4 avril 2025
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Cherif Mellal en grève de la faim depuis 15 jours

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Cherif Mellal
Cherif Mellal paie cher son courage.

Cherif Mellal est en détention depuis le 19 janvier 2023. Il observe une grève de la faim depuis le 3 mars 2025.

Une condamnation à une peine de quatre ans de prison ferme a été infligée à Cherif Mellal par jugement rendu par le pôle pénal économique et financier sis au tribunal de Sidi M’hamed en date du 23 octobre 2024, jugement confirmé dans toutes ses dispositions par arrêt rendu par la chambre pénale près la cour d’Alger en date du 25 février 2025, rapporte son avocate et militante des droits humains, Me Fetta Sadat.

Plusieurs personnalités publiques et hommes politiques ont appelé à sa libération ainsi que celle des autres détenus d’opinion. En vain, le régime campe sur ses positions et nie l’existence d’Algériens et d’Algériennes embastillés pour leur opinion.

Près de 240 prisonniers d’opinion croupissent dans les prisons algériennes. Le nombre d’Algériens placés sous interdiction de quitter le territoire national est inconnu, mais selon plusieurs avocats, ils se comptent par dizaines. Et cela concerne toutes les couches professionnelles : hommes politiques, journalistes, avocats, activistes, anciens hauts fonctionnaires de l’Etat…

Depuis plusieurs années, l’Algérie est régulièrement accusée de violations des droits humains et de répression des libertés individuelles. Jamais en effet ces 30 dernières années l’Algérie n’a autant été pointée du doigt par les ONG de défense des droits humains.

Bien que le pays ait ratifié plusieurs conventions internationales garantissant les droits fondamentaux de ses citoyens, la situation interne soulève de vives préoccupations tant au niveau national qu’international.

En effet, la diarchie Tebboune-Chanegriha a choisi l’autoritarisme et donc la remise en cause de nombreux articles de la Constitution qui assure le respect des libertés, toutes les libertés.

L’un des aspects les plus préoccupants est la répression systématiques des voix dissidentes et le piétinement des lois qui garantissent justement la parole libre et la pratique démocratique.

Depuis le printemps 2020, les forces de l’ordre ont multiplié les arrestations, les détentions arbitraires et les violences policières à l’encontre des manifestants pacifiques.

Des leaders du mouvement de dissidencepopulaire, ainsi que des journalistes et des militants, ont été emprisonnés sous des accusations souvent floues, comme « atteinte à l’unité nationale » ou « incitation à la violence ». Cette répression montre une volonté des autorités de museler toute forme de contestation et de préserver un système politique verrouillé.

La liberté de la presse a vu sa liberté remise en cause, produisant des médias uniformes et aux ordres. Pire, les journaux ne reportent plus aucune arrestation arbitraire. Le gouvernement exerce un contrôle étroit sur les médias, notamment en bloquant des sites internet, en fermant des journaux et en harcelant des journalistes.

Les médias indépendants, bien que présents, font face à des pressions constantes, à des intimidations et à des poursuites judiciaires. En 2020, l’Algérie était classée parmi les pays où la liberté de la presse est gravement entravée, selon Reporters Sans Frontières.

Les violations des droits des minorités, notamment les Berbères et les Amazighs, ne sont pas en reste. Bien que ces populations constituent une part importante de la société algérienne, elles font régulièrement face à des discriminations dans les domaines de l’éducation, de la culture et de l’emploi. Depuis l’interdiction des drapeaux par l’ancien chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, porter ce drapeau est synonyme d’arrestation et de lourdes accusations.

Le régime a instauré un climat de peur, dans lequel les citoyens se sentent souvent contraints à l’autocensure. Toute forme de critique contre le gouvernement, même sur les réseaux sociaux, peut entraîner des arrestations. Ainsi, des militants et des activistes sont régulièrement jugés pour leurs opinions politiques ou leurs publications sur Internet.

En clair, les violations des droits humains en Algérie et la remise en cause systématique des libertés fondamentales sont des réalités qui affectent profondément le quotidien des Algériens. La répression des libertés individuelles et l’absence de véritable opposition démocratique conduisent à une situation où le gouvernement reste sourd aux appels à une réforme politique en profondeur. L’avenir de la démocratie en Algérie est compromis sous la diarchie aux affaires. Elle dépend de l’évolution de cette situation et de la capacité de la société civile à se faire entendre face à un pouvoir central qui semble de plus en plus réfractaire aux changements.

Yacine K.

La liste des Algériens sous OQTF refusée par les autorités algériennes

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MAE

Le Secrétaire Général du Ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Lounès Magramane, a reçu, lundi au siège du Ministère, le chargé d’Affaires de l’Ambassade de la République française en Algérie, a indiqué un communiqué du ministère.

« Cette audience fait suite à celle accordée au chargé d’Affaires de l’Ambassade d’Algérie en France le 14 mars courant. Le Chargé d’Affaires algérien s’est vu remettre, à cette occasion, une liste de ressortissants algériens faisant l’objet de décisions d’éloignement du territoire français », lit-on dans le communiqué.

Selon la même source, le Secrétaire Général du Ministère des Affaires étrangères a remis au Chargé d’Affaires français une note verbale contenant la réponse officielle des autorités algériennes.

« Dans cette réponse, l’Algérie réaffirme son rejet catégorique des menaces et des velléités d’intimidation, ainsi que des injonctions, des ultimatums et de tout langage comminatoire. En outre, l’Algérie désapprouve l’approche sélective de la France vis-à-vis des accords bilatéraux et internationaux liant les deux pays. Elle réaffirme qu’en ce qui la concerne, l’Algérie n’est animée que par le souci de s’acquitter de son devoir de protection consulaire à l’égard de ses ressortissants », affirme le texte.

« S’agissant de la démarche de la partie française, celle-ci a été rejetée par les autorités algériennes sur les plans de la forme et du fond. Sur la forme, l’Algérie a fait valoir que la France ne pouvait, unilatéralement et à sa seule discrétion, décider de remettre en cause le canal traditionnel de traitement des dossiers d’éloignement », souligne le communiqué.

La partie française a, par conséquent, « été invitée à respecter la procédure établie en la matière, en suivant le canal d’usage, celui entretenu entre les Préfectures françaises et les Consulats algériens compétents, et en préservant la manière de traitement habituelle, celle de procéder au cas par cas », a-t-on expliqué.

« Sur le fond, la réponse algérienne a souligné que le Protocole d’Accord de 1994 ne peut être dissocié de la Convention de 1974 sur les relations consulaires qui demeure le cadre de référence principal en matière consulaire entre les deux pays. De ce point de vue, la mise en œuvre de l’un ne doit pas se faire au détriment de l’autre, notamment lorsqu’il s’agit de la nécessité de veiller au respect des droits des personnes faisant l’objet de mesures d’éloignement », poursuit la même source.

Pour toutes ces raisons, conclut le communiqué, « les autorités algériennes ont décidé de ne pas donner suite à la liste soumise par les autorités françaises. Celles-ci ont été invitées à suivre le canal d’usage, en l’occurrence celui établi entre les Préfectures et les Consulats ».

APS

Petkovic : «Deux matchs difficiles pour la qualification au mondial »

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Petkovic

Le sélectionneur national, Vladimir Petkovic a estimé, ce lundi à Alger, que les matchs prévus face au Botswana, le 21 mars 2025 à Francistown (14h00), et au Mozambique, le 25 mars 2025 à Tizi-Ouzou (22h00), pour le compte des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, sont «importants et difficiles dans la course pour la qualification au mondial».

«Après les deux premières journées de ces éliminatoires où on a récolté de bons résultats, on a envie de continuer cette aventure sur la même lancée. Ces deux matchs (Botswana-Mozambique) sont certes importants et difficiles pour la qualification au prochain mondial, et on doit se donner à fond et jouer chaque match à 100%», a déclaré le sélectionneur national, Vladimir Petkovic, lors d’une conférence de presse, animée à la salle des Conférences «Mohamed Sellah» du stade Nelson Mandela de Baraki.

Interrogé sur le premier match contre le Botswana, le sélectionneur national a estimé qu’il était «important de remporter cette première manche».

«Je respecte beaucoup l’équipe du Botswana qui se prépare depuis plusieurs journées en vue de cette confrontation. Ce sera un match décisif pour eux car il pourra les mener au prochain mondial. De notre côté, il faut gagner ce premier match, ce qui nous facilitera la mission pour le deuxième (contre le Mozambique, NDLR)», a ajouté le coach national.

Trois jours plus tôt, le sélectionneur national avait déjà dévoilé une liste de 26 joueurs, comportant entre autres le meneur de jeu de l’Espérance de Tunis, Youcef Belaïli, qui effectue son retour parmi les Verts.

Par ailleurs, la FAF avait annoncé tôt dans la journée, l’arrivée imminente de Sohaib Nair (22 ans), le jeune défenseur du club français, En-Avant Guingamp, après avoir reçu sa première convocation en sélection nationale d’Algérie.

La sélection nationale affrontera le Botswana le 21 mars, à Francistown, dans le cadre de la cinquième journée de ces éliminatoires de la coupe du monde 2026, avant d’enchaîner avec le Mozambique, le 25 mars à Tizi-Ouzou, dans le cadre de la sixième journée.

A l’issue de la 4e journée de ces éliminatoires, disputée en juin 2024, l’Algérie et le Mozambique se partagent le fauteuil de leader avec 9 points chacun. Soit avec trois longueurs d’avance sur le Botswana, de la Guinée, et de l’Ouganda, qui totalisent 6 points chacun, au moment où la Somalie ferme la marche, avec 0 point.

Seul le premier de chaque groupe se qualifie pour la phase finale de la Coupe du monde 2026. Les quatre meilleurs deuxièmes disputeront un barrage continental puis un autre intercontinental, pour espérer se qualifier.

APS

Une francophonie encore plus utile

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Alors que les États-Unis font une guerre économique à la planète, un organisme qui regroupe près de 350 millions de francophones dans 93 États et gouvernements sur cinq continents peut aider à optimiser la restructuration économique mondiale en cours.

La Journée internationale de la Francophonie tombe cette année en pleine guerre commerciale mondiale déclenchée par les États-Unis. Le 20 mars permet donc de rappeler que les pays francophones touchés par les tarifs américains ont l’option d’augmenter leur commerce en français pour rééquilibrer leur balance commerciale.

L’éducation, la vraie richesse

La thématique choisie pour cette journée est « Je m’éduque, donc j’agis ». L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) veut lancer le message que l’éducation permet de former des personnes capables de contribuer au développement durable des pays. Elle fait en même temps la promotion de la langue française, de la paix, de la démocratie, des droits de l’Homme et de la recherche pour permettre de développer la coopération économique au service du développement durable.

Ce thème ne pouvait pas mieux tomber alors que le gouvernement Trump fait des coupes profondes dans le milieu des sciences et des universités. Ce grand malheur pour la science mondiale peut cependant amener le rapatriement dans les pays membres de l’OIF de scientifiques et universitaires partis chercher fortune aux États-Unis et qui sont maintenant disponibles pour ramener dans leurs pays d’origine des savoirs inestimables.

Il y a beaucoup de francophones à éduquer. Selon les projections de l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone (ODSEF) ceux-ci devraient être actuellement environs 345 millions, mais des problèmes pour éduquer la génération montante ont fait passer les prévisions pour l’année 2060 de 450 à 750 millions, qu’elle était il y a quelques années, à un maximum de 550 millions.

Le Québec peut aider

Touché de plein fouet par les tarifs américains, le Québec annonce ces jours-ci qu’il veut renforcer ses liens économiques avec la francophonie. Des milliers d’étudiants de toute la francophonie, particulièrement l’Afrique francophone, y viennent déjà parfaire leurs études. La ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Martine Biron, tente d’utiliser les réseaux diplomatiques pour l’aider à tisser encore plus de liens en Europe et en Afrique.

Les exportations du Québec vers la francophonie ont augmenté de 5 % en 2023, pour atteindre 12 milliards de dollars. En Suisse, ses exportations ont augmenté de 33 % entre 2023 et 2024. En Afrique, l’Algérie est son plus grand partenaire commercial avec un peu plus de 173 millions de dollars de marchandises vendues. Le Québec a aussi des bureaux en Côte d’Ivoire et au Maroc avec une délégation générale au Sénégal.

Une Africaine francophone pleine d’opportunités

Selon l’Observatoire de la Francophonie économique (OFE), le temps de miser sur le potentiel économique de la francophonie pourrait être arrivé. Cet organisme s’intéresse à la production de données socio-économiques pour la prise de décision, la formation des chercheurs et aux relations Québec-Afrique francophone. L’Afrique francophone possède 15 % des réserves de ressources naturelles mondiales. « La langue française a une valeur économique très importante. À mon avis, on ne mise pas assez là-dessus », affirme le directeur de l’OFE, Hervé A. Prince.

Les 22 pays de l’Afrique subsaharienne francophone ont réalisé en 2023 le niveau de croissance économique le plus élevé de cette région pour la dixième année consécutive avec une croissance annuelle de 3,9 % de 2014-2023, contre seulement 2,0 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne.

Au Bénin du 17 au 19 juin

L’OIF tient d’ailleurs une mission économique de la francophonie à Cotonou au Bénin du 17 au 19 juin prochain. C’est la sixième édition de ces missions économiques. Celle-ci s’intéresse particulièrement à l’agro-industrie, aux industries culturelles et récréatives et à la transformation numérique. Une centaine d’entreprises, investisseurs et acteurs économiques internationaux en provenance de toutes les régions francophones feront partie de la délégation. Elle rencontrera plus de deux cents entreprises béninoises.

Il y a 9,3 millions de francophones en Côte d’Ivoire, environ un tiers de sa population. Avec un PIB par habitant de 2 729 dollars en 2023, ce pays est le plus riche de toute l’Afrique de l’Ouest continentale. Le Cameroun et le Sénégal ont aussi un grand dynamisme sur ce continent. Alors que des tarifs allant jusqu’à 250 % sont annoncés dans le cadre de la guerre commerciale mondiale en cours, l’augmentation des échanges commerciaux entre les pays de l’OIF a des chances de créer de nouveaux marchés pour les produits surtaxés aux États-Unis et de mettre le français encore plus en valeur.  

Michel Gourd

Karaté/Ligue mondiale : l’Algérienne Cylia Ouikène sacrée en or

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Cylia Ouikene
Cylia Ouikene en or mondial

La karatéka algérienne Cylia Ouikène a remporté la médaille d’or dans la catégorie des 50 kg, en battant la Kazakhe Zangibirbay Muldir en finale de la Ligue mondiale de karaté-do, dimanche à Guangzhou en Chine.

La championne algérienne a terminé le premier tour de la Ligue mondiale en tête de son groupe, devant l’Egyptienne Jana Ali, l’Ukrainienne Yulina Balchevska et la Française Naswa Ahmed.

L’Algérienne a passé les quarts de finale face au Vénézuélienne Salazar Jurgel, avant de prendre le dessus sur l’Italienne Perfetto Alamenna (9-1), en demi-finale.

APS

Hypocrisie diplomatique : quand la France accuse l’Algérie en oubliant ses propres privilèges      

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Ambassade de France

L’extrême droite française, toujours en quête de boucs émissaires, a trouvé un nouveau cheval de bataille : accuser l’Algérie de profiter de prétendues aides françaises et de ne pas respecter les accords signés entre les deux pays. Bruno Retailleau, figure emblématique de cette frange politique, n’a pas hésité à relayer cette rhétorique aussi fausse qu’invraisemblable, omettant d’évoquer un fait essentiel: si un pays tire un véritable profit des relations bilatérales, c’est bien la France.

La semaine dernière, le ministère des Affaires étrangères algérien a convoqué Stéphane Romatet l’ambassadeur de France en Algérie pour mettre sur la table un dossier trop longtemps ignoré par Paris : celui des biens immobiliers mis à la disposition de la France par l’Algérie. Un dossier qui révèle un traitement pour le moins asymétrique entre les deux pays.

Au total, 61 biens immobiliers sont occupés par la France sur le sol algérien, moyennant des loyers ridiculement bas. Parmi ces biens, le siège de l’ambassade de France en Algérie s’étend sur une vaste superficie de 14 hectares (140.000 mètres carrés) sur les hauteurs d’Alger, avec un loyer si insignifiant qu’il ne couvrirait même pas le prix d’une modeste chambre de bonne à Paris.

Quant à la résidence de l’ambassadeur de France, connue sous le nom «les Oliviers», elle s’étale sur 4 hectares (40.000 mètres carrés) et est louée au franc symbolique, sur la base d’un prix de bail inchangé depuis 1962 jusqu’en août 2023. Une largesse que la France n’a jamais daigné accorder à l’Algérie sur son propre territoire !

Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. De nombreux accords bilatéraux permettent à la France de bénéficier d’avantages considérables en Algérie. L’exemple le plus criant est l’accord de 1968, qui régit le statut des Algériens en France et qui leur accorde un régime migratoire dérogatoire par rapport aux autres nationalités.

Paris ne cesse de dénoncer cet accord, mais oublie de mentionner les bénéfices qu’il en tire, notamment la main-d’œuvre algérienne qui a largement contribué à la reconstruction et à l’essor économique de la France. De son côté, l’Algérie ne bénéficie d’aucun privilège comparable en France.

Un autre exemple frappant est l’accord de 1994, qui régule divers aspects de la coopération entre les deux pays, notamment en matière de commerce et d’investissements. Dans les faits, ces accords ont surtout permis aux entreprises françaises d’obtenir des conditions très favorables pour opérer en Algérie, tout en limitant les opportunités inverses pour les entreprises algériennes en France. Encore une fois, l’avantage est unilatéral et profite avant tout à l’économie française.

Mais si Paris souhaite ouvrir le débat sur la réciprocité et le respect des engagements signés, alors parlons-en ! Nous verrons bien qui, de l’Algérie ou de la France, a le plus profité de ces traités et lequel des deux pays ne respecte pas les accords passés.

L’heure n’est plus à l’hypocrisie. Il est temps que la vérité soit mise en lumière et que cessent les discours fallacieux destinés à manipuler l’opinion publique. L’Algérie n’a jamais été le profiteur de cette relation, c’est bien la France qui, depuis des décennies, a su tirer parti de chaque accord à son avantage. Et si elle veut aujourd’hui réclamer des comptes, elle devra d’abord rendre des comptes elle-même.

APS

L’Algérie agite le dossier sensible des biens immobiliers français sur son territoire

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Consulat de France en Algérie.
Consulat de France en Algérie.

Dans ce nouvel affrontement verbal où elle expose « ses vérités » à la France, l’APS s’appuie sur un adage bien connu : lorsqu’on vit dans une maison de verre, mieux vaut éviter de jeter des pierres dans le jardin des autres.

C’est en tout cas l’esprit de la dépêche publiée, ce dimanche 16 mars 2025, par l’agence officielle APS, qui relaie la position des autorités algériennes sur un dossier longtemps resté en suspens : celui des biens immobiliers détenus par la France en Algérie.

Cette prise de position intervient comme une réponse directe aux accusations récurrentes de l’extrême droite française, qui évoque une prétendue aide française à l’Algérie et un non-respect des accords bilatéraux entre les deux pays.

Dans un article au ton incisif intitulé « Hypocrisie diplomatique… Quand la France accuse l’Algérie et ignore ses propres privilèges », l’Agence de presse algérienne (APS) réfute fermement ces allégations et met en lumière les nombreux avantages dont bénéficie la France dans ses relations avec l’Algérie.

L’APS rappelle que, contrairement au discours tenu par certains responsables politiques français, c’est bien la France qui profite largement de cette relation bilatérale. L’agence officielle révèle ainsi que le ministère algérien des Affaires étrangères a récemment convoqué l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, pour évoquer la question des biens immobiliers français exploités en Algérie à des conditions largement favorables.

61 biens immobiliers français en Algérie

Selon la même source autorisée, la France occupe actuellement 61 biens immobiliers en Algérie à des loyers symboliques, voire inexistants. Parmi eux, l’ambassade de France, un vaste complexe s’étendant sur 14 hectares en plein cœur d’Alger, est louée à un prix dérisoire, inférieur au coût d’une simple chambre à Paris, souligne l’APS.

De même, la résidence de l’ambassadeur de France, connue sous le nom de Zaytoun et couvrant quatre hectares, a bénéficié d’un loyer symbolique depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962 jusqu’en août 2023. L’APS rappelle que jamais la France n’a accordé un tel privilège à l’Algérie sur son propre territoire.

Des accords bilatéraux déséquilibrés

Ce dossier immobilier ne serait que la partie émergée de l’iceberg, selon l’APS. Plusieurs accords bilatéraux ont offert à la France des avantages considérables en Algérie, sans réciprocité.

L’agence cite en exemple l’accord de 1968, qui régit le statut des Algériens en France et leur accorde un régime spécifique par rapport aux autres nationalités. Alors que Paris critique régulièrement cet accord, elle ignore pourtant les bénéfices qu’elle en tire, notamment l’apport considérable de la main-d’œuvre algérienne dans son économie et sa reconstruction.

De plus, l’accord de 1994, censé encadrer la coopération commerciale et les investissements entre les deux pays, a en réalité avantagé les entreprises françaises en Algérie, leur offrant des opportunités préférentielles sur le marché local. À l’inverse, les entreprises algériennes restent confrontées à d’importantes restrictions en France, accentuant un déséquilibre flagrant dans les échanges économiques.

Vers une nouvelle lecture des relations algéro-françaises ?

En conclusion, l’APS estime que si Paris souhaite engager un débat sur la réciprocité et le respect des engagements bilatéraux, l’Algérie est prête à en discuter. Elle rappelle que toute remise en question des accords passés mettra en lumière la véritable partie bénéficiaire de ces traités et celle qui, en réalité, en tire les plus grands avantages.

L’ouverture de ce dossier des biens immobiliers français en Algérie, en mettant en lumière une relation historiquement déséquilibrée, pourrait bien ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Dernière chose, l’APS ne nous livre pas le nombre de biens immobiliers algériens en France.

Samia Naït Iqbal

Saisie de 800 tonnes de bananes à Annaba : une opération en pleine crise des prix

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Conteneur de banane

Les douanes algériennes ont saisi 34 conteneurs chargés de bananes au port d’Annaba, soit près de 800 000 kilogrammes de ce fruit devenu un produit de luxe pour les consommateurs. L’annonce a été faite dimanche par la radio locale, relayant les déclarations du directeur général des douanes, Abdelhafidh Bakhouche.

800 tonnes de bananes saisies au port d’Annaba ! C’est l’événement qui veut cacher une insoutenable réalité. Si cette saisie impressionnante marque les esprits par son ampleur, elle soulève néanmoins de nombreuses interrogations.

En effet, alors que les prix des bananes ont atteint des niveaux exorbitants dans les grandes villes, dépassant les 700 dinars le kilo depuis le début du Ramadan, l’opération s’inscrit dans un contexte de tension et d’incapacité des autorités à stabiliser le marché.

Une saisie de bananes pour masquer une impuissance ?

Le directeur général des douanes a justifié cette intervention par une volonté de lutter contre la spéculation et de protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

« Certains opportunistes tentent d’exploiter le mois sacré pour réaliser des profits rapides », a-t-il affirmé. Mais aucun détail n’a été fourni sur les motifs précis de la saisie. Qui sont ces « opportunistes » ?

S’agit-il réellement d’une opération de lutte contre la fraude ou d’un coup de communication visant à masquer l’échec des politiques de régulation du marché ?

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement a multiplié les annonces sur son engagement à lutter contre la flambée des prix des denrées alimentaires, particulièrement sensibles en cette période de jeûne.

Pourtant, malgré ce discours officiel, la réalité est bien différente : les Algériens peinent à remplir leurs paniers face à une inflation galopante, et les produits de base deviennent hors de portée d’une large frange de la population.

Un marché de fruits et légumes hors de contrôle

Le ministère du Commerce a récemment lancé des opérations de contrôle des points de vente, exigeant des commerçants qu’ils fournissent des factures prouvant une corrélation entre les prix d’achat et les prix de vente. Mais ces mesures semblent bien dérisoires face à l’ampleur du problème.

La spéculation sur la banane n’est qu’un symptôme d’un marché mal encadré, où la rareté et l’absence de régulation réelle permettent à certains de tirer profit de la détresse des consommateurs.

Loin d’être une victoire contre la fraude, cette saisie massive ressemble davantage à une opération symbolique destinée à enfumer l’opinion publique et à détourner l’attention de l’échec des autorités à garantir un approvisionnement normal du marché.

Sinon comment expliquer la flambée des prix et la rareté de nombre de produits depuis le début du Ramadan ? Il y a en Algérie les discours lénifiants dont les médias abreuvent le bon peuple et la réalité auquelle est confronté celui-ci dès qu’il rejoint le marché.

Un effet d’annonce ou une vraie solution ?

Cette démonstration de force suffira-t-elle à faire baisser les prix et à apaiser la colère des citoyens ? Rien n’est moins sûr. En l’absence de mesures structurelles efficaces, la spéculation continuera de prospérer, et les consommateurs resteront les premières victimes d’un système incapable de répondre à leurs besoins fondamentaux.

Si l’objectif était d’impressionner, le gouvernement a peut-être réussi son pari médiatique. Mais pour l’instant, les Algériens attendent toujours une vraie solution : pouvoir acheter leurs fruits et légumes à des prix décents, sans avoir à subir des hausses artificielles orchestrées par des circuits parallèles que l’État peine à contrôler.

Samia Naït Iqbal

« Aménorrhée » de Sarah Haïdar : une résistance féministe dans un monde dystopique

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Sarah Haider

Aménorrhée, le troisième roman de Sarah Haïdar en langue française, marque une nouvelle étape dans l’œuvre déjà singulière de l’autrice. Après avoir exploré les complexités de la condition féminine avec une écriture à la fois poétique et incisive, Sarah Haidar nous plonge cette fois dans un monde imaginaire où le contrôle des corps et des pensées est total.

Dans ce pays sans nom, où la moindre transgression peut mener à la peine capitale, une « accoucheuse » devient, contre toute attente, une résistante clandestine.

À travers ce personnage central, l’autrice interroge la place des femmes dans la société, leur rapport au corps et à la maternité, et dévoile les logiques de domination tant patriarcales que politiques. Le roman, qui mêle les voix de femmes et d’hommes, expose les rouages du pouvoir et le rôle crucial de celles qui osent défier l’oppression. Si Aménorrhée s’inscrit dans une veine dystopique, son réalisme troublant, par son évocation de la violence des régimes totalitaires, le rend étrangement proche.

Haidar poursuit ici son exploration des thèmes de la résistance féministe, de la révolte et de la subversion des normes. Elle allie une poésie fiévreuse à une critique acerbe du monde contemporain, proposant une réflexion à la fois intime et politique, où la lutte des femmes contre un pouvoir patriarcal et répressif se joue sur les plans individuel et collectif.

Ce roman, entre fiction et anticipation, est une œuvre forte, où la plume virtuose de Sarah Haidar agit comme un scalpel, maniant avec maestria une langue à la fois dense et lumineuse. Chaque mot semble choisi avec une précision millimétrée, et la force de son écriture, entre poésie et charge dénonciatrice, place la résistance féministe au cœur d’un monde qui, malgré sa brutalité, n’a pas encore eu raison de la force des femmes.

Aménorrhée est disponible aux éditions Barzakh en Algérie et aux éditions Blast en France.

À propos de l’autrice

Sarah Haidar, née en 1987 à Alger, est journaliste et écrivaine. Elle commence sa carrière littéraire en arabe, publiant notamment Zanadeka en 2005, un roman qui reçoit le prix Apulée décerné par la Bibliothèque nationale d’Algérie. Après plusieurs œuvres en arabe, elle choisit d’écrire en français et signe Virgules en trombe en 2013, un récit qui remporte le prix des Escales littéraires d’Alger. Avec une plume vertueuse, à la fois poétique et incisive, Haidar explore les thèmes de la condition féminine, de la résistance et des oppressions dans un style unique qui mêle fiction et critique sociale.

Djamal Guetalla

Accablant rapport de Human Rights Watch sur le massacre de Solenzo au Burkina Faso

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Burkina Faso

Que s’est-il passé à Solenzo, village à l’ouest du Burkina Faso ? Depuis le début de la semaine, des vidéos d’une rare violence ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant des hommes armés circulant parmi des corps de femmes et d’hommes ligotés et parfois sans vie.

Selon un rapport de Human Rights Watch (HRW), des dizaines de personnes ont été tuées les 10 et 11 mars par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Une opération en représailles à des attaques jihadistes sur laquelle est revenu le gouvernement burkinabè dans un communiqué, sans la condamner pour autant.

Près d’une semaine après les faits, les informations en provenance de la région de Solenzo, dans l’ouest du Burkina Faso restent parcellaires. Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué, aussi Ilaria Allegrozi, chercheuse au sein de la division Afrique de Human Rights Watch, s’est-elle attelée à la tâche. 

« Des dizaines de femmes, d’enfants, d’hommes morts... Nous avons dénombré au moins 58 morts dans les vidéos. Ce qui est une sous-estimation, car les corps étant empilés les uns sur les autres, il a été difficile de les compter », explique-t-elle au micro de Paul Lorgerie de la rédaction Afrique.

La communauté peule ciblée

Après analyse de onze vidéos et le recueil de témoignages, l’ONG de défense des droits humains a conclu qu’une communauté en particulier était visée. « La plupart des victimes qui apparaissent dans ces vidéos semblent appartenir à une communauté spécifique, les peuls. Les propos tenus par les individus armés qui filment leurs propres exactions vont bien au-delà du discours de haine », poursuit Ilaria Allegrozi.

Dans l’un des extraits diffusés sur les réseaux sociaux, un homme s’exprimant en Mooré, la langue locale, menace les personnes au sol. « Vous, les Peuls, lance l’individu, vous pensez vraiment pouvoir prendre le contrôle du Burkina Faso ? Vous n’y arriverez jamais ! Ce qui vous reste à faire ici, c’est de disparaître. » Au regard de leur accoutrement, la plupart des hommes en armes appartiennent à des groupes de volontaires pour la défense de la patrie (VDP) comme le Groupe d’autodéfense de Mahouna ou encore les Forces rapides de Kouka. 

Une campagne de discrédit, selon le gouvernement

Il s’agit d’ « une vaste campagne de désinformation (…) pour discréditer nos vaillants combattants et faire peur aux paisibles populations », s’est défendu le gouvernement burkinabè dans un communiqué diffusé samedi. La version officielle explique que, lors d’une riposte opérée à la suite d’une attaque jihadiste, les volontaires pour la défense de la patrie appuyés par les forces de sécurité ont « découvert des familles composées de femmes, d’enfants et de vieilles personnes que les terroristes ont tenté d’utiliser comme bouclier humain ».

La réponse des autorités « ne fournit aucun élément de preuve pour démentir le contenu des vidéos analysées », regrette la chercheuse.

Dans le pays voisin, au Mali, des experts des Nations unies se sont indignés vendredi du meurtre d’au moins dix personnes dans secteur de Dioura, au centre du pays, le 2 janvier dernier. Selon le communiqué, les experts accusent les forces armées maliennes et des éléments de Wagner d’avoir tué six hommes, trois femmes et un enfant alors qu’ils revenaient du camp de Mbera, en Mauritanie. 

RFI

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