5 avril 2025
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Secteur de l’éducation : des syndicats appellent de nouveau à la grève

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Cnapeste
Les syndicats de l'éducation appellent à la grève.

Malgré les restrictions imposées aux manifestations, les syndicats autonomes de l’éducation réaffirment leur détermination à poursuivre leur mouvement de protestation jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications. 

Dans un communiqué conjoint, cinq syndicats autonomes de l’éducation ont  annoncé la reprise  de leur grève nationale  pour ce  lundi 17 et mardi 18 février, en signe de protestation contre les dispositions de la loi portant statut particulier et  régime indemnitaire  du secteur.

Ils appellent ainsi l’ensemble des enseignants à une mobilisation massive pour la deuxième phase de la grève périodique nationale. L’objectif est de maintenir la pression  pour obtenir des réformes concrètes et durables en faveur de l’éducation.

Le communiqué appelle également à l’organisation de manifestations régionales simultanées mardi 18 février à 10h, devant les directions de l’éducation des wilayas de Constantine, Oran, Tizi-Ouzou et Laghouat.

Condamnation des restrictions et des arrestations

Les syndicats ont dénoncé avec fermeté les entraves aux manifestations, notamment les arrestations et le harcèlement signalés dans certaines wilayas, dont Oran et Alger. Ils estiment que ces pratiques, jugées inconstitutionnelles, ne feront que renforcer la détermination des enseignants à poursuivre leur combat.

« Ces entraves aux libertés syndicales ne feront qu’accroître notre engagement à défendre nos droits jusqu’à la satisfaction de nos revendications légitimes », lit-on dans le communiqué.

Les syndicats rappellent l’importance d’une mobilisation continue et permanente pour protéger les acquis du secteur et obtenir une révision en profondeur du statut particulier. Ils insistent sur la nécessité de revaloriser le statut des enseignants au sein du système éducatif, conformément aux engagements du chef de l’Etat visant à promouvoir la profession d’enseignant.

Une mobilisation grandissante

Le communiqué des syndicats salue la forte participation des enseignants lors de la première phase de la grève, ainsi que le succès des manifestations locales, qui témoignent de la prise de conscience collective des problématiques du secteur.

Les syndicats dénoncent par ailleurs le contenu de la loi portant statut particulier de l’éducation nationale, qu’ils jugent injuste et inadaptée aux aspirations des enseignants et aux ambitions du système éducatif. Ils exhortent ainsi les autorités à engager un dialogue sérieux pour répondre aux attentes légitimes de la communauté éducative.

Annulation de la grève dans le secteur de la santé publique après des engagements du ministère de la Santé 

Quatre syndicats agréés du secteur de la santé publique ont annoncé l’annulation de la grève nationale initialement prévue les 17 et 18 février 2025. Cette décision fait suite aux engagements pris par le ministère de la Santé pour répondre aux revendications des professionnels concernant le statut particulier et le régime indemnitaire 

Les syndicats représentant les biologistes (SABSP), les paramédicaux (SAP), les psychologues (SNAPSY) et les praticiens de la santé (SNPSP) ont salué l’ouverture d’un dialogue avec le ministre de la Santé, qui a promis d’examiner les irrégularités relevées dans ces textes.

Deux principales mesures ont été annoncées. Elles portent, respectivement, sur la création d’une commission pour analyser les irrégularités et proposer des ajustements, avec un rapport attendu avant février 2025 et l’organisation de réunion de réconciliation entre le ministère et chaque syndicat, en présence de représentants du ministère du Travail et de la Fonction publique.

Les étudiants en médecine poursuivent, pour leur part, leur mouvement de grève. Avec notamment un rassemblement prévu le 18 février au CHU d’Oran pour dénoncer la répression subie par les grévistes la semaine dernière.

Tout en restant vigilants quant à la mise en œuvre de ces engagements, les syndicats affirment garder toutes les options ouvertes en cas de non-respect des accords conclus.

Samia Naït Iqbal

Le Kanem, pilier économique du Tchad : entre fidélité et marginalisation, l’urgence d’un réveil politique

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Kanem

Le Tchad traverse une période cruciale de son histoire politique, avec un gouvernement censé marquer un tournant. Pourtant, les inégalités régionales persistent, accentuant une répartition déséquilibrée du pouvoir.

Si le Sud est notoirement sous-représenté malgré son poids démographique, le Kanem – berceau historique du pays – subit une marginalisation à la fois subtile et profonde.

Le Kanem : une région stratégique, mais écartée des décisions

Le Kanem a joué un rôle fondamental dans la formation du Tchad moderne. De ses dynasties historiques à ses engagements contemporains, il a toujours été un acteur majeur de la stabilité nationale. Pourtant, il demeure exclu des grandes décisions politiques.

  • Un peuple axé sur le travail et la dignité

Les Kanémis occupent une position dominante dans presque tous les secteurs du commerce tchadien. En effet, ils détiennent la majorité des établissements et magasins sur les grands marchés de la capitale et des principales villes du Tchad, exerçant ainsi un quasi-monopole sur le secteur commercial. Ils privilégient le travail acharné à l’intrigue politique, et ce, malgré une pression constante – sous forme de racket exercé par le fisc et par les douanes – qui profite ironiquement aux acteurs proches du système.

  • Une fidélité mal interprétée

La loyauté historique du Kanem envers le pays et ses institutions est souvent perçue comme un acquiescement passif aux régimes en place. Cela a permis aux élites de divers gouvernements de l’écarter sans crainte de contestation, alors même que son engagement, bien que silencieux, aurait dû être reconnu compte tenu de sa position stratégique et de son poids économique.

  • Une marginalisation organisée

Le régime actuel concentre le pouvoir dans un cercle restreint, marginalisant non seulement le Kanem, mais aussi d’autres régions et ressortissants du Tchad. Cette exclusion repose sur plusieurs stratégies :

  • L’absence de reconnaissance politique et économique

Malgré sa position stratégique et sa contribution à l’échiquier économique (notamment via les taxes et les droits de douane), le Kanem n’est ni représenté ni valorisé à la hauteur de son importance.

En termes d’infrastructures, la région semble plongée dans le néant : ni hôpitaux, ni dispensaires, ni centres de soins adéquats ne sont disponibles. L’accès à l’éducation est quasiment inexistant, tout comme le réseau routier. Le marché central de Mao, par exemple, ressemble à un simple marché hebdomadaire, et les rares édifices publics – dont certains datent de la période coloniale – témoignent d’un développement largement laissé aux initiatives locales.

  • La division des élites locales

Comme dans d’autres régions, la politique du « diviser pour mieux régner » a fragmenté les élites du Kanem. Les rares personnalités politiques issues de cette région se retrouvent souvent isolées ou cooptées, limitant ainsi toute action collective.

  • L’invisibilisation de son rôle historique

Alors que des figures du Kanem ont marqué les luttes pour la justice et la démocratie, leur contribution est trop souvent ignorée.

Un héritage de résistance et d’engagement

Loin d’être une région effacée, le Kanem a toujours été un bastion de justice et de dignité.

  • Dès le mouvement de contestation du FROLINAT, des figures telles qu’Ibrahim Abatcha (dans une certaine mesure), Abakar Djallabou, Tahir Abbari, Ali Mahamat Saboune et bien d’autres ont été à l’origine de ce soulèvement. Rapidement, les idéaux d’équité et de justice pour tous ont été détournés et ont scindé le mouvement en plusieurs tendances dont les répercussions se font encore sentir dans les régimes successifs, y compris le régime actuel.
  • Les ressortissants du Kanem ont également joué un rôle majeur dans la formation de plusieurs mouvements rebelles – notamment le MPLT (Mouvement Populaire de Libération du Tchad), le MDD (Mouvement pour la Démocratie et la Justice) et le FACT (Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad). Le MDD (actif dans les années 1990 jusqu’à 1998-1999) et le FACT (depuis 2016) témoignent de la longévité d’une résistance que peu d’autres mouvements au Tchad peuvent revendiquer.

La longévité de ces mouvements a elle seule reflète une lutte pour plus d’équité, non seulement pour le Kanem, mais pour l’ensemble des régions marginalisées. Et bien que certains mouvements aient été créés de toutes pièces pour discréditer ces luttes, la réalité ne se lit pas dans les journaux de tous les soirs.

Entre ces grandes périodes, le MDJT de Youssouf Togoïmi – auquel des ressortissants du Kanem ont également participé – a représenté une lutte pour l’égalité et la justice face au même régime et dans les groupes armés qui avaient opéré dans l’est du Tchad (comme le FUC, l’UFDD entre autres).

Tous les mouvements et aspirations pour un Tchad meilleur ont vu les Kanémis répondre présents, unissant leurs forces avec celles d’autres groupes ethniques – même dans le cas des FAN et FAP, qui se sont alliés pour écraser le MPLT. Ces luttes n’avaient pas pour but de revendiquer une place dans le pouvoir central ou d’occuper quelques postes, mais bien de combattre l’injustice et l’exclusion systématique du Kanem et d’autres régions.

Ainsi, l’implication politique des ressortissants du Kanem ne se limite pas au FACT.

Les luttes des Kanémis ne relèvent pas uniquement de l’héritage du passé. Avec la montée du FACT, une nouvelle génération – inspirée par des figures telles qu’Ali Teguil, l’un des derniers commandants en chef du MDJT – a repris le flambeau, refusant de se soumettre à un pouvoir qui porte atteinte à leur dignité. Le FACT, bien que récent, bénéficie d’un soutien considérable de la part des Kanémis, soulignant l’engagement continu de la région dans la quête d’un Tchad démocratique.

Il convient également de rappeler l’implication des Kanémis dans la défense de la patrie, qu’il s’agisse des conflits pour récupérer la bande d’Aouzou aux Libyens ou des combats contre Boko Haram. Leur engagement, tant politique que militaire, témoigne d’une volonté inébranlable de défendre des idéaux de justice et de réformes.

Une région de paix et de travail, loin de toute victimisation

Contrairement à d’autres régions qui utilisent leurs souffrances comme levier politique, le Kanem refuse de se victimiser. Son peuple privilégie l’effort, la résilience et l’autosuffisance.
Pourtant, cette posture honorable a conduit à son exclusion des sphères du pouvoir, renforçant ainsi la nécessité d’un réveil collectif.

La lutte démocratique et l’implication politique

Le Kanem s’est illustré dans la lutte pour la démocratie, notamment par l’intermédiaire du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP), principal challenger du régime lors des premières élections démocratiques. Bien que sa victoire ait été entravée par un système politique autoritaire – contraignant ainsi le RDP à endosser, de facto, le rôle d’allié du régime – l’élection présidentielle de 1996 demeure un jalon déterminant dans l’histoire politique tchadienne.

Il est également important de rappeler le rôle fondamental joué par des figures emblématiques telles qu’ Allahou Tahir, premier président de l’Assemblée nationale tchadienne, Ali Kosso, sénateur, député et ministre, ainsi que Lol Mahamat Choua, ancien président de la République dans le cadre de la transition de 1979 et acteur majeur de la transition démocratique en tant que président du RDP. Leur engagement et leur leadership ont profondément marqué l’histoire du pays, en contribuant à l’accession du Tchad à l’indépendance, à la consolidation de l’État-nation et à l’essor des valeurs démocratiques.

Au-delà de cet engagement politique, les Kanémis ont également investi la société civile. En rejoignant diverses ONG et en participant activement aux mouvements de défense des droits humains, ils se sont positionnés comme des acteurs incontournables du changement. Leur implication s’étend même aux domaines de l’art et de la culture, illustrant ainsi une influence qui dépasse largement le cadre strictement économique et témoigne d’une volonté de transformation sociale globale.

Le soft power du Kanem : un leadership au service du Tchad

Dans un Tchad où les rapports de force dictent la politique, le Kanem doit désormais adopter une nouvelle stratégie :

  • Utiliser son influence économique et culturelle pour s’imposer comme un acteur incontournable.
  • Ne devrions-nous pas utiliser notre influence économique et culturelle pour nous imposer comme des acteurs incontournables ?
  • Les Kanémis, conscients de leur poids, ne pourraient-ils pas envisager des mesures temporaires – par exemple interrompre brièvement leurs importations ou fermer leurs établissements dans les principaux marchés de la capitale et dans les grandes villes du pays – afin de mettre en évidence leur rôle dans la stabilité et la gouvernance nationale ?
  • Et pourquoi ne pas étendre cette logique à l’ensemble des acteurs économiques concernés, pour que chacun se rende compte de l’importance de son implication dans le développement du pays ?
  • Dénoncer la marginalisation et les abus
  • Il est temps de dénoncer la marginalisation, les tortures, arrestations et exécutions extra-judiciaires dont sont victimes les ressortissants du Kanem, qu’elles soient perpétrées par les forces de l’ordre ou par des agents de renseignements, du fait de leur engagement auprès du FACT et d’autres mouvements. Il faut également exiger la fin des abus aux douanes et auprès des agents de l’État.
  • Réinvestir les contributions fiscales dans la régionrégion

Exiger qu’une partie des recettes fiscales soit utilisée pour construire des infrastructures modernes dans une région où les rares édifices actuels résultent soit d’initiatives locales, soit de vestiges coloniaux.
Revendiquer, par ailleurs, que le pétrole de Rig-Rig bénéficie directement au développement du Kanem.

  • Renforcer l’unité des régions marginalisées : Du Tchad, unir les forces pour exiger un partage plus équitable du pouvoir.

L’heure du réveil a sonné

Rappeler l’engagement et les apports du Kanem à l’édification du Tchad n’est pas une démonstration de vantardise, mais la reconnaissance d’un rôle essentiel trop longtemps ignoré. Il est temps de se connaître suffisamment pour s’édifier mutuellement et rappeler à chacun le rôle vital à jouer.

Le Kanem ne doit plus être un simple spectateur de l’histoire du Tchad. Il doit reprendre son destin en main – non pas par la force, mais par l’intelligence, l’organisation et un leadership affirmé.

L’avenir du Tchad repose sur l’inclusion de toutes ses composantes. Un pays qui considère certaines régions comme acquises et invisibles se prive d’un avenir juste et stable.
Il est temps que les fils et filles du Kanem, ainsi que tous les Tchadiens marginalisés, réclament leur juste place dans la gestion nationale. Ceux qui n’ont pas voix au chapitre ne peuvent espérer en tirer des bénéfices.

Qui mieux que le Kanem pourrait incarner le rôle de trait d’union entre les multiples composantes du Tchad ?

Abdallah Saleh

Jean Amrouche et Albert Camus dans l’Algérie en guerre

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Jean Amrouche et Albert Camus
Jean Amrouche et Albert Camus

Jean Amrouche et Albert Camus qui incarnaient l’intelligence et l’humanité de la société algérienne furent sans doute parmi les personnalités les plus tourmentées quand il leur fallut choisir un camp dans un pays en guerre.

Au fond de leur réflexion, les valeurs communes d’humanité qu’ils portaient et leur connaissance du pays, voulaient réveiller dans la masse des citoyens des deux camps un esprit de paix négociée qui aurait permis d’éviter une guerre sanglante. Mais il était déjà trop tard.

Après la terrible répression qui suivit le meurtre d’une centaine d’Européens en mai 1945 à Sétif et les milliers de morts du côté algérien, les indépendantistes comprirent que le lobby colonialiste dirigeait la politique française en Algérie et qu’ils n’obtiendraient pas leur objectif pacifiquement.

Même si des démocrates comme Ferhat Abbas, Albert Camus, Jean Amrouche et bien d’autres pensaient encore pouvoir éviter la guerre, ils ne parvinrent pas à déclencher une réflexion sur l’avenir du pays auprès de toute la population. Aussi le 1er novembre 1954 le conflit éclata En 1954, soit quelques années avant la mort de ces deux écrivains qui l’incarnaient, la population algérienne était de 9.370.000 personnes.

Les pieds-noirs, ces migrants originaires du sud de l’Europe, en majorité des Espagnols, Italiens ou Maltais. Ils étaient venus, pour beaucoup d’entre eux, travailler chez le colon français pour les mêmes raisons que celles des migrants Africains et Maghrébins qui aujourd’hui quittent leur pays pour l’Europe. Ils fuyaient la faim, la pauvreté, l’oppression politique et voulaient donner une vie meilleure à leurs enfants. La seule chose qu’ils désiraient était de continuer à vivre en Algérie.

Rappelons à ce sujet que le terme pied-noir choisi pour désigner les Européens d’Algérie n’est pas né en 1830 mais au début de la guerre d’Algérie. Cette expression qui évoque le va-nu-pieds avait d’abord désigné les Arabes d’Algérie (Dictionnaire Petit Robert 1917) et, en 1955, dans le même dictionnaire elle désignait les Français d’Algérie.

Ces derniers, après l’avoir pris comme une forme péjorative à leur égard s’en emparèrent ensuite comme un blason pour défendre leur identité. Comme l’écrit l’Historien Jean Jacques Jordi, il y avait dans l’Algérie coloniale une sorte de hiérarchie des populations : ”en haut de l’échelle, le Français de France, en bas l’Arabe musulman, entre les deux, selon les régions et surtout les époques, les Français d’origine espagnole, italienne, maltaise, les Juifs et les Kabyles”.

Aujourd’hui encore, ces Pieds-Noirs sont souvent perçus comme Français, mais des Français vaguement étrangers C’est dans cet univers rétréci que Jean Amrouche et Albert Camus vécurent les prémices de la guerre d’Algérie et son déroulement jusqu’à leur mort.

Albert Camus était un homme de gauche qui, dès sa jeunesse, dénonça le colonialisme et plaida pour l’égalité entre Européens et Algériens. En 1936, il défendit le projet Blum-Violette, timide avancée qui donnait le droit de vote à 22.800 musulmans mais échoua sous la pression du lobby colonialiste.

En 1939, il s’éleva contre la misère économique des Indigènes et le « mépris général où le colon (tenait) le malheureux peuple de ce pays »” ». Il écrivait dans la revue Ensemble de Ferhat Abbas, défendait son ami Messali Hadj dont des partisans étaient arrêtés et publia Misère de la Kabylie sur Alger républicain.

En 1945 ce fut l’un des rares Journalistes à se rendre à Sétif et à dénoncer le massacre fait aux musulmans. Il n’épargna aucun camp.

En janvier 1956, il appela à une trêve et se rendit à Alger ou les Pieds-Noirs l’accueillirent par des insultes et en octobre 1957, dans un texte peu connu publié dans la revue Révolution Prolétarienne, il condamna les attaques des syndicats proches du MNA par le FLN : « A chaque militant qui tombe, l’avenir s’enfonce un peu plus dans la nuit. Il faut le dire, au moins, et le plus haut possible, pour empêcher que l’anti colonialisme devienne la bonne conscience qui justifie tout, et d’abord les tueurs. »

Il accusait par ailleurs le FLN d’avoir écarté le Parti communiste alors qu’il était le plus apte à rallier des Européens à la cause de l’indépendance, lui reprocha de mépriser Ferhat Abbas et de mener une guerre sans merci contre le MNA. Le journaliste Faris Lounis qui analysa l’excellent ouvrage de l’écrivain Tarik Djerroud, Albert Camus et le FLN publié en 2022 aux éditions Erick Bonnier écrit à ce sujet : « Djerroud le dit clairement : la dénonciation du colonialisme français par Camus restait réformiste, dans le sens d’une égalité politique et juridique entre tous les citoyens d’Algérie, sans distinction de religion et d’appartenance communautaire, cela dans le respect total et inconditionnel des différences linguistiques, religieuses et sociales. Ce rêve de justice et de fraternité avait sa grande part d’illusions, perdues peut-être par avance ! Cette aspiration à un dépassement du système colonial passait aussi par l’appel à remédier sans tarder à la détresse économique du plus grand nombre, notamment avec « Misère de la Kabylie »…. Djerroud y voit un engagement sincère de Camus pour les droits et besoins humains les plus élémentaires, et en premier lieu la justice… Djerroud brosse ainsi le portrait d’un Camus non pas « colonialiste » ou « paternaliste », mais humaniste, inquiet et incertain, cherchant, depuis le milieu européen pauvre dont il est issu, sa place face à l’altérité des colonisés. Il voulait faire entendre la voix des damnés de cette terre, dont il n’a cessé de célébrer la beauté et la grandeur. »

Ainsi, à la différence de Jean Amrouche partagé entre l’amour mythique qu’il vouait à la France des lumières et les racines berbères qui irriguaient profondément sa vie 7 et sa culture, Albert Camus n’idolâtrait pas la France. Dans sa jeunesse, lors de ses premiers voyages en Europe, il écrivait sur les fiches d’identité des hôtels où il résidait, à la rubrique nationalité, Algérien. Pour Camus, il y avait, avant la France, les pieds-noirs pauvres comme sa famille, espagnols, italiens, maltais, le tout symbolisé par sa mère. symbolisée dans par sa mère.

Ces pieds-noirs constituaient avec les musulmans la masse des travailleurs algériens. Leur seul privilège était d’être Européens, ce qui ne changeait rien à leur statut social.

L’historien Jean-Jacques Jordan écrit à ce sujet : “Il existait en Algérie comme sans aucun doute en France une sorte de “hiérarchie” plus ou moins bien définie parmi les populations. En haut de l’échelle, le Français de France, en bas l’Arabe musulman, et entre deux, selon les régions et surtout les époques, les Français d’origine allemande, espagnole, italienne, maltaise, les Juifs, les Kabyles” C’est ce choix indéfectible du pays natal et de la mère qui valut à Albert Camus, malgré son talent et son prix Nobel, d’être rejeté par l’intelligentsia française y compris par son ami Jean-Paul Sartre qui le traitait de « petit voyou d’Algérie ».

En 2013, Albert Camus aurait eu 100 ans. Interrogée pour savoir si les autorités l’avaient contactée pour une quelconque manifestation du souvenir, sa fille Catherine répondit : “Ceux qui détiennent le pouvoir, ne peuvent pas aimer Camus, surtout quand on est de gauche. Pour eux il reste un type pauvre, un petit voyou des rue d’Alger qui s’en est sorti.”

La relation avec l’intelligentsia parisienne c’est Jean Amrouche qui la réalisera. Poète, essayiste, journaliste littéraire et homme de radio, il inventa les entretiens radiophoniques ou défilaient les grands noms de la littérature français dont ses amis et en particulier André Gide.

En 1943, à Alger, il noua avec le général De Gaulle qui l’appréciait des relations qui durèrent malgré son engagement avec le FLN et qui l’amenèrent à donner à plusieurs reprises son avis sur la guerre, sans être entendu.

Jean Amrouche connut Albert Camus en 1941 à Oran mais leur affinité était faible sur les plans spirituel, sociétal et même linguistique, le premier étant plus raffiné et le second plus populaire.

La guerre d’Algérie les sépara malgré les tentatives de Jean Amrouche pour unir leurs efforts et obtenir la paix mais le jugement que portait Camus sur le FLN empêchera toute action commune.

Une lettre envoyée par Jean Amrouche à l’un de ses amis, un an avant sa mort, témoigne de la souffrance personnelle de l’écrivain et de son désir d’être compris : « Je suis le pont, l’arche, qui fait communiquer deux mondes, mais sur lesquels on marche, et que l’on piétine, que l’on foule. Je le resterai jusqu’à la fin des fins. C’est mon destin. Le subissant, je suis plus fort que lui, mettant ma satisfaction, ma consolation dans l’effort que je fais pour ressembler chaque jour davantage au roseau de Pascal. Il me suffit de la connivence d’amis fraternels tels que toi pour me sentir justifié. J’ai engagé toutes mes forces au service du peuple algérien : non pour des raisons proprement politiques, mais pour une raison d’honneur et pour des raisons d’ordre spirituel. »

S’ils s’étaient rencontrés comme le voulait Jean Amrouche, ces deux génies algériens auraient su au moins laisser un récit pour l’Histoire de la guerre d’Algérie qui fut, de fait, une guerre civile. Mais l’Algérie dont ils rêvaient n’aurait pas existé pour cela.

Cette Algérie souveraine, indépendante, fraternelle et laïque, un modèle pour le monde en quelque sorte n’a jamais vu le jour car, en août 1962, le Gouvernement provisoire de la République algérienne, seul légitime, était renversé par une armée qui après avoir tué un millier de moudjahidine de l’intérieur s’emparait d’un pouvoir qu’elle ne lâchera plus.

Emile Martinez

La militante Abla Kemari condamnée à 2 ans de prison ferme 

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Abla Kemari, prisonnière d'opinion.

La Cour  d’Ouargla a condamné l’activiste Abla Kemari à une peine de trois ans de prison, dont deux ans ferme, pour des faits liés à son activité sur les réseaux sociaux, ont annoncé, sur le réseau social, Facebook, des avocats et des opposants politiques, à l’instar de l’universitaire, Fodil Boumala.

Cette décision réduit légèrement la sentence initiale prononcée par le tribunal d’Ouargla, qui l’avait condamnée à trois ans de prison ferme et à une amende de 50 000 dinars algériens, conformément aux réquisitions du parquet.

Abla Kemari faisait face à plusieurs chefs d’accusation, notamment « l’insulte au président de la République et la création d’un compte électronique destiné à promouvoir des idées ou des informations susceptibles d’inciter à la discrimination et à la haine au sein de la société ». Toutefois, les charges criminelles liées à l’apologie du terrorisme ont été abandonnées.

Initialement placée sous contrôle judiciaire, Abla Kemari a été mise en détention provisoire par décision du juge d’instruction près le tribunal de Ouargla, le 25 septembre.

Militante active sur Facebook, elle s’était particulièrement engagée lors du mouvement populaire, exprimant sa solidarité avec les prisonniers d’opinion. Elle était également impliquée dans des actions bénévoles en faveur des réfugiés des pays du Sahel. Abla Kemari fait partie des nouvelles figures de la dissidence populaire née depuis 2019 dans le sud algérien.

A rappeler que près de 240 détenus d’opinion croupissent dans les prisons algériennes. Un nombre difficile à déterminer d’Algériennes et d’Algériens, dont d’anciens détenus d’opinion, des opposants… sont sous le coup d’interdiction de quitter le territoire national.

Sofiane Ayache

Médecins résidents : appel à un sit-in massif à Oran

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Médecins résidents
Les médecins résidents mènent une grève depuis plusieurs semaines.

Le collectif des médecins résidents appelle à un rassemblement unitaire pour mardi 18 février à midi au Centre hospitalier d’Oran pour dénoncer la répression de leurs confrères la semaine dernière.

« Chers collègues assistants résidents, internes et externes,

Face à la répression, à l’usage injustifié de la force et aux atteintes à notre dignité, notre mobilisation est plus que jamais une nécessité. Quelle que soit notre position – gréviste ou non –, nous devons faire preuve de solidarité et de résistance pour arracher nos droits légitimes.

Nous appelons donc à un sit-in afin d’affirmer notre unité et de revendiquer nos droits légitimes. Ensemble, nous devons montrer que notre détermination est inébranlable et que nous ne céderons pas face à l’injustice

Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Oran mardi à 12h

Notre unité est notre force ! Montrons que nous sommes déterminés et que nous ne céderons pas face à l’injustice.

Soyons tous présents ! »

Louisa Hanoune dénonce la répression des médecins résidents en grève

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Médecins résidents
Les médecins résidents sont en grève depuis plusieurs semaines pour leurs droits.

Apres le RCD, le Parti des travailleurs (PT), par la voix de sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de répression exercée contre les médecins résidents en grève depuis de nombreuses semaines. 

Lors d’un rassemblement à Touggourt, Louisa Hanoune a appelé à la satisfaction de leurs revendications afin de leur permettre de s’installer et d’exercer leur métier dans leur propre pays.

À travers ses déclarations, Louisa Hanoune a une nouvelle fois mis en avant son engagement en faveur des droits des travailleurs et des étudiants. Elle a exhorté les autorités à abandonner la répression, à favoriser le dialogue et à mettre en place des politiques publiques adaptées aux besoins des citoyens, en particulier dans les secteurs clés de la santé, de l’éducation et de l’emploi.

La cheffe de file du PT a rappelé que les médecins résidents sont en grève depuis deux mois et que, durant cette période, ils n’ont été reçus qu’une seule fois par le ministre concerné. Pour elle, cette attitude reflète un manque de reconnaissance à l’égard de leurs revendications légitimes. Elle a également mis en garde contre les conséquences graves de cette politique sur le fonctionnement des hôpitaux, qui souffrent déjà d’une situation préoccupante.

Dans le même contexte, la leader du PT a condamné fermement l’arrestation des étudiants en médecine, qualifiant cet acte d’inacceptable et honteux. Elle a insisté sur le fait que ces étudiants et médecins ont pour mission de sauver des vies, et non de menacer l’ordre public. « Ils ne sont ni des terroristes, ni des criminels, ni des traîtres », a-t-elle martelé, dénonçant une politique de répression injustifiée.

Un manque d’implication syndicale à l’origine de l’impasse

Selon Hanoune, l’un des principaux problèmes réside dans l’absence d’implication des syndicats, ce qui a conduit à une impasse dans plusieurs secteurs clés, notamment l’éducation et la santé. Elle a réaffirmé son soutien aux travailleurs de ces secteurs, ainsi qu’aux salariés du secteur de la production nationale, qui souffrent, selon elle, de discrimination et d’une stagnation des salaires.

Appel à un dialogue inclusif 

Louisa Hanoune a plaidé pour l’ouverture d’un dialogue démocratique national global, réunissant toutes les forces vives de la société, notamment les partis politiques, les associations et les organisations syndicales. Selon elle, un tel dialogue est indispensable pour formuler des solutions concrètes aux problèmes socio-économiques du pays.

Elle a également mis en avant la nécessité d’élaborer une stratégie nationale axée sur le développement des investissements publics. Cette stratégie devrait viser la création de richesses durables et la mise en place d’emplois stables, contribuant ainsi à réduire le chômage et à renforcer l’économie nationale.

Samia Naït Iqbal

France : vers l’interdiction du port du voile par les sportives

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Sportives voilées
Le port du voile par des sportives suscite depuis de nombreuses années la polémique.

Le port du voile dans le monde du sport français suscite depuis plusieurs années des débats passionnés et controversés. Beaucoup de polémiques ont émaillé cet univers sur l’autorisation ou non du voile pour les sportives. Le Sénat français en mettre un terme.

Proscrit par certaines fédérations sportives, il est néanmoins autorisé par d’autres, ce qui crée une situation de division au sein de la communauté sportive. À partir de mardi, le Sénat se penchera sur une proposition de loi visant à interdire totalement le port de signes religieux, y compris le voile, lors des compétitions sportives.

Ce sujet délicat a été particulièrement mis en lumière lors des récents Jeux olympiques, où, au nom de la laïcité, le port du voile a été interdit pour les athlètes françaises. L’exemple de Sounkamba Sylla, qui a dû remplacer son foulard par une casquette pour participer à la cérémonie d’ouverture, illustre bien cette problématique. Des sportives étrangères, comme la boxeuse australienne Tina Rahimi, qui porte un hijab, ont dénoncé cette interdiction, la qualifiant de discriminatoire, une opinion partagée par des experts du Conseil des droits humains de l’ONU.

La proposition de loi, initiée par Michel Savin, sénateur (LR) de l’Isère, ne se limite pas aux athlètes de haut niveau, mais vise à interdire le port de signes religieux dans toutes les compétitions, y compris celles des amateurs. Le débat parlementaire sur ce sujet débutera le 18 février. Une source au sein du mouvement olympique français a souligné qu’une harmonisation des règles était souhaitée par de nombreuses fédérations, mais certaines, comme celles de handball et d’athlétisme, continuent d’autoriser le port du voile.

La question du port du voile dans le sport n’est pas nouvelle. En mi-2023, le Conseil d’État avait confirmé l’interdiction dans le football, malgré un avis divergent de son rapporteur. Depuis, d’autres fédérations, comme celles de volley-ball et de rugby, ont suivi cette ligne. Éric Tanguy, président de la Fédération française de volley-ball, a exprimé son soutien à cette interdiction, arguant que le respect des valeurs républicaines, dont la laïcité fait partie, est essentiel pour obtenir une délégation de services publics.

Cependant, cette position n’est pas sans créer des tensions, car les fédérations internationales permettent le port du hijab. David Lappartient, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), a reconnu que la laïcité à la française n’est pas toujours comprise à l’international, et a souligné que la France était le seul pays à interdire le hijab lors des Jeux de Paris.

Les opinions divergent également sur l’interprétation de l’arrêt du Conseil d’État. Béatrice Barbusse, sociologue du sport, a critiqué cette interprétation, notant que l’interdiction avait été justifiée par des préoccupations de troubles à l’ordre public. Elle met en garde contre le risque que de telles décisions exacerbent les tensions.

Michel Savin, quant à lui, défend sa proposition de loi comme une mesure nécessaire pour contrer l’essor du radicalisme religieux, affirmant que certains cherchent à tester les limites de la laïcité dans le sport. Cependant, un rapport de l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur a conclu qu’il n’existe pas de preuve significative d’un phénomène de radicalisation dans le sport.

Le sujet reste sensible au sein des clubs sportifs, qui se retrouvent souvent confrontés à des situations délicates. Denis Lafoux, secrétaire général d’une fédération omnisports, a indiqué que les clubs sont régulièrement sollicités pour des affaires liées à cette question, ce qui engendre une certaine confusion et inquiétude quant à la manière de gérer ces situations.

Le sommet des BRICS aura lieu à Rio en juillet

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Le sommet des dirigeants des BRICS se déroulera les 6 et 7 juillet 2025 à Rio de Janeiro, comme l’a annoncé le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira. Cette rencontre revêt une importance particulière, car le Brésil assure cette année la présidence tournante de ce groupe d’économies émergentes, qui inclut des pays influents tels que la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

Les BRICS, acronyme désignant un bloc de pays en développement, ont été fondés en 2009 dans le but de promouvoir la coopération économique et politique entre ses membres. Au fil des ans, le groupe a élargi son horizon en intégrant de nouveaux pays, et il compte aujourd’hui des membres tels que l’Indonésie, l’Iran, l’Égypte et les Émirats arabes unis.

En plus de ces membres à part entière, une douzaine de pays partenaires, dont Cuba, la Bolivie, le Nigeria, l’Algérie et la Turquie, participent également aux discussions et aux initiatives du groupe. L’Algérie est devenue membre partenaire de l’alliance des BRICS le 23 octobre 2024, lors du sommet BRICS+ à Kazan, en Russie.

En rejoignant les BRICS en tant que membre partenaire aux côtés de 12 autres pays, l’Algérie pourrait, selon les experts, se rapprocher d’une adhésion pleine et entière et ce, même si en désespoir de cause, Abdelmadjid Tebboune avait renoncé à l’adhésion à ce bloc. « Pour les autorités algériennes, le dossier de l’adhésion aux Brics est clos. Mieux encore, l’Algérie a définitivement tourné la page, même si elle est membre de la banque des Brics », annonçait El Moudjahid fin septembre 2024.

Mauro Vieira a précisé que lors de ce sommet, les chefs d’État des vingt pays membres, qu’ils soient à part entière ou associés, se réuniront pour prendre des décisions cruciales concernant le développement et la coopération entre les nations. L’objectif principal de cette rencontre sera d’améliorer les conditions de vie des populations des pays membres et de renforcer les liens entre les pays du Sud.

Le contexte international est également marqué par des tensions, notamment avec les États-Unis. Le président américain Donald Trump a récemment réitéré sa menace d’imposer des droits de douane de 100 % aux pays du BRICS s’ils poursuivent leurs efforts pour réduire la domination du dollar sur le marché mondial. Cette déclaration fait suite à des discussions sur l’utilisation de devises non américaines lors du dernier sommet des BRICS à Kazan, en Russie, en octobre dernier.

Sous la présidence de Luiz Inácio Lula da Silva, le Brésil a mis l’accent sur la nécessité de réformer les institutions multilatérales et de renforcer la coopération entre les pays du Sud. Parmi les priorités du gouvernement brésilien figure le développement de moyens de paiement alternatifs pour faciliter le commerce et l’investissement entre les membres du bloc. Eduardo Saboia, le négociateur en chef du Brésil pour le groupe, a souligné qu’il ne s’agissait pas de remplacer le dollar, mais plutôt d’explorer l’utilisation des monnaies locales dans les transactions commerciales.

Ce sommet à Rio de Janeiro s’annonce donc comme un moment clé pour les BRICS, où les dirigeants auront l’opportunité de discuter des défis communs et de tracer des voies pour un avenir de coopération renforcée. Les décisions prises lors de cette rencontre pourraient avoir des répercussions significatives sur la dynamique économique mondiale et sur la position des pays émergents sur la scène internationale.

Le bloc des Brics représente 26,2 % du PIB mondial se positionne comme un concurrent stratégique d’organisations occidentales telles que le G20.

La rédaction avec AFP

Ligue 1 Mobilis : accrochés, le NCM et l’USB s’enfoncent dans le classement

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NCM

Le NC Magra et l’US Biskra, deux des équipes mal-classées du championnat de Ligue 1 Mobilis de football, n’ont pas profité pour se relancer dans l’optique du maintien, en se faisant tenir en échec à domicile, respectivement face à l’Olympique Akbou (1-1) et l’USM Alger (0-0), en clôture de la 16e journée disputée vendredi.

Alors que le NCM croyait tenir sa victoire, en ouvrant la marque en première période par Lakehal (20e), il a fini par déchanter en concédant l’égalisation dans le temps additionnel. Lachehab a surgi dans le « money-time » pour offrir un point précieux pour la formation d’Akbou (90e+9).

Le « Ndjem », qui restait sur une élimination aux 1/16es de la Coupe d’Algérie face à l’USM Alger (1-0), a raté une belle occasion de s’éloigner de la zone de relégation. L’O. Akbou, quant à lui, continue son redressement, sous la conduite du nouveau coach français Denis Lavagne, invaincu en trois matchs, toutes compétitions confondues.

Présent au stade du 18-février d’El-Alia de Biskra, le nouvel entraîneur de l’USMA, le Brésilien Marcos Paqueta, a suivi le match face à l’USB (0-0) à partir des tribunes, dans une rencontre disputée à huis clos.

Les « Rouge et Noir », ont subi la majeure partie du match, face à une équipe de l’USB qui a raté un bon nombre d’occasions, faute de lucidité devant les buts.

Les joueurs de l’entraîneur Lyamine Bougherara, continuent de manger leur pain noir, eux qui sont à la recherche de leur premier succès, après une mauvaise série (en cours) de 11 matchs sans victoire en championnat. La dernière victoire des Biskris en Ligue 1 remonte au 19 octobre 2024, à domicile face à la JS Saoura (2-1).

Un nul qui fait stagner l’USB à la 16e et dernière place au tableau avec 13 unités, à trois longueurs du NC Magra, premier non-relégable. De son côté, l’USMA s’empare de la troisième place avec 26 points.

Dans les autres matchs de cette première journée de la phase aller, le MC Alger, a préservé son fauteuil de leader, en battant jeudi à domicile la JS Kabylie (3-2), dans un match plaisant.

De son côté, le CR Belouizdad, facile vainqueur mercredi à domicile face à l’USM Khenchela (3-0), a conservé sa place du dauphin, à deux longueurs du « Doyen ».

Tenue en échec à la maison par le CS Constantine (0-0), l’ES Mostaganem a raté l’occasion de quitter sa position de premier relégable, et reste sérieusement menacée par le spectre de la relégation (15e, 14 pts).

En revanche, la JS Saoura a retrouvé le sourire, en dominant le MC Oran (2-0), en manque d’inspiration. Les Oranais continuent de broyer du noir, en alignant une troisième défaite de rang, toutes compétitions confondues, alors que le nouvel entraîneur oranais Abdelkader Amrani, fraîchement installé, est déjà dans une mauvaise position.

Enfin, l’ASO Chlef et le MC El-Bayadh, n’ont pas raté l’occasion de jouer à la maison, en disposant respectivement du Paradou AC (2-0) et de l’ES Sétif (1-0), soignant au passage leur classement.

La 17e journée se jouera  les 18, 19 et 20 février, et sera marquée par le derby kabyle Olympique Akbou-JS Kabylie, alors que le leader le MC Alger affrontera le Paradou AC.

APS

La femme, le seul avenir et l’unique origine de l’homme

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Ballerine Algérienne

Au vu d’une actualité se rapportant à des violences portées sur la femme, un peu partout sur la Planète, il est utile de revenir sur le cas de l’Algérie.

Même si l’actualité nous inonde d’images de femmes portant l’hidjab, la percée de la femme est partout perceptible ! Même, et peut-être surtout, en Kabylie ! Par un effet d’entraînement subtil, la fille n’est plus soustraite de l’école, comme dans un passé pas si lointain, à son adolescence pour lui imposer une destinée unique, celle de se laisser marier ! Un canal unique, obéissant à une forme de libération de la tutelle des parents pour la verser dans une autre forme d’aliénation, celle de la soumission à un mari et une belle famille, pour elle choisis !

De nos jours, la majorité des familles kabyles consentent à des études secondaires et supérieures pour leurs filles ! Une situation qui était loin d’être gagnée dans les années 1970-80 ! D’où cette espèce de hargne et de course à la réussite qui se conjugue partout, bien plus au féminin qu’au masculin !

Telle ascension est, peut-être aussi, attribuable au fait que la Femme comprend de mieux en mieux que son avenir n’est pas dans la rente de pétrole ou dans quelconque héritage familial, évalué partout en sa défaveur, pour être réservé prioritairement au garçon. Corollaire, elle se bat ! elle bosse ! elle ne prie pas le ciel et autres saints fictifs pour un avenir meilleur ! Pour cela, elle persévère à tous les niveaux de son évolution pour, de sa propre volonté, tout arracher ! Une anecdote démonstrative résume tout cela en quelques échanges avec un ami d’enfance, sur la route qui mène au bar pour fêter nos retrouvailles, il y a de cela 4 ou 5 ans :

– Au fait, Chaâbane, tu as combien d’enfants maintenant ?

– Trois garçons (ou quatre, je ne m’en souviens plus) et une fille !

Et de rajouter, avec un mélange de fierté perceptible et un léger soupçon de dépit abdicatif : walakine, je dois t’avouer que si tu mets l’ensemble des garçons sur le plateau d’une balance et la fille sur l’autre, crois-moi, la bascule serait à l’avantage de cette dernière !!!

Je n’avais pas osé, devant mes neveux, témoins des échanges, m’épancher sur mon propre avis sur la question, car que pouvais-je donc penser et dire de plus qui ne s’accorde à son verdict ?

Que de poètes ! Que de bardes ! Que de chantres ont glorifié la Femme ! De Slimane Azem à Aït Menguellet, de Jean Ferrat à Julien Clerc, d’Elvis Presley à Michael Jackson pour la célébrer et stipuler qu’elle est l’unique bonheur et le seul l’avenir de l’homme ! Au vu des débâcles politiques partout perceptibles, peut-être est-il temps pour l’humanité de ne plus se limiter à une gloire lyrique, souvent individuelle, en lui confiant les rênes de notre destin collectif ?

Concernant notre pays, autant le faire maintenant pour gagner du temps ! À l’allure où elles se libèrent et partout gagnent du terrain, la loi du nombre finira par s’imposer d’elle-même, car au vu des résultats du bac, la femme méprisée et dépréciée par tous les imams d’Algérie, ceux du pouvoir FLiN-tox et des mosquées, finira, un jour ou l’autre, par prendre le dessus ! Que FLiN-tox, salafistes et autres islamistes stériles le veuillent ou non !

Femmes, je vous aime ! déclare depuis 40 ans Julien Clerc à ses compatriotes ! Eh bien, n’est-il pas temps pour nous tous de déclamer à leur endroit : Grand-mères, mères, épouses et filles, proches ou lointaines, nous vous aimons aussi ? Nous, la dernière fournée d’hommes à résister à ce message malsain qui fait d’elles des mineures à vie et les cantonne dans une spirale de mal-vie que l’Homme, aidé de SES dieux, tisse autour d’elles, depuis la nuit des temps, pour ériger une muraille infranchissable qui les séparent de leurs propres enfants !

Un jour, qui sait, l’effet papillon aidant, ce sera une déclaration portée par 20 millions de voix masculines, d’Alger à Tamanrasset, de Annaba à Oran, les larmes dégoulinant à flots, des sanglots de rédemption les accompagnant, pour implorer leur clémence, qui inondera le ciel aux heures de prière pour clamer, à l’unisson, aux Algériennes :

– Pardon d’avoir cru en ces messages tombés du ciel pour vous malmener et vous détester !

– Pardon, pour les siècles de tromperies qui nous ont transformés en vos ennemis jurés et nous interdisent de vous aimer !

– Pardon de vous avoir tout interdit au nom de tous ces messages arriérés, par la famille FLiN-tox distillés !

– Pardon d’avoir été aveuglés et trompés par toutes sortes de fourbes qui nous ont, dans les ténèbres, précipités !

– Pardon de ne pas avoir ouvert les yeux et compris plus tôt qu’il n’y a d’autre source à l’humanité que toi, la Femme, que moult écritures Sataniques nous ont interdit d’honorer !

Pour, de tant d’insolence, nous faire pardonner, désormais notre unique profession de foi ne sera prononcée, aux heures et en dehors de toute prière, que pour vous, radieuses femmes de nos tribus d’Algérie : ALGERIENNES, NOUS VOUS AIMONS !

Dorénavant, nous tous, Algériens du Nord, du Sud, de l’Est, du Centre ou de l’Ouest, déclarons que nulle vénération ne sera jamais plus gaspillée pour adorer quelque factice déité, à Jérusalem ou à la Mecque installée ! Nos chahadas seront toutes dédiées pour toi, l’Algérienne, notre unique Origine, notre seule Destinée !

N’en déplaise à tous les Tebboune et tous les Chanegriha que notre Histoire falsifiée et ses grandes Mosquées ont engendré !

Kacem Madani

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