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L’historien Mohammed Harbi s’est éteint

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L’historien et militant nationaliste Mohammed Harbi s’est éteint ce jeudi 1er janvier à l’âge de 92 ans « après avoir lutté, pendant quatre jours, contre une infection pulmonaire dans un hôpital parisien », annonce Ali Guenoun, historien et ami du défunt.

La contribution à l’écriture et la connaissance du mouvement nationaliste et la lutte pour l’indépendance algérienne est sans commune mesure. Le dernier ouvrage publié de cet immense historien est la traduction par Aumer U Lamara du premier tome de ses mémoires sous le titre Tudert deg iseɣ, chez Koukou Editions, 2024.

« Sa contribution en tant qu’historien, jusqu’à la fin de sa vie, a été majeure, et laisse un héritage certain. Mohammed Harbi est resté digne jusqu’à ses derniers instants. Son souvenir demeure intact et continuera à jamais à éclairer nos mémoires, et la mémoire algérienne. Rappelons-nous de cette phrase tirée de sa dernière déclaration : « Œuvrons tous ensemble pour construire une nation de citoyens et vivre en paix avec nos voisins », écrit Ali Guenoun qui est resté très proche de l’historien et de sa famille.

Mohammed Harbi naît en 1933 à El Harrouch, dans l’est de l’Algérie, alors sous domination coloniale française. Très tôt, il est sensibilisé aux injustices du système colonial et s’engage dans le mouvement nationaliste algérien. Encore jeune, il rejoint le Parti du Peuple Algérien (PPA) puis le MTLD, formations qui constituent le socle du futur Front de Libération Nationale (FLN). Arrivé à Paris en 1952, Mohammed Harbi passe son baccalauréat puis s’inscrit à l’Université tout en continuant la lutte pour l’indépendance au sein du MTLD. Au déclenchement de la guerre, il rejoint la Fédération de France puis le cabinet de Krim Belkacem. A l’indépendance, la gauche algérienne s’investit dans le mouvement autogestionnaire. Séduit par les idées socialistes d’Ahmed Ben Bella, il rejoint Révolution africaine et devient conseiller technique du président. Défenseur du socialisme, Mohammed Harbi était la caution marxiste de Ben Bella. Critique du régime autoritaire qui s’installe après le coup d’Etat de Boumediene, Mohammed Harbi est arrêté, emprisonné puis placé en résidence surveillée. Cette expérience renforce sa distance vis-à-vis du pouvoir et l’amène à repenser son engagement. Il réussit à s’enfuir vers l’étranger en 1973 pour entamer une carrière d’universitaire.

Parmi ses ouvrages majeurs figurent Le FLN, mirage et réalité et Les Archives de la révolution algérienne, qui font autorité dans le champ historiographique.

L’historien était d’une exigence sans faille. Mohammed Harbi est reconnu pour sa rigueur intellectuelle et son courage moral. Il n’a cessé de défendre la liberté de recherche, le pluralisme politique et la nécessité d’un regard lucide sur le passé pour construire l’avenir.

Vous pourrez suivre sur notre site toutes ses vidéos dans lesquelles il raconte son parcours de militant et analyse le mouvement nationaliste.

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1 COMMENTAIRE

  1. Paix a son ame.

    C’est d’ou la provenance des originaux de ces traductions, sur les etageres derriere « encyclopedie de l’Islam »?
    Son histoire serait plus interessante pour completer celle d’ou est extrait cet appercu compose’ par une Chretienne Libre, d’a peine 20ans. Elle conclut son sommaire avec avec cette conclusion entre guillemets et debat une heure durant pour expliquer ses sources scientifiques et les liens entre les conclusions des sources scientifiques qu’elle a rassemble’ en une seule page.

    « Les habitants de l’Atlas, également appelés « les Atlantes », sont des traditionalistes contemporains. Leur culture, vieille de 1 600 ans (et dont les racines remontent à 300 000 ans), est un modèle de logique sociale. En considérant Dieu comme une réalité personnelle et évidente, et le village comme un contrat civique et laïque, ils ont préservé la Divinite’ des monopoles corrupteurs des institutions hiérarchiques pendant des millénaires. »

    Tamazgha a l’autre bout de la planete. Resume’ d’une presentation d’une jeune Americaine a un Seminaire organise’ par et pour la jeunesse conservatrice – autour du Christianisme et la Civilisation Occidentale. Vous noterez que l’auteure s’affranchit des tutelles Europeenne et Orientales. Bonne annee aux eveille’s et meme ceux qui cauchemardent encore – Teboune et ses khawartis, en sont qu’un cauchemard, qui finira tot ou tard, d’une maniere ou d’une autre.

    LA SYNTHÈSE NORD-AFRICAINE – UNE ÉVOLUTION DE 300 000 ANS DU DIVIN.

    L’origine biologique (Structure physique et force vitale) de la Divinite’:
    L’« idée de Dieu » n’est pas née d’une construction administrative ni d’un contrat social vertical. Elle a émergé comme une extension biologique de l’esprit humain, cherchant à appréhender les réalités physiques de la vie et de la mort. Les premiers humains utilisaient l’ocre rouge – la couleur du sang – non pas comme un « symbole » religieux, mais comme une tentative logique d’interagir avec la « force vitale ». Il s’agissait d’une activité relevant de la « sphère personnelle » : une prise de conscience intime que le divin est une réalité vécue au sein du corps humain, et non une institution extérieure. Cette conclusion se verifie a travers 300 000 ans d’histoire et evolution que les sciences modernes ont fini par extraire de l’Antropologie de la chaine montagneuse Atlas.

    Les preuves de Jebel Irhoud (315 000 ans de modernité)
    Les fossiles de Jebel Irhoud (Maroc, environ 315 000 ans avant J.-C.) font de l’Afrique du Nord le principal « berceau » de l’identité de l’homme anatomiquement moderne.
    • Évolution physique et culturelle : L’évolution physique étant liée à l’évolution culturelle, la présence d’humains aux traits modernes il y a 315 000 ans prouve que la capacité cognitive permettant la pensée abstraite complexe, le langage et une spiritualité centrée sur la nature a vu le jour dans cette région.
    • Les civilisations perdues : Il est tout à fait logique de supposer que ces « peuples relativement peu nombreux » ont bâti des civilisations sophistiquées et en harmonie avec la nature à travers le « Sahara vert » et le long de la côte atlantique.
    • La catastrophe du déluge : Les inondations post-glaciaires (il y a environ 12 000 à 13 000 ans, identifiées comme le Dryas récent) ont probablement détruit ces civilisations côtières et atlantiques. Le récit centré sur le Levant, selon lequel « l’histoire commence il y a 4 000 ans », est un écran religieux et administratif qui ignore cette priorité nord-africaine plus ancienne qu’on dit aujourd’hui disparue. L’est-elle, ou feignons-nous seulement d’aller la trouver et si besoin la liberer?

    Le modèle amazigh (sphère civique vs. sphère personnelle)
    Les survivants de ces catastrophes – les ancêtres des Amazighs (Imazighen) – ont préservé une « modernité parallèle » dans les refuges des montagnes de l’Atlas. Leur culture se caractérise par une logique sociale unique :
    • La sphère civique : Les affaires communes, le droit (Urf) et la vie du village sont gérés par Tajmaât (assemblée fondée sur le consensus). Ce système est strictement pragmatique et non religieux.
    • La sphère personnelle : La spiritualité est confinée au « temple intérieur » de chaque individu. Cette distinction a permis d’éviter les conflits et a favorisé l’intégration pacifique des migrants juifs et d’autres populations, car le village était organisé selon des principes d’utilité communautaire plutôt que selon un dogme vertical.

    Le schisme de la verticalité
    Le cœur du schisme « chrétien » ne résidait pas dans la théologie, mais dans la logique civilisationnelle.
    • La résistance de Jésus : Son message était un rejet, typique de l’Afrique du Nord, du « monopole du culte » et de la « hiérarchie par le sang » des élites du Temple.
    • Donatisme contre Rome : Le mouvement donatiste du IVe siècle en Afrique du Nord était une résistance amazighe autochtone contre la tentative romaine/gréco-romaine de « verticaliser » le divin. Ils rejetaient l’ingérence de l’État dans la sphère personnelle, protégeant ainsi la tradition millénaire de souveraineté locale.

    Saint Augustin et le sanctuaire intérieur
    Saint Augustin (lui-même originaire d’Afrique du Nord) a formalisé cette logique dans La Cité de Dieu. Il soutenait que le corps humain est la demeure de Dieu et que le libre arbitre est un droit sacré que l’administration romaine se devait de respecter. Il reconnaissait que contraindre les individus à intégrer une institution détruit l’« autonomie » organique qui assure l’ordre social au sein des villages. La rebellion arme’e etait sur le point de demarrer et ses plaidoieries seules ne suffiraient pour les contenir.

    La L’essence de la theologie Occidentale
    Si le « divin » réside exclusivement dans le corps humain et la sphère personnelle, alors :
    • Le Chretien Libre: La Divinite’ est inextricablement liée à la liberté et à la vie de l’individu humain. Toute atteinte a l’être humain est une atteinte divin meme et l’echecque est assure’.
    • L’Incarnation : Dire « Jésus est Dieu » est la déclaration logique selon laquelle l’être humain est le seul véritable temple. Cela élimine l’intermédiaire (prêtre ou État) et place le privilege du sacré directement entre les mains de l’individu.

    Les habitants de l’Atlas, également appelés « les Atlantes », sont des traditionalistes contemporains. Leur culture, vieille de 1 600 ans (et dont les racines remontent à 300 000 ans), est un modèle de logique sociale. En considérant Dieu comme une réalité personnelle et évidente, et le village comme un contrat civique et laïque, ils ont préservé la Divinite’ des monopoles corrupteurs des institutions hiérarchiques pendant des millénaires.

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