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Algérie–UE : Alger demande la réactivation du Conseil de partenariat

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L’Algérie a officiellement sollicité la réactivation du Conseil de partenariat avec l’Union européenne (UE), une instance dont les travaux sont en suspens depuis 2015.

La demande a été formulée par le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, lors d’un échange téléphonique avec Kaja Kallas, vice-présidente de la Commission européenne et haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Selon le communiqué du ministère, cette démarche vise à créer les conditions d’un dialogue structuré sur l’évolution des relations bilatérales et à adapter les dispositions de l’accord d’association signé en 2005, que les autorités algériennes considèrent comme insuffisamment équilibré.

Les discussions ont également porté sur le projet de « Pacte pour la Méditerranée », actuellement en cours de concertation entre l’Union européenne et les pays du Sud. Les deux responsables ont échangé sur les moyens de renforcer la coopération régionale dans les domaines du développement durable et de la sécurité.

Depuis plusieurs années, l’Algérie exprime le souhait de réviser l’accord d’association, qu’elle juge peu favorable à ses intérêts. Les autorités mettent en avant le déséquilibre structurel de la relation commerciale, marqué par un volume important d’importations européennes et des exportations algériennes limitées, en dehors du secteur des hydrocarbures.

Alger déplore également un manque de progrès en matière d’investissement, de soutien à la diversification économique et de transfert de savoir-faire, pourtant prévus dans le cadre de l’accord. C’est dans cette perspective qu’elle souhaite relancer le dialogue institutionnel, afin de parvenir à une approche plus équitable du partenariat.

Cette initiative intervient dans un climat marqué par l’inclusion récente de l’Algérie dans la liste des juridictions à haut risque en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, établie par l’Union européenne sur la base des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI).

Les autorités algériennes ont exprimé leurs réserves quant à ce classement, qu’elles estiment excessif. Elles rappellent les efforts engagés pour mettre à jour le cadre législatif national dans ce domaine. Un projet de loi de renforcement des dispositifs de contrôle et de transparence est actuellement examiné au Parlement.

Dans ce contexte, Alger réaffirme son intention de poursuivre la coopération avec ses partenaires européens, sur des bases jugées plus équilibrées et respectueuses des intérêts réciproques.

La rédaction

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Comment bombarder un pays en couleur ?

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Bâtiments

En Algérie, les nouvelles ouvrent et ferment les portes de la joie et du désespoir ! Rien, ou presque, ne laisse indifférent, et l’on passe d’un état à l’autre avec un simple mouvement de pouce. Les écrans, c’est magique !

Ce qui est surtout magique, c’est ce qu’ont réalisé dernièrement, à Bordj El Kiffan (Fort de l’Eau), de jeunes artistes, transformant le quartier en un petit musée à ciel ouvert. La Havane algérienne ! On s’y croirait presque, n’étaient-ce les qamis et les barbes qui noircissent un peu le tableau. Mais ça, c’est du côté de la porte du désespoir. Fermons-la un instant.

Ces artistes, donc, peignent des tableaux aux couleurs vives, semblables aux bourraches de printemps. Les façades ont revêtu des fresques tropicales, et les murs égayés sourient, à pleines dents, au ciel et aux passants.

Tout le monde a joué le jeu : les riverains, bien sûr, mais aussi les autorités ! Elles ont pris la vague de l’enthousiasme ambiant. Curieux, car l’État profond voit habituellement d’un mauvais œil les initiatives qu’il ne lance pas lui-même.

Bien que ce soit original, cet « acte citoyen » rappelle les nombreux autres projets d’embellissement autonomes, réalisés notamment par les villageois de Kabylie, et financés presque exclusivement par leur propre argent. Jamais les commis de l’État n’ont pensé les aider ou les encourager.

Bien au contraire : cela représente à leurs yeux une menace, car tout modèle d’autogestion qui fonctionne est un modèle qui remet en cause celui d’un État centralisateur et cleptomane. Il démontre qu’un autre modèle de gouvernance est possible : collecte des fonds, autogestion, recueil des besoins, contrôle des coûts et des délais, jusqu’à la réalisation de toutes les étapes du projet. Du peuple au peuple, sans intermédiaire, tchipa, ou samsar !

À ces initiatives, l’État préfère la culture du projet inutile, qui ne répond pas aux besoins du citoyen, mais seulement à ceux qui les lancent. Il préfère les projets qu’il gère de manière opaque, comme on gère un night-club secret de Manille ou de Bangkok : garages et immeubles laids, cages à poules, trottoirs et mares de canards. Comme ça, le commis a sa commission, et le barman du night-club, son pourboire. (Revoilà ouverte la porte du désespoir… mais laissons-la ouverte, cette fois-ci.)

Ceux qui nous gouvernent savent que, s’ils allouaient à des comités de citoyens les enveloppes destinées à développer leurs localités, ces derniers auraient sûrement choisi ce qui est nécessaire, et délaissé les projets fantômes. Ils savent que, lorsqu’il a le choix, le citoyen négocie avec les bureaux d’études et d’architectes ; qu’il fait le choix de la compétence et de l’abordable. Qu’il compte ses dourous comme une grand-mère, et choisit de mettre le soleil au centre du village.

Ils savent que le citoyen aurait repensé les espaces de vie et de loisirs, les canalisations d’eau, la conception des trottoirs, les projets d’habitations et les espaces verts.

Bref, il aurait fait comme à Fort de l’Eau ou en Kabylie, en considérant la rue comme un prolongement de chez soi, propre et rayonnant — et non comme une déchetterie !

Mais 63 ans de délinquance et d’incompétence ne peuvent s’effacer par de simples initiatives. C’est toute une politique participative qui doit émerger, avec comme principal acteur : le citoyen. Au lieu de cela, c’est la culture de la médiocrité qui l’a emporté, et un prototype de gestionnaire véreux qui a pullulé sous le ciel clément du régime.

Comment expliquer, sinon, que des administrateurs sans imagination, sans envie ni compétence, aient multiplié les mêmes projets AADL, au point de transformer l’Algérie en un pays de gaufrettes ? Plus que de la pollution visuelle : de la “yémenisation” ! Kandahar dans ses pires états ! Lors de la dernière guerre Iran-Israël, des internautes juraient que le pays ne risquait rien, car il avait tout d’un pays déjà bombardé.

Nos villes et villages sont en ruines, et leur expansion anarchique nous donne, en effet, l’impression d’un pays en guerre. Toutes les villes se ressemblent, et la couleur de la terre se confond avec celle des rues et des maisons : du béton, des briques, de la poussière, des sachets et des bouteilles en plastique. Sans couleurs, sans cours, sans jardins, sans verdure.

Nos demeures sont des cercueils qui attendent l’enfouissement ou le désert. Nos dirigeants, des croque-morts qui nous enterrent vivants. Et c’est volontaire : par incompétence, oui, mais surtout par mépris et esprit de revanche.

K.H.

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Importation de voitures de moins de 3 ans : les nouvelles mesures

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Voiture importée

Un calendrier spécial a été élaboré pour la réception des dossiers d’immatriculation des véhicules importés de « moins de 3 ans », afin de mieux gérer le nombre important de demandes et de garantir le bon déroulement de cette opération, a indiqué une responsable au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire.

Dans une déclaration à l’APS, la sous-directrice de l’état et de la circulation des biens au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Mme Farida Lataoui, a affirmé qu' »aucun dossier ne sera exclu », précisant que des « commissions ont été installées dans toutes les wilayas pour veiller au bon déroulement de cette opération, loin de tout dysfonctionnement ».

Le ministère a « établi un calendrier pour la réception des dossiers de délivrance des cartes grises des véhicules importés de moins de 3 ans au niveau des services d’immatriculation des wilayas, pour des raisons purement organisationnelles, sans pour autant exclure aucun dossier », a-t-elle ajouté, soulignant que l’objectif de ce calendrier était de « maîtriser le flux des demandes au niveau des services d’immatriculation ».

Mme Lataoui a, dans ce cadre, rappelé que « les véhicules dédouanés avant le 31 décembre 2024 ont vu leurs dossiers réceptionnés à partir du 11 mai 2025 », tandis que « ceux dédouanés à partir du 1er janvier 2025, leurs dossiers ont été reçus à partir du 22 juin 2025 ».

Les propriétaires de véhicules importés, n’ayant pas pu déposer leurs dossiers auprès des services d’immatriculation dans les délais fixés, pourront « le déposer ultérieurement », selon la même responsable.

« Le fichier national d’immatriculation a été mis en service en mai dernier, a-t-elle poursuivi, précisant que ce dernier renferme l’ensemble des informations relatives au véhicule et à son propriétaire, ainsi que le numéro d’identification national du véhicule (numéro d’immatriculation) ».

Ce système concerne actuellement « la délivrance des cartes d’immatriculation des véhicules utilitaires et de tourisme de moins de 3 ans, importés par les citoyens, en attendant sa généralisation prochaine à toutes les catégories de véhicules, quel que soit leur mode d’acquisition (importés, neufs ou anciens déjà immatriculés) ».

Ce fichier dispose d’un « système d’information relié à une base de données relatives aux véhicules importés au niveau des Douanes, à même d’assurer une plus grande précision et transparence dans le traitement des dossiers, mais aussi un traitement instantané, grâce aux avantages offerts par la numérisation », a-t-elle affirmé.

Dans cette optique, Mme Lataoui a fait état de « l’installation de commissions dans toutes les wilayas, afin de veiller au bon déroulement de l’opération d’immatriculation des véhicules importés de moins de 3 ans, et ainsi éviter tout dysfonctionnement ». Ces commissions de wilaya effectuent des visites de terrain aux services d’immatriculation pour s’enquérir du bon fonctionnement du nouveau système d’information.

Elles ont également été renforcées par un dispositif supervisé par les inspecteurs généraux des wilayas, « pour s’enquérir de près de toutes les opérations relatives à l’immatriculation des véhicules importés de moins de 3 ans ».

La même responsable a rappelé que le ministère de l’Intérieur avait également mis en place un dispositif de suivi au niveau central, qui œuvre en coordination avec les différents services, notamment la Direction générale des douanes (DGD), à rassembler tous les dysfonctionnements signalés par les wilayas afin de leur trouver des solutions appropriées.

Parallèlement au lancement de ce nouveau système d’information et en prévision d’une augmentation du nombre de demandes de formulaires de cartes d’immatriculation, « des mesures ont été prises avec l’entreprise chargée de l’édition de ces formulaires pour augmenter leur rythme de production », outre la coordination entre le ministère, la DGD et la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) afin de faciliter la délivrance de tous les documents dont le citoyen ou le résident étranger a besoin pour l’immatriculation d’un véhicule.

Elle a cité, dans ce sens, le contenu de l’article 208 de la loi de finances pour l’année 2025 stipulant « l’incessibilité des véhicules utilitaires et de tourisme importés de moins de 3 ans pour une durée de 36 mois », soulignant que « toutes les cartes grises de ces véhicules, dédouanés à partir du 1er janvier 2025 portent la mention incessible pour une durée de 36 mois ».

« La levée de cette mesure est possible dans deux cas : soit l’expiration de la durée (36 mois), ou le remboursement de l’avantage fiscal accordé par l’Etat », a-t-elle précisé.

Quant aux véhicules dédouanés avant le 31 décembre 2024, la même responsable a indiqué que « leur carte d’immatriculation est délivrée sans cette mention et leurs propriétaires sont autorisés à les vendre sans condition », ajoutant que l’opération de vente de ces véhicules « se fait via le même système d’information du fichier national d’immatriculation, et peut être effectuée dans n’importe quelle commune du pays, quelle que soit la résidence du vendeur ou de l’acheteur ».

Et de conclure que les services du ministère de l’Intérieur « ont assuré tous les moyens techniques, logistiques et humains pour le bon fonctionnement des services d’immatriculation, en leur permettant d’accomplir leurs missions dans les meilleures conditions », sachant que « toutes les étapes se font au niveau d’un guichet unique (réception du dossier d’immatriculation, traitement, délivrance de la carte d’immatriculation et vente) ».

APS

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« Les deux Mages de Venise » : le roman visionnaire de Philippe André

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Les deux mages de Venise

“Les deux Mages de Venise” ne se limite ni à une biographie traditionnelle ni à un récit historique revisité : c’est une œuvre aux multiples nuances, un véritable clair-obscur littéraire. 

À travers une fiction labyrinthique, Philippe André tisse un entrelacs subtil où s’entremêlent l’âme tourmentée du romantisme, le vertige mystique de la création artistique, la peur lancinante de la finitude humaine et le souffle puissant du mythe intemporel.

Ce roman invite à une immersion dans les zones d’ombre et de lumière qui habitent le génie créateur, bien au-delà des simples faits historiques.

En imaginant une nuit hallucinée à Venise entre Franz Liszt et Richard Wagner, Philippe André ne cherche pas à restituer des faits : il orchestre un opéra mental, un songe littéraire où la musique devient langage de l’inconscient, et la ville de Venise, décor vivant d’une traversée intérieure.

L’intrigue est simple en apparence : Wagner, malade, fatigué, loge au palais Vendramin-Calergi à l’hiver 1883. Liszt, figure tutélaire, réapparaît comme sorti d’un rêve — ou d’une autre dimension — et entraîne le compositeur dans une errance nocturne à travers les couloirs du palais et les méandres de la ville. Mais cette déambulation prend vite une teinte métaphysique : chaque lieu devient seuil, chaque apparition — diablotins, figures féminines, doubles diffractés — un symbole de l’angoisse ou du désir. Le récit glisse de l’anecdotique au symbolique, du concret au spectral. Philippe André ne raconte pas : il incante.

Le génie du roman tient à cette mise en scène du dualisme profond qui habite tout créateur — l’élan vers l’absolu et le poids de l’humain, l’orgueil et la vulnérabilité, le corps malade et l’esprit ardent. Wagner et Liszt ne sont pas présentés comme des idoles intouchables, mais comme deux pôles d’une même tension : Liszt l’ascète, le mystique, le passeur ; Wagner, l’ogre de la démesure, du mythe et de l’emprise. Ces deux « mages » incarnent des visions du monde, deux rapports au sublime. Leur confrontation n’est pas polémique mais existentielle : elle met en lumière les lignes de faille, les mirages et les douleurs d’une vie vouée à l’art.

Philippe André, dont la double sensibilité de psychiatre et de mélomane irrigue chaque page, explore avec finesse les strates psychiques de ses personnages. Il ne se contente pas d’illustrer leurs biographies : il en fait le théâtre mouvant d’un combat intérieur. Le style, riche, baroque, parfois halluciné, épouse le flux de cette traversée nocturne : c’est une langue de la profusion, du tremblement, du vertige — une prose habitée, presque musicale, qui cherche à dire ce que la parole ne suffit pas à contenir.

La Venise du roman n’est pas une carte postale : elle est la ville-miroir, la cité du masque et de la mort, de l’eau et de la décadence, du secret et de l’oubli. Elle devient le tiers symbolique entre les deux hommes, le décor mental d’un passage — non pas seulement entre les vivants et les morts, mais entre l’art et son au-delà. C’est dans cette Venise-là que tout vacille, que tout se révèle — dans l’éclat d’un reflet ou le silence d’un canal.

L’apport de ce livre au paysage littéraire et artistique contemporain est à la fois rare et précieux. Dans un temps souvent dominé par le réalisme, l’urgence ou la fragmentation, Les Deux Mages de Venise vient réaffirmer une littérature de l’élévation — une littérature où la musique, la peinture, la philosophie et la poésie ne sont pas des disciplines séparées, mais les voix multiples d’un même souffle créateur. Ce roman se situe dans la continuité des œuvres où les arts se parlent, s’interpénètrent, se répondent. Il ne s’agit pas simplement de raconter la musique, mais de l’écrire, de la faire vibrer par les mots ; de traduire par la phrase ce que l’harmonie, le timbre ou la couleur picturale suggèrent de l’âme.

En ce sens, le livre agit comme un pont entre la terre et le ciel, entre l’expérience humaine — malade, orgueilleuse, inquiète — et une forme de spiritualité incarnée, vécue dans le souffle artistique. Il restitue l’art dans sa vocation première : relier. Relier les vivants aux morts, l’homme à l’invisible, l’œuvre à son mystère. Comme chez Scriabine, Kandinsky ou Rilke, la création devient ici un acte de passage, presque liturgique. Chaque hallucination, chaque apparition dans le texte prend alors valeur d’icône intérieure : on y lit la quête d’un sens au cœur du chaos, d’une lumière dans l’effondrement.

Ce que Philippe André met en scène, au fond, ce n’est pas uniquement un dialogue entre deux musiciens : c’est le théâtre sacré de la conscience humaine confrontée au vertige du fini et à l’appel du transcendant. Le palais devient temple, la nuit devient rite, la musique devient oraison. Liszt incarne le prêtre du silence, celui qui entend l’appel des sphères ; Wagner, lui, est l’homme saisi par ses propres démons, l’alchimiste tenté par la toute-puissance. Leur confrontation est aussi celle de deux faces de l’âme humaine : l’humilité de la dépossession et la tentation de l’orgueil créateur. Ce duel, loin de toute anecdote historique, touche à l’universel — à la condition de l’artiste et, plus largement, à celle de l’homme en quête de lumière.

Dans ce roman, chaque élément est porteur de signification : la ville liquide, figure du passage et du reflet ; le masque, double inversé de l’être ; la maladie, métaphore d’un monde intérieur en crise ; la musique, souffle divin que les mots tentent d’approcher. Rien n’est posé là par hasard. L’ensemble forme une cosmogonie en miniature où l’homme, pris dans les méandres de ses visions, cherche une voie — un sens, une rédemption peut-être, ou simplement un accord final qui résonnerait juste.

Ce roman est donc bien plus qu’une variation littéraire sur deux grands noms de la musique. Il est un hommage à la puissance de l’art comme tension vers l’invisible. Il réaffirme, avec éclat, la possibilité d’une œuvre qui ne sépare pas mais qui unit — la musique et l’écriture, la peinture et la pensée, le sensible et le spirituel. Il montre que dans une époque saturée d’images et de bruits, il est encore possible de créer une forme d’élévation, de lenteur habitée, d’intensité poétique.

Les Deux Mages de Venise n’est donc pas qu’un hommage aux compositeurs. C’est un chant, un vertige, une traversée. Un texte rare, qui ose restituer l’élan intérieur de la création et la part d’invisible qui palpite derrière les chefs-d’œuvre. Un livre qui ne s’adresse pas seulement à ceux qui aiment Liszt ou Wagner, mais à tous ceux qui pressentent qu’au fond du silence, quelque chose d’essentiel se joue — une lutte, une lumière, une résonance.

Brahim Saci

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Naître sous scalpel : le marché honteux de la maternité algérienne

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Césarienne
Image par shorty_ox de Pixabay

Il est des signes avant-coureurs de la décadence morale d’une société qui, lorsqu’ils apparaissent, ne peuvent être ignorés sans que la conscience collective ne sombre.

L’un de ces signes, insidieux, glaçant, est aujourd’hui observable dans les cliniques privées algériennes : la marchandisation cynique de l’enfantement, là où devrait régner l’éthique, la bienveillance, la mesure.

Des cliniques (non toutes, mais suffisamment nombreuses pour que le phénomène inquiète) pratiquent un différentiel tarifaire entre l’accouchement d’un garçon et celui d’une fille. Comme si l’enfant, avant même de pousser son premier cri, portait déjà sur lui l’étiquette d’une valeur marchande différenciée. Comme si le sexe biologique, donné par la nature, était déjà la clef de voûte d’une hiérarchie tarifaire profondément inique.

Cette dérive ne relève pas d’une simple « anomalie du marché », elle est le symptôme d’un effondrement, celui d’une médecine désacralisée, désarrimée de toute transcendance morale, et convertie en entreprise rentable.

Car derrière ce geste apparemment anodin, faire payer plus cher une naissance masculine, s’agite un monde entier de représentations dégradées, le retour sournois de l’idéologie patriarcale, recyclée par la comptabilité clinique ; la résurgence d’un sexisme archaïque, désormais encadré par des reçus.

À cela s’ajoute un autre scandale, plus technique mais non moins violent : la multiplication injustifiée des césariennes. Là où la voie naturelle était possible, on privilégie trop souvent l’intervention chirurgicale.

Pourquoi ? Parce qu’elle coûte plus cher. Parce qu’elle s’inscrit dans une logique industrielle du soin, où le corps de la femme devient site d’exploitation, champ opératoire d’une économie sanitaire sans âme. Ce n’est plus la médecine qui soigne, c’est le marché qui tranche.

Que reste-t-il alors du serment d’Hippocrate ? Que reste-t-il de cette vocation fondée sur la compassion, l’humilité face à la vie, le refus de nuire ? Dans ces cliniques privées, il semble que le scalpel ait remplacé la main bienveillante, que la fiche de facturation ait remplacé le diagnostic sincère, que le « pronostic vital » ait cédé place au « rendement optimal ». Ce n’est plus seulement une question de santé publique. C’est une crise morale pour ne pas dire de civilisation.

Car une société qui tolère que la naissance soit tarifée selon le sexe, une société où l’on ouvre les corps pour gonfler des marges, est une société qui renonce à toute éthique, toute justice, toute dignité. Elle devient ce que les penseurs du déclin ont décrit : un corps social rongé par la corruption de ses finalités, où même le miracle de la vie devient variable comptable.

Par conséquent, nous exigeons, au nom de la morale, de la raison et de la justice :

1- Une inspection générale nationale des cliniques privées, mandatée par le ministère de la Santé, indépendante, sévère, transparente.

2- Le plafonnement des tarifs des accouchements, qu’ils soient naturels ou chirurgicaux, ainsi que des consultations et échographies, dans un souci d’équité.

3- La sanction des cliniques fautives, avec possibilité de retrait de licence en cas de pratiques discriminatoires ou abusives.

4- L’instauration d’un registre public d’évaluation médicale et éthique, accessible à tous les citoyens, pour permettre une information claire, un contrôle citoyen, une réhabilitation de la confiance.

5-L’introduction de l’éthique médicale et de la bioéthique appliquée dans la formation des médecins privés, afin de réenraciner la pratique médicale dans un horizon autre que celui du profit.

Le ventre d’une femme n’est pas un guichet. L’enfantement n’est pas un service, c’est un événement sacré. Et ce qui se joue dans l’instant de la naissance ne peut être prostitué à des calculs sordides sans que l’humanité tout entière n’en ressente le contrecoup.

Que ce cri atteigne les instances aveugles, les ministères sourds, et réveille les consciences dormantes. Car ce qui se vend aujourd’hui dans les cliniques privées, ce n’est pas seulement une naissance, c’est la dignité humaine elle-même.

Cherfaoui Mohamed Rachid

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Festival de Hammamet : la participation de Cheb Mami fait polémique

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Festival de Hammamet

L’annonce de la participation du chanteur algérien Cheb Mami à la 59ᵉ édition du Festival international de Hammamet, prévue cet été, a provoqué une vive controverse en Tunisie. En cause, son passé judiciaire, qui continue de diviser entre partisans de la réhabilitation et défenseurs d’une éthique publique plus stricte.

Programmé pour un concert le 8 août prochain, Cheb Mami, figure emblématique du raï, est attendu par de nombreux fans tunisiens. Les billets pour sa soirée se sont écoulés rapidement. Mais cette présence a immédiatement suscité des critiques, notamment de la part de la campagne féministe « Ana Zeda », qui appelle au boycott de l’événement.

Dans un communiqué, les militantes dénoncent une « normalisation des violences faites aux femmes » et demandent le retrait de l’artiste de la programmation. Cheb Mami avait été condamné en 2009 en France à cinq ans de prison pour violences envers son ex-compagne, avant d’être libéré en 2011.

Face à la polémique, la direction du festival défend sa décision en rappelant que l’artiste a « purgé sa peine » et que sa venue répond à un choix « artistique assumé ».

Cette affaire révèle un débat de fond de plus en plus présent dans l’espace culturel maghrébin : faut-il séparer l’artiste de l’homme ? La scène doit-elle être un espace neutre ou porter une responsabilité éthique ? En Tunisie comme ailleurs, les réponses divergent.

Le concert, lui, est maintenu.

Djamel Guettala

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Kamel Daoud, l’autre qui n’est plus comme « nous » ?

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Kamel Daoud

« Aujourd’hui, ma mère est morte. Je ne peux pas la voir, la pleurer, ni la saluer et l’enterrer, car vous m’avez banni de mon foyer et m’avez interdit de revenir dans mon pays ».

Par cette phrase, Kamel résume toute une partie de nos concitoyens privé implicitement de leur droit, sans être accusés, par l’aveuglement idéologique. Aujourd’hui, lui demain sera qui ? 

Cependant, c’est toujours affligeant de lire des commentaires pleins de haine (contre soi-même), sur les réseaux sociaux, je lis avec bcp de regrets quelques éclairés (dits intellectuels) qui infligent et soutient un discours nationaliste (que je comprends), mais sans respecter l’alternance, la critique, la contradiction comme l’a écrit un philosophe : « si tout le monde pense la même chose, donc personne ne pense ».

De plus, pourquoi ce discours exclut, renie, etc., l’autre comme une pensée ou une personne, qui n’est plus dans « la pensée unanime » ? Nous avons perdu la notion de débattre avec un discours contradictoire.

 J’ai l’impression que nous reproduisons la même histoire depuis des millénaires, le dernier en date c’est la guerre de libération nationale. Comment peut-on excommunier quelqu’un sans l’offrir une place dans le débat ? En plus, ce discours : « il est comme eux » (l’autre) !

C’est quoi « eux » ? Qui définit ce « eux » ? C’est quoi cette élite qui n’est pas capable de s’affranchir du dogmatisme « religieux et nationaliste » et d’offrir des idées qui enrichissent, qui font vivre la cité et non pas qui le font scléroser.

Cet acharnement contre Kamel Daoud et Boualam Sansal, etc., est une anomalie qui affecte la pensée et montre l’impuissance de cette élite de produire une pensée qui construit une culture citoyenne pour offrir des nouveaux élans à une « Algérie nouvelle ». 

Yazid Haddar

Je présente mes sincères condoléances à Kamel Daoud 

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Cevital : après Issad Rebrab, son fils Omar interdit de toute activité commerciale en Algérie

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Omar Rebrab
Omar Rebrab dans le viseur du pouvoir.

Les ennuis judiciaires se poursuivent pour la famille Rebrab, figure emblématique du capitalisme algérien. Après les mesures restrictives visant le patriarche Issad Rebrab depuis 2023, c’est désormais au tour de son fils aîné, Omar Rebrab, d’être rattrapé par la justice.

Un document officiel émanant de la Banque d’Algérie, daté du 9 juillet 2025, notifie aux établissements bancaires la mise en œuvre d’une décision judiciaire interdisant à Omar Rebrab toute activité commerciale sur le territoire national.

Selon cette note adressée aux directeurs généraux des banques publiques, l’instruction provient du juge d’instruction près le pôle pénal économique et financier d’Alger, en date du 3 juillet 2025. Le document précise que l’interdiction concerne « toute activité commerciale, quelle qu’en soit la nature », que ce soit en qualité de gérant, administrateur ou membre de conseil d’administration dans les sociétés liées à l’intéressé.

Au-delà de la simple interdiction de gérer, le dispositif s’étend également à ses interactions financières : les banques ont été instruites de suspendre l’exécution de toute opération bancaire initiée par Omar Rebrab jusqu’à nouvel ordre. Ce gel partiel pourrait impacter plusieurs flux liés aux filiales du groupe Cevital, dont il assurait certaines fonctions stratégiques.

Cette mesure s’inscrit dans un contexte plus large d’encadrement rigoureux du groupe Cevital et de ses dirigeants, amorcé en 2022 par les autorités algériennes. En mai 2023, Issad Rebrab, fondateur du groupe et homme le plus riche du pays, avait déjà été emprisonné, puis libéré mais placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de gérer ses affaires. La direction du conglomérat avait alors été transférée à un autre de ses fils, Malek Rebrab.

Peu de temps cette décision- au début de l’été 2023 -, le projet de raffinerie de sucre de Bejaïa, bloqué depuis 2017, a été relancé puis inauguré. Le Président Abdelmadjid Tebboune a, à cette occasion, adressé un message à Malek Rebrab, saluant l’initiative et mettant en avant le rôle du secteur privé dans le développement économique du pays. Ce message présidentiel, transmis par le wali de Bejaïa, a été perçu comme un signe d’apaisement à l’égard du groupe Cevital.

Ces développements ont alimenté les spéculations sur un possible accord entre le pouvoir exécutif et la famille Rebrab. Un « deal » tacite aurait été conclu : en contrepartie de la levée progressive des blocages économiques hérités de l’ère Bouteflika, le groupe aurait accepté d’importantes concessions, parmi lesquelles la fermeture du journal Liberté en avril 2022, l’un des derniers titres de la presse indépendante contrôlé par Cevital.

Depuis, la famille fait l’objet d’une surveillance soutenue des instances judiciaires et financières, dans un climat marqué par des soupçons de malversations et de pratiques commerciales irrégulières. Il faut rappeler que les autorités ne s’embarrassent pas de procedures quand elles ont une société ou un individu dans leur viseur.

Les autorités n’ont, pour l’heure, fourni aucun détail officiel sur les exacts des poursuites visant Omar Rebrab, mais ces déc.isions confirment la volonté des pouvoirs publics de renforcer le contrôle des grands groupes économiques.

Si Cevital demeure un acteur central de l’économie nationale, ces restrictions judiciaires pourraient rebattre les cartes dans son mode de gouvernance et son périmètre d’activité. 

En attendant d’éventuels développements judiciaires, l’avenir immédiat de la plus importante entreprise familiale du pays demeure incertain, sur fond, se dit-il, de tensions internes et de luttes d’influence entre les membres du clan Rebrab.

Au-delà, une chose est certaine : le clan au pouvoir que représente le duo Tebboune Chanegriha n’a pas pardonné à Issad Rebrab son affichage parmi les Algériens qui manifestaient pour un changement pacifique. Pour assouvir sa vengeance, il est prêt à démanteler le groupe agroalimentaire.

Sofiane Ayache

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Boycott médiatique du RCD : l’ordre vient d’en haut, dénonce Mazouz

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Photo: vue de la 7ème session du Conseil national du RCD
Photo: vue de la 7ème session du Conseil national du RCD

Dans une tribune publiée récemment sur sa page Facebook, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Atmane Mazouz, dénonce un « boycott quotidien et méthodique » du parti par les médias algériens, qu’il accuse d’agir sur instruction des autorités.

Dans un ton grave mais déterminé, le responsable politique y voit paradoxalement le signe d’une vitalité politique intacte et d’un discours qui dérange.

Cette réaction intervient au lendemain de la tenue, jeudi à Alger, de la 7ᵉ session du Conseil national du RCD, organisée au cercle Nadi El Moudjahid. Un événement important pour le parti, totalement ignoré par la majorité des médias nationaux, y compris ceux de service public. C’est ce silence qui a motivé la sortie du président du RCD, qui y voit une nouvelle illustration de la marginalisation médiatique que subit sa formation politique.

« L’ordre vient d’en haut. Les rédactions ont un seul chef », écrit Mazouz, en référence à ce qu’il qualifie de « circuits de désinformation du régime ». Selon lui, le traitement réservé au RCD par les médias nationaux — chaînes publiques, journaux généralistes, plateformes de grande audience — relèverait d’un « black-out organisé». Ce silence, estime-t-il, viserait à étouffer toute voix critique du pouvoir.

Le chef du RCD va plus loin en accusant certains médias historiquement liés aux luttes démocratiques d’avoir tourné le dos à leurs engagements initiaux. Il évoque une « politique d’exclusion assumée » à laquelle ces médias contribueraient désormais, sous l’effet conjugué de la pression politique, de la dépendance à la publicité étatique et de la peur du lendemain.

Mais Atmane Mazouz affirme que ce contexte d’isolement médiatique ne signifie pas la fin du combat. Il appelle à investir les réseaux sociaux, les médias alternatifs et les espaces citoyens comme autant de relais de mobilisation et de contre-information. « Notre force est d’en bas », insiste-t-il, évoquant les quartiers, les villages et la rue comme autant de lieux où la parole demeure vivante.

Dans ce plaidoyer contre l’invisibilisation médiatique, le président du RCD rend également hommage au journaliste Zoheir Aberkane, décédé début avril 2024, salué pour sa fidélité au combat démocratique dans les moments les plus difficiles. « Avec sa disparition, nous avons perdu un frère de combat, mais nous avons hérité de son exemple », souligne Mazouz.

Cette sortie intervient dans un contexte politique marqué par une réduction de l’espace d’expression pour les formations d’opposition, lesquelles dénoncent régulièrement une couverture médiatique inégale, sinon partiale. Elle traduit aussi une volonté du RCD de maintenir le lien avec sa base militante en s’affranchissant des canaux traditionnels d’information.

La faible visibilité du parti dans les médias dominants est un fait observable, renforçant les tensions entre les acteurs de l’opposition et un paysage médiatique perçu comme de plus en plus verrouillé.

Pour le RCD, ce silence ne relève pas uniquement d’un déficit de visibilité médiatique : il est perçu comme le reflet d’un rapport de force politique et comme un facteur de consolidation de son positionnement.

La rédaction

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Azuma : « Marche aussi avec la tête », un récit vrai d’exil studieux

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Marche aussi avec la tête
Azuma

Dans le flot souvent dramatique des récits migratoires venus d’Afrique, une voix singulière s’élève : celle d’un jeune homme qui a refusé le chemin de la mer pour celui de l’effort et du savoir.

Marche aussi avec la tête, publié aux éditions Tumast.Tazrigt.Amazigh en décembre 2024, est l’histoire vraie d’Azuma, Béninois de 19 ans, parti au Maroc avec une bourse d’études et une recommandation maternelle gravée dans le cœur :

“Quand tu vas dans un pays où les gens marchent avec la tête, marche aussi avec la tête.”

Ce récit n’est pas celui d’un miraculé des embarcations de fortune, mais d’un migrant légal confronté, lui aussi, à la solitude, à la précarité, à l’arrachement. Entre galères administratives, marginalisation sociale, et nécessité de s’adapter sans renier ses valeurs, Azuma avance, un pas après l’autre, grâce à l’éducation reçue et à la rigueur du sport.

Son livre donne à entendre une autre jeunesse africaine : celle qui ne rêve ni d’Europe à tout prix, ni de raccourcis, mais qui mise sur l’intelligence, le travail, et parfois sur une simple phrase transmise entre deux silences familiaux. Celle qui veut se former pour revenir, ou contribuer autrement, sans faire du départ une rupture irrémédiable.

Dans une langue simple, directe et sincère, Azuma livre un témoignage rare, à contre-courant des discours catastrophistes ou misérabilistes sur la migration. Il donne corps et voix à ces milliers de jeunes invisibles, déterminés à ne pas sombrer, même quand ils nagent à contre-courant.

À l’heure où l’exil est trop souvent résumé aux naufrages, ce livre rappelle qu’il existe d’autres formes de courage, d’autres manières de partir. Et surtout, d’autres façons de rester digne.

Djamal Guettala

 Infos pratiques :

Titre : Marche aussi avec la tête

Auteur : Azuma

Éditeur : Tumast.Tazrigt.Amazigh

Date de parution : 24 décembre 2024

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