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4 mars 2024
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Raffinerie d’Augusta : les propos déroutants du ministre de l’Energie

La polémique continue

Raffinerie d’Augusta : les propos déroutants du ministre de l’Energie

Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni s’est exprimé pour la deuxième fois lors de sa visite dans la wilaya de Boumerdes le 29 mai dernier sur l’achat de la raffinerie sicilienne d’Augusta appartenant à une filiale d’ExxonMobil, Esso Italiano.

Il a confirmé une précision de taille que tout le monde attendait avec impatience que « la décision d’achat est prise après l’accord du gouvernement algérien et du gouvernement italien et après plus d’une année de pourparlers » et qu’il existe aussi un rapport d’expertise qu’il qualifie de « check » de toute l’infrastructure.

Pour le ministre de l’Energie, c’est un choix « stratégique » et « raisonnable » même si la raffinerie ainsi acquise date de 1949. Elle a été revampée à maintes reprises et selon ses propres termes beaucoup mieux qu’une neuve qui pourra coûter la bagatelle de 5 milliards de dollars. Pour lui et il le confirme aussi que c’est Sonatrach qui va prendre en charge l’aspect écologique car « elle a pris des engagements en ce sens ». 

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Normalement lorsqu’on veut juger de la santé d’une raffinerie au moins quatre critères sont à évaluer : la localisation, la taille, la capacité de conversion et surtout, étant donné son âge, l’efficacité énergétique lorsqu’on sait que les utilités représentent près de 40% des frais d’exploitation. Mais pourquoi ne pas croire un ministre de la république, il se peut que les « checkers » algériens comme il les appelle ont vérifié tout cela.

De nombreux journalistes l’attendaient sur le coût total de cette acquisition, malheureusement en vain. Jusqu’ici, c’est une sortie honorable d’un ministre de la république qui vient en tant représentant du propriétaire de Sonatrach de mettre fin à une polémique pour souligner à l’opinion publique indirectement que ce n’est pas une affaire du PDG de Sonatrach seule mais l’appareil exécutif est derrière lui.

Maintenant si on recoupe toutes ces déclarations sur le sujet, l’inquiétude et la préoccupation deviennent, désormais grandissantes.

Ainsi le 12 mai 2018, soit à peine trois jours après la signature de l’accord Sonatrach/Esso Italiana, notre ministre déclarait sur les colonnes du doyen des quotidiens El Moudjahid dans un article sous le titre « Un grand acquis pour l’Algérie et bravo pour Sonatrach » il a évalué l’achat à 570 millions de dollars constitué d’une raffinerie et de trois terminaux. Il se trouve que les experts de Sonatrach dont Monsieur Ahmed Mezighi, qui a eu l’occasion de s’exprimer devant les parlementaires et plus tard dans une conférence dédiée à ce sujet, a donné des chiffres qui recoupés peuvent dépasser de loin ce montant.

Rien que la dépollution, elle va valoir près de 30 millions de dollars sur 7 ans, soit 210 millions de dollars, un peu moins de la moitié du chiffre avancé par le ministre.

A ce niveau de nombreuses questions restent sans réponse : comment une négociation qui a duré plus d’une année n’arrive pas à définir clairement une évaluation financière précise ? Pourquoi un achat d’une raffinerie appartenant à une société de droit privée a demandé des discussions aussi longues avec le gouvernement italien plutôt que la société concernée ? 

Dans la même déclaration le ministre évalue le montant des carburants importés par l’Algérie à 2,5 milliards de dollars tandis que le PDG de Sonatrach les a ramenés à 2 milliards de dollars !!! Qui a les bons chiffres ? Doit-on comprendre par là que l’Algérie fait des estimations au milliard de dollar près ?

Le plus déconcertant reste que ce même ministre a déclaré le jeudi 22 février 2018 lors d’une séance plénière à l’Assemblée populaire nationale que pour pouvoir répondre à la demande croissante en carburant et en application du programme du président de la république Abdelaziz Bouteflika une ambitieuse démarche a été lancée pour réhabiliter et moderniser les raffinerie en service d’ici « fin 2018 » pour faire passer le capacité de raffinage de 27 millions de tonnes actuellement à 31 millions de tonnes.

Doit-on aussi comprendre que ce redéploiement vers l’extérieur réoriente le programme présidentiel ?    

Auteur
Rabah Reghis

 




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