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Tebboune reçoit une délégation de la société américaine ExxonMobil

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Tebboune et des responsables de ExxonMobil
Tebboune reçoit des responsables de ExxonMobil

M. Abdelmadjid Tebboune a reçu, mercredi au siège de la Présidence de la République, une délégation de la société américaine ExxonMobil.

L’audience s’est déroulée en présence du directeur de Cabinet à la Présidence de la République, M. Boualem Boualem, du ministre d’Etat, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, M. Mohamed Arkab, du PDG de Sonatrach, M. Rachid Hachichi et du conseiller auprès du président de la République chargé des Affaires diplomatiques, M. Amar Abba.

De quoi ont-ils parlé ? De quels éventuels investissements en Algérie ? On en sait rien. Le communiqué est resté muet sur le contenu des échanges.

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DJ Snake en Algérie : rêve imminent ou mirage entretenu ?

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Dj Snake

Les réseaux sociaux s’enflamment. Les fans jubilent. Certains médias titrent déjà : « DJ Snake bientôt en concert en Algérie ». Mais à bien y regarder, rien n’est encore vraiment confirmé.

Alors que les attentes sont immenses, une question s’impose : DJ Snake foulera-t-il enfin une scène algérienne, ou sommes-nous face à une promesse encore floue, une annonce sans lendemain ?

Un emballement sans calendrier

Tout est parti d’un entretien sur France Inter, début mai. Interrogé sur un éventuel concert en Algérie, le producteur star répond : « C’est prévu. On en parle, et j’espère que ce sera pour bientôt. Les Algériens vont kiffer ça. »

Un vœu, une envie – certes sincère – mais pas un engagement formel. Depuis, aucune date, aucun lieu, aucun promoteur officiellement désigné. Rien n’a été communiqué par son équipe. Et pourtant, l’annonce est relayée comme une certitude.

Un accueil à la présidence, et après ?

Le 2 juin, DJ Snake est reçu par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. Une image forte, porteuse de symboles. L’artiste pose tout sourire aux côtés du chef de l’État, ce qui suffit à certains pour parler de « concert validé au sommet ». Mais là encore, le flou domine.

Le Palais ne publie aucun communiqué mentionnant un concert. DJ Snake, lui, se contente de quelques images postées sur Instagram, sans commentaire. Un moment institutionnel qui soulève plus de questions qu’il n’en résout.

Un retour « aux sources », mais pour quand ?

DJ Snake a plusieurs fois exprimé son attachement à l’Algérie, où il puise une partie de ses racines. Il a grandi à Paris dans un environnement multiculturel, bercé par les sonorités du raï et du hip-hop nord-africain.

Mais cette affection suffira-t-elle à franchir le pas logistique, technique et politique qu’impliquerait un grand concert en Algérie ? Le pays n’a pas l’habitude d’accueillir ce type de shows internationaux, encore moins dans des stades.

Une attente populaire, mais une communication opaque

Les Algériens veulent y croire. Ils veulent voir DJ Snake « chez lui », mixer devant une foule immense à Alger, Oran ou Constantine. L’enthousiasme est réel, sincère, palpable. Mais il se heurte à l’absence d’éléments concrets.

Aucune billetterie en vue. Aucun promoteur identifié. Aucun site retenu. Et une question : pourquoi faire autant de bruit si rien n’est signé ?

Vers une opération de com’ ?

Ce qui se joue autour de DJ Snake en Algérie dépasse la simple question d’un concert. C’est aussi l’image d’un pays jeune, moderne, connecté, que les autorités semblent vouloir mettre en avant.

Mais sans transparence, sans calendrier, la promesse pourrait vite virer au désenchantement.

En l’état, impossible de trancher. Ce qui est sûr, c’est que DJ Snake est attendu. Et qu’en Algérie, les promesses culturelles engagent celles et ceux qui y croient encore.

Djamal Guettala

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Conseil du gouvernement : la carte scolaire, le projet intégré de phosphate, l’exploitation des unités industrielles confisquées…

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Palais du gouvernement

Le Premier ministre, Nadir Larbaoui, a présidé ce mercredi une réunion du gouvernement consacrée au suivi de la réalisation des grands projets et à l’examen de propositions concernant plusieurs secteurs, selon un communiqué des services du Premier ministre.

Au cœur des discussions, le projet intégré de phosphate et sa ligne ferroviaire minière ont fait l’objet d’un examen approfondi. La réunion a permis de passer en revue les progrès enregistrés dans la mise en œuvre de ce complexe stratégique, tant pour ses aspects industriels que pour l’infrastructure de transport qui l’accompagne. Ces deux composantes majeures s’inscrivent directement dans la stratégie nationale approuvée par le Président de la République, visant à valoriser les ressources minières du pays et à développer une industrie nationale à forte valeur ajoutée. L’objectif est clair : garantir l’intégration industrielle et contribuer activement à la souveraineté économique et à la sécurité alimentaire de l’Algérie.

Parallèlement, la carte scolaire a été un dossier central des délibérations. Le gouvernement a attentivement écouté une présentation sur cet outil stratégique de planification. La carte scolaire est destinée à organiser de manière optimale la création et la répartition géographique des établissements publics d’éducation et d’enseignement. L’objectif est d’assurer une couverture équilibrée et équitable sur l’ensemble du territoire national, garantissant ainsi les meilleures conditions de scolarisation possibles pour tous les élèves.

En outre, une autre présentation a porté sur les avancées réalisées dans la mise en exploitation des unités industrielles confisquées par des décisions de justice définitives dans le cadre de la lutte contre la corruption. Ces unités ont été transférées au profit d’organismes et d’institutions publiques, et la réunion a permis de constater les mesures prises pour assurer leur entrée en exploitation, conformément aux directives du Président de la République à cet égard.

Dans le cadre du suivi continu du programme de sécurisation de l’eau, le gouvernement a écouté un exposé sur l’état de l’approvisionnement en eau potable et les mesures prises pour améliorer ce service public, parallèlement à l’augmentation de la production d’eau potable grâce à l’exploitation progressive des nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer et à la réalisation de nombreux projets de raccordement et de transfert.

Enfin, le gouvernement a écouté un exposé sur la réinsertion sociale des détenus. Cette présentation a permis de détailler les différents mécanismes et formules mis en place pour la prise en charge et l’accompagnement des détenus, en leur offrant des opportunités de poursuivre leur éducation et leur formation, afin de garantir leur intégration sociale pour une société sûre et solidaire.

Samia Naït Iqbal

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Sandrine-Malika Charlemagne : une œuvre entre art, pensée et engagement

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Sandrine Malika Charlemagne @ Alain Barbero
Sandrine Malika Charlemagne @ Alain Barbero

Sandrine-Malika Charlemagne est une artiste de la plume et de l’image, profondément enracinée dans l’univers du théâtre, de la poésie et du roman. Formée à l’art dramatique aux côtés de Véronique Nordey, puis auprès de grandes figures telles que Jean Claude Fall et Armand Gatti, elle incarne dès ses débuts une voix aux multiples résonances, habitée par la scène, la parole et l’écriture.

Son parcours, entre les planches et l’écran, l’amène à rejoindre les Ateliers Varan, où elle se forme au documentaire. Elle y réalise plusieurs courts métrages, parmi lesquels En attendant Hugo et Si Balzac m’était conté.

Sa production littéraire est aussi éclectique que féconde. Elle s’ouvre avec Anastasia, une pièce radiophonique tirée de son œuvre dramatique et diffusée sur France Culture. En poésie, elle publie Parallèles (2005), Sauvez la beauté (2018) et La Petite ouvrière métisse (2023), ce dernier étant salué pour sa puissance incantatoire et sa capacité à réveiller les voix féminines opprimées.

Elle s’empare également du roman avec trois titres majeurs : À corps perdus, Mon pays étranger (2012, La Différence) et La Voix du Moloch (2020, Éditions Velvet), ce dernier bénéficiant du soutien du Centre national du livre. Dans ce récit, elle dresse le portrait d’Alice, une femme métisse entre la France et l’Algérie, aux prises avec des tensions familiales, les réalités sociales et la quête d’identité dans un Paris ouvrier, révélant ainsi « le jeu d’ombres et de lumière des existences ».

Son œuvre la plus récente, La Traqueuse (2023, Velvet), est un roman inclassable, croisant fantastique, réflexion philosophique et enjeux sociétaux contemporains. L’intrigue oscille entre mondes parallèles – la Cité, l’Intermonde, le Tréfonds – et explore le parcours d’une héroïne métisse en quête de sens, confrontée à la vieillesse, aux dilemmes technologiques et aux pensées de Heidegger ou Arendt. Acclamé pour la flamboyance de son style et la profondeur de ses interrogations sur le bien, le mal, la vie et la mort, le roman exprime son ambition de penser notre époque avec les ressources de la littérature et de la philosophie « du Dieu Phynance et d’au-delà ».

L’écriture de Sandrine-Malika Charlemagne se distingue par sa sensibilité engagée. Elle prête sa voix aux invisibles – femmes, métis, ouvriers, migrants – et fait éclater les frontières entre les genres littéraires. Cet engagement transparaît dans ses textes, dans les ateliers qu’elle anime auprès de la jeunesse urbaine, des aînés ou des personnes en soin, mais aussi dans une parole militante relayée à travers lectures publiques, festivals et prises de position dans l’espace littéraire. Chez elle, le politique et le poétique s’entrelacent, entre enracinement local (à Paris, en Kabylie ou en banlieue) et visée universelle.

L’impact de son œuvre réside dans cette capacité à faire résonner une pluralité de voix – poétiques, philosophiques, populaires. Elle scrute notre civilisation, ses parts d’ombre et de lumière, et convie ses lecteurs à embrasser la complexité de l’humain. À travers ses textes, elle questionne les enfermements culturels et les dualismes : femme/homme, vie/mort, ici/ailleurs, métissage/identité. Elle façonne ainsi un espace littéraire où l’ordinaire côtoie l’au-delà.

Toujours fluide, son écriture circule entre les registres, des ateliers d’écriture aux ondes radiophoniques, de l’intime à la voix collective. Elle bâtit une œuvre ascendante, de la scène au poème, du documentaire au roman, portée par une pensée humaniste et philosophique affirmée. Son influence rayonne des planches aux librairies, des festivals aux cercles de réflexion, faisant d’elle une figure incontournable de la littérature contemporaine.

Dans cet entretien, Sandrine-Malika Charlemagne nous ouvre les portes d’un univers littéraire pluriel, où le théâtre côtoie la poésie, le roman dialogue avec la philosophie, et où l’engagement donne voix aux oubliés. Entre réflexion intime et regard acéré sur le monde, elle nous partage sa vision de l’écriture comme acte de résistance et de transmission.

Le Matin d’Algérie : Votre œuvre navigue entre théâtre, poésie, roman et documentaire. Qu’est-ce qui vous guide dans ce passage fluide d’un genre à l’autre ? 

Sandrine-Malika Charlemagne : La passion. Le désir. L’expérimentation des formes. Pour le théâtre, c’est mon passage au cours Véronique Nordey qui a été le déclencheur. C’est là-bas que j’ai découvert l’univers théâtral, la magie, l’effervescence, les vies sublimées, j’ai dévoré des pièces, et suis allée pour la première fois au théâtre. J’avais un peu plus de 20 ans. Plus tard, j’ai osé l’aventure de l’écriture théâtrale. 

La poésie, elle, c’est sans doute en lien avec l’adolescence, cela a commencé au collège. J’adorais la poésie. J’étais souvent volontaire pour la réciter par cœur en classe. Les fenêtres de Baudelaire, ça m’avait bouleversée, peut-être parce que je ne voyais depuis la fenêtre de ma chambre qu’un haut mur gris de béton. Puis un jour, un déclic, et sont nées mes tentatives poétiques. 

Le roman, c’est plus mystérieux. Mais ce sont mes lectures romanesques qui m’ont aidée à franchir le pas. Même si bien sûr parfois je me dis que tout a été écrit avec une telle puissance, que je ne sais si je suis vraiment à la hauteur. Mais écrire, créer, c’est mon oxygène. Quant au documentaire, c’est une façon de raconter autrement, de restituer sur la toile des paroles ou des ambiances, j’ai toujours été fascinée par les images cinématographiques. En 2014, j’ai suivi un atelier de formation au cinéma documentaire aux Ateliers Varan, pour mieux appréhender le processus de la réalisation et acquérir quelques outils qui me furent très précieux. 

J’aime naviguer au gré du courant. Là où mon inspiration me porte.

Le Matin d’Algérie : Dans La Petite ouvrière métisse, vous donnez voix à des figures féminines marginalisées. Comment la poésie peut-elle devenir un espace de réparation ou de résistance ?

Sandrine-Malika Charlemagne : La poésie, un espace où l’on communique avec le sensible, avec l’autre, avec soi. Pour moi, davantage un espace de consolation. De recherche intérieure. Un espace d’illuminations et/ou de révélations.

Le Matin d’Algérie : De Mon pays étranger à La Traqueuse, vos héroïnes explorent souvent le métissage et la quête d’identité. Est-ce une manière de questionner la mémoire collective et les appartenances ?

Sandrine-Malika Charlemagne : Dans Mon pays étranger, la narratrice qui ne parviendra pas jusqu’à la tombe de son père, enterré en Algérie, est sans doute en fait plus à la recherche d’une mémoire collective qu’en quête d’une identité. Pour La traqueuse, Alètheia, l’héroïne principale, d’origine franco-malienne, se retrouve au cœur d’une trame en lien avec la mémoire collective. 

Avec Alètheia, qui signifie « vérité » en grec ancien, le métissage est présent de fait, mais c’est principalement la recherche spirituelle qui domine. Effectivement, ces questionnements sont souvent présents dans mes ouvrages.

Le Matin d’Algérie : La philosophie irrigue votre écriture, notamment dans La Traqueuse où Arendt et Heidegger apparaissent en creux. Quelle place tient la pensée dans votre travail littéraire ?

Sandrine-Malika Charlemagne : Je pense que ce qui reliait Martin Heidegger et Hannah Arendt est un thème éminemment romanesque. Une telle passion les unissait si fort que la mort ne pouvait pas les séparer. Il y a d’ailleurs eu le film de Margarethe von Trotta qui évoque en filigrane leur histoire.

D’après Borges, la théologie appartient au genre de la littérature fantastique. Il me semble que la philosophie peut fournir des thèmes pour la littérature. Dans La traqueuse, j’ai souhaité explorer ce qui se passerait si on remettait en question la distinction entre objet et sujet. Dans ce cas, la réalité n’est plus extérieure à soi, mais elle devient notre création, comme l’évoquent certains des personnages de La traqueuse dans l’Intermonde. La carte n’est plus une représentation du monde, elle est littéralement le territoire. Dans cet ouvrage, j’ai donc tenté d’explorer les possibilités qui m’étaient offertes.

Le Matin d’Algérie : Votre écriture mêle étroitement engagement et sensibilité. De quelle manière parvenez-vous à faire dialoguer l’expérience personnelle avec les enjeux collectifs ? 

Sandrine-Malika Charlemagne : J’ai toujours été sensible aux inégalités. M’interroger sur la façon dont s’organise la collectivité à laquelle j’appartiens fait en quelque sorte partie de mon ADN.

Dans notre monde protéiforme, il y a beaucoup de causes qui nous interpellent. M’engager dans l’écriture, c’est essayer de dire ce que je ne saurais exprimer avec clarté par la parole. Je fonctionne surtout par intuition, et disons avec ma sensibilité. 

De même, c’est à partir de mon expérience personnelle, des rencontres et de ce que j’observe en silence, que j’analyse certains événements. Et naît alors, sans que je le décide vraiment, cette imbrication entre expérience personnelle et enjeux collectifs.

Le Matin d’Algérie : Avec La Traqueuse, vous explorez des mondes parallèles, les dilemmes technologiques, le vieillissement et des figures philosophiques comme Heidegger ou Arendt. Qu’est-ce qui vous a poussée à mêler ces dimensions, et quel regard portez-vous sur la frontière entre réel et fiction aujourd’hui ?

Sandrine-Malika Charlemagne : Il est clair que la fiction se nourrit du réel. Pour moi, on ne crée pas à partir de rien. Mes écrits naissent de mes lectures, de mon vécu, mais aussi d’impulsions. Ensuite se mêlent l’imaginaire, les personnages qu’on transfigure. Les mondes parallèles m’ont toujours fascinée, j’ai vu pas mal de films de science-fiction, entre autres la tétralogie Matrix et Inception. C’est quoi la réalité ? Existe-t-il un autre espace-temps ? La technologie nous sauvera-t-elle ou nous conduira-t-elle à notre perte ? La fiction peut aussi inspirer la réalité. Un exemple, et ce n’est sans doute pas le seul, est celui de la cape d’invisibilité de Harry Potter. Des scientifiques se sont mis à réfléchir à comment fabriquer quelque chose qui aurait les mêmes effets. Ils se sont penchés sur l’étude des métamatériaux qui à ce jour permettent de faire disparaître partiellement certains objets. 

La frontière entre réel et fiction, c’est une énigme. 

Le Matin d’Algérie : À vos yeux, la double culture est-elle une richesse, un défi, ou les deux à la fois ? Comment cette pluralité nourrit-elle votre parcours personnel et artistique ?

Sandrine-Malika Charlemagne : Une double culture permet d’accéder à deux traditions, deux savoirs, deux visions du monde. Il s’agit là évidemment d’une richesse car la double culture offre plus de souplesse pour interpréter ce qui nous entoure, et peut-être aussi plus de matière à partir de laquelle il m’est possible de créer. En cela, elle est une richesse, mais aussi un défi. Celui de regarder selon deux angles différents. Concernant cette pluralité, je pense en fait que celle-ci me nourrit de manière très inconsciente. 

Le Matin d’Algérie : Pouvez-vous nous parler de vos projets actuels ou de ceux à venir ?

Sandrine-Malika Charlemagne : Avec Jean Asselmeyer, on accompagne les projections de notre documentaire, Deux vies pour l’Algérie et tous les damnés de la terre, qui évoque le parcours de Gilberte et William Sportisse, communistes algériens, ayant soutenu l’indépendance. C’est leur histoire dans la Grande Histoire.

Je viens d’achever l’écriture d’un manuscrit poétique et je termine celle d’un manuscrit romanesque.

Concernant mon dernier recueil de poésie, La petite ouvrière métisse, publié à La Rumeur libre, j’ai sollicité l’aide d’un ami, enseignant à l’Université Mouloud Mammeri, en Kabylie, pour une traduction en tamazight. Mais cela dépendra de son temps libre, l’avenir nous le dira. 

Le Matin d’Algérie : Un dernier mot peut-être ? 

Sandrine-Malika Charlemagne : Merci de m’avoir accordée ce temps d’échanges. Et une phrase de Mahmoud Darwich : « Libre je suis tout près de ma liberté. Mon futur est dans ma main. »

Entretien réalisé par Brahim Saci

https://sandrinemalikacharlemagne.blogspot.com

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L’Olympique Lyonnais relégué en Ligue 2 par la DNCG

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OL

C’est une onde de choc dans le paysage du football français. L’Olympique Lyonnais, club emblématique de l’élite hexagonale, a été officiellement relégué en Ligue 2 par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), mardi 24 juin, pour non-respect de ses obligations financières.

Malgré les explications de son président John Textor, venu défendre la situation économique du club lors d’une audition à Paris, les arguments n’ont pas convaincu. La DNCG a estimé que les garanties apportées étaient insuffisantes pour assurer la viabilité du projet lyonnais. Une décision radicale, rendue publique mardi en fin de journée, et qui marque une première historique pour le septuple champion de France.

Une dette étouffante

Le club rhodanien traîne une dette estimée à plus de 170 millions d’euros. Les ventes de joueurs et les récentes injections de fonds n’ont pas suffi à rassurer l’instance de régulation. Déjà interdit de recrutement lors du dernier mercato hivernal, Lyon s’enfonce dans une crise sans précédent.

Dans un communiqué, l’Olympique Lyonnais a annoncé son intention de faire appel, estimant que les mesures prises récemment suffisent à garantir la continuité d’exploitation. Le club espère inverser la décision dans les jours à venir.

Coup dur pour la formation à la française

Cette relégation, si elle venait à être confirmée, sonnerait comme un coup dur pour tout un écosystème. Car Lyon, ce n’est pas seulement un palmarès (7 titres de Ligue 1, 5 Coupes de France, 8 Trophées des champions), c’est aussi une école. L’un des centres de formation les plus performants d’Europe.

Des joueurs comme Karim Benzema, Houssem Aouar, Amine Gouiri ou encore Yassine Benzia y ont été formés avant de briller avec les Bleus… ou les Fennecs.

Le football algérien, qui continue de bénéficier de cette filière franco-algérienne, risque aussi de pâtir indirectement de cette relégation si elle devait affaiblir durablement l’académie lyonnaise.

Une page se tourne

L’OL, fondé en 1950, n’avait jamais connu la relégation depuis son retour en Ligue 1 en 1989. Symbole de modernité et de puissance sportive dans les années 2000, le club voit son modèle s’effondrer, victime d’une gestion financière sous haute tension.

Pour l’heure, la Ligue 2 attend un géant blessé. Et le football français, abasourdi, s’interroge : jusqu’où les exigences financières vont-elles remodeler la hiérarchie historique ?

Djamal Guettala

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Sébastien Delogu, député LFI, attendu en Algérie pour un déplacement entre mémoire et dialogue

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Sébastien Delogu, député LFI,
Sébastien Delogu, député LFI,

Le député français Sébastien Delogu, élu La France Insoumise des Bouches-du-Rhône, effectuera, du 26 au 30 juin, une visite en Algérie mêlant hommage personnel, participation à un forum économique et rencontre officielle avec les parlementaires algériens.

Un déplacement qui s’inscrit à la fois dans une démarche de mémoire familiale et de diplomatie de terrain, dans un moment où les relations franco-algériennes demeurent marquées par des tensions mais aussi par des gestes d’ouverture.

Dans une lettre adressée au chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune et au ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, dont Le Matin d’Algérie a pu consulter une copie, Sébastien Delogu annonce officiellement son déplacement, qu’il souhaite «transparent, respectueux et tourné vers le dialogue entre les peuples ».

Le périple algérien débutera à Oran, ville chère à l’élu marseillais, où il se recueillera sur la tombe de son grand-père maternel au cimetière d’Aïn El Beïda, dans la commune d’Es-Senia. Un hommage intime, mais aussi un signal : la mémoire personnelle peut être une passerelle vers l’histoire collective.

Le lendemain, vendredi 27 juin, il rejoindra Alger, où il visitera successivement le Musée national du Moudjahid et le Mémorial du Martyr, avec un dépôt de gerbe en hommage aux combattants de l’indépendance algérienne. Il poursuivra par une visite de la Casbah, quartier historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, symbole de résistance et d’identité.

Le samedi 28 juin, le député participera au Sustainable Economy Forum (SEF), organisé à l’hôtel El Aurassi. Il y prendra brièvement la parole, appelant, selon nos informations, à des relations économiques plus équilibrées entre la rive nord et la rive sud de la Méditerranée, dans une logique de transition écologique et sociale. En fin d’après-midi (16h45–19h15), il visitera le Musée national des Beaux-Arts, qui abrite aussi bien les chefs-d’œuvre de la peinture algérienne moderne (Issiakhem, Racim, Khadda) que des pièces majeures de l’art européen (Delacroix, Picasso).

Le dimanche sera placé sous le signe de la culture et de la spiritualité avec une déambulation au Jardin d’essai du Hamma, puis une visite à la Grande Mosquée d’Alger, l’un des édifices religieux les plus vastes au monde.

Enfin, le lundi 30 juin, Sébastien Delogu sera reçu à l’Assemblée populaire nationale (APN) par la Commission des Affaires étrangères, une rencontre confirmée par le député Saad Laanani. Au programme : échanges sur la coopération parlementaire, mais aussi sur la situation régionale, les enjeux migratoires, et la nécessité d’un dialogue plus inclusif entre la France et l’Algérie.

Ce déplacement prend une dimension particulière à la lumière de plusieurs faits marquants du parcours de Sébastien Delogu à l’Assemblée nationale. En décembre 2023, il a été sanctionné pour s’être opposé publiquement à une députée issue d’une famille historiquement liée à la fondation de l’OAS, l’organisation terroriste française opposée à l’indépendance de l’Algérie.

Il avait dénoncé sans détour l’héritage politique de cette mouvance, provoquant des remous dans l’hémicycle. Cette prise de position courageuse, saluée par certains et critiquée par d’autres, lui a valu une amende parlementaire et une inscription au procès-verbal.

Quelques semaines plus tard, il adressait à cette même élue une carte de vœux sur laquelle il avait inscrit de sa main : « Vive l’Algérie libre ! ». Ce simple message de souveraineté a été qualifié de « provocation » par la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, dans une seconde lettre consultée par Le Matin. Une manière, pour Delogu, d’assumer un discours décolonial clair et de rappeler qu’aucune relation saine entre la France et l’Algérie ne peut faire l’impasse sur la vérité historique.

Connue pour ses engagements en faveur de la cause palestinienne, pour une mémoire apaisée, et pour une politique migratoire plus humaine, Sébastien Delogu entend incarner une autre voie : celle de la diplomatie populaire, du dialogue sans arrogance et du respect mutuel.

À l’heure où les relations franco-algériennes oscillent entre incompréhensions officielles et volontés de réconciliation, cette visite pourrait bien contribuer à nourrir un climat plus apaisé – du moins au niveau parlementaire et citoyen.

Djamal Guettala  

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Une plongée dans l’imaginaire algérien

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Zoubida Berrahou
Zoubida Berrahou

Dans cet entretien, Zoubida Berrahou, autrice du roman L’invention d’un jeu d’échecs à Mascara, nous ouvre les portes d’un univers littéraire où s’entrelacent histoire, société et quête identitaire. À travers les voix de deux frères, Racim et Necib, elle tisse un récit vif et profond, porté par la ville de Mascara, la métaphore du jeu d’échecs et une approche subtile du féminisme.

Avec un style mêlant humour et gravité, elle interroge les dynamiques fraternelles, les figures historiques oubliées, et les contradictions d’une Algérie en transition. Cet échange révèle les intentions profondes de l’autrice, son attachement à sa ville d’adoption, et sa foi dans la jeunesse et l’imaginaire comme moteurs du renouveau.

Le Matin d’Algérie : Votre roman s’ouvre sur un échange entre deux frères aux visions opposées. Pourquoi avoir choisi ce duo, Racim et Necib, pour incarner cette réflexion sur l’histoire et la société algériennes ?

Zoubida Berrahou : D’abord, je n’ai pas eu à chercher bien loin : j’ai moi-même deux garçons qui avaient l’âge de Racim et Necib lors de l’écriture. Ensuite, donner la parole à deux jeunes garçons pour réfléchir sur la société me semblait pertinent, car leur éducation et leur imaginaire influencent fortement l’avenir. Enfin, les confronter en tant que frères, c’est symbolique : un clin d’œil à l’art du débat, à la dispute courtoise. Le débat d’idées est le moteur du progrès : pour réfuter l’autre, il faut puiser dans l’imaginaire, la logique, les faits… C’est une invitation à privilégier la raison.

Le Matin d’Algérie : Mascara, ville atypique, devient presque un personnage du roman. Qu’est-ce qui vous a inspirée dans cette ville ?

Zoubida Berrahou : J’ai longtemps médité sur ce qu’est la littérature. Il m’a fallu trente ans pour m’autoriser à en faire partie. J’ai compris qu’écrire sur sa ville, dans une perspective universelle, est un but noble. Tolstoï disait : « Si tu veux parler de l’universel, parle de ton village. » Mascara est ma ville d’adoption, mon unique repère géographique. Ce roman est une déclaration d’amour. Quand je regarde en arrière, je n’ai que de bons souvenirs ; quand je me projette, je ne m’imagine pas loin d’elle. J’ai voulu lui dire « je t’aime » à ma manière.

Le Matin d’Algérie : Le jeu d’échecs, à travers l’invention imaginaire de Racim, devient un prétexte pour revisiter l’histoire. Comment en êtes-vous venue à lier stratégie et mémoire collective ?

Zoubida Berrahou : Bien que je n’écrive que depuis trois ans, l’écriture a toujours fait partie de ma vie. Je suis enseignante en économie et management, et j’ai longtemps enseigné le management stratégique – domaine où la métaphore des échecs est omniprésente. Je suis aussi une joueuse d’échecs depuis l’enfance. L’écriture puise dans notre inconscient et nos apprentissages passifs. J’ai fait voyager mes personnages dans une autre manière de raconter l’histoire, à travers le prisme de la reine de l’échiquier, symbole puissant, entre pouvoir, mémoire et imaginaire collectif.

Le Matin d’Algérie : Vous convoquez des figures historiques méconnues, comme Lalahoum ou le royaume de Koukou. Quel message souhaitez-vous transmettre à travers ce kaléidoscope ?

Zoubida Berrahou : Racim, tel un archéologue, exhume un jeu d’échecs à Mascara et, avec lui, des figures proches ou éloignées de sa région. Le message est simple : il faut inclure toute l’histoire de l’Algérie dans notre imaginaire commun, sans chauvinisme ni repli régional. Quand l’imagination est forte, l’histoire peut devenir un levier de réconciliation, d’unité et de synergies.

Le Matin d’Algérie : La question du féminisme traverse subtilement le roman. Comment l’avez-vous intégrée dans l’univers de Racim et Necib ?

Zoubida Berrahou : Et si le féminisme – que je définis comme la place et la visibilité pacifiée des femmes dans l’espace public – était porté par deux jeunes garçons ? Dans le roman, c’est le cadet qui pose la question, et l’aîné qui y répond, en quelque sorte. Si, dès leur jeunesse, les garçons apprennent à penser cette question sans tomber dans le paternalisme, alors on aura fait un grand pas. L’éducation est essentielle. Cette thématique est la clé de voûte de la théorie que je propose.

Le Matin d’Algérie : La relation fraternelle entre confrontation et complicité donne un ton très vivant au récit. Est-ce aussi un reflet de la société algérienne ?

Zoubida Berrahou : Les divergences d’opinion naissent souvent dans le cercle familial. Elles enrichissent les échanges, à condition que ni l’uniformité ni la coercition ne s’imposent. C’est le miroir de toute société : ce qui compte, ce sont les sujets débattus et les arguments mobilisés. La complicité dans la confrontation n’est possible que si la raison l’emporte sur l’émotion.

Le Matin d’Algérie : Votre ton est souvent léger, humoristique, malgré la gravité de certains sujets. Est-ce une manière de toucher un public plus large ?

Zoubida Berrahou : C’est tout simplement mon style, ma marque de fabrique. Et je suis d’accord avec Richard Ford : mettre de l’humour dans des sujets graves est un des plus grands défis littéraires. Cela permet d’échapper au moralisme. Je n’écris pas pour faire la leçon, mais pour transmettre un idéal. Je cherche à éveiller un sentiment d’appartenance local et universel. Je veux toucher aussi bien les jeunes que les moins jeunes, avec une vision sérieuse de la vie… mais aussi pleine de rires, de sourires et de rêves.

Le Matin d’Algérie : Racim et Necib endossent des rôles d’historiens, de sociologues, de psychologues… Quelle place accordez-vous à ces regards pour comprendre le passé et le présent ?

Zoubida Berrahou : Ces regards sont indispensables. Ils permettent de prendre du recul, d’éviter les jugements hâtifs et les erreurs répétées. Les lunettes du présent ne suffisent pas pour lire le passé, et inversement. L’histoire, la sociologie, la psychologie sont autant de clés pour mieux comprendre et construire autrement.

Le Matin d’Algérie : Vous évoquez la modernité et les contradictions d’une Algérie en quête d’identité. Comment cela se traduit-il dans vos personnages ?

Zoubida Berrahou : Racim et Necib vivent à Mascara, une ville souvent réduite à des clichés. J’ai voulu montrer qu’en s’éloignant des identités trop figées ou régionalistes, les enfants peuvent s’ouvrir à une vision plus humaniste. L’imaginaire et l’humour sont des armes d’élévation. Racim le dit lui-même : « Sais-tu que Mascara peut prétendre à l’invention du jeu d’échecs, au même titre que les Perses, les Chinois ou les Arabes ? » J’ai mis la femme au centre de l’échiquier : soit elle existe, soit elle n’existe pas. C’est la théorie de Racim .

Le Matin d’Algérie : Le roman s’achève-t-il sur une note d’espoir, comme le suggère cette invention ?

Zoubida Berrahou : Absolument. Je suis une écrivaine du possible, sinon je n’écrirais pas. Le roman esquisse des pistes pour que l’Algérie avance, portée par une jeunesse créative, technophile, mais aussi capable d’inventer des récits, de réenchanter ses origines, de rêver autrement. Ces garçons voient déjà la possibilité de l’ailleurs, ici-même.

Le Matin d’Algérie : Enfin, si un lecteur devait retenir une seule chose de L’invention d’un jeu d’échecs à Mascara, laquelle serait-ce ?

Zoubida Berrahou : Une phrase, sans hésiter, tirée du roman :

« Heureusement que ses garçons ont hérité de cette idée du rêve, même si elle ne sait pas encore qu’ils sont en train de réinventer le monde, comme elle l’a si souvent fait, allègrement, sûrement, et tout bêtement. Ses petits princes ont grandi et ils sont en quête d’une princesse, non pas pour eux, mais pour leur ville, afin de gagner les faveurs d’un jeu d’échecs inventé à Mascara. »

Entretien réalisé par Djamal Guettala  

Zoubida Berrahou sera présente à Marseille, le jeudi 26 juin 2025 à 18h30, à la Librairie L’Île-aux-Mots pour une rencontre autour de son livre L’invention d’un jeu d’échecs à Mascara.
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À Aix, un panel pour sortir la guerre chimique de l’oubli

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Christophe Lafaye

Dans le cadre du 7ᵉ congrès de l’Association pour l’étude de la guerre et de la stratégie (AEGES), un panel s’est tenu à Sciences Po Aix le 19 juin autour d’un sujet aussi ancien qu’actuel : « Prométhée aux Enfers. Permanences et mutations de la guerre chimique ». Un thème fort, à la hauteur des enjeux scientifiques, historiques et politiques qu’il soulève.

En ouverture, Christophe Lafaye, historien et chercheur, a rappelé que ce panel s’inscrivait dans la continuité d’une réflexion lancée en 2023 à Bordeaux sur l’histoire des armes chimiques. Il a salué l’engagement des co-organisateurs — Pierre Journoud, Lina Leyla Abdelaziz, Olivier Lepick — et des modérateurs Antonin Plarier et Claude Lefebvre, avant d’enraciner son propos dans une réalité brûlante : la guerre n’a jamais quitté le monde, mais elle revient aujourd’hui au cœur de l’Europe et du Moyen-Orient, avec des civils comme premières victimes.

Pour Christophe Lafaye, dans un monde secoué par les populismes, les replis autoritaires et les guerres d’information, les sciences humaines et sociales doivent tenir bon. Elles doivent résister, dialoguer, produire du sens — surtout face à la montée de l’intelligence artificielle, des réalités alternatives et de la censure des archives.

« Le monde a besoin de raison. Notre responsabilité est de ne pas perdre le sens de notre métier de chercheur. »

Ce panel invite à penser la guerre chimique au-delà des cadres militaires traditionnels. Il s’agit de comprendre comment la chimie s’est immiscée dans les pratiques de guerre, mais aussi dans les dispositifs de maintien de l’ordre, souvent au service de projets coloniaux ou impériaux. Des campagnes d’Afghanistan en 1919 à la guerre d’Algérie, en passant par l’Irak, le Vietnam ou la Syrie, l’usage d’agents toxiques continue d’échapper à l’histoire officielle, protégé par le secret, le flou, l’absence d’archives.

> « Il n’existe pas d’armes chimiques non létales. Toute exposition à un agent toxique, selon la dose et le temps, tue », a rappelé Christophe Lafaye, dénonçant les discours pseudo-humanitaires qui ont parfois entouré ces armes.

Clôturant son intervention sur une note humaniste, le chercheur a rapporté les mots d’un ancien soldat français en Algérie :

> « Si nous les avions considérés comme des êtres humains comme nous, nous ne nous serions pas permis tout cela. »

Un appel fort à replacer l’autre — y compris l’ennemi — au cœur des préoccupations scientifiques et éthiques. Un rappel salutaire que l’étude de la guerre n’est jamais neutre, mais peut, si elle est bien menée, contribuer à la compréhension et à la paix.

Djamal Guettala  

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Poursuite des opérations d’extinction d’incendies à Blida, Médéa et Tizi-Ouzou

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Incendie

Les services de la protection civile des wilayas de Blida, Médéa et Tizi-Ouzou poursuivent les opérations d’extinction des incendies de forêt qui se sont déclarés, ces deux derniers jours, indique, mardi, un communiqué émis par ce corps constitué.

Faisant le point sur la situation des feux de végétation jusqu’à ce mardi 14h00, le communiqué a souligné la poursuite par les services de la protection civile, en coordination avec les agents des forêts et les éléments de l’Armée nationale populaire (ANP), des opérations d’extinction des feux de broussailles et de maquis enregistrés dans plusieurs localités.

Ces incendies ont été notamment déclarés au lieu-dit «El Kerrache» de la commune de Chréa, aux frontières entre Blida et Médéa, ainsi que dans les villages Igouras d’Aït Yahia et Béni Mendès de la commune de Boghni, à Tizi-Ouzou. L’incendie qui s’est déclaré dans le village de Taâzibt, commune d’Azazga, est sous contrôle, a précisé le communiqué. 

Par ailleurs, le wali de Blida, Brahim Ouchen, s’est rendu mardi sur les lieux de l’incendie qui s’est déclaré au lieu-dit «Oued Kerrache» à Chréa, où il s’est enquis des opérations d’extinction, selon les services de la wilaya.

La source a ajouté que l’opération se poursuit toujours grâce à la mobilisation de différentes unités de la protection civile de la wilaya, appuyées par l’unité nationale d’instruction et d’intervention, le centre avancé de Chréa, et la colonne mobile de lutte contre les incendies, soit un effectif global de 175 agents de différents grades et 26 camions-citernes.

L’intervention est, également, soutenue par des éléments et du matériel de l’Armée nationale populaire, les services de la Gendarmerie nationale, et les agents de la conservation des forêts, en plus de moyens aériens, notamment six avions bombardiers d’eau relevant de la protection civile.

APS

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Le Maghreb des livres 2025 : les lettres algériennes en partage

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Maghreb des livres

Les 28 et 29 juin 2025, l’Hôtel de Ville de Paris accueillera la 31ᵉ édition du Maghreb des livres, manifestation littéraire consacrée aux cultures et productions éditoriales du Maghreb. Organisé par l’association Coup de Soleil, l’événement met cette année à l’honneur la littérature algérienne, en invitant plus d’une centaine d’auteurs, de chercheurs, d’éditeurs et de traducteurs à présenter leurs ouvrages et à échanger avec le public.

À travers un programme de débats, d’entretiens, de rencontres et de lectures, le Maghreb des livres poursuit une ambition constante : créer des passerelles entre les mondes littéraires des deux rives de la Méditerranée, favoriser la visibilité des œuvres maghrébines, et nourrir la réflexion sur les enjeux de mémoire, d’identité et de transmission. La place accordée à l’Algérie cette année n’est pas fortuite. Elle résonne avec une actualité intellectuelle intense, marquée par une production littéraire féconde, qui interroge le passé colonial, les héritages politiques, les langues de l’écriture, mais aussi les aspirations nouvelles d’une société en transformation.

Le programme de cette édition comprend une trentaine de débats thématiques ainsi que plusieurs cafés littéraires animés par des journalistes spécialisés. Seront notamment abordées les écritures de la guerre, la langue française dans l’espace postcolonial, les représentations de l’exil, ou encore la transmission entre générations d’écrivains. Des ouvrages de fiction, des récits de vie, des études universitaires, de la littérature jeunesse et des bandes dessinées figureront en bonne place dans la librairie centrale et sur les différents stands partenaires.

Le Maghreb des livres, fidèle à son esprit d’ouverture, donne également à voir la diversité linguistique et territoriale de la production algérienne actuelle. Sont ainsi attendus des auteurs résidant en Algérie comme en diaspora, écrivant en français, en arabe ou en tamazight. Cette variété constitue un reflet fidèle des trajectoires contemporaines de la littérature algérienne, marquée à la fois par l’ancrage national et l’inscription dans des dynamiques transméditerranéennes.

La manifestation se distingue aussi par sa capacité à faire émerger de nouvelles voix. Plusieurs premières œuvres seront présentées cette année, aux côtés d’écrivains déjà reconnus. Parmi elles, des récits explorant les mémoires enfouies du XXᵉ siècle algérien, les tensions entre espace intime et espace politique, ou encore les formes renouvelées de l’écriture amoureuse. Ainsi, des ouvrages récemment parus évoquent, sans nostalgie ni pathos, la trajectoire d’une jeunesse confrontée aux blessures de l’Histoire.

L’espace jeunesse, la librairie en langue arabe, les signatures organisées dans les salons, tout comme la présence d’éditeurs venus d’Algérie, de France, du Maroc et de Tunisie, participent de l’esprit de décloisonnement qui caractérise le Maghreb des livres. L’accès à l’événement est libre, ouvert à tous, et conçu pour permettre au public de circuler entre les ouvrages, les idées et les langues.

Dans une période où les récits identitaires se tendent et où les représentations culturelles s’uniformisent trop souvent, le Maghreb des livres offre une scène précieuse pour écouter, lire et comprendre. Il rappelle que la littérature ne se réduit ni à l’esthétique ni à l’intime, mais qu’elle constitue un outil fondamental pour penser le monde, reconstruire du sens et nouer des liens. Cette édition 2025, en mettant l’Algérie au cœur de ses rencontres, contribue ainsi à faire vivre une mémoire partagée, à la fois lucide et tournée vers l’avenir.

Toufik Hedna

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