Boualem Sansal condamné à 5 ans de prison a retrouvé la liberté
Alors qu’il est incarcéré en Algérie depuis six mois, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a reçu ce mercredi le prix mondial Cino Del Duca, une prestigieuse récompense littéraire française saluant l’ensemble de son œuvre et son attachement indéfectible à la liberté d’expression. Ce prix intervient dans un contexte de tensions diplomatiques aiguës entre la France et l’Algérie, aggravées par le sort de l’écrivain.
Embastillé, condamné à une lourde peine de prison, Boualem Sansal réussit, au grand désespoir de ses sinistres geôliers, de faire entendre sa voix à l’extérieur. Créé en 1969, ce prix, doté de 200 000 euros par la Fondation Simone et Cino Del Duca, distingue un auteur – français ou étranger – dont l’œuvre véhicule un message d’humanisme moderne, aussi bien dans le domaine littéraire que scientifique.
Boualem Sansal rejoint ainsi un panthéon d’auteurs prestigieux comme Andreï Sakharov, Léopold Sédar Senghor, Jorge Luis Borges, Milan Kundera, et, plus récemment, Kamel Daoud, lui aussi algérien, lauréat en 2019.
L’auteur, âgé de 80 ans, a été arrêté en novembre 2024 à l’aéroport d’Alger. Il a depuis été condamné à cinq ans de prison, en mars dernier, notamment en raison d’une interview donnée au média français d’extrême droite Frontières, dans laquelle il affirmait que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires marocains. Ses déclarations ont suscité la fureur des autorités algériennes. Un procès en appel est prévu le 24 juin.
Cette affaire a ravivé les tensions diplomatiques entre Alger et Paris. Depuis l’été 2024, les relations bilatérales sont au plus bas, marquées par une suspension des coopérations, des rappels d’ambassadeurs et l’expulsion réciproque de fonctionnaires. Tandis qu’Alger défend une justice souveraine et indépendante, Paris appelle à un « geste d’humanité » en faveur d’un homme malade – Boualem Sansal est atteint d’un cancer – et emblématique de la liberté de création.
L’éditeur français de Sansal, Gallimard, a mandaté un avocat pour assurer sa défense. Mais ce dernier n’a jamais obtenu de visa pour exercer en Algérie. Cette entrave judiciaire alimente les critiques des défenseurs des droits humains et renforce l’émotion suscitée par sa condamnation.
Le jury du prix Cino Del Duca, présidé par Amin Maalouf, secrétaire perpétuel de l’Académie française, a salué une œuvre « profondément humaniste » et une voix littéraire qui « continue de s’élever au-delà des frontières et des censures ». Le prix sera officiellement remis le 18 juin, sous la Coupole de l’Institut de France, bien que les modalités de cette cérémonie restent à préciser en raison de la situation de l’écrivain.
Auteur du Serment des barbares (1999), roman inaugural dans lequel il dénonçait la montée de l’intégrisme en Algérie, Boualem Sansal a régulièrement été censuré dans son pays, notamment pour Le Village de l’Allemand, qui compare l’islamisme au nazisme. En France, son œuvre a été largement saluée, couronnée par le Grand prix de la francophonie (2013) et le Grand Prix du roman de l’Académie française pour 2084 (2015), une dystopie inspirée de George Orwell.
À travers cette récompense, la fondation envoie un signal clair : au-delà de la crise politique qui mine les relations entre l’Algérie et la France, la liberté de penser et d’écrire reste une valeur non négociable.
Le tapis rouge du Festival de Cannes a vu défiler des légendes, mais ce 19 mai, c’est une histoire venue de Gaza qui a conquis les cœurs et les consciences. Once Upon a Time in Gaza, le nouveau long-métrage des frères Tarzan et Arab Nasser, a été présenté en sélection officielle dans la prestigieuse section Un Certain Regard.
Le film s’ouvre sur une ville meurtrie mais vivante : Gaza, 2007. Yahya, jeune étudiant rêveur, fait la rencontre d’Osama, un petit dealer au grand cœur. Ensemble, ils montent un trafic de drogue sous couverture… dans une modeste échoppe de falafels. Leur projet, aussi audacieux que naïf, est mis en péril lorsqu’un policier corrompu s’en mêle. Entre humour noir, tension sociale et chronique urbaine, le film tisse une fable tragique et tendre à la fois.
Ce récit ancré dans le réel mais raconté avec une poésie crue est porté par un duo de comédiens bouleversants. Il démontre, une fois de plus, la capacité des frères Nasser à mêler le grotesque et le tragique, la politique et l’intime, sans jamais tomber dans le pathos. Le film, produit par Les Films du Tambour et distribué en France par Dulac Distribution, bénéficie des ventes internationales assurées par The Party Film Sales.
L’affiche, signée CheckMorris, évoque une Palestine en clair-obscur, pleine de tension et de tendresse, à l’image du film lui-même. Dans un monde cinématographique souvent sourd à la voix palestinienne, Once Upon a Time in Gaza surgit comme un cri d’art, un souffle de liberté.
« Notre cinéma est un acte de survie. Gaza n’a pas d’industrie du film, pas de salles de cinéma, mais nous avons des histoires. Et personne ne pourra nous empêcher de les raconter, » confiaient les frères Nasser, émus, lors de la conférence de presse à Cannes.
Présenté à quatre reprises pendant le festival, le film a reçu un accueil chaleureux, salué par la critique pour son audace narrative et sa tendresse subversive. Il confirme la place des frères Nasser comme figures majeures d’un cinéma arabe contemporain engagé, libre et profondément humain.
L’un, Yasmina Khadra, vient d’être reçu par Tebboune. Il n’a jamais ménagé ses efforts dans le combat pour la démocratie. Il avait arraché une nomination par Bouteflika à un poste à l’étranger dans une institution connue pour la diffusion du message de l’humanisme du gouvernement de son pays.
L’autre avait soutenu les élections de Tebboune avant d’aller en exil pour faire Le Point sur son combat.
Un troisième est mis en prison par Tebboune, il n’avait pas de visa d’entrée sur le territoire. C’est le moins chanceux dans ce combat des géants.
Ils sont nos représentants pour convaincre le régime militaire à soutenir la culture, les livres et les écrivains, notre combat et notre espoir.
Sans eux nous aurions des écrivains, des journalistes et autres intellectuels qui subiraient la terreur, la censure et l’emprisonnement. Ils contribuent par leur talent à construire une Algérie ouverte à la création et permettre la liberté des esprits.
Et nous, on fait ce qu’on peut avec nos petits moyens, on galère pour un ridicule et minable combat contre la censure des écrits, littéraires ou autres. On aime seulement les livres et défendons en simples soldats subalternes la liberté des écrivains. Chacun son niveau en fonction de ses compétences et talents. Nous nous contentons de faire fonctionner dans les soutes les navires amiraux qui brandissent l’étendard du combat littéraire.
Il y en a même qui se démènent et ne sont même pas capables de choisir des partis politiques de la démocratie dont la performance est de devenir des flottes au service des ennemis. Ils font tout pour essayer d’avoir une bribe de talent dans des journaux militants interdits.
Leurs luttes si peu convaincantes les poussent à de sombres écrits dans les réseaux sociaux. Ils servent et font ce qu’ils peuvent dans l’armée de l’ombre.
Victor Hugo a de la concurrence dans le combat politique pour la démocratie avec nos grands écrivains. Notre amour pour leur liberté et la littérature est bien peu de chose mais elle contribue à leur gloire.
L’accueil fastueux accordé, ce lundi 19 mai, par le président Abdelmadjid Tebboune à l’écrivain Mohamed Moulessehoul, alias Yasmina Khadra, a surpris plus d’un observateur. Photos officielles, honneurs d’État, large couverture médiatique : rarement un écrivain algérien francophone, installé en France et édité à Paris, n’a été aussi ostensiblement célébré par le pouvoir.
Mais derrière l’apparente reconnaissance culturelle, cette scène de réception relève d’un symbolisme politique fort. Elle ressuscite une figure historique : celle du bouffon du roi, personnage autorisé à divertir et à exister dans les cercles du pouvoir… tant qu’il ne le dérange pas.
Boualem Sansal en prison, Kamel Daoud traqué : un contraste saisissant
Ce retour triomphal de Yasmina Khadra sur la scène officielle algérienne intervient dans un contexte particulièrement troublant. Boualem Sansal, écrivain au regard critique sur le système politique, croupit en prison. Kamel Daoud, autre voix majeure de la littérature algérienne contemporaine, fait quant à lui l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux. Leur seul crime : avoir pris la parole, dérangé, bousculé.
Face à cela, le silence de Yasmina Khadra est assourdissant. Aucun mot, aucun geste, aucune réserve exprimée au sujet de ces écrivains muselés. Son acceptation sans condition de cette mise en scène présidentielle devient dès lors plus qu’une simple neutralité : elle s’apparente à une complicité passive. Comme le bouffon du roi, il accepte d’endosser le rôle que le pouvoir lui assigne : celui d’un écrivain consensuel, célébré mais inoffensif.
Ce choix du régime algérien de mettre en avant un écrivain « maison » n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une stratégie plus large : récupérer l’image d’une Algérie cultivée, ouverte, tolérante, en exhibant un auteur reconnu à l’international — mais qui ne remet pas en cause l’ordre établi. Le geste est habile : on célèbre la littérature, tout en la vidant de sa charge subversive. Le message est clair : soyez talentueux, mais loyaux.
Il faut rappeler ici que Yasmina Khadra s’est aussi accommodé du règne de Bouteflika en acceptant le poste de directeur du Centre culturel algérien à Paris avant de tenter de se présenter à la présidentielle contre justement ce dernier.
Yasmina Khadra, en acceptant ce rôle sans le moindre recul critique, semble ainsi délaisser la tradition des intellectuels algériens engagés — de Kateb Yacine à Tahar Djaout — qui voyaient en l’écriture un acte de résistance. Le romancier, dont l’œuvre est pourtant traversée de réflexions sur la guerre, l’exil et la dignité humaine, semble ici avoir choisi la faveur du prince plutôt que la voix du peuple.
Une mise en scène révélatrice
Entre la réception d’un ambassadeur et d’un celle du président de la BAD, Tebboune accueille Yasmina Khadra tout heureux de se retrouver au palais d’El Mouradia. En dernière analyse, cette réception n’est pas simplement une affaire d’agenda culturel. Elle dit quelque chose de l’état du rapport entre pouvoir et création artistique en Algérie. Le régime continue de tracer une frontière claire : d’un côté, les artistes tolérés, récompensés, mis en vitrine ; de l’autre, ceux qui parlent trop fort, qui dérangent — et qu’on enferme, qu’on voue aux gémonies, ou qu’on réduit au silence.
Yasmina Khadra n’est évidemment pas un imposteur. Mais à force de silence et de compromis, il risque de devenir le personnage de cour que l’histoire retiendra moins pour ses romans que pour son alignement sur un pouvoir impopulaire, populiste et qui malmène ceux qui osent parler.
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a mis en garde mardi contre l’influence croissante des Frères musulmans en France, évoquant une « menace claire pour la République » et un risque de « submersion » de la société française.
A peine élu à la tête du parti Les Républicains, le très droitier Bruno Retailleau repart en campagne comme ministre de l’Intérieur. S’exprimant devant des journalistes, le ministre de l’Intérieur a commenté les conclusions d’un rapport confidentiel rédigé par deux hauts fonctionnaires, qui sera présenté mercredi en Conseil de défense. Ce document, selon lui, souligne une menace sérieuse pesant à la fois sur la cohésion nationale et les principes républicains.
Bruno Retailleau a dénoncé une stratégie d’« entrisme » menée par les Frères musulmans, qualifiée d’« islamismeà bas bruit », qui chercherait à infiltrer discrètement divers secteurs de la société : associations sportives, culturelles, sociales, entre autres.
« Le but ultime de ce mouvement est de faire basculer toute la société française sous la charia », a soutenu le ministre, soulignant l’incompatibilité de cette ambition avec les valeurs républicaines.
Bruno Retailleau a ajouté que ce mode d’action rend la menace d’autant plus difficile à détecter, car elle s’appuie sur une progression lente et silencieuse.
Déjà le 11 mai, M. Retailleau avait annoncé que le rapport serait au centre du prochain Conseil de défense présidé par Emmanuel Macron. Classé « confidentiel défense », le document ne sera pas rendu public dans l’immédiat, bien qu’une version allégée soit envisagée ultérieurement.
Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, a également réagi mardi sur Europe 1 et CNews, estimant que ce rapport « vient corroborer des faits réels » et marque « une prise de conscience face à la réalité du danger ». Ses propos faisaient suite à la publication d’extraits du rapport par Le Figaro dans la matinée.
Pour rappel, cette mission avait été confiée en mai 2024 à deux hauts fonctionnaires afin d’évaluer l’influence de l’islamisme politique et du mouvement des Frères musulmans. Le rapport final devait être rendu à l’automne de la même année.
Une folle campagne contre la sorcellerie est lancée par le gouvernement. Rien que ça ! L’évolution importante du phénomène en Algérie et du renforcement des lois à ce sujet, l’athée en est plus qu’étonné, il s’écroule de rire.
Le ministre de la Justice avait déclaré que de nouvelles dispositions aggravaient désormais les sanctions inscrites dans le code pénal pour les actes de sorcellerie. C’est une histoire très ancienne puisque l’ordonnance du 8 juin 1966, portant Code pénal (c’est la formulation juridique), avait dès ce moment prévu l’interdiction de la sorcellerie.
Des lois successives sont venues renforcer les sanctions, la dernière étant celle du 28 avril 2024. L’article 303 bis 42 (l’Algérie est un pays de droit aux articles très détaillés) stipule que les sanctions peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et une amende qui peut atteindre 300 000 dinars. La barre s’élevant à 7 ans en cas de préjudice physique et moral et de 10 ans en cas d’atteinte à l’honneur ou à la dignité d’autrui, ou les actes associés à des faits d’escroquerie.
Il était bien commode de définir la sorcellerie comme des actes de dévotion au diable. L’accusation trouve une légitimité dans la loi canonique dont le texte originel est la Bible. On sait depuis des siècles que le procès en sorcellerie est toujours une défense de l’autorité religieuse dominante contre des croyances et des rites qui la menacent dans son pouvoir.
La sorcellerie est définie, entre autres caractères, comme un acte de dévotion au diable. La source biblique est dans le Deutéronome 18:9-14, Dieu interdit les pratiques occultes telles que la divination et la consultation des esprits des morts.
Durant tout le moyen-âge, les condamnations et exécutions ont été pléthoriques pour des actes jugés hérétiques dont l’un des plus graves, celui de sorcellerie. Bien commode également pour les souverains d’éliminer leurs opposants et ennemis puisqu’ils étaient censés être les garants de la foi catholique.
Jésus le juif, donc d’une communauté d’essence biblique, a bien été dénoncé et crucifié parce qu’il menaçait les marchands du temple (une signification qui est plus large que son acception commerciale) d’une nouvelle approche de la doctrine divine.
L’expression, la chasse aux sorcières, est restée jusqu’à nos jours dans le langage comme signifiant des persécutions pour des raisons qui ne sont plus majoritairement religieuses mais politiques (hélas, dans l’islamisme extrémiste la cause religieuse est encore pleinement la raison).
Qui maintient les régimes autoritaires et les fascismes ? Bien évidemment le « réflexe drapeau » pour contrer l’ennemi extérieur ou intérieur qui menacerait la nation, ses valeurs et sa religion. La sorcellerie et la démocratie menacent directement les deux piliers de la dictature algérienne.
Comme je l’ai dit au début de l’article, cela fait mourir de rire l’athée que je suis. Invoquer l’esprit invisible du ciel en psalmodiant et en faisant couler le sang d’un malheureux mouton, ce n’est pas un acte de sorcellerie, bien entendu.
En conclusion, qui ne connaît pas la célèbre phrase d’Ernest Renan : « L’Église est une secte quiaréussi. » ?
En Algérie, les opposants politiques et les « déviants » de la religion sont les adorateurs du diable promis au bûcher.
Gaza plongée dans la famine par le gouvernement israélien.
Le Royaume-Uni a annoncé mardi 20 mai suspendre ses négociations pour un accord de libre-échange avec Israël et convoquer l’ambassadrice de ce pays au Royaume-Uni, Tzipi Hotovely, en réponse à l’intensification de l’offensive israélienne à Gaza.
Le gouvernement britannique a également annoncé de nouvelles sanctions contre des colons en Cisjordanie, que les autorités israéliennes ont aussitôt qualifiées d’« injustifiables et regrettables ».
L’État hébreu dénonce une « obsession anti-israélienne » de la part du Royaume-Uni et minimise les annonces concernant l’accord commercial. Le Royaume-Uni est le premier pays occidental à prendre une décision aussi ferme devant les massacres que commet l’armée israélienne dans la bande de Gaza.
L’escalade à Gaza est « moralement injustifiable, totalement disproportionnée et contre-productive », a dit le ministre des Affaires étrangères britannique David Lammy devant la Chambre des communes, dans un discours très virulent contre le gouvernement de Benyamin Netanyahu. « Cette guerre laisse une génération d’orphelins et de traumatisés, prêts à être recrutés par la Hamas », a-t-il ajouté.
Devant la famine organisée par l’armée israélienne,vingt-deux pays ont exigé lundi de l’Etat hébreu une « reprise complète de l’aide à la bande de Gaza, immédiatement », demandant qu’elle soit organisée par les Nations unies et les ONG.
L’ONU et les organisations humanitaires « ne peuvent pas soutenir » le nouveau modèle pour la livraison de l’aide à ce territoire palestinien décidé par l’entité sioniste, ont écrit les services diplomatiques de ces pays dans une déclaration commune transmise par le ministère allemand des Affaires étrangères.
Londres a « suspendu les négociations avec le gouvernement israélien sur un nouvel accord de libre-échange », a annoncé David Lammy. Le Royaume-Uni va « réexaminer la coopération » avec Israël, a-t-il poursuivi. « Les actions du gouvernement Netanyahu ont rendu cela nécessaire », a estimé David Lammy, condamnant également les agissements de colons « extrémistes » en Cisjordanie.
Londres a imposé des sanctions financières et des interdictions de voyage contre trois personnes, dont Daniella Weiss, « cheffe de file des colons » déjà visée par le Canada, ainsi que deux organisations. Elles sont accusées d’avoir « soutenu, incité et encouragé la violence » contre des Palestiniens en Cisjordanie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
« Escalade disproportionnée à Gaza »
Selon le gouvernement britannique, Israël était le 44e partenaire commercial du Royaume-Uni en 2024. Les deux pays ont échangé 5,8 milliards de livres (6,8 milliards d’euros) de biens et services l’an dernier. Ils ont ouvert en 2022 des négociations en vue de conclure un accord de libre-échange.
Le secrétaire d’État britannique chargé du Moyen-Orient, Hamish Falconer, a indiqué que l’ambassadrice d’Israël, Tzipi Hotovely, allait être convoquée afin de protester contre « l’escalade totalement disproportionnée de l’activité militaire à Gaza ».
David Lammy a redit qu’Israël avait subi une « attaque odieuse » de la part du Hamas le 7 octobre 2023 et que le gouvernement britannique avait soutenu le droit d’Israël à se défendre. Il a réitéré les appels à libérer « immédiatement et sans condition » tous les otages israéliens encore détenus.
Séraïdi – Avril 2025. Sur les hauteurs d’Annaba, là où les pins se mêlent aux nuages et où l’odeur du jasmin se confond avec celle de la mer, se dresse un lieu presque irréel : l’Hôtel El Mountazah. Là-bas, le temps s’arrête, les souvenirs se réveillent… et les légendes murmurent entre les murs.
Au bout d’un couloir boisé, une porte anodine, la chambre 50, attire les regards curieux. Mais pour ceux qui savent, elle est bien plus qu’une chambre : c’est un lieu de mémoire, un décor sacré, un fragment de pellicule figé dans l’éternité.
C’est ici que fut tournée, en 1972, une partie du film culte Les Vacances de l’inspecteur Tahar (عطلة المفتش الطاهر), réalisé par Moussa Haddad. Dans ce chef-d’œuvre du cinéma algérien, le mythique Hadj Abderrahmane, dans le rôle de l’inspecteur Tahar, partageait l’écran avec Yahia Ben Mabrouk, alias l’Apprenti Boualem. Ensemble, ils formaient un duo irrésistible, tendre et burlesque, dont les répliques résonnent encore dans les mémoires populaires.
Le film débute par une invitation : celle de Mama Traki, héroïne populaire tunisienne, qui convie nos deux enquêteurs à passer leurs vacances à Tunis. Mais avant de quitter Alger, ils font halte à Séraïdi, dans le cadre enchanteur de l’hôtel El Mountazah. C’est là que commence l’énigme : une femme arrive, accompagnée d’un homme. Il prétend être son mari, mais ne ressemble en rien à celui des photos… Une affaire étrange, qui se déplie entre malentendus et filatures absurdes, jusqu’aux ruelles brûlantes de Tunis, où les attend une nouvelle vérité.
Depuis ce tournage, la chambre 50 n’est plus tout à fait une chambre. Elle est devenue un sanctuaire. Une plaque rend hommage à Hadj Abderrahmane, et les visiteurs, nombreux, y entrent en silence. Certains affirment y avoir vu des silhouettes dans les miroirs. D’autres jurent avoir entendu, dans le silence nocturne, une voix rauque et tendre chuchoter :
« Abqa ʿala khir ya ʿaqli… » (« Reste en paix, ô ma raison… »)
Une phrase que l’inspecteur répétait souvent, comme un adieu à la logique dans un monde de fous.
Et dans cette Algérie qui lit aujourd’hui L’Énigme de la chambre 622 de Joël Dicker, une autre énigme s’impose, plus intime, plus locale, plus tendre :
Tout Algérien qui visite l’hôtel El Mountazah a dans le cœur l’énigme de la chambre 50.
Ce n’est pas une enquête policière qu’on y mène. C’est une chasse aux souvenirs. Une recherche d’ombres, de sourires d’enfance, d’un éclat de rire filmé un été. On n’y entre pas comme on entre dans une chambre d’hôtel. On y entre comme on pousse la porte d’un vieux rêve.
Et parfois, à la lueur d’une lampe d’appoint ou d’un rayon de lune, on croit voir l’inspecteur lui-même s’asseoir au bord du lit, l’air songeur, puis sourire, une dernière fois, comme s’il nous disait encore :
Ivan Butel est un auteur, scénariste et réalisateur français spécialisé dans le documentaire de création. Titulaire d’une Maîtrise en philosophie et d’un DESS en réalisation documentaire, il a construit une œuvre engagée et réflexive, explorant la mémoire politique, l’identité européenne et les tensions sociales.
Son parcours cinématographique se distingue par des documentaires à la profondeur historique et à la portée politique reconnues. L’Europe et ses fantômes, interroge l’identité européenne, des origines antiques à la crise grecque, avec la participation d’historiens comme Patrick Boucheron et Paulin Ismard. Conjurer la peur, examine une fresque politique médiévale à Sienne et ses résonances avec les peurs contemporaines. Tarnac – Quand tout déraille, revient sur l’affaire Tarnac, mêlant justice, politique et médias. La Belgique des écrivains, explore les paradoxes du pays entre unité européenne et tensions communautaires. Ses premiers travaux incluent Les 9 Folies de Nietzsche à Turin et Jean. En 2006, il reçoit le 6ᵉ Prix du documentaire historique des Rendez-vous de l’Histoire de Blois pour son scénario Chano.
Son premier roman, De silence et d’or, publié en janvier 2025 aux éditions Globe, retrace le parcours de Sebastian « Chano » Rodriguez, nageur paralympique espagnol, dont le passé militant au sein du groupe armé d’extrême gauche GRAPO refait surface après ses médailles d’or aux Jeux de Sydney en 2000. Ce récit mêle enquête journalistique, portrait intime et réflexion historique sur la transition démocratique espagnole post-franquiste. Ivan Butel y interroge les notions de rédemption, de mémoire collective et de justice, décrivant son livre comme « l’adaptation d’un film qui n’a pas existé ».
Issu d’un environnement intellectuel engagé, il est le fils du journaliste et écrivain Michel Butel, fondateur de L’Autre Journal, et L’Impossible. Cette filiation influence profondément son travail, qui explore les marges politiques, les utopies et les désillusions contemporaines. Son œuvre interroge les cicatrices laissées par l’histoire, la guerre, le terrorisme et la répression, mettant en lumière des trajectoires humaines souvent oubliées ou dérangeantes. Plus qu’un jugement, il cherche à comprendre les contradictions, les silences et les refoulements qui hantent les sociétés européennes.
Son travail s’inscrit dans une culture de la mémoire lucide et engagée, où chaque documentaire et récit devient un acte de transmission et d’interrogation critique. Son approche, alliant rigueur documentaire et sensibilité narrative, fait de lui une voix singulière dans le paysage culturel français. Bien que relativement discret dans les grands médias, il marque les milieux intellectuels, documentaristes et littéraires engagés, imposant une voix exigeante et profondément humaniste.
Son influence dépasse le cinéma documentaire, son regard patient et réflexif inspire une nouvelle génération de réalisateurs soucieux d’aborder les sujets politiques avec subtilité et densité. Ses films servent de support à des débats universitaires ou militants sur la mémoire, la radicalité politique et l’Europe sociale et identitaire. Avec De silence et d’or, il élargit son audience en rendant accessibles ces thématiques à un public plus large. Le roman a suscité des discussions autour du rapport entre rédemption individuelle et mémoire collective, amplifiant la portée de son travail.
Ivan Butel invite à appréhender l’histoire comme un ensemble de forces en interaction, traversé par des conflits, des récits divergents et des blessures encore vives, plutôt qu’une simple chronologie d’événements.
Son œuvre agit comme un contrepoint à l’amnésie politique, en France comme en Europe. Il ne fait pas du bruit, mais il fait sens.
Réalisateur engagé et désormais romancier, Ivan Butel explore depuis plus de deux décennies les zones d’ombre de l’histoire contemporaine. De ses documentaires politiques à son premier roman De silence et d’or, il interroge sans relâche les silences, les contradictions et les récits oubliés qui façonnent nos sociétés. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, ses influences, et sa vision d’un art au service de la complexité du réel.
Le Matin d’Algérie : Ivan, votre travail mêle étroitement l’intime et le politique. Qu’est-ce qui vous pousse à explorer ces zones de friction entre destin individuel et mémoire collective ?
Ivan Butel : Je ne suis pas historien de formation et quand j’aborde des grands sujets (comme ici la question de la dictature franquiste et de la période de la Transition après la mort du dictateur), je le fais avec ma sensibilité, en racontant les choses à la première personne, par le prisme des hommes et des femmes que je rencontre. Dans ce livre je raconte la grande Histoire à travers la « petite » histoire de ces gens, leur vécu.
Ainsi, j’ai réalisé que pour le protagoniste (Cha) les choses ne s’étaient pas seulement jouées dans les manifestations, dans les luttes, dans la rue… mais aussi au niveau du cercle familial, de l’intime, des relations entre frères et sœur ou entre enfants et parents. C’est aussi là que s’est joué le passage à l’acte, la décision de s’engager ! Pour moi, ce livre n’est donc pas juste une fresque politique autour des années Franco, c’est aussi une affaire familiale, une fresque intime.
Le Matin d’Algérie : Vous avez longtemps travaillé dans le documentaire avant de publier De silence et d’or. Qu’est-ce que l’écriture romanesque vous a permis d’exprimer que le cinéma ne permettait pas ?
Ivan Butel : C’est vrai que j’ai commencé par faire des films documentaires… et que j’en fais encore aujourd’hui. Ce livre est comme une parenthèse entre deux films. A l’origine, ma manière de regarder le monde, les gens, c’est avec une caméra. Mais pour cette histoire-là, cela ne suffisait pas. La caméra n’était pas l’outil adéquat. Car dans l’histoire de Cha, tout tourne autour du silence. Et le silence face à une caméra, c’est compliqué ! Alors que dans un livre, cela permet plein de choses. Pour le dire vite : je me suis engouffré dans ses silences, que j’ai peuplé avec mes mots. Ses silences ont libéré une place dans laquelle je me suis engouffré. Et puis, même si c’est une histoire vraie, il y a la littérature, le romanesque… Bref, tout ici m’indiquait que c’était une affaire d’écriture, que ce sont les mots écrits qui devaient transmettre cette histoire extraordinaire….
Le Matin d’Algérie : La mémoire semble être un fil rouge dans votre œuvre. Diriez-vous que vous cherchez à réparer des silences de l’histoire, ou simplement à les faire entendre ?
Ivan Butel : C’est une bonne question… Peut-être les deux à la fois… Je cherche à « faire entendre » les choses qui se sont passées (et qui demeurent en grande partie méconnue, surtout en France), en retrouvant des témoins, en recueillant leur parole, en travaillant sur les archives, les articles de journaux, les films militants (dont un, bouleversant, tourné clandestinement depuis l’intérieur de la prison) … et puis j’espère par-là faire œuvre de réconciliation, d’apaisement, mettre du baume sur les plaies de cette histoire douloureuse qui reste à vif… Je me rends compte que le passé ne passe pas en Espagne. Que ce pays soit encore très divisé en ce qui concerne les questions mémorielles.
Le Matin d’Algérie : Votre roman s’inspire d’une histoire vraie, celle de Sebastian « Chano » Rodriguez. Qu’est-ce qui vous a touché dans cette figure à la fois héroïque et controversée ?
Ivan Butel : Je ne sais pas si je le qualifierais de « héros ». Je ne crois pas qu’il le soit. C’est un champion, un personnage au parcours extraordinaire. Mais il n’est pas un héros. Par contre, ce qui est sûr, c’est que son « cas » fait débat. Les gens ont des avis très différents concernant sa trajectoire. Certains y voient un magnifique exemple de rédemption. Pour d’autres, il est à jamais coupable d’avoir participé à la lutte armée dans son pays…
Tout ceci m’a intéressé. Le fait qu’il soit difficile de résumer son histoire facilement… toutes les questions éthiques et morales que posent son parcours. Mais pour reprendre le terme votre question, je dirais que c’est encore plus que ça : j’ai été littéralement « touché » par ce personnage. Il m’a ému. Nous sommes devenus amis et c’est une rencontre importante dans ma vie. Qu’est-ce qui m’a touché exactement ? Je crois que c’est la ligne de crête sur laquelle il se tient. Cette façon très particulière qu’il a de regarder son passé…
Le Matin d’Algérie : On sent dans vos films et dans votre livre une méfiance envers les récits dominants, les simplifications. Quelle place donnez-vous au doute, à l’ambiguïté, dans votre démarche ?
Ivan Butel : Je suis heureux que vous releviez ce point car il me paraît crucial. Le doute. C’est la base de mon travail. J’ai fait des études de philo autrefois et si j’en garde une chose c’est bien cela : douter sans cesse. De tout. Tout remettre en question. Se méfier de nos certitudes, des apparences. Cette manière de faire est un moteur formidable pour creuser des sujets, pour enquêter, essayer de comprendre l’Histoire, les passions humaines…
Le Matin d’Algérie : Vous êtes le fils de Michel Butel, grande figure de la presse libre. En quoi cet héritage a-t-il influencé votre manière de raconter, de vous engager, ou de résister ?
Ivan Butel : Mon père était un passionné de presse, de politique et de culture. Il a tenté tout au long de sa vie de concilier ces différents univers dans les journaux qu’il a créés (dont le plus connu fut L’Autre Journal, dans les années 80-90). Je crois que j’ai hérité de cette manière de regarder le monde : tenter d’avoir un regard juste sur les choses sans avoir peur de se disperser et de toucher à tout. Au contraire : faire feu de tout bois, ramener le politique au poétique, et inversement. J’ai senti chez lui une confiance face à la vie et à ses difficultés. Je crois qu’il ne m’a pas tant légué un discours politique et un manuel de résistance qu’une façon libre de regarder les choses.
Le Matin d’Algérie : Avez-vous de projets en cours ou à venir ?
Ivan Butel : Je viens de terminer le tournage d’un film sur les traces du philosophe Nietzsche. Je ferai le montage à l’automne et le film sera diffusé sans doute fin 2025, d’abord sur Via Stella (France 3 Corse). Dans ce film, je raconte comment Nietzsche voulait devenir méditerranéen. Il en avait assez d’être allemand et de cette puissance germanique. Il a découvert les rivages de la Méditerranée, Nice, Gênes… Il pensait aussi à l’Afrique, cherchait un autre climat, une autre musique…
Si je m’intéresse à cette figure, c’est parce qu’avec Nietzsche, il y a aussi la question de la violence, du rapport à la loi. Ce sont des thèmes que j’aime aborder encore et encore…
Le Matin d’Algérie : Un dernier mot peut-être ?
Ivan Butel : Puisque vous m’offrez la chance de m’adresser à un lectorat en Algérie, et aux algériens partout dans le monde, je voudrais juste dire qu’en travaillant sur la question mémorielle espagnole, ce passé qui ne passe pas, j’ai souvent pensé à la question algérienne. Pourquoi pas un jour travailler par exemple sur les réseaux Curiel, qui sont liés à l’histoire de ma famille…
La Direction de l’éducation de la wilaya d’Oran a ouvert une enquête urgente à la suite d’une question polémique figurant dans un examen blanc d’histoire-géographie destiné aux élèves de terminale.
La question en cause contenait la mention de la « création de l’État d’Israël », ce qui a immédiatement suscité une réaction des autorités éducatives. Une commission d’enquête a été dépêchée en urgence au lycée Ahmed Medghari, où l’épreuve a été distribuée.
Dans l’attente des résultats de l’enquête, la direction de l’éducation a ordonné la suspension préventive de l’enseignant responsable de la rédaction du sujet. Des mesures disciplinaires définitives seront prises à l’issue de l’examen du dossier par le conseil de discipline.
Le directeur de l’éducation de la wilaya, Abdelkader Oubelaïd, a qualifié cette erreur de « grave » et affirmé qu’elle nécessitait automatiquement la saisine du conseil disciplinaire pour les personnes impliquées. Il a précisé que les membres de la commission d’enquête ont entendu l’enseignant concerné, ainsi que le proviseur de l’établissement et ses collègues enseignant la même matière.
La polémique porte sur la formulation du sujet, qui évoque la création de l’État d’Israël, une expression jugée incompatible avec la position officielle de l’Algérie, résolument solidaire de la cause palestinienne. Le directeur a rappelé que même dans les programmes éducatifs officiels, l’enseignement fait référence à Israël en tant que « entité occupante » et non comme un État reconnu.
Un incident similaire à celui d’Oran s’est récemment produit au département d’anglais de l’université de Ouargla. Des mesures disciplinaires ont été prises à l’encontre d’une enseignante d’anglais qui avait inclus une question sur les personnes transgenres dans un examen de contrôle des acquis.
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