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France : le député Olivier Marleix retrouvé mort à son domicile

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Olivier Marleix
Olivier Marleix aurait mis fin à ses jours

Le député français Olivier Marleix, élu Les Républicains (LR) d’Eure-et-Loir, a été retrouvé mort lundi à son domicile à Anet, dans le centre de la France. L’annonce a été faite par l’AFP dans l’après-midi, confirmée en soirée par un communiqué du parquet de Chartres.

Selon les premiers éléments communiqués, le corps de l’élu a été découvert pendu dans une chambre à l’étage de sa maison, après une alerte donnée par le maire de la commune. « Son corps était inanimé, pendu par une corde attachée à une poutre », précise le parquet. Une enquête a été ouverte « en recherches sur les causes de la mort », avec des perquisitions menées dans la maison et le véhicule du parlementaire.

Âgé de 53 ans, Olivier Marleix siégeait à l’Assemblée nationale depuis 2012. Fils de l’ancien ministre Alain Marleix, il avait présidé le groupe Les Républicains entre 2022 et 2024. Connu pour ses prises de position sur les questions industrielles, institutionnelles et de souveraineté économique, il incarnait une droite républicaine attachée à la rigueur budgétaire et à l’autorité de l’État.

Son décès soudain intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en France, à la veille d’une recomposition parlementaire issue des élections législatives anticipées.

Avec AFP

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L’élection de Zakaria Belkheir à la tête d’une commission parlementaire suscite la colère du RCD

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Zakaria Belkheir
Zakaria Belkheir

L’élection du député Zakaria Belkheir à la présidence de la Commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des affaires religieuses de l’Assemblée populaire nationale (APN), survenue ce dimanche dans le cadre du renouvellement des structures parlementaires pour la session 2025-2026, a provoqué une onde de choc dans les rangs de l’opposition laïque.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a vivement dénoncé ce choix, le qualifiant de « régression » et de « signal d’alarme ». Dans un communiqué incisif, signé par Mohamed Labdouci, secrétaire national chargé de l’éducation, le parti s’indigne de ce qu’il considère comme une « prise en otage de l’école algérienne par les forces obscurantistes ».

« Une école sous tutelle obscurantiste ? Inadmissible ! », s’interroge le communiqué, avant de dénoncer la désignation d’un député issu d’un courant islamiste à la tête d’une commission aussi stratégique. Pour le RCD, confier cette responsabilité à un représentant d’un courant politique qui s’est historiquement opposé « aux valeurs universelles, du savoir et de la liberté », revient à « mettre en péril l’avenir de notre jeunesse et compromettre le projet d’une Algérie émancipatrice, progressiste, tolérante et démocratique ».

Le parti rappelle son attachement à une école « publique, scientifique, moderne et républicaine » et appelle à une mobilisation des forces vives – enseignants, syndicats, universitaires, intellectuels et citoyens – pour contrer ce qu’il qualifie de dérive. Le texte dénonce l’instrumentalisation de l’école à des fins idéologiques et appelle à préserver cet espace essentiel de formation intellectuelle de toute tentative de formatage doctrinaire.

La nomination de Zakaria Belkheir, dont les positions conservatrices sont connues, s’inscrit selon certains observateurs dans un contexte plus large de recomposition des équilibres politiques au sein de l’APN, où les courants islamo-conservateurs semblent gagner du terrain. Pour l’instant, ni le concerné ni les responsables de la majorité parlementaire n’ont réagi publiquement à cette controverse.

Mais le débat est lancé, et il promet d’être vif. Car derrière la présidence d’une commission, c’est bien la question de l’orientation de l’école algérienne et du modèle de société qui est en jeu.

Il y a lieu de souligner que l’arabisme bigot doublé d’un dislamisme sérieusement périlleux pour le pays a largement infiltré les institutions du pays ces dernières années.

Samia Naït Iqbal

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L’ex-ministre de la Justice Tayeb Louh condamné à 4 ans de prison ferme pour corruption

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Tayeb Loug
Tayeb Louh déjà lourdement condamné dans des procès pour corruption.

L’ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Tayeb Louh, a été condamné ce lundi par le Pôle Pénal économique et financier de Sidi M’hamed à Alger à quatre ans de prison ferme et à une amende de 200 000 dinars algériens. La sentence intervient après des poursuites pour de lourdes accusations de corruption.

Tayeb Louh était poursuivi pour fausse déclaration de patrimoine et enrichissement illicite, des infractions prévues et sanctionnées par les articles 04, 36 et 37 de la loi n° 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.

Le procureur de la République près le Pôle Pénal Économique et Financier avait requis, le 24 juin dernier, une peine maximale de 10 ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars algériens. De son côté, le Trésor Public réclamait des dommages et intérêts s’élevant à 200 millions de dinars algériens.

L’affaire qui a mené à cette condamnation porte notamment sur l’occultation et la non-déclaration d’une résidence acquise pour 12 milliards de centimes (120 millions de dinars algériens) à Dely Brahim, dans l’ouest de la capitale. Le montant de cette transaction avait soulevé de sérieuses interrogations quant à son origine. L’ancien ministre a tenté de justifier cette somme par la vente de son précédent logement à Staouali pour 8 milliards de centimes, ainsi que par ses salaires et celui de son épouse.

Le juge d’instruction de la troisième chambre spécialisée avait initialement retenu les charges d' »enrichissement illicite » et de « dissimulation de revenus criminels » à l’encontre de Tayeb Louh, des délits sévèrement punis par la loi sur la lutte contre la corruption.

Cette nouvelle condamnation s’inscrit dans une série de poursuites judiciaires à l’encontre de l’ancien Garde des Sceaux. Tayeb Louh avait été incarcéré le 22 août 2021, suite à une enquête menée par le Bureau de Répression de la Corruption, qui avait abouti à de multiples accusations, dont l’incitation à la falsification, l’abus de pouvoir et l’entrave au bon fonctionnement de la justice.

En 2023, le Conseil de la Cour d’Alger avait rejeté une demande de fusion des peines formulée par l’ancien ministre, et ce, malgré le fait qu’il ait purgé la durée légale de sa première condamnation. Il avait alors écopé de trois ans de prison ferme et d’une amende de 200 000 dinars pour entrave à la justice.

Tayeb Louh a également été impliqué dans une autre affaire d’entrave à la justice, aux côtés de l’ancien inspecteur général du ministère de la Justice, Bellahachemi Tayeb, et de l’homme d’affaires Tarek Kouninef. Dans ce dossier, il avait été condamné à deux ans de prison ferme.

Selon plusieurs rapports et analyses ayant suivi sa chute, l’ancien ministre aurait joui d’une influence considérable au sein de l’appareil judiciaire, lui permettant pendant des années d’orienter des décisions et de manipuler des dossiers sensibles.

Trois anciens premiers ministres, une dizaine de ministres ayant exercé sous Bouteflika sont en détention pour corruption. Plusieurs dizaines de généraux et autres officiers supérieurs croupissent également derrière les barreaux sous diverses accusations.

La rédaction

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Les travaux de la ligne ferroviaire Tindouf-Gara Djebilet achevés

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Ligne ferroviaire

Les travaux de réalisation de la ligne ferroviaire reliant Tindouf au gisement de fer de Gara-Djebilet sur 135 km ont été achevés, a-t-on appris, ce lundi de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF).

« Les travaux de réalisation du tronçon de la voie ferrée reliant Tindouf au gisement de fer de Gara-Djebilet, sur une distance de 135 km, viennent d’être officiellement achevés, comme prévu auparavant », a affirmé à l’APS le directeur de la communication de l’ANESRIF, Abdelkader Mazzar.

  La nouvelle ligne ferroviaire, qui fait partie du mégaprojet de la ligne ferroviaire minière reliant le Sud-ouest au Nord du pays, via une voie ferrée de 950 km reliant Tindouf et Bechar, a été concrétisée avec toutes ses infrastructures, ouvrages d’art et équipements techniques, a-t-il expliqué.

« L’achèvement des travaux de cette ligne ferroviaire minière, est une étape majeure en matière d’exploitation du gisement de fer et de transport du minerai de fer vers diverses unités de transformation au Nord du pays, et même son exportation à l’étranger », a-t-il ajouté.

« La finalisation des travaux de cette ligne va permettre le renforcement, en moyens logistiques et humains conséquents, les chantiers de la tranche de 575 km qui relie Tindouf et Hammaguir, via Oum-Laâssel », a fait savoir M. Mazzar.

Pour rappel, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Lakhdar Rekhroukh, a affirmé, lors de sa récente visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Tindouf, que cette ligne ferroviaire serait livrée le 5 juillet courant.

APS

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Gaza : des preuves démontrent l’utilisation persistante de la famine par Israël comme arme de génocide  

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Famine à Gaza

 Des preuves réunies par Amnesty International démontrent que, depuis la mise en place de son système militarisé de distribution de l’aide il y a plus d’un mois, Israël a continué d’utiliser la famine comme arme de guerre contre la population civile de la bande de Gaza occupée, lui imposant délibérément des conditions de vie destinées à entraîner sa destruction physique dans le cadre du génocide dont elle est actuellement la cible.

De douloureux témoignages recueillis auprès du personnel médical, de parents d’enfants hospitalisés pour malnutrition et de Palestiniens et Palestiniennes déplacés luttant pour leur survie dressent un tableau terrifiant de la famine et du désespoir aigus qui règnent à Gaza. Leurs récits apportent une preuve supplémentaire des terribles souffrances qu’entraînent les restrictions imposées par Israël sur la fourniture d’une aide humanitaire vitale ainsi que son plan d’aide militarisé meurtrier, auxquels viennent s’ajouter des déplacements forcés de masse, des bombardements incessants et la destruction d’infrastructures vitales.

« Pendant que les récents affrontements entre Israël et l’Iran détournaient l’attention du monde, le génocide perpétré par Israël à Gaza s’est poursuivi sans relâche, notamment par l’imposition de conditions de vie caractérisées par un mélange mortel de famine et de maladies, qui est en train de pousser la population au-delà de ses limites », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

Dans le mois qui a suivi l’imposition, par Israël, d’un plan d’« aide » militarisé, géré par la Fondation humanitaire pour Gaza, des centaines de Palestiniens et Palestiniennes ont été tués et des milliers blessés à proximité ou en chemin vers des lieux de distribution militarisée d’aide humanitaire.  

« Ces pertes quotidiennes et dévastatrices de vies humaines, qui surviennent alors que des Palestiniens et Palestiniennes désespérés tentent de collecter ces aides, sont dues à un ciblage intentionnel de la part des forces israéliennes et constituent la conséquence prévisible de méthodes de distribution irresponsables et meurtrières ».Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« Ces pertes quotidiennes et dévastatrices de vies humaines, qui surviennent alors que des Palestiniens et Palestiniennes désespérés tentent de collecter ces aides, sont dues à un ciblage intentionnel de la part des forces israéliennes et constituent la conséquence prévisible de méthodes de distribution irresponsables et meurtrières. »

En continuant d’empêcher les Nations unies et d’autres organisations humanitaires clés de distribuer des produits de première nécessité, comme des colis alimentaires, du carburant et des abris dans Gaza, et en poursuivant un plan militarisé d’« aide » à la fois meurtrier, déshumanisant et inefficace, les autorités israéliennes profitent des tentatives d’une population palestinienne affamée et désespérée de se procurer cette aide pour leur tendre des guets-apens. Elles ont aussi délibérément alimenté le chaos et aggravé les souffrances au lieu de les soulager. De plus, l’aide fournie est largement insuffisante par rapport aux besoins humanitaires d’une population qui subit depuis 20 mois des bombardements quasi quotidiens.

« Israël a continué de restreindre l’entrée de l’aide humanitaire et d’imposer son blocus cruel et étouffant, allant jusqu’à un siège total de la bande de Gaza qui a duré près de quatre-vingts jours. » Agnès Callamard.

« En tant que puissance occupante, Israël est légalement tenu de veiller à ce que la population à Gaza ait accès à de la nourriture, à des médicaments et aux autres fournitures essentielles à sa survie. Au lieu de quoi, il a ignoré de façon éhontée les mesures conservatoires prises par la Cour internationale de justice en janvier, mars et mai 2024 pour permettre l’acheminement sans entrave de l’aide à destination de Gaza. Israël a continué de restreindre l’entrée de l’aide humanitaire et d’imposer son blocus cruel et étouffant, allant jusqu’à un siège total de la bande de Gaza qui a duré près de quatre-vingts jours », a expliqué Agnès Callamard.

« Cela doit cesser. Israël doit immédiatement lever toutes les restrictions imposées et permettre un accès sûr, digne et sans entrave à l’aide humanitaire dans toute la bande de Gaza. »

Amnesty International a interrogé 17 personnes déplacées à l’intérieur du pays (10 femmes et sept hommes), les parents de quatre enfants hospitalisés pour malnutrition aiguë et quatre soignant·e·s dans trois hôpitaux de la ville de Gaza et de Khan Younès en mai et juin 2025.  

Des effets dévastateurs sur les enfants 

Avant même l’imposition d’un siège total sur la bande de Gaza le 2 mars 2025, légèrement assoupli, mais insuffisamment, quelque 78 jours plus tard, les conditions de vie délibérément imposées par Israël pour détruire la population palestinienne ont eu des effets particulièrement dévastateurs sur les jeunes enfants et les femmes enceintes et allaitantes.

Depuis octobre 2023, 66 enfants au moins sont morts des suites directes de maladies liées à la malnutrition. Ce chiffre n’inclut pas les nombreux autres enfants qui ont perdu la vie en raison de maladies évitables dont les effets ont été aggravés par la malnutrition.

Parmi les victimes se trouvait un bébé de quatre mois, Jinan Iskafi, mort tragiquement le 3 mai 2025 de malnutrition aiguë. D’après son dossier médical, qu’Amnesty International a consulté, Jinan a été admise à l’hôpital pédiatrique de Rantissi pour déshydratation sévère et infections récurrentes. On lui a diagnostiqué un marasme, qui est une forme grave de malnutrition protéinoénergétique, une diarrhée chronique et un cas présumé d’immunodéficience. Le pédiatre qui s’est occupé d’elle a indiqué à Amnesty International qu’elle avait besoin d’un lait spécial sans lactose, non disponible en raison du blocus.

Au bord de l’anéantissement et déjà submergé par le nombre de blessures à soigner, le secteur de la santé de Gaza peine à faire face à l’afflux de nourrissons et d’enfants souffrant de malnutrition. Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), au 15 juin 2025, on dénombrait au total 18 741 enfants hospitalisés pour malnutrition aiguë depuis le début de l’année.

L’immense majorité des enfants souffrant de malnutrition n’est néanmoins pas en mesure d’accéder à un hôpital, quel qu’il soit, en raison des problèmes d’accessibilité posés par les ordres de déplacement, l’intensité des bombardements et les opérations militaires en cours. 

Des chiffres qui ne représentent qu’une infime partie de la souffrance à Gaza 

Les récits recueillis auprès de professionnel·le·s de la santé et de personnes déplacées brossent un tableau encore plus épouvantable de la situation.

Susan Maarouf, une experte en nutrition du service Nutrition de l’hôpital Patient Friend Benevolent Society de la ville de Gaza, qui bénéficie du soutien de l’organisation MedGlobal, a déclaré que, en juin 2024, l’hôpital avait ouvert un service spécial pour les enfants de six mois à cinq ans afin de faire face aux cas de malnutrition aiguë.

« À l’époque, la ville de Gaza et le gouvernorat de Gaza-Nord ont été touchés par la malnutrition [en raison du blocus intense imposé par Israël]. Cette année, la situation s’est de nouveau drastiquement aggravée pour nous en avril. Depuis, sur les 200 à 250 enfants environ que nous avons testés quotidiennement pour malnutrition, près de 15 % présentaient des symptômes associés à une malnutrition aiguë ou modérée », a déclaré Susan Maarouf.

Dans les pires des cas, les signes visibles incluent un teint pâle, la perte de cheveux et d’ongles et une perte de poids alarmante. Elle a fait part du profond sentiment d’impuissance qu’il y a à donner des conseils nutritionnels dans un contexte de grave pénurie de nourriture, où les fruits, les légumes et les œufs ne sont pas accessibles ou, quand ils le sont, uniquement à des prix exorbitants. « Dans un monde idéal, je recommanderais aux parents de donner à l’enfant des aliments nutritifs, riches en protéines. Je leur dirais de veiller à maintenir une bonne hygiène autour de leurs enfants. J’insisterais sur l’importance d’une eau propre […]. Dans notre situation […], quelle que soit la recommandation donnée […], parfois, on a l’impression de remuer le couteau dans la plaie de ces parents. » 

Susan Maarouf a décrit l’engrenage implacable de la malnutrition, en expliquant que, dans certains cas, les enfants se retrouvaient de nouveau hospitalisés après avoir été autorisés à quitter l’hôpital.

« Nous avons soigné une petite fille de six ans pour malnutrition protéinocalorique. Elle avait une grave carence en protéines quand elle est arrivée début mai. Avec le traitement qu’on lui a donné, elle a commencé à montrer des signes d’amélioration, notamment une prise de poids, un comportement plus énergique… Malheureusement, elle a récemment été de nouveau admise, après avoir rechuté. Comme la plupart des gens à Gaza, sa famille est déplacée. Ils vivent dans une tente et sont obligés de dépendre des lentilles et du riz qu’ils obtiennent à la cuisine communautaire. C’est un cercle vicieux. L’aide n’entrant pas, on a l’impression qu’en tant qu’hôpital, on ne peut que rafistoler les plaies mais que, tôt ou tard, elles se rouvriront. »

Des médecins ont aussi alerté sur le fait que les vies des nouveau-nés étaient en danger dans un contexte de pénurie aiguë de lait maternisé, en particulier pour les enfants souffrant d’une intolérance au lactose ou d’autres allergies.

L’un des médecins a déclaré : « Il y a une crise du lait partout dans Gaza. Nous avons aussi remarqué que les jeunes mères, parce qu’elles ne mangent pas correctement elles-mêmes ou à cause de la panique, du traumatisme et de l’anxiété, ne sont pas en mesure d’allaiter. Or, trouver du lait maternisé est un parcours du combattant. Et si votre enfant a des allergies, il est quasiment impossible de trouver du lait adapté dans l’un des hôpitaux de Gaza. Pour les nourrissons, l’impossibilité de se procurer un tel lait peut être une condamnation à mort. » 

À l’hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, Wafaa Abu Nimer, médecin, a confirmé l’urgence de la situation, déclarant que, au 30 juin 2025, dans son service de santé uniquement, neuf enfants étaient toujours traités en raison de complications dues à la malnutrition. Elle a décrit les scènes dont le personnel de santé de l’hôpital a été témoin au cours des deux derniers mois comme étant « réellement sans précédent », avec de graves cas de malnutrition protéinocalorique ou de marasme, et de perte musculaire. Elle a ajouté qu’à cela s’ajoutent les souffrances dues aux blessures causées par des explosions, dont ils n’ont pas eu le temps de se remettre.

Wafaa Abu Nimer a indiqué que, depuis le lancement du nouveau plan de distribution de l’aide d’Israël, rien n’indique que la situation se soit améliorée, des centaines d’enfants se faisant toujours tester chaque jour pour malnutrition aux urgences pédiatriques de l’hôpital. En raison des ordres de déplacement en masse émis dans le gouvernorat de Khan Younès en mai, l’hôpital Nasser est désormais hors d’atteinte de milliers de familles déplacées.

Wafaa Abu Nimer a expliqué à Amnesty que les répercussions de la situation sur les enfants ne sont pas seulement physiques. « Une fille qui avait perdu presque tous ses cheveux à cause d’une malnutrition protéinocalorique n’arrêtait pas de me demander : “docteur, est-ce que mes cheveux vont repousser ? Est-ce que je suis [encore] belle ?” », a déclaré Wafaa Abu Nimer. « Même si ces enfants guérissent complètement, leurs cicatrices les accompagneront toute leur vie. Nous savons que, médicalement, la malnutrition chez les nourrissons et les jeunes enfants peut avoir des effets à long terme sur leurs capacités cognitives et leur développement, mais je pense qu’on n’accorde pas assez d’attention à l’impact psychologique et mental [de la famine et de la guerre] sur les enfants et les parents. »

Elle a aussi fait état de l’épuisement des professionnel·le·s de santé : « En tant que médecins, nous sommes nous aussi épuisés, nous souffrons nous aussi de malnutrition et, pour la plupart, nous sommes nous aussi déplacés et vivons dans des tentes. Pourtant, nous faisons de notre mieux pour fournir des soins médicaux, des compléments alimentaires et autant de soutien que nous sommes en mesure de le faire. Nous essayons de sauver des vies, d’atténuer la souffrance, mais nous ne pouvons vraiment pas faire grand-chose une fois que les gens sortent de l’hôpital. » 

L’aide utilisée comme arme  

Alors que les autorités israéliennes continuent d’imposer leur blocus illégal sur l’entrée de l’aide et de biens commerciaux dans la bande de Gaza occupée, des centaines de camions d’aide restent coincés en dehors de la bande dans l’attente d’une autorisation d’entrée de la part d’Israël.

L’OCHA a indiqué qu’au 16 juin 2025, 852 camions des Nations unies et d’organisations humanitaires internationales, dont la majorité transportaient des aliments, étaient toujours bloqués à Al Arish, en Égypte, attendant toujours de recevoir un permis d’entrée à Gaza de la part des autorités israéliennes. De plus, l’assouplissement partiel du siège total le 19 mai n’incluait pas d’allégement des restrictions imposées à certains produits essentiels, comme le carburant et le gaz de cuisine, qui ne sont plus autorisés à entrer dans Gaza depuis le 2 mars. Sans carburant, toute production d’électricité permettant, par exemple, le fonctionnement d’appareils médicaux vitaux est impossible.

Seule une infime partie de l’aide extrêmement limitée qu’Israël autorise à entrer dans Gaza atteint les personnes qui en ont besoin. Sa distribution est assurée soit par le programme militarisé, inhumain et meurtrier géré par la Fondation humanitaire pour Gaza, soit par des transferts effectués par des civil·e·s affamés et désespérés et, dans certains cas, par des bandes armées. Ce sordide état des choses est aggravé par le fait qu’Israël barre délibérément l’accès à des infrastructures vitales, notamment certaines des terres agricoles et des sources de production alimentaire les plus fertiles de Gaza, comme des serres et des exploitations avicoles, ou les détruit intentionnellement.   

Le Programme alimentaire mondial et des organisations locales ont été autorisés pour la première fois à distribuer de la farine dans la ville de Gaza le 26 juin 2025. Cette distribution s’est déroulée presque sans problème. Des milliers de personnes ont attendu leur tour et aucune blessure n’a été signalée, ce qui constitue une condamnation sans équivoque du plan militarisé de la Fondation pour Gaza d’Israël. Toutes les preuves recueillies, y compris les témoignages reçus par Amnesty International de la part de victimes et de témoins, tendent à démontrer que la Fondation pour Gaza a été créée pour apaiser les inquiétudes internationales, tout en venant ajouter une nouvelle arme à l’arsenal de génocide d’Israël.

« Non seulement la communauté internationale n’a pas fait cesser ce génocide, mais elle a aussi permis à Israël d’inventer en permanence de nouveaux moyens de détruire des vies palestiniennes à Gaza et de bafouer leur dignité humaine », a déclaré Agnès Callamard.

« Les États doivent sortir de leur inertie et respecter leurs obligations juridiques. Ils doivent exercer toutes les pressions nécessaires pour faire en sorte qu’Israël lève immédiatement et sans condition son terrible blocus et mette fin au génocide à Gaza. Ils doivent cesser de contribuer de quelque manière que ce soit au comportement illégal d’Israël, ou risquer de se rendre complices de crimes atroces. Pour cela, il est nécessaire de suspendre immédiatement tout soutien militaire à Israël, d’interdire tout commerce et investissement contribuant au génocide ou toute autre violation grave du droit international perpétrée par Israël.

« Les États devraient aussi adopter des sanctions ciblées, par le biais de mécanismes internationaux et régionaux, contre les fonctionnaires israéliens les plus impliqués dans des crimes internationaux, et coopérer avec la Cour pénale internationale, notamment en mettant en application ses mandats d’arrêt. » 

Complément d’information

Selon des chiffres obtenus auprès du ministère de la Santé palestinien, le taux de mortalité enregistré pour les moins de cinq ans en 2024 à Gaza se situe à 32,7 décès pour 1 000 naissances vivantes, ce qui représente une forte augmentation, comparé au taux de 13,6 enregistré en 2022. La mortalité maternelle a elle aussi plus que doublé, passant d’environ 19 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2022 à 43 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2024. 

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Des regards méditerranéens jeunes et engagés au Mucem de Marseille

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A Première vue Mucem

Le Prix À PREMIÈRE VUE 2025, consacré aux courts-métrages réalisés par de jeunes cinéastes du bassin méditerranéen, sera remis le jeudi 10 juillet à Marseille, lors d’une soirée spéciale organisée dans le cadre de la 36ᵉ édition du FIDMarseille.

Le rendez-vous est donné à l’Auditorium du Mucem, de 19h à 21h, pour une projection suivie de la cérémonie de remise du prix. L’entrée est libre.

Initiée par la COPEAM, en partenariat avec TV5MONDE, le FIDMarseille et le Mucem, la collection À Première Vue met chaque année en lumière des courts-métrages issus de formations cinématographiques au Liban, en Tunisie, au Maroc, en Algérie et en Palestine. À travers ces œuvres, ce sont des visions lucides, sensibles ou poétiques de la Méditerranée qui s’expriment, souvent à contre-courant des récits dominants.

L’Algérie représentée par La Conspiration des tortues

Parmi les films sélectionnés cette année, figure La Conspiration des tortues, réalisé par Kamir Abbas-Terki, jeune cinéaste formé à LabDZ – Institut Français d’Algérie. Le film aborde avec humour et subtilité les mécanismes de surveillance et les dérives absurdes du contrôle social.

Les autres films en lice sont :

Shattered Memory de Hayat Laban (Dar al-Kalima University – Palestine),

Toilet Paper de Rami Serhal (Académie Libanaise des Beaux-Arts – Alba),

Carré Bleu de Charlélie Chasteau (ÉSAV Marrakech – Maroc),

1321 de Bilel Zaghdoudi (École Supérieure de l’Audiovisuel et du Cinéma de Gammarth – Tunisie).

Ces courts-métrages explorent des thèmes aussi variés que la mémoire traumatique, l’absurde du quotidien, la précarité urbaine ou encore la quête de liberté. Ils témoignent tous d’une cinématographie émergente, créative, en prise directe avec les réalités sociales et politiques de la région.

Une soirée pour célébrer les talents de demain

La projection sera suivie de la remise officielle du Prix À PREMIÈRE VUE 2025, en présence des partenaires et, selon les disponibilités, des jeunes réalisateurs. Cette initiative, soutenue par des institutions culturelles euro-méditerranéennes, vise à valoriser la jeune création et encourager les passerelles artistiques entre les deux rives.

Djamal Guettala

 Entrée libre – dans la limite des places disponibles.

Auditorium du Mucem, Marseille

Jeudi 10 juillet 2025

19h – 21h

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Le syndicaliste Lounis Saïdi jeté en prison le 5 juillet

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Saïdi Lounis
Le syndicaliste Saïdi Lounis libéré

Le régime du duo Tebboune-Chanegriha ne s’embarrasse d’aucun mouvement d’humeur. Il vient d’embastiller Lounis Saïdi, syndicaliste aux cheminot, le jour même du 63e anniversaire de l’Indépendance.

Saidi Lounis est le secrétaire général de la fédération des cheminots de l’UGTA. Il a adressé une lettre au ministre du Travail pour lui annoncer le début d’une grève à partir d’aujourd’hui, nous apprend Ali Boukhlef dans un post. Mais c’était mal connaître les dirigeants du pays. Le SG de la fédération des cheminot a été arrêté le 5 juillet, mis en détention. Il a été ensuite « dégagé » du syndicat, nous apprend la même source. Faut-il s’en étonner ? Absolument pas. Le régime de Tebboune est dans sa voie noire. Sa logique autoritaire.

Le zèle des juges n’a plus aucune limite. Et surtout il n’y a pas de jour férié en Algérie pour commettre l’arbitraire. Il est vrai qu’ils étaient nombreux à attendre à attendre un geste de clémence du chef de l’Etat envers les 250 prisonniers d’opinion. Résultat, il a gracié plus de 6500 délinquants.

Et avec ça, il se trouve encore des laudateurs qui louent les miracles des réalisations de Tebboune.

Yacine K.

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Le sommet des Brics sous tension après les menaces douanières de Donald Trump

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Brics

Le sommet annuel des Brics a repris sous tension lundi 7 juillet à Rio de Janeiro, après les menaces de Donald Trump d’imposer des droits de douane supplémentaires aux pays qui « s’alignent avec les politiques anti-américaines » prônées, selon lui, par ce bloc de pays émergents.

Sans citer nommément les États-Unis, ce groupe qui comprend notamment le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud avait exprimé dimanche ses « sérieuses préoccupations » face à l’« augmentation de mesures douanières et non-douanières unilatérales qui faussent le commerce ». De telles mesures « affectent les perspectives de développement économique mondial », avaient insisté les Brics, qui représentent près de la moitié de la population mondiale et 40 % du PIB de la planète, dans leur déclaration conjointe.

La réaction du président américain ne s’est pas fait attendre. « Tout pays s’alignant sur les politiques anti-américaines des Brics se verra appliquer un droit de douane SUPPLEMENTAIRE de 10 %. Il n’y aura pas d’exception à cette politique », a-t-il écrit quelques heures plus tard sur sa plateforme Truth Social.

Donald Trump a également annoncé que les premières lettres menaçant de droits de douane exorbitants les pays récalcitrants à conclure un accord commercial avec Washington seront envoyées lundi.

Le ministre américain du Trésor Scott Bessent avait auparavant affirmé que faute d’accord dans les prochains jours, les surtaxes – pouvant atteindre 50 % – entreraient en vigueur le 1er août. Les droits de douane annoncés début avril avaient été rapidement suspendus par les États-Unis, le temps de négocier avec leurs partenaires commerciaux. 

Pékin refuse la confrontation, le Kremlin assure que la coopération des Brics n’est pas dirigée « contre des pays tiers » 

En réponse à la menace de Donald Trump visant les Brics, Pékin a affirmé lundi que le bloc ne cherchait pas « la confrontation » au sujet des droits de douane. La Chine est la puissance dominante des Brics et son président Xi Jinping est le grand absent du sommet à Rio.

« La Chine a toujours affirmé sa position selon laquelle les guerres commerciales et tarifaires ne font pas de gagnants et que le protectionnisme ne permet pas d’avancer », a déclaré Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Les Brics « prônent l’ouverture, l’inclusion et la coopération gagnant-gagnant », a-t-elle ajouté.

La Chine est engagée dans des négociations avec Washington pour parvenir à un accord commercial. À ce jour, seuls le Royaume-Uni et le Vietnam ont réussi à conclure un pacte commercial avec les États-Unis.

RFI/AFP

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C’est quoi exactement l’inflation ? Et pourquoi tout le monde en parle ?

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L’inflation, on en entend souvent parler à travers plusieurs canaux comme les journaux, la télévision ou la radio. Mais de quoi s’agit-il réellement ? Pourquoi est-elle devenue le sujet central dans les conversations ?

Souvent perçue comme complexe, cette notion économique joue pourtant un rôle non négligeable dans notre quotidien. Explications dans cet article.

Comprendre l’inflation

L’inflation se définit comme une augmentation globale et durable des prix des services et des biens, mais parfois même des salaires. Elle se traduit par une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie. Avec le même temps, vous n’avez plus la possibilité de vous procurer autant de produits et services qu’avant. Aujourd’hui, de nombreuses personnes emploient des ressources multimédias pour la vulgarisation des informations importantes comme l’inflation. Pour faciliter la transmission des messages, mieux illustrer le sujet principal et créer des supports pédagogiques efficaces, vous pouvez fusionner une vidéo en ligne.

Mais pour éviter toute confusion, vous devez comprendre la signification des différents termes ci-dessous :

– Hyperinflation : c’est tout simplement une inflation extrêmement élevée, marquée par une flambée persistante des prix ;

– Stagflation : est une période prolongée de l’inflation, associée à un fort taux de chômage. Rassurez-vous, elle est moins courante que la précédente ;

– Déflation : se caractérise par la baisse des prix.

– Shrinkflation : une stratégie qui consiste à diminuer la quantité d’un produit tout en gardant le même prix. 

Il convient cependant de souligner qu’il est on ne peut plus compliqué de mesurer la hausse des prix avec exactitude. En France, le taux d’inflation peut être évalué avec ce que l’on appelle l’indice des prix à la consommation ou IPC des biens et services.

Inflation : zoom sur les causes

L’inflation est souvent la conséquence d’un excès de monnaie dans le circuit économique ou d’une demande trop élevée par rapport à l’offre. Quand les produits se font de plus en plus rares, les acheteurs vont se battre pour les obtenir et les vendeurs en profiteront pour faire grimper les prix.

Autre cause : hausse du coût des ressources et des matières premières indispensables à la production. Pour préserver leur rentabilité, les entreprises sont parfois contraintes de répercuter cette augmentation de coût dans leur tarif.

Les structures économiques constituent aussi un facteur important, notamment lorsqu’une entreprise prend le monopole sur une partie du marché. Elle est donc libre de fixer ses prix.Dans le secteur tertiaire, les prix de services ont tendance à exploser plus vite que l’ensemble des prix, car les gains de productivité sont moins conséquents.

L’inflation : bonne ou mauvaise nouvelle ?

L’inflation est considérée comme un moteur économique. En clair, elle pousse la population à consommer davantage. Mieux vaut acheter aujourd’hui au lieu d’attendre demain et prendre le risque de payer plus que prévu. À l’inverse, lors de la baisse des prix, les consommateurs repoussent souvent leurs achats.

Elle présente aussi un avantage pour les emprunteurs. En général, la hausse des prix entraîne l’augmentation des revenus et des salaires. Si vous gagnez plus d’argent et que vous remboursez la même somme, cela vous sera bénéfique. Toutefois cet aspect n’est pas garanti, puisque la réalité est parfois tout autre.

Afin de veiller à la stabilité des prix, la banque centrale a la possibilité de relever le taux d’intérêt. Ce qui risque d’aggraver la situation des individus endettés. D’autres banques, en revanche, ont opté pour la mise en place d’une discipline monétaire qui détermine le taux de change. Cela consiste à rattacher sa monnaie à celle d’un autre pays. Sa politique monétaire suit également celle de la devise de référence.

Concernant les marchés boursiers, une inflation qui varie entre 1 et 3% peut être bonne pour les actions. En revanche, lorsqu’elle dépasse ce seuil, elle conduit à un marché baissier. Du côté des marchés financiers, ils profitent des périodes d’inflation, de l’hyperinflation, mais également de la dépréciation des devises classiques.  

L’impact de l’inflation sur le ménage

Tout le monde parle de l’inflation puisqu’elle touche directement le ménage. Lorsque les prix augmentent plus que le salaire, les foyers ont du mal à faire face à leurs besoins et leurs dépenses quotidiennes.

Cette situation peut affecter les différentes catégories sociales, de manière différente. Les propriétaires de biens immobiliers, d’obligations et d’actions bénéficieront d’une augmentation de leurs actifs. Les individus aux charges fixes, cependant, peuvent voir leur pouvoir d’achat diminuer.

Les ménages peuvent perdre l’envie d’épargner ou d’investir à cause de la hausse des taux d’intérêt.

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Algérie : « Tout bouge pour que rien ne change », 63 ans après l’indépendance

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Etudiants algériens
Depuis la fin des manifestations du Hirak, le régime réprime impitoyablement toute voix dissidente.

Soixante-trois ans après la fin de la domination coloniale, l’Algérie continue d’entretenir une relation paradoxale avec le changement. Rarement l’expression tirée du roman Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa – « Il faut que tout change pour que rien ne change » – n’aura aussi bien résumé une trajectoire politique. Si les apparences de transformation sont régulièrement mises en scène, les structures profondes du pouvoir, elles, restent largement intactes.

Depuis 1962, le pays a connu plusieurs réformes constitutionnelles, des alternances institutionnelles et de nombreux discours sur le renouveau. Mais à chaque tournant annoncé, la promesse d’un changement profond s’est diluée dans les pratiques d’un pouvoir centralisé, résistant à toute redistribution réelle des leviers décisionnels. Le système politique algérien, en constante mutation formelle, semble avoir perfectionné l’art d’absorber les crises sans jamais se réformer en profondeur.

Cette mécanique du changement sans rupture a été une nouvelle fois illustrée à l’occasion de la célébration du 5 Juillet, fête de l’indépendance. P

lusieurs partis d’opposition et personnalités politiques ont dressé un constat sévère de l’état du pays. Le Parti des travailleurs, par la voix de Louisa Hanoune, a appelé à des mesures d’apaisement urgentes : libération des détenus politiques, fin des poursuites pour opinion, et rétablissement effectif des libertés syndicales, politiques et médiatiques. Le Front des forces socialistes, quant à lui, a mis en garde contre l’enlisement dans une logique d’exclusion, où les questions publiques sont réduites à une gestion sécuritaire ou administrative, marginalisant les forces vives de la nation.

Même tonalité du côté du RCD, qui dénonce la « persistance du déni de la pluralité » et l’étouffement du débat public. Pour son président Othmane Mazouz, la relance du pays passe par la libération des énergies sociales et le retour des jeunes au centre de la reconstruction démocratique. Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid, a pour sa part plaidé pour une transition vers une « Seconde République », marquée par l’élargissement des libertés et la refondation des institutions.

L’ancien ministre Abdelaziz Rahabi a quant à lui souligné, dans une analyse politique, le paradoxe d’une vie politique vidée de sa substance, avec des partis marginalisés et une société civile sous pression. Il y voit les signes inquiétants d’une régression vers une ère de désengagement similaire à celle vécue sous le règne d’Abdelaziz Bouteflika, où le sentiment d’inutilité de l’action politique s’était largement installé.

Saïd Sadi est sorti de sa réserve aussi pour livrer une analyse implacable de la situation du pays en mettant en avant notamment l’islamisme à la turque qui a pris le contrôle du pays.

Même indignation de la part de Mohcine Belabbas et Karim Tabbou, qui ont, à maintes reprises, dénoncé le coma politico-économique qui ronge le pays et l’arbitraire imposé comme moyen de tenir au silence le peuple.

Face à ces critiques, la présidence algérienne a tenté d’opposer sa propre lecture du bilan. Dans un communiqué diffusé à la veille des célébrations, elle affirme que le président Abdelmadjid Tebboune a « sorti l’Algérie de sa léthargie institutionnelle » en lançant des réformes, en dissolvant le Parlement, en organisant des législatives anticipées, et en intégrant davantage les jeunes dans la vie publique. Des affirmations qui peinent à convaincre les opposants, pour qui les mécanismes fondamentaux de verrouillage du champ politique restent intacts.

Car au-delà des gestes institutionnels et des promesses de renouvellement, c’est bien l’essence du système qui reste inchangée. Un système qui privilégie l’apparence de mouvement pour maintenir l’ordre existant. Une stratégie de préservation qui, à défaut d’anticiper les attentes d’une société de plus en plus consciente et connectée, pourrait alimenter frustrations et ruptures.

La commémoration du 5 Juillet ne fait ainsi que renforcer ce double constat : celui d’un peuple en quête de dignité, de liberté donc et d’un régime replié sur lui-même, convaincu de sa légitimité historique, mais encore profondément réfractaire à toute réforme de fond. En Algérie, tout semble bouger, mais, en réalité, rien ne change véritablement. C’est dire qu’on est face à une situation particulièrement abrasive.

Samia Naït Iqbal

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