25 mai 2024
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Samir Bouakouir : pour un sursaut national pour dépasser un statu quo mortifère

Tribune

Samir Bouakouir : pour un sursaut national pour dépasser un statu quo mortifère

Notre pays se trouve confronté à d’immenses périls qui doivent interpeller l’ensemble des forces saines et patriotiques.

Il serait irresponsable aujourd’hui de fermer les yeux et d’observer un mutisme, par calcul ou par lâcheté, devant les risques réels de dérapages tragiques.

L’impasse actuelle exige un vrai sursaut national pour dépasser un statu quo mortifère qui s’est transformé à l’approche d’une improbable échéance présidentielle en un affrontement sourd, à huis clos, pouvant dégénérer à tout moment.

Les forces patriotiques au sein du pouvoir et de la société ont l’occasion historique d’affirmer leur refus de voir notre nation mise en danger par les manoeuvres et les stratégies qui ont pour finalité la perpétuation d’un système de pouvoir qui a érodé les instruments de la souveraineté nationale. 

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Les secteurs prédateurs qui ont colonisé les appareils d’Etat et capté à leurs profits les ressources du pays doivent être mis hors d’état de nuire.

La complicité dont ils bénéficient au plus haut sommet du pouvoir et la passivité des secteurs patriotiques leur assure l’impunité totale et les encourage dans leur stratégie visant à transformer notre pays en une jungle politique et un grand souk où tout s’achète et se vend, y compris l’honneur et la dignité humaine. 

Le drame des jeunes harragas vient rappeler à Bouteflika la réalité de son bilan à la tête du pays. Des milliards injectés dans  l’économie ont fini dans une grande proportion par être engloutis dans des circuits informels. Laissant ainsi un pays exsangue exposé aux plus sombres perspectives. 

Le désastre est total :  la grave détérioration de la situation financière du pays aggravée par un recours irresponsable à la planche à billet ouvrira inévitablement  la voie au recours à l’endettement extérieur avec les conséquences dramatiques que tout un chacun imagine.

Pourtant, rien n’est encore définitivement perdu. Bouteflika peut encore sauver son mandat et même entrer dans l’Histoire en annonçant son départ tout en restituant le pouvoir non pas à l’Armée qui l’a intronisé mais au peuple algérien qui en a été dépossédé depuis l’indépendance.

Ce départ doit s’accompagner de la tenue d’une conférence nationale de consensus souveraine  co-organisée, dans le fond et la forme, avec l’ensemble des forces d’opposition sans exclusive et non pas imposée de manière unilatérale comme le suggère une figure du sérail. L’ordre du jour de cette conférence devra être également établi en commun.

Au préalable, afin de  rétablir un climat de confiance, des mesures urgentes devront être prises pour rétablir les libertés fondamentales, toutes les libertés et fasse respecter les droits politiques, sociaux et syndicaux.

Le harcèlement  policier et judiciaire à l’encontre des militants des droits de l’homme, des journalistes et autres blogueurs doit cesser.

Il est grand temps de tourner la page des des manoeuvres et des magouilles,  préludes aux coups de force et opérer une rupture pacifique avec un système de pouvoir gangrené.

Entre ceux qui proposent le report de la présidentielle à des fins aventurières ou sans s’engager clairement dans une issue politique globale et ceux qui, risquant le ridicule, souhaitent son maintien après avoir annoncé le boycott, il faut créer les conditions politiques d’une sortie par le haut qui réconcilie l’Algérie avec son destin historique. »

Auteur
Samir Bouakouir

 




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