18 août 2022
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À quand la tournée de Boualem Sansal en Algérie ?

Boualem Sansal

L’objectif de ce commentaire n’est pas de faire de la littérature comparée entre nos deux géants de la syntaxe moliéresque mais de relever le deux poids deux mesures appliqué par les organisateurs des rencontres culturelles au pays.

Comme il le revendique lui-même, et a juste titre, la tournée de Yasmina Khadra en Algérie fut un véritable succès puisque « vous étiez près de 3000 à venir m’écouter, chose inhabituelle et inimaginable chez nous pour un écrivain » écrit l’auteur dans un message de remerciements adressé à ses fans.

Il serait bon pour la santé intellectuelle du pays que notre Boualem national soit sollicité pour effectuer une tournée identique et partir à la rencontre de ses lecteurs aussi.

Une telle tournée si elle venait à se faire, démontrerait que le pays s’est véritablement réconcilié avec les meilleurs de ses enfants.

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Mais, contrairement à Yasmina Khadra, par ses positions courageuses, notamment contre l’islamisme, Boualem Sansal dérange. Il a toujours dérangé ! À tel point que contrairement à Yasmina Khadra dont les livres foisonnent à Alger, ses œuvres se font rares dans les étals des librairies !

Sansal, Khadra, Daoud… loin de l’art de la tragédie !

Les organisateurs d’Alger, Oran et Tizi-Ouzou qui ont invité Yasmina Khadra auront-ils le courage de faire de même pour Boualem Sansal ? Rien n’est moins sûr, quand on sait que les quitus pour les rencontres culturelles de cette dimension doivent se délivrer par ceux qui n’acceptent pas que l’on se mêle de politique.

Il reste à espérer que des voix de ténors s’élèveront pour encourager, voire exiger, tel évènement !

Il est peut-être utile de rappeler, pour appuyer telle initiative, que Boualem Sansal est le troisième auteur algérien à avoir été récompensé par le Prix méditerranéen de littérature après Tahar Djaout et Kamel Daoud.

Kacem Madani

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15 Commentaires

  1. Ceux d’entre vous qui connaissent la fable du «  cochet , le chat et le souriceau » trouveront que je suis mal inspiré de chercher là une comparaison. Juste pour vous spliker comment on peut se tromper de jugement.

    Ohqarbi que difwa je me demande comment on peut avoir la moindre empathie pour certains , même s’ils sont brillantissime.

    Je trouve l’identification de l’auteur à son œuvre, et de l’écrivain à l’homme qu’il est dans la vie, souvent trompeuse. Il y a des écrivains dont on ne peut pas imaginer qu’ils aient pu écrire les œuvres qu’on a appréciées.

    Outre le fait , que ne je lis jamais les romans comme leurs auteurs les lisent, ou me demandent de les lire. C’est pour cette raison que je ne lis jamais les préfaces, car je n’aime lire qu’avec mon propre cerveau. Ce n’est qu’après avoir réécrit les romans avec mon propre style, mes sentiments, mes émotions, mes fantasmes, mes expériences, que je les apprécie.

    Putain ! comment croire que KD qui n’est sortie de sa zaouia que lors de la dernière pluie, Y.K qui lui n’a pas fini de liquider son oedipe avec l’école des cadets, YK qui manie le clavier comme un bazooka , pourraient m’émerveiller plus que je ne saurais le faire mouamim ? Alors que j’ai plus d’imagination qu’Onan , quand ce n’est que d’imagination qu’il ‘agit.

    Iben ,moua-je, qui n’ai rien contre l’érection , hachakkoum, de mausolées aux plus méritants de nos enfas ou qu’on leur rendisse l’hommage qu’ils méritent , contrairement aux romans d’Y..K qui me font roter d’ennui dès leurs premières pages, je peux avouer ici devant vous , tout honteux et confus que j’ai lu tous les romans de Sansal , toute fois et contrairement à ceux de KD sans avoir eu un seul orgasme.

    Tous les romans de Sansal , sauf le dernier quand le complexe butindeguerriste qui mine tout écrivain algérien l’a rattrapé.

    Je ne sais pas s’il faut forcément avoir des kouyes pour lire Sansal , comme il faut être un surdoué pour lire YK, ou un lubrique pour lire KD , mais je n’arrive pas à trouver un raccourci clavier pour encenser bessif les auteurs des livres que j’ai lu.

    Si je trouve KD plaisant, presque attirant, bessah n’allez pas croire que thaghlid dgui, et Y.K énervant, alors que Sansal que j’ai trouvé sublimement inspiré dans ses romans m’a toujours paru fat et excessivement superficiel en tant qu’homme.

    Si on dit qu’Y.K formaté par l’école des cadets dont il avoue subir encore les séquelles transparaît dans ses personnages , Sansal lui , à l’inverse n’a rien pris des siens , et ,horazma , réciproquement.

  2. Purée, @ Hend, Ghass « Thaghlid dhekk » C trop tard! pour attirer la meute 🙂 Bref, c’est au votriol, ton réquisitoire mais c’est tellement vrai et bien écrit svp! Bessah, dhaayagui idefka l’ghella t’mourth. et c’est dija beaucoup quand on regarde dans le ritrovisor. Aken s’inna winna, « rien ne sert de courir, il faut partir à poil, sitou ». M’athelmegh…

    • Alla khati a Urfan, sipa sek je voulais dire. Il ne s’agit pas que de nos écrivains. Cela concerne tous les créateurs y compris le Boundyou. Ils ne sont pas toujours à la hauteur de leurs œuvres. Et l’inverse est vrai aussi. Alla kkhati je ne dis pas ça pour moua.

      Tissi un proverbe de Guezgata dit: « zar tagmart thaghet yellis ». Or ce n’est pas si judicieux que ça.

      C’est que Moua quand j’étais mioche, j’ai été amoureux de Loundja , mais je n’ai jamais souhaité connaître sa mère.

      Par igzamp, nedja3louha que Wardiya ward ena3na3, notre bibliothécaire va inviter Flaubert à Guezgata rencontrer ses lecteurs et Dda Cha3vane lui invite Emma (son personnage) dans son bar , iben moua j’irai voir Emma et pas Flaubert. Sipa kamim parce que j’ai aimé Emma que j’apprécie Flaubert.

      On nous présente souvent certains écrivains à travers leurs œuvres qui les magnifient aux yeux de leurs lecteurs , ce qui fini par les déshumaniser. J’ai connu un un célèbre chanteur Kabyle qui n’hésitait pas à jouer du couteau pour la moindre anicroche , la moindre contradiction. Un autre ici même chez Le Matin-Dized adulé, qui est sorti de ses jantes (a Urfan) parce que l’autre l’avait taclé à la radio. Ontarnous , je préfère le premier, qui ne fait pas semblant d’être sage et indulgent au deuxième qui est prisonnier de la posture que le Gotha lui a assignée. J’ai rencontré l’un et l’autre, et je peux dire auta l’un était méchant et susceptible autant l’autre était ennuyeux et insignifiant derrière sa carapace de célébrité.

  3. @ hend ouvizaar! tu lâches des pépites anechth’ilathentes (au sens prop, biensour) et tu te rand même pas compte! Tiens par exam, « Cela concerne tous les créateurs y compris le Boundyou » Purée, ça devrait être breveté! sitou! et j’en passe et des meilleurs.
    Quand ti dis : « C’est que Moua quand j’étais mioche, j’ai été amoureux de Loundja, mais je n’ai jamais souhaité connaître sa mère ». Et ben là « adha yi sikcharethe am th’evceltte »; tradictiou, tu déroules mes couches sédim »an »taires et je suis sûr de pas être le seul « kabitchou,évidemment ».
    Mitena! Revenons à Wardya; Elward dh’eguefouss : Et si Emma était invitée à la vouviétique (si si le terme xist! cv’est un néologisme, sitou : un gars de mon village parti en France, dans son récit, ma dit : j’ai visité el-djamaani el’gniz n’saint dini et même la vouviétique » bref revenons au sujet! et si son alter ego était invité au bar? Qu’en ferais-tu? aka negh aka?
    Tout ça pour dire que, la vie n’a pas de sens; ou si elle en a un, oudhagh thi defkara! donc y’ekhrevve a’raye.
    Y a une chose aussi que je ressens moi même concernant la lecture. Elle ne produit pas le même effet selon que l’on soit gamin ou adulte : j’ai lu à douza, sur suggetiou du prof de français, Prosper Mérimée : « Matéo Falcone » et « Tamango »; subjugué! J’ai essayé de le revisiter, déçu! j’ai constaté que « Tamango » était d’uneugénisme pitoyable.
    Enfin, Relativisons, Oscar Wilde, que j’ai connu bien après mon en-fasse m’a sacrément retourné!

    • Il y a apipri karanta , j’ai été voir une sommité de la chanson kabyle à l’Olympia ( à Paris). Il est rentré sure seine et a dit : han ! En guise de salut ou s’est-il seulement raclé la gorge . Il était accompagné à la derbouka par Rabah Khalfa qui a coté de sa Fakhama paraissait petit et insignifiant et très loin , à des années lumières, dans un coin sombre de la scène on apercevait à peine Brahim Izri qui l’accompagnait à la guitare. On dirait que notre star ne voulait pas qu’il lui fasse de l’ombre car Brahim Izri ,lui, est un virtuose de la guitare. Le chansor , comme dirait Dda Cha3vane, a chansé deux cents soixante dix ou trois cents chansons d’un trait , presque en apnée, puis il s’est retiré , en disant Han ! Il nous aurait pissé dessus c’eût été plus respectueux.

      Ces gens-là sont comme l’étoile de Don Quichotte : inaccessibles.

      Si on peut dire de ses chansons qu’elles sont populaires , c’est vrai, mais lui il n’y a pas plus antipathique que lui.

      Je ne connais pas plus taciturne et austère et inabordable que ce chansor, pas un brin familier, carrément asocial et dédaigneux. Pourquoi voudrais-je le rencontrer?

      • Ah @hend, tu me donnes camime des incices : Rabeh Khalfa, et comment? Izri Brahim!
        Pour l’anecdote, j’ai rencontré Raveh KHALFA pour la pr’myaire fois à l’entrée de l’hôpital (15 ieme rrandisma) où il venait rendre visite à un autre chansor Kabyle! dont le « karchiw a été troué par un djadarmi dhi michlet ».

  4. Salut, les deux lascars !… je ne voulais pas plonger dans cette discussion, mais vous m’y avez irrésistiblement aspiré. Un artiste bien balancé psychologiquement, ça doit bien exister, mais alors il faut chercher avec une bonne lanterne et une bonne loupe en plein midi et en plein été pour en trouver. L’énergie motrice de l’artiste n’est-elle pas justement un déphasement quelconque avec la société ? Sans analyser la situation de façon sérieuse, juste une petite idée qui me vient à l’instant, je vois généralement parlant deux sortes de causes qui font un artiste: Soit un défaut sérieux dans la boîte crânienne, soit une ou des blessures secrètes qu’on traîne toute sa vie dans son corps et dans son âme, une dissatisfaction profonde qui vous accule à prendre refuge dans l’art. Je parle de ce que j’appelle les vrais artistes, pas ceux qui veulent passer pour des artistes parce qu’ils croient que ça fait cool. Sinon, à mon humble avis, un artiste sans problème ne peut être que bien fade.
    Mais comme je l’ai dit, je n’ai pas profondément réfléchi à ça, c’est juste une idée qui vient de traverser mon esprit.

    • Absolument ! Pour avoir un génie créateur ou djin créateur , il faut être disjoncté. Moua ce n’est pas ce que je reproche aux aux écrivains ou aux chansors que je n’ai pas cités. Je ne leur reproche pas d’être désagréables ou misanthropes. Parce que c’est de cela que leur vient leur génie. Si Muhend était un paria. C’est ,entre autre une des raisons qui me font dire que je n’ai aucune envie de les rencontrer. Je parlais un jour d’Henri Miller que disait apipri que ses traducteurs ne rendait jamais ses œuvre comme il les a écrite. C’est dire que lui-même ne se lit pas comme on le lit. Alors pourquoi le rencontrer. Je suis convaincu qu’on ne peut même pas imaginer ce qjue l’auteru a dans la tête quand il écrit.

    • Azul @ Kichi, je te cite « une dissatisfaction profonde qui vous accule à prendre refuge dans l’art. » Disatisfaction, tu dis. V’la un anglicisme qui est une sorte de néologisme mais qui est fort à propos. Mwa, je l’interprète comme étant un refus de satisfaction qui caractérise artistes bien plus qu’une insatisfaction que ces derniers, parfois, éprouvent probablement.

      • En effet, ay Urrif, j’ai utilisé un anglicisme sans m’en rendre compte. Ce qui est surprenant est que je n’en utilise pas beaucoup plus, étant dans un pays anglophone depuis plus de 40 ans, presque entiérement ghef yiwen ouverdhi. En fait, maintenant que tu me l’as fait remarquer, en anglais le mot a un sens beaucoup plus lourd que “insatisfaction” en français. “Dissatisfied” est un mot qui revenait souvent chez les vrais chanteurs de blues, les noirs du Sud américain des années 20, 30 et 40. Dissatisfied est proche du sens de “blues”, qui a été traduit par “avoir le cafard” mais ce n’est pas la même chose. Dissatisfied veut dire quelque chose de plus profond, comme une blessure douloureuse qu’on traîne dans son âme et qui colore en noir votre vision du monde.

  5. « Hend Uqaci 27/07/2022 At 12:07
    Il y a apipri karanta , j’ai été voir une sommité de la chanson kabyle à l’Olympia ( à Paris). Il est rentré sure seine et a dit : han… »
    Il y a aboubré karanta j’ai été voir un très grand chanteur de nationalité monégasque, de tendance « anarchiste ». J’ai raclé le fond de mes poches, économisé pendant un bon bout de temps en me privant de choses essentielles à la vie de tous les jours pour me payer l’entrée qui était au dessus de mes moyens d’étudiant. Ce fut l’une de mes plus grandes déceptions : il est entré sur scène sans orchestre avec une bande son, il a chanté ses plus célèbres chansons et au bout d’une heure trente il s’est levé et s’est barré sans un mot au public, aucun applaudissement du public, pas de » bis »..du genre j’ai pris vos sous bande de cons lachez moi les baskets maintenant.
    le public a quitté la salle dans un silence assourdissant comme s’il suivait un corbillard.
    Je m’étais dit, j’aurais mieux fait de donner les sous au clodo du coin qui lui en aurait fait sûrement bon usage.
    Ce qui m’a le plus fait mal au bide c’est que quelques temps avant j’ai été voir Jean Ferrat à Alger et là ce fut une soirée merveilleuse…

  6. Par souci d’objectivité ce serait bien qu’il fasse d’abord une tournée dans les camps de réfugiés dans les territoires occupés de Cisjordanie!

    • Et quoi d’autre ? Posez plus de conditions pour satisfaire les autres. En tant qu’algeriens on doit apparemment etre plus arabes que les arabes et plus musulmans que les musulmans pour juste etre « normaux » aux yeux des autres. Pendant ce temps, eux, vos frangins font ce qui leur plait sans tenir compte de vos opinons car ils ont en ra le bol de vos pleurnicheries perpetuelles. L’esprit de colonisé est devenu génétique chez vous. Revenons au point principal: Pourquoi Boualem Sansal doit satisfaire les palestiniens ou amar bouzouar pour venir dans son propre pays ? Quattendez vous pour allez liberer tous les peuples opprimés du monde ? Du polisario a la palestine apparemment c’est votre spécialité. Et si un jour ils vous dirons textuellement: Wash dekhelkoum ? Cessez de devenir les tuteurs des peuples opprimés du monde pendant que vous jetez en tole des innocents chez vous pour une parole ou une phrase. Vous n’avez de lecons a donner a personne. La science et la litterature n’ont pas de frontieres.

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