2 juillet 2022
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Rapport de la Banque mondiale : le tout médiatique jette le trouble

Palais du gouvernement

La Banque mondiale a publié le 22 décembre un rapport qui semble, à lire les commentaires des journaux proches du pouvoir, une insulte à la démarche économique actuelle. Ces médias sont allés jusqu’à accuser cette institution mondiale d’acter aux services des lobbies hostiles à l’Algérie. 

Pourtant dans la forme, ce rapport, précisent que les observations, les interprétations et surtout les conclusions sont celles certes  des experts de la Banque mondiale mais ne reflètent pas nécessairement les vues du conseil d’administration de l’institution  mondiale et encore moins  les pays qu’elle représente. 

Autre précision de taille : avant sa publication, ce rapport a été présenté au ministère des Finances de l’Algérie qui a émis des commentaires pour lesquels la Banque mondiale saisit l’occasion de cette publication pour le remercier. Si on remercie de la sorte un commentaire officiel de l’Algérie puis on se permet de publier c’est qu’il n’est pas contre les conclusions dudit rapport. 

Banque mondiale : le rapport qui irrite le régime

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Enfin, parmi les auteurs dans liste donnée  ou les experts consultés n’y figure aucun Algérien ou opposant qui ne veut pas que l’Algérie prospère. 

Sur le fond, à part cette conclusion un peu hâtive, peut-être imposée par les chiffres en perspective et qui conclut à «un séisme dévastateur et des perspectives obscures pour le pays,» ceci reste de l’opinion de l’analyste mais on ne peut pas franchement l’accuser d’avoir tenté de déstabiliser l’Algérie ou créer un état de psychose pour inquiéter la population algérienne. 

En tout cas, la population algérienne a montré à travers l’histoire qu’elle sait lire entre les lignes. Rappelons juste pour mémoire que c’est le seul peuple de la région qui ne s’est pas révolté pour le pain. 

Ce n’est pas le cas de ses voisins qu’il est inutile de rappeler. Le reste  du rapport est démontré par les chiffres et un constat réel. 

En effet, l’économie algérienne a bien profité d’un « répit temporaire » pour avancer dans les réformes favorisée par une hausse des prix des  hydrocarbures et un relâchement visible de la pandémie due à la Covid-19.  Juste ce que confirment les chiffres avancés pour  un pays exportateur de gaz car le million de Watt Heure a atteint en Europe 180 euros, ce qui est l’équivalent de près de 60 dollars le million de British Thermic Unit (MMBTU) (01). 

Pour le brut, ces deux derniers mois, la moyenne du Brent, proche du Sahara Blend Algérien, devait atteindre 79,69 dollars le baril avec un pic haut de 86 dollars le baril réalisé vers le 10 octobre 2021. 

Indiscutablement aussi comme le mentionne le rapport, les recettes d’exportation des hydrocarbures ont contribué à réduire « nettement »  les besoins de financement extérieurs et sans aucun doute sur le court terme ceux croissants de financement domestique.  Dans les 5 milliards « hors» hydrocarbures, près de 80% proviennent des hydrocarbures. Donc, est-ce la hausse des prix des fertilisants qui l’ont poussé vers le haut ou est-ce l’augmentation des volumes ? 

L’analyste conclut donc à un essoufflement, c’est son avis. En ce qui concerne les risques « inflationnistes », la population n’a pas attendu la Banque mondiale pour la constater car le marché et la hausse des prix tout azimut les démontrent amplement. Le constat dans le retard de la mise en œuvre des réformes contenues dans le programme du gouvernement, pourrait avoir des conséquences négatives sur les perspectives économiques et c’est vrai ! 

Il faut le reconnaître !  On se limite aux satisfécits sans suivre un agenda par un suivi rigoureux. Exemple où sont les 150 champs pétroliers et gaziers à explorer et à exploiter sur lesquels le gouvernement s’est engagé par la voie du ministre concerné devant les élus du peuple.(02).

En ce qui concerne les thématiques 1 et 2 relatives à la pauvreté et celle de la résilience face aux risques climatiques, elles se basent, selon toute vraisemblance, sur les chiffres fournis par les institutions algériennes.

 Cette stratégie du tout médiatique qui consiste à sortir le revolver sur tout ce qui se dit  négatif sur l’Algérie, ne fera que diminuer le capital sympathie dont jouit le pays dans le monde et surtout favoriser les attaques de ses vrais ennemis qui découvriront ses points faibles. Il faut donc laisser les spécialistes, y compris les institutions de l’Etat, de répondre à ce rapport chiffré par des arguments chiffrés et non par une phraséologie insultante.                                                                                                                    
Rabah  Reghis       

(01)-news@transitionsenergies.com

(02): https://www.aps.dz/economie/97315-projet-de-loi-sur-les-hydrocarbures-sonatrach-continuera-a-developper-le-conventionnel

https://www.algerie-eco.com/2019/11/11/hydrocarbures-ressources-conventionnelles-encore-exploiter/

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