4 décembre 2022
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Subventions de l’Etat : d’où sort ce seuil de 120.000 DA ?

OPINION

Subventions de l’Etat : d’où sort ce seuil de 120.000 DA ?

Le gouvernement tripatouille les chiffres à sa guise.

Je ne sais pas vous, mais ces chiffres qui sortent d’on ne sait où, avant d’être manipulés à toutes les sauces, me font perdre la boule.

Le dernier en date, repris par tous les journaux en ligne (y compris notre cher matin), est celui de ces 120.000 DA fixés -semble-t-il- par la commission des finances (et adopté par le parlement à l’occasion du vote PLF 2022) comme seuil de revenus mensuels par ménage pour pouvoir bénéficier de subventions des douze produits de première nécessité.

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Quelques chiffres officiels : le SNMG (salaire national minimum garanti) est de 20.000 DA (Décret présidentiel n° 21-137, avril 2021). Le salaire moyen est d’environ 40.000 DA. Celui d’un ingénieur varie dans une fourchette de 50.000 à 60.000 DA. Celui de l’enseignant universitaire comme le maître de conférences tourne autour de 80.000 DA. Ne parlons pas des enseignants du primaire et du secondaire dont un syndicat réclame des salaires supérieurs à 65.000 DA, alors qu’un débutant ne gagne guère plus de 34.000 DA.

Question à 1 DA : mis à part nos députés, qui gagne plus de 120.000 DA (environ 800 € au taux officiel) pour ne pas prétendre à ces fameuses subventions ? Quasiment personne, ou alors une petite minorité à chercher dans les arcanes de l’armée et du pouvoir.

Il est clair qu’à y voir de près, il doit y avoir un zéro de plus qui se balade en toute impunité dans ce seuil repris par tout le monde sans avoir repéré son énormité ! À moins que le pouvoir, à force de multiplier par 10 les taux de participation aux élections, applique aveuglément la même opération à tous les chiffres qui lui passent entre les mains !? Allez savoir !

Au vu des chiffres précédents, le seuil de 12.000 ou 20.000 DA semble donc bien plus plausible.

Comme quoi, une mégarde ou une négligence peuvent très vite faire tache d’huile et se propager de façon fulgurante. Un peu de vigilance ne ferait de tort à personne.

Pour rajouter à cette cacophonie des chiffres, Tebboune déclare que cette réforme « nécessite un certain niveau de numérisation et des statistiques précises sur les revenus, en vue de classer les catégories pauvres, moyennes et riches ».

Rajoutant que « ces statistiques ne sont pas minutieuses » (c’est le moins que l’on puisse dire avec ces zéros en délire) ou encore que « la levée des subventions sociales concerne seulement un tiers des citoyens parmi ceux ayant des revenus très élevés » !? D’où sort ce tiers des citoyens ? Contradiction quand tu nous tiens ! D’un côté on avoue que les statistiques ne sont pas précises, et de l’autre on verse dans la précision !

Ya « oueldi » vous et vos conseillers êtes faibles en lettres et nuls en chiffres ! Voilà tout ! À tel point que la réforme concernant la fin desdites subventions est – semble-t-il – mise en veilleuse par le même Tebboune.

Le matin on clignote à gauche, le soir on tourne à droite !

Ceux qui ont connu l’ère Boumediene se souviennent de la blague concernant des colloques organisés simultanément par les blocs Est et Ouest. Boumediene s’y rend avec sa smala. Arrivés sur les lieux, le bloc Est se trouve à gauche et le bloc Ouest à droite. Le chauffeur demande : – Y a si E-l’Houari, je tourne à droite ou à gauche ? et Houari de répondre : -mets le clignotant à gauche et tourne à droite !

Auteur
Kacem Madani

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