26 février 2024
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Rencontre avec l’universitaire et romancière Clotilde Brunetti-Pons

Rencontre avec l’universitaire, romancière Clotilde Brunetti-Pons
Crédit photo : Clotilde Brunetti-Pons

Clotilde Brunetti-Pons est universitaire, docteur en droit, professeur émérite de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA), juriste romancière, auteur de nombreux articles et ouvrages juridiques. Clotilde Brunetti-Pons est officier dans l’Ordre des Palmes académiques. Enseignant-chercheur rattachée au CEJESCO- Centre d’études juridiques sur l’efficacité des systèmes continentaux – de l’URCA; consultante en droit de la famille et de la protection de l’enfance.

Clotilde Brunetti-Pons est aussi présidente de l’Association de l’Ordre des Membres des Palmes académiques (AMOPA) section de Paris VII.

Clotilde Brunetti-Pons est une femme lumineuse, toujours souriante, c’est une vie vouée à l’art et à la transmission du savoir, comme un phare salutaire par temps couvert.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes une universitaire brillante, votre présence illumine, qui est Clotilde Brunetti-Pons ?

Clotilde Brunetti-Pons : Que vous répondre ? Celle que vous interrogez est d’abord une mère de famille nombreuse et une épouse épanouie. Je ne serais pas la même sans ma famille.
Avec une vie déjà bien remplie, il m’a fallu trouver de l’énergie pour exercer une activité professionnelle très dense. Cela s’est fait sans y penser, sans calculer, mais parfois au détriment de ma santé.

L’enseignement m’a beaucoup apporté. J’ai eu l’impression d’être faite pour cela : être à l’écoute, transmettre. Ce furent de belles années, mais les trajets Paris-Reims m’ont fatiguée. Après 38 ans d’activité professionnelle, j’ai arrêté l’enseignement pour me consacrer entièrement à la recherche et à l’écriture.

Le Matin d’Algérie : Comment passe-t-on de professeur d’université au roman ?

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Clotilde Brunetti-Pons : Enfant puis adolescente, je dévorais trois romans par jour. Grâce à cette passion, j’ai pu m’évader du quotidien, voyager dans de nombreux pays, fréquenter des milieux différents, croiser des personnages variés et souvent très différents de moi, ce qui était instructif. Écrire s’est imposé à mon esprit comme une continuité de la lecture. J’ai commencé à composer des poèmes à l’âge de 16 ans. Mes études de droit ont interrompu cette première période de création tout en m’apportant de la rigueur et sans nuire au goût d’écrire, loin de là.

Mes premiers articles juridiques ont vu le jour avant la fin de mon cursus universitaire, puis une thèse de doctorat, achevée à 28 ans, et des publications en droit des obligations. Parallèlement à mes études, j’étais chargée de mission à la protection judiciaire de la jeunesse, et d’abord au centre d’éducation surveillée de Vaucresson. Particulièrement sensible à la question de l’éducation des jeunes et de leur réinsertion familiale, une spécialisation en droit de la famille et de la protection de l’enfance s’est rapidement imposée.

Après 30 ans d’activité professionnelle sur ces thématiques, j’ai construit des récits autour de jeunes dont je souhaitais parler. Au départ, ces textes étaient exclusivement destinés à ma fille de 15 ans qui me réclamait la suite, chapitre après chapitre, puis à mes garçons. L’idée de les publier ne m’avait pas effleurée. Et puis un jour, la fille de bons amis, Élise, a lu l’un de mes manuscrits qui traînait sur une table. Elle l’a dévoré, me l’a rendu en larmes. Son émotion m’a convaincue qu’il fallait le publier. En 2015, je me suis lancée.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes présidente de l’Association de l’Ordre des Membres des Palmes académiques (AMOPA) section de Paris VII, cette formidable association contribue et participe au rayonnement de la culture à travers le monde, parlez-nous de cette association ?

Clotilde Brunetti-Pons : L’AMOPA est une belle association tournée vers les autres, spécialement la jeunesse. Elle publie une revue de qualité, soutient les élèves par des bourses, organise de nombreuses activités culturelles et aussi, notamment, des concours entre établissements (nouvelles, poèmes, expression écrite, histoire, géographie, …). Les lauréats sont mis en valeur et reçoivent de beaux prix.

L’AMOPA est divisée en 110 sections. Elle regroupe non seulement des personnes décorées dans l’Ordre des Palmes académiques, mais aussi des sympathisants. Quand la présidence de mon Université m’a décerné le grade de chevalier, en 2013, je ne connaissais pas encore cette association. C’est l’ancienne présidente de la section Paris VII, Denise Roudier, qui m’a envoyé une lettre m’invitant à soutenir l’AMOPA en adhérant, ce que j’ai fait. En 2018, la section m’a élue présidente et, depuis lors, nous (le bureau de l’AMOPA Paris 7) avons organisé de belles activités et des concours. Un magnifique recueil de nouvelles et poèmes rédigés par nos lauréats a vu le jour en 2021. Mettre en lumière la beauté de notre jeunesse est une grande joie.

Le Matin d’Algérie : L’AMOPA est comme un phare dans ce monde tourmenté, elle a un programme riche et varié, le prochain congrès international de l’AMOPA se déroulera à Tours du 31 mai au 2 juin 2024, mais le 4ème Salon du livre amopalien de Paris aura lieu le 13 mars 2024 à la Mairie du VIIème arrondissement, parlez-nous de ce salon du livre ?

Clotilde Brunetti-Pons : La première édition du salon du livre amopalien de Paris eut lieu en 2020. Cet événement est tout à fait original. Il s’agit de mettre en valeur les publications d’auteurs amopaliens (membres de l’AMOPA) et des réalisations de nos jeunes en rapprochant, par des activités communes, les chefs d’établissements du secteur, les familles, les professeurs, les membres de l’AMOPA et tous les amis du livre. L’entrée est libre.

La quatrième édition du salon du livre amopalien est planifiée le mercredi 13 mars 2024, à la mairie du 7ème arrondissement de Paris, de 14 heures à 19 heures.

De très beaux livres y seront présentés par leurs auteurs. Madame Michèle Dujany, Présidente de l’AMOPA, sera présente.

Au cours de l’après-midi, les visiteurs pourront assister à des conférences passionnantes sur des thèmes variés : La tuberculose d’hier à aujourd’hui, Julien Gracq, L’esprit français de Madame de la Fayette à Jean d’Ormesson.

Des élèves viendront présenter leurs travaux et projets.

Pendant le salon, seront déclamés des textes littéraires et des poèmes rédigés par les lauréats des concours de l’AMOPA 2019-2023.

S’ensuivra à 18 heures une cérémonie de remise des prix aux lauréats 2024 de la section Paris VII. Un cocktail viendra clore l’événement à partir de 19 heures.

Le Matin d’Algérie : « L’art sauvera le monde » disait Fiodor Dostoïevski, qu’en pensez-vous ?

Clotilde Brunetti-Pons : Dostoïevski est l’un de mes écrivains préférés. Cette citation souligne ce que l’auteur a cherché à révéler dans ses œuvres :  une certaine transcendance est nécessaire pour éviter un comportement mauvais (le parricide dans Les frères Karamazov) ou le fait d’être possédé par des actes antérieurs criminels. Il faudrait donc que l’art s’inscrive au-delà du perceptible et des possibilités de l’intelligible. C’est d’ailleurs ce qui procure une émotion. En permettant à l’homme de percevoir qu’il n’est pas tout, l’art peut sauver le monde.

Le Matin d’Algérie : Avez-vous des projets en cours et à venir ?

Clotilde Brunetti-Pons : Oui. J’aimerais organiser une exposition de sculpture d’un ancien membre de l’AMOPA décédé, à l’automne. S’agissant des projets en cours, je dirige actuellement une recherche de belle envergure, avec 25 spécialistes, sur L’efficacité de la protection de l’enfance en France et à l’échelle européenne. Les contributions seront publiées dans un ouvrage et nous exposerons nos conclusions lors d’un colloque le 17 janvier 2025. Ou encore, un recueil des productions de nos lauréats 2022-2024 est en préparation.

Le Matin d’Algérie : Un dernier mot peut-être ?

Clotilde Brunetti-Pons : Merci pour cet entretien. Le succès des concours de l’AMOPA et des cérémonies de remise des prix montre que la jeunesse d’aujourd’hui a besoin d’être encouragée, soutenue et inspirée. Il s’agit là d’une belle mission.

Entretien réalisé par Brahim Saci

Romans publiés :

Les Sirènes de L’ombre, éditions Amalthée 2023

Les non-dits de l’éveil, éditions Amalthée 2020

La flûte de pan, éditions Amalthée 2018 (actuellement en phase de réédition 2024)

L’oiseau d’or, éditions Amalthée 2015

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