8.9 C
Alger
Accueil Blog Page 6

CAN 2025 : Boulbina envoie l’Algérie en quarts de finale

2
Boulbina en plein shoot vainqueur.
Boulbina en plein shoot vainqueur.

Il a fallu presque deux heures de jeu pour que le silence se fissure. Cent dix-neuf minutes exactement pour que l’Algérie trouve enfin l’ouverture et mette fin au parcours de la République démocratique du Congo (1-0 après prolongations), mardi 6 janvier, au stade Prince Moulay El Hassan de Rabat.

Le match Algérie-RD Congo était fermé, rugueux, tendu jusqu’à l’excès, débloqué par un seul geste, celui d’Adil Boulbina, entré quelques minutes plus tôt, au moment où tout semblait déjà écrit.

La rencontre n’a jamais basculé dans le spectaculaire. Elle s’est installée dans un bras de fer permanent, fait de duels, de replis rapides, d’attentes interminables. Voire de jeu parfois agressif. L’Algérie a pris le contrôle du ballon sans pour autant imposer sa loi. La RD Congo a accepté de subir, compacte, disciplinée, organisée autour d’une défense dense et d’un gardien vigilant, Lionel Mpasi, longtemps infranchissable.

Les Fennecs ont essayé de construire, patiemment. Mahrez, Amoura, Maza ont combiné, cherché les intervalles, tenté d’accélérer, sans parvenir à déséquilibrer un bloc congolais bien en place. En face, les Léopards ont joué leurs cartes sans complexe, procédant par transitions rapides, Bakambu et Elia en points d’appui, sans toutefois inquiéter durablement la défense algérienne. À l’issue du temps réglementaire, le score nul et vierge résumait assez fidèlement la physionomie du match.

Les prolongations ont accentué la tension plus qu’elles n’ont modifié le scénario. L’Algérie a poussé davantage, portée par l’urgence, parfois au détriment de la justesse. Les entrées de Bounedjah et d’Hadj Moussa ont apporté de l’énergie, sans débloquer la situation. Le match semblait glisser lentement vers une séance de tirs au but, avec ce qu’elle comporte d’aléatoire.

C’est alors que Vladimir Petković tente un dernier coup. À la 113e minute, il lance Ramiz Zerrouki et Adil Boulbina. Un choix tardif, presque désespéré. Mais décisif.

À la 119e minute, Zerrouki trouve Boulbina dans la profondeur. Le jeune attaquant contrôle, repique légèrement vers l’axe et frappe du droit. Une frappe sèche, tendue, qui termine sa course sous la barre. Mpasi est battu. La RD Congo aussi. L’Algérie respire enfin.

Boulbina, 22 ans, devient en quelques secondes le visage d’un match longtemps sans visage. Sans excès, sans provocation, il résume ensuite l’essentiel : il a saisi sa chance. Rien de plus. Rien de moins.

La RD Congo quitte la compétition sans démériter. Solide, disciplinée, elle a tenu l’Algérie en échec pendant près de deux heures, avant de céder sur un détail, celui qui fait souvent basculer les matches à élimination directe.

L’Algérie, elle, poursuit son chemin. Sans éclat particulier, sans certitude absolue, mais avec cette capacité à durer, à résister, à attendre son moment. En quarts de finale, les Fennecs retrouveront le Nigeria, samedi 10 janvier à Marrakech. Un adversaire d’un autre calibre, dans un autre contexte.

Rien n’est réglé. Rien n’est garanti. Mais l’Algérie est encore là. En quarts de finale, elle affrontera le Nigeria.

Djamal Guettala

- Publicité -

La nouvelle reconfiguration du monde : anatomie d’une polarisation impériale

1
Les cartes
Image par 浩一 萩原 de Pixabay

Le début du XXIᵉ siècle devait consacrer l’avènement d’un ordre mondial pacifié, régulé par le droit international, le commerce et les institutions multilatérales. Cette promesse, héritée de l’après-guerre froide, s’est révélée être une parenthèse historique.

Le monde contemporain vit une rupture historique comparable à celles qui ont clos les grands cycles géopolitiques du XXᵉ siècle. L’illusion d’un ordre international stabilisé par le droit, le libre-échange et les institutions multilatérales se dissipe rapidement. À sa place émerge un paysage fragmenté, conflictuel, dominé par le retour assumé des logiques impériales. Le monde entre aujourd’hui dans une phase de reconfiguration profonde, caractérisée par le retour assumé des empires, la banalisation du rapport de force et une polarisation croissante des relations internationales. Ce nouveau découpage du monde n’est ni accidentel ni transitoire : il est le produit d’évolutions structurelles profondes, aujourd’hui accélérées par le retour de Donald Trump au pouvoir, la consolidation de la puissance chinoise et l’affirmation militaire de la Russie.

Loin d’être une anomalie, cette mutation résulte de tendances structurelles longues : crise de l’hégémonie américaine, ascension de nouvelles puissances, épuisement du multilatéralisme et résurgence des souverainetés autoritaires. Le retour de Donald Trump au pouvoir agit comme un accélérateur brutal de ces dynamiques, en révélant sans fard la nature impériale de la puissance américaine, tandis que la Chine et la Russie affirment leurs propres projets hégémoniques.

I. La trumpisation des relations internationales : une doctrine impériale révélée

Donald Trump n’est pas une anomalie de l’histoire américaine, mais son révélateur. Sa politique étrangère agit comme un dissolvant idéologique : elle ôte au discours impérial américain ses ornementations morales pour en exposer la matrice brute. La démocratie, les droits de l’homme et le multilatéralisme cessent d’être des fins proclamées pour redevenir de simples instruments tactiques. Au demeurant, Trump ne rompt pas avec l’histoire diplomatique des États-Unis : il en condense les constantes et en radicalise les méthodes. Sa politique étrangère repose sur une conviction simple : le monde est une arène de prédation où seuls les rapports de force garantissent la survie et la domination. Les valeurs, le droit et les alliances n’y ont de sens qu’en tant qu’instruments.

La doctrine trumpiste repose sur une vision radicalement transactionnelle du monde. Les alliances ne sont plus des partenariats stratégiques fondés sur des valeurs partagées, mais des contrats à court terme, évalués selon leur rentabilité immédiate pour les États-Unis. Cette logique transforme l’OTAN en outil de chantage financier, les accords commerciaux en armes de guerre économique et les organisations internationales en structures optionnelles. À l’international, cette approche se traduit par une généralisation de la coercition non militaire : sanctions extraterritoriales, pressions sur les systèmes financiers, instrumentalisation du dollar et du contrôle technologique. Le droit devient subordonné à la puissance, et la norme à l’intérêt.

Cette doctrine s’inscrit dans une filiation idéologique claire, celle de la doctrine Monroe. Proclamée au XIXᵉ siècle, celle-ci affirmait la vocation exclusive des États-Unis à contrôler leur hémisphère et à repousser toute ingérence extérieure. Trump en propose une version mondialisée et actualisée : l’Amérique d’abord (America First), l’Amérique partout où ses intérêts sont engagés.

Dans cette perspective, l’Amérique latine redevient un espace naturel d’intervention, d’autant plus que la présence chinoise dans le nouveau continent est subodorée comme une véritable menace par les Américains qui voient d’un mauvais œil des entreprises chinoises venant piocher dans son « propre jardin ».

Le Venezuela en est l’exemple le plus abouti. Sanctions extraterritoriales, asphyxie financière, isolement diplomatique et tentatives qui se sont soldés par la capture de Nicolas Maduro et sa femme à Caracas (Venezuela). Une scène hollywoodienne que d’aucuns n’imaginaient. C’est en s’appuyant sur la doctrine Monroe que Trump justifie cette intervention au nom de la prééminence américaine sur les deux Amériques, Nord et Sud. Au-delà du Venezuela, cette stratégie envoie un message clair aux États du Sud : l’autonomie politique et économique hors du giron américain expose à des représailles multiformes. L’impérialisme contemporain n’a plus nécessairement besoin de chars ; il opère par asphyxie.

Mais la trumpisation de la politique étrangère américaine ne se limite pas au continent latino-américain. Elle s’étend à d’autres continents, et le vieux continent semble être dans le viseur, notamment au Groenland. Trump tient mordicus à s’emparer dudit territoire — relevant du Danemark. « Nous avons besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. C’est très stratégique. En ce moment, le Groenland est couvert de navires russes et chinois partout », a déclaré M. Trump aux journalistes. 

II. La Russie et l’Ukraine : la guerre comme langage géopolitique

Avec l’invasion de l’Ukraine, la Russie a fait basculer l’Europe dans une nouvelle ère stratégique. Ce conflit dépasse largement le cadre d’une confrontation bilatérale : il constitue un acte de rupture avec l’ordre de sécurité issu de la fin de la guerre froide. Moscou revendique explicitement une sphère d’influence fondée sur l’histoire, la culture et la force. L’Ukraine devient ainsi un espace-tampon que la Russie refuse de voir s’autonomiser stratégiquement. Cette guerre révèle le retour assumé d’une conception westphalienne et impériale de la souveraineté, où la puissance militaire redéfinit les frontières du possible.

La réponse occidentale — sanctions massives, soutien militaire, guerre économique — accentue la bipolarisation globale. Elle met également en lumière les ambiguïtés du discours occidental : la défense du droit international apparaît sélective, nourrissant le scepticisme de nombreux pays du Sud, déjà marqués par les interventions passées en Irak, en Libye ou en Afghanistan.

III. La Chine et Taïwan : l’hégémonie par la pression graduée

La Chine déploie une stratégie impériale d’une autre nature. Patiente, méthodique et multidimensionnelle, elle combine puissance économique, contrôle technologique et pression militaire graduée. Son objectif n’est pas la rupture brutale, mais l’érosion progressive de l’ordre existant. La question de Taïwan cristallise cette ambition. Les manœuvres militaires répétées, les incursions aériennes et navales et la rhétorique de la réunification inévitable visent à banaliser l’idée d’un affrontement futur. Taïwan devient ainsi le laboratoire d’une hégémonie en gestation, et le principal point de friction entre Pékin et Washington. La Chine déploie une stratégie impériale d’une autre nature. Patiente, méthodique et multidimensionnelle, elle combine puissance économique, contrôle technologique et pression militaire graduée. Son objectif n’est pas la rupture brutale, mais l’érosion progressive de l’ordre existant.

La question de Taïwan cristallise cette ambition. Les manœuvres militaires répétées, les incursions aériennes et navales et la rhétorique de la réunification inévitable visent à banaliser l’idée d’un affrontement futur. Taïwan devient ainsi le laboratoire d’une hégémonie en gestation, et le principal point de friction entre Pékin et Washington.

IV. L’alliance sino-russe : convergence stratégique et déséquilibres

Face à la pression américaine, la Chine et la Russie opèrent un rapprochement stratégique fondé moins sur une alliance idéologique que sur une convergence d’intérêts. Toutes deux contestent l’hégémonie occidentale et cherchent à redéfinir les règles du jeu international.

Cette relation demeure toutefois asymétrique. La Chine s’impose comme le pôle économique et technologique dominant, tandis que la Russie conserve un rôle militaire et énergétique. Cette complémentarité pragmatique renforce la polarisation globale sans pour autant constituer un bloc homogène.

V. Les Suds globaux : terrains de confrontation et stratégies d’évitement

Dans cette reconfiguration impériale, les pays du Sud se retrouvent pris en étau. Sanctions, conditionnalités financières, endettement et pressions diplomatiques réduisent leurs marges de manœuvre. Le Venezuela, l’Ukraine et Taïwan ne sont pas des anomalies, mais des symptômes. Pourtant, certains États tentent de renouer avec des formes de non-alignement stratégique, jouant des rivalités entre grandes puissances pour préserver une autonomie relative. Cette stratégie reste fragile, tant la polarisation actuelle tend à criminaliser la neutralité.

VI. La coercition sans la guerre : l’empire par l’économie

L’un des traits majeurs de la nouvelle configuration impériale réside dans la substitution progressive de la coercition économique à l’intervention militaire directe. Sanctions, contrôle des flux financiers, domination du dollar et chantage technologique constituent désormais les armes privilégiées de la puissance américaine. Cette stratégie permet d’infliger des dommages systémiques sans assumer le coût politique et humain des guerres classiques. Bon nombre de pays, notamment ceux du sud global, deviennent les cibles d’une guerre silencieuse, où l’asphyxie remplace l’invasion. Cette forme d’impérialisme discret n’en est pas moins destructrice, et contribue à délégitimer durablement l’ordre occidental aux yeux desdits pays.

Conclusion 

La nouvelle reconfiguration du monde consacre la fin des illusions universalistes. Le retour de Donald Trump au pouvoir ne crée pas cette dynamique, mais l’accélère et la rend plus lisible. La force redevient le langage central des relations internationales, la souveraineté un privilège conditionnel, et la paix un équilibre instable. L’Ukraine bombardée, Taïwan encerclée, le Venezuela asphyxié dessinent les contours d’un monde plus dangereux, mais aussi plus clair dans ses logiques. La question centrale n’est plus de savoir si la polarisation est installée, mais si les sociétés et les États sauront inventer des mécanismes de régulation capables d’éviter que cette confrontation impériale ne dégénère en chaos systémique.

À défaut, la reconfiguration en cours pourrait bien annoncer non pas un nouvel ordre, mais une longue séquence de turbulences, où chaque crise locale portera en germe une conflagration globale.

Bachir Djaïder, journaliste et écrivain

- Publicité -

​Banque d’Algérie : les non-dits du limogeage du Gouverneur Salah Taleb

1
Banque d'Algérie
La Banque d'Algérie. Crédit image : APS

Abdelmadjid Tebboune a mis fin dimanche aux fonctions du gouverneur de la Banque d’Algérie, Salah Eddine Taleb. Ce limogeage intervient simultanément avec l’annulation de mesures controversées sur la restriction des dépôts en espèces, marquant un tournant dans la gestion monétaire du pays.

​Un limogeage lié à des décisions jugées « déconnectées du réel »

​Bien que le communiqué de la présidence n’ait pas explicitement détaillé les motifs de ce départ, le lien avec les récentes orientations de la Banque d’Algérie semble manifeste. Selon plusieurs observateurs et experts financiers, Salah Eddine Taleb paye le prix de directives jugées trop rigides et inadaptées aux capacités techniques et aux réalités du marché national.

​Parmi les points de friction majeurs figuraient les restrictions sur l’allocation voyage (change des devises) et, surtout, les nouvelles règles encadrant les dépôts de fonds dans les comptes commerciaux, perçues comme un frein brutal à l’activité économique.

​L’annulation immédiate de la «note sur le cash »

​Conséquence directe de ce changement de cap, la Banque d’Algérie a diffusé, dès lundi matin, la note n° 01/DGIG/2026. Ce document vient annuler et remplacer officiellement la note du 22 décembre dernier qui avait instauré un blocage de fait sur les transactions en espèces.

​Ce texte rétablit les procédures de vigilance antérieures, permettant à nouveau aux commerçants d’alimenter leurs comptes par versements d’espèces, à condition que ces derniers restent cohérents avec leur chiffre d’affaires déclaré.

​Un apaisement face au mécontentement des opérateurs

​La directive précédente, qui visait à imposer une transition accélérée vers le paiement électronique, avait suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et au sein des organisations professionnelles. Les commerçants pointaient du doigt l’absence d’infrastructures de paiement suffisantes pour abandonner le « cash » du jour au lendemain.

​En intervenant par le biais d’un changement à la tête de l’institution monétaire, l’exécutif semble vouloir envoyer un signal d’apaisement aux opérateurs économiques. Le nouveau Gouverneur par intérim, Mouatassem Boudiaf (précédemment Vice-Gouverneur), aura désormais la lourde tâche de poursuivre la modernisation du secteur bancaire tout en évitant les ruptures brutales avec les pratiques du terrain.

Samia Naït Iqbal

- Publicité -

CAN 2025 : les Super Eagles écrasent le Mozambique et filent en quarts de finale

0
Les Supers Eagles.
Le Nigeria qualifié aux quarts de finale

Le Nigeria n’a laissé aucune place au doute. Dans ce huitième de finale de la CAN 2025, les Super Eagles ont écrasé le Mozambique 4-0 dans un match à sens unique, offrant une démonstration de puissance et de maîtrise technique.

Dès les premières minutes, l’intensité nigériane a étouffé toute velléité adverse, installant le jeu dans le camp mozambicain et dictant le rythme de la rencontre.

L’ouverture du score est survenue à la 20e minute grâce à Ademola Lookman, dont la frappe précise a trouvé le fond des filets et libéré l’équipe. À peine cinq minutes plus tard, Victor Osimhen doublait la mise après une combinaison parfaitement construite au milieu de terrain, confirmant la supériorité nigériane. Après la pause, Osimhen inscrivait son doublé à la 47e minute, scellant le contrôle total de son équipe sur la partie. Le festival offensif se concluait à la 75e minute par A. Adams, qui portait le score final à 4-0 et achevait un Mozambique dépassé par la rapidité et la fluidité du jeu adverse.

Les Nigérians ont brillé par leur solidité défensive et leur efficacité dans les transitions. Chaque accélération offensive créait le déséquilibre, et le milieu de terrain, maître du tempo, dictait le rythme sans jamais relâcher la pression. Le Mozambique, courageux mais limité techniquement et physiquement, a tenté de résister par blocs compacts, sans jamais vraiment menacer la défense nigériane. Les rares occasions mozambicaines se sont heurtées à un gardien vigilant et à une ligne arrière parfaitement organisée.

Cette victoire massive envoie un message clair à tous les prétendants de la compétition : le Nigeria avance avec confiance et ambition. Les Super Eagles ne se contentent pas de gagner, ils imposent leur style, alliant puissance physique, maîtrise technique et efficacité offensive. Cette performance renforce leur statut de sérieux prétendants et souligne une dynamique positive à l’approche des quarts de finale.

En effet, le Nigeria affrontera désormais le vainqueur du match Algérie – République démocratique du Congo pour une place en demi-finales. Forts de cette démonstration, les Nigérians abordent ce prochain rendez-vous avec la confiance d’une équipe capable d’allier spectacle et rigueur tactique, prête à franchir un palier supplémentaire dans sa quête du titre continental.

Djamal Guettala 

- Publicité -

Loi sur les partis politiques : une réforme structurante ou un verrouillage accru du champ politique ?

2
Tebboune, Leila Aslaoui et Boualem Boualem.
Abdelmadjid Tebboune, Grieb Sifi, Leila Aslaoui et Boualem Boualem. Crédit photo : APS.

Présenté comme un levier de moralisation et de rationalisation de la vie politique, le projet de révision de la loi organique relative aux partis politiques marque un tournant significatif dans la gestion du pluralisme partisan en Algérie.

Derrière l’objectif affiché de de ce projet de loi sur les partis, il y a la volonté, entre autres, de mettre fin à la dispersion du paysage politique et aux dérives organisationnelles, le texte soulève toutefois de sérieuses interrogations quant à l’équilibre entre encadrement légal et liberté d’action politique.

Avec ses 96 articles, le projet instaure un maillage juridique dense qui conditionne l’existence même des partis à une série d’obligations administratives, financières et électorales inédites par leur ampleur.

Rationalisation ou restriction de la pluralité ?

L’un des axes centraux du texte consiste à réduire le nombre de partis en imposant des critères d’implantation et de représentativité particulièrement exigeants. L’obligation d’être présent dans au moins la moitié des wilayas, de mobiliser 600 congressistes élus et de justifier de centaines d’adhérents par circonscription pourrait, selon plusieurs observateurs, exclure de facto les formations émergentes, régionales ou thématiques.

Si les autorités justifient ces exigences par la volonté d’éliminer les formations sans ancrage réel, cette orientation est perçue par certains observateurs comme favorable aux partis déjà établis, avec le risque de limiter l’émergence de nouvelles dynamiques politiques et l’expression de courants minoritaires mais légitimes.

Un encadrement serré de la gouvernance interne

La limitation du mandat du président ou du secrétaire général à deux quinquennats consécutifs est présentée comme une avancée démocratique. Toutefois, la nullité automatique des décisions prises par une direction arrivée en fin de mandat introduit un levier juridique potentiellement paralysant, exposant les partis à des contestations internes et à des blocages administratifs.

Cette logique de contrôle externe du fonctionnement interne interroge sur le degré d’autonomie réellement laissé aux formations politiques dans la gestion de leurs affaires.

La fin du nomadisme politique, au prix du mandat électif ?

La radiation automatique de tout élu changeant d’appartenance partisane après son élection vise à restaurer la cohérence des engagements électoraux. Néanmoins, cette disposition pose la question du mandat représentatif : l’élu devient-il avant tout le dépositaire de la ligne de son parti plutôt que le représentant de ses électeurs ? Le risque d’une rigidification excessive du jeu politique n’est pas écarté.

Transparence financière ou pression pénale dissuasive ?

Le volet financier du projet se distingue par un durcissement notable des règles et des sanctions. L’interdiction des transactions en espèces et la surveillance accrue des flux financiers répondent aux standards de lutte contre la corruption. Cependant, l’arsenal pénal prévu, notamment en matière de financement étranger ou de gestion des biens du parti, est jugé par certains disproportionné et susceptible d’instaurer un climat de crainte dissuasif pour l’engagement politique. Tout cela, comme si le pouvoir était lui-même transparent dans sa manière de diriger les affaires du pays.

La participation électorale comme obligation juridique

L’obligation faite aux partis de participer aux élections, sous peine de dissolution après deux absences consécutives, constitue l’un des points les plus controversés du texte. Cette mesure remet en cause le droit au boycott, historiquement utilisé comme moyen d’expression politique et de contestation de la crédibilité du processus électoral.

En subordonnant l’existence d’un parti à sa participation électorale, le législateur redéfinit implicitement les formes de l’opposition politique autorisées.

Numérisation : modernisation ou recentralisation ?

La mise en place d’une plateforme numérique dédiée à la gestion des partis est présentée comme un outil de transparence et d’égalité de traitement. Toutefois, ce dispositif renforce également la centralisation du suivi administratif au niveau du ministère de l’Intérieur, accentuant la dépendance des partis vis-à-vis de l’autorité administrative.

Une vie partisane sous surveillance accrue

Au final, si le projet de loi ambitionne de restructurer un paysage partisan fragmenté et peu lisible, il consacre également une logique de régulation étroite où la conformité administrative et la performance électorale deviennent les principaux critères de légitimité politique.

Pour ses détracteurs, le risque est de voir émerger une scène partisane formellement pluraliste, mais politiquement domestiquée, où les partis existeraient davantage comme des entités réglementaires que comme de véritables forces de médiation entre la société et le pouvoir.

La rédaction

- Publicité -

Décès de Mohammed Harbi : recueillement mardi 13 janvier à Père-Lachaise

0
Mohammed Harbi
Mohammed Harbi

La famille Harbi a été très touchée par l’élan de compassion et de soutien que vous avez manifesté suite à la disparition de leur (notre) cher Mohammed Harbi survenue ce 1er janvier 2026.

Elle informe, celles et ceux qui souhaitent lui rendre un dernier hommage, que ses obsèques auront lieu mardi 13 janvier à 13h30 au Crématorium du Père-Lachaise (salle de la Coupole), 55, rue des Rondeaux 75020 Paris, Entrée Porte Gambetta ( Métro lignes 3 et 3bis , station Gambetta).

- Publicité -

A propos de ce qui nous révulse : la fraternité humaine réprouvée

0
Les femmes étaient très engagées pendant les manifestations de dissidence populaire de 2019/2020. Crédit photo : Le Matin.

« Le militant endoctrine et inculque ; l’activiste module et induit. » (1)

1° Introduction : pourrir pour mourir !

« Les réalités » des métarécits obsèdent les philosophes et les historiens lesquels croient pouvoir faire abstraction des fondements généraux des Etats et verser dans le culte des classements de civilisations et de cultures. On a l’impression que les mythes se sont introduits dans les matrices conceptuelles du savoir. L’ère de l’oligarchie a besoin de ses mythes : les barons louent des yachts pour délibérer, alors que les militants attendent la fumée blanche. Entre le yacht et le salon, le peu de crédit qui existe est souillé par l’opulence qu’arbore l’oligarchie pour garder le statut de secte de veilleurs de la forteresse habitée par les détenteurs de l’opinion, de la thèse, du logos et du mythe légitimes. Pourquoi nous nous sentons toujours marginaux en langue française alors que nous sommes destinés à mener notre vie et nos ouvrages avec ? Le sacré s’oblige à l’oubli malgré ce que laissent les militants existentialistes, semblant être une déviance, des mythifications tout aussi légitimes qu’impératives. Régis Debray écrit : « Sacraliser, c’est remparer. » (2)

1° « Un café ; non, c’est fermé ! »

D’abord, la francophonie est restée un enjeu politique dans la mesure où l’accès à la langue française est devenu un luxe pour tous ceux qui rêvent de mener leur vie en français ou en France.

Malgré l’attachement de nombreux Algériens à la langue française, on continue à bureaucratiser le lien humain et à durcir les procédures d’accès aux études dans des universités françaises.

On donne, par cela, l’impression qu’on veut se débarrasser de ces « énergumènes » dont la droite fait le procès par toutes sortes d’essentialisations et de stéréotypes. Les immigrés seraient, une lapalissade qui nous coince à nos certitudes usées par le Verbe et aiguisées par nos névrosées consciences, la cause principale de la crise multiformes que connaît la France.

Or, ne faudrait-il pas cesser, faute de lucidité politique, de soumettre les valeurs françaises (mettons à part la bourgeoisie) aux caprices des assidus des plateaux et des coutumiers des doux couvents où la grammaire des faits est chassée ? La lettre s’efface-t-elle face à l’encre rebelle que des plumitifs fuient de crainte d’être sollicités pour une opinion historique ? « Je suis apolitique » disent ceux qui « ne veulent pas faire dans la littérature de propagande. ». Alors qu’ils devraient mobiliser tous les producteurs de sens, les régimes autocratiques les poussent à abandonner la mission politique intrinsèque à leur vie, perçue comme impératif éthique. « On ne désire pas imposer aux écrivains de nouveaux procédés littéraires, on leur demande de prendre leur place dans la tâche sociale commune, l’édification du socialisme. » (3)     

2° Se désolidariser d’un opprimé, un idéal

Ensuite, sans trop nous aventurer, nous dirions que les crispations identitaires et la diversité culturelle a produit de faux clivages que les droites des pays décolonisés exploitent dans les tensions qui naissent entre l’ancien colonisateur et les autocraties du Sud. Certes, la France souffre de problèmes sécuritaires et la République est appelée à assurer la paix à tous les citoyens ; mais de là à tout endosser au musulman, à l’arabe, à l’Algérien, etc., c’est faire preuve d’un raccourci intellectuel qui, ajouté à l’économie de l’effort, garantit l’impact imaginaire. Il faut, malgré tout, s’acquitter de la dette contractée avec le savoir.

Il ne reste aux phraseurs, malgré les discours poignants qu’ils tiennent, que la pulsion ontologique (la principale) de domination étrangement dédiée aux combattants de la liberté.

La France devient-elle un Etat sécuritiste où la sécurité des dominants est garantie par la ruine des dominés ? La France se départira-t-elle de ses valeurs et continuer à alimenter la cheminée de la demeure universelle occupée par les copains oligarques et romanciers ? Mouloud Mammeri répondit à un journaliste en ces termes : « Un roman n’est pas une thèse, ce n’est même pas un essai historique, c’est un essai de reproduction de la vie, non pas telle qu’elle s’est passée, mais telle que recréée je crois dans l’esprit de celui qui écrit, mais avec une référence constante tout de même de la réalité. » (4) 

3° L’engagement : béquille ou bâton ?  

En dernier lieu, ne faudrait-il pas inciter les intellectuels de gauche de reprendre leur place initiale qu’ils avaient abandonnée pour plaire aux loges des bourgeoisies. Un décalage existe entre les élites ayant sombré dans le labyrinthe des épistémès suspendues aux caprices de la pensée pure à laquelle, et cela à juste titre, ils s’accrochent de crainte que la sacralité du savoir soit récupérée par les apprentis embauchés par la droite mécanisée et conditionnée à la relation tendue avec la gauche sur beaucoup de questions qui n’intéressent pas les masses. Tout savoir se connaît, mais ne se reconnaît que par l’extériorité.

Mais le politique a un seuil primaire : à l’ère postmoderne, le sujet, errant, devrait être assisté dans l’appréhension de ses questions existentielles. Il y a dans la solitude fascinante, un victimaire extrêmement passionnel.  « La littérature, c’est compact et c’est sacré. » (5) La littérature est comme cette substance qui sert un instant pour qu’enfin elle disparaisse sans laisser les séquelles d’une jouissance agressive, tragique. 

Les valeurs sont accusées de vouloir donner aux opprimés l’illusion d’un humanisme qui pourtant est resté controversé par de brillants intellectuels comme Michel Foucault.

Conclusion : se soulager de… sa plume

Pour conclure, nous pourrions dire que les penseurs de la France officielle préfèrent le maintien de la tension classique mais féconde qui, par l’évacuation des problématiques sociales, oppose la droite à la droite (il ne reste, mis à part quelques groupes, que la gauche culturaliste et morale), sans permettre que les vrais problèmes des Français et de l’immigration soient posés. Aller à l’encontre de la bourgeoisie est un interdit dogmatisé par la doxa politico-intellectuelle pour laquelle il faut adhérer à l’ambiance idéologique. La France aussi souffre d’une crise identitaire !!! La territorialité aura un impact sur les luttes politiques essentielles à l’ouverture d’un foyer mondial de la fraternité. Nabhani Koribaa écrivit : « La sympathie est un véritable éveil de l’esprit, éveil qui l’éclaire d’un jour nouveau là où il veut œuvrer. » (6) 

Abane Madi 

Renvois

  1. Brian Massumi, L’économie contre elle-même. Vers un art anticapitaliste de l’événement, trad. de l’anglais par Armelle Chrétien, Montréal, Lux éditeur, 2018 (Humanités), p. 181, nous soulignons. In Lahouste, C. (2021). D’une littérature activiste. Perspectives contemporaines (Emmanuelle Pireyre, Antoine Boute, Philippe De Jonckheere) Littérature, 201(1), 147-163. https://doi.org/10.3917/litt.201.0147.
  2. Régis Debray, Le moment fraternité, Paris, Gallimard, 2009, p40.
  3. Baudorre, P. (2003). Le réalisme socialiste français des années Trente : un faux départ. Sociétés & Représentations, 15(1), 13-38. https://doi.org/10.3917/sr.015.0013.
  4. Mouloud Mammeri, Ecrits et paroles Tome I, Alger, Cnrpah, 2008, p 183. 
  5. Voir https://lundi.am/Faire-des-gateaux-avec-Nathalie-Quintane, nous soulignons. In Lahouste, C. (2021). D’une littérature activiste. Perspectives contemporaines (Emmanuelle Pireyre, Antoine Boute, Philippe De Jonckheere) Littérature, 201(1), 147-163. https://doi.org/10.3917/litt.201.0147.
  6. Nabhani Koribaa, Humain universel Philosophie esthétique, Alger, Enal, 1986, p. 24 
- Publicité -

Gabriella Norum : une âme de la peinture suédoise

0
Gabriella Norum
Gabriella Norum. Crédit photo : DR

Peintre figurative suédoise contemporaine, Gabriella Norum transforme le portrait en un territoire de présence, d’émotion et de lumière intérieure. Maîtrisant avec virtuosité l’acrylique, elle explore sans cesse l’essence humaine, donnant à ses œuvres une intensité sensible et immédiate. Héritière d’une tradition figurative nordique, elle la réinvente avec une approche intime, accessible et profondément contemporaine.

Gabriella Norum est une artiste peintre suédoise contemporaine dans la commune d’Åkersberga, au nord-est de Stockholm, où elle vit et travaille depuis de nombreuses années dans son propre atelier d’artiste. Autodidacte, elle se consacre à la peinture figurative à l’acrylique et aux portraits sur commande, mais réalise aussi d’autres motifs inspirés par la vie, la lumière et la présence des sujets qu’elle choisit. Elle exerce son art à plein temps depuis 2016, ce qui marque une transition vers une pratique professionnelle intensive après des années de maturation personnelle et artistique.

Son approche artistique révèle un véritable sens du métier, fruit d’années de pratique et d’expérimentation. Gabriella Norum ne se contente pas de reproduire des formes ou des visages ; elle explore minutieusement les couleurs, les textures et les nuances de lumière, choisissant chaque teinte pour renforcer l’émotion et la profondeur de ses compositions. La maîtrise des outils — pinceaux fins pour les détails délicats, spatules pour les empâtements, couteaux pour sculpter la matière — lui permet de transformer chaque surface en un terrain de jeu visuel où la peinture devient presque tactile. Chaque geste, chaque coup de pinceau est pensé pour donner du volume, de la densité et une respiration à ses sujets, comme si la toile elle-même devenait un espace vivant.

Mais au-delà de la technique, ce qui distingue véritablement son travail, c’est sa capacité à capturer l’âme et l’instant. Ses portraits ne se limitent pas à la représentation formelle ; ils cherchent à transmettre la personnalité, la fragilité et la lumière intérieure de chacun. Une expression fugace, un regard, une posture suffisent à révéler ce qui fait l’unicité du sujet, et Gabriella Norum s’attache à transformer cette essence invisible en quelque chose de tangible et d’émotionnellement résonnant.

Cette quête permanente de lumière, de sentiment et de vérité intérieure guide son évolution artistique. Chaque nouvelle toile est à la fois un défi et une exploration, un moyen d’affiner sa perception et de repousser les limites de son propre langage pictural. Cette volonté d’amélioration continue témoigne d’une exigence personnelle et d’un engagement profond : son travail ne se limite pas à créer de belles images, mais à donner vie à des émotions, à établir un dialogue silencieux entre l’œuvre et le spectateur. Ainsi, technique et sensibilité ne font qu’un, et la force motrice de son art réside dans ce mélange subtil de maîtrise matérielle et d’intensité humaine.

Au fil des années, Gabriella Norum a progressivement construit une présence solide et reconnue sur la scène artistique suédoise grâce à ses nombreuses participations à des expositions, tant locales que nationales. Chacune de ces présentations représente non seulement une opportunité de montrer la diversité et la profondeur de son travail, mais aussi un moyen d’établir un dialogue direct avec le public et les collectionneurs.

Ses expositions récentes témoignent de cette dynamique : des projets tels que Roddarhuset à Vaxholm et Vilda Blommor à Åkersberga mettent en lumière ses œuvres dans des espaces intimistes et conviviaux, où la proximité avec les spectateurs permet d’apprécier pleinement les détails et la sensibilité de ses portraits et compositions. D’autres galeries, comme Galleri Plume à Viken, Strängnäs konstgalleri, Made by Gallery à Stockholm ou encore Gallery Lienhart à Stockholm, lui offrent des plateformes plus formelles et médiatisées, permettant à ses créations de toucher un public plus large et varié.

Cette diversité de lieux d’exposition illustre la flexibilité et l’adaptabilité de son travail, capable de s’inscrire autant dans des contextes locaux chaleureux que dans des espaces plus institutionnels. La programmation de ses projets jusqu’en 2025, notamment au Carlstad Art Gallery, souligne non seulement la continuité et la régularité de son activité, mais également la reconnaissance croissante de sa pratique par les professionnels du milieu. Ces participations régulières à des expositions traduisent un engagement constant et un sérieux artistique qui contribuent à asseoir sa réputation, tout en permettant au public de suivre l’évolution de son travail, de sa technique et de sa sensibilité au fil du temps. En combinant visibilité, qualité et constance, Gabriella Norum affirme ainsi sa place dans le paysage contemporain de l’art figuratif suédois, tout en tissant progressivement un réseau de contacts, de collectionneurs et d’amateurs qui suivent et soutiennent son parcours artistique.

L’œuvre de Gabriella Norum se distingue par sa capacité à mêler le réalisme minutieux du portrait à des compositions plus larges, où l’atmosphère, la lumière et la sensation émotionnelle prennent une place aussi importante que la simple représentation formelle des sujets. Chaque toile devient ainsi un univers à part entière, dans lequel le spectateur est invité non seulement à observer, mais à ressentir. Des pièces comme Skymning, réalisée en 2024, illustrent parfaitement cette approche : ses dimensions imposantes offrent un espace immersif, tandis que le traitement expressif des couleurs et des nuances de lumière crée une profondeur et une intensité émotionnelle rares. La maîtrise technique de Gabriella Norum se combine ici à une véritable sensibilité à l’ambiance, donnant à ses œuvres une qualité contemplative qui engage le regard, le temps et l’imagination du spectateur. 

Chaque élément de la composition, du choix des tons aux contrastes de lumière, contribue à faire émerger une atmosphère vivante et vibrante, où la peinture devient un vecteur d’émotion et de présence.

Parallèlement à ses œuvres uniques, Gabriella Norum développe également un travail sur des impressions en édition limitée, comme Aqua Lilium II. Ce choix témoigne d’une volonté de rendre son art accessible à un public plus large, tout en préservant l’exclusivité et l’authenticité de ses créations grâce à des éditions numérotées et certifiées. Ces reproductions permettent à des amateurs d’art, des collectionneurs et des passionnés de se connecter avec son univers pictural sans que l’intensité émotionnelle de l’œuvre originale ne soit perdue. 

En conjuguant œuvres uniques et impressions limitées, elle réussit à créer un équilibre entre accessibilité et prestige, démontrant que la peinture figurative contemporaine peut être à la fois intime, émotive et largement partagée. Cette double approche renforce son rôle en tant qu’artiste moderne capable de fusionner tradition picturale et innovations dans la diffusion de son art, tout en maintenant une forte cohérence stylistique et émotionnelle dans l’ensemble de sa production.

L’apport de Gabriella Norum à l’art contemporain suédois dépasse la simple production d’œuvres figuratives ; il s’inscrit dans une affirmation vivante du figuratif comme langage artistique capable de rivaliser avec les tendances plus abstraites ou conceptuelles qui dominent parfois la scène actuelle. Dans un contexte où l’expérimentation formelle et l’art conceptuel occupent une place prépondérante, son travail rappelle que la peinture figurative n’est pas un genre figé ou nostalgique, mais un moyen d’expression dynamique, émotionnel et profondément humain. En poursuivant une pratique centrée sur la connexion avec le spectateur, la narration visuelle et la captation de l’âme des sujets à travers la couleur, la lumière et la texture, elle montre que le figuratif peut être aussi contemporain, innovant et pertinent que n’importe quelle démarche abstraite.

Ce qui distingue Gabriella Norum, c’est sa capacité à tisser un dialogue entre la tradition picturale et les modes de diffusion modernes. Ses œuvres respectent l’héritage technique des grands portraitistes suédois tout en utilisant des outils et des formats adaptés à notre époque : expositions régulières dans des galeries locales et nationales, commandes personnalisées qui permettent un lien direct avec le public, et éditions limitées qui rendent ses œuvres accessibles sans sacrifier leur authenticité. Cette combinaison d’excellence technique, de sensibilité émotionnelle et d’intelligence dans la diffusion illustre une approche moderne où la peinture figurative n’est pas seulement contemplative, mais également active et communicante, capable de toucher un large public tout en conservant sa profondeur artistique.

Par son travail, Gabriella Norum contribue à élargir la palette expressive du figuratif, montrant que la peinture figurative peut être à la fois intime et universelle, personnelle et partagée, traditionnelle et résolument contemporaine. Elle offre ainsi un exemple de ce que peut être l’art figuratif aujourd’hui : un langage vivant, capable de susciter l’émotion, de raconter des histoires et de maintenir un lien sensible entre l’artiste, ses sujets et ceux qui les regardent, enrichissant de manière tangible le paysage artistique suédois contemporain.

L’impact de Gabriella Norum sur la scène artistique contemporaine suédoise se mesure à plusieurs niveaux complémentaires. D’abord, sa présence constante dans les galeries, qu’il s’agisse de lieux intimistes ou de galeries plus établies à Stockholm et ailleurs en Suède, lui permet d’affirmer sa voix artistique et de maintenir un lien direct avec un public diversifié. Cette visibilité régulière contribue à instaurer un dialogue continu entre ses œuvres et les spectateurs, créant une expérience où l’art ne se limite pas à une observation passive, mais devient un vecteur d’émotion et de réflexion.

Ensuite, Gabriella Norum joue un rôle clé dans le renouvellement des pratiques du portrait dans un contexte contemporain. Là où le portrait traditionnel pouvait se limiter à la simple représentation de traits et de postures, elle lui redonne une dimension vivante et expressive, capable de transmettre la personnalité, l’instant et l’intensité émotionnelle des sujets. Son approche rappelle que le portrait peut être à la fois technique, poétique et universel, conciliant précision, sensibilité et interprétation personnelle, tout en s’adaptant aux attentes et à la culture visuelle contemporaine.

Enfin, son travail se distingue par la manière dont il invite le public à s’engager activement avec la peinture. Chaque toile, qu’il s’agisse d’une œuvre originale ou d’une impression en édition limitée, cherche à provoquer une réaction, à susciter un sentiment, un souvenir ou une réflexion.

Dans un paysage artistique où les démarches conceptuelles dominent souvent, Gabriella Norum réaffirme l’importance de la maîtrise technique, de la sensibilité artistique et de la présence humaine dans l’art visuel. Elle démontre que le figuratif n’est pas un genre dépassé, mais un langage vivant, capable de dialoguer avec les spectateurs, d’éveiller des émotions et de rester central dans la culture contemporaine suédoise. Par son œuvre, elle montre que la peinture figurative continue de jouer un rôle essentiel, capable de rivaliser avec les formes d’expression les plus innovantes tout en conservant son humanité et sa capacité à toucher profondément ceux qui la regardent.

Gabriella Norum incarne une figure dynamique et inspirante de la peinture suédoise contemporaine, qui allie maîtrise technique, sensibilité artistique et intuition émotionnelle. Autodidacte ayant progressivement fait de sa passion une pratique professionnelle accomplie, elle a réussi à construire une œuvre qui dialogue harmonieusement avec le patrimoine pictural suédois, tout en répondant aux préoccupations esthétiques et sensibles du monde d’aujourd’hui. Son travail illustre une capacité rare à concilier tradition et modernité, à transformer la peinture figurative en un langage vivant capable de toucher un large public tout en restant fidèle à sa vision artistique personnelle.

Par son engagement constant dans la capture de l’âme, de la personnalité et de la lumière, Gabriella Norum élève le portrait au-delà de la simple représentation formelle pour en faire une expérience émotionnelle et contemplative. Sa présence régulière dans les expositions, tant locales que nationales, témoigne de son sérieux et de sa persévérance, mais aussi de sa volonté de partager son art, d’établir un dialogue avec le spectateur et de renouveler la scène figurative contemporaine.

Ainsi, au-delà de sa technique irréprochable et de la beauté de ses compositions, l’œuvre de Gabriella Norum contribue à la vitalité et à la diversité de l’art suédois contemporain, rappelant que la peinture figurative peut être à la fois profondément humaine, émotionnellement puissante et pleinement contemporaine. Elle affirme, par son travail et sa démarche, que le figuratif n’est pas un art du passé, mais un langage toujours vivant, capable d’évoluer, de surprendre et de nourrir la culture artistique actuelle. Gabriella Norum se positionne ainsi comme une artiste dont l’influence et la pertinence continueront à enrichir la scène picturale suédoise pour les années à venir.

Brahim Saci

https://www.gabriellanorum.com

- Publicité -

Égypte – Zimbabwe : Salah offre la victoire aux Pharaons et propulse l’Égypte en quarts (2‑1)

0
L'Egypte vainqueur.
L'Egypte passe aux quarts de finale.

Dans un match des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, l’Égypte a arraché une victoire dramatique face au Zimbabwe (2‑1), grâce à un but décisif de Mohamed Salah dans les dernières secondes.

Ce succès confirme la capacité des Pharaons à renverser des situations difficiles et les propulse en quarts de finale, où ils affronteront le vainqueur du duel  Côte d’Ivoire – Burkina Faso.

Le Zimbabwe a surpris l’Égypte dès la 20ᵉ minute. Sur un centre venu de la droite, Prince Dube a devancé la défense égyptienne et trompé Mohamed El‑Shenawy, ouvrant le score et mettant les Pharaons sous pression. L’équipe nationale égyptienne, malgré une domination territoriale et plusieurs occasions franches, a longtemps peiné à trouver la faille dans une défense zimbabwéenne bien organisée.

La persévérance des hommes de Hossam Hassan a finalement payé à la 64ᵉ minute. Sur une action collective fluide, Omar Marmoush a égalisé d’une frappe précise, relançant les supporters égyptiens et redonnant espoir à l’équipe. Le match s’est alors intensifié, chaque équipe cherchant à prendre l’avantage dans cette confrontation à élimination directe, où chaque erreur pouvait coûter cher.

Alors que le temps réglementaire touchait à sa fin, Mohamed Salah a inscrit le but de la victoire à la 91ᵉ minute (90+1′). Le capitaine a récupéré un ballon dans la surface et fusillé le gardien zimbabwéen, offrant aux Pharaons un succès mérité et une qualification pour les quarts de finale. La célébration du stade a été à la hauteur de l’émotion : Salah, une nouvelle fois, s’affirme comme l’homme clé de l’Égypte, capable de faire basculer le destin d’un match en un instant.

Cette victoire permet à l’Égypte de poursuivre son parcours dans cette CAN 2025 avec confiance. Les Pharaons devront désormais se préparer à un quart de finale délicat contre le vainqueur du match Mozambique – Nigeria, une confrontation qui s’annonce serrée et décisive pour la suite de la compétition.

Djamal Guettala 

- Publicité -

Parlement sans honneur

4
APN
Des députés mal élus qui prennent le destin de l'Algérie en otage.

Ils n’ont pas parlé quand le peuple allait payer. Ce mutisme n’est ni une erreur ni une prudence. C’est une trahison.

Ils ne se sont pas trompés.

Ils n’ont pas hésité.

Ils n’ont pas été dépassés.

Ils ont trahi.

Trahi une mission simple, écrite noir sur blanc, comprise par n’importe quel citoyen, même loin des arcanes juridiques. Une seule phrase, qui devrait brûler les lèvres de celui qui siège.

Défendre le peuple.

Défendre ses conditions de vie. Défendre le pain, le transport, la survie quotidienne. Tout le reste n’est que décor.

Or quand une Assemblée laisse passer, sans un mot, sans une alerte, une mesure qui programme l’appauvrissement généralisé, elle cesse d’être une institution. Elle devient un rouage. Le silence n’est pas une prudence. C’est une signature.

La hausse des carburants n’était pas un détail technique. C’était une bombe sociale annoncée. Tout député sait ce que cela déclenche dans un pays où tout circule par la route, où les prix ne redescendent jamais, où le salaire tient déjà comme une bougie dans le vent. Se taire face à cela, ce n’est pas ignorer. C’est consentir. C’est accepter que le citoyen paie pendant que l’élu encaisse.

Qu’ils épargnent au pays l’excuse de la contrainte. Ils n’ont pas été bâillonnés. Ils n’ont pas été empêchés de parler. Ils ont choisi de se taire. Par confort. Par calcul. Par fidélité non pas aux électeurs, mais au système qui les a placés là. Leur mandat n’est plus un contrat avec le peuple. C’est une assurance-vie politique.

Qu’on cesse donc de parler d’incompétence. L’incompétence est une erreur. Ici, c’est un renoncement. Une abdication consciente. Une trahison froide. On ne trahit pas seulement par des gestes spectaculaires. On trahit aussi par l’absence, par la neutralité feinte, par le mutisme organisé quand le peuple encaisse le choc.

Ils se sont montrés vifs, en revanche, quand il s’agissait de lois symboles. Bruyantes. Identitaires. Faciles à vendre. Des textes qui ne remplissent aucun panier, ne paient aucun transport, ne protègent aucun salaire. Là, l’Assemblée s’est soudain trouvée une voix, une énergie, une urgence. Preuve que le problème n’est pas l’impuissance. C’est le choix des combats. Et ce choix révèle tout.

Défendre le peuple demande du courage. Défendre des symboles demande surtout de la mise en scène.

Le plus grave est que cette trahison est surpayée. Des députés rémunérés plusieurs fois le salaire minimum, logés, indemnisés, protégés, qui détournent le regard pendant que le pays s’appauvrit, ne peuvent plus prétendre représenter qui que ce soit. Ils représentent leurs privilèges. Leur reconduction. Leur confort.

Et quand la presse se tait à son tour, quand elle refuse de nommer la faute, quand elle se contente de relayer sans analyser, elle devient l’écho amorti de cette trahison. Silence politique et silence médiatique forment un étau. Le citoyen est pris dedans. Il paie, et on lui explique que tout va bien.

Cette Assemblée est illégitime non seulement par ses chiffres ridicules de participation, mais par son comportement. Un élu qui n’agit pas pour ceux qu’il prétend représenter perd toute légitimité morale, même s’il a été “élu” selon les formes. Quand des sièges sont obtenus avec quelques dizaines de voix, dans un océan d’abstention, on ne parle plus de représentation. On parle d’usurpation douce.

Refuser de voter pour ces partis, refuser de leur offrir une nouvelle fois le décor de la démocratie, n’est pas un retrait. C’est un acte d’accusation. C’est refuser de confondre trahison et responsabilité. C’est refuser de décorer le silence. C’est refuser de fournir la caution populaire à un système qui abandonne le peuple au moment même où il devrait le défendre.

Ils avaient un engagement.

Ils avaient un mandat.

Ils avaient une obligation morale.

Ils ont choisi le silence.

Le silence contre le peuple.

Le silence pour eux-mêmes.

Cela porte un nom. Et ce nom n’est ni stabilité, ni réalisme, ni responsabilité.

C’est trahison.

Zaim Gharnati

- Publicité -

DERNIERS ARTICLES

Salah Sid

Salah Sid, bénévole de Taftilt ilemziyen : « Yennayer est un...

0
Poète rêveur et révolté, Salah Sid cache derrière ses mots un univers de vers et de rêves. Autodidacte, passionné de tout ce qui a...

LES PLUS LUS (48H)

Salah Sid

Salah Sid, bénévole de Taftilt ilemziyen : « Yennayer est un...

0
Poète rêveur et révolté, Salah Sid cache derrière ses mots un univers de vers et de rêves. Autodidacte, passionné de tout ce qui a...