3 avril 2025
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Baisse des mariages et hausse des divorces en Algérie

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Depuis quelques années, le nombre de mariages recule et celui des divorces est en hausse en Algérie, selon le dernier rapport sur la démographie de l’Office national des statistiques (ONS) qui a mis en exergue les motivations à l’origine de ces phénomènes de société.  

Nuptialité

Enclenchée depuis 2014, la baisse de l’effectif des mariages se poursuit, mais avec un rythme plus accéléré en 2020. Les bureaux de l’état civil ont enregistré 285 000 unions au cours de l’année 2020, soit une baisse relative de plus de 10% par rapport à l’année 2019.

Un effet de récupération a été observé l’année suivante avec un effectif global de 315 000 unions, mais à compter de l’année 2022, la baisse se poursuit pour atteindre 278 664 en 2023. Cette baisse affecte également le taux brut de nuptialité qui s’établit à 6.0‰ en 2023, soit le même niveau atteint au début des années 2000.

Nonobstant l’effet conjoncturel partiel induit par la pandémie, cette baisse continue de la nuptialité conforte une fois de plus l’hypothèse de l’impact de la modification de la structure par âge de la population sur le recul du volume des mariages. 

 En effet, l’évolution de la population âgée de 20 à 34 ans (population où se contracte 80% des mariages) fait ressortir une régression du volume de celle-ci d’une allure assez visible à compter de 2015, laquelle population est passée de 10,997 millions à 9,861 millions entre 2015 et 2023.

En dépit du fait que le rythme de décroissance de l’effectif des mariages semble plus soutenu que celui de la baisse de cette population, tel que représenté dans le graphique, la corrélation entre l’évolution du volume de la population, âgée entre 20 et 34 ans, et celui des mariages semble clairement établie. 

 Avec le maintien de la baisse du volume de cette population dans les années à venir et en l’absence d’autres éléments qui peuvent interférer sur ce phénomène, il est probable que la baisse du volume des mariages se poursuivra jusqu’à l’horizon 2025-2030. 

Divortialité

L’effectif des divorces enregistrés par les services du Ministère de la Justice font ressortir un volume de 93.402 ruptures d’unions prononcées au cours de l’année 2023. Le taux brut de divortialité, exprimé par le rapport entre le nombre de divorces et la population moyenne de l’année est passé de 1,52% à 2,02‰ entre 2019 et 2023. 

D’autre part, le taux de divorce, qui est défini comme étant, le rapport entre l’effectif des divorces et celui des mariages contractés durant la même année,connaît une augmentation plus franche au cours de la même période, passant de 20,9% à 33,5%.

En effet, l’évolution de la population âgée de 20 à 34 ans (population où se contracte 80% des mariages), fait ressortir une régression du volume de celle-ci d’une allure assez visible à compter de 2015, laquelle population est passée de 10,997 millions à 9,861 millions entre 2015 et 2023.

En dépit du fait que le rythme de décroissance de l’effectif des mariages semble plus soutenu que celui de la baisse de cette population, tel que représenté dans le graphique, la corrélation entre l’évolution du volume de la population âgée entre 20 et 34 ans et celui des mariages semble clairement établie. 

 Avec le maintien de la baisse du volume de cette population dans les années à venir, et en l’absence d’autres éléments qui peuvent interférer sur ce phénomène, il est probable que la baisse du volume des mariages se poursuivra jusqu’à l’horizon 2025-2030.

Samia Naït Iqbal

Source:ONS

https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https://www.ons.dz/spip.php%3Frubrique182&ved=2ahUKEwjGiuOxyK6HAxWbVaQEHSIzDuQQFnoECBsQAQ&usg=AOvVaw2LpCL5WzZ9P5FZRPqciRE6

Israël : l’armée admet un manque de munitions

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Ecole de l'Onu bombardée
Ecole de l'Onu bombardée : des dizaines de morts

C’est la première fois que l’armée israélienne le reconnaît. Le pays manque de tanks, de munitions et aussi de personnel au sein de l’armée. C’est ce qui ressort d’une communication faite par l’armée israélienne devant la Cour suprême du pays.

Un grand nombre de chars ont été endommagés pendant la guerre depuis le 7 octobre dernier, explique ce document soumis à la Cour suprême. Le texte fait également état d’un manque de munitions et de personnel, sans donner plus de détails, rapporte le correspondant de Rfi à Jérusalem.

C’est un aveu qui intervient sous forme de réponse de l’État à la Cour suprême israélienne sur un tout autre sujet. Le débat portait sur une pétition demandant l’incorporation de femmes combattantes dans les unités des blindés au sein de l’armée. Ce n’est pas le moment de mener des expériences sur le déploiement d’effectifs féminins au sein de l’armée, souligne encore le document présenté aux juges. Il faut préciser que par la suite, un responsable militaire a affirmé qu’il s’agissait simplement d’une question de priorités en matière de répartition de ressources militaires.

Mais les médias en Israël soulignent que c’est clairement le résultat des durs combats menés par l’armée à Gaza et à la frontière libanaise depuis plusieurs mois. Et aussi du blocage sur certains types de munitions, notamment de la part des États-Unis : en mai dernier, Joe Biden avait prévenu que Washington ne livrerait certaines armes comme des obus d’artillerie en cas d d’offensive majeure contre Rafah. Cela peut également expliquer la position de l’armée israélienne en faveur d’un cessez-le-feu.

Bombardements sur des civils

Ce mercredi matin, l’armée israélienne a poursuivi ses bombardements sur plusieurs secteurs de la bande de Gaza, tuant au moins neuf Palestiniens, selon un bilan des autorités sanitaires gazaouies, tandis que les chars de Tsahal ont effectué une percée limitée dans Rafah, dans le sud du territoire, selon l’agence Reuters.

Mardi les frappes sur la bande de Gaza, où cinq bombardements, notamment sur une école abritant des déplacés, ont fait 57 morts, selon les autorités locales, après des critiques américaines sur le nombre élevé de victimes civiles.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que l’armée devait « augmenter encore la pression sur le Hamas », auteur d’une attaque sans précédent le 7 octobre contre Israël, qui a déclenché la guerre dans le territoire palestinien.

Selon le bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), « de multiples frappes à travers la bande de Gaza » ont fait mardi « des dizaines de morts et de blessés ».

L’une d’elles a eu lieu « à quelques centaines de mètres » d’un centre des Nations unies à Deir el-Balah, une localité du centre du territoire qui abrite de nombreux déplacés.

Le département d’Etat américain avait estimé lundi que le nombre de victimes civiles « restait inacceptable » dans la bande de Gaza, où la guerre a fait des dizaines de milliers de morts.

Mardi soir et aux premières heures mercredi, la Défense civile de Gaza, un organisme dépendant du Hamas, a fait état de 57 morts dans cinq frappes israéliennes et de « dizaines de blessés ».

Les frappes ont eu lieu à proximité d’une station-service d’Al-Mawasi près de Khan Younès, sur une école administrée par l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) dans le camp de réfugiés de Nousseirat, près d’un rond-point de Beit Lahia, sur une maison d’Al-Zawaida et enfin sur une mosquée du même camp de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, selon la Défense civile.

France : des femmes accusent l’abbé Pierre d’agressions sexuelles

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Abbe Pierre

Figure iconique en France, l’abbé Pierre, défenseur inlassable des sans-abri et des mal-logés, décédé en 2007, est accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles commises entre la fin des années 1970 et 2005, selon un rapport indépendant commandé par Emmaüs International, Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre et publié mercredi 17 juillet.

À la suite « d’un témoignage faisant état d’une agression sexuelle commise par l’abbé Pierre sur une femme », un travail a été mené en interne par le cabinet expert de la prévention des violences Egaé, écrivent les trois associations dans un communiqué commun.

« Ce travail a permis de recueillir les témoignages de sept femmes qui font état de comportements pouvant s’apparenter à des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement sexuel commis par l’abbé Pierre entre la fin des années 1970 et 2005 », ajoutent les trois organisations, qui précisent que l’une d’entre elles « était mineure au moment des premiers faits ».

« Nous saluons le courage des personnes qui ont témoigné et permis, par leur parole, de mettre au jour ces réalités », soulignent Emmaüs France, Emmaüs International et la Fondation Abbé Pierre, dans ce communiqué révélé également par La Croix.

« Ces révélations bouleversent nos structures »

« Nous les croyons, nous savons que ces actes intolérables ont laissé des traces et nous nous tenons à leurs côtés », ajoutent-elles. « Ces révélations bouleversent nos structures » et « ces agissements changent profondément le regard que nous portons sur un homme connu avant tout pour son combat contre la pauvreté, la misère et l’exclusion ».

Dans son rapport, Egaé indique avoir entendu « 12 personnes dans le cadre de l’enquête, dont certaines n’ont pas été la cible de comportements » du prêtre et avoir eu accès à « deux témoignages adressés fin juin 2024 à une personne d’Emmaüs International. »

Au total, le cabinet dit avoir été destinataire de témoignages de sept personnes « faisant état de violences subies par des femmes de la part de l’Abbé Pierre sur une période allant de la fin des années 1970 à l’année 2005. »

La Conférence des évêques de France exprime sa « douleur » et sa « honte »

 À la suite de ces premiers récits, un dispositif de recueil de témoignages et d’accompagnement, « strictement confidentiel, s’adressant aux personnes ayant été victime ou témoin de comportements inacceptables de la part de l’abbé Pierre », a été mis en place, selon les trois associations. Selon une source interne à Emmaüs, aucun signalement à la justice n’a été fait à ce stade.

À la suite de ces révélations, la Conférence des évêques de France (CEF) a exprimé sa « douleur » et sa « honte ». L’abbé Pierre « a eu, dans notre pays et dans le monde, un impact remarquable, il a éveillé les consciences sur la responsabilité de tous à l’égard des personnes en précarité », a-t-elle réagi. « Mais sa position ne saurait dispenser du travail de vérité nécessaire, que vient de réaliser Emmaüs avec clarté et courage, en se mettant à l’écoute des personnes plaignantes. »

Bien entendu, le concerné n’est plus de ce monde pour se défendre, parce que ces accusations sont gravissimes il est donc préférable de les prendre avec beaucoup de prudence et de réserve.

L. M./Rfi

Journalistes, romanciers, intellectuels : hors du pays !

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Inaam Bayoud
L'écrivaine Inaam Bayoud

« Cachez ces femmes que nous ne saurions voir ! » Tartuffe peut bien aller se rhabiller, en termes de tartufferies à l’endroit de la femme en Algérie !

Cette cabale contre la romancière Inaam Bayoud représente la partie visible d’un immense iceberg de rejet et de haine contre tous ceux qui pensent et réfléchissent autrement, dans un référentiel décalé de celui des gardiens du temple sacré.

On se croirait revenus aux temps sombres de la décennie noire pendant laquelle des fatwas contre nos intellectuels étaient délivrées de façon quasi-officielle par les imams et autres protégés du tsunami islamiste qui avait failli tout emporter sur son passage.

Il n’est pas superflu de rappeler qu’«il y a trente-six ans, en octobre 1988, le monde arabe connaissait son premier « Printemps » en Algérie, suivi d’une guerre civile d’une rare violence qui saigna le pays, par l’assassinat ou par l’exil, d’une grande partie de son intelligentsia. L’une des premières victimes, le poète et journaliste de langue française Tahar Djaout tomba, en 1993, sous les balles de djihadistes islamistes. »

Nommer tous les intellectuels tombés sous les balles assassines des intégristes remplirait un Bottin.

Ainsi donc, il est reproché à la lauréate du prix Assia Djebar de « porter atteinte aux bonnes mœurs et aux valeurs morales de la société ». Comme si l’Algérien représentait l’exemple type de bonne conduite et de respect envers la femme !? Il suffit de se promener dans n’importe quelle rue des grandes villes pour avoir les oreilles écorchées par un vocabulaire vulgaire débité bien souvent à l’endroit des femmes dont l’accoutrement ne correspond pas aux normes établies par tous les machos du pays.

« Je cherche un homme honnête » s’égosillait Diogène de Sinope, le philosophe de l’antiquité, qui, ayant allumé une lanterne en plein jour dans Athènes, se serait écrié « Je cherche un homme », voulant ainsi signifier que les êtres humains qu’il rencontrait ne valaient pas, à cause de leurs vices, d’être appelés comme tels.

En termes de vices, l’on peut affirmer qu’en grande majorité, les Algériens ne peuvent s’en laisser conter. Si un classement pouvait être établi, nous occuperions le haut du podium.

N’en déplaise aux machos de tous bords, la femme est l’unique origine et le seul avenir de l’Algérien.

Que de poètes ! Que de bardes ! Que de chantres ont glorifié la Femme ! De Slimane Azem à Aït Menguellet, de Jean Ferrat à Julien Clerc, d’Elvis Presley à Michael Jackson pour la célébrer et stipuler qu’elle est l’unique bonheur et le seul avenir de l’homme.

Au vu des débâcles politiques partout perceptibles, peut-être est-il temps pour l’humanité de ne plus se limiter à une gloire lyrique, souvent individuelle, en lui confiant les rênes de notre destin collectif ? Concernant notre pays, autant le faire maintenant pour gagner du temps.

À l’allure où elles se libèrent et partout gagnent du terrain, la loi du nombre finira par s’imposer d’elle-même, car au vu des résultats du bac chaque année, la femme méprisée et dépréciée par tous les imams d’Algérie, ceux du pouvoir FLiN-tox et des mosquées, finira, un jour ou l’autre, par prendre le dessus. Que FLiN-tox, salafistes et autres islamistes stériles le veuillent ou non.

Femmes, je vous aime ! déclare depuis un demi-siècle Julien Clerc à ses compatriotes. Eh bien, n’est-il pas temps pour nous tous de déclamer à leur endroit : Grand-mères, mères, épouses et filles, proches ou lointaines, nous vous aimons aussi ?

Nous, la dernière fournée d’hommes à résister à ce message malsain qui fait d’elles des mineures à vie et les cantonne dans une spirale de mal-vie que l’Homme, aidé de SES dieux, tisse autour d’elles, depuis la nuit des temps, pour ériger une muraille infranchissable qui les séparent de leurs propres enfants.

Un jour, qui sait, l’effet papillon aidant, ce sera une déclaration portée par 20 millions de voix masculines, d’Alger à Tamanrasset, de Annaba à Oran, les larmes dégoulinant à flots, des sanglots de rédemption les accompagnant, pour implorer leur clémence, qui inondera le ciel aux heures de prière pour clamer, à l’unisson, aux Algériennes :

– Pardon d’avoir cru en ces messages tombés du ciel pour vous malmener et vous détester !

– Pardon, pour les siècles de tromperies qui nous ont transformés en vos ennemis jurés et nous interdisent de vous aimer !

– Pardon de vous avoir tout interdit au nom de tous ces messages arriérés, par la famille FLiN-tox distillés !

– Pardon d’avoir été aveuglés et trompés par toutes sortes de fourbes qui nous ont, dans les ténèbres, précipités !

– Pardon de ne pas avoir ouvert les yeux et compris plus tôt qu’il n’y a d’autre source à l’humanité que toi, la Femme, que moult écritures Sataniques nous ont interdit d’honorer !

Pour, de tant d’insolence, nous faire pardonner, désormais notre unique profession de foi ne sera prononcée, aux heures et en dehors de toute prière, que pour vous, radieuses femmes de nos tribus d’Algérie : Algériennes, Nnous vous aimons !

Courage madame Bayoud ! Cette cabale contre vous ne fait que renforcer notre curiosité à l’endroit de Houaria ! Nous vous lirons !

Kacem Madani

Mira Moknache et ses camarades en grève de la faim

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Mira Mokhnache

L’universitaire et militante Mira Moknache et sa douzaine de camarades de détention ont entamé une grève de la faim en garde à vue au commissariat central de Béjaïa.

Mira Moknache qui était, à son troisième jour de grève de la faim aurait été transférée à l’hôpital pour examen. Cependant, les autorités ont imposé un blocus total sur l’information et la situation de ces détenus d’opinion.

A deux reprises, sa famille qui s’est rendue au commissariat central de Béjaïa dans l’espoir  de  lui rendre visite a essuyé un refus catégorique de la part des responsables de la sûreté de wilaya. 

Courageuse et déterminée, Mira Mokhnache reste l’une des rares militantes et universitaires à continuer à pourfendre l’ordre autoritaire.

Samia Naït Iqbal

Incertitudes sur la situation des détenus d’opinion de Bgayet

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Détenus

L’incertitude demeure quant à la situation de la douzaine de détenus d’opinion de Bejaia dont l’universitaire Mira Moknache et l’avocat Sofiane Ouali. A part ça, tout va bien dans « la nouvelle Algérie » de Tebboune

Arrêtés au courant de la première quinzaine de ce mois de juillet, toutes ces personnes ont été  placées,  sont placées en garde à vue prolongée au commissariat central de Béjaïa.

 Mira Moknache et  Me Sofiane Ouali auxquels s’ajoute une liste de dix autres personnes, à savoir  Khoudir Bouchlagheme, Belayel Toufik, Malek Boudjemaa et son fils Mokrane, Ben Kerrou Ghilas, Achiche Tahar, Rekkad Lounas, Ismaïl Bouaza, Yuba Menguellet et Ben Ouchene Hakim sont dans l’expectative. 

Le même état d’esprit tenaille les familles de ces militants ainsi que les avocats de la défense qui ne savent pas quel traitement leur est réservé par la justice.

Quand les autorités entretiennent statu quo !

Les autorités se conduisent en maitresse des horloges. Les lois et les délais de garde à vue, elles s’en sont affranchis avec la bénédiction du locataire d’El Mouradia. Ce que ne partagent pas les derniers défenseurs des droits humains en Algérie qui s’échinent à comprendre les intentions cachées d’un régime crypto-autoritaire.

Aussi, des interrogations sur fond d’inquiétude sont contenues dans le communiqué, diffusé ce mercredi 17 juillet 2024, par le Comite national pour la libération des détenus ( CNLD).  « Des informations font état de la présentation demain jeudi 18 juillet de Me Sofiane Ouali devant le procureur près le tribunal d’Amizour, wilaya de Béjaïa, et ce, après 8 jours de garde à vue », écrit le Cnld. Le collectif de défenseurs des droits humains déplore le statu quo et le flou qui entourent le cas de toutes les personnes arrêtées. « Surtout que les autorisations de visite sont refusées », rappelle le Cnld.

Eh oui pourquoi s’encombrer de respecter les lois quand on peut les bafouer sans qu’aucun parti, ni ONG ou média ne puisse élever la loi.

Revenant sur la genèse de ces affaires, les membres du collectif pour la libération des détenus rappellent qu’en plus de la rétention prolongée en garde à vue de l’universitaire, Mira Moknache (depuis 11 jours), et de l’avocat Sofiane Ouali ainsi que les anciens détenus d’opinion, la répression s’est élargie pour atteindre le lanceur d’alerte Yuva Menguellet (lycéen), Mustapha Akkouche, Hakim Benouchene, Lounes Ghougad et d’autres activistes de la région d’Akbou. 

Toutes les arrestations ont été suivies de perquisition des domiciles de ces militants, comme nous l’avions déjà rapporté. 

Il convient de signaler que Malek Boudjemaa, un ancien détenu, et son fils, Mokrane ont été arrêtés dans la nuit du 9 au 10 juillet 2024, à 3 heures du matin, à leur domicile, à Tichy. Khoudir Bouchelaghem, quant à lui, a quitté la prison le 15 juin 2024, après avoir purgé la totalité de sa peine de 3 ans de prison ferme.

En Algérie, plus de 200 détenus d’opinion croupissent dans les prisons. Avec ça, des « hommes politiques » vont participer à la mascarade présidentielle du 7 septembre. L’Etat de droit n’est pas pour aujourd’hui.

Samia Naït Iqbal

Démographie : le Québec dépassera la Suisse et la Biélorussie en 2024

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Québec
Québec. Image par jacqueline macou de Pixabay

Bien que la Suisse a connu un taux de croissance démographique quatre fois supérieur à celui de la France en 2023, le Québec a enregistré une progression encore plus élevée grâce à une immigration particulièrement forte, et qui devrait lui permettre de dépasser la Suisse, la Biélorussie et l’Autriche d’ici 2025. Une évolution qui s’explique notamment par le grand dynamisme économique de la province, où le taux de chômage est régulièrement en dessous de la moyenne canadienne, et qui continue dans le même temps à être la province la plus sûre du Canada.

Selon les dernières données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) et de son équivalent helvétique (l’Office fédéral de la statistique), et en appliquant la méthodologie canadienne moins restrictive pour l’immigration temporaire, la population du Québec était de 8,985 millions d’habitants au 1er janvier 2024 (en hausse de 2,45 %), contre à peu près 9,060 millions pour la Suisse (+ 1,6 %). Parallèlement, la Biélorussie et l’Autriche affichaient, toutes deux, une population d’environ 9,160 millions d’habitants à la même date (en baisse de 0,5 % pour la première, et en hausse de 0,6 % pour la seconde).

Une forte immigration principalement francophone et latino-américaine

Avec une croissance démographique de 2,45 % en 2023 (soit + 218 000 habitants), le Québec a enregistré une progression six fois supérieure à celle de la France (environ 0,4 %, en utilisant la même méthode et en retenant un scénario plus réaliste que les données officielles, qui sous-évaluent régulièrement le solde migratoire avant de le revoir à la hausse ultérieurement).

De même, il est parvenu à réaliser une progression largement plus rapide que celle de la Suisse, qui a pourtant été le deuxième pays le plus dynamique d’Europe continentale, hors micro-États et après le Luxembourg (pays à la fois francophone et germanophone dans son intégralité, et connaissant une croissance démographique d’environ 2 % par an).

Toutefois, et compte tenu de l’effondrement de la natalité au Québec, où le taux de fécondité a dramatiquement atteint 1,38 enfant par femme en 2023, la croissance démographique de cette vaste province repose désormais exclusivement sur l’immigration (à plus de 99 %). Une situation à peu près comparable à celle de la Suisse, où le taux de fécondité a atteint 1,33 enfant par femme, et dont la progression démographique a été due à 95 % au solde migratoire.

Mais l’attractivité du Québec est telle, que la plus grande province canadienne et la deuxième plus peuplée, après l’Ontario, a réussi l’exploit d’afficher en 2023 un solde migratoire presque égal à celui de la France, malgré une population totale près de huit fois inférieure.  

Ainsi, et compte tenu de son rythme de croissance, qui semble se maintenir à un niveau très élevé, comme depuis 2022 (avec une hausse de 46 000 habitants au premier trimestre 2024, soit un écart négatif de seulement 2,5 % par rapport au premier trimestre de l’année dernière), et du rythme de croissance moins rapide et en baisse de la Suisse (qui semble revenir à celui de 2022, mais qui demeure assez élevé pour un pays développé, avec une hausse d’environ 20 000 personnes au premier trimestre), la population du Québec devrait dépasser celle de la Confédération helvétique avant la fin de l’année 2024, pour s’établir à environ 9,2 millions d’habitants (contre environ 9,15 millions).

De même, et suite à la baisse constante de la population de la Biélorussie (autour de 0,5 % par an) et de la hausse généralement assez modérée de celle de l’Autriche, qui devrait croître à court terme à un rythme comparable à celui de 2023, le Québec devrait dépasser la Biélorussie au cours de l’année 2024 (et qui serait peuplée par un peu plus de 9,1 millions d’habitants en fin d’année), avant de passer devant l’Autriche dans la première moitié de l’année 2025, et dont la population devrait se situer entre 9,25 et 9,3 millions d’habitants fin 2025, contre environ 9,4 millions pour le Québec.

Par ailleurs, et contrairement à la Suisse, qui reçoit une immigration très majoritairement européenne, pour des raisons essentiellement géographiques (à 77 % en 2022, hors Turquie, selon les dernières données disponibles), le Québec mène une politique migratoire qui accorde la priorité aux habitants des pays francophones et d’Amérique latine, et ce, contrairement au Canada anglophone qui accorde la priorité à l’immigration asiatique et demeure assez fermé à celle en provenance des autres pays du Sud.

À titre d’exemple, les immigrants permanents originaires de pays arabes (essentiellement francophones pour le Québec) ont représenté 26,9 % de l’ensemble des immigrants permanents s’étant installés au Québec au cours de la période de cinq années allant de 2016 à 2020, et encore présents à la date du dernier recensement de la population canadienne, en 2021, selon les données publiées par Statistique Canada.

Un taux considérablement supérieur à celui observé au Canada anglophone (qui compte également quelques minorités francophones, mais dépourvues de réel pouvoir), où l’immigration originaire de pays arabes, essentiellement anglophones dans ce cas, n’a représenté que 11,4 % du total de l’immigration reçue sur la même période.

Il en est de même pour l’immigration en provenance d’Afrique subsaharienne, également presque entièrement francophone pour le Québec et où elle a représenté 18,6 % du total selon les mêmes critères (contre 10,6 % pour le Canada anglophone), et pour celle en provenance des pays d’Amérique latine, qui a constitué 13 % du total de l’immigration permanente reçue sur la même période quinquennale et encore présents en 2021 (contre seulement 5 % pour le reste du Canada).

Ainsi, ces trois bassins démographiques que sont les pays arabes, l’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine ont représenté 58,5 % de l’immigration permanente totale reçue par le Québec sur la période 2016-2020, contre seulement 27 % pour le reste du Canada.

Par ailleurs, l’immigration originaire d’Amérique latine, essentiellement hispanophone, a un poids particulièrement important au niveau de l’immigration économique temporaire, notamment dans le domaine agricole, ainsi qu’au niveau des demandes d’asile déposées par des migrants ayant traversé ou quitté les États-Unis afin de vivre le rêve québécois. Il est d’ailleurs à noter que le Québec abritait, à lui seul, non moins de 54 % des demandeurs d’asile présents au Canada au 1er janvier 2024.

De très larges pouvoirs en matière d’immigration

La possibilité donnée au Québec d’agir sur l’immigration résulte des pouvoirs très étendus dont il bénéficie en la matière, et constituant une exception obtenue de haute lutte au sein de la fédération canadienne. Des pouvoirs obtenus progressivement à partir de 1974 (lorsque le Québec, autrefois officiellement bilingue français-anglais au niveau provincial, décida de faire de langue française sa seule et unique langue officielle), et qui permettent notamment à cette vaste province de sélectionner l’intégralité de son immigration économique permanente, de peser ainsi indirectement sur le regroupement familial, de décider de la répartition géographique des réfugiés et des demandeurs d’asile (par exemple en plaçant volontairement nombre d’entre eux dans des localités totalement francophones), ou encore de rendre obligatoire l’inscription dans le réseau scolaire francophone des enfants de tous les immigrants s’installant dans la province.

Ainsi, et alors que l’écrasante majorité des descendants d’immigrés de deuxième génération rejoignait et grossissait les rangs de la minorité anglophone jusqu’au milieu des années 1970, ce sont désormais près de 90 % de ces descendants qui intègrent la majorité francophone.

Une évolution qui s’explique également par le fait que la grande majorité des immigrants venant des cinq pays dont les ressortissants sont considérés comme étant les plus difficilement assimilables d’un point de vue linguistique, à savoir les Philippines et les pays du sous-continent indien (Inde, Pakistan, Bangladesh et Sri Lanka), finit par quitter le Québec au bout de quelques années, faute de pouvoir vivre confortablement en anglais.

Par conséquent, la population anglophone du Québec, qui correspond à l’ensemble des personnes utilisant en premier la langue anglaise, comme langue maternelle ou comme langue d’adoption, ne représente désormais plus que 15 % de la population provinciale (environ 15,3 % lors du dernier recensement de 2021).

Cette minorité, aujourd’hui très majoritairement capable de s’exprimer en langue française, se concentre principalement dans l’agglomération de Montréal, qui en accueille 81 % des membres (soit 24 % de la population totale du territoire).

Une présence que l’on retrouve surtout sur l’île de Montréal, partie centrale et poumon économique de l’agglomération, dont elle représente 11 % de la superficie, et qui abrite, à elle seule, 55 % des anglophones de la province (soit 36 % de la population). Autrefois, l’île de Montréal était même brièvement devenue majoritairement anglophone…

Une économie très dynamique pour la province la plus sûre du Canada

La progression démographique rapide du Québec résulte en bonne partie du grand dynamisme économique de la province, qui est devenue, à elle seule et entre autres, un des cinq principaux pôles mondiaux de l’industrie aéronautique, de l’industrie des jeux vidéo et de celle des effets spéciaux cinématographiques. Ce dynamisme se manifeste notamment par la faiblesse du taux de chômage, qui se situe même régulièrement en dessous de la moyenne canadienne. Celui-ci s’est ainsi établi à 5,1 % en mai 2024, contre 6,2 % pour la moyenne canadienne (et 6,7 % pour l’Ontario).

Le quasi plein-emploi et la forte immigration internationale qui caractérisent le Québec s’accompagnent, par ailleurs, d’un niveau élevé de sécurité, et faisant de cette province celle qui affiche régulièrement le taux de criminalité le plus faible de l’ensemble du Canada.

Ainsi, et hors délits de la route, le taux de criminalité s’est situé à 3 508 infractions pour 100 mille habitants en 2022 (selon la définition canadienne assez large de la criminalité), contre non moins de 6 289 pour le Canada anglophone, d’après les dernières données disponibles auprès de Statistique Canada (et une moyenne de 5 668 au niveau national).

Le Canada francophone démontre ainsi au reste du monde que l‘immigration africaine, arabe ou latino-américaine ne menace pas forcément la sécurité, l’équilibre des comptes publics et le bien-être général de la société d’accueil. Elle peut, au contraire, être source de plus-value dès lors que certaines conditions sont respectées en amont et en aval. 

Ilyes Zouari

Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le Monde francophone)

Donald Trump et la gâchette du second amendement

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Trump

Un gamin de vingt ans a tenté d’assassiner l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, en meeting pour sa réélection, il a perdu la vie. Que faisait ce très jeune homme avec une arme de guerre et comment se l’est-il procurée ? C’est sous cet angle que je souhaiterais aborder la réflexion car il est directement lié à l’événement.

Il n’a échappé à personne que ce n’est pas la première fois qu’un personnage de pouvoir a été victime d’une tentative d’assassinat. Si César pouvait ressusciter, il viendrait témoigner à la barre de celui dont il fut victime par Brutus, son beau-fils.

Il n’y a pas de nombreux motifs qui mènent à l’assassinat autres que la vengeance, la démence, l’opposition politique ou les travers humains. Quelles sont les raisons qui ont poussé ce jeune homme à exécuter un acte autant horrible qu’inexplicable ? Les premières investigations soulèvent une présomption de troubles du mal-être mais sans encore une certitude.

Comment ce jeune nouvellement diplômé du secondaire s’est-il procuré cette arme de guerre si terrifiante ? On sait combien le trafic d’armes alimente les délinquants et criminels de ce monde mais on peut affirmer avec certitude que ce n’est pas le fait de la quasi-totalité des citoyens civils car en ce domaine la législation est rigoureuse dans la plupart des pays.

Le cas des États-Unis est à part, car il est le seul État important dans le monde à avoir une législation qui permet aux citoyens l’achat et le port d’une arme sans appartenir à une force de sécurité ou militaire. Le second amendement de la Constitution américaine en est le fondement juridique.

Mais avant de l’aborder, je dois faire part de mon opposition farouche à adhérer à la rapide  explication (très partagée) de la violence comme inhérente à la société américaine. Toutes les études ne pourront jamais me convaincre car de très nombreux autres pays dans le monde connaissent une violence armée d’une manière bien plus considérable.

Restons donc avec une explication objective par le second amendement. Mais au préalable, un rapide rappel s’impose.

Donald Trump, un cas parmi d’autres

Les États-Unis ont connu quatre présidents assassinés si nous excluons de multiples tentatives d’assassinats. Le premier fut Abraham Lincoln en 1865, puis  le président James Abram Garfield en 1881, en 1901 ce fut le cas du président William McKinley pour arriver au cas le plus retenu dans les mémoires car dans une période contemporaine, celui de John Fitzgerald Kennedy.

Quant aux cas de morts inexpliquées, ils sont nombreux mais il faut prendre en compte l’incapacité médicale de l’époque à en diagnostiquer les causes pour des personnes dont l’âge est avancé. Nous voyons bien que l’attentat commis sur Donald Trump n’est qu’un épisode dans un longue histoire américaine.

Le second amendement du Bill of Rights

Tout repose sur ce fameux second amendement du Bill of Rights intégré dans la constitution américaine qu’on peut traduire par « déclaration des droits » :

« Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé. »

La constitution américaine fut rédigée par les Pères fondateurs, à Philadelphie, un texte ratifié par beaucoup d’États. Il est immédiatement apparu que sa rédaction n’avait tenu compte que des institutions et de leur mécanisme. Certains États avaient réclamé l’introduction des droits à l’exemple du Bill of Rights anglais comme condition de rejoindre la fédération et reconnaître la constitution.

Tout avait commencé avec l’indépendance d’un territoire gigantesque qui fut une colonie anglaise. Les nouveaux citoyens voulaient à jamais combattre la tyrannie d’un pouvoir dominant qui, disaient-ils « portait des armes même dans une période de paix ». Ces divers États et communautés, par suspicion envers le pouvoir fédéral, souhaitaient la possibilité d’une défense par tout citoyen.

Pour les convaincre au ralliement, dix amendements constituant le Bill of Rights ont donc été rajoutés sous la présidence du Président Washington en 1791. Inévitablement le rapprochement est fait avec la déclaration de l’Homme et du citoyen de la révolution française qui est antérieure. On y trouve une certaine parenté dans le fond même si elle reste assez lointaine, surtout en considération du second amendement.

Une question de virgule

Depuis cette période le débat est rude et semble interminable sur l’interprétation juridique du second amendement. Dans la première partie, l’interprétation est que le droit de porter des armes est un « droit collectif », celui de la milice (il faut entendre par ce mot une armée).

Il s’agit d’une justification légale tout à fait habituelle dans le droit de la plupart des pays qu’on pourrait interpréter comme équivalente à la notion de « violence légitime de la force publique ».

Mais l’affaire n’est pas si simple car l’écriture du second amendement repose sur une juxtapositions de deux propositions, séparées par une virgule. La seconde phrase, « le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé » crée une grande ambiguïté car elle semble accorder un « droit individuel ». Et voilà pourquoi est né l’un des plus grands débats dans le droit américain.

Jamais les États-Unis n’ont pu sortir de cette controverse malgré plusieurs arrêts de la cour suprême. La jurisprudence de la haute Cour avance pas à pas en restreignant l’utilisation à certains cas puis revient par un autre pas dans un flou inextricable. En l’absence d’un consensus, les États-Unis essaient, bon gré mal gré, de naviguer entre ces deux doctrines. L’interprétation collective est celle de la sécurité militaire et policière, celle de l’individualisation, le droit de l’achat et du port des armes.

Donald Trump, grand défenseur de sa mort

Personne autant que Donald Trump n’a défendu publiquement le second amendement. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est la caricature de l’Amérique ultra-conservatrice, l’Amérique profonde, celle qui se sent exclue par un déclassement. Celle qui s’accroche à un passé nostalgique en lui accordant des valeurs et droits mythiques en opposition avec la marche du temps.

C’est un comble pour un milliardaire qui doit tout au « système », totalement intégré dans le monde des affaires ouvertes au monde, et qu’il combat avec hargne en faisant de lui l’ennemi du peuple.

Cette population totalement hypnotisée par le discours de Donald Trump se sent l’héritière des valeurs historique de l’Amérique. Nul autre que l’un des plus talentueux populistes n’aurait pu aussi bien  saisir l’occasion. Un populisme dont la doctrine première est de dénoncer « l’élite » comme l’ennemi intérieur. Le « deep state », le « négationnisme et le racialisme » sont le terreau de l’extrême droite américaine, Donald Trump est leur gourou.

Ainsi, on retrouve cette vielle revendication de la liberté de porter des armes parfaitement conservée par le second amendement. Il faut pouvoir se défendre contre le pouvoir de Washington, les nouvelles libertés sociétales qui remettent en cause les fondements de la religion et l’invasion des immigrants qui polluent le sang des américains (selon les termes de Donald Trump lui-même) et qui profitent de l’économie américaine à leur dépend.

À deux millimètres près, un très léger mouvement de la tête, et Donald Trump aurait perdu la vie. Quel extraordinaire destin d’un Président dont la balle d’un jeune homme autorisé à se procurer une arme de guerre aurait pu tuer celui qui est l’un des plus grands défenseurs du second amendement.

Quant à ce jeune homme dont l’article semble ne pas faire cas, il est la victime d’une histoire trouble que reprend à son compte Donald Trump. On dit qu’il était un garçon solitaire, très isolé, serait-il prisonnier de troubles mentaux ? Avait-il l’intention de sortir de l’anonymat que lui imposait sa solitude pour une exposition médiatique narcissique ? On dit également que le mobile ne semble pas être politique. On écarte avec raison une quelconque vengeance.

Au fond, qu’importe, que faisait ce gamin avec une arme de guerre, c’est peut-être la vraie question à se poser, Monsieur Trump. Il vous a blessé une oreille et permis de profiter d’une extraordinaire image d’invincibilité auprès de vos adhérents de la secte.

Lui, il a perdu la vie à vingt ans.

Boumediene Sid Lakhdar

Michel Margotton : « La poésie me paraît essentielle »

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Michel Margotton
Michel Margotton.

Michel Margotton (alias M. de Saint-Michel), est un poète d’une grande profondeur, c’est comme une méditation poétique qui s’offre au lecteur. Michel Margotton fait partie de ces rares poètes qui écrivent sous pseudonyme, ce qui intrigue, en ajoutant une part de mystère forçant et élevant l’élan poétique vers les plus hautes cimes où le lecteur tente de saisir ou seulement d’appréhender un sens enfoui ou une rime vagabonde déchirant l’air transfigurant toute la beauté.

Il y a un jaillissement de lumière dans la poésie de Michel Margotton, où les esprits avertis et non avertis s’apaisent et s’immergent emportés par les flots où chemine l’éveil spirituel comme un voyage vers le soi et l’expérience humaine.

La poésie défriche notre jardin intérieur, améliorant notre perception du monde, Michel Margotton nous emporte à travers ses vers libérés des entraves des illusions humaines vers une démarche spirituelle aboutissant à une quête entre le visible et l’invisible, où l’apparent et le caché annihilent la dualité.

La poésie de Michel Margotton fait sortir le meilleur de nous-même, en nous projetant vers l’Un et vers le Tout, tout nous apparaît alors lié dans une parfaite harmonie de la Terre à l’univers.

Michel Margotton est né à Marseille, il a effectué sa scolarité, dans le primaire et le secondaire, à Arles cette ville d’art et d’histoire, située sur le Rhône, dans la région de Provence au sud de la France, une ville réputée qui a inspiré Van Gogh, qui a influencé l’art contemporain exposé à la Fondation Vincent Van Gogh. Autrefois capitale provinciale de la Rome antique, Arles est également renommée pour ses nombreuses ruines romaines, notamment l’amphithéâtre d’Arles, qui accueille aujourd’hui des pièces de théâtre et des concerts. 

Après des études de Lettres à la Faculté Paul Valéry de Montpellier, Michel Margotton a enseigné pendant une trentaine d’années dans les Académies de Lyon et d’Aix-Marseille. Déjà poète adolescent, il a été très tôt attiré par l’écriture et, notamment, l’écriture poétique.

Les recueils de Michel Margotton invitent donc à la réflexion à l’élévation tant spirituelle que philosophique. La nuit et le jour s’entrechoquent, la vie et la mort se côtoient dans l’harmonie, dans une relation d’interdépendance, sachant que l’une ne peut être sans l’autre.

La conscience humaine se trouve bouleversée, bousculée, interrogée, cherchant des réponses dans un monde en toute vitesse, en perte de repères, où l’illusion et le mensonge tendent à remplacer le vrai. La poésie se dresse heureusement salvatrice pour ramener les équilibres perdus.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes un poète à la fois grave et lumineux, vous écrivez depuis longtemps, mais vous n’avez publié que tardivement, qui est Michel Margotton ?

Michel Margotton : Il est toujours difficile, voire impossible, de dire qui l’on est vraiment. C’est sans doute pour cela que la poésie me paraît essentielle : elle seule permet de plonger au plus profond de soi, par-delà les images toutes faites que chacun se fait de lui-même. Traverser le miroir des apparences et des concepts, telle est pour moi la finalité de l’écriture poétique. Lorsque j’écris, je pars en quête de moi-même – quête qui ne peut, évidemment, jamais atteindre totalement son but : il y a en moi (comme en tout être humain) une part toujours mystérieuse que le poème ne définit pas, ne circonscrit pas mais suggère… « Je est un autre » comme dit Rimbaud.

Le Matin d’Algérie : Vous écrivez sous pseudonyme est-ce pour vous extraire du réel pour que puissent librement battre vos ailes comme pour ne pas être souillé par le monde qui vous entoure ?

Michel Margotton : Le pseudonyme permet de bien différencier le « moi social » du « moi créateur », pour reprendre la terminologie de Marcel Proust : le premier représente l’homme extérieur, l’homme public vivant à la surface des choses, résumé à sa biographie ; le second est l’être intérieur, caché aux yeux du siècle, celui-là même d’où naissent les œuvres – le moi véritable : sous le masque visible, à peu près semblable à tous les masques, le visage réel, unique entre tous.

Michel Margotton va, vient, s’agite sur la scène du monde, M. de Saint-Michel écrit.

Le Matin d’Algérie : On sent votre passion pour la mythologie grecque, pouvez-vous nous en parler ?

Michel Margotton : En effet, j’aime particulièrement les mythologies grecque et romaine (C’est d’ailleurs la même, les Romains ayant le plus souvent repris à leur compte les divinités grecques en se contentant de changer leurs noms : Zeus devenant Jupiter, Athéna Minerve, Arès Mars etc…)

C’est en 6ème que m’est venu cet intérêt lorsque j’ai commencé à apprendre le latin et cet intérêt n’a fait que croître au fil des ans. La fiction mythologique nous apprend, à mon sens, beaucoup plus sur l’âme humaine (ses passions, ses craintes, ses désirs…) que tous les livres de psychologie réunis. Sous le couvert de récits fabuleux, elle met à nu les ressorts les plus enfouis de notre psyché ; elle exprime à merveille nos interrogations essentielles face à la Vie, à la Mort – au Destin. Loin d’être simplement une collection de contes plus ou moins curieux d’un temps révolu, elle dévoile l’intimité de ce que nous sommes. Elle est donc Poésie.

Le Matin d’Algérie : Vos recueils élèvent la philosophie et la spiritualité, Friedrich Nietzsche disait « Dieu a aussi son enfer : c’est son amour des hommes », qu’en pensez-vous ?

Michel Margotton : Le chrétien que je suis est d’accord sur ce point avec l’auteur de « L’Antéchrist » ! Le Christ, par sa passion et sa mort, a bien, pour le salut des hommes, vécu l’enfer – mais cet enfer-là débouche sur une lumière surpassant toutes les ténèbres du monde.

Pour adhérer à cela, il faut, bien sûr, accepter l’idée d’incarnation : celle d’un dieu désireux, par amour, d’endosser, à l’exception du péché, la condition humaine – et la souffrance en fait partie…

Le Matin d’Algérie : La France pays des droits de l’homme et des lumières, vient de vivre un moment critique et charnière de son histoire, où l’extrême droite a failli prendre le pouvoir, à votre avis, comment sommes-nous arrivés là ?

Michel Margotton : Les gouvernants français des trente ou quarante dernières années (de droite, du centre ou de gauche) se sont peu à peu coupés du peuple. Enfermés dans un élitisme bon chic, bon genre, ils ont refusé d’entendre, plus ou moins consciemment, ses plaintes et ses colères. Avec arrogance, ils ont pensé qu’en eux seuls résidaient l’intelligence, la raison, la culture ; la « plèbe » n’avait qu’à suivre ce que les « doctes » lui professaient… Ainsi n’ont-ils pas voulu (ou pas osé ?) répondre à ses problèmes quotidiens : immigration incontrôlée, insécurité galopante, effondrement du pouvoir d’achat, dépossession de souveraineté au profit d’une Europe hors-sol et mercantile… D’où la montée des populistes. (Tous les pays européens, d’ailleurs, sont, peu ou prou, dans le même cas de figure.)

Le Matin d’Algérie : Quels sont les poètes qui vous influencent ?

Michel Margotton : Baudelaire est depuis mon adolescence mon poète de chevet : je considère Les Fleurs du Mal comme le livre phare de la poésie française, à la croisée du classicisme et de la modernité, où se mêlent sensualité et mysticisme, vertige de la vie et hantise de la mort…

Parmi les autres poètes français qui ont, sinon influencé, du moins nourri ma création, je peux citer pêle-mêle Ronsard, Hugo (surtout celui des Contemplations), Mallarmé (un maître du Verbe), Lautréamont, O. V. de Lubicz-Milosz (un immense poète trop peu connu, hélas !), Saint-John Perse, Pierre Jean Jouve…

Sans oublier, chez les écrivains étrangers, Dante dont la Divine Comédie est l’un des plus hauts sommets de la poésie universelle !

Le Matin d’Algérie : La création poétique et l’art en général, peuvent-ils changer notre regard sur le monde ?

Michel Margotton : Oui, je le crois fermement. L’art, en effet, nous permet de sortir de nous-mêmes et de nous mettre en contact avec les différentes facettes du réel. Chacun d’entre nous, seul enfermé dans son coin, seul claquemuré dans son ego, a une vision nécessairement univoque du monde ; l’art nous fait prendre conscience de sa diversité, de sa pluralité, de sa complexité : de sa richesse. Il nous ouvre à l’infini des possibles de l’existence…

Mais attention, il ne faut pas être naïf et s’illusionner : si l’art change certes notre regard sur le monde, il n’a pas le pouvoir de changer le monde !

Le Matin d’Algérie : Avez-vous des projets en cours et à venir ?

Michel Margotton : Je suis en train de préparer un recueil comprenant des formes poétiques courtes : monostiques, haïkus, distiques. C’est Twitter qui, il y a quelques années, m’a donné cette idée : comme il était impossible de poster des textes allant, à l’époque, au-delà de 140 caractères, je me suis vu « contraint » de composer des poèmes très brefs – dont le haïku, ce type de poésie d’origine japonaise que j’apprécie particulièrement.

Ce recueil devrait paraître fin 2024 ou début 2025…

Le Matin d’Algérie : Un dernier mot peut-être ?

Michel Margotton : De nos jours, en Europe (je ne sais s’il en est ainsi sur votre continent), la poésie paraît ne pas exister aux yeux du plus grand nombre. Elle est proprement invisible. Invisibilisée par la quasi-totalité des principaux médias qui n’en parlent jamais.

 Je veux espérer, contre toute espérance, qu’elle reviendra un jour à l’honneur et reprendra la place qui est sienne : la première.

Entretien réalisé par Brahim Saci

http://mdesaintmichel.eklablog.com/ 

Livres publiés :

– 2018 : D’Éros & de Thanatos [poésie] (Edilivre)

– 2019 : Mémoire d’un corps anonyme [poésie] (Ed. Spinelle )

– 2021 : Nuit obscure [roman] (Ed. Maïa)

             L’absolu dans la peau [poésie] (Ed. Atramenta)

– 2022 : Douze longs mois d’une vie éphémère [poésie] (Ed. Atramenta)

– 2023: Il faut détruire Babel [poésie] (Ed. du Net)

            Cent précieuses paroles de Divine [poésie] (Ed. du Net)

– 2024: Dionysos et le Crucifié [poésie] (Ed. Atramenta)

Cabale contre la romancière Inaam Bayoud

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Inaam Bayoud
Le livre d'Inaam Beyoud

L’écrivaine et traductrice  algérienne Inaam Beyoud, lauréate du grand prix littéraire Assia Djebbar pour son roman en langue arabe Houaria qui raconte le quotidien d’une femme d’une ville de l’ouest du pays est au centre d’une grande controverse sur les réseaux sociaux.

Certains reprochent à la romancière d’avoir porté atteinte aux bonnes mœurs et aux valeurs morales de la société en raison du caractère « vulgaire et licencieux » de certains passages  de son récit. Ils sont même allés jusqu’à réclamer le retrait du prix qui lui a été décerné par le jury. Rien que ça.

D’autres demandent la censure pure et simple du roman dont ils exigent l’interdiction de  sa publication. Ah l’Algérie n’est pas avare de courageux procureurs de bonnes moeurs. Quant aux défenseurs de liberté de pensée et d’agir, il faut les chercher à la lumière d’une bougie.

Quel courage que de s’attaquer à une romancière au moment où l’arbitraire le plus vil orchestré par le pouvoir s’en prend à des innocents ! De minables scribouillards qu’effarouche la création se découvrent une mission de gardiens de la bonne société. Des larbins en service commandé d’une idéologie d’un autre âge se prennent en redresseurs de torts de création. Pourtant la réalité n’est jamais loin dans le texte de la romancière.

En même temps, personne ne dit rien non plus sur la saleté qui court les rues, la corruption qui gangrène le pays… Il y a mille autres raisons pour s’indigner en Algérie, mais motus et bouche cousue.

Cette cabale contre l’universitaire et romancière Inaam Bayoud a néanmoins suscité la réaction de nombreux internautes qui lui ont exprimée leur solidarité. Ils ont défendu la liberté de création de l’écrivaine qui, disent-ils, est attaquée par ceux qui se sont érigés en « gardiens de la vertu », estimant que le roman relate  « des situations inspirées  du vécu social ».

Dans une pétition diffusée sur le la plateforme  mesopinions.com,  des écrivains intellectuels et  journalistes ont apporté leur soutien à Inaam Bayoud, Assia Ali Moyssa, directrice de MIM Edition et aux membres du jury du prix Assia Djebbar.

« A la suite de la cabale contre la romancière et traductrice Inaam Bayoud et son roman «Houaria» couronné par le prix Assia Djebar 2024 et à la décision de la maison d’édition Mim de mettre fin à son activité sous la pression suscitée par les ennemis de l’art et de la culture, nous, écrivains, éditeurs, libraires, artistes, journalistes, universitaires, intellectuels et citoyens amoureux de l’art et de la culture, déclarons ce qui suit :

Dénonçons avec la plus grande fermeté les attaques indignes et les menaces à peine voilées ou assumés contre eux.

Condamnons les atteintes à la liberté de créer, d’éditer, de publier et de diffuser des œuvres de l’esprit d’où qu’elles viennent.

Apportons notre soutien total à l’auteure, son éditrice et les membres du jury et les assurons de notre entière solidarité.

Demandons à la directrice de Mim édition de revenir sur sa décision de fermer sa maison suite aux pressions subies et l’assurons de notre soutien et de notre solidarité.

Alger, le 16 juillet 2024

Premiers signataires :

Lazhari LABTER, écrivain

Waciny LARED, écrivain

H’mida AYACHI, écrivain

Amin ZAOUI, écrivain

Nacer DJABI, sociologue

Sofia DJAMA, auteure réalisatrice

Arezki METREF, écrivain

Ahmed BENKAMLA, réalisateur

Mohamed ELKEURTI, écrivain

Aziz MOUATS, auteur mémoriel

Maissa BEY, écrivaine

Abdelkader Bouzida, universitaire

Sana BOUZIDA, universitaire

Chahra Bouzida, universitaire

Mourad PREURE, économiste

Meriem GUEMACHE, écrivaine

Lounes BERCHICHE, retraité

Safia BELHOCINE ZEMIRLI, écrivaine

Youcef AIT TAHAR, journaliste

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