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Géométrie d’un bannissement : Rebrab, symptôme d’un Etat fermé

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Omar Rebrab

Il est des silences plus bruyants que les sentences. Depuis le 9 juillet 2025, le nom d’Omar Rebrab, fils aîné du fondateur de Cevital, circule dans toutes les colonnes économiques d’Algérie, mais en creux, à demi-mot, comme une ombre évincée du jeu. Une décision de justice, brève mais implacable, a ordonné le gel de toutes ses opérations bancaires et interdit à ce dernier d’exercer la moindre activité économique ou commerciale.

À première vue, il ne s’agirait que d’une suite logique à un contentieux ancien. Mais en Algérie, où la justice économique épouse souvent les contours mouvants de la géopolitique intérieure, la chronologie et le profil de la cible disent parfois plus que le texte de la décision.

Une décision juridique au service d’une logique politique

Officiellement, l’affaire repose sur des irrégularités douanières datant de plusieurs années. La filiale EvCon du groupe Cevital aurait importé des équipements industriels surfacturés ou d’occasion, en infraction avec les normes en vigueur. Une enquête est diligentée. Des accusations sont formulées. Rien de neuf dans un pays où l’importation est un terrain miné, soumis à l’arbitraire administratif autant qu’au contrôle des changes.

Mais ce qui surprend, c’est la soudaineté et la brutalité de la mesure : l’ensemble du dispositif bancaire algérien a été mobilisé pour faire obstacle à la moindre transaction de la part d’Omar Rebrab, comme si celui-ci représentait une menace systémique.

Pas une interdiction temporaire. Pas une convocation judiciaire. Une asphyxie économique nette et totale, sans procès public. Comme un bannissement économique.

La double peine des Rebrab : quand l’industriel devient figure politique

Il faut replacer cette décision dans une séquence plus large. En 2020 déjà, Issad Rebrab, patriarche du groupe, avait été condamné à de la prison ferme pour des faits similaires. En 2023, il fut interdit de toute gérance. Omar, héritier direct et artisan de la diversification du groupe vers l’automobile, l’immobilier et la distribution, prenait alors le relais.

Sa réussite avec Hyundai Motor Algérie et sa présence dans des secteurs stratégiques comme la grande distribution, les centres commerciaux ou l’agroalimentaire faisaient de lui bien plus qu’un simple PDG, un acteur majeur de la scène économique, doté d’une surface sociale et médiatique que peu de responsables d’entreprises peuvent revendiquer en Algérie. C’est précisément cela que le pouvoir ne pardonne pas.

L’État algérien tolère les fortunes, parfois même les encourage. Mais il ne tolère pas les indépendances. Quand un conglomérat privé commence à faire de l’ombre à la verticalité du pouvoir politique, à vouloir s’immiscer dans le champ médiatique (comme lors de la tentative de rachat d’El Khabar par Cevital), ou à faire entendre une voix dissonante, il devient un problème d’État.

Une lecture politique difficile à contourner Il faut être d’une ingénuité confondante pour croire à la neutralité de cette décision. Tout dans sa mécanique, son calendrier, sa portée, sa cible, relève de l’acte politique maquillé en technocratie judiciaire.

Car enfin, pourquoi frapper maintenant ? Pourquoi s’acharner sur le fils après avoir neutralisé le père ? Pourquoi ne pas attendre l’issue d’un procès équitable ? Pourquoi verrouiller les banques, interdire toute fonction de gérance, comme si Omar Rebrab devenait soudain un dissident dangereux ou un agent économique subversif ? On devine en creux une volonté d’étouffer un modèle économique non-étatique, de reprendre le contrôle sur les flux de richesse, d’en finir avec les grandes figures économiques devenues trop visibles, trop puissantes, trop libres.

Dans un pays où l’État reste le premier employeur, le premier investisseur et parfois le premier censeur, l’autonomie économique est souvent perçue comme un acte d’insubordination.

Ce que cette affaire révèle de l’Algérie contemporaine

Le cas Omar Rebrab ne dit pas seulement quelque chose de la justice. Il dit tout d’un système. Il révèle une vision ancienne du pouvoir, où l’État ne se contente pas de réguler mais aspire à dominer, à uniformiser, à effacer toute tête qui dépasse. Il signe aussi un retour à l’économie administrée par la sanction plutôt que par l’incitation, par la peur plutôt que par le dialogue.

Dans un moment où l’Algérie aurait besoin de revitaliser son secteur privé, d’attirer l’investissement, de créer de la richesse hors rente pétrolière, la mise au ban d’un acteur comme Rebrab est un signal contraire : le succès économique ne protège pas, il expose. Il ne libère pas, il condamne.

Quand le pouvoir confond autorité et contrôle

Le pouvoir algérien a peut-être gagné une manche. Il a rappelé qu’aucune fortune ne saurait s’émanciper de sa tutelle. Mais il a aussi affaibli le peu de crédibilité qu’il restait à l’idée d’un État de droit économique. Il a dit à la jeunesse que réussir, innover, créer, diversifier (si c’est hors du giron étatique) est un luxe que le pouvoir ne tolérera jamais.

Omar Rebrab est interdit d’exercer. Mais cette interdiction en dit long sur ceux qui l’ont prononcée, ils veulent des sujets, pas des citoyens. Des rentiers, pas des créateurs. Des loyautés, pas des réussites.

Le cas Rebrab : symptôme d’un capitalisme d’État négatif

Dans les systèmes hybrides, où l’économie privée cohabite avec un État profondément centralisé, l’enrichissement privé n’est jamais neutre. Il est toujours, d’une manière ou d’une autre, sous condition de loyauté implicite. La richesse, dans ces contextes, n’est pas un droit issu du mérite ou de l’innovation, mais une délégation précaire accordée par le centre. Elle devient un capital contingent, légitime tant qu’il ne devient pas autonome. Dès que ce capital prétend à une forme de souveraineté (dans le discours, dans la presse, dans l’ambition industrielle) l’État l’interprète comme une trahison.

Omar Rebrab, en incarnant un capitalisme moderne, structuré, internationalisé, a franchi une ligne rouge invisible. Il a voulu faire du privé une force motrice, non pas subordonnée mais parallèle à l’État. En Algérie, cela ne s’appelle pas une ambition, cela s’appelle une menace.

Ce que l’on observe ici, c’est le fonctionnement typique d’un capitalisme d’État à tendance défensive, où le secteur privé ne peut exister qu’à l’ombre du pouvoir. Non pas pour créer de la richesse libre, mais pour renforcer symboliquement la puissance de l’État lui-même.

L’économie comme théâtre de pouvoir, non comme espace de production

L’Algérie contemporaine n’a pas encore basculé dans une économie de marché véritable. Ce qui y prévaut, c’est un système d’économie d’autorisation, où les licences, les exonérations, les permis, les crédits, les importations, les marges bénéficiaires sont négociés avec le politique, et non dictés par les lois du marché.

L’argent ne circule pas, il s’obtient. L’entreprise ne grandit pas, elle s’aligne. Le mérite n’est pas récompensé, il est toléré, tant qu’il ne dérange pas. Dès lors, l’affaire Omar Rebrab prend une portée beaucoup plus large, elle devient un révélateur du pacte implicite entre l’État et le capital privé. Ce pacte est simple, tu peux être riche, à condition de ne jamais prétendre à une quelconque indépendance symbolique.

Tu peux investir, mais sans t’exprimer. Tu peux bâtir des usines, mais pas des récits. Rebrab a brisé ce pacte. Il a voulu être un homme d’influence dans un pays où l’influence est réservée aux militaires, aux chefs de clans, aux représentants de la souveraineté de façade. Il a voulu montrer qu’un capital algérien pouvait être stratège, visionnaire, non inféodé.

Le système, lui, a montré qu’il ne tolère que les fortunes silencieuses ou les fortunes serviles.

Le pouvoir algérien face à la notion de « sujet économique »

L’un des plus grands échecs idéologiques de l’Algérie indépendante, c’est de n’avoir jamais fait émerger de « sujet économique » libre. C’est-à-dire un citoyen producteur, entrepreneur, inséré dans une logique de responsabilité et de compétition, et non de distribution et de loyauté.

Le régime n’a pas cultivé une classe d’industriels autonomes, mais des clientèles : des patrons de l’import, des concessionnaires protégés, des partenaires passifs du système. Le cas Rebrab était une rare exception. Un entrepreneur de la deuxième génération post-indépendance, ayant bâti un groupe diversifié, résilient, qui parlait d’export, d’innovation, de valeur ajoutée.

Ce type de profil est incompatible avec l’ADN du système, fondé sur le contrôle et la rente. Car il rompt avec le schéma mental selon lequel la richesse ne doit pas précéder la légitimité politique.  

Rebrab, ou l’anti-modèle dans une économie de façade

L’Algérie aime proclamer qu’elle veut un secteur privé fort. Elle le dit dans les discours, dans les plans quinquennaux, dans les forums d’investissement. Mais chaque fois qu’un privé devient réellement fort, il est rappelé à l’ordre. Comme si l’État ne pouvait supporter que des simulacres de capitalisme, jamais des forces réelles. Comme si la croissance du privé ne devait jamais menacer le monopole moral de l’État sur la réussite.

Omar Rebrab, à travers sa trajectoire, a montré une chose essentielle : que l’indépendance économique était possible sans collusion, sans capture, sans allégeance.

Cela, dans un État autoritaire, est un crime. Non pas au sens juridique, mais au sens symbolique. On ne défie pas le système en faisant de l’argent, on le défie en montrant qu’on n’a pas eu besoin de lui pour le faire.

Vers un avenir sans capital national ?

En sanctionnant les Rebrab, l’État algérien ne fait pas que neutraliser une famille d’industriels. Il envoie un message à toute une génération : « Si tu veux réussir, fais-le en silence. Ne rêve jamais d’autonomie. » C’est le contraire d’un projet de modernisation. C’est l’enterrement programmé d’un tissu économique libre, remplacé par des start-up sponsorisées, des vitrines de modernité sans ancrage ni pouvoir réel.

Car l’économie moderne n’a pas besoin seulement de lois. Elle a besoin de figures. D’exemples. De visages. De récits d’émancipation. En brisant l’image d’un Rebrab, le régime détruit aussi la possibilité de croire que l’on peut réussir ici, sans demander la permission. Il reconduit ainsi l’ethos rentier, celui de l’attente, de la soumission, de la dépendance.

Contre-modèles géopolitiques : ce que d’autres États ont compris

Sans être un parangon de liberté, le Maroc a compris une chose fondamentale : il faut encadrer le secteur privé, non l’humilier. Il a su faire émerger des groupes puissants (OCP, Attijariwafa Bank, Akwa Group…) en les insérant dans une stratégie nationale d’ouverture, d’exportation, de diplomatie économique.

Résultat : des partenariats avec l’Europe, la Chine, les États du Golfe. Une industrie automobile florissante. Des IDE en croissance. Même l’État y trouve son compte : il conserve la main, mais délègue l’exécution.

La Turquie d’Erdogan, Là aussi, le pouvoir central reste fort. Mais le régime islamo-nationaliste a intégré les « Tigres anatoliens », ces patrons pieux et patriotes venus de l’intérieur, dans son projet de développement. Il a créé une bourgeoisie industrielle conquérante, qui s’est imposée comme le bras économique de l’ascension turque.

La logique : on peut dominer sans étouffer. Encadrer sans empêcher. Transformer l’entrepreneur en levier, pas en suspect. La Malaisie, le Vietnam, l’Indonésie, ces pays, partis de structures autoritaires post-coloniales, ont compris que le passage à la modernité passe par la libération encadrée du capital privé.

Ils ne font pas l’apologie du capitalisme débridé. Mais ils ont identifié l’ennemi principal : la stagnation, pas la réussite.

Manifeste final : pour une refondation de l’État algérien autour de la liberté productive

Il est temps de poser la question à nu : à quoi sert l’État si ce n’est à rendre possible ce qu’il ne peut faire lui-même ? Un État qui réprime l’initiative, qui sabote l’excellence, qui punit l’autonomie, ne défend pas l’intérêt national : il défend sa propre peur. Repenser l’État algérien, ce n’est pas le priver de sa souveraineté. C’est lui rappeler sa mission première : assurer la fluidité des forces vives, non leur domestication. Le secteur privé n’est pas un ennemi de l’État. Il en est la conséquence logique. Il est ce qui advient quand l’État réussit à créer de la confiance, de la stabilité, de la prévisibilité.

Ce qu’il faut en Algérie, ce n’est pas un État fort. Ce n’est pas un État faible. C’est un État suffisamment mature pour ne pas s’offusquer d’être dépassé par ses enfants. Un État qui ne craint pas que surgisse un Rebrab, une autre Issaba d’hommes libres et bâtisseurs, mais qui leur dise : « Allez plus loin que moi. Ce sera ma fierté, non ma fin. »

Rabia Hassanine

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Gaza : plus de trente pays réunis à Bogota pour des mesures concrètes contre Israël

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Gaza

À l’initiative du Groupe de La Haye, un « sommet d’urgence » se tient ce 15 juillet à Bogota en Colombie pour déclarer des « mesures concrètes» et tenter de mettre fin au drame qui se déroule dans l’enclave palestinienne depuis octobre 2023. Une trentaine de pays issus de tous les continents doivent y participer. 

Alors que les négociations indirectes piétinent entre Israël et le Hamas sur un cessez-le-feu dans le territoire palestinien dévasté par 21 mois de guerre, que les diplomaties occidentales demeurent plus que timorées vis-à-vis d’Israël quant au non-respect du droit international et humanitaire, le Groupe de La Haye entend porter sa voix et dépasser le cap des paroles en passant aux actes. Il organise une conférence historique à laquelle doivent participer plus de trente États issus des quatre coins du globe.

La barre des 58 000 morts a été franchie dans la bande de Gaza, en majorité des femmes et des enfants. Une dévastation qui met chaque jour un peu plus en exergue l’échec des cadres juridiques internationaux à protéger les civils. « Face à ce constat, plusieurs nations ont pensé que ce serait une bonne idée de réunir un groupe d’États pour essayer non pas de créer du nouveau droit international qui existe déjà, non pas pour exhorter, pour appeler à, pour condamner, mais pour appliquer des mesures concrètes de la part des États, c’est à dire des politiques concrètes, de façon collective et coordonnée, pour mettre fin au carnage, pour mettre fin au génocide. Quand sur des sujets précis, les États s’unissent et lèvent leurs voix, ils ont plus de poids et d’influence que lorsqu’ils sont isolés », explique Guillaume Long, conseiller diplomatique principal du Groupe de La Haye. 

« Si la Palestine meurt, l’humanité meurt »

Jusqu’à présent, des actions contre l’impunité des exactions israéliennes ont été menées de manière individuelle : l’Afrique du Sud a saisi la Cour internationale de justice pour violation présumée de la Convention sur le génocide de 1948, rejointe par d’autres États, des navires chargés d’armes en direction de l’État hébreu ont été bloqués par la Namibie et la Malaisie. En mai 2024, la Colombie a rompu ses relations diplomatiques avec Tel-Aviv. Une décision prise « pour cause de gouvernement, de président génocidaire, avait alors lancé le président Gustavo Petro. On ne peut accepter le retour des époques de génocide, d’extermination d’un peuple entier devant nos yeux, devant notre passivité. Si la Palestine meurt, l’humanité meurt. On ne laissera pas mourir la Palestine, tout comme on ne laissera pas mourir l’humanité. » La Colombie qui, comme le Brésil, soutient la procédure historique intentée par Prétoria contre Israël devant la CIJ. 

L’union faisant la force, selon l’adage, le 31 janvier 2025, à La Haye aux Pays-Bas, siège des principales juridictions internationales, neuf pays se mobilisent avec pour objectif de responsabiliser Israël sous le droit international. « L’esprit principal du groupe de La Haye est une réponse internationale face à la frustration que ressentent beaucoup d’individus mais aussi de diplomates avec le fait que le droit international, aujourd’hui, n’est pas appliqué, alors qu’il est plutôt fort en ce qui concerne la Palestine. Le premier “cri” du Groupe de La Haye est vraiment une défense du droit international, pointe Guillaume Long. C’était vraiment : “Voilà, nous sommes des pays très lointains [l’initiative revient à l’Afrique du Sud pour l’Afrique, la Malaisie pour l’Asie et la Colombie pour l’Amérique latine] et pourtant, nous n’acceptons pas ce génocide. Nous n’acceptons pas cette absence d’action de la part des États qui pourtant ont des obligations juridiques et qui ne les appliquent pas. Donc, cela a vraiment été la logique, tout simplement une logique de défense du multilatéralisme. »  

Le Bélize, la Bolivie, la Colombie, Cuba, le Honduras, la Malaisie, la Namibie, le Sénégal et l’Afrique du Sud fondent ainsi le Groupe de La Haye. Quelques jours après, le Bélize, petit pays très dépendant des États-Unis, se retire du groupe face « aux intimidations certaines qu’il a dû recevoir », confie une source souhaitant rester anonyme au sein du Groupe de La Haye. 

Dans leur déclaration conjointe, ils affirment être « guidés par les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies, ainsi que par la responsabilité de toutes les nations de défendre les droits inaliénables, y compris le droit à l’autodétermination, qu’elle consacre pour tous les peuples ».

Se disant « attristés de rester passifs face aux crimes internationaux » commis par Israël, ils déclarent être « déterminés à remplir [leurs] obligations pour mettre fin à l’occupation israélienne de l’État de Palestine et soutenir la réalisation du droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination, y compris le droit à un État palestinien indépendant ». 

Le Groupe de La Haye s’inspire de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud qui commence dans les années 1960-70 au niveau international. À l’époque ce sont d’abord des pays post-coloniaux subsahariens qui lancent le mouvement, ce dernier prenant ensuite de plus en plus d’ampleur dans ce qu’on appelle alors le Tiers-Monde, aujourd’hui le Sud global. La contestation pénètre au sein même du Commonwealth.

En 1977 le Conseil de sécurité des Nations unies, face à cette action collective des États, accepte d’imposer un embargo sur la vente d’armes. Un acte très symbolique dans la chute du régime d’apartheid. Aujourd’hui encore, le sujet « armement » inspire beaucoup le groupe de La Haye, tout comme le thème des réactions collectives, de l’action collective du Sud global : pour avoir plus de force, notamment dans les négociations, il faut négocier de façon collective.  

RFI

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36 000 policiers mobilisés pour sécuriser les plages, selon Merad

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Brahim Merad,
Brahim Merad,

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, a indiqué, lundi, depuis la wilaya de Tlemcen, qu’environ 36 000 policiers ont été mobilisés pour sécuriser les plages à travers le territoire national, durant la saison estivale en cours.

Dans une déclaration à la presse, à l’issue de l’inauguration du nouveau siège de la Sûreté de daïra et un célébatorium pour les éléments de la police nationale à Maghnia, dans le cadre de sa visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Tlemcen, M. Merad a souligné que «cette infrastructure vient renforcer les capacités sécuritaires dans cette zone frontalière», en insistant sur l’importance que la Sûreté nationale accorde à la sécurité et à la protection des citoyens.

Le ministre a également mis en avant le rôle essentiel de la police dans la lutte contre les fléaux sociaux notamment la drogue en témoigne, a-t-il soutenu « les opérations qualitatives menées par la police contre ceux qui tentent de nuire à la patrie, à la société et à la jeunesse».

Par ailleurs,  dans la zone industrielle de Bendamou, dans la même commune, M. Merad a remis un arrêté de concession à un investisseur privé opérant dans la production de chocolat, projet qui permettra la création de 360 postes d’emploi avant de suivre un exposé sur une unité de statut privé de production de fer, et d’inaugurer un projet de station d’épuration et de relevage dans cette zone industrielle.

Le ministre poursuivra sa visite avec l’inspection de la zone industrielle de la commune d’El-Aricha, qui s’étend sur 400 hectares.

Il recevra, par ailleurs, des présentations sur le programme de préparation inhérent à l’installation des nouvelles circonscriptions administratives, ainsi que sur les projets des sièges administratifs à El-Aricha, de deux hôpitaux à El-Aricha et Sidi-Djilali, d’une piscine et d’une bibliothèque publique à El-Aricha.

Le ministre présidera également  la cérémonie d’inauguration d’un centre de stockage intermédiaire de céréales du village El Aribat (commune de Aïn-Amir), et une autre signature de la convention de transfert de cette infrastructure à la Coopérative des céréales et des légumes secs (CCLS).

 M. Merad procédera, enfin, à la pose de première pierre de deux projets: un lycée dans le quartier Ouzidane (commune de Chetouane), et des logements promotionnels aidés (LPA) au profit des éléments de la Sûreté nationale dans le quartier Abou-Tachfine, à Tlemcen-ville, note-on.

APS

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Pétrole : le baril du Brent grimpe à 70,44 dollars

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Pétrole

Les prix du pétrole ont enregistré une légère hausse lors des échanges asiatiques précoces ce lundi, poursuivant ainsi leurs gains qui ont dépassé 2 % depuis vendredi dernier.

Les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 8 cents pour atteindre 70,44 dollars le baril, prolongeant leurs gains de 2,51 % enregistrés vendredi.

Les contrats à terme sur le brut américain West Texas Intermediate (WTI) ont atteint 68,50 dollars le baril, en hausse de 5 cents, après avoir clôturé en hausse de 2,82 % lors de la séance précédente.

La semaine dernière, le Brent a progressé de 3 %, tandis que le WTI a enregistré des gains hebdomadaires d’environ 2,2 %, après que l’Agence internationale de l’énergie a déclaré que le marché pétrolier mondial pourrait être plus tendu que ne le suggèrent les premiers indicateurs, avec une demande soutenue par l’augmentation des taux de fonctionnement des raffineries pendant le pic estival pour répondre aux besoins en voyages et en production d’électricité.

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Wajdi Riahi Trio au Palais Barbizet : un jazz méditerranéen, entre mémoire et lumière

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Wajdi Riahi Trio

Avant-dernier soir du festival Marseille Jazz des cinq continents, dans le cadre de Jazz Club 222, coproduction du Conservatoire Pierre Barbizet – Campus Art Méditerranée et du festival.

Sous les voûtes historiques du Palais Carli, devenu Conservatoire Pierre Barbizet en hommage au grand pianiste marseillais, la musique a pris samedi soir une dimension presque sacrée. Trois musiciens, venus de Tunis, Bruxelles et France, ont tissé ensemble un récit sonore où se mêlent jazz contemporain et racines méditerranéennes, dans un dialogue intime et profond.

Au piano, Wajdi Riahi, jeune prodige tunisien, déploie un lyrisme puissant et délicat, porteur d’une émotion rare. Il est accompagné par Basile Rahola, contrebassiste bruxellois, et Pierre Hurty, batteur français, avec lesquels il forme un trio à la fois complice et libre, capable de naviguer entre les eaux profondes du jazz et les rythmes anciens du Maghreb.

Le répertoire présenté, tiré de leur deuxième album enregistré en 2023 au légendaire studio La Buissonne, puise dans les musiques ancestrales du Maghreb, en particulier les rythmes du Stambeli et de la musique Gnawa.

Cette rencontre entre tradition et modernité donne naissance à une musique organique, fluide, qui semble respirer au rythme des mémoires et des paysages méditerranéens.

La musique de Wajdi Riahi, par la richesse de sa rythmique au piano, possède une vertu presque thérapeutique. Elle témoigne de son attachement profond à cette culture méditerranéenne qu’il insuffle avec élégance dans un jazz contemporain à la fois subtil et lumineux. Le morceau « Hymn To Stambeli » est un hommage vibrant à un rite de possession tunisien, proche par ses racines des musiques gnawa marocaines.

Mais c’est surtout la pièce instrumentale « Lala Fitima » qui a touché le public au cœur. Wajdi raconte qu’enfant, isolé dans sa chambre, il jouait cette mélodie au piano lorsque son grand-père l’interrompit, lui demandant : « Connais-tu la chanson Lala Fitima ? » Cette question fut un appel à renouer avec ses origines, une révélation intime. Depuis, ce morceau est devenu un hommage à Mhamdia, quartier populaire de Tunis où Wajdi a grandi. Par cette composition, les notes deviennent prière, les rythmes murmures des ruelles, les silences caresses d’enfance — un véritable voyage entre mémoire collective et lyrisme personnel.

Le concert a également mis en lumière d’autres pièces fortes, comme « Agréé Hypocrite or Live », aux textures modernes et incisives, et « Yala Quawmi », chanson orientale où se mêlent avec grâce mélodies méditerranéennes et improvisations jazz.

Sous les voûtes du Palais Barbizet, le trio a fait naître un souffle musical vibrant, une lumière douce et éclatante, où chaque note résonne avec humanité et liberté. Ce jazz enraciné et libre incarne un pont vivant entre héritages ancestraux et création contemporaine.

L’album Essia confirme le talent prometteur de cette jeune génération de musiciens qui, entre mémoire et invention, font vibrer les racines méditerranéennes dans un écrin moderne et lumineux.

Djamal Guettala

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États-Unis : Donald Trump donne 50 jours à la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine

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Trump
Trump

Donald Trump, qui s’est dit lundi 14 juillet une nouvelle fois « déçu » par son homologue russe Vladimir Poutine, a donné à la Russie 50 jours pour mettre fin à la guerre sous peine de sanctions sévères, et annoncé l’envoi prochain à travers l’Otan d’un grand nombre d’armes à l’Ukraine. Ce faisant, le président américain a clairement montré que sa patience vis-à-vis du président russe était arrivée à bout. 

Le président Donald Trump a déclaré lundi 14 juillet qu’il punirait la Russie avec des tarifs douaniers s’il n’y avait pas d’accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine dans les 50 jours, le dernier exemple de sa frustration croissante envers le président russe Vladimir Poutine. Trump a fait cette annonce lors d’une réunion dans le Bureau ovale avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.

« Nous allons imposer des droits de douane très sévères si nous ne parvenons pas à un accord dans les 50 jours », a déclaré le président républicain. Il a précisé qu’il s’agirait de « droits de douane secondaires », c’est-à-dire qu’ils cibleraient les partenaires commerciaux de la Russie afin d’isoler Moscou dans l’économie mondiale. « J’utilise le commerce pour beaucoup de choses », a ajouté Trump. « Mais c’est excellent pour régler les conflits. » « Si nous n’avons pas un accord d’ici 50 jours, c’est très simple, (les droits de douane) seront à 100% et c’est comme ça », a-t-il ajouté.

Des achats d’armements américains par les Européens pour des « milliards et des milliards » de dollars 

Outre la menace de droits de douane, Donald Trump et Mark Rutte ont discuté d’un projet de modernisation du réseau d’armement américain. Les alliés européens prévoient d’acheter du matériel militaire puis de le transférer en Ukraine. Donald Trump a déclaré que ces achats représenteraient des « milliards et des milliards » de dollars. Donald Trump se dit satisfait de voir l’Europe dépenser davantage pour la défense après que de nombreux membres de l’Otan, lors d’un récent sommet à La Haye, sont convenus d’augmenter les dépenses à 5 % de leur PIB. « Leur état d’esprit est incroyable », a déclaré Trump. « Au final, avoir une Europe très forte est une bonne chose », a-t-il ajouté.

Mark Rutte a déclaré que l’Allemagne, la Finlande, le Canada, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et le Danemark figureraient parmi les acheteurs potentiels pour l’Ukraine. Il a ajouté que « la rapidité est essentielle ici » et que ces livraisons devraient inciter Poutine à « reconsidérer » les négociations de paix.

RFI

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« Tifawin » : lumières d’art et d’identité chaouie

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Noureddine Tabrha
Noureddine Tabrha

Au cœur des montagnes de l’Aurès, une lumière singulière éclaire le travail de Noureddine Tabrha, artiste autodidacte, discret mais habité par une profonde exigence esthétique. Son exposition Tifawin, qui signifie « Les lumières » en langue amazighe, propose un voyage intérieur où s’entrelacent héritage chaoui, recherche plastique contemporaine et désir d’élévation.

Dans cet entretien, il nous parle de son parcours, de sa démarche artistique, de ses racines et des défis auxquels font face les créateurs dans les régions oubliées de l’Algérie.

Le Matin d’Algérie : Votre exposition porte le titre Tifawin, qui signifie « les lumières » en berbère. Pourquoi ce choix ? Quelle symbolique revêt-il dans votre parcours artistique ?

Noureddine Tabrha : Tifawin signifie « les lumières », un mot porteur d’espoir et d’élan intérieur. Ce titre résume ma quête artistique : ces instants d’éclat qui illuminent le regard et ravivent en nous le désir de vivre, de créer, de rêver. L’art, à mes yeux, est l’âme qui anime le corps, une lumière qui le traverse. Tifawin, c’est aussi le fruit de longues années d’expérimentation, de passion, d’errance parfois, à la recherche d’une clarté au milieu de l’obscurité – sur la toile comme dans la vie.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes un artiste autodidacte. Comment sont nés vos débuts artistiques dans les montagnes de l’Aurès ? Qu’est-ce qui vous a poussé vers la peinture et la sculpture ?

Noureddine Tabrha : Peu importe qu’un artiste soit autodidacte ou formé dans une école. Ce qui compte, c’est la manière dont il digère ses expériences et forge une vision singulière. J’ai grandi dans les montagnes de l’Aurès, un environnement austère mais lumineux, où la nature m’a parlé bien avant que je comprenne son langage. Ce monde visuel m’a habité dès l’enfance, avant même que je réalise qu’il s’agissait d’art. Peindre, sculpter, créer n’était pas un choix intellectuel, mais une nécessité intérieure. Pour moi, l’art est un acte de fidélité à l’humain, à la beauté, une manière de transformer l’expérience en langage.

Je refuse les enfermements dans un style ou une école : je m’inscris dans une ouverture continue vers tout ce que les arts plastiques d’aujourd’hui peuvent porter de vivant et d’universel.

Le Matin d’Algérie : Votre travail est nourri de symboles liés au patrimoine et à la mémoire collective. Quelle place la culture chaouie occupe-t-elle dans votre démarche artistique ?

Noureddine Tabrha : La culture chaouie n’est pas seulement présente dans mon art : elle est ma matrice. C’est la langue, les paysages, les gestes, les silences, les couleurs de mon enfance. C’est à elle que je reviens dès que je cherche un sens ou un ancrage. Mais faire vivre une culture ne signifie pas répéter le passé. C’est l’interroger, la réinterpréter avec des formes nouvelles, sortir des stéréotypes. Nous avons besoin de repenser notre rapport à l’héritage. L’art est, pour cela, un outil précieux. J’ai choisi de défendre mon identité en misant sur la beauté : une beauté ancrée mais ouverte, qui parle autant du local que de l’universel.

Le Matin d’Algérie : Comment articulez-vous vos racines avec la modernité ? Est-ce une tension ou une harmonie ?

Noureddine Tabrha : Je le vis comme une harmonie. Les racines, si elles ne sont pas nourries, s’assèchent. Elles ont besoin d’eau, d’air, de mouvement. L’art est cette sève. Si l’on se fige dans le passé, on devient stérile. Il ne s’agit pas de rompre avec nos ancêtres, mais de dialoguer avec eux dans un langage d’aujourd’hui. Je me vois comme un prolongement de leur mémoire, mais avec un regard contemporain. Ce n’est ni nostalgie ni rupture, c’est une continuité vivante, créative, audacieuse.

Le Matin d’Algérie : Vous travaillez à la fois la peinture et la sculpture. Comment choisissez-vous vos matériaux ? Avez-vous une matière de prédilection ?

Noureddine Tabrha :L’art contemporain a bousculé les cadres. Ce n’est plus la matière ou le style qui comptent, mais la sincérité du geste et la justesse de la forme. Pour moi, le matériau n’est pas un simple support : c’est un partenaire expressif. Chaque matière a son énergie, sa voix. À nous de l’écouter.Je n’ai pas de matériau fétiche : tout dépend du moment, du projet, de ce que je veux dire. L’étain, par exemple, peut parfois exprimer plus de noblesse qu’un métal précieux, s’il est travaillé avec vérité. L’essentiel, c’est l’harmonie entre l’idée, la forme et le ressenti

Le Matin d’Algérie : Vous avez dit que l’art est « souffrance » et « défi ». Que vouliez-vous dire par là ?

Noureddine Tabrha : Créer n’est pas un luxe. C’est un combat, surtout dans les marges. Il faut faire face au manque de moyens, à l’isolement, à l’incompréhension parfois. Cela demande une volonté tenace et une foi inébranlable. Mais c’est aussi une joie profonde. Extraire la beauté de la douleur, offrir une lumière dans la grisaille : voilà la mission de l’artiste. Il ne donne pas des réponses, mais il pose des questions, il ouvre des brèches, il trouble et il éclaire.

Le Matin d’Algérie : Quel rôle pensez-vous que l’artiste doit jouer aujourd’hui en Algérie ? Vous considérez-vous comme une conscience collective ?

Noureddine Tabrha : L’artiste est là pour éveiller, activer les sens, faire voir autrement. Il révèle la beauté cachée des choses simples. Il n’a pas besoin d’institution pour exister : sa légitimité vient de sa sincérité.Je ne prétends pas être une conscience collective, mais je tente d’être une voix juste. Une voix qui relie, qui reflète les émotions, les douleurs, les espoirs. Une voix qui croit au pouvoir tranquille de la beauté.

Le Matin d’Algérie : Vous dirigez la Galerie Landon à Biskra. Comment évaluez-vous la scène artistique dans les Aurès aujourd’hui ?

Noureddine Tabrha : La Galerie Landon est un lieu que nous avons voulu libre, vivant, tourné vers l’authenticité. C’est une réponse aux pratiques usées de l’exposition figée. Nous avons accueilli des artistes sincères, organisé des expositions collectives et soutenu des talents locaux. Mais il y a aussi des inquiétudes. Beaucoup d’artistes se retirent discrètement, épuisés par l’indifférence ou l’absence de soutien. Et pourtant, dans les Aurès comme ailleurs, il y a une énergie créative incroyable. Ce qu’il faut, c’est une volonté politique et culturelle réelle pour les accompagner, les valoriser, et les faire rayonner.

Le Matin d’Algérie : Votre style navigue entre abstraction et symbolisme. Quels artistes ou courants vous ont influencé ?

Noureddine Tabrha : Je me sens redevable aux grands courants du XXe siècle — expressionnisme, abstraction, art conceptuel — mais aussi aux artistes qui ont su inventer leur propre voix. En Algérie, certains parcours m’ont marqué, ceux qui ont cherché à inscrire une esthétique enracinée mais ouverte. À l’international, j’ai toujours été inspiré par ceux qui ont vu dans la beauté un combat humain.

Je crois profondément que notre culture peut dialoguer avec l’universel. L’art n’a de patrie que la beauté, et de langue que l’humanité.

Le Matin d’Algérie : Quel message souhaitez-vous que le public retienne en visitant Tifawin ?

Noureddine Tabrha : Je ne cherche pas à imposer un sens. Je souhaite que chaque visiteur reparte avec quelque chose de lui-même, qu’il ait été touché, éveillé, peut-être réconcilié avec une émotion. Je veux que mes œuvres disent au spectateur : l’art est en toi. Il peut te surprendre, t’apaiser, t’éclairer. Et surtout, il peut te rappeler que la lumière est toujours possible.

Entretien réalisé par Djamal Guettala

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CAN féminine : Roselène Khezami, capitaine de l’OM, élue joueuse du match avec l’Algérie

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Roselène Khezami
Roselène Khezami

La défenseure centrale et capitaine de l’équipe féminine de l’Olympique de Marseille, Roselène Khezami, a été élue joueuse du match dimanche à Abidjan lors de la rencontre opposant l’Algérie au Nigéria, dans le cadre de la 3e journée de la Coupe d’Afrique des Nations féminine.

Grâce à une prestation remarquable face à l’ogre du continent — onze fois champion d’Afrique —, la native de Marseille a contribué à maintenir le score vierge (0-0), synonyme de qualification historique pour les quarts de finale de la compétition.

L’équipe nationale féminine algérienne, qui compte également dans ses rangs la gardienne Chloé N’Gazi (OM), termine deuxième de son groupe derrière le Nigéria, mais devant le Botswana et la Tunisie. C’est une première pour les Vertes, qui n’avaient jamais franchi ce cap dans une CAN féminine.

L’Algérie rejoint donc le Nigeria, le Maroc (pays hôte), le Sénégal et la Zambie en quarts de finale. Les Algériennes affronteront l’un des quatre derniers prétendants encore en lice : l’Afrique du Sud (tenante du titre), le Mali, la Tanzanie ou le Ghana.

Cette performance confirme l’émergence d’une génération ambitieuse au sein de la sélection algérienne féminine, portée par des talents comme Khezami, qui symbolise aujourd’hui la rigueur et l’espoir d’un football en pleine mutation. 

Djamal Guettala

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Démographie : une population de 47 millions, un recul marqué des mariages

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Hirak

À l’occasion de la Journée mondiale de la population, célébrée cette année sous le thème « Donner aux jeunes les moyens de fonder une famille dans une Algérie prospère et porteuse d’espoir », le ministère de la Santé a livré un tableau actualisé des grandes tendances démographiques en Algérie. Au 1er juillet 2025, la population nationale s’établit à 47 millions d’habitants.

Une population jeune mais vieillissante

Selon les données officielles, les enfants de moins de 15 ans représentent 29 % de la population, tandis que la tranche d’âge active (15-59 ans) en constitue 59 %. Les personnes âgées de 60 ans et plus comptent désormais pour 11 % de la population, signalant une transition progressive vers un vieillissement démographique. Les femmes en âge de procréer (15-49 ans) représentent, quant à elles, 24 % de la population, soit un peu plus de 11,7 millions. Pour l’année en cours, environ 873 000 naissances sont attendues, correspondant à un taux de natalité de 18,5 pour 1000 habitants.

Espérance de vie en hausse et recul de la mortalité infantile

Le ministre de la Santé a souligné l’amélioration notable des indicateurs sanitaires, illustrée par une espérance de vie à la naissance désormais estimée à 79,6 ans — un niveau comparable à celui de plusieurs pays développés. La mortalité infantile a également connu une baisse significative, passant de 36,9 pour 1000 naissances vivantes en 2000 à 19,9 en 2023. Le pays a en outre éradiqué certaines maladies invalidantes comme la poliomyélite.

Baisse marquée des mariages

Malgré une croissance continue de la population, l’Algérie enregistre un recul durable du nombre de mariages. En 2023, seuls 282 000 mariages ont été célébrés, un chiffre similaire à celui de 2024, en attendant les données définitives. Ce volume est nettement inférieur aux 387 000 unions recensées en 2014, année durant laquelle le taux de nuptialité avait atteint son pic avec 10 mariages pour 1000 habitants.

Les autorités attribuent cette tendance à une évolution des priorités chez les jeunes adultes, qui privilégient désormais l’autonomie personnelle, les études et l’insertion professionnelle au détriment d’un engagement familial précoce. Cette mutation se traduit par un recul de l’âge moyen au mariage : 27 ans pour les femmes et 34 ans pour les hommes, selon les statistiques de 2019. Le mariage précoce est devenu marginal.

Progrès dans l’éducation et recul de l’analphabétisme

Enfin, les données du ministère relèvent également des avancées notables en matière d’éducation. La scolarisation des enfants de 6 à 15 ans est aujourd’hui quasiment généralisée, traduisant un investissement soutenu dans le développement du capital humain, en particulier pour les filles. L’alphabétisation progresse également, contribuant à l’émancipation sociale et économique des nouvelles générations.

Ce tableau démographique, à la fois porteur de défis et d’opportunités, souligne la nécessité d’adapter les politiques publiques aux nouvelles réalités sociales et aspirations des jeunes Algériens.

Samia Naït Iqbal

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Après l’arrestation du général Haddad, à qui le tour ?

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Général Haddad
Le général Haddad

Le général Nasser El Djen (de son vrai nom Abdelkader Haddad), ancien de la DGSI, a été arrêté début juillet 2025 par la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA).

Comme d’habitude, l’information sur le placement en détention de l’ancien puissant chef du contre-espionnage algérien n’a pas été, jusqu’à ce jour, démentie officiellement. Ni d’ailleurs confirmée. Elle renseigne cependant sur la terrible fébrilité qui doit régner en haut lieu. Et en l’espèce, la série noire de purges et de règlements de comptes au sein des plus hautes sphères militaires du pays n’est manifestement pas terminée.

Après les emprisonnements de Farid Bencheikh (ancien DGSN), du général-major Abderrahmane Arar du général-major, Mohamed Bouzit (dit Youcef), du général Abdelkader Haddad, du colonel Omar Ould Zmirli et du lieutenant-colonel Tarek Amirat entre 2024 et 2025 (pour ne citer que ces exemples), on parle maintenant de la prochaine arrestation du général Yahia Ali Oulhadj.

Réputé proche du général-major Saïd Chanegriha, le général Oulhadj a été limogé, officiellement, par Tebboune en avril dernier.

Ces purges et arrestations traduisent la profonde instabilité et la méfiance qui règnent au sommet de l’appareil sécuritaire algérien. Les accusations portées contre Nasser El Djen révèlent des luttes intestines, où chaque clan tente de prendre l’ascendant, parfois au prix de manipulations et de mises à l’écart sans ménagements d’officiers supérieurs.

Le général Nasser El Djen est réputé pour sa proximité avec le général Mehenna Djebbar, limogé en septembre 2024 de son poste Directeur général de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE). Djebbar a connu en une poignée d’années la prison, le retour en grâce puis la disgrâce.

Le général Haddad était aussi considéré comme l’un des hommes les plus puissants et particulièrement proche d’Abdelmadjid Tebboune. Mais manifestement, cela n’a pas suffi pour lui épargner la prison.

Tous ces limogeages suivis d’arrestations, voire avec de lourdes condamnations, illustrent la précarité des alliances au sein du pouvoir algérien. Ils mettent aussi en lumière l’ampleur des bouleversements qui secouent l’armée et les services de renseignement, dans un contexte où la stabilité du pays semble de plus en plus menacée.

Que reproche-t-on à Nasser El Djen ?

La situation est tellement confuse qu’il est plus prudent de ne pas se laisser aller à la reprise d’informations difficiles à vérifier. Et ce pour plusieurs raisons : si l’absence d’informations officielles est la première raison, il y a lieu de soulever également l’opacité qui règne sur la gouvernance en haut lieu. Depuis quelques années, les arrestations de puissants généraux laissent penser à des luttes violentes à la tête de l’armée et de l’état-major des services de renseignement.

On peut toutefois dire que les mêmes sources qui ont rendu publique l’arrestation d’Abdelkader Haddad évoquent de lourdes accusations.

Si ce ne sont pas des règlements de comptes, comment en effet expliquer que cet officier supérieur ait été installé à la tête de la très sensible DGSI avant d’être débarqué en 10 mois puis placé en détention ? Cette chute brutale n’est pas pour rassurer à tout point de vue. Il y a une telle crise de confiance à tous les étages du pouvoir mais aussi et surtout du peuple que le pire est sérieusement à craindre.

Yacine K.

 

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