4 avril 2025
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Djamel Menad, une légende du football algérien

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Djamel Menad

Le football algérien est en deuil. L’ancien international Djamel Menad est décédé ce samedi 22 mars 2025 à l’âge de 64 ans, après un long combat contre la maladie. Véritable icône du football national, il restera gravé dans les mémoires pour son talent, son engagement et son rôle clé dans le sacre continental de l’Algérie en 1990.

Une carrière riche en exploits

Djamel Menad a débuté sa carrière professionnelle au CR Belouizdad avant de rejoindre la JS Kabylie, où il connaît ses plus belles années. Avec la formation kabyle, il remporte plusieurs titres, notamment la Ligue des champions d’Afrique en 1981 et la Coupe d’Algérie en 1986.

Ses performances remarquables lui permettent d’exporter son talent en France, où il évolue sous les couleurs de Nîmes Olympique, avant de rejoindre le Portugal, où il joue pour Famalicão et Belenenses.

Un acteur clé du football algérien

En sélection nationale, Djamel Menad s’impose comme un attaquant redoutable et un leader naturel. Il dispute 81 matchs avec l’Algérie, inscrivant 25 buts.

Il participe à la Coupe du Monde 1986 au Mexique et joue un rôle crucial lors de la Coupe d’Afrique des Nations 1990, où il termine co-meilleur buteur avec 4 réalisations, permettant aux Fennecs de décrocher leur premier titre continental.

Une reconversion réussie en tant qu’entraîneur et dirigeant

Après avoir raccroché les crampons, Djamel Menad entame une carrière d’entraîneur. Il occupe plusieurs postes dans des clubs algériens de renom, notamment l’USM Alger, le MC Alger et l’USM El Harrach.

En 2023, il fait son retour à la JS Kabylie, cette fois en tant que directeur sportif, poursuivant ainsi son engagement pour le football algérien.

Un hommage unanime

L’annonce de son décès a provoqué une immense émotion dans le monde du football. De nombreuses personnalités sportives, anciens coéquipiers et supporters ont rendu hommage à un joueur et un homme d’exception.

Djamel Menad laisse un héritage inestimable et restera à jamais une figure emblématique du football algérien.

Repose en paix, champion.

Djamal Guettala 

Qualifications au Mondial 2026 : Botswana – Algérie (1-3)

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Algérie Botswana

La sélection nationale de football a récupéré les commandes du groupe G des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 à la faveur de sa victoire glanée face au Botswana (1-3), ce vendredi au stade Obed Itani Chilume de Francistown pour le compte de la 5e journée des qualifications.

Les camardes de Mahrez ont été les premiers à débloquer la situation, juste avant la pause par l’entremise de Gouiri (44’).

Dès le retour des vestiaires, Amoura double la mise à la 52e minute avant de voir les Zèbres revenir dans la partie 20 minutes plus tard après avoir réduit l’écart par Kopelang (72’).

Toutefois, Amoura, encore lui, est parvenu à tempérer les ardeurs des Botswanais en ajoutant un 3e but pour les Fennecs à la 74e minute.

Grâce à cette victoire, ô combien importante, l’Algérie reprend sa place de leader de sa poule avec 12 unités, et grâce à un meilleur goal-average, alors que son adversaire du jour pointe à la 4e place (6 pts).  

La prochaine sortie des Verts dans cette campagne de qualification aura lieu face au Mozambique. Ce match au sommet du groupe G se jouera mardi prochain (22h00) au stade Hocine Aït Ahmed, à Tizi-Ouzou.

Jeudi, le Mozambique a lui aussi réussi sa sortie en prenant le meilleur sur l’Ouganda (5e – 6 pts), 3 buts à 1, dans une partie disputée au Caire (Egypte).

Concernant, la 3e et dernière rencontre du groupe, elle aura lieu ce soir (22h00), entre la Guinée (4e – 6 pts) et la Somalie (6e – 0 pt). Comme pour le Mozambique, le Sily National ne recevra pas chez lui, car le match se jouera à Abidjan (Côte d’Ivoire) au stade Olympique Alassane Ouattara.

Classement du Groupe G :
#EquipesJGNDDifPts
1Algérie5401+612
2Mozambique5401+ 312
3Botswana420206
4Guinée  5203– 16
5Ouganda5203– 26
6Somalie4004– 60

Déclarations à chaud

Vladimir Petkovic (Sélectionneur de l’Algérie) : «Le match s’est déroulé dans conditions difficiles. Même les joueurs du Botswana, qui sont habitués aux conditions climatiques de leur pays semblaient avoir mal à aller au bout des 90 minutes, tellement ils ont souffert physiquement. Le mérite de nos joueurs est donc plus grand d’avoir répondu présent et d’avoir fourni un match plein, qui nous permet de remporter cette importante victoire. Je les remercie et félicite pour leurs efforts, car aujourd’hui, il n’était pas facile d’être sur le terrain. A présent, on doit penser à bien récupérer, pour être à 100% lors du prochain match».

Youcef Belaïli (Meneur de jeu de la sélection algérienne) : «Après la victoire du Mozambique contre l’Ouganda, il était impératif pour nous d’aller gagner au Botswana, pour rester en tête du groupe. Dieu merci, même si les conditions étaient difficiles, nous avons atteint notre objectif avec la manière surtout. Sur le plan personnel, je suis heureux de retrouver l’EN. Je suis à la disposition de l’entraîneur. Peu importe si je suis titulaire, remplaçant ou joker pour seulement cinq minutes, l’essentiel pour moi est d’être utile à l’équipe, et surtout, lui permettre de réaliser ses objectifs. D’ailleurs, nous avons déjà la tête au prochain match à Tizi-Ouzou. J’espère que le public du stade Hocine Aït Ahmed viendra nombreux pour nous soutenir. En retour, nous lui promettons du spectacle et inchallah, une autre victoire à la fin du match».

Radio Algérie Multimédia

Turquie : d’impressionnantes manifestations contre Erdogan

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Manifestants en Turquie

L’arrestation d’Ekrem Imamoğlu a produit une secousse en Turquie. Le Parti républicain du peuple, le CHP, a appelé tous les opposants au pouvoir à descendre dans les rues ce vendredi 21 mars au soir, encore. Il revendique même 300 000 manifestants dans les rues d’Istanbul.

L’arrestation d’Ekrem Imamoğlu est la goutte qui a fait déborder le vase de la répression systématique sous Erdogan. Ces manifestations se poursuivent et s’amplifient, malgré les interdictions de rassemblement décrétées dans les trois plus grandes villes de Turquie, Istanbul, Ankara et Izmir, malgré la fermeture à la circulation des ponts et des grands axes qui mènent à la mairie d’Istanbul, l’épicentre de la contestation, et malgré la très forte présence policière dans les rues. Dans ces trois grandes villes, la police a usé de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre les manifestants, mais aussi de balles en caoutchouc à Ankara et Istanbul. 

Malgré l’interdiction des autorités, les manifestants avaient rendez-vous devant l’hôtel de ville d’Istanbul, affichant sur les pancartes « N’ayez pas peur, le peuple est là » ou « Droit, loi, justice ».

À la tribune, le chef du CHP Ozgur Ozel a mis en garde les forces de l’ordre : « Si vous tentez de toucher au maire d’Istanbul, Istanbul elle-même brisera la main qui s’oppose à sa volonté. J’interpelle une fois de plus le chef de la police d’Istanbul d’ici. Cette foule est arrivée ici sans qu’une seule personne ne saigne du nez. Si vous provoquez les gens avec des gaz lacrymogènes et des véhicules de sécurité maintenant, vous êtes responsable de tout ce qui va se passer ici. »

À Izmir, troisième ville du pays, les forces de l’ordre ont utilisé des canons à eau. Après déjà trois jours de mobilisation, l’opposition compte bien maintenir la pression. Mais au sommet de l’État, Recep Tayyip Erdoğan reste inflexible : « La Turquie ne sera pas livrée à la terreur de la rue », a prévenu le président turc.

Le maire d’Istanbul, lui, est toujours en garde à vue, accusé de « corruption » et de « terrorisme ».

Des étudiants mobilisés 

Dans un discours à Istanbul, Özgür Özel, le dirigeant du CHP, a lancé une mise en garde au président Erdogan, qu’il a qualifié de « dictateur ». Il a promis d’appeler à manifester samedi soir sur l’emblématique place Taksim si « ils nous tapent sur les nerfs ». 

Parmi les personnes bravant l’interdiction de manifester, on compte de nombreux étudiants dont la protestation va bien au-delà du sort réservé au maire d’Istanbul, Ekrem Imamoğlu. « Imamoğlu, c’est le catalyseur. Mais bien au-delà de sa personne, les jeunes sont dans la rue parce qu’on en a ras-le-bol de vivre dans ce pays où le droit n’existe plus », précise Eren, venu manifester avec des amis. 

Ces jeunes, que certains disent « apolitiques », étaient encore enfants à l’époque des manifestations antigouvernementales de Gezi, en 2013. Isil, 22 ans, dénonce un cliché : « Les jeunes ne sont pas apolitiques ! Depuis des années, beaucoup ont peur. Ils sont paralysés, réprimés par le pouvoir… Mais je sens que quelque chose est en train de changer, de se casser, et que ça va continuer. »

Un rare appel à manifester 

Les étudiants sont en première ligne, mais ce qui semble avoir changé la donne, c’est l’appel du CHP, le parti d’Ekrem Imamoğlu, à descendre tous les soirs dans les rues du pays, à ne pas relâcher la pression sur le gouvernement. 

Pour Isil, le mouvement de contestation pourrait se généraliser… à une condition : « Si le CHP continue d’appeler les gens à descendre dans la rue ! C’est la seule façon de convaincre ceux qui critiquent le gouvernement, mais qui le font de chez eux, sans passer à l’action. Il faut leur faire sentir que se mobiliser peut réellement changer quelque chose. »

Le premier parti d’opposition turc, malgré toutes les violations de l’État de droit des dernières années, n’osait plus lancer ce type d’appel, par crainte notamment de donner du grain à moudre au pouvoir, prompt à assimiler toute protestation à une tentative de coup d’État ou au terrorisme.

Le président Recep Tayyip Erdoğan a d’ailleurs rapidement réagi à cet appel à manifester. Il a promis que la Turquie ne serait « pas livrée à la terreur de la rue ». Le parquet d’Istanbul a fait savoir qu’Ekrem Imamoğlu sera déféré devant un tribunal samedi 22 mars dans la soirée. La tension pourrait donc se tendre nettement dans la nuit de samedi à dimanche. 

Avec RFI

Cherif Mellal : 19e jour de grève de la faim

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Cherif Mellal

L’ancien président de la JSK, Cherif Mellal, mène dans le silence général son combat solitaire contre l’arbitraire qui l’assigne à la prison. Il est à son 19e jour de grève de la faim.

En détention depuis le 19 janvier 2023 Chérif Mellal observe une grève de la faim depuis le 3 mars 2025.

Il a été condamné par le pôle pénal économique et financier sis au tribunal de Sidi M’hamed le 23 octobre 2024 à une peine de 4 ans de prison ferme. Ce jugement a été confirmé dans toutes ses dispositions par arrêt rendu par la chambre pénale près la cour d’Alger en date du 25/02/2025, rapporte son avocate Me Sadat, la seule défenseuse des droits humains à porter toujours la voix et le combat de Cherif Mellal en dehors de la prison.

Sous Tebboune, l’Etat de droit compromis

Depuis l’ascension d’Abdelmadjid Tebboune à la présidence en décembre 2019, le pays a été marqué par des violations systématiques des libertés et des droits humains. Alors que Tebboune avait promis des réformes et une approche plus inclusive de la gouvernance, de nombreux observateurs, organisations internationales et défenseurs des droits humains signalent une détérioration persistante des libertés fondamentales et une répression accrue des voix dissidentes. Les rapports critiques sur la gouvernance de Tebboune s’accumulent sans que ce dernier et ceux qui le soutiennent ne se remettent en cause. Bien au contraire. La chappe de plomb devient de plus en plus lourde sur la société civile et les activistes.

Répression des libertés d’expression et de réunion

Sous la gouvernance de Tebboune et Chanegriha, les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et la liberté de réunion, ont été remises en cause. Il n’y a de liberté que dans celle de louer les « irréelles réalisations » d’Abdelmadjid Tebboune. De nombreux journalistes, blogueurs, et activistes ont été persécutés pour avoir exprimé des opinions critiques à l’égard du régime. Plus aucune voix critique ne se fait entendre dans l’espace public, encore moins dans les médias. La censure des médias est systématique, et la presse indépendante est confrontée à de multiples obstacles, allant de l’arrestation de journalistes à l’intimidation des rédactions.

Répression des activistes

Les opposants politiques, les militants des droits humains, et les avocats ayant critiqué le gouvernement ont été la cible de diverses formes de harcèlement. Parmi les cas les plus médiatisés, on trouve celui de Karim Tabbou, responsable d’un parti que le régime refuse de reconnaître. Il a été emprisonné à plusieurs reprises sous des accusations de « tentative de renversement du gouvernement » et d’ « atteinte à l’unité nationale ». Près de 240 Algériennes et Algériens sont embastillés sous de fallacieuses accusations.

En plus des arrestations arbitraires, les militants des droits humains en Algérie ont signalé des tortures et des mauvais traitements infligés par les forces de sécurité. Les conditions de détention sont souvent inhumaines, avec des rapports de mauvais traitements et d’isolement prolongé.

Les ONG s’alarment

Les organisations internationales, telles qu’Amnesty International, Riposte Internationale et Human Rights Watch, ont régulièrement dénoncé les violations des droits humains en Algérie sous la présidence de Tebboune. Des rapports ont documenté les arrestations arbitraires, les intimidations, et les restrictions de la liberté de la presse. Ces organisations ont également exprimé leur inquiétude concernant l’indépendance de la justice en Algérie, accusée de rendre des jugements influencés par le pouvoir politique.

Promesses non tenues

Abdelmadjid Tebboune a promis des réformes pour améliorer la situation des droits humains en Algérie, mais les résultats restent limités. Alors qu’il a introduit certaines réformes économiques et législatives, telles que la révision de la Constitution en 2020, les critiques soulignent que ces réformes ne vont pas suffisamment loin pour garantir des libertés publiques réelles. Le changement reste marginal, et les principales préoccupations de la société civile, comme la fin de la répression des manifestations et la libération des prisonniers politiques, n’ont pas été prises en compte de manière significative.

Sous la présidence de Tebboune, l’Algérie continue de faire face à des violations systématiques des droits humains. Malgré les promesses de réformes, la répression de la dissidence, la censure des médias, les arrestations arbitraires et les mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques persistent. Si la transition vers un régime plus démocratique semble encore éloignée, la pression nationale et internationale pour que le gouvernement respecte les droits fondamentaux des citoyens reste forte, et l’avenir des droits humains en Algérie dépendra en grande partie de la volonté réelle des autorités de changer de cap. Ce qui est peu probable avec la diarchie Tebboune-Chanegriha, deux personnages issus du système dont la seule boussole politique est celle dont ils ont tous les deux profitée durant toute leur carrière.

Rabah Aït Abache

France-Algérie : « L’escalade actuelle pourrait impacter lourdement le commerce bilatéral »

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Drapeaux

Dans un entretien accordé au quotidien La Dépêche (édition du 19 mars 2025), Michel Bisac, président de la Chambre de commerce et d’industrie France-Algérie (CCI France-Algérie), alerte sur les conséquences économiques des tensions croissantes entre Paris et Alger.

Si aucune mesure officielle ne vise encore les entreprises françaises, il craint que cette escalade diplomatique ne pèse lourdement sur le commerce bilatéral, en particulier pour les PME françaises.

Un commerce franco-algérien dynamique mais fragile

L’Algérie est un partenaire commercial de premier plan pour la France. En 2024, les importations algériennes en provenance de l’Hexagone ont atteint près de 4,8 milliards d’euros, en hausse de 6,6 % par rapport à 2023.

Un marché essentiel pour de nombreuses entreprises françaises. « Si nous perdons ce marché, combien de temps faudra-t-il pour retrouver des clients capables de compenser ? », s’interroge Michel Bisac. Aujourd’hui, près de 6 000 entreprises françaises travaillent avec l’Algérie, dont environ 400 implantées sur place.

Les PME sont particulièrement vulnérables face à une éventuelle dégradation des relations commerciales. « Si une commande de 200 000 à 300 000 euros est bloquée en douane, l’impact est immédiat », explique le président de la CCI France-Algérie. Plusieurs chefs d’entreprise ont déjà exprimé leurs inquiétudes face à une incertitude grandissante.

Un impact inégal entre les importations et les exportations.

Si la situation venait à s’aggraver, la France pourrait être contrainte de revoir ses sources d’approvisionnement en hydrocarbures. En 2023, les importations françaises en provenance d’Algérie s’élevaient à 6,3 milliards d’euros, dont 2,7 milliards en pétrole brut et 2,4 milliards en gaz non liquéfié. "Sur ce point, nous avons toujours la possibilité de nous fournir ailleurs", relativise Michel Bisac.

En revanche, les exportations françaises vers l’Algérie sont plus exposées aux tensions diplomatiques. Contrairement aux hydrocarbures, peu affectés par les conflits politiques, d’autres secteurs pourraient être directement touchés. À ce jour, aucun contrat majeur, notamment ceux de Total ou Engie, n’a été remis en cause, mais l’incertitude plane.

Un lien économique et humain indissociable

Pour Michel Bisac, sous-estimer l’importance des échanges entre les deux pays serait une erreur. « Nos politiques imaginent qu’on pourrait facilement se passer de l’Algérie, mais la réalité est bien plus complexe », affirme-t-il. Le chef de la Chambre de commerce insiste sur le fait que les relations franco-algériennes ne se limitent pas au commerce : elles reposent également sur des liens humains et historiques profonds.

En France, une partie importante de la population est d’origine algérienne, ce qui renforce les échanges économiques et culturels. « Dans mon entreprise de 145 salariés, tous ont des parents vivant en France », illustre Michel Bisac. Cette interdépendance est difficile à briser, quelles que soient les décisions politiques prises de part et d’autre de la Méditerranée.

Un climat politique pesant sur l’économie

Les tensions actuelles sont en grande partie alimentées par le débat politique en France, où l’Algérie est régulièrement mise en avant dans les discussions sur l’immigration et la sécurité. « On en arrive à des choses délirantes, où tous les politiques y vont de leur petite phrase », regrette Michel Bisac. Cette focalisation pourrait, à terme, avoir des conséquences économiques bien réelles.

Si la situation diplomatique venait à se détériorer davantage, la France risquerait de perdre un partenaire économique majeur. Pour l’instant, les échanges commerciaux se poursuivent normalement, mais la crainte d’un durcissement plane sur les entreprises. L’avenir des relations franco-algériennes reste donc incertain, avec en toile de fond un risque économique non négligeable.

La rédaction

Atmane Mazouz : Le RCD ne sera jamais un parti de soumission

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Atmane Mazouz

« Dans cette Algérie qui aspire à la liberté et à la justice, il est temps de dire haut et fort que nous ne sommes pas tous les mêmes, a déclaré Atmane Mazouz, président du RCD

Le RCD ne sera jamais un parti de soumission ni de compromission. Nous sommes et nous le demeurerons un rempart contre l’islamisme, l’autoritarisme et toutes les formes d’injustice. Quand d’autres courbaient l’échine ou se vendaient pour quelques privilèges, nous, nous avons résisté.

Alors que certains partis servaient de courroies de transmission du régime, le RCD a incarné la résistance et la dignité nationale. Et nous avons payé le prix fort.

Nous sommes le parti des 123 martyrs de la décennie noire.
Nous sommes le parti des militants arrêtés en 1980 et 1981 pour la cause amazighe.

Nous sommes le parti qui a défendu les jeunes assassinés en 2001.

Nous sommes le parti dont les militants ont marché en première ligne en 2019 et nombreux à finir injustement emprisonnés.

Nous sommes le parti qui a osé dire non à la stigmatisation de la Kabylie et ceux qui avons refusé le procès Nuremberg-Larbaa Nat Iraten. Et tant mieux que la révision de ce procès de la honte soit annoncée.

Le RCD, parti des luttes réelles et des sacrifices assumés a défendu la République face aux visées théocratiques. Quand les forces obscurantistes tentaient d’imposer un projet de société rétrograde, le RCD a été l’un des rares à se dresser avec courage contre l’islamisme politique. Nous avons combattu la montée du terrorisme et dénoncé, sans détour, ceux qui laissaient prospérer les idéologies de la haine par calcul ou par lâcheté.

Nous avons payé notre engagement au prix du sang. Nous avons dit, et nous continuons de dire, que l’Algérie ne sera libre que si elle reste une République laïque, où la religion est une affaire de conscience, non un instrument de domination politique. Nous avons lutté pour l’identité et la pluralité culturelle. Quand l’unicité culturelle était imposée comme un dogme d’État, le RCD a été le fer de lance du combat pour la reconnaissance de l’amazighité.

Nous avons affronté répressions, arrestations et violences, mais nous n’avons jamais cédé. Si aujourd’hui la langue amazighe est constitutionnalisée, ce n’est pas grâce aux faveurs du régime, mais parce que des générations de militants se sont levées, souvent au péril de leur liberté.

Nous sommes de ceux qui ont refusé l’autoritarisme et les simulacres démocratiques. Quand d’autres se bousculaient pour participer à des élections truquées, légitimant ainsi un système verrouillé, le RCD a dénoncé sans relâche la mascarade.

Nous avons refusé d’être complices des impostures électorales et nous avons combattu :

  • L’état de siège sur les libertés publiques,
  • Une presse muselée,
  • Une justice aux ordres,
  • L’instrumentalisation des institutions pour perpétuer la dictature des clans.
    Nous avons toujours dit non aux combines et aux compromissions.
  • Parce que nous voulons construire une Algérie moderne et souveraine, le RCD sera toujours à l’avant-garde des réformes que l’Algérie attend toujours :
  • Un État décentralisé, où les régions gèrent leurs affaires avec autonomie.
  • Une économie libérée des prédateurs, débarrassée de la corruption d’État.
  • Une école qui forme des citoyens libres, et non des sujets dociles.
  • Nous continuerons à porter une vision claire pour bâtir une Algérie forte, diverse et ambitieuse.
    Nous serons là à faire face aux partis de la soumission et à demeurer un parti de l’audace et de l’honneur.
  • Nous ne sommes pas ces formations politiques qui changent de discours au gré des vents du pouvoir.
    Nous ne sommes pas ces apparatchiks qui troquent leurs principes contre des strapontins .
    Nous ne sommes pas ces faux opposants qui jouent un rôle assigné par le régime pour mieux duper le peuple.

Nous sommes le RCD.
Un parti né dans la lutte et forgé dans l’épreuve.
Un parti qui n’a jamais tremblé face aux menaces, qui n’a jamais marchandé sa ligne politique.
Nous sommes le RCD.
La voix de ceux qui refusent de plier.
La voix de la jeunesse qui rêve d’une Algérie libre.
La voix des régions marginalisées qui revendiquent leur droit à l’existence.
La voix des démocrates convaincus que l’histoire tranche toujours en faveur de la justice.
Alors oui, nous ne sommes pas tous les mêmes.
Et nous en sommes fiers.
Parce que refuser la compromission, c’est un honneur.
Parce que rester fidèle aux martyrs de la démocratie, c’est un devoir.

Vive la République ! Vive la démocratie ! Vive l’Algérie libre !

Extrait du discours de Atmane Mazouz,
Président du RCD
Ain-El-Hammam, le 20 mars 2025

Tamazgha : l’Histoire en commun

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Mausolée de Madrasen
La population, elle, est peu présente dans cette histoire. Il est question surtout quand les exactions du pouvoir deviennent à tel point insupportables qu'elles suscitent lès révoltes des tribus ou les troubles dans les villes.Les généalogies occupent de ce fait une grande place dans l'histoire d'Ibn Khaldoun. 
                                                                                   Krzysztof Pomian             

Les récentes palabres concernant l’histoire de l’Afrique du Nord entachées par un exécrable nationalisme des Etats maghrébins au point que le chauvinisme s’instaure comme diligence d’une civilisation aux piètres performances comparativement aux autres civilisations universelles.

La construction historique qui repose sur les historiographies gréco-latines et arabo-musulmane relève d’une exubérance frôlant le parjure d’une identité amazighe lamentablement ignorée par les habitants de l’Afrique du nord et du Sahara. Certes, les mouvements culturels berbères au travers des différents Etats du Maghreb, tentent tant bien que mal à faire émerger une culture amazighe profondément enfouie dans les entrailles de leur Etre.

Loin s’en faut de remédier à la damnatio-memoriae qui frappe cette culture au gré des dominations étrangères, les débats inachevés entre les nationalistes maghrébins sont le cache misère d’une historiographie tronquée par la mainmise noologique comme facteur déterminant de l’acculturation généralisée des élites maghrébines. Bien que nous ignorons les causes de l’incapacité de cette élite à porter un projet culturel de portée universelle, nous sommes hélas réduits à des querelles de légitimité sur la souveraineté des territoires et des frontières, des monuments et autres héritages culturels teintés d’un syncrétisme dominant.

Au dernières nouvelles et suite à la polémique sur les frontières des Etats post-coloniaux; des polémiques sur l’appartenance de la Koutoubia, site marocain de Marrakech dont le donneur d’ordre a été Abdoulmoumen de la tribu des Koumia du pays des Trara (Algérie), le compagnon de route du mahdi Ibn Toumert de la tribu des Hargha (Maroc) et fondateur de l’Etat almohade.

A voir de plus près, comme tous les Etats nationaux du Maghrébins n’existaient pas sous la forme actuelle, on ne peut que promouvoir l’élément fédérateur de la dynastie almohade. On constate que le creuset tribal comme d’ailleurs pour toutes les Etats-dynasties et les tribus-Etats influentes, est l’élément fédérateur des forces tribales affiliées dans un projet politique du contrôle du pouvoir coercitif de l’Etat central.

A peu près, tous les pouvoirs de l’Etat au Maghreb ont été consacrés par la convergence des intérêts tribaux ou plus exactement des avantages de puissantes chefferies. Ainsi, l’arbitrage de la succession d’Ibn Toumert n’a pu se faire que grâce à l’arbitrage des deux composantes tribales dont sont originaires les deux protagonistes du mahdisme.

On retrouve cette prise du pouvoir et sa cristallisation à toutes les époques de l’histoire des dynasties et des tribus amazighes et du corolaire venu d’ailleurs. Nous ne pourrions aborder ce sujet l’objet délictueux de l’ailleurs comme fondement de la légitimité politique des groupes sociaux mais toujours est-il qu’il faut bien admettre que le simulacre de l’origine accentue le dilemme identitaire.

Dans tous les cas, dire l’origine surtout lorsqu’il s’agit de la généalogie prophétique est une manière de prendre le pouvoir sur ceux qui en sont excluent par nature du fait messianique incarné par Ibn Rostom, Idriss 1er, Ubayd Allah al Mahdi, tous figures de l’ailleurs qui ont été sans exception promus respectivement par les tribus berbères autochtones, les chefs tribaux berbères de Tahert, les Awrab originaires des Aurès et installés au Maroc après la défaite de Koceila, et les Ketamas, dans la formation des Etats-dynasties rostomide, idrisside et fatimide.

Bien que la Koutoubia soit la consécration du pouvoir almohade sous l’instigation de Abdelmoumem, nous retrouvons, le croisé des auspices bienfaisantes dans l’exemple de la mosquée Mansourah de Tlemcen construite par le mérinide Abu Yaqub Yusuf al-Nasr lorsqu’il prit le contrôle de la capitale des Zianides. Malheureusement à la fin du blocus de la ville par les Mérinides, elle fut détruite et il ne reste de la mosquée que le minaret.

Le cas des rivalités entre les Mérinides et les Zianides dont on dit qu’ils sont respectivement originaires du Zab et des Aurès(Algérie) montre bien l’imbroglio de l’histoire des dynasties maghrébines. L’exemple de la dynastie hafcide de Tunis est la marque d’une réorganisation tribale initiée à l’ombre des Almohades par Abou Hafs Omar de la tribu des Hentata du Haut Atlas marocain. On ne saurait s’étendre plus sur les caractères communs d’une population maghrébine tiraillée par les tenants du national-chauvinisme.

Du reste, les larges échos du nationalisme chauvin orchestré par les médias officiels, contribuent à envenimer les relations bilatérales et entretiennent une exécrable animosité d’entre les peuples. De telle sorte que l’idéologie nationaliste mise au service des puissants oblitère le plus souvent les vrais bâtisseurs à la faveur des gouvernants. Ainsi dans le domaine du monumental, le nom des bâtisseurs reste toujours inconnu par le public et effacé de l’histoire au seul profit des souverains.

Dès lors, le paradoxe du maitre et de l’esclave dans le domaine de l’art architectural est toujours problématique dans le domaine de l’appropriation des œuvres collectives au point que les rois et les grands chefs militaires et autant des présidents s’adjugent le droit de nommer un monument au détriment de la sueur des milliers d’ouvriers qui ont contribué à son élévation. Pour peu que cela concerne le Maghreb, l’entrecroisement des tribus, des régions contribue fortement à l’élévation d’une civilisation nord-africaine creuset d’un fonds amazigh répertoire d’une variété culturelle dans tous les domaines de la vie.

Pour ainsi, dire, le costume, la décoration (le zelij), l’architecture, le langage, l’art culinaire, etc., sont l’expression de ce fonds commun qui remonte au Néolithique au cours duquel s’installent les premiers sédentaires au contact permanent avec les pasteurs nomades.

L’agro-pastoralisme en est l’expression socio-économique prédominante à cette époque de l’histoire des populations amazighes. Si au néolithique, l’Etat comme organisation centralisée reste absent dans la forme et le contenu, il indubitablement avéré que le couscous sous ces diverses variantes qui est largement partagé d’Est en Ouest et du Nord au Sud de la Tamazgha, reste une plat caractéristique des premiers Amazighs et qui depuis la domestication du gland de chêne (Belout) et de tant d’autres fruits sauvages, bien avant le blé et l’orge par les premiers agriculteurs et pasteurs nord-africains, traduit de fait la spécificité amazighe; celle de la durée historique ou tout du moins du partage entre les particularismes régionaux ou locaux de l’art culinaire.

Pour revenir à l’histoire qui par bien des aspects, les tribus et les Etats de l’Afrique du nord ont toujours été confrontés à cet impossible empire dont il ne se sont pas fait comme le remarque avec justesse André Adam lorsqu’il écrit: « Pendant des siècles sinon des millénaires, ils n’ont admis que le pouvoir tribal et lorsqu’ils oint créé des empires, ce n’était que par une monstrueuse dilation du tissu tribal; qui d’épuisait vite dans cet usage pour lequel, il n’était pas fait. »

Ni Massinissa, ni Juba II, ni Abdelmoumen et tant d’autres chefs politiques n’ont réussi à unifier consentement les différents populations de l’Afrique du Nord et du Sahara. Au point du non retour, hélas! les Etats nationaux subissent les contre-coups des enjeux géopolitiques.

Au demeurant, la mobilisation par ces mêmes Etats d’une cohorte d’historiens professionnels et amateurs à quoi s’ajoutent des lecteurs des cartes d’une géographie historique aux limites floues et d’une frontière incertaine, nous plonge dans un désolant spectacle. A bien des égards, le mieux c’est de faire une lecture d’Ibn Khaldoun (l’histoire des dynasties musulmanes du Maghreb) sans prendre en compte la généalogie des origines.

Du reste, le discours des origines est une pure manipulation de la filiation dynastique et chefferale qui a servi respectivement plus les Etats-dynasties et seigneuries ou principautés au détriment d’un foisonnement historico-tribal dont la compréhension passe par un méga projet componentiel pour saisir les inputs et les outputs selon la schéma proposé par Jacques Berque (Logiques d’assemblage au Maghreb, Diagramme d’une organisation tribale, L’intérieur du Maghreb, Editions Gallimard, 1978) à partir de la théorie des graphes. De ce point de vue, tous les condominiums, Etats-dynasties et Tribus-états n’échappent à la loi du cycle biologique de l’Etat.

Au fait de l’histoire, seules échappent à la mort, les tribus proprement dites parce qu’elles incarnent le lieu par excellence de la définition de soi et tout du moins le terroir désigné par les expressions Tamurt ou Lbald. De telle sorte que le factuel de l’histoire nous dicte les impératifs d’une historicité certaine des groupes sociaux qui sont généralement les oubliés de la com-mémora-tion des Etats.

Fatah Hamitouche

N. B.

Nous pensons que le schéma du foisonnement des tribus berbères et de leur corolaire venu d’ailleurs est une constante variabilité qui traverse toute l’histoire de l’Afrique du Nord et du Sahara. On peut faire valoir que les prémisses de ce phénomène commence avec l’histoire d’Elissa de Tyr et de son accueil par le chef des Maxitani, tribu qui a cédé une partie de son territoire aux Tyriens.

D’ailleurs Esma Harrouch (Elitta et Iarba’al, Elissa et Iarbas, L’Hymen de la rue et de la force, Editions L’Harmattan, 2006) en tire une histoire qui laisse préfigurer une organisation étatique animée par cette même tribu. D’autant que les nationalisme maghrébins n’échappent pas à cette règle lorsqu’on relève que des animateurs des mouvements indépendantistes maghrébins sont originaires des différentes régions du Maghreb. Le cas le plus connu est celui d du premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella dont les parents sont natifs de Marrakech. Donc, On peut y ajouter à l’infini, le décloisonnement des figures historiques du Maghreb.

Tunisie : Kaïs Saïed limoge Premier ministre Kamel Madouri

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Kais Saied
Kais Saied, le prototype d'un dictateur arrivé au pouvoir par le vote.

Le président tunisien, Kaïs Saïed, a limogé son Premier ministre, Kamel Madouri, dans la nuit de jeudi à vendredi, moins de huit mois après l’avoir nommé, et a désigné la ministre de l’Équipement, Sarra Zaafrani Zenzri, pour le remplacer. 

Le président tunisien Kaïs Saïed a décidé de limoger dans la nuit de jeudi à vendredi le Premier ministre Kamel Madouri, un technocrate qui avait été nommé en août dernier lors d’un vaste remaniement, selon un communiqué de la présidence.

Il a été immédiatement remplacé par Sarra Zaafrani Zenzri, ministre de l’Équipement. Sarra Zaafrani, ingénieure en génie civil de formation et haute fonctionnaire, prend ses fonctions au moment où le pays traverse de graves difficultés économiques et financières, et est en outre critiqué par l’ONU pour l’emprisonnement d’opposants.

Pas d’explication officielle

Aucune explication officielle n’a été fournie au départ de Kamel Madouri. Il s’agit du quatrième limogeage, sans autre forme de procès, d’un chef du gouvernement en Tunisie depuis le coup de force de Kaïs Saïed à l’été 2021. Comme elle a coutume de le faire, la présidence a annoncé le limogeage de Kamel Madouri très tôt vendredi, dans un communiqué laconique sur Facebook.

Sans un mot pour son désormais ex-Premier ministre, Kaïs Saïed a insisté auprès de Sarra Zaafrani sur la nécessité de mieux coordonner « le travail gouvernemental » et de chercher à dépasser « les obstacles pour réaliser les attentes du peuple tunisien »..

Le président avait laissé transparaître son mécontentement ces dernières semaines, exhortant ses ministres à passer aux actes.

Avec Rfi/AFP

Donald Trump démantèle le département de l’Éducation: «On fait sauter un garde-fou»

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Donald Trump
Trump part en guerre économique.

Le président américain a signé, jeudi 20 mars 2025, un décret prévoyant à terme la fermeture du département fédéral de l’Éducation. S’il joue un rôle limité dans le système éducatif aux États-Unis, sa disparition ne serait pas sans conséquences sur la scolarité des jeunes Américains. Explications.

Après avoir annoncé il y a dix jours sa volonté de licencier près de la moitié de son personnel, le président Donald Trump a signé ce jeudi 20 mars un décret visant au démantèlement du département de l’Éducation.

Cette annonce n’est pas une surprise puisqu’il s’agit d’une promesse de campagne qui figurait dans le programme Project 2025, dont le candidat s’est largement inspiré. Pour le fermer totalement, il faudra l’approbation du Congrès et une majorité de 60 votes au Sénat, où les républicains ne disposent que de 53 sièges.

Mais en attendant, il s’agit « d’une sorte de liquidation pour le rendre inopérant », commente Laurie Béreau, maîtresse de conférence en anglais à l’université Rennes 2 et spécialiste des politiques éducatives aux États-Unis.

Si cette décision s’inscrit dans le cadre de l’offensive générale contre l’État fédéral aux États-Unis pour réduire les dépenses publiques, c’est aussi une nouvelle attaque conservatrice contre les idées progressistes. « Les contribuables n’auront plus à payer des dizaines de milliards de dollars pour des expérimentations sociales progressistes et des programmes obsolètes », s’est d’ailleurs réjouie la Maison Blanche en amont de la signature.

L’enjeu, c’est que « l’État fédéral mette moins son nez dans les politiques éducatives pour laisser les mains complètement libres aux États fédérés », analyse la spécialiste.

Le gardien de l’égalité des chances dans l’éducation

Largement décentralisé, le système éducatif relève déjà essentiellement de la compétence des États. Le gouvernement fédéral n’intervient que pour 10% environ dans le financement total des établissements scolaires. L’organisation des écoles, l’âge légal de scolarisation des enfants ou encore le contenu des programmes scolaires sont déjà l’apanage des États.

Mais le département de l’Éducation garde un rôle non négligeable. L’État fédéral supervise les politiques éducatives et alloue certains fonds. C’est notamment lui qui gère les programmes de prêts universitaires, les bourses Pell pour les étudiants les plus précaires ou encore le financement des aides pour les étudiants en situation de handicap. Il est aussi chargé de veiller à l’égalité des chances dans l’éducation.

« L’État fédéral est le garant de l’application par les États fédérés des directives de lutte contre les discriminations économiques, sociales et raciales, précise Laurie Béreau. Malgré une participation limitée au financement total, il est là pour s’assurer que le service distribué ne soit pas discriminant.

Le risque avec son démantèlement, c’est donc la perte d’une espèce de contre-pouvoir qui veillait à ce que, dans leurs prises de décisions, les États fédérés respectent les principes de la Constitution américaine. »

Elle centralise aussi la collecte des données sur le système éducatif. « La liquidation de ce ministère veut dire qu’on va perdre l’accès à ces données qui permettent de s’assurer que les politiques menées par les États fédérés n’entrent pas en contradiction avec les libertés, avec les droits qui sont contenus dans la Constitution américaine », estime la spécialiste.

Selon les médias américains, certaines fonctions de l’agence seraient réaffectées, comme les bourses aux étudiants et des fonds aux écoles à faibles revenus à travers le pays. Mais pour Laurie Béreau, « c’est un garde-fou qui saute institutionnellement ». Dans certains États conservateurs, comme la Floride ou le Texas, des contenus pédagogiques relatifs à l’esclavage ont été modifiés et des livres ayant trait à l’homosexualité ou au racisme ont pu être retirés des bibliothèques scolaires. « On va perdre le peu d’unité qu’assurait l’État fédéral au niveau des 50 États. » Avec le risque de voir s’accroître encore les disparités de financement entre les écoles publiques. 

Une longue croisade

Les tentatives républicaines de faire abolir le département de l’Éducation, créé en 1979 sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, ne datent pas d’hier. Mais elles ont pris de l’ampleur ces dernières années sous l’impulsion du « Parental rights movement », le mouvement pour les droits parentaux, en réaction aux politiques progressistes qui préconisaient par exemple des programmes d’inclusion destinés aux élèves LGBT+.

Il s’est aussi opposé aux fermetures d’écoles et aux restrictions sanitaires imposées lors de la pandémie de Covid-19, considérées par certains comme une atteinte aux droits des parents sur l’éducation de leurs enfants.

Lors de son premier mandat, Donald Trump avait déjà tenté de faire supprimer ce ministère, mais cette mesure n’avait pas été adoptée par le Congrès à l’époque.

C’est aussi un nouveau front judiciaire qui s’ouvre pour l’administration Trump. Cette décision est d’ores et déjà contestée par les procureurs généraux d’États américains dirigés par des démocrates, qui ont déposé un recours la semaine dernière.

RFI

Une loi criminalisant le colonialisme en Algérie en préparation ?

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Parlement
L'APN symbole d'un système sclérosé et clientéliste.

Les autorités algériennes auraient-elles enfin donné leur aval pour l’élaboration d’une loi criminalisant la colonisation française en Algérie ? Ce dossier arrive au moment dune crise profonde entre Alger et Paris.

À en croire le site arabophone Sabq Press, qui rapporte l’information, l’initiative, longtemps débattue au sein de la chambre basse du Parlement, serait sur le point de prendre forme.

Une commission aurait en effet été mise en place pour élaborer le texte législatif en question.

Selon les informations relayées par le site arabophone, le palais Zighoud Youcef, siège de l’Assemblée populaire nationale (APN), connaîtrait une mobilisation inhabituelle des différents blocs parlementaires, désormais engagés dans la préparation de cette loi.

Contrairement aux tentatives précédentes qui n’avaient pas abouti, celle-ci bénéficierait d’un feu vert implicite des hautes autorités du pays, signe d’un changement dans l’approche officielle.

Les six blocs parlementaires représentés à l’APN travailleraient en coordination afin d’assurer que la proposition législative reste neutre et ne soit marquée par aucun parti pris politique.

Un comité conjoint, composé d’un représentant de chaque groupe parlementaire et assisté par des experts juridiques, devrait être officiellement constitué dimanche prochain pour finaliser le projet de loi avant sa soumission à la Commission juridique de l’Assemblée.

D’après les mêmes sources, le texte serait examiné dans les semaines à venir par la commission parlementaire compétente, avant d’être soumis au vote de la Chambre des députés. Son adoption semblerait désormais probable, compte tenu du contexte actuel marqué par la détérioration ans précédent des relations diplomatiques entre la France et l’Algérie. 

Il convient de rappeler que l’APN avait déjà tenté en 2006 de faire adopter un projet similaire, en réaction à une loi française de 2005 glorifiant la colonisation. Toutefois, ce projet n’avait jamais abouti.

Aujourd’hui, alors que les discours justifiant ou minimisant la colonisation se multiplient au sein de l’extrême droite française, cette initiative parlementaire pourrait connaître une issue différente.

Sabq Press rappelle notamment les déclarations récentes de Marine Le Pen, qui aurait affirmé que « le colonialisme français en Algérie n’a pas été une tragédie », soutenant que la France aurait fourni à l’Algérie les ressources nécessaires à son développement.

La rédaction

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