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« Batna que je t’aime » : Djamel Lakehal filme la ville comme on revient à l’amour

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Djamel Lakehal
Djamel Lakehal, réalisateur

Avec son film Batna que je t’aime, le réalisateur Djamel Lakehal ne signe pas un simple documentaire, mais une déclaration vibrante à sa ville natale, portée par la musique, la mémoire et les visages. Entre le présent et les échos du passé, il ressuscite l’esprit d’une époque, le souffle d’un quartier, l’ombre d’un cinéma disparu, les vibrations d’un groupe mythique, Les Plays-Boys, et les murmures d’une Batna oubliée.

Derrière la caméra, c’est l’enfant de la ville qui revient sur ses pas, pour transmettre avant qu’il ne soit trop tard. À l’occasion de l’avant-première bouleversante à la Cinémathèque de Batna, Le Matin d’Algérie s’est entretenu avec le réalisateur, entre tendresse, lucidité, colère douce et humour intact. Une parole rare, vibrante, comme un accord de guitare qu’on croyait éteint.

Le Matin d’Algérie : pourquoi avoir choisi ce titre si direct, si intime : « Batna que je t’aime » ? Est-ce une déclaration d’amour, une nostalgie, ou une promesse à la ville ?

Djamel Lakehal : C’est très simple : au-delà de servir de clairon qui déchire le voile de l’intime, nous y sommes allés comme des rockeurs, frontalement. Plus sérieusement, c’est Nabil qui m’a soufflé l’idée en reprenant le fameux morceau de Johnny Hallyday : « Que je t’aime, que je t’aime ». Il l’a chanté pendant les répétitions, puis lors du concert. J’ai ressenti une émotion profonde en l’entendant fredonner les couplets avec Lazhar, cinquante ans plus tard… Tout cela dégageait une sincérité inégalable ; ses yeux en pétillaient d’émotion. Mais finalement, le vrai titre du film devrait être « Back to Town ».

Le Matin d’Algérie : Le film est porté par une forte charge émotionnelle et mémorielle. Quelle a été l’étincelle initiale qui vous a poussé à revenir, par l’image, sur cette Batna d’hier et d’aujourd’hui ?

Djamel Lakehal : C’est drôle, avec le temps, au lieu de m’assagir et de respecter mon âge, comme me le disait un collègue, il suffit d’un rien pour que je tourne au quart de tour. Ce « rien », difficile à croire, c’est au détour d’un banal post Facebook de Lazhar, le chef d’orchestre, qui publiait pour la énième fois une photo en noir et blanc de ses amis. En un instant, je lui ai proposé de faire un film. « Pourquoi pas », avait-il répondu. Et Hamid Meziane a renchéri : « C’est une très bonne idée. » J’ai mordu à mon propre appât. Seul souci : quand je donne ma parole, c’est gravé dans le marbre. Jusqu’alors, c’était en tant que producteur seulement, jamais en tant que réalisateur… Un fait qui s’est ensuite imposé à moi, ou presque.

Le Matin d’Algérie : Vous mettez à l’honneur le groupe mythique des années 70-80, les Plays-Boys. Quelle place occupaient-ils dans le paysage culturel de l’époque, et pourquoi leur redonner voix et présence aujourd’hui ?

Djamel Lakehal : Ils occupaient sans aucun doute une place particulière, car le répertoire proposé était clairement occidental, ce qui correspondait parfaitement à l’air du temps. Ils n’avaient pas d’enregistrements, ce qui montre qu’ils ne se prenaient pas la tête : ils s’amusaient, au vrai sens du terme, et ce n’est en aucun cas un jugement de valeur de ma part.

Deux éléments s’entremêlent par ailleurs lorsqu’il s’agit de leur redonner voix : d’une part, l’hommage que nous devons à Lazhar, qui a consacré sa vie à la musique et formé tant de jeunes à Batna. D’autre part, et c’est peut-être la dimension la plus importante à mes yeux, contrairement à d’autres villes du pays, le récit culturel à Batna reste essentiellement folklorique (avec tout le respect que je dois à notre musique ancestrale), coupé de la culture de son temps, voire de la culture dominante, telle que peuvent l’incarner Al Maalouf ou Al-Andaloussi. Or, il y a 60 ans, on inventait avec une batterie minimale dotée d’une caisse claire et une guitare plate bricolée pièce par pièce par un photographe amateur d’électronique. D’autres, comme Es’Saada, défiaient l’élite nationale du chaâbi avec des istikhbār égrenés sur une base de guitare électrique… Il fallait le faire ! Pendant un temps, Bouchenteche passait à la télévision, puis plus rien.

Pareil pour Nouari Nezar. Pour moi, la mémoire collective est essentielle à la construction d’une société. Elle doit se transmettre de génération en génération. Il fallait sortir cette histoire des discussions de café entre une poignée de connaisseurs pour la porter au grand jour. Tout cela doit rester vivant. Il faut savoir d’où l’on vient et qui étaient ces acteurs. Vous comprendrez alors pourquoi le mot « nostalgie » n’a pas sa place dans mon projet : il s’agit d’un besoin vital de transmettre avant qu’il ne soit trop tard. Avec le temps, les récits de café ont tendance à se confondre trop facilement avec les affabulations.

Le Matin d’Algérie : Batna est bien plus qu’un décor dans votre film : elle devient un personnage à part entière. Comment avez-vous pensé et construit cette présence vivante de la ville, entre ruelles, sons, quartiers et visages ?

Djamel Lakehal : Très juste… Ce fut un exercice particulièrement exigeant. Pour moi, Lazhar incarne tout ce qu’on aimerait voir à Batna : le sourire, la joie de vivre et, surtout, la générosité. Personne n’aurait pu tenir ce rôle — son propre rôle — avec autant de sincérité et d’engagement. Il s’est imposé naturellement au bout du fil rouge — les Play Boys — que j’ai tendu tout au long du film. Ensuite, pour donner davantage de substance au récit, il me fallait une matière plus culturelle que strictement folklorique : du texte, de la prose, du théâtre, du blues… Le tout en plusieurs langues — chaoui, batnéen, arabe, français, anglais — et à travers diverses nuances de peau et d’accent. C’est cette diversité qui compose le personnage vivant qu’on appelle « Batna », et que Nabil, comédien à la personnalité décapante, dit tant aimer.

Le Matin d’Algérie : On sent que vous accordez une grande importance à la dimension sonore : musiques, voix, ambiances… Peut-on parler d’un travail de mémoire à travers le son, autant que l’image ?

Djamel Lakehal : Qu’on le veuille ou non, une graine de folie sommeille en chacun de nous, prête à s’enflammer des deux bouts au moindre éclat sonore ou vocal. C’est viscéral, ça doit couler dans nos veines depuis la formation de nos majestueuses montagnes. Pour ce qui est de l’image, je dois avouer que je ne disposais pas des moyens nécessaires pour produire de la grande image ! Le tournage a connu beaucoup de ratés… Il fallait reconstruire, peindre, nettoyer les rues — une tâche colossale… Le nettoyage du hall du Regent m’a coûté trois jours de courses « administratives » folles et une déchirure au mollet. Par ailleurs, il reste très peu d’endroits à Batna qui ont gardé leur cachet d’origine… Quand on me demande en quoi notre petite bourgade a changé, je réponds que c’est à cause de la fermeture de ses trois cinémas…

Mes premiers souvenirs marquants remontent à la projection du Bon, la Brute et le Truand au début des années 70, devant le Casino… Un monde fou ! Je revois les avant-bras tatoués qui se mesuraient devant le guichet, au coin de la rue… de la glaise à fiction ! Combien de fois n’ai-je pas voulu écrire tout cela : quand mon cousin Hacene nous emmenait, mon frère Fouad et moi, de la cité rurale à travers les ruelles du quartier du Stand, voir un film, et que nous n’osions pas avancer jusqu’à ce que feu notre cousin Al-Amri Chouali — le Steve McQueen du quartier de l’abattoir, un blond aux yeux verts — vienne nous faire entrer comme des petits princes au milieu d’une foule déchainée. C’était le placeur du Casino. Il dessinait à la main les affiches des grands films westerns. Il est mort à 27 ans, poignardé dans une rixe à la lame, comme dans un Film ; notez la majuscule !

Le Matin d’Algérie : Votre film se distingue par sa narration fluide, simple, accessible, sans jargon académique. Est-ce un choix délibéré pour toucher le grand public, notamment les jeunes générations ?

Djamel Lakehal : On ne touche pas vraiment les gens avec de l’académisme… À défaut de pouvoir constituer des phrases simples et percutantes, beaucoup d’écrivains ont la fâcheuse tendance de renvoyer leurs lecteurs au dictionnaire, ou de les abreuver d’adjectifs pédants ; le meilleur moyen de les perdre, me direz-vous. C’est pareil pour le cinéma, même si, pour être franc, si je devais un jour refaire un film d’auteur traitant d’un thème moins ludique, mon approche serait fatalement différente.

Le Matin d’Algérie : . Le regard que vous portez sur les femmes, qu’elles soient artistes ou anonymes, est empreint de tendresse et de respect. Quelle place occupent-elles dans votre récit et dans la mémoire de Batna ?

Djamel Lakhal : La mémoire de cette ville me paraît étrangement masculine, comme si la moitié de son histoire n’existait pas, ou n’était condamnée qu’à suivre son ombre dans les cours et les patios. Ce qui est complètement faux ! En réalité, ce sont les femmes qui préservent les traditions : les récits oraux, les savoir-faire culinaires, les gestes du quotidien, l’esprit et l’ordre des cérémonies, etc. Je tenais absolument à ce que des figures féminines apparaissent dans le film. Il m’était tout simplement inconcevable de le réaliser sans elles. Ce n’était pas par crainte du fameux « que dira-t-on de nous ? », Mais c’était une affaire de conviction. Longtemps, j’ai courtisé une Batnéenne « pur jus », une femme au verbe rare, qui faisait résonner cette langue subtile et chantante — celle de mes grandes tantes, aujourd’hui presque éteinte. Je la voulais dans le film, pour qu’à travers sa voix, quelque chose de ce monde en train de s’effacer subsiste. Durant une année entière, j’ai tenté de la convaincre. En vain. À la fin, elle a déposé les armes. Heureusement, Lydia et Wissam ont surgi, lumineuses, pour porter cette parole avec une force et une fidélité bouleversantes.

Le Matin d’Algérie : Lors de l’avant-première à la Cinémathèque de Batna, les spectateurs ont réagi avec émotion : youyous, rires, larmes parfois… Que vous ont inspiré ces retours si spontanés et intenses ?

Djamel Lakhal : Ils m’ont tellement chargé d’émotion que, purée, je n’ai pas pu contenir les miennes lors du débat. C’était trop fort. Je sentais que je les avais touchés dans le mille. J’ai perçu en eux le désarroi de quelqu’un à qui sa famille manque terriblement. Batna manquait aux Batnéens. C’est à ce moment-là que j’ai compris que le film avait atteint son but. Avant même le début de la projection, un vieil homme appuyé sur une canne est venu s’asseoir à ma droite. Il m’a confié qu’il n’était pas entré dans cette salle mythique depuis quarante ans. À sa demande, je lui ai répondu que j’étais l’auteur du film. Il n’a rien dit, si ce n’est cette question simple : « Est-ce que ça va être long ? » À la fin du film, il a pleuré. Il m’a ensuite pris la main et y a déposé un baiser. Inutile de préciser que je suis monté sur scène pour le débat, aussi électrisé qu’un ciel des Caraïbes. Je profite de cette occasion pour remercier du fond du cœur le public batnéen, qui a été tout simplement merveilleux.

Le Matin d’Algérie : À travers ce film, vous montrez que le cinéma peut aussi être un outil de transmission de la mémoire populaire, souvent oubliée. Quel rôle donnez-vous au cinéma dans ce travail de mémoire ?

Djamel Lakehal : Le cinéma est un puissant vecteur d’émotion et de réflexion. La littérature, y compris le théâtre, en est un autre, mais la lecture est malheureusement en perte de vitesse. Chaque citoyen algérien est capable de citer trois ou quatre films qui l’ont marqué (et marqué tout le monde pareillement), mais très peu pourraient en dire autant à propos des livres. Je garde toutefois espoir dans le théâtre…

Le Matin d’Algérie : Vous filmez Batna comme un pont entre les générations, entre le passé et le futur. Quel avenir espérez-vous pour cette ville, et pour les jeunes qui y vivent aujourd’hui ?

Djamel Lakehal : J’espère qu’un jour sera enfin pris un arrêté ministériel qui limite l’extension de la ville dans tous les sens. Il ne faut plus toucher aux terres agricoles environnantes, sinon cela deviendra invivable. Il est essentiel que la société civile s’émancipe davantage et réclame ce qui lui revient de droit : recenser les quelques sites encore préservés, tenter de les protéger et en faire des lieux de rencontre, de création et de culture. J’ai déjà évoqué (sur les réseaux sociaux) l’idée de créer une « Association des Amis de l’Hôtel d’Orient », que je rêve de voir naître un jour, pour défendre ce patrimoine et le sauver des pelleteuses. En m’adressant aux jeunes, je voudrais leur dire qu’une ville est comme une famille : une extension vivante et organique de la communauté. Il faut d’abord lui donner, avant même de penser à lui prendre. Elle saura, alors, se montrer généreuse.

Le Matin d’Algérie : Après cette avant-première réussie à Batna, quels sont vos projets pour faire voyager le film ? D’autres projections sont-elles prévues ailleurs en Algérie ou à l’international ?

Djamel Lakehal : Si tout se passe bien, le film sera diffusé dans le circuit national des cinémathèques, qui compte 15 salles. J’essaierai également de le présenter dans des festivals, que ce soit dans le pays ou à l’étranger, mais dans une version moins « batnéenne » et plus universelle.

Entretien réalisé par Djamal Guettala

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Rien n’est plus visible que ton absence, Boualem !

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Boualem Sansal
L'écrivain Boualem Sansal condamné à 5 ans de prison a été libéré.

Cette citation de Jacques Prévert « Quand la  vérité n’est pas libre ,la liberté n’est pas vraie» les poursuivra pour longtemps, aussi longtemps qu’ils régneront comme des faiseurs de geôles  parmi  les hommes libres, aussi longtemps qu’ils érigeront des murs entre nous et le monde libre.

La sentence prononcée contre Boualem Sansal était déjà connue bien avant cette parodie de procès à la stalinienne. Son sort, entre les quatre murs de la prison de Koléa, avait été dicté publiquement par l’illégitime Tebboune.

Tout le monde garde en mémoire de l’infâme compagne médiatique menée contre lui, l’accablant de tous les maux : le traitre, le sioniste, le juif, le collabo…  jusqu’à exhumer les os de sa parentèle pour le salir, pour faire de lui un pestiféré, sans lien de sang , sans lignée, lui qui a toujours refusé les lignes macabres de la déshumanisation et ceux qui les dessinent .

C’était la profession de foi de Tebboune, devant un parterre d’hommes qui se couchent, que Boualem ne sortira pas de prison, que son incarcération arbitraire est le résultat d’une crise profonde qui secoue les arcanes du pouvoir. Un pouvoir qui n’a d’autres issues, pour assurer sa longévité, aujourd’hui comme hier, que de se tourner vers la rente mémorielle, les fondements truffées d’une identité nationale falsifiée, une cause palestinienne minée par l’emprise mortifère d’un Hamas génocidaire, l’intégrité territoriale qui s’arrête aux frontières des gisements de pétrole et de gaz, devenues propriétés privées de  la mafia politico-militaire et des puissances étrangères.

Mais face à ce déluge d’avanies, rien n’est plus visible que ton absence, Boualem! Rien n’est plus criard que ce que tu as écrit et écriras encore, Boualem. Rien n’est plus juste que ton refus sans langue de bois de cette islamisation effrénée du monde libre, pendant que d’autres, notamment de gauche, en France comme en Algérie, se complaisent et s’accommodent de la bête immonde, Boualem.

Ta vérité est libre, Boualem, tout comme celle de Djaout et Mekbel avant toi, assassinés par les islamistes sous l’œil complice du pouvoir militaire d’Alger.  Ton combat est juste, Boualem, tout comme celui de Katia Bengana et de Amel Zennoune, refusant le diktat du terrorisme islamiste pendant la guerre civile en Algérie. Tes écrits font peur parce qu’ils mettent à nue leurs mensonges et dissèquent leurs alibis, Boualem!  Parce qu’on te lisant, ils se brulent les yeux, Boualem!

A l’instar de tous les détenus d’opinions qui croupissent dans les geôles d’Alger, t’es devenu l’étendard qui brise l’omerta sur la violente répression qui s’abat sur toutes les voix qui s’élèvent contre l’injustice , Boualem!

Tu es de ces auteurs qui ne prétendent pas trouver des réponses aux maux qui mettent en péril le monde libre, mais qui savent écrire, de la façon la plus incisive, la plus juste, ce qui rend possible leur existence. Tu dois le savoir, Boualem, que ce qui est considéré comme une trahison dans le pays qu’une certaine France voit comme la Mecque des libertés, est l’antithèse de ce que nous désirons vivre dans ce pays aux prises avec les nouveaux geôliers de la colonisation post-indépendance.

Tu dois le savoir, Boualem, qu’aucune force réactionnaire ne peut étouffer une pensée libre. Qu’un écrivain des lumières ne peut mourir, Boualem !

Mohand Ouabdelkader

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Ass-a, d ass-nni n « Taḥya Lǧazayer ! »

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Armée des frontières
Ben Bella, Boumediene, Khider et Bitat en été 1962.

Ass-nni n 5 yulyu 1962, nella di taddart, nessuli i tikkelt tamezwarut annay/taâllamt n tmurt n Lezzayer deg umraḥ n tala. 

Tameddit, usan-d yemjahden, wten abarud di tejmaât ɣer igenni, s lmatrayuzat d-innulfan ussan-nni, « Mat chinoise ».

Niqal, numen tefra lgirra…

Izzi-d useggas… tebda lgirra nniḍen. Laâsker n Ben Bella kecmen-d tamurt, ifergan-nni n ubarbelli i d-izzin i temdint uɣalen-d ɣer imukan-nsen, iserdasen n ANP bedden di tebbura n temdint, imilisen tezzin d axatel di tzerbatin, iserdasen n PM (Police Militaire) teddun d adar, win d-ikkan gar-asen ad t-wten s tdebbuzin-nsen, ad t-seglilzen, d amɣar neɣ d tameṭṭut !

Tuɣal-d lgirra tis snat !

D asaru yeɣmin deg uqerru n uqcic ameẓyan, d aktay ur ntekkes.

Ass-a, d ass n 5 di yulyu 2025, 63 iseggasen deffir wass-nni deg nessuli annay n waggur d yitri. Acu i d-iqqimen ?

Deffir 1962, mačči d tudert i sarmen Izzayriyen deg iseggasen-nni n tmara, n ṭṭrad d yal tawaɣit, maca yekkes wugur ameqqran, tekkes temhersa/listiaâmer ɣef tmurt.

Akken bɣun ilin wuguren : adabu n néo-FLN n usekkak, adabu n laâsker n berra i d-ikecmen s ubarud akked idammen si Merruk d Tunes, imilisen n Ben Bella akked Boumediène, tawaɣit n « arabisation » n Ahmed Taleb Ibrahimi akked wid d-irnan deffir-s, asalu n nnger n « réforme agraire n usekkak akked industrie industrialisante » n icabcaqen, aselqem n txunit akked taârabt-tinneslemt i d-irnan 10 iseggasen n ṭṭrad mgal Izzayriyen… akken bɣun sberken tudert n Izzayriyen, maca ugur ameqqran ikkes, tamurt n Lezzayer ur telli ddaw udabu n ukulun !

Akken bɣun ilin wuguren, ur izmir yiwen ad iqren ‘’war tudert’’ n ddaw tamhersa/listiaâmer akked tin n Lezzayer tilellit.

Issefk ad teddukel tmuɣli ɣer yiswi yellan ɣer sdat : ad tezdi tmurt n Lezzayer akked tmura yellan idisan-is (Merruk, Tunes, Libya, Muritanya), acku deg umezruy-nneɣ, d yiwet tmurt, d tin ɣef immut Yugerten di tesraft n Tullianum di Roma.

Ma teddukel tmurt, uguren n kra n ijinariliyen, n tedbelt/administration n « bureaucratie », akked twekka n ixuniyen, azekka ad negren wakali. Ad d-ildi ubrid ɣer wubdis/luḍa n tmeddurt di tlelli. D asirem… d tasertit n usirem.

Annay amaziɣ innulfa-d, ibedd ass-a d assaɣ idis n wannay n waggur d yitri, zun d gma-s, d akniwen, d azamul i tikli deg ubrid n umezruy, ɣer yimal n Tamazɣa. 

Mohia inna-d awal, ɣas s ttiha, maca yufa-t-id, iwata : di 1962, « Teffeɣ Fransa, tekcem-d Lezzayer » !

Aumer U Lamara 

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Le 5 juillet : un feu, une route, une attente

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Hirak

Le 5 juillet 2025. Soixante-trois ans après l’indépendance. Et si ce n’était plus un anniversaire qu’on célébrait, mais un aveu qu’on dissimulait ? Soixante-trois années pour apprendre à devenir libres, et toujours ce même trouble, ce même silence au fond du regard collectif.

Comme si l’histoire nous avait légué non pas la souveraineté, mais son simulacre, non pas l’indépendance, mais le fardeau d’en porter le nom sans jamais en posséder l’usage. Il est peut-être temps, oui, que les Algériens sachent quoi faire de leur indépendance. Non plus comme un legs figé dans le marbre des mausolées, mais comme un souffle à rallumer, à repenser, à incarner.

Car une indépendance sans projet, sans vision, sans conscience, finit toujours par ressembler à une nouvelle forme de soumission, à l’ignorance, à la corruption, à la peur, à l’ennui. Il ne s’agit plus seulement de se souvenir, mais de comprendre que l’indépendance est une responsabilité en devenir. Créer une nation n’est pas ériger des frontières ni rédiger des constitutions, mais faire surgir un esprit.

Un esprit capable de se penser lui-même, de se regarder sans complaisance, de se projeter sans illusion. Hannah Arendt disait que « la liberté ne précède pas l’action mais qu’elle naît de l’action elle-même ». Et l’histoire ne pardonne pas aux peuples qui vivent dans l’après sans se projeter dans l’au-delà.

Le colonialisme a quitté nos ports, mais sa structure mentale, ses automatismes, ses hiérarchies informes, nous les avons parfois réinternalisés jusqu’au vertige. La mémoire des martyrs est invoquée comme un bouclier, alors qu’elle devrait être une invitation au dépassement, une interrogation permanente sur notre inaccomplissement.

Le 5 juillet ne devrait pas être un rituel de plus, mais une fracture vive, une blessure qui nous oblige à rouvrir les livres qu’on a fermés trop vite, à relire Ibn Khaldoun, Frantz Fanon, Malek Bennabi, Jacques Berque, Edward Said, et à réécouter nos grands révolutionnaires Slimane Amirat, Aït Ahmed, Boudiaf entre autres, à nous demander avec sérieux ce que signifie être libre dans un monde où les désirs, les langues et les imaginaires sont eux aussi colonisés.

Peut-être que le véritable mode d’emploi de l’indépendance commence avec le courage de se désengager du mimétisme, d’opposer à la fierté vocale une élévation intérieure, de préférer à la répétition des mythes une pensée nouvelle, post-libératoire, post-victimaire, libre de toute assignation.

Soixante-trois ans plus tard, le peuple algérien ne doit plus seulement se souvenir qu’il est né libre. Il doit commencer à se créer. Non pas en miroir du passé, mais en projection d’un avenir à bâtir. « Ce n’est pas le passé qui nous éclaire, disait Paul Valéry, c’est nous qui éclairons le passé ».

Et c’est là, précisément, que le politique touche au sacré. Car toute vraie indépendance est d’abord une libération intérieure. On peut briser les chaînes du corps sans jamais libérer l’esprit. Et qu’est-ce qu’un peuple indépendant si son cœur reste captif de la peur, du doute, de la haine de soi, s’il continue de mendier la reconnaissance du monde, s’il se définit toujours par ce qu’il a subi et non par ce qu’il aspire à devenir ? Il faut alors aller plus haut, vers ce que les anciens appelaient le combat de l’âme, cette lutte intime de l’être contre sa propre dérive, car l’indépendance véritable est moins une conquête qu’une élévation, une réconciliation profonde avec notre axe invisible.

Elle ne consiste pas simplement à être maître de son sol, mais à devenir responsable de son orientation, de sa lucidité, de sa force à tenir debout face au monde.

Elle exige une restauration de la verticalité intérieure, cette droiture intime qui rend possible l’unité morale d’un peuple au-delà de ses blessures. Une « fitra » collective, cette innéité enfouie sous des couches de traumatismes, de slogans et de renoncements, attend encore d’être réveillée. La colonisation n’a pas seulement volé la terre, elle a fissuré la dignité du regard que l’Algérien portait sur lui-même. Elle a détruit cette droiture, elle a disloqué l’être. Et c’est cette verticalité qu’il faut maintenant reconquérir. Non plus par les armes, mais par l’esprit. Nietzsche disait que « le ressentiment naît de l’incapacité à créer ». Or qu’avons-nous fait de cette liberté ? Nous avons remplacé la conscience par la servilité, le courage par le confort, la lucidité par la langue de bois.

Nous avons pris la victoire pour un aboutissement, alors qu’elle n’était qu’un commencement. Nous avons trop regardé le sang versé et pas assez la lumière à bâtir. L’Algérie n’a pas besoin d’un nouveau gouvernement. Elle a besoin d’un nouveau verbe. Une parole qui ressuscite, qui unit, qui élève. Camus disait que « la véritable générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». Peut-être faut-il dire les choses crûment. Nous ne sommes pas encore nés symboliquement. Nous existons, oui, mais nous ne rayonnons pas.

Nous existons, oui, mais nous ne rayonnons pas. Nous survivons, mais nous ne nous signifions pas. Un peuple qui ne prie pas pour sa propre vérité ne la trouvera jamais dans les urnes. Il faut que le peuple algérien redevienne présence, non pas soumission, mais élévation. Non pas passéisme, mais invocation de l’avenir. Et peut-être qu’un jour, un 5 juillet à venir, un enfant algérien dira non pas nous avons été libérés, mais plutôt nous nous sommes enfin créés.

Rachid Mohamed Cherfaoui

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Algérie : un arsenal législatif de plus en plus répressif

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Prison

Le Code pénal algérien a subi plusieurs modifications depuis 2020. Les rapporteurs spéciaux de l’ONU jugent les formulations des articles trop extensives.

L’information a été accueillie avec stupeur en France, d’autant que, jusqu’ici, le contrôle judiciaire de Christophe Gleizes avait été passé sous silence pendant plus d’un an. Le journaliste français, collaborateur des magazines So Foot et Society, a été condamné à sept ans de prison ferme en Algérie, lundi 30 juin, pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». Il lui est reproché d’avoir eu des contacts passés avec le dirigeant du club de football de Tizi Ouzou (JSK), par ailleurs responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé comme organisation terroriste dans le pays depuis 2021.

Avant même cette annonce, le contexte était déjà tendu entre Alger et Paris. « Il y a évidemment un rapport avec la situation diplomatique », estime sur franceinfo Renaud Bouchez, collègue et ami de Christophe Gleizes. D’autant que cette condamnation a été prononcée au lendemain de celle, en appel, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal à cinq ans de prison. « Le fait d’annoncer les jugements en deux jours interroge, mais ces deux cas sont très différents, a toutefois insisté le photoreporter. Christophe Gleizes est poursuivi pour ‘apologie du terrorisme’, ce qui est une aberration, car il faisait son travail de journaliste. C’est un spécialiste du football africain. »

Son cas rappelle celui du journaliste algérien Abdelwakil Blamm, placé en détention provisoire depuis janvier après avoir été accusé d’entretenir des liens avec des « terroristes » établis hors du pays. Mais aussi ceux des militants du MaK ou la cinquantaine de condamnés à mort de Larbaa Nath Irathen.

Les poursuites engagées contre le Français reposent sur l’article 87 bis du Code pénal algérien, devenu au fil des années la bête noire des partis politiques locaux et des organisations syndicales. Depuis avril 2020, le pays macère dzns un terrible système arbitraire.

Une définition de plus en plus large de l' »acte terroriste »

Cette disposition sur le terrorisme a été augmentée de deux nouveaux paragraphes en 2021, pour en compter treize aujourd’hui. Elle vise, depuis, quiconque appelle à « changer le système de gouvernance par des moyens non constitutionnels », ce qui est plutôt vague. Et elle punit désormais toute action ayant pour but de « porter atteinte à l’intégrité du territoire national ou d’inciter à le faire », quel qu’en soit le moyen.

L’article 87 bis prévoit toujours le crime d’apologie du terrorisme, qui peut être « utilisé pour réprimer des actes relevant de la liberté d’expression », complète Alexis Thiry, conseiller juridique au sein de l’ONG Mena Rights Group. En février 2022, deux organisations, par ailleurs, ont été inscrites dans la liste nationale de personnes et entités terroristes : le mouvement islamiste Rachad et le Mouvement d’autodétermination de la Kabylie (MAK). « Vous pouvez figurer dans cette liste en l’absence de jugement final. La commission en charge de cette liste, dont la plupart des membres sont issus des organes sécuritaires de l’Etat, est entièrement soumise à l’exécutif et ne peut nullement être qualifiée d’indépendante. »

En 2020, au début de la répression qui a suivi le Hirak, vaste mouvement de protestation qui a chassé Abdelaziz Bouteflika du pouvoir, « la justice algérienne recourait surtout aux poursuites pour délits, avec des affaires jugées assez rapidement, explique Alexis Thiry. Mais elle utilise de plus en plus les accusations de terrorisme, ce qui permet de maintenir les gens plus longtemps en détention provisoire et prolonger les procédures. »

Rachid Aouine, directeur de l’ONG Shoaa for Human Rights, est passé par la case prison en 2015 pour avoir « incité à manifester » contre l’exploitation du gaz de schiste. C’était avant la systématisation du 87 bis. « Les autorités ont désormais un usage procédural de cet article, explique-t-il à franceinfo. Il permet de reconduire plusieurs fois la détention provisoire, alors que seuls 20% des dossiers donneront finalement lieu à une condamnation.

Quels leviers pour faire pression sur Alger ?

Le cas de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal est plus confus. S’il a d’abord été poursuivi sur la base de l’article 87 bis, il a finalement été condamné en appel sur la base de délits correctionnels, selon les informations obtenues par franceinfo : « outrage à corps constitué », « pratique nuisant à la sécurité nationale et à l’économie nationale » et « possession de vidéos et de publications menaçant la sécurité nationale ». Encore aujourd’hui, le fond du dossier reste en grande partie inconnu. L’audience de première instance avait été expédiée en seize minutes, Boualem Sansal ayant choisi de se défendre seul, sans laisser la parole à son avocat commis d’office.

En attendant, Paris semble à court d’arguments pour obtenir la libération des ressortissants français. « On peut difficilement influer sur une procédure judiciaire », a commenté sur franceinfo Christophe Lemoine, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Tout dépend du juge algérien. » Et d’éventuelles grâces présidentielles, ce qui expliquerait les précautions langagières ? « Seules les pressions diplomatiques produisent des effets sur Alger », estime Rachid Aouine.

En mars 2022, l’Algérie avait libéré des dizaines de détenus d’opinion peu avant la visite à Alger du secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken. Il était alors question de gaz naturel et de sécurité régionale. Il n’est pas certain que la France bénéficie de la même oreille, au vu du contexte diplomatique.

Le Code pénal remanié depuis cinq ans

« Boualem Sansal n’est pas un cas isolé », insiste Alexis Thiry. Selon le juriste, l’Algérie compterait actuellement près de 250 détenus d’opinion environ, dont une partie significative a été poursuivie sur la base de l’article 87 bis. « Sa condamnation a révélé que les autorités algériennes disposaient d’un arsenal juridique pour poursuivre des individus exerçant leurs droits fondamentaux. »

Le conseiller juridique cite notamment l’article 96 du Code pénal algérien, modifié l’an passé, qui punit la distribution de contenu – par exemple des tracts – de nature à « nuire à l’intérêt national ». L’article 99, sur les attroupements non armés permet aux autorités de réprimer les manifestations issues du Hirak depuis l’arrivée du président actuel, Abdelmadjid Tebboune. « L’article 146 sur l’outrage à corps constitué est également fréquemment utilisé », reprend Alexis Thiry. Enfin, l’article 196 bis, introduit en 2020, permet de confondre contenu critique et « fausses informations ».

Plusieurs médias ont été visés par l’article 95 bis, alors que l’Algérie figure en 126e position du classement mondial de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Cette disposition punit quiconque reçoit des financements ayant pour finalité de porter atteinte à la sécurité de l’Etat, au fonctionnement des institutions ou encore aux intérêts fondamentaux du pays… Ihsane El-Kadi, dirigeant du groupe d’Interface Médias, l’un des derniers groupes de presse privés du pays, avait été condamné à cinq ans de prison ferme en 2023. Il a finalement été libéré l’an passé, à la faveur d’une grâce présidentielle. D’autres détenus, comme l’universitaire Mira Mokhnache, le poète Mohamed Tadjadit, le journaliste Sid Ahmed Blamm ou Cherif Mellal, l’ex-président du célèbre club de football la JSK, sont condamnés pour des motifs fallacieux. Comme au demeurant les autres 250 prisonniers d’opinion.

Des critiques internationales récurrentes

Le groupe de travail dédié de l’ONU avait estimé, après coup, que la condamnation du journaliste avait été arbitraire, alimentant le débat sur l’indépendance de la justice. La communauté internationale critique d’ailleurs régulièrement la formulation vague des articles du Code pénal algérien, autorisant des interprétations extensives pour criminaliser des affaires. « Les contours sont assez flous et cela absorbe beaucoup de situations », estime Rachid Aouine, qui dénonce « une politique de répression engagée par le président Abdelmadjid Tebboune pour réprimer l’espace civique ».

Dans un rapport publié en mai 2024, après une visite dans le pays, un rapporteur spécial de l’ONU avait déjà recommandé d’abroger l’article 87 bis et de travailler à une définition « suffisamment claire et circonscrite ». Il avait également recommandé de modifier plusieurs autres articles (75, 79, 95 bis…), afin que ces dispositions « ne puissent être utilisées pour empêcher l’exercice du droit à la liberté de réunion pacifique, du droit à la liberté d’association et du droit à la liberté d’opinion et d’expression ».

En janvier, dans une résolution condamnant la détention de Boualem Sansal, le Parlement européen avait également pointé l’article 87 bis du Code pénal algérien, une « disposition souvent utilisée » contre les voix critiques, « notamment des défenseurs des droits de l’homme ». Mais aussi toutes les « lois répressives qui restreignent les libertés ». A Genève, début mars, un représentant algérien a assuré que des amendements à l’article 87 bis étaient prévus, lors d’une intervention devant l’Office des Nations unies. Mais si le gouvernement est tout à fait conscient de ces critiques, il ne semble pourtant pas pressé de reprendre la plume.

Avec Francetvinfo

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Algérie : la gouvernance autoritaire, un chemin vers l’impasse

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Tebboune

L’Algérie qui fête la 63e année de son indépendance s’est taillée la triste réputation de prison à ciel ouvert. Elle est aujourd’hui dangereusement confrontée à une crise politique, doublée d’une perte de confiance effarante en le personnel qui dirige le pays.

Tebboune préfère manifestement les délinquants aux détenus d’opinion. La énième preuve ? Il vient de gracier des milliers de prisonniers de droit commun. Ce qui veut dire qu’il vaut mieux être un voleur qu’activiste pacifique, journaliste, universitaire ou romancier. Tebboune ne trouve aucune grâce à ces derniers. D’où la brutalité du système qu’il dirige ou représente.

Notre constat sans doute largement partagé par des pans entiers du pays : la gouvernance répressive que mène Abdelmadjid Tebboune a plongé le pays dans un climat autoritaire, où la liberté d’expression et de réunion est de plus en plus restreinte. Les détenus d’opinion, au nombre de 250 selon les organisations de défense des droits de l’homme, sont les victimes de cette politique répressive.

Un climat de peur et de répression

Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, le président Tebboune a mis en place une politique de répression systématique contre les opposants politiques, les militants des droits de l’homme et les journalistes. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires prolongées et les procès inéquitables sont devenus monnaie courante. Les forces de sécurité ont recours à la violence pour disperser les manifestations pacifiques, et les citoyens qui osent défier le pouvoir sont souvent sanctionnés par des peines de prison.

250 détenus d’opinion

Les 250 détenus d’opinion actuellement incarcérés en Algérie sont pour la plupart des militants politiques, des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme. Ils ont été arrêtés pour avoir exprimé leurs opinions politiques, critiqué la gouvernance du pays ou défendu les droits des minorités. Parmi eux, certains sont des figures emblématiques de la société civile algérienne, comme les militants du Hirak,.

Mira Mokhnache, mohamed Tadjadit, Boualem Sansal, Christophe Gleizes, Cherif Mellal et les centaines d’autres victimes de l’arbitraire revanchard et aveugle du régime sont innocents. Leurs avocats l’ont prouvé et le clament de juste. Alors les accusations et les lourdes charges qui pèsent sur eux ne sont que le produit de la machine mensongère et paranoïaque des valets du système.

Une gouvernance répressive qui sape la confiance

Il n’y a nul espoir de changement de la doctrine repressive qui ronge le pays. Elle est l’alpha et l’oméga de Tebboune et ses sbires. Il fait que les Algériens en face le feuil.

La gouvernance répressive de Tebboune a des conséquences désastreuses sur la confiance des citoyens dans les institutions publiques. Les Algériens se sentent de plus en plus exclus du processus décisionnel et sont convaincus que le pouvoir est déterminé à maintenir son contrôle sur la société par tous les moyens. Cette perte de confiance est exacerbée par la corruption endémique et l’impunité dont bénéficient les élites au pouvoir.

Des conséquences économiques et sociales

La gouvernance répressive a également des conséquences économiques et sociales graves. Les investisseurs étrangers sont réticents à s’engager dans un pays où les règles de droit ne sont pas respectées et où les droits de l’homme sont bafoués. Les jeunes Algériens, qui représentent la majorité de la population, sont désillusionnés et cherchent à quitter le pays pour trouver des opportunités ailleurs. La pauvreté et les inégalités sociales s’aggravent, et les services publics essentiels comme la santé et l’éducation sont en déclin.

La gouvernance répressive est un chemin vers l’impasse. Les autorités doivent choisir entre la répression et l’ouverture. Les Algériens ont le droit de vivre dans un pays démocratique où les libertés fondamentales sont respectées. Les détenus d’opinion doivent être libérés et les responsables de la répression doivent être tenus responsables. L’avenir de l’Algérie est entre les mains de ses dirigeants. Il est temps pour eux de prendre la bonne décision.

Rabah Ait Abache

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Le monde perdu de Brahim Saci

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Brahim Saci

Noter la fuite du temps, énumérer les phases lumineuses du quotidien, se souvenir du chagrin et du brouillard. Telles sont, entre autres, les quêtes du poète dans son labeur quand l’inspiration vient le visiter.

Pour son 19e livre de poésie, Brahim Saci visite des endroits déjà connus tout en leur donnant une autre dimension, avec un peu plus d’amour, un peu plus de spiritualité. La vie humaine est parsemée d’énigmes ; elle est, à bien des égards, indéchiffrable, elle suscite des interrogations dont les réponses sont difficiles à trouver. La peur de plonger dans le néant de l’inconnaissable pousse l’Homme vers les arts.

La poésie est un art d’une exquise finesse ; ainsi les mots font agréablement voyager quand ils sont enrobés d’une certaine magie. Tout le monde n’est pas sensible à cette magie. Heureuses et heureux sont celles et ceux qui ont l’aptitude de saisir cette magie. Tout un monde perdu, tel est le titre de ce nouveau livre de Brahim Saci préfacé par l’universitaire Aziz Cheboub. « Le mystère est partout, le sort s’amuse et joue », confie le poète.

La solitude est un désert, l’instant est fugitif, les vents tournent, les trahisons continuent. Les temps sont amers ; le monde est tourmenté. Mais tout n’est pas perdu. « Je cherche le beau, je peins avec les mots, dont le sens n’est pas toujours apparent, il est caché aux passants », souligne Brahim Saci. Lorsque se bousculent les souvenirs dans la tête du poète, le chagrin s’invite, les amours perdues osent alors se faire grandioses. Le bonheur n’est-il que dans le temps de jadis ?

Le bonheur n’est-il apprécié que dans les regrets de sa fin prématurée ? « Polissons nos cœurs, il y a en chacun un jardin de fleurs, essuyons les pleurs, réparons nos erreurs », se dit le poète pour se consoler et continuer son chemin. Vivre, c’est continuer les combats. « Retrouvons la force, comme l’arbre son écorce, demain peut être meilleur, cultivons le bonheur », se rassure l’amoureux transi. Le poète sait inventer des rêves, face l’absence, il se souvient, il s’habitue aux errances.
Tout un monde perdu n’est, au final, pas un livre de défaites ; c’est plutôt une reconstitution courageuse du passé douloureux pour mieux regarder les lumières du futur, pour saisir le meilleur de chaque instant de vie, pour perpétuer cette belle tradition de l’espoir infini, malgré les défaites humaines interminables et souvent renouvelées.

Youcef Zirem

Tout un monde perdu, de Brahim Saci, éditions du Net, 2025

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Marseille : une soirée de mémoire pour le 63e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie

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À l’occasion du 63e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, célébré ce samedi 5 juillet 2025, le CADSA-Marseille (Collectif pour une Alternative Démocratique et Sociale en Algérie) organise une soirée dédiée à la mémoire et à l’engagement populaire.

Le collectif invite le public à une projection d’un film documentaire produit en Algérie, consacré au Hirak, le mouvement populaire qui a profondément marqué le pays en 2019. Cette projection sera suivie d’un débat, offrant un espace d’échange sur les aspirations toujours vives à la liberté et à la démocratie dans le pays.

La rencontre se tiendra ce samedi 5 juillet à 20h, au local de 1000 Babords, situé au 61 rue Consolat, dans le 1er arrondissement de Marseille.

Un moment convivial autour d’un thé conclura la soirée, symbolisant la solidarité et la fraternité entre les participants.

Le CADSA-Marseille appelle à une large diffusion de cette invitation, afin de rassembler un public engagé autour de ces enjeux majeurs pour l’Algérie d’aujourd’hui.

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À Martigues, l’Algérie ouvre la Fête des Indépendances avec REBEL 13

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Fête de l'indépendance à Martigues

Le 5 juillet à 18h, à Martigues, le collectif REBEL 13 donne le coup d’envoi de la Fête des Indépendances, une série d’événements consacrés aux luttes de libération des peuples anciennement colonisés. Une date hautement symbolique, qui marque l’anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, choisie pour inaugurer cette initiative citoyenne, festive et politique.

Créé à Marseille, le collectif REBEL 13 rassemble des militants, des artistes et des habitants engagés contre toutes les formes de racisme, d’exclusion et d’injustices sociales. Avec cette première soirée, il entend ouvrir un espace de mémoire vivante, de pédagogie populaire et de célébration des résistances.

Mémoire, transmission et fête populaire

L’Algérie sera au cœur de cette soirée du 5 juillet, à travers une programmation mêlant musique, cuisine, projection et échanges. Une ambiance maghrébine chaleureuse sera proposée aux participant·e·s : saveurs du pays, musiques populaires, couleurs nationales. L’objectif est de créer un moment collectif où l’on mêle le souvenir et la joie, la parole et la fête, sans effacer les blessures de l’Histoire.

Une projection suivie de discussions permettra d’ouvrir un dialogue autour de la colonisation, des luttes de libération et de ce qu’elles résonnent encore aujourd’hui, en France comme ailleurs. Le collectif met un point d’honneur à penser l’histoire dans le présent, et à en faire un outil de transformation sociale.

« La République n’est pas plus forte en effaçant ce qui dérange, mais quand elle assume toutes les différences, visibles ou non », soulignent les organisateurs, pour qui la diversité des mémoires est une richesse à défendre.

Une adhésion symbolique, un engagement concret

L’entrée à l’événement est libre, mais soumise à l’adhésion à l’association Le Rallumeur d’Étoiles, à prix libre. Ce choix s’inscrit dans une logique d’accessibilité et de soutien solidaire à celles et ceux qui font vivre ce type d’initiatives alternatives, loin des logiques commerciales.

Avec cette première soirée algérienne, REBEL 13 entend donner le ton : une Fête des Indépendances vivante, inclusive, ancrée dans l’histoire des luttes et tournée vers l’avenir. D’autres dates et d’autres pays seront à l’honneur dans les semaines à venir.

Djamal Guettala

Informations pratiques :

Date : Samedi 5 juillet 2025

Heure : 18h

Lieu : Martigues (adresse exacte à confirmer)

Entrée : Adhésion à l’association Le Rallumeur d’Étoiles – prix libre

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Quand le « trabendo » légalisé alimente la spirale de dépréciation du dinar 

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Euros

La spirale de dépréciation du dinar algérien s’accélère, atteignant des seuils inédits sur le marché parallèle des devises. Cette tendance coïncide avec la légalisation progressive du commerce informel dit « du cabas », qui, en institutionnalisant une demande accrue en devises, exerce une pression supplémentaire sur la monnaie nationale.

Si Tebboune voulait déprécier le dinar il n’aurait pas faire mieux qu’en prenant la mesure d’importation avec cabas.

La monnaie européenne continue de grimper dans les échanges informels en Algérie. Ce jeudi 3 juillet, l’euro s’est échangé à 264 dinars sur le marché parallèle, atteignant un niveau jamais enregistré auparavant. Cette hausse intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur l’offre de devises et une demande soutenue, accentuée par des dynamiques économiques et réglementaires récentes.

Depuis plusieurs jours, l’euro enregistre une série d’augmentations successives, confirmant une tendance haussière amorcée depuis plus d’un an sur les marchés non officiels. En comparaison, le taux de change dans les guichets bancaires reste relativement stable : l’euro y est coté à 152,42 dinars, selon les derniers chiffres officiels de la Banque d’Algérie. Le dollar américain, quant à lui, s’échange à 226 dinars dans l’informel, tout en se maintenant à 129,32 dinars dans le secteur bancaire.

Plusieurs observateurs établissent un lien entre cette montée des devises et les récentes décisions réglementaires, notamment l’encadrement officiel d’une activité commerciale longtemps tolérée mais non régulée : l’importation de biens à titre individuel en vue de leur revente, connue populairement sous l’appellation de « commerce du cabas ». Ce secteur, largement tributaire des devises acquises en dehors des circuits bancaires, voit désormais son activité reconnue par un décret exécutif paru dans le Journal officiel le 30 juin. Une régularisation qui, selon plusieurs analystes, a eu pour effet immédiat d’accroître la pression sur le marché parallèle en boostant la demande de devises, en particulier l’euro.

Ce mouvement haussier est également alimenté par d’autres facteurs saisonniers. Le début des vacances d’été, période traditionnellement marquée par des déplacements massifs à l’étranger, notamment vers la Tunisie, engendre un surcroît de besoins en devises. À cela s’ajoute le retard constaté dans la mise en œuvre effective de l’allocation touristique revue à la hausse (750 euros par an), qui peine à se traduire concrètement dans les agences bancaires.

Le fossé grandissant entre les deux marchés, officiel et parallèle, soulève une série d’interrogations sur l’efficacité de la politique monétaire actuelle. La dépréciation continue du dinar dans les échanges informels alimente les craintes d’un déséquilibre durable, dont les effets se font sentir sur le coût des importations, l’inflation, et la stabilité économique globale.

Face à cette situation, plusieurs voix appellent à des réformes en profondeur du système de change et à une stratégie plus claire pour canaliser l’économie informelle vers des mécanismes transparents. Car si certaines initiatives récentes visent à encadrer des pratiques jusque-là non réglementées, leur impact sur la dynamique du marché des devises montre que l’intégration économique ne peut se faire sans repenser l’ensemble de l’environnement financier national.

La rédaction

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