12.9 C
Alger
Accueil Blog Page 6

CAN 2025 : le Maroc s’en sort dans la douleur face à la Tanzanie et rejoint les quarts

0
L'équipe du Maroc
Les Lions de l'Atlas qualifiés en quarts de finale

Le Maroc poursuit sa route dans la Coupe d’Afrique des nations 2025, mais sans dissiper tous les doutes. Opposés à une Tanzanie joueuse et sans complexe, les Lions de l’Atlas ont dû attendre la seconde période pour faire la différence et s’imposer sur le score étriqué de 1-0, samedi soir à Rabat, en huitièmes de finale.

Annoncée déséquilibrée sur le papier, la rencontre s’est pourtant révélée bien plus compliquée que prévu pour le pays hôte. Sérieux, disciplinés et bien organisés, les Taifa Stars ont longtemps résisté à la domination marocaine, allant même jusqu’à se créer les situations les plus dangereuses en première période. Le Maroc, souvent stérile dans la possession, a peiné à trouver des espaces face à un bloc compact et courageux.

Il a fallu un geste individuel pour débloquer une rencontre qui s’enlisait. À la 64e minute, Brahim Díaz, encore une fois décisif, a surgi pour libérer les siens. Profitant d’un léger flottement défensif, l’attaquant marocain a déclenché une frappe en angle fermé, surprenant le gardien tanzanien et faisant chavirer le public de Rabat. Un but précieux, à défaut d’être spectaculaire, mais suffisant pour faire basculer le match.

Ce but n’a toutefois pas totalement rassuré les supporters marocains. Malgré une meilleure maîtrise en fin de rencontre, les hommes de Walid Regragui n’ont jamais réellement éteint les velléités tanzaniennes, laissant planer un léger sentiment d’inachevé. La Tanzanie, éliminée, sort néanmoins de la compétition la tête haute, après avoir livré l’un de ses matchs les plus aboutis sur la scène continentale.

Côté marocain, l’essentiel est assuré : la qualification pour les quarts de finale. Mais à ce stade de la compétition, la marge d’erreur se réduit considérablement. Le Maroc, attendu comme l’un des favoris de cette CAN disputée à domicile, devra élever son niveau de jeu pour espérer aller plus loin.

En quarts de finale, les Lions de l’Atlas affronteront le vainqueur du choc entre l’Afrique du Sud et le Cameroun. Un test autrement plus relevé, qui exigera davantage de justesse collective, de rythme et de tranchant offensif. À Rabat, le Maroc a gagné, mais sans convaincre pleinement. Dans une CAN où les surprises se multiplient, cela pourrait ne pas suffire longtemps.

Djamal Guettala 

- Publicité -

Abdelmadjid Tebboune met fin aux fonctions du gouverneur de la Banque d’Algérie

2
Salah Eddine Taleb
Salah Eddine Taleb limogé par Tebboune.

Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a mis fin, ce dimanche, aux fonctions de Salah Eddine Taleb en tant que gouverneur de la Banque d’Algérie. La décision a été officialisée par un communiqué de la Présidence de la République, sans que les motifs de ce changement ne soient précisés.

Dans le même communiqué, il est indiqué que le chef de l’État a désigné le vice-gouverneur de la Banque d’Algérie, Moatassem Boudiaf, pour assurer les fonctions de gouverneur par intérim. Cette nomination vise à garantir la continuité du fonctionnement de l’institution monétaire, dans un contexte économique marqué par plusieurs enjeux structurels.

La Banque d’Algérie occupe un rôle central dans la conduite de la politique monétaire, la régulation du système bancaire et la préservation de la stabilité financière du pays. Le changement à sa tête intervient alors que l’économie nationale fait face à des défis persistants, notamment en matière de maîtrise de l’inflation, de gestion de la liquidité et d’accompagnement des réformes financières engagées par les pouvoirs publics.

La rédaction

- Publicité -

Enlèvement de Maduro : le silence troublant d’Alger

12
Maduro et Tebboune.
Nicolas Maduro a été reçu plusieurs fois par Tebboune à Alger.

La diplomatie algérienne si prompte habituellement à dénoncer les ingérences extérieures garde un silence bien étrange sur l’enlèvement de Nicolas Maduro, un chef d’Etat pourtant proche de l’Algérie.

Le triste sort de Nicolas Maduro reçu plusieurs fois en grandes pompes à Alger n’intéresse manifestement plus le régime algérien. Sinon comment expliquer son silence depuis l’enlèvement de ce chef de l’Etat, comme un vulgaire délinquant par l’armée américaine à Caracas ?

Pourtant des voix ont pris position en Afrique. L’Afrique du Sud parle d’une violation manifeste de la Charte de l’ONU. Pretoria rappelle que le droit international n’autorise pas d’intervention militaire extérieure dans les affaires internes d’un État souverain. L’Afrique du Sud appelle le Conseil de sécurité à se réunir d’urgence au côté de Caracas.

L’Union africaine a bien rendu public un communiqué mais plein de prudence. Pas de condamnation directe de l’opération militaire américaine au Venezuela. L’Union africaine s’est contenté de réaffirmer son attachement au droit international, au respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle insiste aussi sur l’importance du dialogue, du règlement pacifique des différends et appelle l’ensemble des parties à la retenue.

Cependant, aucune réaction des autorités algériennes jusqu’à cette heure. Ce mutisme interroge, tant il contraste avec la tradition diplomatique algérienne qui se revendique historiquement anti-impérialiste, attachée à la souveraineté des États et solidaire des nations ciblées par les ingérences étrangères.

L’Algérie s’est souvent exprimée avec force contre les ingérences étrangères, notamment en Libye, en Irak ou en Palestine. Elle a également affiché un soutien politique clair au Venezuela face aux sanctions américaines et aux tentatives de déstabilisation du pouvoir chaviste. Dès lors, l’absence de toute réaction officielle apparaît comme une incohérence stratégique.

Ce silence peut s’expliquer par une prudence diplomatique excessive, dictée par la volonté de ne pas s’engager sur un terrain incertain ou de préserver des équilibres géopolitiques délicats avec un Donald Trump bien imprévisible. Mais cette posture comporte un coût : elle affaiblit la crédibilité du discours algérien lorsqu’il se veut porteur d’une voix indépendante du Sud global. Refuser de réagir ici et maintenant, c’est cautionner l’enlèvement de Nicolas Maduro. Faire preuve de couardise.

Un État qui aspire à jouer un rôle moral et politique sur la scène internationale ne peut se contenter d’observer en silence quand il fait de la non-ingérence la doctrine centrale de sa diplomatie. Le silence d’Abdelmadjid Tebboune et de sa diplomatie sur cette affaire — révèle moins une sagesse diplomatique qu’un malaise stratégique. Voire une crainte de s’attirer les foudres de l’imprévisible Trump. Entre prudence et renoncement, la frontière est mince. Et à force de se taire, on finit parfois par s’effacer.

Toutefois, en l’espèce, ce n’est pas la première fois qu’Abdelmadjid Tebboune garde le silence face aux décisions des États-Unis. Ainsi, lorsque Donald Trump a apporté son soutien au plan marocain concernant le Sahara occidental, Alger n’a émis aucune protestation. Une retenue qui contraste fortement avec la virulence des réactions algériennes à l’encontre de la France et de l’Espagne, avec rappel d’ambassadeurs, pour avoir adopté une position identique à celle de Washington.

Sofiane Ayache

- Publicité -

Carburants, fiscalité et code de la route : le RCD demande un réexamen des décisions gouvernementales

1
Atmane Mazouz
Atmane Mazouz, président du RCD

L’année 2026 débute dans un climat social tendu, marqué par une série d’augmentations de prix décidées sans annonce préalable. Le RCD réagit à travers un communiqué sans concession.

Depuis le 1er janvier, les tarifs des carburants — gasoil, essence et GPL — ont été revus à la hausse, parallèlement à l’introduction ou à l’augmentation de plusieurs taxes, dont celles liées aux déplacements vers la Tunisie, à l’habitation et aux locaux à usage commercial, désormais prélevées via la facture d’électricité. D’autres produits et services sont également concernés.

Ces mesures, prises de manière unilatérale selon le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), interviennent en contradiction avec les engagements antérieurs des autorités et en dehors de toute concertation avec les partenaires sociaux et économiques. Le parti d’opposition estime que ces décisions risquent d’enclencher une dynamique inflationniste difficilement maîtrisable, dans un contexte où le pouvoir d’achat est déjà fortement fragilisé.

Dans son analyse, le RCD souligne que la hausse des carburants, élément central dans la formation des prix, aura un effet en chaîne sur les coûts du transport, puis sur l’ensemble des biens et services, notamment les produits alimentaires. Une situation qui, selon lui, accentuera l’érosion du revenu des ménages, en particulier des couches moyennes et populaires.

Les premières répercussions sociales ne se sont pas fait attendre. Des mouvements de protestation et des arrêts de travail ont été observés dans plusieurs wilayas, notamment dans les transports urbains et interurbains. Ces perturbations ont entraîné des blocages partiels d’activités, affectant la mobilité des citoyens, la rentrée scolaire ainsi que certaines activités universitaires et pédagogiques.

Le RCD rappelle avoir mis en garde, à plusieurs reprises, contre les orientations de la Loi de finances 2026. Le parti estime que ce texte budgétaire consacre le creusement du déficit et le recours accru à l’endettement intérieur, dans un contexte marqué par l’épuisement du Fonds de régulation des recettes. Les mesures présentées comme des dispositifs de soutien au pouvoir d’achat seraient, selon lui, contre-productives et susceptibles d’alimenter davantage l’inflation.

Sur le plan structurel, le parti critique l’absence de réformes économiques de fond. Il reproche au gouvernement de maintenir un modèle qu’il juge obsolète, fondé sur la rente, au détriment de la diversification économique, de la justice fiscale et de la bonne gouvernance. Cette approche se traduirait, selon le RCD, par un transfert systématique du coût des déséquilibres économiques vers les citoyens.

À ces tensions économiques s’ajoute, selon le parti, un durcissement du climat politique et social. Les dispositions jugées excessivement coercitives du nouveau code de la route, récemment adopté, sont pointées du doigt pour avoir contribué à amplifier la colère sociale. Le RCD y voit l’expression d’une préférence pour la sanction plutôt que pour la prévention et la pédagogie, même si les autorités tentent aujourd’hui d’en atténuer certains effets.

Le parti critique également l’attitude de responsables politiques ayant soutenu ces textes avant d’en dénoncer les conséquences, une posture qu’il estime de nature à accentuer la défiance entre la société et les institutions.

Face à ce qu’il qualifie de situation « explosive », le RCD appelle à l’annulation des augmentations des prix des carburants, à une révision des mesures fiscales adoptées et à un réexamen du nouveau code de la route. Il plaide pour l’ouverture rapide d’un dialogue avec les partenaires sociaux et économiques afin de prévenir une aggravation des tensions sociales.

Enfin, le parti réaffirme son soutien aux mobilisations pacifiques à travers le pays et réitère son attachement à un projet politique fondé sur la démocratie, la justice sociale et la rupture avec la dépendance aux hydrocarbures.

La rédaction

- Publicité -

Mahmoud Mellah ou le martyre de l’alphabet

0
Mahmoud Mellah
Mahmoud Mellah, enseignant décédé à l'âge de 55 ans. Crédit photo : DR

Il m’est difficile d’exprimer ma gratitude à un homme de sa trempe, un homme parti trop tôt sans bruit aucun laissant derrière lui une famille qui le pleure et des collègues qui le regrettent vivement.

Même si écrire, consiste à guérir les maux qui germent aux tréfonds des âmes, tous les termes ne suffisent pas pour contenir le volume du chagrin causé par son décès d’une part et pour honorer la mémoire de ce directeur dont les actes résonnent encore dans chaque enseignant et chaque élève composant cette école d’autre part.

Il s’agit de Mahmoud Mellah, qui a tiré sa révérence le 13 novembre 2025 dans son logement de fonction sis dans l’enceinte même de l’établissement scolaire suite à un arrêt cardiaque qui lui est fatal âgé alors de 55 ans.

Un natif de la région de Kherrata, nouvellement muté à Akbou plus exactement à l’école Mouloud Feraoun, un ancien établissement d’où sont sortis des milliers de cadres. Cet hommage est d’emblée une réponse à ceux qui ont cru qu’ignorer la disparition d’un cadre de l’éducation passera inaperçu sous l’effet de calculs mesquins, vils et insensés, on assiste encore à des comportements biscornus, absurdes cultivés quotidiennement par des   auxiliaires administratifs à la solde d’une secte qui ne cesse de ronger la noblesse de notre métier tantôt par la constitution de clans méticuleusement tissés et tantôt par cette médisance basée sur la diffamation et l’inculpation infondée.

La mort de Mahmoud a divulgué un côté indiciblement inhumain de ceux qui se prétendent gardiens du temple scolaire de la région en imposant un silence assourdissant à l’égard de sa perte. Ceux qui ont connu ce directeur diront qu’il est un type exceptionnellement rare de par ses qualités humaines et sa gestion exemplaire de l’école. Le groupe pédagogique de ladite école a d’ailleurs longtemps déploré cette éternelle perte.

Monsieur Mahmoud Mellah n’a pas eu droit à un deuil comme tous les autres, ceux à qui incombe ce rôle ont affiché une indifférence criminelle mettant ce funeste évènement dans la case de faits divers comme si le deuil des uns excite la joie assassine des autres. Hormis deux ou trois de ses collègues qui se sont déplacés à Kherrata, ville natale du défunt, pour assister à son enterrement, les autres se sont pesamment abstenus pourtant la grande faucheuse promet à chacun son jour. Une politique de deux poids deux mesures s’est manifestée même dans les hommages en favorisant les plus connus en matière de relation avec les Kaids et les plus rapprochés des cercles des décideurs de la corporation éducative.

Certes, Cheikh Mahmoud est du genre qui n’aime pas les attitudes adulatives, ni les flatteries hypocrites, son dévouement pour le travail lui a valu un tel respect indiciblement manifeste au sein de la composante de l’école dont même les ouvriers du simple planton aux cantinières tous attestent du sérieux conjugué avec la bonté du dirigeant Mahmoud qui refuse l’appellation de directeur tant la modestie a été sa qualité phare. Cet hommage se veut une reconnaissance pour tout ce qu’il a consenti comme efforts, malgré le reniement et l’indifférence.

En conclusion, écrire sur la personne de Mohamed Mellah n’est pas simplement un devoir collégial mais un geste qui dépasse le stade de la reconnaissance étant celui qui a servi son pays avec autant de dévouement et de loyalisme. Ce message fait office d’une oraison funèbre qui doit être prononcée par la tutelle si l’ingratitude n’a pas pris le dessus sur la reconnaissance. Je me suis donné la parole d’élever son nom, son combat, sa bonté nationalement pour expliquer à certains que l’être humain, premier responsable soit-il, ne peut jamais éteindre la flamme de ceux qui ont sué sang et eau pour voir notre progéniture réussir ni étouffer leur digne voix.

Mahmoud, comme j’aimais l’appeler, même parti, a laissé des empreintes indélébilement éternelles, son sourire quotidien, sa sagesse, sa perspicacité a fait de lui un directeur que je considère amplement un martyre de l’alphabet.

Rachid Chekri, enseignant et écrivain, école Mouloud Feraoun, Akbou.

Cet écrit est un hommage posthume au directeur de l’école Mouloud Feraoun d’Akbou, Mahmoud  Mellah, récemment disparu.
- Publicité -

Ligue 1/France : À 9 contre 11, l’OM s’écroule au Vélodrome face à Nantes

0
O Marseille
L'Olympique de Marseille tombe face à Nantes

Handicapé presque tout le match, l’Olympique de Marseille s’incline 0-2 face à un FC Nantes solide qui sort de la zone rouge.

Le Vélodrome a été le théâtre d’une soirée cauchemardesque pour l’Olympique de Marseille. Diminués d’abord à dix puis à neuf, les Phocéens ont subi la loi d’un FC Nantes appliqué et réaliste, qui profite de cette victoire pour sortir de la zone rouge et reprendre espoir dans la course au maintien.

Dès le début, l’OM a montré des signes de faiblesse. Les imprécisions dans les passes, la lenteur dans les transmissions et une nervosité visible ont traduit un collectif en manque de repères. Les supporters, surpris et inquiets, ont rapidement compris que leur équipe serait sous pression toute la rencontre.

Le match a basculé avec la première expulsion, qui a mis l’OM en difficulté. Les Marseillais ont essayé de contenir les assauts nantais, mais la situation a empiré lorsque le second carton rouge est tombé en seconde période. À neuf contre onze, l’équipe locale n’a jamais pu réorganiser son jeu ni retrouver de la stabilité.

De leur côté, les Nantais ont su tirer profit de chaque erreur. Le premier but a été inscrit avec maîtrise, suivi d’un second qui a scellé le sort de la rencontre. Les rares tentatives de Marseille ont été neutralisées, tandis que la vitesse et la précision des transitions nantaises ont semé le désordre dans la défense phocéenne.

Dans les tribunes, la déception et la colère étaient palpables. Les supporters ont assisté à un effondrement complet, constatant l’incapacité de l’équipe à garder discipline et sang-froid. Cette défaite rappelle à Marseille l’urgence de retrouver cohésion et rigueur collective.

Pour l’OM, le message est clair : sans concentration et sans discipline, les ambitions européennes pourraient s’évanouir. Nantes, en revanche, repart avec trois points précieux et la preuve qu’une stratégie solide et une organisation impeccable peuvent faire la différence, même à l’extérieur.

Au Vélodrome, la soirée restera comme celle où Marseille a perdu pied. La reconstruction doit commencer dès maintenant, car le temps pour redresser la barre est compté.

Djamal Guettala

- Publicité -

Macron salue la chute de Maduro, le Quai d’Orsay plus critique sur l’opération américaine

1
El Qods
Macron.

L’ensemble de la classe politique française a réagi et condamné rapidement l’action américaine au Venezuela. Mais la première réaction officielle de la France a été exprimée par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a condamné en des termes prudents l’ingérence américaine au Venezuela. Celle du président de la République est arrivée en fin de journée bien après celle du Quai d’Orsay et est d’une tonalité quelque peu différente. Emmanuel Macron ne condamne pas la méthode ni l’intervention américaine.

La réaction d’Emmanuel Macron à l’opération américaine au Venezuela s’est fait attendre et elle est intervenue en fin de journée, le 3 janvier. Dans un post sur le réseau social X le chef de l’État estime que « le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales il a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple ».

Une transition « pacifique, respectueuse du peuple vénézuélien » 

On ne trouve, dans ce texte, pas un mot sur l’opération américaine menée en dehors de tout cadré légal et ce, malgré les condamnations exprimées aussi bien par l’ONU que par l’Union européenne (UE). Le président français estime néanmoins que la transition à venir doit être « pacifique, démocratique et respectueuse du peuple vénézuélien ». Emmanuel Macron ajoute : « Nous souhaitons que le président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition ».

« Aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur »

Un peu plus tôt samedi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait condamné la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines lors d’une opération qui « contrevient » au droit international, estimant qu’« aucune solution politique durable » dans le pays « ne saurait être imposée de l’extérieur ». L’Élysée fait savoir qu’Emmanuel Macron s’est entretenu ce samedi avec Donald Trump mais aussi avec Javier Milei, le président argentin. Il a par ailleurs eu des échanges écrits avec le président brésilien Lula. 

RFI

- Publicité -

Nuit tendue au Burkina Faso après des soupçons de tentative de coup d’État

0
La junte militaire au Burkina
La junte militaire sur les dents. Crédit photo : DR

Au Burkina Faso, la nuit du samedi 3 au dimanche 4 janvier a été mouvementée à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. A l’appel des associations de la Veille citoyenne – soutien du régime militaire – des centaines de personnes sont sorties pour faire barrage à « une tentative de coup d’État ».

Plusieurs casernes de la capitale burkinabè étaient en alerte, car « la situation était tendue », selon plusieurs sources sécuritaires qui ne nous donne pas plus de détails. Depuis cette alerte nocturne, un dispositif est visible, ce dimanche 4 janvier, devant le camp Baba-Sy de Ouagadougou, selon plusieurs habitants joints dans la capitale.

Par ailleurs, des médias qui soutiennent le régime militaire actuel, annoncent plusieurs arrestations et accusent l’ex-président de transition, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, d’être à la manœuvre, depuis le Togo où il est en exil depuis sa chute, en septembre 2022.

Il faut dire que plusieurs soldats ont été mis aux arrêts, fin septembre, soupçonnés de complicité d’attentat contre la sûreté de l’État. 

Aussi, des centaines de partisans d’Ibrahim Traoré – les Wayignans – ont envahi plusieurs places publiques et ronds-points, durant la nuit avec un mot d’ordre, celui de constituer un rempart contre ce nouveau projet de coup d’État.

Plusieurs pages Facebook de soutien au capitaine Ibrahim Traoré ont lancé une alerte, tard dans la nuit, soutenant que le projet de déstabilisation incluait des assassinats de soldats proches du capitaine Traoré.

RFI

- Publicité -

Algérie : transporteurs en grève, la rentrée scolaire sous tension

1
transporteurs en grève
Mécontents des mesures du gouvernement, les transporteurs mettent le frein à main. Crédit photo : DR

La rentrée scolaire, prévue ce dimanche 4 janvier 2026, s’est faite sous le signe de l’incertitude. Depuis le 1er janvier, un impitoyable bras de fer secoue le secteur des transports : chauffeurs de bus, taxis et transporteurs de marchandises ont déclenché un arrêt de travail illimité, bloquant routes et gares dans plusieurs wilayas.

Le déclencheur ? Deux raisons qui se conjuguent : la flambée des prix du carburant et l’application imminente d’un nouveau Code de la route jugé sévère par les professionnels. Pour les chauffeurs, le texte « criminalise la profession » en plaçant toute la responsabilité sur leurs épaules et en imposant des sanctions disproportionnées. Des amendes allant jusqu’à 13 000 dinars et, dans les cas extrêmes, jusqu’à 20 ans de prison pour certaines infractions — vitesse excessive, usage du téléphone au volant, non-respect du port de la ceinture, et pour la première fois, même récupération de déchets jetés depuis les véhicules.

Dans ce contexte, les parents et les élèves redoutent le pire. « Comment allons-nous amener nos enfants à l’école ? » s’inquiète une mère de trois enfants à Alger. Les taxis sont rares, les bus ne circulent pas régulièrement, et même les grandes lignes inter‑wilayas sont touchées.

Les autorités tentent d’éteindre l’incendie. Le ministère de l’Intérieur et des Transports a organisé plusieurs rencontres avec les syndicats pour tenter de trouver un compromis. À l’issue des discussions, une hausse des tarifs de transport a été actée pour répondre aux coûts supplémentaires des chauffeurs. Une décision qui vise à équilibrer les besoins des transporteurs et la capacité financière des citoyens, tout en incitant au retour rapide au travail.

Mais la tension reste palpable. Naftal, le distributeur public de carburant, a mis en garde contre des sanctions sévères pour les transporteurs qui refuseraient de reprendre le ravitaillement, menaçant de résilier les contrats et de déclencher des poursuites légales. La société considère que la grève compromet gravement la mission de service public, alors que le pays entame une nouvelle année scolaire et économique.

Sur le terrain, les conséquences sont visibles : embouteillages dans les rues, arrêts de bus vides, files interminables aux stations-service, et citoyens contraints de réinventer leur mobilité, parfois à pied ou en covoiturage improvisé. La grève ne touche pas seulement les transporteurs ; elle met en lumière une fracture profonde entre les décideurs et ceux qui font tourner la vie quotidienne du pays.

Les syndicats maintiennent leur posture : la sécurité et la reconnaissance de la profession passent avant tout. Ils réclament un dialogue sérieux sur le Code de la route, ses sanctions et ses implications pour une profession qui, selon eux, subit depuis des années des pressions économiques et sociales considérables.

Alors que la rentrée scolaire est lancée, le message est clair : la vie quotidienne des Algériens dépend désormais de la capacité des autorités et des syndicats à trouver un compromis rapide. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si les transports reprendront normalement, ou si cette crise sociale s’inscrira dans la mémoire collective comme le premier grand blocage de l’année.

Pour les élèves, les parents et les travailleurs, la question reste la même : arriveront-ils à temps à l’école, au travail, et aux rendez-vous quotidiens ? En attendant, les rues restent silencieuses, les stations de carburant bondées, et la colère contenue des transporteurs plane comme un nuage noir sur la rentrée scolaire 2026.

Mourad Benyahia 

- Publicité -

Mohammed Harbi (1933–2026) : une conscience critique s’éteint

0
Mohammed Harbi.
Mohammed Harbi.

Historien majeur de la guerre de libération, ancien militant du FLN devenu l’un de ses analystes les plus rigoureux, Mohammed Harbi est décédé le 1er janvier 2026.

Avec lui disparaît une figure centrale de l’intelligence critique algérienne, dont l’œuvre n’a cessé d’interroger le rapport entre mémoire, pouvoir et vérité. Sa disparition marque la fin d’une vie consacrée à la vérité historique et à la critique des récits officiels. Son œuvre, exigeante et dérangeante, demeure un repère essentiel pour comprendre la guerre de libération nationale et les impasses du pouvoir post-indépendance.

La mort de Mohammed Harbi ne relève pas du simple fait divers intellectuel. Elle marque la disparition d’une voix qui, durant plus d’un demi-siècle, a résisté à la simplification de l’histoire et à sa mise sous tutelle politique. Dans une Algérie où le passé demeure un enjeu de légitimation et de conflit, son œuvre s’impose comme un contrepoint essentiel.

Harbi n’était pas un historien consensuel. Il assumait le dissensus, convaincu que la controverse est constitutive de toute histoire vivante. Cette posture lui a valu l’isolement, parfois l’hostilité, mais aussi une reconnaissance durable dans les milieux académiques internationaux.

Du militant à l’historien

Né en 1933 à El Harrouch (Skikda), Mohammed Harbi s’engage très tôt dans le mouvement national. Il rejoint le FLN dès le déclenchement de la guerre de libération et participe, comme nombre de militants de sa génération, à une lutte vécue comme une urgence historique. Il appartient à cette génération pour laquelle l’indépendance n’était pas seulement une revendication politique, mais une nécessité existentielle. Durant la guerre, il est à la fois militant et observateur. Cette double posture marquera durablement son rapport à l’histoire : engagé, mais jamais aveugle ; solidaire, mais jamais soumis.

Après 1962, Mohammed Harbi participe à la mise en place du nouvel État. Il occupe des responsabilités au sein de l’appareil politique et idéologique. Rapidement cependant, il constate la dérive autoritaire du pouvoir, la marginalisation du pluralisme et la transformation du FLN en instrument de domination. Son refus d’adhérer à la pensée unique lui vaut l’arrestation, la prison et la mise à l’écart. Cette période marque une rupture décisive : Harbi choisit définitivement la voie de la critique intellectuelle, au prix de l’exil.

L’indépendance sous surveillance

Arrêté, emprisonné, puis marginalisé, Mohammed Harbi comprend que la bataille politique est perdue, mais que la bataille pour l’histoire reste à mener. L’exil en France lui offre un espace de liberté intellectuelle que l’Algérie officielle lui refuse. C’est là qu’il devient pleinement historien. Non pas un historien de surplomb, mais un historien impliqué, conscient de sa propre trajectoire et soucieux d’en faire un objet d’analyse plutôt qu’un capital symbolique.

Installé en France, Mohammed Harbi entame une carrière universitaire et se consacre pleinement à l’histoire contemporaine de l’Algérie. Loin de son pays, il gagne ce que l’exil lui avait refusé sur le plan politique : la liberté de penser et d’écrire. Il adopte une démarche rigoureuse, fondée sur les archives, la confrontation des sources et la distance critique. Pour lui, l’histoire ne saurait être un récit sacralisé ni un outil de légitimation du pouvoir.

La publication de ″Le FLN, mirage et réalité″ (1980) constitue un tournant. Pour la première fois, un ancien cadre du FLN déconstruit de l’intérieur les mythes fondateurs du mouvement. L’ouvrage s’attaque frontalement au récit héroïsant de la guerre de libération, en révélant les luttes internes, les exclusions et les mécanismes de confiscation du pouvoir. D’autres ouvrages majeurs suivent : ″Aux origines du FLN″ (1975), ″L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens″ (1993), ″Une vie debout″ (2001), ″La guerre d’Algérie″ (2004) en collaboration avec Benjamin Stora. Ces travaux révèlent les luttes internes, les exclusions, les conflits idéologiques et les mécanismes de confiscation du pouvoir. Ils suscitent de vives polémiques, mais s’imposent durablement comme des références incontournables.

Une histoire contre l’oubli

Pour Mohammed Harbi, l’histoire n’est jamais neutre, mais elle ne doit pas être instrumentalisée. Il s’est constamment opposé à l’idée d’une histoire officielle unique, dénonçant de fait la sacralisation du passé comme une forme de violence symbolique, destinée à disqualifier toute critique du présent. Il considérait que l’amnésie organisée et la mythification du passé empêchaient toute construction démocratique durable.

« L’histoire officielle n’est pas une mémoire, c’est un discours de pouvoir. », cette conviction traverse l’ensemble de ses écrits et explique la portée durable de son œuvre.

« Une nation qui ne supporte pas la vérité de son histoire se condamne à la répétition de ses impasses. », cette position lui a valu incompréhension et hostilité, mais aussi le respect de nombreux chercheurs, en Algérie et à l’étranger.

Au-delà de l’historien, Harbi fut un intellectuel engagé dans le débat public. Il alerta sur les dangers de l’autoritarisme, de l’instrumentalisation de la mémoire et du recul des libertés. Sans céder à la radicalité verbale, il défendait une critique patiente, argumentée et profondément éthique. Jusqu’à la fin de sa vie, Mohammed Harbi s’est soucié de la transmission du savoir historique. Il plaidait pour l’ouverture des archives, la pluralité des approches et la formation d’historiens indépendants. Pour lui, la mémoire de la guerre de libération ne devait jamais devenir un dogme, mais rester un champ de recherche vivant.

Longtemps tenu à distance des institutions culturelles nationales, Harbi n’a pourtant jamais cessé de dialoguer avec l’Algérie. Ses livres ont circulé, parfois difficilement, nourrissant une réflexion souterraine, notamment chez les jeunes chercheurs et les étudiants. Son influence se mesure moins à une reconnaissance officielle qu’à la persistance de ses questions : qui écrit l’histoire ? Au nom de qui ? Et à quelles fins ?

Un héritage pour aujourd’hui

À l’heure où les débats sur la mémoire nationale ressurgissent avec acuité, l’œuvre de Mohamed Harbi apparaît d’une actualité saisissante. Elle rappelle que l’histoire ne saurait être un sanctuaire, mais un espace de questionnement permanent. Sa disparition oblige à une responsabilité collective : celle de préserver la liberté de la recherche historique et de transmettre aux générations futures une histoire affranchie de la peur et de la sacralisation.

Mohammed Harbi n’a jamais opposé la critique à l’amour du pays. Il voyait dans la rigueur intellectuelle une forme de fidélité supérieure aux idéaux de Novembre. En ce sens, son parcours demeure exemplaire. Avec sa mort, une conscience critique s’éteint. Mais tant que ses livres seront lus et débattus, Mohamed Harbi continuera d’accompagner l’Algérie dans son dialogue difficile avec son histoire.

Avec la disparition de Mohammed Harbi, une voix s’éteint, mais une œuvre demeure. Elle continuera de nourrir le débat, d’éclairer les zones d’ombre et de rappeler que l’histoire n’est jamais un simple héritage, mais une responsabilité. Rendre hommage à Mohammed Harbi, c’est reconnaître qu’aimer son pays, c’est aussi avoir le courage de l’interroger.

Bachir Djaïder (Journaliste, écrivain)

- Publicité -

DERNIERS ARTICLES

Maduro

Du Venezuela au reste du monde : l’âge des dominations

0
Imaginez un instant le fantôme de Simón Bolívar errant dans les rues de Caracas, témoin muet d’un renversement du sens de l’histoire, le libérateur...

LES PLUS LUS (48H)

Maduro

Du Venezuela au reste du monde : l’âge des dominations

0
Imaginez un instant le fantôme de Simón Bolívar errant dans les rues de Caracas, témoin muet d’un renversement du sens de l’histoire, le libérateur...