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Sonatrach perd son arbitrage face à Sunny Hill Energy : les dessous d’un revers stratégique

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Sonatrach
Sonatrach essuie un autre échec sur un marché rompu.

​Près de cinq ans après avoir résilié unilatéralement le contrat de partage de production sur le périmètre d’Isarene, le géant public algérien Sonatrach vient d’essuyer une défaite judiciaire majeure.

Un tribunal arbitral international a condamné la compagnie à indemniser son ex-partenaire britannique, Sunny Hill Energy qui réclame plus d’un milliard de dollars en compensation des investissements consentis dans le projet.

L’épilogue juridique est tombé le 9 décembre 2025. Dans un communiqué, la société britannique Sunny Hill Energy a confirmé avoir obtenu gain de cause dans la procédure d’arbitrage international qui l’opposait à Sonatrach.

Le litige portait sur l’éviction, en avril 2021, de la firme britannique du projet gazier d’Aïn Tsila, situé dans le bassin d’Illizi, au sud-est de l’Algérie.

​Un arbitrage en faveur du partenaire évincé

Le tribunal arbitral a tranché : la décision de Sonatrach de mettre fin au contrat de partage de production (CPP) de manière unilatérale a été jugée infondée. À l’époque, la compagnie nationale algérienne justifiait cette mesure par les « manquements » répétés de Sunny Hill (via sa filiale Petroceltic) à ses obligations de développement. De son côté, la société britannique dénonçait une « expropriation injustifiée » d’un actif dans lequel elle affirmait avoir investi des centaines de millions de dollars.

​Si le montant exact des dommages-intérêts accordés reste couvert par la confidentialité des procédures arbitrales, les intentions affichées par Sunny Hill Energy donnent une indication de l’ampleur de la somme.

La compagnie a annoncé son intention d’utiliser ces fonds pour solder l’intégralité de ses dettes obligataires (« Junior Notes »), soit un montant avoisinant les 290 millions de dollars.

Quelle réaction pour Alger ?

Du côté de la rue Ahmed Ghermoul, le silence reste de mise. Traditionnellement, Sonatrach explore toutes les voies de recours, notamment le recours en annulation devant les tribunaux civils du siège de l’arbitrage (Genève ou Paris). Toutefois, ces procédures suspendent rarement l’exécution financière de la sentence et n’aboutissent que très rarement à une inversion du jugement sur le fond.

Rappel des faits

​Le Projet : le champ d’Aïn Tsila est l’un des plus grands gisements de gaz du sud-est algérien. Sunny Hill Energy en détenait une participation de 38,25 %.

En 2021, Sonatrach avait résilié le contrat, invoquant un manquement de la société britannique à ses obligations de développement. Sunny Hill avait alors dénoncé une « expropriation sans compensation » et réclamait initialement plus d’un milliard de dollars de dédommagement.

Impact pour Sonatrach

​Cette décision marque un tournant, car elle contredit la position de force affichée par la compagnie nationale algérienne au moment de la rupture du contrat.  Bien que Sonatrach ait depuis réussi à mener le projet d’Aïn Tsila vers la phase de production en solo,  elle doit désormais s’acquitter d’une facture importante pour solder ce litige.

Samia Naït Iqbal

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« Plume et le peuple de feu » : Fanette Lallier raconte la quête des racines et de l’identité

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Plume et le peuple de feu
Plume et le peuple de feu

Après une longue exploration de ses origines, Fanette Lallier, née sous X à Marseille en 1974, signe Plume et le peuple de feu, une nouvelle intense et poétique qu’elle dédie à tous les enfants placés. Cette œuvre, à la fois intime et universelle, mêle mémoire familiale, culture kabyle et quête identitaire, transformant le parcours personnel de l’autrice en un récit lumineux et profondément humain.

Plume, héroïne de la nouvelle, grandit dans la montagne kabyle sous la protection de Messoud, figure paternelle choisie et pilier de son enfance. Dotée de dons mystérieux – soigner avec la terre, percevoir le feu, danser en transe – elle est guidée par Malaka, matriarche et gardienne des secrets du « peuple de feu ». Chaque geste, chaque parole de Malaka est chargé d’héritage, de responsabilité et de mémoire, préparant Plume à la rencontre de sa famille biologique.

La révélation centrale est à la fois délicate et puissante : Mia, installée à Aubagne avec son mari Hakim et leurs neuf enfants, est la grand-mère biologique de Plume et fille de Malaka. Salima, mère biologique de Plume, porte depuis dix-huit ans un secret et un mal de vivre liés à l’abandon de sa fille. La confrontation des trois générations – Plume, Salima et Mia – permet une réconciliation immédiate, libérant les fantômes du passé et réaffirmant l’importance des racines, de la filiation et de la famille choisie. Messoud reste à leurs côtés, protecteur et garant de l’amour inconditionnel.

Une quête enracinée dans la réalité

« J’ai voulu raconter ce que signifie être née sous X, vivre l’abandon et chercher ses racines », explique Fanette Lallier. « Plume est une fiction, mais son parcours reflète le vécu de nombreux enfants placés ou adoptés. La Kabylie et le peuple du feu sont à la fois un cadre symbolique et un refuge protecteur. »

Le récit transporte le lecteur dans les montagnes du Djurdjura, au cœur de rituels féminins autour du feu, de chants et de transes, où la force féminine et la transmission culturelle sont essentielles. Chaque scène est décrite avec un soin quasi cinématographique : les flammes dansantes, la magie des plantes, le toucher des mains et les gestes silencieux deviennent autant de véhicules d’émotions et de mémoire.

De la Kabylie à Aubagne : l’exil et la modernité

Fanette Lallier juxtapose la Kabylie ancestrale à la vie contemporaine en France. La maison de Mia à Aubagne devient un espace vivant où tradition et modernité se côtoient : semoule au miel partagée, bains, jeux des enfants, et même une machine à laver en plastique qui symbolise réussite et adaptation. La communication entre Mia et ses petits-enfants, souvent silencieuse, repose sur les regards et les gestes – héritage direct du « don » de Malaka – soulignant la puissance des liens familiaux et de l’héritage invisible.

Magie, silence et transmission

Le don de transmission silencieuse est central. Mia et Malaka communiquent par l’émotion et le regard, au-delà des mots, incarnant la force des liens familiaux et la transmission culturelle. L’écriture de Lallier est à la fois poétique et réaliste, rythmée par la tension de la quête identitaire et l’intimité des scènes domestiques, mêlant suspense, tendresse et sensibilité.

Des chiffres qui frappent

La nouvelle évoque aussi la réalité sociale : plus de 140 millions d’orphelins dans le monde, 700 naissances sous X chaque année en France, et 250 000 mineurs vivant en foyer. Ces chiffres donnent un poids universel à l’histoire, montrant que la fiction de Plume résonne avec le vécu de nombreux enfants abandonnés ou placés.

Style et valeurs humaines

Le style de Fanette Lallier se distingue par sa précision descriptive, son souffle cinématographique et son engagement émotionnel. Les valeurs centrales : résilience, transmission, force féminine et importance de la famille choisie et biologique. Le récit célèbre la réconciliation, la douceur et la reconnaissance des origines, offrant un « happy end » sensible et réaliste.

Un livre court mais dense

Avec seulement 48 pages, Plume et le peuple de feu condense un univers riche. Chaque geste, chaque regard, chaque détail magique est pensé pour immerger le lecteur dans un récit vibrant et vivant. La magie, le quotidien et les secrets de famille se côtoient pour créer un texte qui se lit comme un film.

En conclusion

Fanette Lallier signe un texte qui dépasse la fiction : un hommage à la Kabylie, à la famille et à tous les enfants qui cherchent leurs racines. Par son écriture sensible, elle transforme l’abandon en célébration des liens humains, choisis ou retrouvés. Plume et le peuple de feu est un petit bijou de résilience, de poésie et d’humanité, qui trouvera sa place auprès des lecteurs attentifs à l’histoire, aux traditions et à la quête identitaire.

Djamal Guettala 

Plume et le peuple du feu de Fanette Lallier. Éditeur : Autoédition. Décembre 2025

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France : l’exécutif Lecornu agite le spectre de législatives anticipées

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Macron Lecornu
Lecornu menace de législatives en même temps que les municipales. Crédit photo : DR

La colère des agriculteurs français toujours à son maximum au lendemain de l’adoption par l’Union européenne de l’accord de libre échange avec le Mercosur. Bien que Paris ait finalement voté contre, l’exécutif français est tenu responsable de ce revers par les oppositions. Le Rassemblement national et La France insoumise (LFI) ont déposé des motions de censure contre le gouvernement. Mais Emmanuel Macron a fait savoir vendredi soir que si le gouvernement tombait, il convoquerait des législatives anticipées.

Pour signifier qu’il ne s’agit pas d’une menace en l’air, des détails ont même filtré : le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé au ministère de l’Intérieur de préparer des législatives anticipées pour les 15 et 22 mars prochains, soit en même temps que les deux tours des élections municipales.

Le chef du gouvernement avait fustigé vendredi « les postures cyniques » des oppositions qui ralentissent la reprise des débats sur le budget 2026, toujours pas validé. Une communication complétée donc par cette déclaration d’intention qui a fuité de l’Élysée vendredi soir.

Macron et Lecornu font bloc

Le duo Macron-Lecornu montre donc qu’il fait bloc dans l’adversité alors que ces derniers jours, des dissensions avaient été rapportées dans la gestion du dossier du Mercosur. Il prépare aussi la difficile reprise des débats sur le budget, car l’avertissement lancé par l’Élysée et Matignon concerne autant ce sujet que les deux motions de censure autour de la crise agricole.

Il s’agit pour le Premier ministre d’abord de réduire le risque d’une adoption des motions de censure du RN et de LFI qui seront examinées entre mardi et mercredi prochains. Sébastien Lecornu a particulièrement élevé la voix vendredi contre ces formations politiques, fustigeant sur le réseau social X des « postures cyniques partisanes » qui « retardent les discussions budgétaires ». Il rappelle que les discussions sur le budget de 2026 sont « déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral ». Or l’exécutif a promis que la France disposerait d’un budget en janvier.

Accentuer la pression sur les partis

Le lancement de préparatifs en vue d’élections anticipées « n’est pas une menace », assure la source au sein de l’exécutif, mais il accentue la pression sur ceux qui veulent un budget. Surtout, il semble faire le pari que ces partis politiques n’ont aucun intérêt à des législatives anticipées, à un peu plus d’un an de la présidentielle. Et qu’ils seront donc très réticents à censurer le gouvernement.

Le RN et les Insoumis ne sont guère impressionnés par la menace : « nous n’avons pas peur des élections », a répété Jean-Luc Melenchon vendredi soir. C’est beaucoup moins le cas en revanche des Républicains et des Socialistes, très critiques de la gestion française du Mercosur et qui bloquent les discussions budgétaires. Des législatives anticipées constitueraient pour eux une double menace : voir fondre leur présence à l’Assemblée mais aussi leur coûter cher aux municipales. Les deux partis ont de nombreuses mairies à défendre et endosser la responsabilité d’une nouvelle instabilité du pays pourrait plomber leurs ambitions.

RFI

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Nicaragua : après la chute de Maduro, Ortega procède à des dizaines d’arrestations puis se ravise

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Maduro et Ortega
Nicolas Maduro et Daniel Ortega.

Après l’enlèvement du couple présidentiel vénézuélien par les États-Unis, Rosario Murillo et Daniel Ortega, qui dirigent le Nicaragua d’une main de fer, sont en « état d’alerte ». Au moins 60 personnes ont été arrêtées dans le pays pour s’être réjouies de la capture de Cilia Flores et Nicolas Maduro. Le gouvernement a annoncé ce samedi 10 janvier des libérations.

En Amérique centrale, le couple d’autocrates Ortega-Murillo s’est montré discret après la chute de ses amis à Caracas. Mais il semblerait que les co-présidents du Nicaragua aient peu goûté la satisfaction affichée chez eux par certains. Selon l’organisation de défense des droits humains Monitoreo Azul y Blanco, « au moins 60 arrestations arbitraires » de personnes coupables d’avoir célébré l’enlèvement de M. Maduro sur Internet ou en privé se sont produites après le 3 janvier dans le pays.

Peur-panique à Managua

Avant ce samedi, 49 personnes restaient détenues « sans information sur leur statut légal », neuf personnes avaient été libérées après leur arrestation, et trois personnes se trouvaient encore en détention provisoire, de même source. « Cette nouvelle vague répressive s’exécute sans mandat judiciaire et se base uniquement sur l’expression d’opinions : commentaires sur les réseaux, célébrations privées », ou ne pas avoir fait sienne la propagande, toujours selon l’ONG.

Dès vendredi, la mission diplomatique américaine à Managua a fait le constat qu’au moment où le gouvernement intérimaire du Venezuela faisait « un pas important vers la paix en libérant un grand nombre de prisonniers politiques », face à la pression très forte exercée par Washington, au Nicaragua, « plus de 60 personnes [étaient] toujours injustement détenues ou portées disparues, parmi lesquelles des pasteurs, des travailleurs religieux, des malades et des personnes âgées ».

Le gouvernement du Nicaragua a finalement annoncé, samedi 10 janvier, la libération de « dizaines de personnes » « rentrées chez elles », sans pour autant préciser leur identité ou les motifs de leur détention. Via le site internet officiel 19 Digital, le pouvoir a simplement présenté ces libérations comme « le symbole » de son « engagement indéfectible en faveur du dialogue, de la paix et du droit de chacun à une coexistence familiale et communautaire respectueuse et sereine ».

Deux régimes de gauche aux dérives concomitantes dans le temps

Pour le média en ligne Confidencial animé depuis l’étranger, ces arrestations effectuées par « le bras répressif du régime » ont eu lieu dans le cadre d’un « état d’alerte » ordonné par la compagne de l’ancien guérillero, Mme Murillo, devenue co-présidente l’an passé. L’état d’alerte nicaraguayen concernerait « toutes les structures territoriales du Front sandiniste, à la suite d’un huis clos qui a eu lieu dans l’après-midi du 3 janvier 2026 à El Carmen, en l’absence de Daniel Ortega ».

Les menaces récentes de Donald Trump à l’encontre du régime castriste de Cuba ne sont pas de nature à apaiser la paranoïa des deux dirigeants sandinistes, idéologiquement construits sur le souvenir de l’interventionnisme américain à l’époque d’Augusto Calderon Sandino, inspirateur de leur révolution de 1979, lui-même assassiné en 1934. Battu dans les urnes à la fin de la guerre civile, en 1990, M. Ortega avait remporté la présidentielle en 2007, avant la dérive du régime.

Le Nicaragua est 172e sur 180 au classement de la liberté de la presse de l’ONG Reporters sans frontières, derrière la Russie, Cuba ou l’Égypte. Depuis la violente répression des manifestations étudiantes de 2018 par le président Ortega, une chape de plomb s’est abattue sur les journalistes dans ce pays. Victimes de la brutalité du pouvoir, ils sont empêchés de travailler, emprisonnés, voire déchus de leur nationalité. La plupart n’ont eu d’autre choix que de s’exiler.

Comme le rappelle l’Agence France-Presse, le Nicaragua occupe une place de choix dans la fresque de l’impérialisme en Amérique latine. En 1979, quand les sandinistes renversent Anastasio Somoza, le président des États-Unis Ronald Reagan, inquiet de l’alignement de Managua sur La Havane et l’URSS, autorise secrètement la CIA à apporter une aide de 20 millions de dollars aux Contras, les contre-révolutionnaires du pays, financée partiellement par la vente illégale d’armes à l’Iran.

Le régime fait partie des cibles principales de M. Trump. En décembre, son administration a annoncé de nouveaux droits de douane sur certains produits du Nicaragua à partir de 2027 en raison, selon Washington, de violations des droits du travail et des droits humains créant une « concurrence déloyale ». Les taxes devaient être introduites progressivement sur deux ans, à hauteur de 10% à partir de janvier 2027, puis de 15% au début de 2028, en plus des 18% déjà décrétés il y a des mois.

Des couples présidentiels aux trajectoires semblables

En août, alors que le dispositif de Washington pour attraper Nicolas Maduro commençait à se mettre en place au large du Venezuela, un avion Airbus A340 de la compagnie nationale Conviasa a fait plusieurs allers-retours à Managua. Or, c’est cet appareil qui avait acheminé le président vénézuélien en Russie, en mai. Des observateurs se sont ainsi demandé, à l’époque, si ce dernier ne préparait pas tout simplement son départ dans ce pays, ou la mise à l’abri de ses biens.

En 2018, lors d’une parade militaire, le président vénézuélien avait dû interrompre un discours après une détonation. Le lendemain à Managua, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) avait organisé un évènement public pour exprimer sa solidarité envers le dirigeant du Venezuela, qui a beaucoup aidé financièrement son homologue après son retour au pouvoir, en soutenant par exemple la rénovation du centre-ville, ou par l’intermédiaire du généreux programme Petrocaribe.

Au-delà de leur proximité idéologique et financière, ou de leur rapport à Cuba, les deux régimes de gauche hostiles à Washington ont un autre point commun, à savoir la place prédominante occupée par la première dame. Mme Murillo, auparavant vice-présidente de son mari, est un peu plus âgée que Cilia Flores, elle-même fervente chaviste, notamment présidente de l’Assemblée nationale entre 2006 et 2011, lorsque son mari était ministre des Affaires étrangères. 

Le 10 décembre dernier, lorsque les États-Unis avaient saisi dans les Caraïbes un navire transportant du pétrole vénézuélien à destination de La Havane, le gouvernement de l’île avait dénoncé l’« impact direct » que cela aurait sur son système énergétique. Les pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), orientés à gauche, avaient alors approuvé la création d’un plan d’aide énergétique. La proposition émanait de M. Maduro, soutenu par le Nicaragua.

Avec RFI

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Cuba sommée de plier, Caracas sous tutelle : Washington redessine la carte

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Trump et son cercle proche
Trump et son cercle proche redessinent le monde à leur avantage.

Donald Trump a lancé un avertissement direct à La Havane, appelant Cuba à conclure un accord avec les États-Unis « avant qu’il ne soit trop tard ». Le message a été diffusé dans une publication sur sa plateforme Truth Social, dans un contexte marqué par l’opération militaire américaine menée récemment au Venezuela.

Cette intervention s’est soldée par l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, transférés à New York, ainsi que par la mort de plusieurs ressortissants cubains présents sur le sol vénézuélien. Washington affirme désormais assurer la « protection » du Venezuela, ce qui revient à couper La Havane de son principal allié régional et de sa principale source d’approvisionnement énergétique.

Selon la Maison-Blanche, Cuba a longtemps bénéficié du pétrole et des ressources financières de Caracas en échange d’un soutien sécuritaire et militaire apporté au pouvoir vénézuélien. Donald Trump estime que ce système appartient désormais au passé et que plus aucun flux de pétrole ou d’argent ne transitera du Venezuela vers l’île.

La réaction de La Havane ne s’est pas fait attendre. Les autorités cubaines ont confirmé la mort de 32 de leurs ressortissants lors de l’attaque américaine. Tous, selon un communiqué officiel, appartenaient aux forces armées ou au ministère de l’Intérieur et se trouvaient au Venezuela dans le cadre de missions effectuées à la demande du gouvernement vénézuélien. Ils auraient été tués soit dans des combats directs, soit sous les bombardements.

Les relations entre Cuba et le Venezuela sont historiquement étroites depuis la fin des années 1990. Après la tentative de coup d’État de 2002 contre Hugo Chávez, La Havane avait renforcé sa présence sécuritaire pour stabiliser le régime, tandis que Caracas fournissait à Cuba un pétrole vital pour son économie, en plus d’une coopération politique et sociale étroite.

L’intervention américaine bouleverse aujourd’hui cet équilibre. En plaçant le Venezuela sous sa tutelle directe, Washington entend reprendre le contrôle d’un pays clé du continent sud-américain, riche en hydrocarbures et longtemps en rupture avec sa sphère d’influence. Cette reconfiguration fragilise directement Cuba, désormais privée de son principal soutien.

Dans ce contexte, l’appel de Trump, lancé via Truth Social, apparaît moins comme une ouverture diplomatique que comme un ultimatum. L’île, déjà sous pression économique, se retrouve confrontée à une équation stratégique de plus en plus étroite. Il y va désormais de sa survie.

Au-delà de Cuba, ce sont les équilibres politiques de toute l’Amérique latine qui se trouvent ébranlés. La chute brutale de l’axe Caracas–La Havane marque la fin d’un cycle ouvert il y a plus de vingt ans et ouvre une phase d’incertitude où la puissance américaine semble déterminée à imposer un nouvel ordre régional.

Djamal Guettala 

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Belaïd At Ali : Lwali n udrar (tazmamt n° 7- asebter 300 tukkist 2/8) – Bu Leɣṭuṭ deg uzaɣar

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Belaid At Ali

Mačči dɣa d Bu Leɣṭuṭ i d isem-is n tidet. Netta  n … At Flan, ttuɣ amek akken. Asmi d-ilul, baba-s d yemma-s gan-as Ḥmed. Lakin, ula d Ḥmed-nni yuɣal yettwakkes-as, iqqim-as-d kan yisem-nni i yas-gan warrac ass amezwaru. Niqal, ussan imezwura sawalen-as « Bu ileɣṭuṭen », di seg-s ɣer da uɣalen gezmen deg wawal, qqaren-as kan « Bu Leɣṭuṭ ».

Walakin, yuklal isem-is. Argaz, asmi akk yewweḍ, ur iẓri bnadem ma tlatin neɣ rebaâin n sna di laâmer-is, neɣ wissen akter neɣ aqel ; argaz iwweḍ anect n ujgu di leqdd, armi ad as-tiniḍ suzrent-t tuyat-is, iberru-yasent kan ɣer lqaâ, mazal-it kan iberru i yileɣṭuṭen-is, izzuɣur icuḍaḍ-is di lqaâ, am asmi yella d aqcic amecṭuḥ ; mazal-it kan d lebda yessurug ileddayen d uxlul, alamma yedhec bnadem ansi yas-d-itekk wanect-nni n imetman. Sakin, anect-nni yak yettuɣal d abruɛ n uqendur-is, isi iseffeḍ imi-s d wanzaren-is. Daɣ netta aqendur-nni ines, ad taâqleḍ acḥal ideg t-ilsa, ma temneyyam, neɣ d xemseṭṭac, neɣ d aggur, ala s leḥsab n wakken iɣurres. Ma yella win i yas-innan :

– A Bu Leɣṭuṭ, aqendur-ik yumes !

Netta ad as-yini :

– Ih, ih, d tidet waqila. Ayḥem wald-ik a dda flan ! Iḥem wald-ik ! Tameddit-agi ad t-sirdeɣ. Iḥem wald-ik !…

Medden akk iqqar-asen « Dda », ama d win t-iɣelben, ama d win iɣleb netta, a lukan d tizya n mmi-s. Ayen ixuss di tiḥḥerci, neɣ d takayin ɣef yiman-is, ittarra-t di leḥdaqa d yiles aẓidan. « sbaḥ lxir a Dadda flan !… », « Mselxir a Dda flan !… », « Laâslama a Dda flan !… ». Ma yufa ula d aqcic iqqim, yaâddi fell-as meyya iberdan, i meyya iberdan ad as-yini : « Amwaâlikum !… ». Imi-s mačči ad yaâyu. Lakin, ahat, dɣa imi kan tameslayt it-id-ittaḥayen gar yemdanen ass kamel. Mačči d tamussni ara d-ilfu ur issin ara akken ara yehder am netta am medden, walakin ur iǧaâl ara bnadem yiwen am netta ad yissin i tmeẓyant i tmeqqrant, neɣ ad yenteq s laâqel d lmaâqul, la di ddra n ssifa-s d lqedd-nni n ‘’umeɣlal’’, akken i yas-qqaren, d ildayen, d ileɣṭuṭen-nni yakk ur ẓriɣ amek akken, isi lḥasun, mara t-twaliḍ, ad as-tiniḍ : « wagi ur ttkal ara fell-as ula d tayaziṭ ad ak-tt-yeks ». Di dra n ssifa-s kan. Netta, ladɣa, ɣer teɣzi-nni ines, isi  kra n wayen ara yels ittiwzil fell-as. Irna-yas sidi Rebbi aqemmuc anect n tjemmaât. Segmi wezzil ucenfir-is ufella, neɣ d uglan-is i meqqren bezzaf, refden-d, ṭṭaharen-d iɣenfaren-is d lebda, am wid n waâudiw mara yeldi imi-s, d lebda ad as-tiniḍ yettaḍsa. Irna, tabaɛ dɣa ula d netta ulac taswiɛt ideg ur ittaḍsa ara. Ama d iṭij ama d ageffur, ama d azal, ama d asemmiḍ, Bu Leɣṭuṭ dima yefreḥ, baqi yettaḍsa…

Ad ternuḍ, d laâǧayeb a lexliqa n sidi Rebbi : win ara yilin ur issin ara, iwali-t akken anect ilat, s uqemmuc anect n win n ulɣem, ad iǧaâl lemmer ad d-inṭeq ad rgagin leḥyuḍ di taɣect-is, a netta, yuɣ lḥal lxelq-is, d arqeq, d uzaâiq am win n teqcict-nni tamectuḥt. Mara izad, mara yeḥres iman-is, ittaâggiḍ, a Rebbi ma yecba tiwuɣa-nni n uyaziḍ ara yeṭṭef bnadem i tmezla. Daɣ netta, ma yettuɣu di lqern n taddart, keč a bnadem di lqern nniḍen, ad taâqleḍ Bu Leɣṭuṭ ayen yuɣ kra.

Netta ladɣa, izga ittaɣ-it kra. Ɣas ur itebbi ur iɣeẓ, ɣas lemmer d lebɣi-s netta tamurt akk ur tḥebbes ara si teḍsa. Walakin dɣa, seg akken, kra n wanda yella lhem, kra n wanda yella wemcum, ad t-id-issegri deg uqerruy-is. Winna d ayen iḍehren, d netta i meshulen. Ittwaḥqar, ittwargam, ittwet, ɣer win akken yeẓran iman-is ala win iwumi yezmer. Taddart n Tgemmunt s lekmal, di lqern armi d lqern, s urgaz, s tmeṭṭut, s uqcic s teqcict, akken llan ssnen-t, ẓran-t akken anect ujebbad, ula d tayaziṭ ur as-izmir ara, neɣ lḥasun, ur yesaâ ara n wul swayes ara yexdem kra. Daɣ netta, armi ula d arrac, win ikkren deg-sen, yini-yas : « susem, neɣ ad k-wteɣ ! ». Netta sakin ad isneḥniḥ, ad ittḥellil : « Ala a Dda flan ! Ala txil-k ! neɣ mulac ad as-cetkiɣ i baba-k ». Tameddit, mi yemlal d baba-s n uqcic, ad as-yini : « Ahya a Dda flan ! Di laânaya-k ḥkem mm-ik, ibɣa ad iyi-iwwet. Iḥem wald-ik a Dda flan !… ».

D tiḥḥerci ideg ixuss ? Wissen dacu i d tiḥḥerci ? Ma d win ikkaten, icebbib i medden, ittaweḍ , neɣ d win ittakren, iskiddib, ixeddaâ. Bu Leɣṭuṭ ur iḥric ara d lmaḍi. Neɣ ma ulac d win kan itebɛen aɣrum-is, ixeddem, iɛac am netta am medden, ma d akka kan, ihi, Bu Leɣṭut ur illi wayen t-ixussen. Ur islib, ur iɛuggen, ur tesɛiḍ i ixesren ama di laâqel-is, ama di lefhama-s. Ayen ssnen, ayen ttwalin laâibad issen-it., ittwali-t. Iggra-d di lecɣal, di snayeɛ, d temsalt-nni yakk d-ittnulfuyen di laâwam ineggura, iwumi d-wwin lexbar imeẓyanen ittinigen ɣer mkul tamurt, netta ur ten-issin ara, ur asen-ifehhem ara, mi kan laâmer iffiɣ di taddart-nsen, kan ula ɣer berra. Seg wasmi d-ikker armi d asmi yewweḍ d argaz d ameqqran, ma tenniḍ-as : « anwa i d lqern n ddunit, », ad ak-yini d adrar-nni ideg d-icerreq yiṭij akked win iɣer iɣelli. Dayen isi, daɣ netta, mara heddren yemdanen ɣef lecɣal n ddunit, netta tettaḥ-it-id kan tsusmi. Wamma lukan d tid akk ixulleḍ netta di ddunit-is, lukan d lemtel d uccen amek ittaker lmal, neɣ d amaâiz amek t-ikkat buferda, neɣ lḥasun anwa asigna isi ara d-iɣli ugeffur, lukan d tigi yakk, i d wi iɛucer si temẓi-s, tili ur illi win ara yaggad, ama di tmussni, ama di lhedra. Walakin segmi timeqlellac-agi yakk ur saâint ara lmaâna, ijemmeɛ-itent kan i yiman-is. Sakin, itelli kan arquqen-is, ismeḥsis, neɣ yettneḥniḥ mara isel i walbaâḍ imeslayen iwumi ur ifhim ara ma d laâǧeb neɣ dacu. Neɣ ma yella win i yas-d-islan yettaḍsa, yaâgged-d fell-as, ad izemmeḍ icenfiren-nni ines s bessif, ad iteffer uglan-is s ufus-is, ad ittqerriɛ kan i yileddayen, ad d-isseɣli ayen iwumi yezmer n leḥzen ɣef yiman-is, am win ara s-yinin : « Atan a sidi ula d udem-iw, ula d allen-iw ad asen-kkseɣ taḍsa ». Irna s tidet, lmeǧhudd-is ixeddem-it akken ara yettban uqadum-is n bnadem itaâqlen. Ladɣa netta deg ul-is, lemmer ittaf d akken kan, d ’’laâqel’’, d argaz am yergazen ara t-ttwalin dayem medden. Walakin, akken ibɣu yexdem, akken ibɣu yestaâqel aqemmuc-nni ines n waâudiw, Bu Leɣṭuṭ d Bu Leɣṭuṭ, alamma d asmi ara yemmet.

Yiwen wass kan i yaâreḍ akken ara d-inṭeq ula d netta s lmaâqul, akken qqaren, walakin seg wass-nni yecaâf. Ass-nni qqimen diɣen, akka, di tejmaât deg waṭas yid-sen di tekwant-is. Taswiɛt isla-yasen jebden-d awal ɣef kra n temsalt akken n tfellaḥt ideg iẓra netta iman-is iɛubbej, irna yessen. Isla-yasen la ttemjaddalen, ttemnamaren, netta ittaɣ-it lḥal, s yiwen umeslay kan ara sen-d-yini, ad ten-ifru akken ilaq. Di syin akkin, ittaɣ lḥal iwwi-d s lexbar, kra n win ara yebɣun ad d-ihḍer, ilaq alamma yezwar-d  di : « llah mselli aâlik a Rasul Lleh », sakin, widak la heddren, ttemɣalaben, ttemxaṭaren, netta ul-is ičča-t, imi-s iɣeẓẓa-t, dayen mačči dayen iwumi ara yesber. Daɣ netta, s urgigi, udem-is d awraɣ am lmegget, ildi-d imi-s s bessif, ur bnin ɣef yiman-nsen, armi d-inṭeq :

– Lasel-ik a Rasul Lleh.

Sakin… sakin, lemmer d igenni i d-iɣlin ɣef lqaâ, tili wissen ma d-celɛen wid-nni yellan akk din. Niqal dehcen kan, la skaden deg-s, taggara iṭṭerḍeq yiwen s taḍsa, wiyaḍ ɛunden ɣer-s, akken llan la ttaḍsan, ttaḍsan ; tajmaât akk tettaḍsa, armi, lḥasun, bɣan ad fellqen. Yuɣal yiwen akken yettaḍsa, yekker,  irjem-it s tbeɛɛayt, bdun wiyiḍ ad d-jemɛen tibeɛɛayin ula d nutni. Bu Leɣṭuṭ, iwala akken, iẓra alamma menɛen-t iḍarren-is, irfed ajerbub-nni yettuqam ɣef tuyat-is am ubernus, iṭṭef-itt d tazzla, la sen d-iqqar kan : « Ala ! Ala ! A Dda flan !… ala di laânaya-nwen !…Iḥem wald-ik !… ».

lḥasun, ulli yexdem bnadem, ɣas d laâbd am laâibad, ɣas isɛa ul am netta am medden, ittaɣ lḥal  ifut wayen ifuten, Bu leɣṭuṭ isem-is Bu Leɣṭuṭ, alamma d asmi ara yemmet.  

Belaïd At Ali

09/1946

Timerna / Notes :

1. iɣurres : yumes aṭas, irka (armi yeqqel zun d aɣerrus/dépouille puante)

2. Icebbib i medden : ittaweḍ, ittnaɣ akked medden i t-yugaren.

3. Buferda : aṭan ikkaten aɣelmi, amaâiz deg iḍarren, di tfenza (= fedra)

4. Iɛubbej (iɛuppej) : issen nnig wiyaḍ (fr. adroit, manuel)

5. Amjaddel : amxasem s wawal, s yal afakul/argument, « asqerdec » (fr. débat contradictoire)

6. Ulli = ur illi (illa wawal n zik : « ulli nini, ulli nehḍer »)

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Marseille : le député insoumis Sébastien Delogu convoqué devant la justice en pleine campagne municipale

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Le député insoumis Sébastien Delogu
Le député insoumis Sébastien Delogu convoqué devant la justice. Crédit photo : DR

Le député La France Insoumise (LFI) des Bouches-du-Rhône et candidat déclaré aux élections municipales à Marseille, Sébastien Delogu, devra comparaître le 9 juin prochain devant le tribunal correctionnel de Marseille. La justice lui reproche plusieurs infractions, dont le recel de documents volés, la divulgation d’informations relevant de la vie privée et l’atteinte au secret des correspondances.

L’affaire remonte à septembre 2024, dans un contexte de conflit social au sein de la société Laser Propreté, entreprise de nettoyage implantée à Marseille. Le 19 septembre, des salariés affiliés à la CGT occupent les locaux de la direction durant plusieurs heures et retiennent le nouveau président du conseil d’administration, Isidores Aragones, dirigeant de l’entreprise et ancien responsable local du Crif.

À l’issue de cette occupation, ce dernier constate la disparition d’une pochette contenant des documents confidentiels.

Quelques jours plus tard, le député Sébastien Delogu publie sur les réseaux sociaux le contenu de ces documents, affirmant les avoir reçus de sources anonymes. Les pièces diffusées comprennent notamment un courriel adressé à un haut responsable militaire israélien, évoquant l’organisation d’un déplacement d’une délégation française vers Israël, dans un contexte international déjà marqué par la guerre à Gaza.

Estimant que la diffusion de ces documents porte atteinte à sa vie privée et à la confidentialité de ses échanges, Isidores Aragones dépose plainte le 2 octobre 2024. Le parquet ouvre alors une enquête pour vol, recel, mise en danger par divulgation d’informations privées et violation du secret des correspondances.

Dans le cadre de cette procédure, la permanence parlementaire du député est perquisitionnée en mai 2025, et Sébastien Delogu est entendu par les enquêteurs. Celui-ci soutient avoir agi dans l’intérêt public. Il affirme que la publication de ces documents visait à contraindre la justice à examiner des soupçons de fraude à la Sécurité sociale et de détournements de fonds publics concernant la société Laser Propreté. Une enquête distincte sur ces accusations a d’ailleurs été ouverte par le parquet à l’automne 2025.

Reste que la procédure visant le député insoumis se poursuit. Sa convocation devant le tribunal correctionnel intervient à un moment politiquement sensible, alors qu’il mène campagne pour la mairie de Marseille, à quelques mois du scrutin.

L’audience de juin devra déterminer si la diffusion de ces documents relevait de la dénonciation d’un possible scandale financier ou si elle constitue une infraction pénale liée à l’origine et à la nature des pièces rendues publiques.

Djamal Guettala 

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Yennayer : temporalité agraire, mémoire collective et construction identitaire amazighe

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Yennayer

Chaque 12 janvier, le temps amazigh se remet à zéro. Yennayer n’est pas qu’un simple changement de calendrier : il est une plongée dans une mémoire plurimillénaire, un acte de fidélité à une civilisation enracinée dans la terre, le cycle des saisons et la sagesse des anciens.

En Algérie comme dans l’ensemble de l’Afrique du Nord, cette fête ancestrale ressurgit chaque année avec la même force symbolique, rappelant que l’histoire des peuples ne se mesure pas seulement à l’aune des empires, mais aussi à la persistance des cultures. Historiquement, Yennayer marque l’entrée dans une nouvelle année agricole. Il correspond à un moment de transition, où la communauté paysanne se projette dans l’avenir à travers des rites propitiatoires. Les pratiques culinaires associées à cette fête — abondance des plats, diversité des ingrédients — traduisent une symbolique de fertilité et de prospérité.

Dans ce cadre, le temps n’est pas linéaire mais cyclique. Il est rythmé par les saisons, les travaux agricoles et les événements communautaires. Yennayer constitue ainsi un repère structurant du calendrier social amazigh.

Mémoire collective et transmission culturelle

La transmission de Yennayer s’est longtemps opérée en dehors des institutions formelles, par le biais de l’oralité, des pratiques familiales et des rites domestiques. Cette transmission informelle a permis à la célébration de survivre aux périodes de marginalisation culturelle. Yennayer fonctionne comme un support de la mémoire collective, réactivant chaque année un récit partagé sur l’origine, la continuité et la légitimité historique des Amazighs. 

Yennayer marque le début de l’année 2976 du calendrier amazigh, dont le point de départ est traditionnellement fixé à l’accession au trône d’Égypte du roi berbère Chachnaq Ier, en 950 avant J.-C. Ce repère historique, bien que débattu par les historiens, sert avant tout de symbole : celui de l’inscription des Amazighs dans le temps long de l’histoire universelle. À l’origine, Yennayer est intimement lié au monde agraire. Il célèbre la terre nourricière, les récoltes espérées et la promesse d’abondance. Dans les villages de Kabylie, des Aurès, du Mzab ou de l’Atlas saharien, la table devient un espace de communion : couscous aux légumes secs, poulet, fruits secs et mets traditionnels traduisent une même aspiration à la prospérité. L’abondance du repas est un présage ; le partage, une règle sacrée.

Mais Yennayer n’est pas figé dans le folklore. Longtemps marginalisée, parfois confinée à la sphère domestique, cette fête a survécu grâce à la transmission orale, au geste quotidien et à la résistance culturelle silencieuse. Sa reconnaissance officielle en Algérie, où le 12 janvier est désormais jour férié et chômé, marque un tournant symbolique majeur : celui de la réconciliation de l’État avec une composante fondamentale de l’identité nationale.

Yennayer, le Nouvel An amazigh, constitue un fait culturel total au sens maussien, articulant temporalité, pratiques agraires, mémoire collective et dynamiques identitaires. Ce faisant, cette célébration se doit de dépasser le cadre festif pour devenir un marqueur identitaire, un dispositif de cohésion sociale et un enjeu de patrimonialisation dans le contexte contemporain algérien. Les calendriers ne constituent jamais de simples instruments de mesure du temps. Ils sont des constructions sociales, chargées de symboles et de représentations, traduisant une certaine manière d’habiter le monde. Yennayer, s’inscrit pleinement dans cette logique. Longtemps relégué à la sphère domestique et rurale, il connaît aujourd’hui une visibilité institutionnelle accrue, notamment en Algérie où il est reconnu comme jour férié.

Par ailleurs, il est primordial de voir cette fête ancestrale sous l’angle anthropologique, en interrogeant ses fondements agraires, ses fonctions sociales et sa portée identitaire. La problématique centrale est la suivante : comment Yennayer, en tant que rite calendaire, participe-t-il à la construction et à la transmission de l’identité amazighe dans un contexte de modernité et de reconnaissance étatique ?

L’analyse de Yennayer mobilise plusieurs apports théoriques issus de l’anthropologie et de la sociologie. Le concept de « fait social total » développé par Marcel Mauss permet de saisir la multiplicité des dimensions — économique, symbolique, religieuse et sociale — que recouvre cette célébration. De même, la notion de mémoire collective, telle que formulée par Maurice Halbwachs, éclaire les mécanismes de transmission intergénérationnelle à l’œuvre dans les pratiques liées à Yennayer. La problématique s’articule autour de l’hypothèse selon laquelle Yennayer fonctionne comme un dispositif de régulation symbolique du temps social, tout en constituant un support de revendication identitaire et de reconnaissance culturelle.

Cette problématique s’arc-boute sur trois axes : 

1. Yennayer est avant tout un rite agraire, dont la fonction première est de sécuriser symboliquement le cycle agricole et la reproduction sociale.

2. La persistance de Yennayer repose sur sa capacité à s’adapter aux transformations sociales tout en conservant un noyau symbolique stable.

3. La reconnaissance institutionnelle de Yennayer participe à un processus de patrimonialisation qui transforme le sens et les usages du rite.

Institutionnalisation et patrimonialisation

La reconnaissance officielle de Yennayer en Algérie marque une rupture significative. Elle inscrit la fête dans l’espace public et dans le calendrier national, lui conférant une légitimité étatique. Toutefois, cette institutionnalisation soulève des enjeux anthropologiques majeurs. Le passage d’un rite vécu à un patrimoine célébré comporte le risque de folklorisation, c’est-à-dire de réduction du sens profond de la pratique au profit de sa mise en scène. L’enjeu réside donc dans la capacité à préserver la dimension vécue et communautaire de Yennayer. L’analyse de Yennayer met en évidence la complexité des dynamiques identitaires contemporaines. Loin d’être une revendication exclusive, Yennayer peut être appréhendé comme un espace de médiation entre pluralité culturelle et unité nationale. Il illustre la possibilité d’une reconnaissance des différences sans fragmentation du corps social.

Yennayer apparaît comme un observatoire privilégié du rapport des sociétés amazighes au temps, à la mémoire et à l’identité. En tant que rite calendaire, il articule tradition et modernité, local et national, mémoire et institution. Son étude confirme que les pratiques culturelles ne sont pas des survivances du passé, mais des ressources actives dans la construction du présent.

Yennayer, la mémoire du temps 

Au-delà de la célébration, Yennayer interroge notre rapport à l’histoire et à la pluralité. Il rappelle que l’identité algérienne est une stratification, un palimpseste où se superposent langues, mémoires et héritages. En ce sens, Yennayer n’oppose pas ; il relie. Il n’exclut pas ; il agrège. Dans un monde soumis à une uniformisation culturelle accélérée, Yennayer agit comme un acte de résistance douce. Il affirme le droit des peuples à nommer le temps selon leurs propres repères, à célébrer leurs racines sans se replier sur elles. Fêter Yennayer aujourd’hui, c’est à la fois honorer les anciens et transmettre aux générations futures le sens de la continuité.

Yennayer n’est donc pas seulement le Nouvel An amazigh. Il est une leçon de durée, un rappel que la modernité ne se construit pas dans l’amnésie, mais dans le dialogue fécond entre passé et avenir. Quand la terre s’apprête à renaître, la mémoire, elle aussi, refleurit.

Bachir Djaïder, journaliste et écrivain 

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Smaïl Metmati : réinventer tifinagh entre calligraphie et peinture contemporaine

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Smaïl Metmati
Smaïl Metmati. Photo : DR

Artiste peintre et calligraphe algérien, Smaïl Metmati transforme le tifinagh, alphabet ancestral amazigh, en un langage visuel moderne. À travers ses œuvres, il allie peinture, calligraphie et mémoire culturelle pour célébrer l’identité amazighe et explorer de nouvelles perspectives dans l’art contemporain, en montrant que la tradition peut s’inscrire dans la modernité tout en conservant son essence symbolique et poétique.

Né à Tazmalt dans la wilaya de Béjaïa, Smaïl Metmati se forme à l’École nationale des Beaux-Arts d’Alger, où il approfondit ses connaissances en dessin, peinture, sculpture, miniature et calligraphie. Diplômé en 1987, il poursuit un parcours académique et professionnel riche en expériences, il développe une pratique artistique personnelle intense, qui le conduit à participer, depuis les années 1980, à de nombreuses expositions, individuelles et collectives, en Algérie et à l’étranger, notamment en France, en Bulgarie et au Yémen, contribuant à faire connaître la singularité de son travail sur la scène internationale.

Ce qui distingue Metmati dans l’art algérien contemporain, c’est sa capacité à transformer le tifinagh en un langage plastique moderne, tout en restant profondément enraciné dans l’histoire culturelle de l’Algérie. Là où la calligraphie est souvent associée aux traditions arabe, chinoise ou occidentale, il choisit de placer le tifinagh au centre de son travail, non comme simple motif décoratif, mais comme vecteur de sens, de mémoire et de transmission culturelle. Chaque signe devient un symbole vivant, porteur d’histoire, d’identité et d’émotion, révélant la richesse et la diversité d’un patrimoine longtemps marginalisé ou ignoré dans les récits dominants de l’art.

Son inspiration puise dans la littérature populaire, les proverbes, les contes et la poésie kabyles, ainsi que dans l’ensemble des traditions amazighes. Il traduit ces éléments en compositions graphiques rigoureusement construites, où chaque lettre ou signe participe à une narration visuelle complexe. L’usage du qalam, cette plume traditionnelle taillée dans le roseau, lui permet de travailler la ligne avec finesse, fluidité et profondeur, conférant aux lettres une expressivité qui dépasse la simple écriture. Mais Metmati ne se limite pas à la calligraphie traditionnelle : il enrichit ses créations par l’utilisation de matériaux tels que l’argile, les pigments naturels, les ocres et les terres, qui donnent aux œuvres densité tactile et intensité chromatique exceptionnelles. Les couleurs, souvent inspirées des paysages du Sahara, des montagnes et des hauts plateaux kabyles, évoquent la mémoire des lieux, des textures et des lumières, transformant chaque tableau en un territoire visuel, symbolique et poétique. Ses jeux de transparence, de superposition et de contraste des pigments créent des effets de profondeur qui immergent le spectateur et instaurent un dialogue entre le temps, l’espace et la mémoire.

Chaque composition de Metmati est un dialogue entre tradition et modernité, entre écriture et peinture, entre mémoire culturelle et esthétique contemporaine. Le tifinagh cesse d’être un simple alphabet pour devenir un langage plastique capable de raconter l’histoire d’un peuple, de transmettre des valeurs, d’éveiller la sensibilité du spectateur et de créer un pont entre cultures et générations. Sa démarche artistique s’impose comme une forme d’archéologie de la mémoire : les lettres se métamorphosent en formes vivantes et colorées, en résonance avec le présent, tout en conservant l’empreinte du passé et en dialoguant avec des enjeux esthétiques contemporains.

L’approche artistique de Smaïl Metmati dépasse la simple recherche esthétique : chacune de ses œuvres est conçue comme un acte de transmission culturelle. En intégrant les lettres et signes anciens dans des compositions qui dialoguent avec la poésie, la musique et les valeurs sociales de la société amazighe, il leur donne vie et voix dans le monde contemporain. Chaque forme calligraphique devient un élément narratif capable de transmettre des émotions, des histoires et des concepts universels, tout en restant profondément ancrée dans la spécificité culturelle de l’Algérie et du Maghreb.

Ses œuvres abordent des thèmes essentiels : identité et fierté culturelle, liberté et résistance, bravoure face à l’adversité, amour du pays et des paysages natals, ainsi que relations humaines et valeurs sociales. Mais au-delà des thèmes visibles, son travail met en lumière la permanence d’un héritage souvent marginalisé, donnant au tifinagh une visibilité et une dignité inédites. Chaque tableau devient un espace de réflexion où tradition et modernité se rencontrent, où la mémoire collective s’exprime à travers la couleur, la forme, la gestuelle calligraphique et la composition globale.

Cette démarche ne se limite pas aux ateliers ou aux musées : elle s’inscrit dans des contextes variés, des festivals culturels locaux aux grandes expositions internationales. Dans ces espaces, Metmati anime également des ateliers et des sessions pédagogiques, transmet son savoir et initie des publics de tous âges à la calligraphie tifinagh, créant ainsi un pont entre l’art, la culture et l’éducation. Ces ateliers valorisent la collaboration intergénérationnelle et encouragent les jeunes artistes à explorer leurs racines tout en expérimentant des langages plastiques contemporains.

L’impact de Smaïl Metmati dépasse largement le cadre des expositions et de la reconnaissance institutionnelle : il s’inscrit dans une dynamique profonde de revitalisation et de réappropriation des langues et traditions amazighes. En mettant en lumière le tifinagh comme écriture vivante, il le transforme en vecteur capable de communiquer mots, concepts universels, émotions et expériences humaines partagées. Chaque composition agit comme un pont entre passé et présent, mémoire culturelle millénaire et enjeux esthétiques contemporains, invitant le spectateur à contempler la richesse d’un héritage qui dialogue avec le monde entier.

Son travail redéfinit les limites traditionnelles de la calligraphie : en intégrant le tifinagh à des compositions plastiques modernes, en expérimentant couleurs, textures, matériaux naturels et formes abstraites, Metmati élargit le champ des écritures acceptées dans l’art contemporain. Loin de se limiter à une pratique décorative, ses œuvres deviennent des vecteurs de réflexion sur identité, mémoire et place de la culture amazighe dans un contexte globalisé.

De manière intime et sociale, son influence se traduit par un renforcement de l’estime de soi et de la fierté culturelle des communautés amazighophones. Voir le tifinagh célébré et exposé sur des scènes internationales, traduit dans un langage artistique moderne et reconnu, réaffirme l’importance de la langue et des traditions dans la construction identitaire. Metmati ne produit pas simplement de l’art : il participe à la réhabilitation culturelle et à la valorisation de l’histoire amazighe, créant des espaces de dialogue où tradition et modernité se rencontrent, illustrant le rôle social et symbolique de l’art.

Smaïl Metmati est une figure unique de l’art algérien contemporain, dont le travail ne se limite pas à la peinture ou à la calligraphie, mais se déploie dans une véritable fusion créative où poésie, écriture et formes plastiques dialoguent en permanence. Chaque œuvre est le fruit d’un équilibre subtil entre geste pictural, précision calligraphique et sensibilité poétique, transformant le tifinagh en matière vivante capable d’évoquer histoire, identité et émotions. Cette synthèse transcende les frontières traditionnelles de l’art, offrant une expérience visuelle et intellectuelle qui interpelle autant par sa beauté que par sa profondeur symbolique.

Son engagement en faveur du tifinagh dépasse la simple démarche esthétique : il inscrit cet alphabet millénaire dans une trajectoire contemporaine, lui donnant visibilité et légitimité sur la scène artistique internationale. Par ses œuvres, il enrichit le langage visuel de la calligraphie, montrant que les écritures ancestrales peuvent être des instruments d’innovation, de réflexion et de dialogue interculturel. Cette démarche place la mémoire culturelle amazighe au cœur de la production artistique moderne, tout en affirmant sa vitalité et sa pertinence dans un monde globalisé.

L’apport de Metmati est double : il transforme la perception de l’art visuel en Algérie et à l’international, et participe activement à la reconnaissance et à la valorisation de l’héritage culturel amazigh. Ses œuvres deviennent des témoins et vecteurs de mémoire, rappelant que l’art peut être à la fois célébration esthétique et outil de transmission culturelle. En affirmant la place du tifinagh dans la modernité artistique, Metmati offre une contribution durable qui dépasse les frontières nationales et s’inscrit dans le patrimoine artistique mondial, ouvrant la voie à une redécouverte et réappropriation des racines amazighes dans l’art contemporain.

Smaïl Metmati se distingue comme une figure singulière et incontournable de l’art algérien contemporain, non seulement par la qualité esthétique de son travail, mais par la profondeur de son engagement culturel. Son œuvre construit un langage visuel où peinture, écriture et poésie se répondent, dépassant la simple forme pour devenir vecteur de sens et de mémoire. En consacrant sa pratique au tifinagh, alphabet ancestral amazigh, il transforme un signe millénaire en expression contemporaine capable de transmettre des idées universelles tout en restant profondément enraciné dans l’histoire et les traditions de son peuple. Chaque composition révèle une tension harmonieuse entre modernité et tradition, abstraction et narration, sensibilité poétique et rigueur calligraphique, faisant de son œuvre un pont vivant entre passé et présent.

Brahim Saci

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CAN 2025 : après la défaite des Verts, tensions sur le terrain à Marrakech

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Lucas Zidane
Lucas Zidane a perdu son sang-froid à la fin du match. Crédit photo : DR

L’Algérie a quitté la Coupe d’Afrique des nations 2025 dans un quart de finale marqué par la défaite logique et la tension. Battus 2‑0 par le Nigeria au Grand Stade de Marrakech, les Fennecs ont vu la frustration s’installer immédiatement après le coup de sifflet final, transformant la fin de match en une scène de chaos sur la pelouse et autour du corps arbitral.

La rencontre avait basculé en seconde période. Victor Osimhen a ouvert le score peu après l’heure de jeu, suivi par Akor Adams, qui a scellé la victoire nigériane. L’Algérie, qui avait résisté et tenté de créer le danger sur contre-attaques, n’a jamais trouvé la solution pour inverser la tendance. Mais au-delà du score, ce sont les réactions après le match qui ont retenu l’attention.

À peine le match terminé, Lucas Zidane, gardien de l’Algérie, s’est retrouvé au centre des tensions. Frustré par l’issue du match et certaines décisions arbitrales, il a été impliqué dans un échange musclé avec des joueurs nigérians sur le rond central. Ses coéquipiers et les membres du staff ont dû intervenir rapidement pour séparer les protagonistes et éviter que la situation ne dégénère davantage. La main non sifflée dans la surface nigériane en première mi-temps, qui aurait pu valoir un penalty, a été au cœur des protestations, et Luca Zidane s’est montré particulièrement actif pour exprimer son désaccord.

Le corps arbitral, dirigé par le Sénégalais Issa Sy, a été escorté hors du terrain par les forces de sécurité. La pression était intense, les officiels recevant des protestations directes de plusieurs joueurs algériens, tandis que d’autres restaient autour pour suivre les débats avec insistance. Dans les tribunes, l’atmosphère était également électrique : des supporters ont exprimé leur mécontentement par des cris et des gestes, certains tentant de se rapprocher du terrain avant d’être contenus par le personnel de sécurité.

Malgré ces tensions, aucun incident grave ni blessure n’a été signalé. Le calme est progressivement revenu après l’intervention des équipes et du service d’ordre, tandis que les joueurs regagnaient les vestiaires sous haute vigilance. Pour les Nigérians, la qualification ouvre la voie vers les demi-finales, tandis que pour l’Algérie, ce quart de finale se termine dans l’amertume, à la fois par le résultat sportif et par la fin de match tendue, avec Lucas Zidane au cœur d’une scène symbolique de frustration et de colère. Une chose est sûre : la victoire du Nigeria n’est pas volée. Cette équipe a montré des qualités techniques bien supérieures à celles des joueurs algériens, qui ont beaucoup subi durant les 90 minutes.

Djamal Guettala 

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