle.

Dans ce cadre, le ministère du Travail avait donné un délai de six mois aux syndicats pour adapter leurs statuts à ces nouvelles exigences et les transmettre aux autorités compétentes. Ce délai a expiré le 2 novembre 2023, ce qui expliquerait pourquoi certaines organisations se retrouvent désormais privées de leur représentativité officielle.

Un encadrement renforcé du droit syndical

Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé que le droit syndical demeure garanti en Algérie et que l’État s’engage à le respecter. Toutefois, il a insisté sur la nécessité pour les syndicats de se conformer à la nouvelle loi, soulignant que ces mesures visent à renforcer le dialogue social dans tous les secteurs.

Avec cette nouvelle réglementation, les syndicats qui ne remplissent pas les critères de représentativité risquent de perdre leur statut officiel, ce qui explique la mise à l’écart des quatre organisations enseignantes. Cette situation suscite des tensions dans le secteur de l’éducation, où les enseignants dénoncent une tentative d’entraver leur mouvement revendicatif en restreignant leur capacité à se mobiliser légalement. 

Il faut préciser, dans ce contexte, qu’avant d’entamer leur mouvement de protestation, les quatre syndicats ont présenté un préavis annonçant leur grève. Il est à se demander pourquoi le ministère n’a pas jugé utile de réagir dans les délais impartis par la loi  à l’annonce de ces syndicats d’entrer en grève. 

La suite des événements dépendra de la réaction des syndicats concernés et de la décision que prendront les autorités à leur égard. 

Samia Naït Iqbal

Une si longue nuit de Lounès Ghezali : une implosion silencieuse

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Lounes Ghezali

Il est des textes qui se donnent à lire avec une aisance trompeuse, où chaque phrase semble s’écouler comme une eau limpide. Pourtant, sous cette apparente simplicité, un subtil enchevêtrement d’émotions et de complexités tisse une trame qui ne se dévoile qu’à celui qui sait écouter la résonance secrète des mots.

Ainsi s’impose Une si longue nuit de Lounès Ghezali, un roman qui se drape dans la clarté pour mieux envoûter par sa profondeur. Loin des fresques historiques où le collectif prévaut, l’œuvre trace une trajectoire intime, celle d’Akli Manghane, dont l’histoire se déroule sur le fil acéré du deuil et du renoncement.

Au cœur de son récit, la perte irrémédiable : l’assassinat d’un père, la spoliation d’une terre sanctuaire—le « jardin du ciel »—par ceux qu’il nomme « les tyrans », et la trahison insoutenable du fils rallié à l’oppresseur. L’existence d’Akli devient alors une longue dérive, une déflagration intérieure, un cheminement inexorable vers l’abîme.

Les mots, ciselés comme des lames, portent en eux le poids d’une douleur qui ne faiblit pas. « Je serai le père indigne qui a tué son fils », murmure-t-il dans un souffle qui répond à son aveu initial. Tel un verdict sans appel, cette sentence encadre le récit d’un cercle tragique dont nul ne peut s’échapper.

Si l’écriture semble d’abord d’une limpidité absolue, elle recèle en vérité une texture poétique qui innerve chaque phrase, transformant la souffrance en esthétisme. La narration, brève et tranchante, pulse au rythme des respirations oppressées du protagoniste. Les digressions ne sont pas de simples échappées mais des éclats de mémoire, des fragments de douleur qui viennent nourrir la mélancolie du texte. Ce n’est pas une lecture que l’on parcourt d’un trait, mais un chant funèbre qui s’écoute, se ressent, s’imprègne en soi.

Dans la deuxième moitié du roman, la tension monte, portée par l’intensification des images et des figures. La métaphore s’épanouit, la personnification donne au destin une voix, une présence, une toute-puissance redoutable. Le personnage avoue avoir misé un peu trop sur le destin, avant d’admettre que « le destin avait ébranlé ma vie sans que j’émisse le moindre murmure ».

Ce destin devient alors un personnage à part entière, force transcendante qui déchire l’homme, l’enlace et le précipite vers son inéluctable déchéance. « Personne ne pouvait arrêter cette tempête furieuse du destin. C’était ce que les hommes avaient voulu. Les hommes et… Dieu ».

Une si longue nuit est bien plus qu’un roman, c’est une implosion silencieuse, l’effondrement d’une âme face à son propre reflet. Une voix égarée dans l’obscurité de l’incompréhension. Ne pas lire ce texte serait renoncer à une plongée vertigineuse au creux de l’humain. Ce serait refuser d’entendre la plainte d’un « Muet » dont les mots, pourtant, résonnent avec une intensité bouleversante.

Kamel Bencheikh, écrivain

Procès de Mehdi Nemmouche en France : «Je n’ai jamais été geôlier … mais un soldat sur le front »

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Justice

Depuis le 17 février 2025, Mehdi Nemmouche comparaît devant la cour d’assises spéciales de Paris. Déjà condamné à la perpétuité en Belgique pour l’attentat du Musée juif de Bruxelles en 2014, il doit cette fois répondre de son rôle présumé en tant que geôlier et tortionnaire de plusieurs otages occidentaux en Syrie entre 2013 et 2014.

Aux côtés de Mehdi Nemmouche, deux autres accusés, Abdelmalak Tanem et le Syrien Kais al-Abdellah, sont également jugés. Deux autres suspects, Salim Benghalem et Oussama Atar, présumés morts, sont poursuivis par défaut. Ils sont accusés de séquestration, d’actes de torture et de barbarie en bande organisée.

Un geôlier sadique selon les otages

Mehdi Nemmouche est soupçonné d’avoir été l’un des geôliers de l’État islamique, responsable de la détention et des sévices infligés à plusieurs otages, notamment des journalistes français et espagnols. Les témoignages des survivants dressent le portrait d’un bourreau cruel, infligeant à ses prisonniers des violences physiques et psychologiques. Nicolas Hénin, ancien otage, le décrit comme un « bourreau pervers ».

Face à ces accusations, Mehdi Nemmouche nie en bloc. Il affirme n’avoir jamais rencontré les otages et soutient avoir été un simple combattant sur le front, découvrant pour la première fois les journalistes français lors de son procès à Bruxelles.

Un parcours marqué par la radicalisation

Mehdi Nemmouche, né en 1985 à Roubaix, dans le nord de la France, a connu une jeunesse difficile, marquée par plusieurs passages en prison pour des affaires de délinquance, où il a basculé dans la voie de la radicalisation islamiste. En 2013, il rejoint la Syrie et intègre les rangs de l’organisation État islamique.

De retour en Europe, Mehdi Nemmouche ouvre le feu au Musée juif de Bruxelles, tuant quatre personnes le 24 mai 2014. Il est arrêté quelques jours plus tard à Marseille. Jugé en Belgique, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Ce procès va se poursuivre pendant cinq semaines et s’annonce riche en révélations, notamment avec la diffusion de vidéos illustrant la barbarie des soldats de l’État islamique. L’avocat de Mehdi Nemmouche, Maître Francis Vuillemin, affirme que son client est serein et qu’il s’exprimera sur ces accusations de torture et de séquestration, sans nier son itinéraire de djihadiste.

Si ce procès n’impactera pas les peines des accusés déjà lourdement condamnés, il constitue un moment clé pour la justice antiterroriste et la reconnaissance des souffrances des victimes.

Rabah Aït Abache

L’Algérie s’indigne de la visite de Rachid Dati au Sahara occidental

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Rachida Dati

La visite de Rachida Dati, ministre française de la Culture, à Laayoune (Sahara occidental) hier lundi a suscité une réaction des autorités algériennes qui y voient un soutien d’un ancien colonisateur à un nouveau.

Dans un communiqué rendu public, le ministère des Affaires étrangères estime que cette virée de l’intenable Dati est « malvenue ».

Elle traduit un « mépris insigne de la légalité internationale » de la part d’un membre permanent du Conseil de Sécurité, indique mardi un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines.

« La visite d’un membre du Gouvernement français au Sahara Occidental est d’une gravité particulière. Elle est condamnable à plus d’un titre. Elle traduit un mépris insigne de la légalité internationale de la part d’un membre permanent du Conseil de Sécurité », lit-on dans le communiqué.

« Elle aide à la consolidation du fait accompli marocain au Sahara Occidental, territoire où un processus de décolonisation reste inachevé et où l’exercice d’un droit à l’autodétermination demeure inaccompli », ajoute la même source.

Enfin, « la visite malvenue du membre du Gouvernement français renvoie l’image détestable d’une ancienne puissance coloniale solidaire d’une nouvelle. Ce faisant, le Gouvernement français se disqualifie davantage et s’isole par rapport à l’action des Nations Unies visant à hâter un règlement du conflit du Sahara Occidental sur la base d’un strict respect de la légalité internationale », conclut le communiqué.

C’est la première visite officielle d’un ministre français sur ce territoire dont le dossier de décolonisation est aux mains de l’ONU.  Le 7 janvier 1994, le ministre de l’intérieur Charles Pasqua s’était envolé vers Laayoune, rappelle Le Monde,  pour discuter contrats avec son homologue saoudien, le prince Nayef ben Abdelaziz Al Saoud. Sa visite de quelques heures eut beau être faussement annoncée comme « privée », elle provoqua la « consternation » du Front Polisario et la gêne du Quai d’Orsay.

Cependant, cette visite de Rachida Dati doit s’inscrire dans une volonté des autorités françaises d’appuyer le monarque marocain dans ce dossier brûlant au sein des instances internationales.

La rédaction

Les uns marchent sur la Lune, les autres fixent la nuit du doute…

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L’an dernier ce fût l’Algérie qui avait fait l’honneur de fixer la nuit du doute pour le début du Ramadan …cette année, c’est la Grande Mosquée de Paris qui s’en mêle via un communiqué officiel. Mais, tenez-vous bien, le CFCM nous joue un autre tempo :

« Alors que le Conseil français du culte musulman (CFCM) a annoncé la date du début de la période de jeûne mardi 4 février 2025, la Nuit du doute doit encore l’entériner. Cette dernière aura lieu le vendredi 28 février 2025 à la Grande Mosquée de Paris, comme on l’apprend dans un communiqué publié le 1ᵉʳ février 2025 ».

Pourvu qu’il n’y ait pas coïncidence entre les deux dates, nous verrions alors si tout ce beau monde est prêt à s’étriper autour d’un dilemme qui n’a pas lieu d’être… Des siècles de sciences permettent à l’Homme de situer la position de la Lune avec exactitude sur des périodes s’étalant sur des millénaires, et voilà que des Ulémas acquis à la cause des ténèbres nous jouent le tour de la connaissance supérieure…

Dieu que tout cela est ridicule et pathétique ! Ridicule n’étant qu’un euphémisme absolu.

Fatigué de ressasser les mêmes envolées pour dénoncer l’abrutissement de nos sociétés, contentons-nous de résumer une ancienne chronique :

Cette nuit du doute qui s’invite chaque année pour annoncer le mois du Ramadan délimite à elle seule le gouffre abyssal qui sépare le monde musulman de tout ce qui est en rapport avec les sciences et les avancées scientifiques !

Pendant que toute une mascarade d’observations du croissant lunaire est organisée chaque année dans tous les pays musulmans, le monde qui avance s’agite autour d’une question relative au pluralisme cosmique ; c’est à dire de la possibilité des mêmes règles d’apparition et de développement de la vie à l’échelle galactique.

Les missions spatiales, en cours et en projet, sont si nombreuses qu’il est impossible de toutes les répertorier, encore moins les détailler, dans une seule chronique. Le but ultime de ces missions étant de découvrir si la vie telle que nous la connaissons sur Terre a pu se développer dans d’autres planètes et lunes de notre système solaire et si elle s’y développe encore, avant d’en étendre les mêmes lois à tout l’univers.

Au milieu de ces nombreuses certitudes scientifiques, le doute subsiste encore !

Pendant ce temps, la nuit du doute, cette certitude béante nous est présentée sous forme d’incertitude absolue, à ne remettre en question sous aucun prétexte sous peine de représailles dont des Raef Badawi en subissent encore les séquelles à la source même de cette certitude. Les non-jeûneurs de Tizi-Ouzou en connaissent un bout…

Quant à la position de la Lune par rapport à la Terre, on sait la calculer pour des siècles  à venir !

Au milieu des évidences scientifiques absolues, le regard pointé et limité à notre Lune, le monde musulman se complait dans le doute permanent.

Et ça continue encore et encore… vie extraterrestre ou pas ! Al wakhda !

Kacem Madani

Algérie/Union européenne : vers une révision stratégique de l’accord de partenariat

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Diego Mellado
L’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado

L’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado, a souligné le caractère « fondamental et stratégique » des relations entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), affirmant que le moment est venu de revoir l’accord de partenariat sur la base du principe « gagnant-gagnant ».

S’exprimant lors d’une conférence intitulée « Les zones économiques spéciales comme outil d’attraction des investissements en Algérie », organisée par la délégation de l’Union européenne en Algérie en collaboration avec l’ambassade de Pologne et l’Agence algérienne d’investissement, M. Mellado a mis en avant la nécessité d’adapter le partenariat aux évolutions géopolitiques et économiques.

Après deux décennies d’application, l’accord de partenariat entre l’Algérie et l’UE mérite, selon l’ambassadeur, une réévaluation approfondie. Il a insisté sur la nécessité d’une approche globale, intégrant les nouvelles dynamiques régionales et internationales, notamment à travers la nouvelle charte de la Méditerranée.

L’année 2025 constituera, selon lui, une opportunité clé pour approfondir et valoriser ce partenariat, en le rendant plus équilibré et mutuellement bénéfique.

M. Mellado a également mis l’accent sur le potentiel de renforcement des échanges commerciaux et d’intégration économique entre les deux parties. Il a salué la démarche de diversification économique engagée par l’Algérie, la qualifiant de « légitime » et alignée sur les objectifs de l’UE visant à consolider sa propre base industrielle.

L’Algérie plaide pour une révision de Algérie – Union européenne

La révision de l’accord de partenariat avec l’UE s’inscrit dans une dynamique voulue par les autorités algériennes. Lors d’un récent Conseil des ministres, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé la volonté de l’Algérie de renégocier cet accord, soulignant qu’elle repose sur des « données économiques réalistes ».

Depuis son entrée en vigueur en 2005, l’accord a principalement soutenu des exportations algériennes dominées par les hydrocarbures. Or, ces dernières années, l’Algérie a amorcé une diversification de ses exportations, avec une montée en puissance de l’agriculture, des minéraux, du ciment, des produits alimentaires et autres secteurs industriels.

Cette évolution économique justifie, selon Alger, la nécessité d’une réadaptation de l’accord pour mieux répondre aux besoins actuels et renforcer les opportunités d’investissement pour les entreprises européennes en Algérie.

Vers une nouvelle ère de coopération ?

La volonté exprimée par les deux parties laisse entrevoir un rééquilibrage du partenariat, ouvrant la voie à une relation plus dynamique et équitable entre l’Algérie et l’Union européenne. La prochaine étape consistera à définir les axes prioritaires d’une nouvelle coopération, tout en veillant à ce qu’elle profite équitablement aux deux partenaires.
La rédaction

Coupe d’Algérie : le CRB bat le MCA (1-0) et file aux 1/8es

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CRB

Dans un derby âprement disputé, le CR Belouizdad s’est qualifié aux 1/8es de finale de la Coupe d’Algérie 2024-2025, en battant le MC Alger 1-0 (mi-temps : 0-0), dimanche soir au stade olympique du 5-juillet d’Alger, en mise à jour des 1/16es de finale.

Le début du match a été à l’avantage du MCA, qui a réussi à monopoliser la balle. La première et unique alerte de la première période, coté mouloudéen, a été l’œuvre du milieu offensif ivoirien, Kipré Jr, dont le tir est passé à côté du cadre (16e).

Le Chabab est sorti de sa zone à partir de la 20e minute, pour inquiéter la défense du Mouloudia, mais ni Mayo ni encore Meziane, n’ont réussi à concrétiser leur légère domination.

L’entraîneur tunisien du «Doyen» Khaled Benyahia, a opté pour un turn-over, opérant pas moins de six changements, par rapport au dernier match du championnat, remporté jeudi dernier à domicile face à la JS Kabylie (3-2).

Après la pause citron, le Chabab est revenu avec des intentions offensives, ce qui a permis au buteur maison, Mahious, d’ouvrir la marque (48e), profitant d’une bourde défensive commise en pleine surface, par le défenseur central mouloudéen, Ghezala.

Le MCA a repris le contrôle du match, en imposant sa domination devant une équipe belouizdadie qui a inexplicablement reculé derrière, une manière de préserver son maigre avantage.

Le milieu défensif ivoirien, Zougrana, a failli remettre les pendules à l’heure, mais son tir est passé à côté du poteau droit du gardien, Maâchou (66e). Ce dernier a sauvé son équipe en repoussant un puissant tir de Kipré Jr (88e).

Le but d’égalisation était dans les pieds de Bayazid, mais son tir a touché la transversale (90e), alors qu’il était en face des buts.

Le Chabab se rachète ainsi, huit jours après sa défaite face au MCA (2-2, aux t.a.b : 3-4), en Supercoupe d’Algérie.

Le CRB poursuivra la défense de son trophée, en recevant aux 1/8es de finale l’US Chaouia (Ligue 2), le mardi 11 mars prochain au stade du 5-Juillet.

APS

La ministre française Rachida Dati en visite au Sahara occidental

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Rachida Dati au Sahara occidental
Rachida Dati au Sahara occidental

La ministre française de la Culture Rachida Dati a qualifié d’« historique » sa visite lundi 17 février dans le territoire non autonome et disputé du Sahara occidental, estimant qu’elle « démontre que le présent et l’avenir de cette région s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ». 

Provocation ou raison d’Etat ? Rachida Dati, ministre de la Culture française, a fait une visite sur le territoire du Sahara occidental. C’est une première pour ministre français après la déclaration d’Emmanuel Macron fin août dernier soutenant le plan marocain. « C’est la première fois qu’un ministre français vient dans les provinces du Sud », a déclaré à l’AFP Rachida Dati, en utilisant la terminologie employée par le Maroc pour désigner ce territoire au statut non défini à l’ONU, peu après son arrivée à Laâyoune, la ville la plus importante du Sahara occidental, pour lancer un centre culturel français.

Le Sahara occidental, vaste zone désertique, est contrôlée à environ 80% par le Maroc, mais revendiquée depuis 50 ans par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

Fin juillet, le président français Emmanuel Macron a apporté un soutien appuyé à un plan d’autonomie du territoire « sous souveraineté marocaine » proposé par Rabat, rompant avec la position traditionnelle française favorable au processus de l’ONU, et provoquant une grave crise avec Alger.

Un référendum d’autodétermination a été prévu par l’ONU lors de la signature d’un cessez-le-feu en 1991, mais ne s’est jamais concrétisé. En octobre dernier, une résolution du Conseil de sécurité, soutenue par 12 des 15 membres, a appelé à une solution « réaliste et mutuellement acceptable » au Sahara occidental.

Lors d’une visite fin octobre au Maroc, Emmanuel Macron a promis l’engagement « diplomatique » de la France pour pousser la solution marocaine sur le Sahara occidental à l’ONU et au sein de l’Union européenne.

Selon Rachida Dati, l’antenne de l’Alliance française prochainement installée à Laâyoune sera « une ouverture sur le monde, sur la France, avec des activités culturelles, notamment dans l’apprentissage de la langue, avec des échanges d’artistes, avec des parcours éducatifs ».

« Nous souhaitons que cette Alliance française devienne un lieu phare dans notre coopération France et Maroc », a dit la ministre, en évoquant un « aspect symbolique » et son « attachement » personnel au Maroc dont est originaire son père.

En compagnie de son homologue marocain Mehdi Bensaïd, Rachida Dati s’est aussi rendue à Dakhla, à 500 km au sud de Laâyoune, pour donner le coup d’envoi à une annexe de l’Institut supérieur des métiers du cinéma ISMAC.

Selon un communiqué du ministère de la Culture marocain, la visite des deux responsables « revêt une dimension politique après la reconnaissance par la France de la pleine souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud ».

Avec RFI/AFP

Boudjema Aït Aoudia : « Taqbaylit d tamedyazt » 

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Boudjema Aït Aoudia.
Boudjema Aït Aoudia.

Boudjema Aït Aoudia est un poète hors du commun, hors des sentiers battus, c’est un poète du terroir, il magnifie et cisèle la langue kabyle avec une dextérité rare, une langue qu’il versifie et orne tel un orfèvre, les poèmes de Boudjema Ait Aoudia sont le diamant et l’écrin, sa poésie semblent bénéficier de la protection et de la bénédiction des ancêtres, dans un souci de transmission et de préservation des valeurs ancestrales berbères kabyles, plusieurs fois millénaires.

Boudjema Ait Aoudia vient de publier un magnifique recueil de poésie en langue kabyle « Tamuɣli-w » chez les éditions Tanekra, créées par le poète écrivain Amar Gacem, auquel Boudjema Ait Aoudia a rendu un vibrant hommage, au café littéraire parisien de l’impondérable, invité par Youcef Zirem.

Nous avons pu voir la grandeur et la profondeur du poète lors de ses lectures et de ses échanges avec le public où l’émotion était à son paroxysme, captant admirablement l’attention des gens présents, ajoutant à l’atmosphère conviviale une brise de fraternité.

Boudjema Ait Aoudia a également rendu hommage à Nour Ould Amara qui nous a quittés prématurément il y a quelques années à la suite d’une longue maladie, Boudjema Ait Aoudia nous a raconté combien Nour reste toujours présent dans son cœur et sa mémoire, il n’oublie pas son amitié et ses encouragements.

Ce magnifique recueil de poésie « Tamuɣli-w » est préfacé par le talentueux Djamel Arezki, qui a su libérer sa plume pour aller vers l’essentiel, tout en creusant pour en saisir la profondeur et la portée de l’élan poétique de Boudjema Ait Aoudia. 

Boudjemaa Ait Aoudia est le poète vrai, la poésie est chez lui une manière d’être, c’est un humaniste généreux, il dédie d’ailleurs son recueil à son village Ait Antar, ce beau village de la commune d’Ait Yahia à proximité des villages Ait Djebbara et Tagoulmimt.

 Il dédie également ce recueil à sa famille et ses amis, Dda Salem Ould Slimane, le père du célèbre artiste Mennad, Mhenna Boudinar, Nour Ould Amara, Moumouh Icheboudene, Hanafi Ait Mimoune, Amar Ould Mohand, Abdelghani Ouali, Idir Madadi, Ali Belarif, Adjoudj Ahmed, Ahmed Boualili, Bachir Bouadaoud, Bahi Hamadi, Trifi Naziha, Naima Bibi, Amokrane Ait Ouyahia, Fasia Hafsi, on peut aisément mesurer la générosité du poète par l’énumération de tous ces noms, chose, tout de même assez rare.

Cet élan du cœur inonde évidemment sa poésie, et l’œil averti ou pas se retrouve happé par la beauté poétique qui s’élève atteignant les cimes magnifiant chaque rime.

Boudjemaa Ait Aoudia anime une émission hebdomadaire sur la poésie « Agraw n imedyazen » dans ce nouveau média qui vient de naître comme une bouffée d’oxygène dans le paysage médiatique, Voix-Med Radio-TV.

Quand on lit Boudjema Aït Aoudia, on se dit que la poésie en langue kabyle a encore de beaux jours devant elle.

Le Matin d’Algérie : De la Kabylie à Paris, qui est Boudjema Aït Aoudia ?

Boudjema Ait Aoudia : Tout d’abord merci pour l’intérêt que vous portez à ma modeste réalisation poétique et littéraire, si je puis dire ainsi.

De la Kabylie à Paris, c’est toujours le même Boudjema Ait Aoudia, certes, aguerri, malgré le poids de l’exil, mais je suis resté toujours moi-même, simple, modeste et surtout humain.

J’ai toujours milité en faveur des causes justes en l’occurrence la revendication de notre identité, la langue et la culture amazighes.

J’ai découvert la poésie très jeune et j’ai commencé à déclamer les premiers vers au collège, je n’avais pas encore 14 ans. Mais c’était plus de la poésie révolutionnaire souvent d’auteurs inconnus.

J’ai grandi dans cet univers poétique merveilleux qui m’a permis de résister aux difficultés de la vie, de positiver et de croire en un avenir meilleur, ce qui m’a aidé à surmonter les difficultés de la vie.

Le Matin d’Algérie : Comment un poète de votre envergure a-t-il mis si longtemps pour publier ?

Boudjema Aït Aoudia : Merci pour ce compliment d’envergure ! Croyez-moi, ce n’est pas de la fausse modestie mais je ne me vois pas, comme on aime bien me nommer, un « grand poète ». J’aime la poésie et j’essaie de l’élever et de l’amener aux cimes qu’elle mérite.

À propos de la publication tardive, je pense qu’on n’est pas toujours les maîtres de ce qui doit être réalisé. Au moment où vous vous dites, je suis prêt, un empêchement inattendu survient comme tombé du ciel.

Et au moment où vous perdez espoir en baissant les bras, une porte s’ouvre quelque part comme par magie, et vous redonne un nouveau souffle et vous n’avez plus qu’à vous laisser guider. N’est-ce pas le destin peut-être ?

Et le poète est l’une des clés du mystère. J’avais dès mon jeune âge cette envie de publier un jour mes poèmes, mais les conditions ne le permettaient pas. Les obstacles étaient nombreux, manque de moyens financiers, de moyens techniques et humains et surtout manque de liberté.

À l’époque, ceux qui maîtrisaient l’écriture en tamazight étaient peu nombreux. L’accès à l’ordinateur n’était pas à la portée de tous comme aujourd’hui. L’imprimerie qui accepte d’imprimer un livre en tamazight est rare pour ne pas dire introuvable. À tout cela s’ajoute la volonté politique visant par toutes ses entraves à ralentir au maximum la promotion et l’émancipation de l’écriture et de la lecture en tamazight.

Vous comprenez très bien à quel point il était difficile d’éditer un livre en Berbère surtout pour un jeune chômeur. Mais l’envie d’écrire à toujours été là, la poésie fait partie de moi, elle est ma respiration.

C’est en 2001, à mon arrivée en France, que mon meilleur ami Nour Ould Amara, enseignant de tamazight et producteur animateur d’émissions à Berbère télévision, a réveillé en moi ce rêve de publier. Il m’a offert un ordinateur et m’invita régulièrement à Berbère télévision lorsqu’elle était rue du Cherche-Midi dans le XIe arrondissement de Paris, Nour était un grand homme de culture, il a laissé des émissions mémorables.

Nour Ould Amara tomba malheureusement malade, mais il a continué à m’encourager et à m’aider malgré sa maladie.  De grands hommes comme Nour Ould Amara sont rares aujourd’hui.

La maladie a malheureusement pris le dessus après 7 ans de lutte et de résistance, que sa belle âme repose en paix, et là encore c’est une porte qui se ferme, qui met fin à mon rêve.

Mais son départ tragique a amplifié mon inspiration. Il est omniprésent dans mes pensées, il continue toujours à m’encourager et moi je continue à écrire.

C’est en 2022 que je croise un nouvel ami, lui aussi enseignant de tamazight et qui, après lui avoir raconté un peu mon parcours, a voulu prendre la relève et se charger de la saisie et de la correction de mon futur livre. Il s’agit de mon ami Mohammed Gaya. En l’espace de 3 mois environ et avec la contribution précieuse de mon ami Djamel Arezki qui a corrigé et par la suite préfacé mon livre et les encouragements de mes mis, Bachir Boudaoud, Nadia Ladj, Naziha Trifi, Ali Belarif, Amar Gacem, Amokrane Ould Younes et tant d’autres, mon petit bijou, mon recueil « Tamuɣli-w » a vu le jour, cela restera l’un des meilleurs jours de ma vie.

 N’est-ce pas encore un imprévu qui m’ouvre cette porte que je croyais fermée à jamais ? Vous connaissez maintenant les raisons de ma publication tardive.

Le Matin d’Algérie : Le génie poétique vous habite, racontez-nous ?

Boudjema Aït Aoudia : Encore merci pour le compliment. Je ne sais pas vraiment si un génie poétique m’habite, mais c’est mon refuge. C’est un peu mon Amghar azemri, chez qui je trouve des réponses à mes interrogations, de la patience, du courage, de l’amour, de la sagesse et de la compassion.

Vous savez, on a grandi moi et mes sœurs dans la pauvreté. Mon père (at irhem rebbi) était très malade, de l’hôpital à la maison de repos et puis à l’hôpital. C’est ma mère qui s’est chargée de notre éducation (que Dieu lui prête longue vie), elle a eu une vie pénible sans jamais se plaindre.

Ma mère, cette femme admirable, était toujours aux champs par tous les temps, à cultiver, oignons, pommes de terre, navets, tomates, citrouilles, ramasser les olives, faucher et ramasser le foin, je la voyais parfois les yeux brillants contenant des larmes qui ne sortaient pas.

Je reste marqué par les hivers des années 70 où nous devions manger vite le soir pour aller dormir chez une vieille voisine (paix à sa belle âme) de peur que notre maison complètement dégradée nous tombe dessus.

Toutes ces péripéties et souffrances ont contribué à forger mon expression artistique. J’essaie d’apporter dans mes poèmes, de l’amour, du courage, de la patience et du soutien à tous ceux qui en ont besoin, les orphelins, les malades, les prisonniers, les opprimés, les pauvres, d’où jaillit ma source d’inspiration, car je hais l’injustice.

Le Matin d’Algérie : Quels sont les poètes kabyles qui vous influencent ?

Boudjema Aït Aoudia : J’ai eu la chance de grandir dans un milieu féminin entouré de femmes courageuses et responsables dont faisaient partie mon arrière-grand-mère paternelle, mes deux grands-mères, ma tante et ma mère. C’est chez elles, sans doute, que j’ai entendu les premières berceuses avec des rimes captivantes. Ces femmes étaient marquées par les tragédies de la guerre de libération nationale à laquelle elles ont pris part, elles ne cessent de réciter des poèmes révolutionnaires dont certains sont de leur propre composition et d’autres d’auteurs inconnus et voir même de certains moudjahidine (maquisards).

Quelque temps plus tard, nous eûmes la chance d’avoir notre première radio (transistor), achetée par ma mère grâce aux petites économies réalisées dans la vente d’œufs, de lapins, foin, et quelques légumes de saison.

C’est à travers cette radio que j’ai découvert le chanteur Taleb Rabah (paix à son âme) avec son chef-d’œuvre Ttrunt wallen jarhent d idammen, (les yeux pleurent et saignent), une chanson qui raconte la douleur, l’injustice mais aussi le courage qui régnaient pendant la guerre d’Algérie de 1954 à 1962.

J’ai continué à écouter régulièrement, Taleb Rabah, ce génie poétique qui m’a sans doute influencé pour continuer à persévérer dans la poésie.

Bien entendu, je ne peux nier l’apport incontestable de nos grands poètes, Mohamed Belhanafi, Ben Mohamed, Si Muh U Mhend, l’incontournable Slimane Azem, le vagabond Si Muhend Ouyidir, l’oublié Si Muhand  Said Amlikech dont on ne parle pas ou très peu, le précurseur Youcef Uqasi, Si Yusef Ulefqi.

Hadjira Oubachir est aussi une poétesse incontournable dans la poésie féminine kabyle, elle nous transmet par sa poésie les valeurs kabyles.

Le Matin d’Algérie : La langue kabyle semble ne faire qu’un avec la poésie, chaque mot prononcé a une dimension poétique, qu’en pensez-vous ?

Boudjema Aït Aoudia : Oui, vous avez entièrement raison. La langue kabyle déborde de sens, de métaphores et souvent de mots composés où chaque mot prend des fois la place d’une phrase, comme le souligne le proverbe suivant, anheddar cwit, anfahhem atass, (parler peu et comprendre beaucoup).

Le kabyle est une langue riche, quand on la maîtrise on se régale, dans l’écoute et le discours, que ce soit dans Tajamaat ou dans le règlement de différends. Les mots dépassent parfois le sens.

Dans les fêtes kabyles on entend toujours des poèmes chantés par les femmes (Izlan).

Taqbaylit d tamedyazt, la langue kabyle est poésie.

Le Matin d’Algérie : À l’heure des réseaux sociaux, la poésie kabyle est-elle encore vivante ?

Boudjema Aït Aoudia : C’est une question un peu complexe qui nécessite un débat sérieux et approfondi mais je pense que les réseaux sociaux sont un plus non négligeable pour la promotion et la vulgarisation de cette poésie ancestrale.

Si, Si Muh U Mhand avait eu internet et les réseaux sociaux, on aurait pu sauvegarder beaucoup plus de ses poèmes.

Certes, il y a beaucoup de médiocrité dans les réseaux sociaux, mais c’est à nous d’inonder ces plateformes avec des produits sérieux, éducatifs et instructifs. Il faut impérativement prendre le dessus sur ceux et celles qui s’exhibent sur les réseaux sociaux pour détourner, salir et banaliser notre culture.

Mais, il n’y pas de raison de désespérer, la poésie kabyle se porte bien, il y a beaucoup de talents, poètes et poétesses qui veillent sur cet héritage inestimable.

Le Matin d’Algérie : Quel regard portez-vous sur la poésie d’aujourd’hui ?

Boudjema Aït Aoudia : J’ai un regard plutôt positif, même si l’histoire nous a montré que beaucoup de grands poètes ont été découverts et admirés que très tard, voir même après leur disparition, Youcef Uqasi, Si Mohand Said Amlikech et beaucoup d’autres.

 Aujourd’hui la scène déborde de poésie et de grands poètes parmi lesquels on peut citer, Amar Gacem, Brahim Saci, Hadjira Oubachir, Ghani At Hemmouche, Amokrane Nait Ouyahia, Wanza, Amirouche Amwanes, Mernissa Kedouni, la liste est encore longue.

Donc, pour répondre clairement à votre question, je dirai que la poésie se porte merveilleusement bien.

Le Matin d’Algérie : La poésie enrichit le cœur et élève l’esprit, peut-elle contribuer à l’émancipation des sociétés ?

Boudjema Aït Aoudia : Bien sûr que oui, la poésie aide à se sentir connecté avec soi-même et ce n’est pas rien, c’est même magique de se sentir en compagnie de soi-même. La poésie permet de combattre la solitude et tout ce qu’elle engendre comme angoisse et souffrance.

 La poésie nous permet d’atteindre ce qu’il y a de plus vrai, de plus sensible en soi, en mettant du sens, en éveillant les cinq sens et parfois moi au-delà.

La poésie permet de développer l’imaginaire. Elle nous permet de dénoncer les injustices et contribue à faire adhérer des personnes à des causes justes.

Les poèmes sèment l’amour, le pardon, l’union, la tolérance, la joie, le partage, l’entraide, la poésie permet de mettre des mots sur des maux pour apaiser l’esprit, calmer la douleur, guerir les blessures et croire en un avenir meilleur.

Imaginez un monde où règnent l’amour, la justice, la joie, le pardon, la tolérance, l’entraide et où sont absents la haine, la violence, le mépris, l’injustice !

Seule la poésie peut nous rapprocher d’un tel monde paradisiaque.

Le Matin d’Algérie : Beaucoup de chanteurs kabyles ont fait carrière sur la sueur des autres, en chantant des poètes dont ils taisent les noms, ceci doit cesser, qu’en dites-vous ?

Boudjema Aït Aoudia : Absolument ! Il faut que cela cesse, comme vous le dites si bien.

Sans citer de noms, (du moins pour l’instant), beaucoup se sont fait un nom sans avoir jamais composé un vers poétique. Ils se sont enrichis avec la sueur des autres sans avoir l’honnêteté de citer les noms des auteurs de ces textes.

Je ne suis pas contre le fait de chanter les textes d’autrui, bien au contraire, le meilleur hommage qu’on peut rendre à un poète ou à un chanteur c’est de reprendre ces textes ou ses chansons.

Même lorsqu’il s’agit de textes d’auteurs inconnus, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de le signaler. Mais se faire passer pour un auteur compositeur de ce qu’on n’a jamais composé c’est de l’ingratitude, de l’hypocrisie et de la trahison. Il faut que cela cesse.

Le Matin d’Algérie : Avez-vous des projets en cours ou à venir ?

Boudjema Aït Aoudia : je viens de rééditer en France mon recueil de poésie intitulé, Tamuɣli-w, chez les éditions Tanekra de mon ami Amar Gacem, je le laisse faire son petit bout de chemin. J’ai entamé l’écriture d’un autre livre de poésie où il y aura justement des textes magnifiques d’auteurs inconnus dont certains ont été repris sans la moindre précision, c’est peut-être une façon de crever l’abcès !

J’ai d’autres projets plutôt collectifs, notre association AFAB (l’association franco-amazighe de Bobigny), que j’ai l’honneur de présider, prépare un grand salon du livre pour l’automne prochain à Bobigny et nous sommes en discussion sur la tenue d’un éventuel salon de peinture au printemps, toujours à Bobigny.

J’anime une émission hebdomadaire sur la poésie, Agraw n imedyazen, sur ce nouveau média qui vient de naître, Voix Med Radio-tv. La poésie a encore de beaux jours devant elle.

Le Matin d’Algérie : Un dernier mot peut-être ?

Boudjema Aït Aoudia : j’ai passé un excellent moment lors de cette interview, je vous remercie beaucoup du temps que vous m’avez accordé. Mon dernier mot est peut-être le souhait de voir la paix, l’amour et la justice dans le monde et dans notre beau pays L’Algérie.

Entretien réalisé par Brahim Saci

Livre publié :

Tamuɣli-w, éditions Tanekra.

https://www.youtube.com/@voixmedRADIOTV

Félix Louis Giro Colozzi : une vie dédiée à la libération et à l’amour de l’Algérie

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Le militant anticolonialiste et ancien membre des Combattants de la Libération (CDL, organisation militaire du Parti communiste algérien), Félix Louis Giro Colozzi, est décédé le dimanche 16 février 2025 en France, à l’âge de 95 ans. L’information a été confirmée par le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit, selon l’Agence Presse Service (APS).

Un engagement précoce pour l’indépendance

Né le 12 mars 1930 à Alger, Félix Colozzi a grandi dans le quartier populaire de Belcourt, au sein d’une famille européenne d’Algérie. Très tôt, il s’engage dans le combat pour l’indépendance aux côtés d’autres militants d’origine européenne, tels qu’Henri Maillot, Fernand Iveton, Maurice Laban, Jacqueline Guerroudj, Georges Acampora et Raymonde Peschard. Il devient ainsi l’un des visages marquants des Combattants de la Libération (CDL), également connus sous le nom de Maquis Rouge, un groupe de guérilla formé par le Parti communiste algérien (PCA) après le déclenchement de la guerre d’Algérie.

Dans une note biographique publiée par Boualem Khalfa dans Les syndicalistes algériens, Félix Colozzi est décrit comme « un militant très actif du syndicat CGT des postiers et un camarade du PCA acquis à la cause de la lutte pour l’indépendance algérienne ». Il milite aux côtés de figures telles que Yahia Briki (Alger républicain), M’hamed Hachelaf, Abdelkader Guerroudj, Fernand Iveton et Boualem Makouf.

Un acte de résistance marquant

Membre du commando de choc du Grand Alger, dirigé par Djillali (nom de guerre d’Abdelkader Guerroudj) et en liaison avec le FLN-ALN, Félix Colozzi participe activement aux opérations de sabotage contre l’administration coloniale.

L’une de ses actions les plus spectaculaires a lieu au printemps 1956. Aux côtés de M’hamed Hachelaf, Fernand Iveton et Boualem Makouf, il mène une opération visant les Bouchonneries Internationales situées au-dessus d’Alger. Il conduit alors une Lambretta, facilitant l’exécution de l’attentat, qui figure parmi les premiers du genre dans la capitale algérienne.

Arrestation et emprisonnement

À la suite de cette action, Félix Colozzi est arrêté par les autorités coloniales et condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il est incarcéré dans plusieurs prisons, notamment Serkadji, Lambèze et d’autres établissements pénitentiaires en France.

Malgré les souffrances endurées en détention, Félix Colozzi reste fidèle à son engagement révolutionnaire.

Un retour en Algérie et une vie au service du pays

Libéré en 1962, après l’indépendance, Félix Colozzi choisit la nationalité algérienne et bénéficie d’une bourse pour poursuivre des études en ingénierie en Bulgarie. À son retour en Algérie, il occupe plusieurs postes de cadre dans des entreprises nationales, contribuant ainsi à la reconstruction du pays jusqu’à sa retraite en 1992.

En 2022, à l’occasion du 60ᵉ anniversaire de l’Indépendance, le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit publie ses mémoires intitulées « Mémoire carcérale 1956-1962 », dans lesquelles il relate son expérience en prison et les conditions de détention en Algérie et en France.

Hommage de la nation

Abdelmadjid Tebboune a exprimé ses condoléances à la famille du défunt dans un message officiel :

« J’ai appris avec une grande tristesse la nouvelle du décès de Félix Colozzi, cet ami de la Révolution qui a rejoint ses rangs dès son déclenchement. En tant que combattant et moudjahid, il croyait en la justice de la lutte du peuple algérien contre la domination coloniale et a subi l’amertume des prisons de Serkadji, Lambèze et de France. L’Algérie, où il a choisi de vivre, l’a accueilli en lui accordant la citoyenneté et en lui permettant d’occuper des postes importants dans ses institutions. »

Une ultime volonté : être inhumé en Algérie

Resté fidèle à son engagement anticolonialiste et à l’Algérie jusqu’à son dernier souffle, Félix Colozzi, converti à l’Islam, avait exprimé son souhait d’être inhuméen terre algérienne. Un geste symbolique qui témoigne de son attachement profond au pays qu’il a contribué à libérer.

Son parcours incarne celui d’un combattant qui, au-delà des origines et des appartenances, a fait le choix de la justice et de la liberté.

Samia Naït Iqbal

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