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États-Unis : Donald Trump donne 50 jours à la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine

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Trump
Trump

Donald Trump, qui s’est dit lundi 14 juillet une nouvelle fois « déçu » par son homologue russe Vladimir Poutine, a donné à la Russie 50 jours pour mettre fin à la guerre sous peine de sanctions sévères, et annoncé l’envoi prochain à travers l’Otan d’un grand nombre d’armes à l’Ukraine. Ce faisant, le président américain a clairement montré que sa patience vis-à-vis du président russe était arrivée à bout. 

Le président Donald Trump a déclaré lundi 14 juillet qu’il punirait la Russie avec des tarifs douaniers s’il n’y avait pas d’accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine dans les 50 jours, le dernier exemple de sa frustration croissante envers le président russe Vladimir Poutine. Trump a fait cette annonce lors d’une réunion dans le Bureau ovale avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.

« Nous allons imposer des droits de douane très sévères si nous ne parvenons pas à un accord dans les 50 jours », a déclaré le président républicain. Il a précisé qu’il s’agirait de « droits de douane secondaires », c’est-à-dire qu’ils cibleraient les partenaires commerciaux de la Russie afin d’isoler Moscou dans l’économie mondiale. « J’utilise le commerce pour beaucoup de choses », a ajouté Trump. « Mais c’est excellent pour régler les conflits. » « Si nous n’avons pas un accord d’ici 50 jours, c’est très simple, (les droits de douane) seront à 100% et c’est comme ça », a-t-il ajouté.

Des achats d’armements américains par les Européens pour des « milliards et des milliards » de dollars 

Outre la menace de droits de douane, Donald Trump et Mark Rutte ont discuté d’un projet de modernisation du réseau d’armement américain. Les alliés européens prévoient d’acheter du matériel militaire puis de le transférer en Ukraine. Donald Trump a déclaré que ces achats représenteraient des « milliards et des milliards » de dollars. Donald Trump se dit satisfait de voir l’Europe dépenser davantage pour la défense après que de nombreux membres de l’Otan, lors d’un récent sommet à La Haye, sont convenus d’augmenter les dépenses à 5 % de leur PIB. « Leur état d’esprit est incroyable », a déclaré Trump. « Au final, avoir une Europe très forte est une bonne chose », a-t-il ajouté.

Mark Rutte a déclaré que l’Allemagne, la Finlande, le Canada, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et le Danemark figureraient parmi les acheteurs potentiels pour l’Ukraine. Il a ajouté que « la rapidité est essentielle ici » et que ces livraisons devraient inciter Poutine à « reconsidérer » les négociations de paix.

RFI

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« Tifawin » : lumières d’art et d’identité chaouie

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Noureddine Tabrha
Noureddine Tabrha

Au cœur des montagnes de l’Aurès, une lumière singulière éclaire le travail de Noureddine Tabrha, artiste autodidacte, discret mais habité par une profonde exigence esthétique. Son exposition Tifawin, qui signifie « Les lumières » en langue amazighe, propose un voyage intérieur où s’entrelacent héritage chaoui, recherche plastique contemporaine et désir d’élévation.

Dans cet entretien, il nous parle de son parcours, de sa démarche artistique, de ses racines et des défis auxquels font face les créateurs dans les régions oubliées de l’Algérie.

Le Matin d’Algérie : Votre exposition porte le titre Tifawin, qui signifie « les lumières » en berbère. Pourquoi ce choix ? Quelle symbolique revêt-il dans votre parcours artistique ?

Noureddine Tabrha : Tifawin signifie « les lumières », un mot porteur d’espoir et d’élan intérieur. Ce titre résume ma quête artistique : ces instants d’éclat qui illuminent le regard et ravivent en nous le désir de vivre, de créer, de rêver. L’art, à mes yeux, est l’âme qui anime le corps, une lumière qui le traverse. Tifawin, c’est aussi le fruit de longues années d’expérimentation, de passion, d’errance parfois, à la recherche d’une clarté au milieu de l’obscurité – sur la toile comme dans la vie.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes un artiste autodidacte. Comment sont nés vos débuts artistiques dans les montagnes de l’Aurès ? Qu’est-ce qui vous a poussé vers la peinture et la sculpture ?

Noureddine Tabrha : Peu importe qu’un artiste soit autodidacte ou formé dans une école. Ce qui compte, c’est la manière dont il digère ses expériences et forge une vision singulière. J’ai grandi dans les montagnes de l’Aurès, un environnement austère mais lumineux, où la nature m’a parlé bien avant que je comprenne son langage. Ce monde visuel m’a habité dès l’enfance, avant même que je réalise qu’il s’agissait d’art. Peindre, sculpter, créer n’était pas un choix intellectuel, mais une nécessité intérieure. Pour moi, l’art est un acte de fidélité à l’humain, à la beauté, une manière de transformer l’expérience en langage.

Je refuse les enfermements dans un style ou une école : je m’inscris dans une ouverture continue vers tout ce que les arts plastiques d’aujourd’hui peuvent porter de vivant et d’universel.

Le Matin d’Algérie : Votre travail est nourri de symboles liés au patrimoine et à la mémoire collective. Quelle place la culture chaouie occupe-t-elle dans votre démarche artistique ?

Noureddine Tabrha : La culture chaouie n’est pas seulement présente dans mon art : elle est ma matrice. C’est la langue, les paysages, les gestes, les silences, les couleurs de mon enfance. C’est à elle que je reviens dès que je cherche un sens ou un ancrage. Mais faire vivre une culture ne signifie pas répéter le passé. C’est l’interroger, la réinterpréter avec des formes nouvelles, sortir des stéréotypes. Nous avons besoin de repenser notre rapport à l’héritage. L’art est, pour cela, un outil précieux. J’ai choisi de défendre mon identité en misant sur la beauté : une beauté ancrée mais ouverte, qui parle autant du local que de l’universel.

Le Matin d’Algérie : Comment articulez-vous vos racines avec la modernité ? Est-ce une tension ou une harmonie ?

Noureddine Tabrha : Je le vis comme une harmonie. Les racines, si elles ne sont pas nourries, s’assèchent. Elles ont besoin d’eau, d’air, de mouvement. L’art est cette sève. Si l’on se fige dans le passé, on devient stérile. Il ne s’agit pas de rompre avec nos ancêtres, mais de dialoguer avec eux dans un langage d’aujourd’hui. Je me vois comme un prolongement de leur mémoire, mais avec un regard contemporain. Ce n’est ni nostalgie ni rupture, c’est une continuité vivante, créative, audacieuse.

Le Matin d’Algérie : Vous travaillez à la fois la peinture et la sculpture. Comment choisissez-vous vos matériaux ? Avez-vous une matière de prédilection ?

Noureddine Tabrha :L’art contemporain a bousculé les cadres. Ce n’est plus la matière ou le style qui comptent, mais la sincérité du geste et la justesse de la forme. Pour moi, le matériau n’est pas un simple support : c’est un partenaire expressif. Chaque matière a son énergie, sa voix. À nous de l’écouter.Je n’ai pas de matériau fétiche : tout dépend du moment, du projet, de ce que je veux dire. L’étain, par exemple, peut parfois exprimer plus de noblesse qu’un métal précieux, s’il est travaillé avec vérité. L’essentiel, c’est l’harmonie entre l’idée, la forme et le ressenti

Le Matin d’Algérie : Vous avez dit que l’art est « souffrance » et « défi ». Que vouliez-vous dire par là ?

Noureddine Tabrha : Créer n’est pas un luxe. C’est un combat, surtout dans les marges. Il faut faire face au manque de moyens, à l’isolement, à l’incompréhension parfois. Cela demande une volonté tenace et une foi inébranlable. Mais c’est aussi une joie profonde. Extraire la beauté de la douleur, offrir une lumière dans la grisaille : voilà la mission de l’artiste. Il ne donne pas des réponses, mais il pose des questions, il ouvre des brèches, il trouble et il éclaire.

Le Matin d’Algérie : Quel rôle pensez-vous que l’artiste doit jouer aujourd’hui en Algérie ? Vous considérez-vous comme une conscience collective ?

Noureddine Tabrha : L’artiste est là pour éveiller, activer les sens, faire voir autrement. Il révèle la beauté cachée des choses simples. Il n’a pas besoin d’institution pour exister : sa légitimité vient de sa sincérité.Je ne prétends pas être une conscience collective, mais je tente d’être une voix juste. Une voix qui relie, qui reflète les émotions, les douleurs, les espoirs. Une voix qui croit au pouvoir tranquille de la beauté.

Le Matin d’Algérie : Vous dirigez la Galerie Landon à Biskra. Comment évaluez-vous la scène artistique dans les Aurès aujourd’hui ?

Noureddine Tabrha : La Galerie Landon est un lieu que nous avons voulu libre, vivant, tourné vers l’authenticité. C’est une réponse aux pratiques usées de l’exposition figée. Nous avons accueilli des artistes sincères, organisé des expositions collectives et soutenu des talents locaux. Mais il y a aussi des inquiétudes. Beaucoup d’artistes se retirent discrètement, épuisés par l’indifférence ou l’absence de soutien. Et pourtant, dans les Aurès comme ailleurs, il y a une énergie créative incroyable. Ce qu’il faut, c’est une volonté politique et culturelle réelle pour les accompagner, les valoriser, et les faire rayonner.

Le Matin d’Algérie : Votre style navigue entre abstraction et symbolisme. Quels artistes ou courants vous ont influencé ?

Noureddine Tabrha : Je me sens redevable aux grands courants du XXe siècle — expressionnisme, abstraction, art conceptuel — mais aussi aux artistes qui ont su inventer leur propre voix. En Algérie, certains parcours m’ont marqué, ceux qui ont cherché à inscrire une esthétique enracinée mais ouverte. À l’international, j’ai toujours été inspiré par ceux qui ont vu dans la beauté un combat humain.

Je crois profondément que notre culture peut dialoguer avec l’universel. L’art n’a de patrie que la beauté, et de langue que l’humanité.

Le Matin d’Algérie : Quel message souhaitez-vous que le public retienne en visitant Tifawin ?

Noureddine Tabrha : Je ne cherche pas à imposer un sens. Je souhaite que chaque visiteur reparte avec quelque chose de lui-même, qu’il ait été touché, éveillé, peut-être réconcilié avec une émotion. Je veux que mes œuvres disent au spectateur : l’art est en toi. Il peut te surprendre, t’apaiser, t’éclairer. Et surtout, il peut te rappeler que la lumière est toujours possible.

Entretien réalisé par Djamal Guettala

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CAN féminine : Roselène Khezami, capitaine de l’OM, élue joueuse du match avec l’Algérie

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Roselène Khezami
Roselène Khezami

La défenseure centrale et capitaine de l’équipe féminine de l’Olympique de Marseille, Roselène Khezami, a été élue joueuse du match dimanche à Abidjan lors de la rencontre opposant l’Algérie au Nigéria, dans le cadre de la 3e journée de la Coupe d’Afrique des Nations féminine.

Grâce à une prestation remarquable face à l’ogre du continent — onze fois champion d’Afrique —, la native de Marseille a contribué à maintenir le score vierge (0-0), synonyme de qualification historique pour les quarts de finale de la compétition.

L’équipe nationale féminine algérienne, qui compte également dans ses rangs la gardienne Chloé N’Gazi (OM), termine deuxième de son groupe derrière le Nigéria, mais devant le Botswana et la Tunisie. C’est une première pour les Vertes, qui n’avaient jamais franchi ce cap dans une CAN féminine.

L’Algérie rejoint donc le Nigeria, le Maroc (pays hôte), le Sénégal et la Zambie en quarts de finale. Les Algériennes affronteront l’un des quatre derniers prétendants encore en lice : l’Afrique du Sud (tenante du titre), le Mali, la Tanzanie ou le Ghana.

Cette performance confirme l’émergence d’une génération ambitieuse au sein de la sélection algérienne féminine, portée par des talents comme Khezami, qui symbolise aujourd’hui la rigueur et l’espoir d’un football en pleine mutation. 

Djamal Guettala

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Démographie : une population de 47 millions, un recul marqué des mariages

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Hirak

À l’occasion de la Journée mondiale de la population, célébrée cette année sous le thème « Donner aux jeunes les moyens de fonder une famille dans une Algérie prospère et porteuse d’espoir », le ministère de la Santé a livré un tableau actualisé des grandes tendances démographiques en Algérie. Au 1er juillet 2025, la population nationale s’établit à 47 millions d’habitants.

Une population jeune mais vieillissante

Selon les données officielles, les enfants de moins de 15 ans représentent 29 % de la population, tandis que la tranche d’âge active (15-59 ans) en constitue 59 %. Les personnes âgées de 60 ans et plus comptent désormais pour 11 % de la population, signalant une transition progressive vers un vieillissement démographique. Les femmes en âge de procréer (15-49 ans) représentent, quant à elles, 24 % de la population, soit un peu plus de 11,7 millions. Pour l’année en cours, environ 873 000 naissances sont attendues, correspondant à un taux de natalité de 18,5 pour 1000 habitants.

Espérance de vie en hausse et recul de la mortalité infantile

Le ministre de la Santé a souligné l’amélioration notable des indicateurs sanitaires, illustrée par une espérance de vie à la naissance désormais estimée à 79,6 ans — un niveau comparable à celui de plusieurs pays développés. La mortalité infantile a également connu une baisse significative, passant de 36,9 pour 1000 naissances vivantes en 2000 à 19,9 en 2023. Le pays a en outre éradiqué certaines maladies invalidantes comme la poliomyélite.

Baisse marquée des mariages

Malgré une croissance continue de la population, l’Algérie enregistre un recul durable du nombre de mariages. En 2023, seuls 282 000 mariages ont été célébrés, un chiffre similaire à celui de 2024, en attendant les données définitives. Ce volume est nettement inférieur aux 387 000 unions recensées en 2014, année durant laquelle le taux de nuptialité avait atteint son pic avec 10 mariages pour 1000 habitants.

Les autorités attribuent cette tendance à une évolution des priorités chez les jeunes adultes, qui privilégient désormais l’autonomie personnelle, les études et l’insertion professionnelle au détriment d’un engagement familial précoce. Cette mutation se traduit par un recul de l’âge moyen au mariage : 27 ans pour les femmes et 34 ans pour les hommes, selon les statistiques de 2019. Le mariage précoce est devenu marginal.

Progrès dans l’éducation et recul de l’analphabétisme

Enfin, les données du ministère relèvent également des avancées notables en matière d’éducation. La scolarisation des enfants de 6 à 15 ans est aujourd’hui quasiment généralisée, traduisant un investissement soutenu dans le développement du capital humain, en particulier pour les filles. L’alphabétisation progresse également, contribuant à l’émancipation sociale et économique des nouvelles générations.

Ce tableau démographique, à la fois porteur de défis et d’opportunités, souligne la nécessité d’adapter les politiques publiques aux nouvelles réalités sociales et aspirations des jeunes Algériens.

Samia Naït Iqbal

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Après l’arrestation du général Haddad, à qui le tour ?

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Général Haddad
Le général Haddad

Le général Nasser El Djen (de son vrai nom Abdelkader Haddad), ancien de la DGSI, a été arrêté début juillet 2025 par la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA).

Comme d’habitude, l’information sur le placement en détention de l’ancien puissant chef du contre-espionnage algérien n’a pas été, jusqu’à ce jour, démentie officiellement. Ni d’ailleurs confirmée. Elle renseigne cependant sur la terrible fébrilité qui doit régner en haut lieu. Et en l’espèce, la série noire de purges et de règlements de comptes au sein des plus hautes sphères militaires du pays n’est manifestement pas terminée.

Après les emprisonnements de Farid Bencheikh (ancien DGSN), du général-major Abderrahmane Arar du général-major, Mohamed Bouzit (dit Youcef), du général Abdelkader Haddad, du colonel Omar Ould Zmirli et du lieutenant-colonel Tarek Amirat entre 2024 et 2025 (pour ne citer que ces exemples), on parle maintenant de la prochaine arrestation du général Yahia Ali Oulhadj.

Réputé proche du général-major Saïd Chanegriha, le général Oulhadj a été limogé, officiellement, par Tebboune en avril dernier.

Ces purges et arrestations traduisent la profonde instabilité et la méfiance qui règnent au sommet de l’appareil sécuritaire algérien. Les accusations portées contre Nasser El Djen révèlent des luttes intestines, où chaque clan tente de prendre l’ascendant, parfois au prix de manipulations et de mises à l’écart sans ménagements d’officiers supérieurs.

Le général Nasser El Djen est réputé pour sa proximité avec le général Mehenna Djebbar, limogé en septembre 2024 de son poste Directeur général de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE). Djebbar a connu en une poignée d’années la prison, le retour en grâce puis la disgrâce.

Le général Haddad était aussi considéré comme l’un des hommes les plus puissants et particulièrement proche d’Abdelmadjid Tebboune. Mais manifestement, cela n’a pas suffi pour lui épargner la prison.

Tous ces limogeages suivis d’arrestations, voire avec de lourdes condamnations, illustrent la précarité des alliances au sein du pouvoir algérien. Ils mettent aussi en lumière l’ampleur des bouleversements qui secouent l’armée et les services de renseignement, dans un contexte où la stabilité du pays semble de plus en plus menacée.

Que reproche-t-on à Nasser El Djen ?

La situation est tellement confuse qu’il est plus prudent de ne pas se laisser aller à la reprise d’informations difficiles à vérifier. Et ce pour plusieurs raisons : si l’absence d’informations officielles est la première raison, il y a lieu de soulever également l’opacité qui règne sur la gouvernance en haut lieu. Depuis quelques années, les arrestations de puissants généraux laissent penser à des luttes violentes à la tête de l’armée et de l’état-major des services de renseignement.

On peut toutefois dire que les mêmes sources qui ont rendu publique l’arrestation d’Abdelkader Haddad évoquent de lourdes accusations.

Si ce ne sont pas des règlements de comptes, comment en effet expliquer que cet officier supérieur ait été installé à la tête de la très sensible DGSI avant d’être débarqué en 10 mois puis placé en détention ? Cette chute brutale n’est pas pour rassurer à tout point de vue. Il y a une telle crise de confiance à tous les étages du pouvoir mais aussi et surtout du peuple que le pire est sérieusement à craindre.

Yacine K.

 

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Autoritarisme et arrestations en Algérie : chronique d’une dérive inquiétante

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Tebboune Chanegriha.
Tebboune (80 ans) son chef d'état-major Saïd Chanegriha, 80 ans aussi.

Sous le règne du chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune et le général-major Saïd Chanegriha, l’Algérie s’enfonce inexorablement dans une spirale de répression politique et de verrouillage de l’espace civique. Une chape de plomb écrase le peuple. Le désespoir ronge toutes les couches de la société.

L’année 2025 marque un tournant particulièrement sombre, avec une intensification des arrestations arbitraires et un durcissement autoritaire du régime, alors que la société civile tente de faire entendre sa voix face à une crise socioéconomique persistante.

250 prisonniers d’opinion au bas mot et le peuple du Hirak réduit à la figuration et au silence. Même des soutiens les plus zélés du système en place sont mis derrière les barreaux, comme le général Haddad, alias Nasser El Djen, Farid Bencheikh et toute une brochette de généraux qui ont servi les errements du pouvoir en place. C’est dire que personne n’est à l’abri d’une descente aux enfers dans « la nouvelle Algérie » de Tebboune (80 ans).

Un autoritarisme consolidé

Le régime de la diarchie Tebboune-Chanegriha a renforcé son autorité ces derniers mois. La mascarade électorale qui a permis à Abdelmadjid Tebboune en septembre 2025 d’avoir un 2e mandat illustre les mystifications du système en place. Un climat insoutenable de musellement des médias et de la parole couplée à une absence de véritable débat démocratique sur les grandes questions nationales enfoncent le pays dans une crise de confiance inédite.

Les lois répressives, notamment les dispositions antiterroristes, sont systématiquement utilisées contre toute forme de dissidence, qu’elle soit politique, associative ou journalistique.

La militarisation accrue du pouvoir, incarnée par le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, a accentué la centralisation et la fermeture du système politique. Cette consolidation autoritaire s’accompagne d’une érosion continue des libertés publiques et d’un rejet massif du système par la jeunesse et la société civile.

La répression de la contestation pacifique

En 2025, à l’approche du sixième anniversaire du Hirak, la répression s’est accentuée : au moins 23 militants, journalistes et défenseurs des droits humains ont été arrêtés ou condamnés pour leur soutien à des mouvements de protestation en ligne, comme « Manich Radi » (« Je ne suis pas satisfait »), qui dénoncent la restriction des droits fondamentaux et la dégradation des conditions de vie.

La stratégie du régime vise à étouffer toute forme de militantisme, en surveillant même les réseaux sociaux. Combien d’Algériennes et d’Algériens arrêtés pour un post sur Facebook ? Les personnes arrêtées sont souvent accusées de « diffusion de fausses informations », « atteinte à l’intérêt national » ou « incitation à la haine », des chefs d’inculpation vagues qui permettent de criminaliser l’expression pacifique d’opinions dissidentes.

Arrestations massives et climat de peur

Maintenir le statu quo voire entretenir la paralysie du pays coûte que coûte au risque même d’une explosion sociale. Le bilan des arrestations depuis janvier 2025 est édifiant : 109 citoyens ont été arrêtés, 47 placés en garde à vue et 37 en détention provisoire. Parmi eux figurent des journalistes, des artistes, des influenceurs et des intellectuels, comme l’écrivain Boualem Sansal, condamné à 5 ans de prison. Trois candidats à la dernière mascarade présidentielle, dont la femme d’affaires Saïda Neghza sont aussi condamné à 4 ans de prison.

Des universtaires comme Mira Mokhnache sont placés en détention depuis plusieurs mois. Les procès se déroulent souvent sans garanties pour la défense, dans un climat de peur et de censure généralisée.

Les ONG internationales, telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch, dénoncent une « répression implacable » et une criminalisation systématique des défenseurs des droits humains. Elles alertent sur l’érosion constante des droits fondamentaux et la création d’un climat de terreur destiné à dissuader toute contestation.

Un avenir incertain

Face à cette dérive autoritaire, la société algérienne demeure traversée par une profonde frustration et une colère latente pour le moment contenue. Si la répression parvient temporairement à contenir la contestation, elle ne fait qu’alimenter le ressentiment et le désir de changement. Le Hirak, bien que réprimé, reste une force vive susceptible de resurgir à tout moment, portée par une jeunesse en quête de libertés et de perspectives.

Cette fuite en avant du régime risque, à terme, de provoquer de nouvelles vagues de contestation et d’instabilité.

Rabah Aït Abache

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Cameroun : Paul Biya (92 ans) candidat à la présidentielle pour un 8e mandat

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Paul Biya
Paul Biya

Le vieux potentat ne pouvait se refuser un énième mandat d’éternité. Paul Biya annonce sa candidature à une énième mascarade présidentielle au Cameroun.

Sur une page, en fond bleu, surmontée d’une photo portrait, Paul Biya a écrit sur son compte X « Je suis candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 ». « Soyez assurés que ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés. Ensemble, il n’est pas de défis que nous ne puissions surmonter », peut-on également lire sur la publication.

https://twitter.com/ChantalBIYA_Cmr/status/1944210079571448197

Dans la suite de son texte, Paul Biya donne le sens de son engagement au service des siens : « assurer la sécurité et le bien-être des filles et fils de notre cher et beau pays », avec des résultats que le désormais candidat à sa propre succession juge lui-même « visibles et appréciables ». « Mais beaucoup reste à faire », annonce-t-il ensuite, relate le correspondant de Rfi à Yaoundé.

Cynique, Paul Biya qui décrit un « environnement international de plus contraignant » et les défis aigus auxquelles le Cameroun est confronté, a déclaré « j’ai décidé de répondre favorablement aux appels pressants qui montent des 10 régions de notre pays et de la diaspora. »

Une annonce faite hors du cadre de son parti, le RDPC ; aucune instance de cette formation politique, le bureau politique ou le comité central, n’ayant été consultée en amont. Âgé de 92 ans et au pouvoir depuis près de 43 ans, le président va donc briguer un huitième septennat consécutif.

La famille Biya a fait main basse sur le Cameroun depuis 1982, empêchant toute transition politique.

À 92 ans, Paul Biya est aujourd’hui le plus vieux dirigeant élu en exercice au monde et le quatrième plus ancien en fonction (après le sultan Hassanal Bolkiah, le roi Charles XVI Gustave et le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo), selon Wikipedia.

Avec Rfi

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Rugby Africa Cup 2025 : l’Algérie tombe face à la Namibie et rate le train pour la Coupe du monde

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L'équipe d'Algérie de rugby éliminée
L'équipe d'Algérie de rugby éliminée

Battue en demi-finale ce dimanche à Kampala (21–7), la sélection algérienne ne verra pas l’Australie en 2027. La Namibie, plus réaliste et mieux organisée, rejoint la finale du tournoi continental.

Le rugby algérien devra encore attendre avant de goûter au parfum d’une Coupe du monde. En demi-finale de la Rugby Africa Cup 2025, l’Algérie s’est inclinée logiquement face à la Namibie (21-7), au terme d’une rencontre dominée par l’expérience et la rigueur namibiennes. Malgré l’engagement des hommes d’Adrien Buononato et la présence de joueurs comme Issam Hamel et Nadir Megdoud, les Verts n’ont pas su concrétiser leurs temps forts.

Dès l’entame, les Namibiens ont imposé leur tempo, profitant des erreurs algériennes pour inscrire un premier essai. Menée 15–7 à la pause, l’Algérie n’est jamais parvenue à renverser la tendance, manquant de liant offensif et d’efficacité dans la zone de marque. En seconde période, la Namibie s’est contentée de gérer son avance, verrouillant l’accès à la finale.

Une route définitivement fermée

La défaite en demi-finale prive l’Algérie non seulement d’un titre continental, mais surtout d’une qualification directe pour la Coupe du monde 2027 en Australie. En vertu du règlement, seul le vainqueur de la Rugby Africa Cup – qui se jouera le 19 juillet entre la Namibie et le Zimbabwe (vainqueur du Kenya 29-23) – obtiendra son billet pour le Mondial.

Le finaliste malheureux, lui, disputera un barrage intercontinental face à la Corée du Sud, avec en ligne de mire le tournoi final de repêchage. L’Algérie, battue en demi-finale, est donc exclue de toutes les voies de qualification.

Une défaite, mais des bases solides

Malgré la déception, cette campagne confirme les progrès réalisés par le rugby algérien ces dernières années. La victoire en quart contre la Côte d’Ivoire (41-6), l’intensité affichée face à la Namibie et la cohésion du groupe montrent que l’Algérie n’est plus un outsider anecdotique.

La Fédération devra maintenant capitaliser sur cette dynamique, développer la formation locale et construire sur cette génération prometteuse. L’objectif mondial est manqué, mais l’avenir reste ouvert.

Djamal Guettala

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Thierry Ardisson, l’ »homme en noir », s’éteint à 76 ans

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Thierry Ardisson
Thierry Ardisson

Thierry Ardisson, animateur et producteur majeur de la télévision française, est mort ce lundi 14 juillet 2025 à l’âge de 76 ans, des suites d’un cancer du foie. La nouvelle a été confirmée par sa famille auprès de l’AFP.

Icône singulière du paysage audiovisuel, il avait imposé un style à contre-courant, tout en silences, sarcasmes et formules cinglantes. Surnommé « l’homme en noir », il aura bousculé les codes de la télévision française avec des émissions devenues cultes : Bains de minuit, Tout le monde en parle, Salut les Terriens !, Les Terriens du dimanche…

Thierry Ardisson ne se contentait pas d’interviewer : il mettais en scène la parole, provoquait, captait les instants de vérité dans un monde médiatique souvent formaté. Il aimait faire émerger des voix marginales, des artistes iconoclastes, des penseurs hors système — quitte à faire grincer des dents.

Derrière la provocation, il y avait une exigence. Celle d’une télévision libre, vivante, pas toujours confortable, mais rarement tiède. Son art de l’entretien — scripté jusqu’au moindre mot, mais toujours en quête de l’imprévisible — a marqué une époque où le plateau était encore un théâtre.

Il avait ses zones d’ombre, ses outrances, ses silences parfois complaisants. Mais nul ne contestera l’empreinte qu’il laisse sur des décennies d’audiovisuel.

Thierry Ardisson est parti comme il a vécu : en homme libre. Noir dehors, mais lumineux dans l’art de faire parler les autres 

Djamal Guettala

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DJ Snake à Alger : un concert événement au stade Nelson Mandela

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DJ Snake

Le producteur et DJ franco-algérien DJ Snake donnera son tout premier concert en Algérie le 22 août 2025, au stade Nelson Mandela de Baraki, Alger. Initialement prévu pour le 25 juillet, le spectacle a été reporté pour des raisons logistiques, notamment liées aux démarches administratives pour l’équipe technique de l’artiste.

Ce concert marque une étape majeure dans la carrière de DJ Snake, dont la musique a conquis les scènes internationales tout en restant profondément attachée à ses racines algériennes. Depuis ses débuts, l’artiste a su mêler influences urbaines et sonorités électroniques modernes, créant ainsi un style unique qui a séduit un public mondial.

La venue de DJ Snake, de son vrai nom William Grigahcine, à Alger est bien plus qu’un simple événement musical. Elle symbolise le rapprochement entre la scène internationale et la jeunesse algérienne, en quête d’expression culturelle et d’ouverture. Le Stade Nelson Mandela, emblématique et moderne, offrira un cadre idéal pour accueillir cette soirée qui promet d’être l’une des plus marquantes de l’été.

L’annonce de cette date officielle a suscité un véritable engouement sur les réseaux sociaux, avec de nombreux fans exprimant leur impatience et leur fierté de voir un artiste d’origine algérienne investir la scène de la capitale. Nous ignorons pour l’heure le prix du billet d’entrée à ce concert.

DJ Snake, connu pour ses succès mondiaux tels que Turn Down for WhatTaki Taki ou Let Me Love You, s’apprête donc à écrire une nouvelle page de son histoire artistique, tout en célébrant ses liens avec l’Algérie. Ce concert est attendu comme un moment fort pour la scène musicale algérienne, et une occasion unique de rassembler plusieurs générations autour d’une expérience musicale partagée.

Djamal Guettala

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Alɣu n udabu n Lezzayer n 7 yennayer 2026 / 20976, yif akk wid d-iffɣen yakan deg useggas amaynut.Ur illi wayen iffren deg-s, ur...