14.9 C
Alger
Accueil Blog Page 17

CAN 2025 : après la défaite des Verts, tensions sur le terrain à Marrakech

L’Algérie a quitté la Coupe d’Afrique des nations 2025 dans un quart de finale marqué par la défaite logique et la tension. Battus 2‑0 par le Nigeria au Grand Stade de Marrakech, les Fennecs ont vu la frustration s’installer immédiatement après le coup de sifflet final, transformant la fin de match en une scène de chaos sur la pelouse et autour du corps arbitral.

La rencontre avait basculé en seconde période. Victor Osimhen a ouvert le score peu après l’heure de jeu, suivi par Akor Adams, qui a scellé la victoire nigériane. L’Algérie, qui avait résisté et tenté de créer le danger sur contre-attaques, n’a jamais trouvé la solution pour inverser la tendance. Mais au-delà du score, ce sont les réactions après le match qui ont retenu l’attention.

À peine le match terminé, Lucas Zidane, gardien de l’Algérie, s’est retrouvé au centre des tensions. Frustré par l’issue du match et certaines décisions arbitrales, il a été impliqué dans un échange musclé avec des joueurs nigérians sur le rond central. Ses coéquipiers et les membres du staff ont dû intervenir rapidement pour séparer les protagonistes et éviter que la situation ne dégénère davantage. La main non sifflée dans la surface nigériane en première mi-temps, qui aurait pu valoir un penalty, a été au cœur des protestations, et Luca Zidane s’est montré particulièrement actif pour exprimer son désaccord.

Le corps arbitral, dirigé par le Sénégalais Issa Sy, a été escorté hors du terrain par les forces de sécurité. La pression était intense, les officiels recevant des protestations directes de plusieurs joueurs algériens, tandis que d’autres restaient autour pour suivre les débats avec insistance. Dans les tribunes, l’atmosphère était également électrique : des supporters ont exprimé leur mécontentement par des cris et des gestes, certains tentant de se rapprocher du terrain avant d’être contenus par le personnel de sécurité.

Malgré ces tensions, aucun incident grave ni blessure n’a été signalé. Le calme est progressivement revenu après l’intervention des équipes et du service d’ordre, tandis que les joueurs regagnaient les vestiaires sous haute vigilance. Pour les Nigérians, la qualification ouvre la voie vers les demi-finales, tandis que pour l’Algérie, ce quart de finale se termine dans l’amertume, à la fois par le résultat sportif et par la fin de match tendue, avec Lucas Zidane au cœur d’une scène symbolique de frustration et de colère. Une chose est sûre : la victoire du Nigeria n’est pas volée. Cette équipe a montré des qualités techniques bien supérieures à celles des joueurs algériens, qui ont beaucoup subi durant les 90 minutes.

Djamal Guettala 

Défaite des Verts face au Nigeria : les réactions de joueurs

1

La sélection nationale de football a quitté samedi la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) suite à sa défaite en quart de finale concédée face au Nigeria. Voici les déclarations des joueurs recueillis à l’issue de la rencontre.

Riyad Mahrez : «C’est ma dernière CAN. C’est triste que l’aventure s’arrête en quarts de finale. J’aurais aimé aller plus loin et tenter d’en gagner une deuxième. On sait combien il est difficile de remporter une Coupe d’Afrique. Cette nouvelle génération dispute sa première CAN, elle est obligée de passer par ce genre de moments. L’arbitre de la rencontre n’est pas exempt de reproches. Ce n’est pas une excuse, mais tout le monde l’a vu. La barre était haute ce soir. Nous avons traversé des moments difficiles avant de la remporter. Le football est ainsi fait. Nous sortons la tête haute. Nous sommes tristes pour nos supporters et nos familles. J’espère que cette nouvelle génération réalisera une bonne CAN 2027. Nous sommes fiers d’être Algériens».

Aïssa Mandi : «Nous sommes déçus, abattus. Nous avons affronté une grande équipe du Nigeria, arrivée à maturité, une formation complète. Nous n’avons pas livré le match que nous aurions dû faire. Nous n’avons pas réussi à mettre le Nigeria en danger ni à le contenir. Sa qualification est méritée. Il y a eu un penalty non sifflé en notre faveur alors que le score était de 0-0, cela aurait pu changer la physionomie de la rencontre. Malgré cela, il fallait garder la tête froide, rester calme, quoi qu’il arrive. Le Nigeria n’avait pas besoin d’aide de l’arbitre, c’est une équipe coriace. Il y a plus de points positifs que négatifs : le groupe est soudé et solidaire. Les échecs font grandir. Une nouvelle génération arrive, les nouveaux vont apprendre».

Baghdad Bounedjah : «Je tiens à présenter mes excuses à nos supporters qui nous ont soutenus tout au long de ce tournoi. Nous sommes tombés sur une équipe coriace, meilleure que nous, notamment sur le plan physique, et qui a remporté les duels et les balles aériennes. En deuxième période, nous avons abordé le match avec l’intention de corriger nos lacunes, mais cela n’a pas été suffisant. Ils méritent pleinement leur qualification. J’aurais aimé entrer un peu plus tôt, d’autant que nous n’avons pas évolué en première période avec un attaquant de pointe, mais je respecte le choix du sélectionneur. L’arbitrage a été catastrophique et nous a privés d’un penalty évident».

APS

Ghita El Khyari : « Pour moi la littérature et la réalité politique ne sont pas deux mondes séparés »

0

Ghita El Khyari est diplomate et ancienne fonctionnaire de l’ONU pendant près de vingt ans. Elle a choisi de raconter le monde à travers la littérature. Ses romans, ancrés dans des contextes internationaux et des environnements fermés, explorent les dilemmes humains au cœur des grandes décisions politiques. De la négociation de paix en Syrie au Forum économique mondial de Davos, elle mêle expérience personnelle et imagination pour offrir au lecteur une plongée dans des univers souvent perçus comme abstraits. Dans cet entretien, elle revient sur son parcours, ses inspirations et la manière dont sa carrière a façonné sa fiction.

Le Matin d’Algérie : Votre parcours de diplomate et de fonctionnaire à l’ONU a duré près de vingt ans. Comment cette expérience influence-t-elle votre écriture ?

Ghita El Khyari : Je puise mes récits directement de cette expérience et de mon vécu. De mon ressenti, évidemment, mais aussi des gens que j’ai croisés, au gré de mes rencontres et de mes voyages. J’ai vécu dans plusieurs pays, en ai visité beaucoup d’autres, au fil des années, et je me suis souvent interrogée sur le moteur des gens que j’ai pu y rencontrer – ce qui les poussait à rejoindre ces carrières un peu atypiques. Je me suis aussi, souvent, interrogée sur mes propres ressorts et motivations. J’ai toujours été fascinée par l’intersection entre l’intime et le géopolitique, car je suis convaincue qu’on sous-estime souvent le rôle des individus dans les décisions qui façonnent le monde.

La tradition des écrivains diplomates est bien connue et établie, mais leur nombre reste finalement assez limité. J’ai eu envie d’apporter ma pierre (aussi petite soit-elle) à la compréhension que le public peut avoir de ces environnements fermés.

Le Matin d’Algérie : Votre premier roman suit une négociatrice en chef lors de pourparlers de paix en Syrie. Qu’est-ce qui vous a inspirée pour créer ce personnage ?

Ghita El Khyari : Le personnage d’Alya Nasser est purement fictionnel, mais il s’inspire de nombreuses personnes que j’ai pu rencontrer au cours de ma carrière. J’ai voulu la mettre à la tête d’un processus de paix complexe, qui révèle en lui-même de nombreuses contradictions d’un ordre international en plein bouleversements. Il était aussi important pour moi de faire surgir la guerre en Ukraine dans mon roman, comme un tournant significatif à la fois pour ma protagoniste et pour le monde.

Le Matin d’Algérie : Les dilemmes personnels et professionnels sont au cœur de vos récits. Comment parvenez-vous à équilibrer ces deux dimensions ?

Ghita El Khyari : C’est exactement ce que j’ai voulu mettre à nu. L’imbrication étroite entre le personnel et le professionnel. Le fait que les individus sont faits de chair et de sang, de désirs, de contradictions, d’addictions, parfois, de mesquineries. Que la petite histoire et la grande sont plus étroitement mêlés qu’on a tendance à le croire. Je pense que le jeu des égos auquel on assiste depuis quelques années, et qui semble prendre une place croissante dans le concert des Nations, confirme encore plus ce phénomène. Mais ce que j’ai voulu montrer, c’est que cela ne se limite pas aux Chefs d’État. Chacun et chacune, à son niveau, est mû par des considérations et des pulsions qui leur sont propres et ne sont pas directement liées à leurs fonctions.

Le Matin d’Algérie : Votre second roman, en cours, plonge dans le monde des fondations humanitaires et du Forum de Davos. Pourquoi ce choix de contexte ?

Ghita El Khyari : Mon deuxième roman se déroule en effet encore en Suisse, mais cette fois à Davos, lors du Forum économique mondial. Je me suis moi-même rendue à Davos il y a peu de temps pour ce forum, et je dois dire que j’ai été sidérée par ce que j’y ai vu – et pourtant j’ai quelques années d’expérience derrière moi ! J’ai voulu décrire un milieu fermé, presque oppressant, dans une atmosphère hostile en raison du froid et de la neige, mais aussi très feutrée, dans un entre-soi étouffant. J’ai eu envie d’y planter un huis clos, qui se rapproche presque du thriller, tout en dépeignant un microcosme très particulier.

Le Matin d’Algérie : Vous avez vécu dans de nombreux pays : Maroc, France, Autriche, Suisse, Royaume-Uni, États-Unis. Ces expériences nourrissent-elles vos personnages ou simplement le décor ?

Ghita El Khyari : C’est une excellente question. Je pense que mon expérience nourrit aussi mes personnages, mais de manière plus nuancée que l’on pourrait le penser de prime abord. Ce qui frappe, lorsqu’on évolue dans les milieux des organisations internationales, c’est à quel point les gens se ressemblent malgré leurs différences. C’est un univers très confortable en ce qu’on est peu confronté à l’altérité. C’est contre-intuitif mais c’est la réalité – la très grande diversité ethnique ou de nationalités masque une très grande homogénéité sociale et idéologique. Par exemple, dans mon roman La Négociatrice, Alexeï Stroganov, le négociateur en chef russe, a fait les mêmes études et fréquenté les mêmes milieux que la protagoniste principale, Alya Nasser, qui elle-même a fréquenté la même université américaine que sa collègue sud-africaine. Je ne sais pas si cette réalité durera et si les bouleversements du monde finiront par avoir raison de cette homogénéité. C’est une possibilité.

Le Matin d’Algérie : La diplomatie et les organisations internationales sont souvent perçues comme lointaines ou abstraites. Comment vos romans rendent-ils ces univers accessibles aux lecteurs ?

Ghita El Khyari : À travers ceux et celles qui les incarnent, justement. Je ne suis pas là pour donner un cours de droit international sur les différents organes de l’ONU et la paix et la sécurité mondiales. Je tente d’embarquer le lecteur à travers des histoires individuelles, des trajectoires de vie, des rencontres. Je crois que chacun peut s’identifier, malgré tout, aux personnages de mon roman.

Le Matin d’Algérie : Quelle place accordez-vous à la dimension géopolitique dans vos romans ? Est-ce un fond ou un moteur de l’intrigue ?

Ghita El Khyari : C’est un moteur central de l’intrigue. Le monde est en plein bouleversements, et les événements récents ne font que confirmer le caractère exponentiel de la vitesse des changements que nous sommes en train de vivre. Mes romans documentent, aussi, ces évolutions géopolitiques, le renversement des alliances entre les pays, l’affaiblissement du droit international et aussi l’effondrement des systèmes de valeurs.

Le Matin d’Algérie : Comment décririez-vous votre style d’écriture : réaliste, introspectif, journalistique, ou un mélange de tout cela ?

Ghita El Khyari : Mon style est un mélange de tout ça. J’écris des romans courts, qui se veulent réalistes, même si je tente de laisser de la place aux personnages, à leurs attentes, leurs aspirations et bien sûr leurs émotions. Je crois que j’ai peur d’ennuyer le lecteur avec des éléments trop techniques, alors j’essaie de rendre mes récits fluides !

Le Matin d’Algérie : La question du rôle des femmes dans des environnements dominés par des hommes apparaît dans vos récits. Était-ce un enjeu pour vous de l’aborder ?

Ghita El Khyari : C’est une thématique centrale pour moi. D’abord du fait de mon histoire personnelle – je viens d’une famille de militants des droits des femmes, au Maroc.

Ma mère, en particulier, pour qui c’est le combat d’une vie, mais mon père également, qui était un militant politique de gauche au Maroc. Cet engagement s’est retrouvé dans ma trajectoire professionnelle – j’ai beaucoup travaillé sur les questions d’égalité femmes-hommes à l’ONU – et reflète évidemment des convictions profondes.

Ce que j’ai voulu décrire dans La Négociatrice – et on retrouvera des thématiques similaires dans mon deuxième roman – ce sont les injonctions contradictoires qui sont imposées aux femmes en situation de leadership, et comment elles parviennent, ou non d’ailleurs, à concilier ces rôles avec d’autres identités. La maternité, les relations amoureuses, la solitude, les relations familiales, la santé mentale, les violences sexuelles et sexistes : tous ces sujets sont aussi abordés dans mon roman.

Le Matin d’Algérie : En tant qu’autrice et ancienne diplomate, quelle est votre vision de l’intersection entre littérature et réalité politique ?

Ghita El Khyari : Pour moi la littérature et la réalité politique ne sont pas deux mondes séparés. J’écris de la fiction parce qu’elle offre un espace de vérité différent. Elle ne cherche pas à convaincre, à justifier, ou à mettre dans des cases. Elle permet de montrer d’autres choses, que les communiqués taisent – la fatigue morale, la solitude du pouvoir, la violence des institutions.

Le Matin d’Algérie : Quels sont les défis majeurs que vous rencontrez lorsque vous transposez des expériences réelles en fiction ?

Ghita El Khyari : Je crois que le défi majeur est de conserver le réalisme tout en tentant de rendre l’histoire captivante pour le lecteur. Pour ce premier roman, inspiré de faits géopolitiques réels, j’ai vraiment voulu ancrer une histoire de fiction au sein du processus de paix sur la Syrie tel qu’il a réellement eu lieu, mais j’ai pris des libertés pour ce qui est du dénouement de l’histoire. Je pense que pour les prochains romans, je me détacherai un peu plus des faits réels, même si les événements politiques de ces derniers mois sont de nature à nourrir de la fiction pour des générations !

Le Matin d’Algérie : Enfin, quels projets littéraires ou thèmes aimeriez-vous explorer à l’avenir ?

Ghita El Khyari : Pour l’instant, je suis concentrée sur le lancement de mon deuxième roman en février. J’envisage également une suite à La Négociatrice – affaire à suivre !

Entretien Réalisé par Djamal Guettala 

https://www.ghitaelkhyari.com

Iran : le chat retombe toujours sur ses pattes !

Cela faisait deux semaines que le grand mouvement protestataire dans les rues avait  commencé à Téhéran et dans les autres villes d’Iran. Ce jour-là, j’ai prêté l’oreille plus attentivement aux slogans oraux. Stupéfaction, je n’arrivais pas à le croire, j’ai reconnu un mot absolument insolite dans un moment pareil.

Entre la fin de l’année 1978 et janvier 1979, période qui allait se terminer par la fuite du Shah d’Iran (la révolution avait commencé en janvier 1978), tous les samedis de grands rassemblements étaient organisés devant la porte de la Cité Universitaire Internationale à Paris.

Et tous les samedis, nous entendions une phrase en slogan qui commençait par «Marg bar…». Nous saurons très rapidement qu’il s’agissait de « à mort… ». Á mort le Shah, à mort la dictature, et ainsi de suite. Et même, vive Khomeiny disaient certains autres ! 

Il faut se souvenir qu’à cette époque l’Ayatollah était un opposant farouche au Shah d’Iran et représentait un espoir pour beaucoup (malgré tout minoritaires), une alternative pour chasser le régime despotique. L’histoire est toujours cruelle dans ses erreurs. Fallait-il chasser un despote pour en consacrer un autre ?

Au bout de quelques instants ? Après ma certitude d’avoir reconnu le mot, arrive la suite de ma de stupéfaction quelques minutes après. Mais oui, c’est bien ça, ils scandaient “à bas la dictature” suivi de « vive le retour de Pahlavi ».

Quoi, ils demandent le retour du nom de famille du Shah !!! C’est en fait de son fils dont il s’agissait, résident aux États-Unis depuis la fuite de la famille Pahlavi. Je suppose que ce vœu n’est pas majoritaire mais tout de même, le seul fait qu’il sorte de la bouche de milliers de jeunes iraniens, c’est stupéfiant.

Avec la réserve qu’elle ne dura qu’un instant d’illusion, la révolution iranienne avait été un moment de libération d’un régime autoritaire et même sanguinaire. Les plus jeunes ne peuvent s’imaginer la terreur  dont il en était la cause. Des milliers d’opposants incarcérés, des centaines de condamnés à mort et pendus et une population surveillée et brimée à chaque instant par la sinistre Savak, le service intérieur de sécurité.

Le Shah d’Iran était la véritable marionnette des Etats-Unis auxquels il offrait une façade cultivée de son pays tout à fait artificielle, européanisée, polyglotte et qui représentait à l’époque un bouclier aux menaces du communisme qui était la plupart du temps revendiqué par beaucoup d’opposants.

Je m’étais dit que la maxime était juste, le chat retombe toujours sur ses pattes. Le reverrons-nous de retour au pouvoir ? Va-t-il nous regarder avec l’arrogance du chat qui reprend sa place car pour lui c’est vous qui êtes chez le chat et non pas l’inverse dit une autre citation.

L’adolescent avait 18 ans lorsqu’il accompagna ses parents dans une fuite de déshonneur, c’est lui qui reviendrait reprendre le siège de la dynastie des Pahlavi ? Il a toujours répéter qu’il ne reviendrait plus pour assumer le pouvoir. C’est déjà une immense prétention de penser qu’il puisse y avoir une demande de retour disions-nous. Mais il ne faut jamais insulter l’avenir, c’est cela qui se passe, la demande est réelle par de nombreux iraniens. S’ils sont très minoritaires, c’est déjà incroyable que cet appel puisse exister.

Sa maman était reconnue par sa beauté légendaire, la très célèbre Farah Diba. Une diva célébrée dans le monde entier qui nourrissait envers elle une admiration folle. Pourtant, sa rivière de diamants qu’elle portait au coup était un torrent de sang et de souffrance que l’impératrice avait assumé en se mariant par l’attrait du pouvoir et de la fortune.

Il est vrai que dans l’histoire il y a toujours des revirements avec le temps. Les plus jeunes n’ont pas connu les temps douloureux des despotes de leur pays dont ils ne connaissent que la légende à travers les mouvements nationalistes de l’extrême droite. Quant aux plus anciens, ils sont dans une nostalgie de leur jeunesse perdue. La nostalgie de l’ordre et la croyance d’un retour aux valeurs morales (celles qui sont fantasmées) dans des temps de crise qui suscitent toujours le désir du retour du pouvoir par la force.

Les mouvements fascistes s’étaient éteints aux lendemains des soulèvements et des guerres qui les ont chassés. Ils réapparaissent dans des groupuscules militants avant de finir par représenter des mouvements politiques aux portes du pouvoir.

L’extrême droite espagnole réclame le retour du franquisme, celle d’Italie, celui du fascisme de Mussolini et celle d’Allemagne, celui du nazisme d’Hitler. Si le Rassemblement National en France n’ose plus afficher son désir du retour de la mémoire de Pétain pour se donner une image de respectabilité que nécessite l’accès au pouvoir, il suffit de prêter l’oreille car Pétain et Laval  sont cachés derrière chaque mot et chaque militant.

Á la fin de la rédaction de ma chronique je me suis rappelé que j’aurais également pu prendre la citation selon laquelle les chats ont 7 vies. Une croyance de l’Egypte ancienne qui attribue aux chats le pouvoir de ressusciter et qui reviennent pour créer des dieux de la mythologie égyptienne.

Le Shah veut redevenir Pharaon une nouvelle fois. Le souci est que nous n’avons qu’une vie et qu’ elle est courte.

Boumediene Sid Lakhdar

Salah Sid, bénévole de Taftilt ilemziyen : « Yennayer est un des grands catalyseurs de notre culture millénaire»

0

Poète rêveur et révolté, Salah Sid cache derrière ses mots un univers de vers et de rêves. Autodidacte, passionné de tout ce qui a trait à la littérature, il croit non seulement au dialogue et au génie populaire, mais aussi à la force de la parole et au pouvoir des mots. D’ailleurs, cet « enfant populaire de Tazmalt » n’en démord pas : « La poésie a de beaux jours devant elle ». Et c’est à ce titre qu’il publie un recueil de poèmes « Latakhat El Matar » (Éclaboussures de pluie), où il a déversé son cœur et son âme.

Dans cet entretien, il nous livre ses impressions, étant bénévole de l’association «Taftilt ilemziyen », sur les journées poétiques de Tazmalt que cette dernière compte organiser entre le 10 et 12 janvier prochain, à la maison des jeunes de Tazmalt, à l’occasion de Yennayer 2976.

Le Matin d’Algérie : La ville de Tazmalt s’apprête sous les auspices de l’APC et de l’association « Taftilt ilemziyen » à fêter Yennayer 2976, du 10 au 12 janvier prochain, à la maison des jeunes « Assam Tayeb et son fils Hmimi », et il semble que cette année porte une grande nouveauté, pouvez-vous en dire davantage ?

Salah Sid : Je vous remercie tout d’abord de cette tribune que vous m’avez offerte pour m’exprimer. En vérité, face à cette question si importante je ne sais quoi dire au juste : s’agit-il de fêter Yennayer ou bien fêter la poésie ? Peu importe, les deux festivités sont d’une égale « symbolique ». Elles ne sont, dirais-je même, qu’une manière de revendiquer notre existence, de nous exprimer et surtout de résister à l’effacement identitaire et à la disparition. La poésie n’est-elle pas, après tout, un appel à la renaissance : renaître à soi, sortir tel un papillon de sa chrysalide pour voler de ses ailes, faire renaître le monde et l’illuminer. Autrement dit, sans poésie, plus rien de nouveau sauf les dates et les années qui se suivent ! Et c’est en effet notre objectif par cette initiative : rappeler au monde que la poésie est bel et bien là et que la fête de Yennayer est un des meilleurs moyens pour la véhiculer.

Le Matin d’Algérie : Justement au sujet des « journées poétiques de Tazmalt », ou je préfère personnellement le mot « poésiades », comment cette idée vous-elle frôlé l’esprit?

Salah Sid : L’idée des « Journées poétiques de Tazmalt » est venue suite à une sorte de « culpabilité existentielle » si j’ose le mot ici. On a senti, dans notre association, comme un devoir de nous ressourcer, de nous abreuver et de nous « réenraciner » dans notre culture millénaire. C’est une soif insatiable d’amour et de liberté, par ces temps durs, cette « traversée du désert », le terme n’étant pas exagéré, que vit la culture dans notre pays ! Du coup, on s’est dit : « tant que les poètes et la poésie existent, pourquoi pas alors leurs journées ?» L’idée a donc germé depuis longtemps dans nos esprits pour voir le jour en ce « Yennayer », et c’est tant mieux ! Yennayer est, en quelque sorte, un des grands catalyseurs de notre culture millénaire et il nous appartient, chacun à sa manière et selon ses capacités, de faire en sorte que cet élan mobilisateur se poursuive…

Le Matin d’Algérie : Pouvez-vous nous parler des procédures de ce concours poétique en trois langues tamazight, arabe et français ainsi que des modalités de participation pour le public intéressé ?

Salah Sid : En effet, notre concours de poésie est ouvert à toutes les catégories d’âges : jeunes, moins jeunes et adultes et aux deux sexes. De prime abord, il faut avoir l’âge requis (à partir de 15 ans et plus). Et puis, les textes poétiques en lice doivent être originaux et il va falloir que la participation doive se faire dans une seule langue sur les trois choisies, à savoir tamazight, arabe et français. Par ailleurs, nous exigeons pour les mineurs une autorisation parentale en bonne et due forme, et le jour « J », une déclamation obligatoire de poèmes sur scène étant demandée. Nous comptons par ces exigences-là permettre un juste équilibre entre les trois langues et une réelle promotion linguistique et culturelle dans la diversité et le respect du vivre-ensemble.

Le Matin d’Algérie : Il est rare que des manifestations poétiques de ce genre soient organisées dans le cadre associatif. C’est en soi une très bonne réussite. Quel y sera, en effet, la place du livre, comme vecteur d’épanouissement culturel ?

Salah Sid : La place du livre dans notre festivité est très importante et fortement symbolique. Nous y consacrons d’ailleurs un grand espace d’exposition et de dédicaces pour nos auteurs invités, non seulement pour la promotion, mais aussi et cela l’objectif en vérité, pour rappeler à nos concitoyens que lire est un acte civilisationnel et un acte de résistance. Notre culture a besoin d’un nouveau souffle et d’une réelle dynamique promotionnelle sur plusieurs niveaux. Nos enfants et nos jeunes doivent, à mon sens, prendre le pli de toucher au livre, de le voir et de vivre avec. Cela crée une synergie relationnelle, un rapport fusionnel au livre. Par ces temps de disette culturelle, cela « boostera » sans doute le regard positif de la société vers tout ce qui est « immatériel ». Il faut sortir de cette « torpeur » sociétale pour aller vers l’éveil des consciences et la poésie, comme art majeur, n’est là, à mon humble avis, que pour raffermir cette intention, la nôtre, au travers de cette prometteuse initiative.

Le Matin d’Algérie : Pour le mot de la fin, compterez-vous, malgré toutes les difficultés logistiques et administratives que vous affrontez, organiser des manifestations culturelles de ce type dans l’avenir ?

Salah Sid : Absolument, c’est de bonne guerre ! Nous allons continuer à nous battre sur le terrain, à militer dans tous les sens, à nous mobiliser pour le bien dans notre patrimoine commun. En ce sens, nous comptons organiser des manifestations culturelles de ce type malgré (comme vous le dites) toutes nos difficultés logistiques. A cet effet, nous relancerons toutes les activités culturelles et artistiques qui faisaient autrefois les lumières de notre chère ville. Il est d’autant plus primordial de promouvoir l’art et la littérature, d’aller avec de la créativité et de l’expression vers des horizons nouveaux, à la fois prometteurs et plus lumineux. Aussi serait-il vital d’aider notre société à s’émanciper et à aller de l’avant, dans le sens de son progrès et de son salut. Nous sommes déterminés à redorer le blason de notre culture au niveau local : dans les quartiers, les écoles et dans tous les lieux où la société est appelée à construire son espace vital.

La culture n’est-elle pas, avant et après tout, la nourriture de l’esprit ? Autant comme le manger pour le corps, elle (la culture) est un baume pour l’âme et un adjuvant nécessaire pour son épanouissement. C’est pourquoi, nous espérons qu’avec cette manifestation poétique, notre ville en tirera le plus gros profit, que ce soit en ce qui a trait au partage culturel avec le public, l’effet promotionnel, en particulier, pour Tamazight, l’attrait vers le livre comme vecteur civilisationnel, le vivre-ensemble linguistique et surtout la diversité. Je pense finalement que cela ne se réalisera qu’avec le soutien des médias dans votre honorable journal fait partie.

Propos recueillis par Kamal Guerroua

CAN 2025 : l’Égypte renverse la Côte d’Ivoire et s’invite en demi-finale

0

Dans un quart de finale attendu avec impatience, les Pharaons ont créé la sensation en battant les champions en titre, la Côte d’Ivoire, sur le score de 3-2. Un match palpitant, où chaque minute comptait et où les retournements de situation ont tenu le public en haleine jusqu’au dernier souffle.

Omar Marmoush a mis les siens sur orbite dès la 4e minute, profitant d’une percée rapide pour ouvrir le score et donner le ton. La Côte d’Ivoire semblait surprise par l’agressivité et la précision de l’Égypte dans les phases décisives. À la 32e minute, Rami Rabia a doublé la mise sur un corner parfaitement exécuté, offrant aux Pharaons un avantage rassurant. Mais le football a ses imprévus : à la 40e minute, un contre son camp d’A. Fotouh a relancé les Éléphants, ravivant l’espoir des Ivoiriens et donnant un nouveau suspense au match.

En seconde période, Mohamed Salah, toujours aussi décisif, a inscrit le troisième but égyptien à la 52e minute, un but qui semblait sceller le sort du match. Les Ivoiriens, loin de renoncer, ont réduit l’écart grâce à Guela Doue à la 73e minute, mais ils n’ont pas réussi à inverser le cours des événements. L’Égypte s’impose donc 3-2 et se qualifie pour affronter le Sénégal en demi-finales, un choc très attendu.

Cette victoire va bien au-delà d’un simple résultat sportif. Elle démontre la capacité de l’Égypte à gérer la pression, à exploiter ses temps forts et à frapper au moment exact. Les Pharaons ont su allier efficacité, cohésion et sang-froid face à un adversaire expérimenté et toujours dangereux. Pour la Côte d’Ivoire, l’élimination est cruelle : champions sortants, ils quittent la compétition sur un match où chaque action a compté.

Agadir a été le théâtre d’un spectacle où l’intensité, la technique et la tension se sont mêlées. Le public, suspendu à chaque ballon, a vu un duel où le talent individuel et le collectif se sont affrontés à armes égales. Maintenant, tous les regards se tournent vers la demi-finale Égypte-Sénégal, qui promet déjà d’être un autre moment fort de cette CAN 2025. Les Pharaons y arrivent confiants, portés par l’énergie et la détermination qui les ont menés aujourd’hui à renverser les champions en titre.

Djamal Guettala 

Grève des transporteurs : un révélateur de la fragilité des relais de médiation institutionnelle 

L’agitation fébrile de l’exécutif face à la grève des transporteurs routiers en Algérie met à nu une défaillance structurelle : l’inexistence de relais de médiation crédibles. En ayant neutralisé les syndicats autonomes et les corps intermédiaires, le pouvoir a supprimé les « fusibles » nécessaires à la stabilité sociale. Ce face-à-face direct entre le sommet et la base transforme désormais chaque conflit sectoriel en une menace pour l’ordre public, forçant les autorités à alterner entre mesures d’apaisement d’urgence et durcissement sécuritaire pour compenser l’absence de dialogue institutionnel.

Dans la foulée de la grève des professionnels du transport routier, les autorités algériennes ont enclenché une séquence politique et médiatique inhabituelle par son intensité. Déclarations officielles, interventions en chaîne de responsables gouvernementaux et signaux adressés à différents corps sociaux se sont succédé dans un laps de temps réduit, traduisant une volonté manifeste de circonscrire une contestation perçue comme potentiellement extensible.

Au-delà de son caractère sectoriel, la grève a été traitée par le pouvoir comme un symptôme plus large : celui d’une fragilité sociale persistante, susceptible de se transformer en dynamique transversale. L’enjeu n’était pas tant la revendication elle-même que le risque de jonction entre différents foyers de mécontentement, dans un contexte marqué par l’érosion du pouvoir d’achat, les tensions sur les prix et un climat de défiance durable. Dans cette lecture sécuritaire de la conflictualité sociale, tout mouvement revendicatif, qu’il soit de nature sociale ou politique, tend à être assimilé à une tentative de déstabilisation du pays et à une menace directe contre l’ordre public.

C’est dans ce cadre qu’intervient l’annonce de l’importation d’un million de moutons en prévision de l’Aïd El-Adha. Présentée officiellement comme une mesure destinée à réguler les prix et à soulager les ménages, cette décision, qui était déjà dans l’air depuis la fin de l’été dernier, dépasse toutefois le strict registre économique. Elle s’inscrit dans une grammaire politique bien rodée, où la réponse sociale ponctuelle sert aussi de mécanisme de désamorçage symbolique.

Sans être explicitement formulée comme telle, la mesure agit comme un levier politique implicite. Elle vise à produire un effet d’apaisement immédiat, en ciblant un moment à forte charge sociale, culturelle et émotionnelle. Le message sous-jacent est clair : l’État demeure capable d’intervenir, de pourvoir et de prévenir une frustration collective susceptible de se transformer en colère ouverte.

Parallèlement à ce registre de l’apaisement matériel, une autre logique est à l’œuvre. Dans le discours officiel et médiatique, la « main de l’étranger » est régulièrement invoquée pour neutraliser, discréditer et délégitimer la contestation, en amont même de son émergence. Une stratégie de containment est ainsi déployée à travers les médias, visant à encadrer, disqualifier et délégitimer toute expression revendicative perçue comme déviante ou potentiellement subversive.

Cette stratégie s’étend également à l’espace numérique. Les réseaux sociaux font l’objet d’une surveillance accrue, présentée comme nécessaire à la préservation de l’ordre public. Dans ce sillage, l’organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication a fait état du recensement d’une trentaine de publications qualifiées de subversives, émanant de comptes sur les réseaux sociaux attribués à des personnes résidant notamment en France, au Maroc, au Canada et en Grande-Bretagne.

Cette combinaison de gestes d’apaisement économique et de durcissement discursif révèle un paradoxe. Malgré un arsenal répressif conséquent, un contrôle étendu de l’espace médiatique et une architecture institutionnelle verrouillée, le pouvoir a réagi comme s’il se sentait menacé dans ses fondements. Cette vulnérabilité est accentuée par la neutralisation systématique des syndicats autonomes et des espaces de représentation authentiques. En l’absence de ces médiateurs crédibles, l’exécutif se prive de « fusibles » sociaux : le choc devient direct entre la base et le sommet, transformant la moindre revendication en un face-à-face périlleux. La rapidité de la réponse, l’accumulation des signaux d’apaisement et le recours à des solutions conjoncturelles témoignent ainsi moins d’une position de force que d’une inquiétude latente face à l’imprévisibilité du corps social. 

L’épisode met ainsi en lumière une fragilité structurelle : celle d’un système qui, faute de canaux de médiation durables et crédibles, joue sur  la disqualification systématique de la contestation. 

À court terme, cette approche peut produire l’effet escompté et contenir la contestation. Mais elle laisse entière la question de fond : celle d’un modèle de gouvernance qui, pour préserver la stabilité, privilégie le soupçon et l’apaisement ponctuel au traitement structurel des causes profondes du malaise social.

La rédaction

Projet de loi organique sur les partis politiques : quand les chiffres deviennent un instrument de contrôle du champ partisan

5

Adopté en Conseil des ministres fin décembre 2025 et en attente d’examen parlementaire, le projet de loi organique sur les partis politiques introduit des seuils chiffrés inédits en matière d’implantation territoriale et d’adhésion. Présentées comme des instruments de rationalisation du pluralisme, ces exigences redessinent en profondeur les conditions de création, d’existence et de survie des formations politiques en Algérie.

 Si le texte intégral n’a pas encore été rendu public, les éléments officiellement communiqués et les informations concordantes de la presse nationale permettent d’en dégager les principales orientations — et surtout les seuils chiffrés qui en constituent l’ossature.

Au-delà d’une simple actualisation de la loi organique de 2012, le projet traduit une inflexion nette : il vise moins à élargir le pluralisme qu’à restructurer et rationaliser l’offre partisane, dans un contexte marqué par la persistance d’une lecture sécuritaire de l’activité politique.

Une implantation territoriale élevée au rang de condition centrale

Parmi les dispositions les plus structurantes figure le durcissement des critères d’implantation territoriale. Désormais, tout parti politique devrait justifier d’une présence effective dans au moins la moitié des wilayas du pays, soit 34 wilayas sur 69. Cette exigence s’appliquerait aussi bien à la création qu’au maintien légal du parti.

La notion de « présence effective » est, elle aussi, redéfinie. Il ne s’agirait plus d’une simple déclaration administrative, mais de l’existence de structures locales formalisées, d’une activité politique régulière et de la production de rapports d’activité périodiques. L’implantation territoriale devient ainsi un critère substantiel, susceptible d’être contrôlé et contesté.

Ce seuil de 34 wilayas constitue un changement d’échelle par rapport à la loi actuellement en vigueur, qui se contentait d’une implantation dans environ un quart des wilayas. Il introduit un verrou structurel pour les formations régionales, les partis émergents ou les organisations à vocation idéologique ou thématique.

Des seuils d’adhérents fortement rehaussés

Le projet procède également à une revalorisation drastique des seuils d’adhésion, en instaurant une double condition, nationale et territoriale. Selon les informations disponibles, un parti devrait désormais justifier d’au moins 25 000 adhérents au niveau national.

À cette exigence s’ajouterait un seuil territorial contraignant : un minimum de 1 000 adhérents dans chacune des wilayas où le parti est implanté, soit, en pratique, dans les 34 wilayas exigées. Autrement dit, un parti pourrait être numériquement important à l’échelle nationale, mais se trouver en situation d’irrégularité s’il ne respecte pas la répartition territoriale imposée.

Les adhésions devraient être nominatives, vérifiables et administrativement contrôlées, renforçant le rôle du ministère de l’Intérieur dans le suivi de la conformité des partis, avec possibilité de saisine de la justice en cas de manquement.

Discipline interne et stabilisation du champ politique

Dans le même esprit, le projet consacre l’interdiction du nomadisme politique en cours de mandat, notamment pour les élus. Présentée comme un moyen de stabiliser les institutions représentatives et de mettre fin aux recompositions opportunistes, cette disposition renforce la centralité de l’appareil partisan et limite l’autonomie individuelle des élus.

La limitation à deux mandats successifs pour les présidents de partis s’inscrit, quant à elle, dans une logique de démocratisation interne affichée. Elle rompt avec une tradition de longévité des dirigeants partisans, tout en imposant une norme uniforme à des formations aux réalités organisationnelles très différentes.

Un élargissement des motifs de dissolution

Comparé à la loi organique de 2012, le projet élargit sensiblement les motifs de dissolution judiciaire. L’inaction électorale prolongée, l’absence de participation effective aux consultations nationales ou locales, ou encore le non-respect des seuils d’implantation et d’adhésion pourraient désormais suffire à engager une procédure de dissolution.

Cette évolution consacre une conception essentiellement fonctionnelle et électorale du parti politique, perçu moins comme un espace autonome de débat et de médiation sociale que comme un acteur devant produire des résultats mesurables et continus.

Continuité juridique, inflexion politique

Sur le plan formel, le projet s’inscrit dans la continuité du cadre constitutionnel et juridique existant. Mais sur le plan politique, il opère un resserrement quantifié et assumé de l’espace partisan, dans un contexte où toute mobilisation revendicative est fréquemment assimilée à un facteur potentiel de déstabilisation.

En filigrane, le texte traduit une préoccupation centrale du pouvoir : prévenir toute recomposition politique incontrôlée, en amont des échéances électorales à venir. L’examen du projet en commission, puis en séance plénière à l’APN, constituera à cet égard un test révélateur, tant sur la marge d’amendement laissée aux députés que sur la capacité du débat parlementaire à infléchir un texte déjà largement balisé.

Samia Naït Iqbal

CAN 2025 : logique victoire du Nigeria sur une Algérie sans âme

13

À Marrakech, l’Algérie a vu son aventure dans la Coupe d’Afrique des nations 2025 s’interrompre brutalement. Battus par le Nigeria en quart de finale, les Fennecs quittent le tournoi avec des regrets et beaucoup de questions. Le match a révélé une équipe solide mais manquant de tranchant face à un adversaire efficace et discipliné.

L’équipe du Nigeria était indéniablement un cran au-dessus de celle de l’Algérie ce samedi soir. Avec son football collectif et des individualités incisives, les Super Eagles ont montré qu’ils pourraient aller loin.

La première période avait laissé entrevoir un duel équilibré. Les Verts ont cherché à contrôler les espaces et à contenir les transitions rapides des Super Eagles. Le Nigeria, attentif et patient, attendait la moindre faille pour frapper. Les occasions franches se faisaient rares, et le score est resté nul jusqu’à la pause.

Le tournant est survenu dès le retour des vestiaires. , l’Algérie a concédé deux buts en dix minutes : Victor Osimhen a ouvert le score à la 47e minute, suivi par Akor Adams à la 57e. Ces deux coups ont mis fin aux espoirs algériens, exposant les limites tactiques et la difficulté à réagir face à la puissance et à la discipline nigériane.

Obligée de courir après le ballon, l’Algérie n’a jamais réussi à se créer d’occasions franches. Possession stérile, frappes approximatives, centres mal ajustés : la différence s’est faite sur l’efficacité et la lucidité du Nigeria. Les Fennecs, pourtant courageux, ont manqué de fluidité et d’inspiration dans le dernier geste. Pétrie d’individualités, cette équipe manque terriblement de cohésion.

Cette élimination souligne l’urgence d’une réflexion sur l’avenir. Entre cadres expérimentés et jeunes talents en devenir, l’équipe nationale doit trouver une identité claire et une cohérence tactique pour rester compétitive sur la scène africaine. La CAN est cruelle : elle ne retient que ceux qui savent imposer leur jeu et tirer profit des moments décisifs.

Dans les tribunes comme sur les réseaux, la frustration des supporters est palpable. On espérait une équipe capable de marquer les esprits et de rivaliser avec les meilleurs. Le Nigeria, lui, poursuit sa route vers les demi-finales, laissant l’Algérie avec ses ambitions inachevées et la nécessité de se reconstruire.

Pour les Fennecs, cette défaite n’est pas qu’un score : elle est un signal. Reconstruire, clarifier les choix, donner une cohérence au collectif, voilà le chemin pour que l’Algérie retrouve sa place dans le football africain. Mais c’est tout un programme difficile à faire aboutir dans les conditions actuelles du football national. Pour autant, le Mondial est une première étape, il va vite arriver et les choix de l’entraîneur seront cruciaux.

Djamal Guettala 

CAN 2025: Nigeria-Algérie, opposition de stars, opposition de styles

3

Le Nigeria de Victor Osimhen, meilleure attaque du tournoi, affronte l’Algérie de Riyad Mahrez, la meilleure défense, dans une opposition de styles en quarts de finale de la CAN 2025, samedi à Marrakech.

Parmi les formations les plus impressionnantes du tournoi, les Super Eagles et les Fennecs sont en outre les seules à s’être imposées lors de leurs trois matches de groupe.

Et de 4 qui font douze : en huitièmes de finale, face au modeste Mozambique (4-0), Osimhen, l’attaquant masqué, et ses lieutenants Ademola Lookman -pas loin d’être le meilleur joueur du tournoi- et Akor Adams ont en outre porté à 12 le nombre de réalisations depuis le début de la Coupe d’Afrique.

Une attaque de feu, impressionnante, qui masque jusqu’à présent les problèmes que les Super Eagles rencontrent en coulisses. Bouderie d’Osimhen pestant contre Lookman pour une passe oubliée et un éventuel triplé, primes promises qui tardent à arriver et menace de grève des joueurs… Les hommes du Malien Eric Chelle ont l’art de se compliquer la tâche.

Mais l’attaquant de Galatasaray dont la rumeur a couru qu’il allait quitter le Maroc pour regagner la Turquie est toujours là et ses coéquipiers, qui avaient menacé de ne pas se rendre à Marrakech pour disputer leur quart, sont arrivés également.

« On est bien préparé », a affirmé Chelle, qui a entrainé en Algérie, préférant ne pas évoquer ce qui se passe en coulisses.

En face, pourtant, « on a concédé qu’un seul but donc je ne dirais pas qu’on a peur du Nigeria, on est l’une des meilleures défenses du tournoi », a souligné Ibrahim Maza, 20 ans et nouvelle pépite du football algérien.

Préparés à souffrir

Avec un but encaissé lors de leur troisième match de poule, les Fennecs partagent avec l’hôte marocain la meilleure défense du tournoi. Mais le but concédé par l’Algérie face à la Guinée Équatoriale est intervenue à 3-0, alors que l’équipe maghrébine avait été fortement remaniée.

Et c’est peut-être la plus grande réussite du Bosnien Vladimir Petković depuis son arrivée à la tête des Fennecs: être parvenu à former un groupe homogène, presque interchangeable.

Durant les trois premiers matches de groupe, il a beaucoup fait tourner, en défense notamment, sans que le rendement de l’équipe n’en pâtisse vraiment.

En huitièmes, c’est son coaching en fin de rencontre qui a permis aux Fennecs de s’imposer in extremis grâce à un but splendide d’Adil Boulbina sur une passe de Ramiz Zerrouki, deux entrants.

« Je suis convaincu que mes joueurs savent comment souffrir et sont capables de le faire », a expliqué Petkovic, en dévoilant, selon lui, une clé de la rencontre à venir.

D’autant qu’au-delà de faire le dos rond pour contenir les flèches nigérianes, les Algériens ont aussi quelques arguments offensifs : Maza impressionne tous les observateurs par la justesse de son jeu. Mahrez, qui a annoncé que cette CAN serait probablement sa dernière, a inscrit trois buts malgré ses 34 ans.

Et si les Super Eagles disposent d’une attaque sans commune mesure, ils sont beaucoup moins sereins en défense. Depuis le début du tournoi, ils ont déjà encaissé quatre buts. Soit la moins bonne défense de tous les quarts de finalistes.

RFI