23 mai 2024
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Présidentielle anticipée : intrigues au sommet !

L’annonce de la tenue d’une élection présidentielle anticipée pour le 7 septembre laisse les Algériens dans l’interrogation et le trou noir. Pistes de lecture.

Faut-il y voir un renoncement à un second mandat de Tebboune ? Telle la première question qui s’invite à l’esprit de ceux qui suivent les luttes dans le marigot politique algérien. Non ! Rien à priori ne le laisse croire. Le très débonnaire Tebboune sera là en septembre. Donc a priori seulement. Mais alors pourquoi bon Dieu rapprocher la tenue de la présidentielle de trois mois et la tenir à quelques jours de la fin de l’été ? Vaste énigme, comme tout ce qui se passe au sommet.

Il y a quelques jours seulement, un communiqué de la présidentielle annonçait une visite d’Etat de Tebboune en France pour octobre ou novembre. «Les deux présidents ont, enfin, convenu, de la visite officielle du président de la République en France, qui aura lieu à la fin septembre, début octobre, la date officielle de la visite devant être fixée ultérieurement», concluait le communiqué datant du 12 mars. Que s’est-il passé entretemps ?

En effet, la décision rendue publique ce jeudi soir ne pouvait être, à notre humble sens, antérieure à cette annonce de visite en France. Car, dans une république normale, un président ne peut prévoir une visite d’Etat après la date de son mandat. Auquel cas, cela pourrait suggérer que cette présidentielle rapprochée ne sera qu’une simple formalité pour Tebboune. Ce qui est fort possible quand on sait qu’il n’y a pas d’élection libre en Algérie. Ce qui n’est plus un secret mais qui ne se dit pas en public.

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Pas seulement, une visite de cette importance se prépare bien en amont. Des commissions mixtes sont mises en place pour baliser le terrain, travailler sur le déroulement de la visite. Les ministres plénipotentiaires font des aller-retour pour tout caler…

Bref. Une candidature de Tebboune pour l’élection du 7 septembre voudra dire qu’un consensus existe dans les cercles de décision afin d’octroyer à reconduire Tebboune pour un second mandat. Le jeu aura été fermé. Là encore rien n’est sûr. Un vrai pataquès donc !

Ce mandat est sur tous les plans particulièrement catastrophique. A l’intérieur du pays d’abord, la chappe de plomb, la terreur et la criminalisation de la pratique politique laissent la balbutiante démocratie exsangue. Jamais pouvoir n’aura été aussi impopulaire. Avec des centaines de prisonniers d’opinion, une presse avilie et obligée à avaler les couleuvres officielles, il ne peut se prévaloir de quelques valeurs démocratiques.

En clair, pour filer la métaphore, Tebboune médite des jarres et prisuit des marmites.

Le désespoir a gagné toutes les couches sociales. Il n’y a qu’à voir le nombre impressionnant d’Algériens qui quittent le pays. A l’étranger, Tebboune sèche systématiquement toutes les sommets internationaux et notre diplomatie a perdu de sa superbe tant et si bien que même le Mali nous nargue aux frontières sud. Au niveau économique, le pays pédale dans la farine. Et plus personne ne croit l’enfumage médiatique orchestré autour d’une relance sous les « ordres avisés » d’Abdelmadjid Tebboune.

Rappelons-nous par ailleurs, il y a quelques semaines, une information distillée dans la presse suggérait que la présidentielle allait être annulée. C’était la bronca ! Ce qui a eu le mérite de susciter une mise au point officielle assurant que la présidentielle aura bien lieu en temps et en heure. Voilà qu’aujourd’hui Tebboune prend tout le monde de court.

Cette annonce rappelle étrangement celle de Liamine Zeroual qui a dû écouter son mandat en 2008 suite à de graves différends avec d’autres puissants généraux. Cela nous a donné 20 ans de Bouteflika qui a, lui aussi, été débarqué par le général Gaïd Salah à la faveur des manifestations du Hirak. Résultat : le défunt général a adoubé Abdelmadjid Tebboune avant de rendre l’âme. C’était son dernier fait « d’armes ».

En vrai, aucun président n’a achevé normalement son mandat depuis 1962. Ben Bella a été débarqué le 19 juin 1965 pour être jeté en prison pendant 14 ans. Boumediene est mort au pouvoir. Chadli Bendjedid, choisi par l’armée, a été viré en janvier 1992 avant le terme de son mandat. Mohamed Boudiaf qui l’avait remplacé a été assassiné six mois à peine après son installation à la tête du Haut comité de l’Etat. Ali Kafi ne fera pas long feu. Il sera remplacé par le général Liamine Zeroual qui vit aujourd’hui retiré chez lui à Batna. Quant à Bouteflika,vil à signé sa démission en pyjama devant les caméras de l’Entv. C’est dire combien les coups de Jarnac sont une tradition

Sur le plan pratique maintenant. Un scrutin le 7 septembre voudra dire une campagne électorale en plein cagnard du mois d’août. Et y a-t-il de potentiels candidats crédibles ? Une sacrée poilade en perspective.

Quel homme ou femme politique avec le sens de l’Etat peut-il se présenter en septembre quand on sait l’œuvre de démantèlement de la scène politique qu’ont entrepris Tebboune et son équipe depuis décembre 2019 ? Tout le mal de ce mandat est là aussi. Comme si, après eux, c’est le déluge.

Pour conclure, seule l’annonce d’une candidature ou pas de Tebboune nous donnera un début d’éclairage de la suite. Pour autant, sortirons-nous de l’ornière ?

Sofiane Ayache

13 Commentaires

  1. Iben moua avec ma re cervelle d’abruti je peine à suivre les élucubrations abracadabrantesques des liseurs dans le marigot politicien. Si en effet la splikasyou la plus logique à cette annonce serait le renoncement de l’actuel président à briguer un second mandat cela n’éclaire pas plus ma lanterne car il n’y aurait pas plus de raisons à avancer la date à trois mois près, d’autant plus que sous nos climats on aurait plutôt plus tendance à reculer les dates qu’à les avancer.

    Pour moua il y a un lézard sous roche dont on ne saura rien, Ou peut-être qu’il n’y a pas de lézard, et que ce n’est que dans les têtes de complotistes plus enclines à en chercher qu’il se trouve.

    Cependant , en attendant que l’oracle daigne nous en causer un brin, rien n’empêche les eschatologistes de tout poils et les intrigologues patentés d’annoncer la venue d’Armageddon.

    Allah yesteur !

  2. La seule question que je me pose, est ce que c’est lui himself qui l’a annoncé, où bien c’est son patron ?
    Tout le monde sait que lui n’est qu’un hdidouane et qu’il ne peut prendre aucune décision seul.
    A mon avis ils ont du agrandir le Harrach.

  3. Ils lisent mes commentaires, incluant le hbibou. Et qu’est-ce qu’il y a appris? Que dans une annee exactement, ca va etre les chevres meme pas les vaches. Poutine qui a besoin de toute sa production militaire a dut lui dire « dizoli pas d’armes, encore moins a credit! » – Voila toute la raison du deplacement du habibou detat major est alle’ quemander un parainnage du jeune MBS aupres de Vladimir, qui a realise’ a quel taupe il avait a faire quand celle-ci lui a propose’ en temps reel et en direct de servir de je ne sais quoi dans le bourbier Ukrainien. Bref, A partir de Janvier prochain, il y aura un nouveau Patron a la Maison Blanche. Alors-la, pas un apprenti mais un veritable. Ca veut dire quoi? Ca veut dire « Drill Baby Drill ! » – Et le gaz et le petrole vont couler a flots en Amerique, mais pas que ! Le plus probable est que le gaz et petrole vont revenir vers l’Europe, car pour l’Inde et autres Asiatiques ca sera de l’Americain pas cher. Pour l’Algerie, il y aura toujours les umsolvables portugal, espagne et grece – Les Italiens eux payeront en macoronis et fiats – certainnement pas en dollars. Voila donc ce qui attend le majid hbibou s’il restait au pouvoir. Ca c’est pas bien pour les militaires, dont la derniere cartouche est reserve’e a l’ingrat qui n’aura pas su dribbler.

  4. A qui profite cette décision d’élections présidentielles anticipées? Qui en est(sont) l(es)’instigateur(s) est, me semble-t-il, secondaire. Je pense que cette décision est directement liée à la visite parisienne de Tebboune qui aura lieu très certainement entre octobre et décembre de l’année en cours, c.a.d après sa réélection. Dès l’annonce des résultats, simple formalité comme toujours, les préparatifs de ladite visite vont alors commencer à un rythme insoupçonné jusqu’alors. Ainsi, Tebboune se rendra en France dans l’habit d’un président largement réélu (avec un score proche de celui récemment obtenu par « l’ami de l’humanité ») pour un deuxième mandat et non d’un président en fin de mandat quémandant le soutien de l’ancien colonisateur. Il se voit déjà descendre les Champs Elysées en position de force aux côtés d’un président (Macron) qui lui est en fin de mandat sans possibilité d’en briguer un autre.
    Intrigues au sommet avez-vous dit? Mais que savent-ils d’autre que comploter à longueur de mandat avec les préoccupations du peuple comme derniers soucis? Et qui dit intrigues dit coups de Jarnac à foison. Chez ces gens-là, Monsieur, quand vous nagez et devez constamment surveiller vos vêtements (t3oum ou t3ass houajik!).
    « Car, dans une république normale, un président ne peut prévoir une visite d’Etat après la date de son mandat ». Entièrement d’accord avec vous M. Ayache. Sauf que dans ce cas-ci, il ne s’agit pas de république normale mais de ripou-blique. Et avec des ripoux aux commandes, il faut s’attendre à tout … même à un président qui prévoit une visite d’Etat après son mandat. C’est dans l’ordre des choses. Jusqu’ici le ridicule n’a encore fait aucune victime. Dommage!

    • « Car, dans une république normale, un président ne peut prévoir une visite d’Etat après la date de son mandat ».

      Un point important. Donc doit il « annuler » sa visite car il sait pas s’ils le remplaceront ou pas ?

  5. Il n’y a rien à attendre que l’on avance ou que l’on retarde les élections, le président est déjà désigné en haut lieu. Ces élections sont comme celles de Poutine, et comme d’habitude depuis 1962.

  6. Il n’y a ni « intrigues au sommet » ni « lézard sous roche ».
    C’est juste que Septembre est la saison des amours pour les araignées (« sale temps pour les mouches »); c’est aussi la saison des figues de barbarie, des potirons et des melons d’eau.

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