13.9 C
Alger
Accueil Blog Page 207

CAN 2024 Dames : les Vertes poursuivent leur préparation en vue du match face au Ghana

0

La sélection nationale féminine de football poursuit sa préparation, en vue de son match face au Ghana, prévu ce samedi à 17h (heure algérienne), pour le compte des quarts de finale de la 15e Coupe d’Afrique des nations CAN 2024 (décalée à 2025), a indiqué la Fédération algérienne (FAF) sur son site officiel.

 »Les joueuses de Farid Benstiti ont effectué jeudi en début d’après-midi une séance d’entraînement d’une heure et demie, consacrée au volet tactique. Une séance qui s’est déroulée sur le terrain du Centre sportif de Berkane, avec la participation de toutes les joueuses, hormis Naïma Bouhani, toujours blessée et officiellement forfait jusqu’à la fin du tournoi », a ajouté la FAF.

Lors de la phase de poule, la sélection algérienne avait terminé deuxième du groupe B avec un total de cinq points, derrière le Nigéria (7 pts), et devant le Botswana (3 pts) et la Tunisie (1 pt).

Les Ghanéennes ont terminé 2es du groupe C, derrière l’Afrique du Sud (7 pts), mais ex aequo avec le Mali (4 pts), avec toutefois une meilleure différence de buts (+1), contre (-3 pour le Mali).

APS

L’ANIRA adresse un énième avertissement à la chaîne El Heddaf TV 

0

L’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA) a adressé un avertissement officiel à la chaîne « El-Heddaf TV », pour violation de la déontologie professionnelle et des dispositions du cahier des charges, ainsi que pour atteinte à la réputation du Groupe Sonelgaz, lui exigeant de présenter des « excuses officielles et publiques » afin de réparer le préjudice causé à l’image de cette entreprise à portée souveraine et économique ».

Dans son communiqué rendu public jeudi, l’ANIRA a précisé avoir reçu, en date du 24 juin 2025, une plainte officielle de la part du groupe Sonelgaz, actuel propriétaire du club Entente sportive de Sétif (ESS), dénonçant des propos jugés « attentatoires à sa réputation et à la dignité de ses responsables ».

Ainsi, ces propos ont été tenus lors de l’émission « Belmakchouf » diffusée le 17 juin 2025 sur la chaîne « El Heddaf TV » et portaient sur « des propos diffamatoires et des moqueries publiques »

En conséquence, l’Autorité a convoqué les responsables de la chaîne « El Heddaf TV » le 25 juin 2025, écouté leurs réponses orales et écrites et procédé à une « analyse objective » de l’émission objet de la plainte ainsi que des contenus récurrents dans certaines émissions sportives.

Elle a constaté ainsi « un dérapage verbal manifeste » de l’animateur de l’émission « Belmakchouf », avec des propos tels que: « La stratégie de Sonelgaz est administrative et ne correspond pas au football » et « Ce n’est pas un compteur électrique qu’on fait tourner vers le haut ou vers le bas », des expressions considérées, selon l’ANIRA, comme « un mépris attentatoire à l’égard de la nature de l’activité du groupe Sonelgaz et de sa position stratégique ».

L’Autorité a affirmé que « ce dérapage implique une sous-estimation implicite quant à l’expertise de Sonelgaz et de ses capacités de gestion » et que « toute atteinte à sa réputation ou dénigrement infondé contre sa direction constitue un dépassement des limites de la critique professionnelle et relève d’une attaque systématique ».

A cet égard, l’ANIRA a mis en garde contre le fait que « ces dépassements médiatiques, en ciblant de grandes entreprises nationales telles que Sonelgaz, risquent de ternir l’image de l’Algérie à l’international et de porter directement atteinte à la sécurité économique, compte tenu du rôle stratégique de cette entreprise en Afrique et au Moyen-Orient ».

Sur la base de ses éléments et après avoir « tenu compte de tous les aspects liés à cette affaire, l’ANIRA décide d’adresser un avertissement officiel à la chaîne « El Heddaf TV », pour « violation flagrante de la déontologie professionnelle et du décret exécutif 24-250 fixant les dispositions du cahier des charges générales imposables aux services de communication audiovisuelle ».

Elle exige également de la chaîne de « présenter des excuses officielles et publiques au groupe Sonelgaz, afin de réparer le préjudice causé à la réputation de cette entreprise à portée souveraine et économique ».

« Soucieuse de protéger la liberté d’expression dans un cadre responsable, l’ANIRA appelle l’ensemble des services de communication audiovisuelle à faire preuve de responsabilité et de professionnalisme, notamment dans les émissions d’analyse traitant des entreprises nationales stratégiques ».

Et elle réaffirme qu’elle « ne tolérera aucune pratique portant atteinte à l’intérêt suprême du pays », et de ce fait, exhorte les professionnels des médias et de la communication audiovisuelle à « ancrer une culture médiatique intègre ».

Ce n’est pas la première fois que cette chaîne crypto-islamiste reçoit un avertissement de l’Anira. C’est une chaîne multirécidiviste.

Avec APS

Condamnation de Lounis Saïdi : le RCD dénonce une dérive autoritaire

3

Lounis Saïdi, cadre syndical de l’UGTA, secrétaire général de la fédération des Cheminots, est condamné arbitrairement à 2 ans de prison et à 100 millions d’amende. Le RCD s’indigne et condamne.

Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a réagi ce vendredi à la condamnation du syndicaliste Lounis Saidi, estimant qu’il s’agit d’« une stratégie de dissuasion » contre l’action syndicale en Algérie.

Dans un communiqué virulent, le parti présidé par Atmane Mazouz dénonce une « dérive autoritaire » et appelle à l’abandon immédiat des poursuites visant les militants syndicaux. Le RCD devient ainsi le second parti politique, après le Parti des Travailleurs (PT), à s’exprimer publiquement sur cette affaire, révélatrice selon lui d’une remise en cause profonde des libertés syndicales dans le pays.

Condamné à deux ans de prison ferme et à une amende de deux millions de dinars le 17 juillet 2025 par le tribunal de Sidi M’hamed, Lounis Saidi, ex-secrétaire général du Syndicat national des cheminots affilié à l’UGTA, est poursuivi pour des faits directement liés à son activité syndicale. Il avait été interpellé le 5 juillet, à la veille du lancement d’une grève nationale illimitée à l’appel de son syndicat, avant d’être démis de ses fonctions et de voir l’action annulée sous pression.

Le RCD rappelle que le Syndicat national des cheminots est « l’un des plus anciens et des plus combatifs » du pays et voit dans cette condamnation une volonté manifeste de « briser une mémoire militante et d’éradiquer un pilier de la contestation sociale ».

Dans un ton alarmiste, le communiqué signé par Youcef Rezkini, secrétaire national chargé des relations avec les syndicats, accuse les autorités de mettre en œuvre un « dispositif répressif » adossé à un arsenal juridique liberticide. Le parti cite notamment les lois 23-02 et 23-08, adoptées en 2023 sans concertation, qui selon lui, « criminalisent l’action collective » et affaiblissent considérablement les droits des travailleurs.

Un climat d’intimidation généralisée

Qu’a fait le cheminot Saïdi pour mériter une telle impensable verdict ? Il a appelé à une grève générale pour réclamer une augmentation des salaires. Un droit de tout syndicaliste dans un pays qui se respecte et dans une république où les dirigeants sont respectueux des institutions. Il en est autrement dans la chimérique « Nouvelle Algérie » de Tebboune-Chanegriha.

Le cas de Lounis Saidi, estime le RCD, n’est pas isolé. Le parti démocrate évoque aussi la situation de deux figures du syndicat autonome de l’éducation, le CNAPESTE : les professeurs Messeoud Boudiba et Boubkeur Habet, sous contrôle judiciaire depuis février 2025 et contraints à des obligations d’émargement « dans des juridictions éloignées de leurs lieux de résidence ». Ces mesures seraient, là aussi, motivées uniquement par l’exercice de leurs fonctions syndicales.

Pour le RCD, ces pratiques illustrent « une volonté de mise au pas des syndicats » dans un contexte où les libertés syndicales, bien que garanties par la Constitution et par les conventions internationales ratifiées par l’Algérie, sont « méthodiquement piétinées ».

Appel à la solidarité nationale et internationale

Le parti appelle l’opinion publique nationale et internationale, les organisations syndicales ainsi que les défenseurs des droits humains à se mobiliser contre cette escalade. Il affirme sa « pleine solidarité » avec tous les syndicalistes victimes de harcèlement judiciaire et insiste : « La défense des travailleurs n’est pas un crime. »

Allocation de voyage : un cadre très strict pour l’accès à la devise

0

La Banque d’Algérie a publié, le 17 juillet 2025, l’instruction n° 05-2025, marquant un tournant dans la régulation de l’allocation de change destinée aux voyageurs algériens.

Ce nouveau cadre réglementaire, qui entre en vigueur le 20 juillet 2025, remplace l’ancienne instruction n° 08-97 et introduit des conditions plus rigoureuses pour bénéficier de la devise lors de séjours à l’étranger. Voilà qui donnera des idées aux Algériens qui ont de plus en plus de peine à voyager.

Des conditions d’éligibilité renforcées

Désormais, l’allocation de change est fixée à un montant annuel maximal de 750 euros (ou équivalent en devises convertibles) pour les personnes âgées de 19 ans et plus, et à 300 euros pour les mineurs âgés de 12 à moins de 19 ans, dans la limite de deux enfants par famille. Ce montant est non cumulable d’une année à l’autre et est réservé à l’usage exclusif du voyageur. Il est également précisé que les pèlerinages ne sont pas concernés par cette instruction.

Procédure et délais à respecter

Pour être éligible, le séjour à l’étranger doit avoir une durée minimale de sept jours. Le bénéficiaire doit régler en dinars le montant correspondant au moins trois jours ouvrables avant la date du départ.

Le dossier, à déposer auprès d’une agence bancaire ou d’une succursale de la Banque d’Algérie, doit comprendre les documents suivants : un titre de transport aller-retour ou un reçu pour le transport terrestre ; une preuve de paiement de la taxe sur les carburants ; le passeport valide du demandeur, accompagné d’une copie de la première page  et un visa valide si nécessaire. 

Un reçu de paiement est alors remis. Il est également possible d’effectuer les démarches pour le compte du conjoint ou des ayants droit, sur présentation d’un livret de famille.

Un contrôle bancaire renforcé

Avant toute délivrance, les banques et la Banque d’Algérie sont tenues de vérifier que le demandeur n’a pas bénéficié de l’allocation durant les douze mois précédents. Cette « période de référence » s’applique à partir de la date d’entrée en vigueur de l’instruction.

De plus, le voyageur doit présenter un visa en cours de validité si la destination l’exige. Pour ceux ayant perçu l’allocation l’année précédente, une preuve de voyage effectif (cachet de la police des frontières) est obligatoire.

Le retrait de la devise s’effectue exclusivement aux guichets de la Banque d’Algérie situés aux points de sortie du territoire national, sur présentation du passeport valide, de la carte d’embarquement (pour les transports aériens et maritimes) et du reçu de paiement. En cas de voyage par voie terrestre, l’allocation est retirée au moment du franchissement des frontières.

Un enregistrement du montant, de la devise et de la date de l’opération est effectué sur le passeport du bénéficiaire.

Sanctions sévères en cas d’infraction

Le non-respect de ces dispositions expose le contrevenant à des sanctions lourdes. Ainsi, un séjour écourté à moins de sept jours ou une annulation de voyage entraîne l’obligation de restituer l’allocation dans un délai de cinq jours ouvrables après le retour.

À défaut, le bénéficiaire encourt une interdiction d’accès à l’allocation pendant cinq ans. Cette sanction peut également frapper les mineurs, mais elle est levée dès leurs 19 ans.

Enfin, toute utilisation frauduleuse de l’allocation, comme sa cession à un tiers ou son usage à des fins autres que le voyage, constitue une infraction à la réglementation des changes et expose le contrevenant à des poursuites pénales.

La rédaction

Israël, les Druzes et l’art de pulvériser les lignes rouges : chronique d’une guerre invisible et maîtrisée

Il est des peuples que l’histoire a rendus discrets par sagesse, loyaux par nécessité, et invisibles par instinct de survie. Les Druzes sont de ceux-là. Peuple sans prophète et sans ambition d’empire, ils ont survécu en se faisant pierre dans la tempête.

Aujourd’hui, pourtant, ce sont eux que l’on invoque, que l’on bombarde, que l’on défend. Israël, avec la brutalité méthodique qui sied aux puissances établies, a une nouvelle fois frappé la Syrie : Damas, Soueïda, Deraa. Et chaque missile lancé depuis la Galilée porte l’inscription silencieuse : « Au nom des Druzes ».

Mais depuis quand les États bombardent-ils pour sauver, et depuis quand le ciel se fend-il pour des minorités, si ce n’est lorsque leur fragilité devient levier géostratégique ?

La question n’est pas pourquoi Israël protège les Druzes. La vraie question est : que gagne Israël à se faire leur protecteur exclusif ?

Quand une minorité devient géographie

Ce que la géopolitique ne dit pas toujours, c’est que les peuples comptent moins que les lieux qu’ils occupent.  Soueïda, Jabal al-Druze, la lisière du Golan, c’est moins une terre druze qu’une frontière flottante entre deux légitimités. Celle d’un Israël sûr de son droit à bombarder tout ce qui menace son silence stratégique et celle d’un État syrien fracturé, contesté, que la guerre a vidé de sa centralité.

Entre les deux, les Druzes, qui n’ont rien demandé, mais dont la neutralité menace chacun. Israël a toujours été un cartographe vigilant du désordre arabe. Ce qu’il ne peut contrôler, il le fracture. Ce qu’il ne peut soumettre, il l’encourage à l’autonomie.

Ce qu’il ne peut digérer, il le pousse à se battre contre ses propres voisins. Les Druzes, hier discrets, deviennent aujourd’hui un « soft buffer », un rempart communautaire instrumentalisé pour contenir à la fois le retour d’un pouvoir central syrien, l’infiltration iranienne, et l’éruption de chaos sunnite dans une zone que Tel-Aviv considère comme son glacis vital.

Doctrine périphérique et centralité minoritaire

Ce que fait Israël avec les Druzes syriens, il l’a déjà expérimenté avec les chrétiens maronites du Liban, les Kurdes du Nord irakien, et même certains chiites libanais avant l’émergence du Hezbollah. La doctrine est ancienne, claire, et invariable : sécuriser la périphérie en appuyant les minorités contre les majorités arabes nationales.

Cette stratégie dite « périphérique » n’a jamais été humanitaire. Elle est purement mécanique. Elle produit des zones tampons, des alliés circonstanciels, des fractures ethno-confessionnelles qui empêchent toute consolidation d’un front arabe uni.

Ainsi, le soutien israélien aux Druzes syriens n’est pas un acte de protection ; c’est un acte de projection. Il ne s’agit pas de sauver une minorité, mais de préempter un espace, de redessiner une marge, d’écrire une nouvelle partition du Sud syrien au nom de la stabilité d’Israël.

Le bombardement comme message politique

Les frappes récentes contre Damas, les sites militaires de Soueïda, les convois des forces gouvernementales syriennes ne relèvent pas de l’improvisation. Elles sont un message codé, une grammaire de la force. Le contenu est clair : Israël n’acceptera aucun retour de l’armée syrienne ou des milices pro-iraniennes à proximité de la zone druze. Il s’autorise même à parler à Damas avec un langage qui, ailleurs, s’apparenterait à une déclaration de guerre.

Et pourtant, le silence du monde est assourdissant. Car Israël ne frappe pas à l’aveugle, il frappe au nom d’une minorité silencieuse, il frappe contre un régime infréquentable, il frappe en se présentant comme bastion d’ordre dans une région d’entropie. Cela suffit à fabriquer le consentement tacite des chancelleries occidentales.

Une protection à double tranchant

Mais le plus grand danger pour les Druzes n’est pas le régime syrien. Ce n’est pas non plus Israël. C’est de devenir un outil dans une guerre qui les dépasse. La logique protectrice israélienne les transforme en pièce d’échiquier dans une partie dont ils ne maîtrisent ni les règles ni les enjeux.

Entre une Syrie centrale en recomposition et une puissance israélienne qui prétend veiller sur eux, ils risquent de perdre leur autonomie historique, leur neutralité patiemment bâtie, et devenir malgré eux les kurdes du sud syrien : nécessaires, instrumentalisés, puis abandonnés.

Vers une fragmentation institutionnalisée de la Syrie

Ce qui se joue ici dépasse le drame ponctuel de Sweida. C’est la balkanisation lente et méthodique de la Syrie, selon un modèle déjà expérimenté en Irak et en Libye. Le soutien israélien aux Druzes participe d’une stratégie plus large : empêcher la résurrection d’une Syrie unifiée, nationaliste et souveraine, capable de fédérer les résistances à l’ordre régional israélo-américain. En cultivant des enclaves autonomes, Israël affaiblit toute centralité arabe.

Ce n’est pas une guerre de conquête, c’est une guerre de fragmentation. Une guerre douce, ciblée, chirurgicale, où chaque minorité devient une fissure dans le bloc adverse. Une paix impossible faite de guerres légitimes Israël n’a pas besoin de conquérir la Syrie. Il lui suffit que la Syrie reste inconquise. Que ses minorités se méfient de sa majorité. Que ses Druzes craignent ses sunnites. Que ses sunnites refusent ses chiites.

Que ses Kurdes redoutent ses Arabes. Dans cette architecture de la méfiance, Israël devient l’acteur rationnel, l’ami protecteur, l’ombre bienveillante. Mais cette paix israélienne, tissée de guerres préventives et de minorités protégées, est une paix instable, une paix cynique, une paix coloniale de nouvelle génération. Et les Druzes, ces sages de la montagne, ces gardiens des secrets, pourraient bien n’être qu’une porte que l’on pousse pour entrer dans une maison qu’on ne leur rendra jamais.

Rabia Hassanine

Le Washington Institute met en garde contre la militarisation de l’Algérie

Ces derniers jours, les médias algériens ont relayé avec intérêt un rapport publié par le Washington Institute for Near East Policy, saluant les relations croissantes entre l’Algérie et les États-Unis, et soulignant le rôle de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme et la stabilité régionale. Epatant !

Mais ce qui a échappé à cette couverture, c’est l’autre moitié du rapport — la plus importante — qui comprenait un diagnostic critique de la situation politique intérieure en Algérie, mettant en lumière les restrictions des libertés, la militarisation de la vie publique, et la détérioration des droits de l’homme.

Alors, les médias ont-ils transmis seulement la moitié de la vérité ? Et ont-ils consciemment omis le contenu critique du rapport ?

Nous proposons ici de mettre en lumière les « indicateurs politiques » que les médias algériens ont ignorés, en revenant au texte original du rapport publié en juillet 2025 intitulé : « L’engagement stratégique des États-Unis avec l’Algérie : un parcours dans un contexte de transformations dynamiques mondiales » « La stabilité apparente cache une fragilité intérieure ».

Malgré la propagande du régime quant à une « Nouvelle Algérie » créée de toutes pièces depuis l’intronisation de Tebboune au pouvoir, le rapport affirme que la structure de gouvernance dans le pays repose encore sur un système fermé dominé par des élites militaires et civiles vieillissantes, où la participation politique véritable est absente.

Le rapport déclare : « La structure politique intérieure en Algérie — dominée par des élites militaires et civiles âgées, et sans participation politique réelle — a perduré malgré des faiblesses structurelles constantes. » Et il ajoute : « Les réformes de 2016, 2020 et 2024, y compris la reconnaissance de la langue amazighe et la limitation des mandats présidentiels, n’étaient que des tentatives tactiques pour absorber la colère populaire, sans intention de véritable changement. » « Militarisation de l’État ».

Le rapport du Washington Institute évoque une évolution grave dans le paysage politique : l’armée n’est plus un acteur indirect, mais est devenue, selon la Constitution, garante des « intérêts vitaux et stratégiques du pays ». À ce propos, le rapport rappelle : « En 2020, le président a introduit des réformes constitutionnelles qui ont explicitement autorisé le rôle de l’armée dans la politique en la déclarant garante des ‘intérêts vitaux et stratégiques du pays. »

Le document du Washington Institute commente cette évolution comme une réponse au Hirak populaire de 2019, et qualifie le processus d’amendement constitutionnel comme « largement critiqué pour son manque de transparence, son élargissement des pouvoirs présidentiels, et son ignorance des revendications du Hirak appelant à un État civil au lieu d’un État militaire. »

« Allons-nous vers le modèle égyptien ? »

Le rapport met en garde contre des signes croissants de militarisation menaçant le caractère civil de l’État. « En juin 2024, un décret a permis le détachement de membres de l’armée vers l’administration civile, y compris dans des ‘secteurs stratégiques et sensibles’. Cela s’est produit dans un contexte de forte augmentation de la visibilité de l’armée sous Tebboune, avec des apparitions fréquentes du chef d’état-major Saïd Chanegriha aux côtés du dirigeant civil, et une hausse marquée d’un budget militaire déjà élevé. » Et le rapport poursuit en s’interrogeant : « De tels développements ont poussé certains observateurs à se demander si le pays ne se dirigeait pas vers un modèle semblable à celui de l’Égypte, où l’armée est profondément enracinée dans l’économie et la politique du pays», observe la même source.

Restriction systématique des journalistes et des opposants

Le rapport affirme que le premier mandat de Tebboune a vu une détérioration sévère de la situation des libertés : « Le premier mandat de Tebboune a vu le Parlement adopter d’autres mesures telles qu’une loi sur l’information répressive, utilisée pour poursuivre, arrêter et harceler de nombreux journalistes, militants et opposants — même lorsqu’ils étaient à l’étranger. »

Et il ajoute : « S’appuyant largement sur le prétexte de la protection de la sécurité nationale, notamment dans le contexte de la pandémie de Covid-19, le gouvernement a adopté de nombreux amendements au code pénal visant à punir des activités telles que la diffusion de ‘fausses nouvelles’ et l’acceptation de financements étrangers pour les associations — des lois généralement considérées comme contraires aux chartes internationales des droits humains. »

Le fossé entre le peuple et le régime

Malgré le discours officiel sur la « Nouvelle Algérie », les données révèlent que le fossé entre le citoyen et le décideur ne cesse de croître. Le taux de participation aux élections de 2024 était faible, alors que les revendications du Hirak n’ont pas été satisfaites, mais simplement contenues sans changement fondamental.

Le rapport affirme clairement : « Cinq ans plus tard, le grand fossé entre le peuple algérien et ses dirigeants persiste, comme en témoigne la faible participation au scrutin présidentiel de 2024, qui a lancé le second mandat de Tebboune. »

Un président civil ou une façade militaire ?

Le rapport se termine par un message d’avertissement explicite : « Pour protéger durablement le pays contre les menaces sans susciter de défis populistes, les dirigeants militaires auront besoin d’un partenaire civil légitime — et non d’une marionnette, comme Tebboune est perçu par beaucoup. Toutefois, aucun plan clair pour cette transition n’a émergé, ce qui laisse présager une instabilité à moins qu’un changement ne se produise. »

Alors que les couvertures médiatiques algériennes se sont concentrées sur les éléments positifs du rapport — tels que la coopération sécuritaire et défensive ainsi que les opportunités économiques — elles ont ignoré, volontairement semble-t-il, les paragraphes condamnant le recul des libertés et la militarisation croissante de l’État.

Ce que le rapport américain a exposé ne peut être ignoré, et il est loin d’être un simple « éloge diplomatique ». Il s’agit d’un diagnostic direct d’un régime au bord du précipice : des institutions sans légitimité, une armée au cœur des décisions, et des lois qui étouffent les libertés.

Alors, les médias algériens continueront-ils à ne transmettre que la moitié de la vérité ? Ou bien est-il temps de rouvrir le débat sur l’essence même de l’État : qui gouverne ? comment ? et avec quelle légitimité ? Parler de stabilité et de rapprochement international ne doit pas nous aveugler sur une réalité politique que le rapport américain lui-même décrit comme « fragile, fondée sur la répression des libertés, la domination militaire, et l’échec à établir un partenariat civil légitime ».

Au-delà de cette omission sans doute dictée par la censure qu’impose le régime, le rapport publié par le Washington Institute for Near East Policy ne fait que répéter ce que nombre d’analystes et hommes politiques ont déjà largement abordé. Le constat est connu. L’inconnu c’est : que faire pour changer la donne ?

Rabab Aït Abache

Youssef Oueslati, une figure emblématique du journalisme tunisien disparaît

0

C’est avec une grande tristesse que la presse tunisienne a appris le décès, dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 juillet, du journaliste et syndicaliste Youssef Oueslati. La nouvelle a été annoncée ce matin par la Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), qui rend hommage à une voix majeure du journalisme engagé en Tunisie.

Youssef Oueslati, membre influent du bureau exécutif du SNJT, a marqué la scène médiatique tunisienne par son engagement sans faille pour la liberté de la presse et la défense des droits des journalistes. Il a dirigé plusieurs organes de presse, notamment en tant que rédacteur en chef du journal El Chaab et de la revue Akhir Khabar, tout en collaborant avec des médias nationaux et internationaux.

Tout au long de sa carrière, Oueslati s’est imposé comme un critique acerbe des dérives politiques et médiatiques qui menaçaient la liberté d’expression en Tunisie. Son combat syndical et journalistique l’a souvent placé en première ligne, où il a défendu ses confrères et consœurs avec détermination face aux pressions et menaces.

Au-delà de son engagement professionnel, il était également reconnu pour sa rigueur, son intégrité et sa bienveillance, qualités qui lui ont valu le respect et l’estime de ses pairs.

La disparition de Youssef Oueslati laisse un vide profond dans le paysage médiatique tunisien.

Djamal Guettala

Incendie à Martigues : plus de 1 000 pompiers mobilisés

0

Un vaste incendie de forêt s’est déclenché jeudi 17 juillet en début de soirée, au sud de Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Alimenté par des vents puissants soufflant jusqu’à 70 km/h, le feu a ravagé plus de 240 hectares en quelques heures, menaçant des zones résidentielles et provoquant l’évacuation de dizaines d’habitants.

Dès l’alerte donnée vers 19h30, les secours ont déployé un dispositif d’une rare ampleur : plus de 1 000 sapeurs-pompiers, 320 engins terrestres, et d’importants moyens aériens — 7 Canadairs, 2 avions Dash, et 2 hélicoptères bombardiers d’eau.

Plusieurs quartiers de Martigues et de la commune voisine de Sausset-les-Pins ont été évacués par précaution. Deux maisons ont été touchées par les flammes, une exploitation agricole endommagée, mais aucune victime n’est à déplorer à ce stade. Deux pompiers ont été légèrement blessés.

Les autorités ont activé les plans communaux de sauvegarde et ouvert plusieurs structures d’accueil, notamment le gymnase Alain Calmat à Sausset-les-Pins, où une vingtaine de personnes et des chevaux d’un centre équestre ont été mis en sécurité. Les campings de la zone ont également été évacués par crainte d’une propagation rapide, comme lors du terrible incendie de 2020.

Ce vendredi matin, le feu est désormais contenu, selon les services de l’État, mais reste sous étroite surveillance. Le sous-préfet d’Istres évoque une évolution favorable, avec une baisse du vent dans la nuit. L’objectif est désormais de fixer définitivement le feu dans les prochaines heures.

Les pompiers poursuivent leurs efforts pour maîtriser les foyers résiduels, tandis que les habitants évacués attendent l’autorisation de regagner leurs logements. Les autorités appellent à la vigilance et rappellent les consignes essentielles en cas d’incendie : rester confinés, ne pas encombrer les routes, et faciliter l’accès aux secours.

Djamal Guettala

Kamel Bencheikh : merci au Parlement belge d’avoir tendu la main à Boualem Sansal

3

Écrire, c’est résister. Enfermer un écrivain comme Boualem Sansal, c’est enfermer une époque.

Il y a des jours où une démocratie retrouve son honneur. Où une nation regarde plus loin que ses frontières et tend la main à un homme que l’on veut faire taire pour avoir dit la vérité.

Ce vendredi 18 juillet 2025, le Parlement fédéral belge a voté à l’unanimité une résolution exigeant la libération immédiate de Boualem Sansal, immense écrivain algérien, détenu arbitrairement pour ses idées, pour sa parole libre, pour son engagement contre l’islamisme et pour l’universalité des Lumières.

C’est un acte politique, mais c’est aussi un geste d’humanité. Dans un monde qui abdique trop souvent devant les régimes autoritaires, la Belgique vient de dire qu’on ne peut pas emprisonner un écrivain sans que cela n’implique toutes les consciences libres.

Je connais Boualem. C’est mon ami. Je l’aime. Je l’estime profondément. Son œuvre m’accompagne comme elle accompagne tant d’âmes lucides à travers le monde. Il écrit sans haine, mais sans compromis. Il dénonce sans vociférer. Il pense contre lui-même, à la manière des grands esprits. C’est cela, précisément, qu’on veut punir.

En tant qu’écrivain, président du Comité belge de soutien à Boualem Sansal, et membre du bureau exécutif du Comité de soutien international à Boualem Sansal, je salue solennellement les parlementaires belges qui ont déposé cette résolution : Michel De Maegd, Kathleen Depoorter, Benoît Lutgen, Annick Lambrecht, Els Van Hoof et Daniel Bacquelaine. Ils ont agi avec courage, constance, et clarté.

Et je tiens à remercier de manière toute particulière François De Smet, dont l’engagement inlassable a permis que cette résolution voie le jour. Même si son nom ne figure plus dans la version finale du texte, ce combat lui doit énormément.

Au-delà du vote, au-delà du symbole, c’est une question fondamentale qui se pose à chacun d’entre nous : que vaut encore notre liberté si nous laissons tomber ceux qui la paient de leur corps et de leur silence forcé ?

Car oui, l’arrestation de Boualem Sansal est une tragédie, mais c’est aussi une épreuve pour lui d’abord et pour nous tous. Pour nos principes. Pour notre capacité à rester fidèles à ce que nous prétendons être. C’est une ligne de partage entre les démocraties qui se taisent et celles qui se lèvent.

Boualem Sansal incarne une fidélité rare : celle à la vérité, à la complexité, à l’exigence de penser librement. Son œuvre n’appartient pas qu’à l’Algérie. Pas plus qu’à la France. Elle appartient à l’humanité. Et c’est au nom de cette humanité que nous exigeons sa libération.

Il n’est pas seul. Il ne le sera jamais. Sa voix est relayée dans les parlements, dans les journaux, dans les librairies, dans les consciences éveillées. C’est une lumière qu’on ne peut pas enfermer.

Et nous, tant que nous serons libres, nous parlerons pour lui.

Kamel Bencheikh

Kamel Bencheikh, écrivain, président du Comité belge de soutien à Boualem Sansal, membre du bureau exécutif du Comité de soutien international

Criminalisation du syndicalisme : le PT alerte après la condamnation de Lounis Saïdi

Le Parti des travailleurs (PT) a dénoncé, dans un communiqué publié ce jeudi 18 juillet, ce qu’il qualifie de « dérive gravissime » après la condamnation du syndicaliste Lounis Saïdi à deux ans de prison ferme et à une lourde amende de deux millions de dinars.

Ce dernier, secrétaire général de la fédération UGTA des chemins de fer, avait déposé un préavis de grève fin juin pour revendiquer des hausses salariales et s’opposer à l’ingérence de la direction dans les affaires syndicales.

Selon le PT, cette condamnation marque une étape inquiétante dans la « criminalisation » de l’action syndicale en Algérie. Le parti y voit un glissement vers une remise en cause ouverte des libertés syndicales garanties par la Constitution ainsi que par les conventions internationales ratifiées par l’Algérie, notamment celles de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Une arrestation hautement symbolique

Le communiqué du PT souligne la « sinistre concomitance » entre l’arrestation de Lounis Saidi, intervenue le 5 juillet, jour de célébration de l’indépendance nationale, et l’héritage syndical d’Aissat Idir, fondateur de l’UGTA tombé au champ d’honneur. Pour le parti, cet épisode judiciaire constitue un tournant « sans précédent » dans la répression des droits syndicaux.

L’affaire s’inscrit dans un climat de crispation autour du droit de grève et de l’indépendance syndicale. Le PT établit un lien direct entre cette condamnation et les modifications législatives récentes encadrant davantage l’exercice de l’activité syndicale, qu’il qualifie de « dangereuses ». Ces textes, adoptés au nom de la modernisation du droit du travail, auraient en réalité pour effet, selon le parti, d’affaiblir les syndicats et de renforcer le pouvoir des directions d’entreprises, y compris publiques.

Un appel à la mobilisation

Le PT en appelle à une mobilisation large des travailleurs et syndicalistes pour exiger la libération de Lounis Saidi. « Défendre Lounis Saidi, c’est défendre des droits constitutionnels universels », affirme le communiqué, qui replace la lutte syndicale dans le cadre plus large de la défense de la démocratie et de la souveraineté nationale. Le parti rappelle que, par le passé, le mouvement syndical a constitué un rempart contre les menaces pesant sur l’unité du pays, notamment durant l’été 1962 et les années de la décennie noire.

Une interpellation directe au président

Fait rare, le PT interpelle directement le président de la République, l’appelant à intervenir en sa qualité de « protecteur de la Constitution ». Une manière de souligner la gravité de l’affaire et de faire appel à la plus haute autorité de l’État pour infléchir le cours des événements.

À travers ce communiqué, le PT ne se contente pas de dénoncer une décision de justice. Il met en garde contre un processus de caporalisation des syndicats et d’érosion des contre-pouvoirs sociaux, dans un contexte économique et social tendu. Si d’autres formations politiques ou syndicats indépendants venaient à relayer cet appel, l’affaire Lounis Saidi pourrait bien devenir un symbole du débat national sur les libertés syndicales en Algérie.

La rédaction

Le silence assourdissant de l’UGTA

Alors que l’un de ses cadres vient d’être condamné à une lourde peine de prison pour avoir exercé un droit reconnu — celui de déposer un préavis de grève — la centrale syndicale UGTA reste étrangement silencieuse. Aucune déclaration officielle, aucune réaction publique, aucun appel à la solidarité syndicale n’est venu de la part de la direction de l’Union générale des travailleurs algériens. Un mutisme que de nombreux observateurs jugent incompréhensible, voire complice, face à ce qui est  qualifié d’« atteinte gravissime au droit de grève et au libre exercice syndical ».
Ce silence soulève une fois de plus la question de l’indépendance réelle de la centrale historique, dont le rôle de contre-pouvoir semble de plus en plus affaibli face aux pressions institutionnelles. Pour certains syndicalistes de base, ce désengagement est perçu comme un signal préoccupant du processus de caporalisation dénoncé par le PT.

La rédaction