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Emprisonnement de Saïda Neghza : la Cosyfop réagit

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Saïda Neghza
Saïda Neghza lourdement condamnée

La Confédération syndicale des forces productives (Cosyfop) a rendu public un communiqué dans lequel elle dénoncé l’arrestation de l’ancienne candidate à la présidentielle Saïda Neghza.

Bien que la Confédération syndicale des forces productives (Cosyfop), en tant qu’organisation syndicale indépendante, ne partage pas traditionnellement la même vision économique et sociale que les organisations patronales, elle exprime sa pleine solidarité avec Madame Saida Neghza. Ce qui lui est arrivé ne peut être compris qu’à la lumière de l’offensive générale menée par le pouvoir algérien pour étouffer toute forme d’expression et d’organisation syndicale libre, quelles qu’en soient les sensibilités.

La criminalisation judiciaire d’une activité syndicale et professionnelle légitime, ainsi que le recours à des moyens de répression sécuritaires et judiciaires au lieu du dialogue social et institutionnel, menacent les bases mêmes de la représentation syndicale libre. Cela confirme une fois de plus que le pouvoir cherche à imposer un contrôle absolu sur le paysage syndical et économique, en soumettant toutes les organisations, y compris celles issues du patronat.

Madame Saida Neghza, malgré nos réserves de principe concernant certaines de ses positions passées proches des orientations patronales, a incarné ces dernières années une voix féminine libre et courageuse au sein d’un système dominé par le silence et la soumission. Elle a critiqué ouvertement la politique fiscale et la bureaucratie paralysante, et a exprimé son soutien à certaines revendications sociales.

Son emprisonnement représente ainsi non seulement un coup dur porté à l’indépendance syndicale, mais aussi un message de menace adressé à toute personne osant s’écarter de la ligne officielle, y compris au sein de milieux économiques traditionnellement perçus comme « alliés du pouvoir ».

Le président de la Confédération, le camarade Raouf Mellal, a déclaré à ce sujet :

« Nous, à la Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP), tenons les autorités algériennes pour responsables de cette grave détérioration des libertés publiques. Nous exigeons la libération immédiate de Saida Neghza, ainsi que des garanties juridiques et constitutionnelles pour protéger le droit d’organisation, d’action syndicale et de participation politique, sans crainte ni menace. »

Raouf Mellal

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L’APN adopte des lois sur la lutte contre le blanchiment d’argent et la protection des données

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L'APN
Les beni- oui-oui comme une seule voix avalisent tout

Les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont adopté, ce mercredi, à la majorité, deux projets de loi majeurs portant respectivement sur la prévention du blanchiment d’argent et la protection des données à caractère personnel. La séance plénière a été présidée par le président de l’Assemblée, Ibrahim Boughali.

Le premier texte concerne la révision de la loi n°01-05 relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Le projet prévoit un renforcement du dispositif national en matière de lutte contre ces formes de criminalité financière, à travers plusieurs amendements jugés stratégiques.

Parmi les dispositions phares figurent l’élargissement des missions de la Commission nationale d’évaluation des risques, qui sera désormais chargée de définir, d’évaluer et de comprendre les menaces pesant sur le pays dans ce domaine. Les conclusions de ces évaluations devront être mises à la disposition des autorités compétentes afin d’améliorer la réponse nationale.

Le texte introduit également des mesures renforcées de gel et de saisie des avoirs appartenant à des personnes ou entités inscrites sur la liste nationale des organisations terroristes, en cohérence avec les sanctions internationales imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU. Il prévoit en outre un durcissement des peines prévues pour certaines infractions, afin de les aligner avec la gravité des actes commis.

Dans le même registre, les parlementaires ont adopté une autre loi modifiant la loi n°07-18 relative à la protection des personnes physiques dans le traitement des données à caractère personnel. Cette révision vise à adapter le cadre juridique existant aux évolutions technologiques et aux standards internationaux en matière de respect de la vie privée.

Samia Naït Iqbal

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Georges Ibrahim Abdallah, plus vieux prisonnier politique d’Europe, enfin libre

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Georges Abdallah
Georges Abdallah libre

Il aura fallu quarante années de détention, treize demandes de libération conditionnelle, et une pression militante sans relâche pour que la justice française finisse par céder : Georges Ibrahim Abdallah, 74 ans, militant communiste libanais et figure de la lutte anticolonialiste, est enfin libre.

La cour d’appel de Paris a ordonné sa libération ce jeudi 17 juillet 2025. Il sera expulsé vers le Liban le 25 juillet, selon la décision de la juridiction, mettant fin à l’un des plus longs épisodes carcéraux du continent européen.

Condamné en 1987 à la réclusion à perpétuité pour complicité dans l’assassinat de diplomates américain et israélien à Paris, actes revendiqués par les FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises), Georges Abdallah n’a jamais nié son engagement, mais a toujours nié être directement impliqué dans les faits. Libérable depuis 1999, il avait vu toutes ses demandes rejetées, sur fond de pressions diplomatiques des États-Unis et d’Israël.

Un homme resté debout

À 74 ans, Georges Abdallah n’a jamais renié son engagement révolutionnaire. Depuis sa cellule, il a continué à publier des déclarations en soutien aux luttes des peuples opprimés, notamment à la cause palestinienne, et à dénoncer l’impérialisme occidental. Il est devenu, au fil du temps, une figure de la gauche radicale, du monde arabe à l’Amérique latine, en passant par l’Europe.

Sa dernière demande de libération, introduite en début d’année, avait été présentée par son entourage comme « la dernière tentative ». L’annonce de son élargissement a été accueillie avec émotion par ses soutiens, qui ont salué une victoire arrachée de haute lutte. À Marseille, où un rassemblement est prévu ce soir au Vieux-Port, des pancartes proclament : « Enfin libre ».

Une affaire éminemment politique

La détention de Georges Abdallah a cristallisé depuis des décennies un débat sur la justice politique en France. Libérable sur le plan juridique depuis plus de vingt-cinq ans, il est resté incarcéré bien au-delà des standards judiciaires français. Plusieurs magistrats, avocats et défenseurs des droits humains ont dénoncé une situation « d’exception », où la politique étrangère française l’aurait emporté sur le droit.

Le Liban, qui a officiellement demandé à plusieurs reprises sa libération, s’est dit prêt à l’accueillir dès son expulsion le 25 juillet. À Beyrouth, des comités de soutien préparent déjà son retour.

Une victoire pour la mémoire militante

Cette libération dépasse le cadre d’un dossier individuel. Elle résonne dans de nombreuses luttes pour la dignité, la justice et l’autodétermination. Elle rappelle aussi qu’une voix politique forte, même derrière les murs, peut traverser les décennies. Georges Abdallah n’a jamais cessé d’écrire, de soutenir, de dénoncer. Il aura passé plus de temps en prison que Nelson Mandela, pour un crime dont beaucoup contestent encore aujourd’hui la nature réelle de son implication.

Djamal Guettala

Repères :

1951 : naissance de Georges Ibrahim Abdallah au Liban.

1984 : arrestation en France.

1987 : condamné à la perpétuité.

1999 : devient juridiquement libérable.

2025 : libéré après 41 ans de prison.

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Najat Vallaud-Belkacem à la Cour des comptes : entre nomination officielle et soupçons de copinage

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Najat Vallaud Belkacem
Najat Vallaud Belkacem bombardée à la Cour des comptes

L’information est désormais officielle : Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale, a été nommée conseillère maître à la Cour des comptes. Une nomination validée le 16 juillet, mais qui provoque un malaise grandissant dans l’opinion et au sein même de certaines sphères politiques.

Pierre Moscovici, premier président de la Cour, s’est empressé de désamorcer la polémique : « Elle est arrivée par une procédure de recrutement professionnel parfaitement objective », a-t-il déclaré le lendemain sur franceinfo. Il assure s’être retiré de la délibération, récusant tout favoritisme : « Je ne suis pas son copain », martèle-t-il. Une défense qui n’a pas suffi à faire taire les doutes.

Car derrière cette nomination, une rumeur enfle : selon Le Canard enchaîné, François Bayrou aurait discrètement négocié cette promotion en contrepartie de l’abstention du groupe socialiste lors d’une motion de censure à l’automne. Une sorte de troc politique où la carrière de l’ancienne ministre servirait de monnaie d’échange pour sauver le budget gouvernemental.

Le nom de Najat Vallaud-Belkacem, par ailleurs présidente de France Terre d’Asile et conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, refait donc surface dans une institution de prestige, mais sans passer par le canal d’un concours classique. Le poste de conseiller maître en service extraordinaire est accessible par une voie dite « professionnelle », sur dossier et audition. Un mécanisme légal, mais opaque, et souvent perçu comme une voie royale pour initiés.

Sur les réseaux sociaux comme dans certaines tribunes à droite, la critique fuse : « copinage », « entre-soi », « pantouflage », autant d’accusations qui traduisent un malaise plus large autour des pratiques de nomination dans la haute administration française.

En silence pour le moment, Najat Vallaud-Belkacem n’a pas réagi. Son retour dans une instance de contrôle aussi sensible que la Cour des comptes pose pourtant une question politique : comment restaurer la confiance des citoyens quand les passerelles entre politique et institutions semblent si souvent guidées par des équilibres d’appareil plutôt que par le mérite seul ?

Djamal Guettala 

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Algérie : un commerce extérieur sous tutelle des réserves de change

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Dinars et récession

En théorie, le commerce extérieur est libéralisé en Algérie. Mais dans les faits, cette libéralisation demeure largement illusoire. Son effectivité est en réalité étroitement tributaire du niveau des réserves de change, lesquelles dictent l’orientation concrète de la politique commerciale du pays.

Cette dialectique entre l’état des finances extérieures et la mise en œuvre d’une politique dite libérale révèle que les échanges internationaux ne sont pas pensés comme un levier de développement, mais comme un simple instrument de régulation monétaire conjoncturelle. 

Dès que le matelas de devises commence à s’amenuiser, phénomène récurrent dans un pays dont les recettes en devises reposent exclusivement sur les exportations d’hydrocarbures, la panique gagne aussitôt les cercles du pouvoir, les tirant de leur torpeur.

Mais, au lieu d’engager une véritable réflexion de fond sur les voies de développement de l’économie et de la nécessité de sa diversification, et de s’attaquer aux foyers structurels de gaspillage, à commencer par le train de vie dispendieux de l’État et de ses clientèles, le régime choisit la solution de facilité qui consiste à comprimer les importations. 

Et ce sont, bien souvent les véhicules, les pièces détachées, et les produits de large consommation, ceux qui répondent aux besoins du plus grand nombre, notamment les plus vulnérables, qui en font les frais.

L’ajustement opéré sur la politique commerciale prend la forme d’un resserrement progressif, voire brutal, des échanges extérieurs. On passe ainsi d’une ouverture affichée à un gel quasi total des importations, en mobilisant toute la panoplie des dispositifs juridiques disponibles : barrières tarifaires et non tarifaires, régime de licences et monopoles, restrictions quantitatives, voire interdictions pures et simples. 

Un nouveau stratagème est même venu s’ajouter à cet arsenal. Il s’agit de l’introduction des importations sans paiement, à travers la légalisation du commerce dit du « cabas », expression d’une économie informelle rampante.

Cette stratégie, dictée non par une vision économique mais par une logique de survie du régime, engendre inévitablement pénuries, tensions sociales et effondrement du pouvoir d’achat. 

Fidèle à sa nature autoritaire, le pouvoir reporte le coût de ses errements sur la population. Ainsi, dans l’Algérie post-Hirac, de nombreux produits de l’importation, à l’instar des pièces détachées, sont devenus soit introuvable, soit hors de portée, leurs prix ayant été parfois multipliés par dix.

C’est seulement dans ces phases de stress financier que le pouvoir se rappelle soudainement l’existence d’un secteur privés qu’il appelle à son secours. Il attend désormais que ce dernier, qu’il a lui-même poussé au démantèlement par l’insécurité juridique, l’instabilité macroéconomique et une hostilité structurelle, vienne amortir les effets de la crise, combler les pénuries et suppléer à la défaillance de l’État.

Il s’agit là d’une fuite en avant, celle d’un régime qui, après avoir saccagé les instruments de sa propre résilience, en appelle à ceux qu’il a marginalisés pour réparer ce qu’il a lui-même détruit.

Hamid Ouazar, ancien député de l’opposition

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Les généraux nettoient-ils la cage ou simples règlements de comptes ?

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Généraux

Avec l’annonce de l’éviction du général Haddad, le bien-nommé, je ne sais plus où donner de la tête pour suivre la liste des généraux qui sont évacués du marigot. C’est que les nettoyages se succèdent au rythme de la méfiance et des crocs des plus puissants de la meute.

Nos généraux sont tout de même cultivés, ils connaissent la célèbre citation de d’Alphonse Karr, « En politique plus ça change, et plus c’est la même chose ». Mais ils n’ont pas pour autant oublié la culture populaire du cinéma, la fameuse phrase du parrain lorsqu’un gangster élimine un autre gangster, « Ce n’est pas personnel, c’est le business ! ».

Encore un règlement de compte dans la caserne, l’un en chasse l’autre qui s’allie à un troisième qui finit par éliminer le second et on tourne .« Chacun son tour » disent les enfants dans la cour  maternelle dans jeu de marelle. 

Croyez-vous qu’un jour, un de mes vieux rêves se réalisera et que nous arriverons à l’extinction auto-régulée ? Ce serait la seule bonne action de leur vie, l’expiation au dernier souffle.

La lecture de l’excellent article informatif et d’analyse publié dans ce journal sonne comme un éloge funèbre dirait mon humour. Comme un discours nécrologique préparé par les médias pour saluer la personnalité du sacrifié du jour.

On a finalement l’impression qu’il suffit de changer le nom dans la copie tant elle est un classique. Cette fois-ci, c’est un règlement de compte nous dit l’information non officielle. Hier, elle nous disait que c’était un règlement de compte comme elle le dira demain et les fois suivantes.

Certains se souviennent peut-être du cinéma permanent de l’époque. Les Algériens prenaient un ticket qui leur donnait le droit de revoir le film autant qu’ils le voulaient. Une habitude également à la télévision où les Algériens ont été gavés par le film Z que le pouvoir leur faisait passer tous les retours de la lune.

Et vous rappelez-vous de l’histoire du film ? Celle du combat contre le sordide régime militaire grec à une époque noire nommée « Le temps des colonels ». Plus d’un demi-siècle que je me demande si le responsable des ciseaux de la censure avait compris l’histoire. Depuis, ils ont engagé des professionnels qu’ils ont appelé juges et démocrates reconditionnés. 

Qui est Haddad ? Je n’en sais véritablement rien, ils sortent de la cage aux loups sans numéro ni nom inscrit sur le dos. Au football, on a au moins cette reconnaissance du numéro pour suivre les individualités du match.

Le lecteur serait offusqué de ma remarque tant mes articles les fustigent dans un nombre incalculable de fois. Eh bien je ne les connais pas, les loups se ressemblent tous. Le chef de meute est évincé par un autre et le plus hurleur a un poste en CDD. Je vous l’ai dit, comment voulez-vous que je retienne les noms ?

Bon, je vous promets que la prochaine fois j’essaierai de me souvenir des noms. Je prendrai des notes sur des carnets pour enregistrer leur état-civil, le lieu de naissance, la dernière position dans la hiérarchie des fauves.

Il faut tout de même que je fasse un effort pour honorer de ma bonne lecture les excellents articles de mes camarades.

Que voulez-vous, il y a toujours les cancres du fond de la classe qui n’écoutent ni ne retiennent rien. Il faut que je prenne garde à moi, les chroniqueurs peuvent aussi être éjectés du journal pour incompétence sur la race des loups. 

Boumediene Sid Lakhdar

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Algérie : le règne des inconséquents !

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Tebboune
Tebboune ou la culture d'une populisme suranné.

En 2015, devant notre acharnement à critiquer feu Bouteflika, un vieux militant du PPA décédé également depuis, nous mit en garde en prononçant ces paroles prophétiques : «Vous critiquez Bouteflika, eh bien vous verrez, parce que moi je ne serai probablement plus là pour voir et c’est tant mieux. Les gens qui lui succéderont mettront ce pays à genoux et pratiqueront la politique de la terre brulée. C’est une engeance que vous n’aurez jamais vu, qui vous sidérera et vous choquera mais malheureusement qui détruira cette Algérie si durement libéré avant même que vous ne le réalisiez ! »

C’était un sacré visionnaire ce Monsieur. Que Dieu ait son âme. A la question que nous posions mais comment pouvez-vous affirmer cela, il répondait tout simplement : vous verrez, vous verrez !

 C’était probablement son parcours de militant, son excellente acuité politique et l’expérience que prodigue les années de combat qui lui ont permis de tirer cette conclusion.

Qui aurait imaginé en ce temps-là que l’Algérie se transformerait en un immense pénitencier, que tout ce qui a gouverné ou commande se retrouve incarcéré, que chanteurs journalistes écrivains ou tout simplement commentateur sur réseaux sociaux se ferait embastiller : Et toute cette transformation en trois ou quatre années.

Qui aurait pu concevoir telle débâcle économique, une telle inflation qui glisse inexorablement sur la pente savonneuse de la banqueroute ?

Comment l’ignorance crasse a-t-elle pu se généraliser aussi rapidement dans les plus hauts arcanes du pouvoir ? Qui aurait tout juste soupçonné que la gestion de ce pays riche et grand comme un continent serait confiée à des simplets qui en ont fait leur terrain de jeu, leur laboratoire, leur chambre à très mauvaises idées.

Malgré tous les efforts consentis par l’état et le cout occasionné ,  afin de développer la PME,  fer de lance de l’emploi, dans les années Bouteflika par des hommes de la stature de  Benachenou, Temmar et bien d’autres, qui aurait deviné que ce même état  mette tant d’acharnement pour la détruire et revenir avec une facilité déconcertante à une vision dirigée de l’économie des années 70

Personne n’avait pensé à tel scénario cauchemardesque

Apres l’épisode Boualem Sansal et l’ensemble des 250 détenus d’opinion et les errements incalculables dans la gouvernance du pays voilà que lui succède celui de Saida Naghza et ses colistiers : des agressions injustifiées sur des personnes diminués par l’âge et la maladie.

Depuis 2019, depuis le Hirak, ce phénomène ne veut pas cesser. Telle équipe arrive, telle autre rejoint la calle du navire. C’est comme cela.

Qui emprisonne qui ?

Au tandem fracassant Saïd Bouteflika/Gaid Salah a succédé celui de Tebboune/Chanegriha, moins reluisant que le précèdent, plus taciturne et surtout plus violent régnant sans partage, imposant le silence dans l’incompétence.

Ces duos ont la peau dure, car la disparition de l’un des membres entrainerait inévitablement celle de l’autre. Dès lors la solidarité est vitale, elle est de mise quelle que soit les conditions. C’est le secret de leur longévité.

L’état-major de l’armée choisit son chef et son Président. C’est la coutume.

Ce dernier désigne son équipe.

Qui porte donc la responsabilité de cette grave dérive dans la gestion des affaires publiques ?

Rabah Aït Abache

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Exclusion des éditions Koukou du Salon du livre amazigh d’At Wasif : une élue de l’APW de Tizi Ouzou relance la polémique 

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Koukou Editions victime de la censure

L’affaire de l’interdiction des éditions Koukou au festival du livre amazigh d’At Wacif fait des vagues jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée populaire de la wilaya (APW) de Tizi Ouzou.

Lors de la session ordinaire tenue récemment, une élue dont l’intervention circule sur la plateforme YouTube, n’a pas mâché ses mots en dénonçant l’exclusion des éditions Koukou du Salon du livre amazigh organisé du 30 avril au 3 mai derniers  dans la commune d’At Wasif (Ouacifs), dans le sud de la wilaya. Une mise à l’écart jugée injustifiée et « porteuse de graves dérives », selon l’élue, qui appelle le président de la République à diligenter une enquête sur les dessous de cette affaire.

Une absence « volontaire et ciblée »

La maison d’édition Koukou, fondée par l’activiste et militant politique Arezki Aït-Larbi, est une référence dans l’édition en langue amazighe et un acteur reconnu dans la promotion de la mémoire nationale, de la démocratie et des droits humains. Son absence remarquée au Salon du livre amazigh d’At Wasif a suscité incompréhension et indignation dans les milieux culturels de Kabylie.

« Exclure Koukou, sibcrit dans le même registre que l’intervention des allégations mensongèresfaitew sur une chaîne de télévision émiratie par un certain  Lamine Belghit sur Tamaeight », selon l’oratrice.  » (…) C’est vouloir exclure une voix libre, critique, et profondément enracinée dans notre culture. Ce n’est pas un oubli logistique, mais un acte politique », a martelé l’élue APW dans son intervention. Elle évoque une « censure larvée » exercée au nom d’ »intérêts obscurs » et « d’un verrouillage idéologique inquiétant ».

Une demande d’enquête présidentielle

Face à ce qu’elle qualifie de « grave atteinte à la diversité culturelle et à la liberté d’expression », l’élue a formellement demandé au chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune « l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante » pour établir les responsabilités de cette mise à l’écart. 

Le silence des organisateurs… et une justification ambiguë

Les organisateurs du Salon n’ont pas fourni d’explication officielle publique. Toutefois, dans un message adressé à Arezki Aït-Larbi, le commissaire du Salon a écrit : « En raison de contraintes indépendantes de notre volonté et de conditions qui dépassent nos prérogatives, nous vous demandons de surseoir à votre participation au Salon (…). Nous ne pouvons nous permettre un autre report, sous peine de sa mise à mort. »

Une justification jugée floue et insuffisante par l’éditeur et ses soutiens, qui y voient une tentative de masquer une exclusion décidée en haut lieu.

Selon plusieurs sources locales, certaines décisions de sélection des éditeurs auraient été prises sous pression de certaines autorités locales, dans un contexte de surveillance étroite des productions éditoriales jugées critiques ou trop engagées.

Pour rappel, Koukou Éditions a publié plusieurs ouvrages sensibles, notamment sur la guerre d’Algérie, le mouvement berbériste ou les violations des droits humains, ce qui en a fait, au fil des ans, une cible récurrente de pressions implicites, voire d’ostracisme institutionnel.

Une atteinte à la crédibilité des institutions culturelles

Cette affaire relance le débat sur la politisation de la scène culturelle en Algérie, et particulièrement en Kabylie, où les acteurs culturels et intellectuels dénoncent régulièrement des tentatives de récupération ou d’instrumentalisation des événements liés à l’identité amazighe. 

Des salons folkloriques face à l’assèchement du débat

Pour donner le change, les autorités ont lancé, depuis le début de la saison estivale, une série de Salons de l’artisanat et des produits du terroir dans plusieurs communes de la wilaya. Une initiative vitrine, censée masquer les crispations autour de l’expression culturelle et intellectuelle.

Quant à « la transparence, le respect du pluralisme éditorial et la fin des pratiques d’exclusion », le citoyen devra sans doute attendre… que prenne fin l’uniformisation de la pensée et la marginalisation du débat libre.

Samia Naït Iqbal

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Écrire au bord du vertige : Karim Benkrimi, du monde des chiffres aux troubles du cœur

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Karim Benkrimi

Il a longtemps jonglé avec les chiffres, disséqué les courbes, dompté les algorithmes froids du monde bancaire. Puis un jour, Karim Benkrimi a posé sa plume ailleurs. Là où les formules ne suffisent plus, là où les certitudes vacillent : dans les zones grises de l’intime. Avec L’amour au temps du Corona, son cinquième roman, il quitte le champ balisé des essais techniques pour plonger dans les remous de l’humain en crise.

Dans ce récit né du silence pandémique, il questionne le désir, la solitude, les faux-semblants et les fragments de vérité qui affleurent dans les moments de bascule. Sous ses airs de chronique sentimentale, son roman se révèle un miroir social, un prisme psychologique, un chant discret mais lucide sur les blessures modernes.

Pour Le Matin d’Algérie, Karim Benkrimi revient sur cette mue littéraire, entre lucidité ironique et besoin vital de fiction. Un passage du calcul au vertige, du contrôle à l’émotion.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes issu du monde bancaire, avec deux essais spécialisés. Qu’est-ce qui vous a conduit à passer à la fiction romanesque ?

Karim Benkrimi : C’est une transition qui peut sembler surprenante, mais qui, pour moi, s’est faite assez naturellement. Après des années à travailler dans un environnement structuré, rigoureux, avec ses codes et ses contraintes, j’ai ressenti le besoin d’explorer une autre forme d’expression. Le monde bancaire est fascinant, mais il laisse peu de place à l’émotion, au doute, à la nuance. Et pourtant, derrière les chiffres, il y a toujours des trajectoires humaines, des dilemmes, des ambitions, des failles.

La fiction m’a offert ce que l’écriture spécialisée ne permettait pas : la liberté. La liberté de créer des personnages complexes, de m’attarder sur leurs contradictions, de raconter l’envers du décor. Là où un ouvrage technique exige précision et démonstration, le roman m’autorise à explorer l’incertitude, les non-dits, parfois même l’irrationnel.

Il y a aussi, je crois, une volonté de toucher un public plus large. Mes précédents livres s’adressaient avant tout à des professionnels, et L’amour au temps du Corona est mon cinquième roman. Avec la fiction, je peux parler à tout le monde — pas pour simplifier, mais pour raconter autrement. Et souvent, ce sont les mêmes thématiques qui reviennent : le pouvoir, la peur de l’échec, la solitude dans des environnements ultra compétitifs… mais traitées par le prisme de l’intime, du vécu.

Enfin, il y avait sans doute aussi un besoin personnel de renouvellement. Écrire de la fiction, c’est une façon de retrouver une forme de légèreté, même quand on aborde des sujets graves. C’est une autre respiration.

Le Matin d’Algérie : Votre roman L’amour au temps du Corona se déroule dans un contexte pandémique bien réel. Pourquoi avoir choisi cette période si particulière comme décor ?

Karim Benkrimi :J’ai choisi cette période parce qu’elle représente un moment de bascule, un temps suspendu où les repères habituels ont volé en éclats. Le confinement, la distanciation, l’angoisse collective, mais aussi le silence des villes, ont révélé une autre manière de vivre — plus intérieure, plus vulnérable. Ce contexte extrême permettait d’explorer des émotions à vif, de mettre à nu les relations humaines, notamment amoureuses.

L’amour en temps de pandémie, c’est l’amour mis à l’épreuve de l’isolement, de la peur de l’autre, mais aussi du besoin vital de lien. Cela m’a offert une toile de fond à la fois intime et universelle, une sorte de laboratoire émotionnel pour mes personnages. Et puis, au fond, écrire sur cette période, c’était aussi une façon de la digérer, de la transformer en fiction pour mieux la comprendre.

Le Matin d’Algérie : Rachid et Rams sont deux personnages en quête de séduction. Vous inspirez-vous de personnes réelles pour les façonner ?

Karim Benkrimi :Oui, forcément. Quand on crée des personnages, même s’ils sont fictifs, on puise toujours un peu dans le réel. Rachid et Rams ne sont pas des copies conformes de gens que je connais, mais ils sont nourris de fragments d’observations, de conversations entendues, d’attitudes croisées, parfois même d’émotions personnelles. Ce sont des archétypes, mais avec des failles très humaines. Leur quête de séduction, par exemple, reflète à la fois une envie d’être aimé, de briller, mais aussi parfois une peur de ne pas être à la hauteur. Et ça, je crois que c’est quelque chose de très universel. Donc oui, ils ont quelque chose de réel, même si personne ne pourrait dire : « Tiens, ça c’est moi ! »

Le Matin d’Algérie : Sarah, objet de désir entre les deux hommes, semble incarner l’innocence ou l’aveuglement. Que symbolise-t-elle pour vous ?

Karim Benkrimi : Pour moi, Sarah incarne une forme de paradoxe. Elle est à la fois désirée et passive, regardée et rarement entendue. Elle peut symboliser cette idée d’innocence, non pas parce qu’elle est naïve, mais parce qu’elle est projetée comme telle par les hommes qui l’entourent. C’est cette projection qui me frappe : elle devient un miroir de leurs fantasmes, de leurs failles, parfois même de leur violence.

Mais je ne la vois pas uniquement comme une victime ou une figure effacée. Elle représente aussi un aveuglement plus large — celui d’une société qui, trop souvent, réduit les femmes à des rôles symboliques sans leur laisser le droit à la complexité ou au désordre. Sarah est peut-être silencieuse, mais elle reflète tout ce qu’on ne veut pas entendre : la pression du regard masculin, le poids du désir des autres, et le peu de place laissé à son propre désir.

En ce sens, elle est profondément politique. Elle me fait penser à ces personnages qui, sans dire un mot, dénoncent tout ce qui les entoure simplement par leur présence.

Le Matin d’Algérie : Ce roman aborde-t-il uniquement le thème de l’amour ou peut-on y lire d’autres strates, plus sociales ou psychologiques ?

Karim Benkrimi :Non, ce roman ne se limite pas au thème de l’amour. Certes, l’amour est un fil conducteur, parfois moteur des actions ou révélateur des personnages, mais il n’est qu’une porte d’entrée vers des strates plus profondes. J’ai voulu explorer des questions sociales, comme le poids des origines, les mécanismes d’exclusion ou encore les tensions entre apparence et vérité. Il y a aussi une dimension psychologique très présente, notamment autour de la construction de soi, de la mémoire, des blessures invisibles que chacun porte. Les personnages ne vivent pas l’amour dans un vide : ils le vivent dans un monde qui les façonne, les blesse, les transforme.

L’amour devient donc un prisme à travers lequel apparaissent des enjeux plus larges, parfois même plus sombres, que j’ai tenu à creuser sans les surligner.

Le Matin d’Algérie : Quel rôle joue l’humour, parfois discret, parfois plus frontal, dans votre écriture ?

Karim Benkrimi :L’humour joue un rôle essentiel dans mon écriture, mais il s’exprime de façons très différentes selon le ton du texte, le sujet, ou même l’état d’esprit dans lequel je me trouve en écrivant. Parfois, il est discret, glissé entre les lignes, presque invisible — comme un clin d’œil complice au lecteur. C’est une manière de créer une proximité, de désamorcer une tension, ou simplement de donner un peu de légèreté à des sujets plus graves.

D’autres fois, l’humour est plus frontal, plus assumé. Il peut servir à dénoncer, à provoquer, ou à bousculer les habitudes de lecture. Mais même dans ces cas-là, je cherche à ce qu’il reste au service du propos, qu’il ne soit jamais gratuit. Pour moi, l’humour est une forme de lucidité. Il permet de prendre du recul, de voir les choses autrement, et parfois même d’aller plus loin dans la vérité. Il me permet de dire beaucoup… tout en semblant ne pas trop en dire.

Le Matin d’Algérie : Comment avez-vous vécu l’expérience d’écrire un roman après deux ouvrages techniques ? Quelles libertés cela vous a-t-il apportées ?

Karim Benkrimi :Passer de l’écriture technique à la fiction a été une forme de libération. Dans mes ouvrages précédents, tout devait être rigoureux, structuré, vérifiable. Il y avait une discipline de la précision, un respect de la logique et des faits. En écrivant un roman, j’ai découvert une autre forme d’exigence : celle de la vérité émotionnelle, qui ne dépend pas des faits mais de la sincérité du récit.

Ce changement m’a offert une liberté immense : celle d’inventer, de creuser l’intériorité des personnages, d’explorer des zones de flou, de contradiction, et parfois même d’absurde. J’ai pu me permettre d’évoquer des silences, des non-dits, des ambivalences – tout ce qui, dans un livre technique, doit généralement être évité ou clarifié. Cela dit, mon approche technique m’a aussi accompagné dans cette aventure : j’ai gardé une certaine rigueur dans la construction narrative, un souci de cohérence. Mais cette fois, c’était au service d’une histoire, de personnages, de voix. Et cela a été profondément stimulant, presque thérapeutique.

Le Matin d’Algérie : Y a-t-il un lien entre votre formation bancaire et certains aspects de votre roman (rapports d’intérêt, stratégies, rivalités) ?

Karim Benkrimi : Absolument. Même si mon roman n’est pas centré sur le monde de la finance, ma formation bancaire m’a donné une certaine sensibilité aux rapports de pouvoir, à la logique des intérêts — qu’ils soient économiques, politiques ou humains. Dans la banque, on apprend à lire entre les lignes, à anticiper les jeux d’alliances, les conflits d’intérêts, parfois même les coups bas. Ce sont des dynamiques que l’on retrouve dans les rivalités entre les personnages, leurs stratégies pour atteindre leurs objectifs ou pour se protéger. La finance m’a appris que derrière chaque décision rationnelle, il y a souvent une émotion ou un enjeu personnel plus profond — et c’est exactement ce que j’ai voulu explorer dans le roman.

Le Matin d’Algérie : Vous évoquez des projets d’essais. Quels sujets vous tiennent aujourd’hui à cœur en dehors de la fiction ?

Karim Benkrimi : Depuis quelque temps, je ressens le besoin de m’éloigner un peu de la fiction pour explorer des formes plus directes, plus réflexives. Il y a plusieurs sujets qui me travaillent, mais si je devais en isoler quelques-uns, je dirais : notre rapport au silence, à la lenteur, et à la mémoire collective. Dans un monde saturé de discours, de vitesse et d’oubli, je m’interroge sur ce que signifie encore écouter, ralentir, se souvenir autrement. J’aimerais écrire sur ces zones d’ombre ou de retrait, non pas pour fuir la réalité, mais pour mieux en capter les nuances.

Je m’intéresse aussi beaucoup aux questions de transmission, que ce soit dans le cadre familial, artistique ou politique. Qu’est-ce qu’on choisit de transmettre, consciemment ou non ? Et comment cela façonne notre manière d’être au monde ? Ce sont des thèmes que j’aimerais aborder dans un format plus libre, plus méditatif qu’un roman.

Le Matin d’Algérie : Quel regard portez-vous sur l’édition en Algérie, et sur la réception de votre livre par les lecteurs ?

Karim Benkrimi : L’édition en Algérie me semble être à la fois un espace de vitalité et de résistance. Malgré des conditions parfois précaires – manque de distribution, infrastructures limitées, et un soutien institutionnel souvent insuffisant – il existe une vraie dynamique portée par des éditeurs engagés, des auteurs passionnés, et surtout un lectorat de plus en plus curieux et exigeant.

En ce qui concerne la réception de mon livre, j’ai été profondément touché par la manière dont les lecteurs algériens s’en sont emparés. Il y a une lecture sensible, une attention aux non-dits, aux silences comme aux tensions du texte. Ce regard algérien est particulier : il est à la fois critique, bienveillant et lucide. Je pense que cela vient d’un lien fort entre la littérature et l’histoire vécue, entre les mots et la mémoire collective.

Ce que je retiens surtout, c’est cette soif de sens, ce besoin de se retrouver dans une parole qui interroge le réel sans le travestir. Pour un auteur, c’est un écho précieux, presque un dialogue silencieux qui se tisse à travers les pages.

Le Matin d’Algérie : Si vous deviez adresser un message aux lecteurs qui vous découvrent à travers ce roman, que leur diriez-vous ?

Karim Benkrimi : À ceux qui me découvrent à travers L’amour au temps du corona, je voudrais dire ceci : merci. Merci de vous aventurer dans ces pages nées d’un moment suspendu, d’une époque étrange où l’intime et le collectif se sont télescopés avec une intensité rare. Ce roman est une tentative de capter l’écho des émotions que nous avons tous, d’une manière ou d’une autre, traversées : la peur, le désir, l’isolement, mais aussi l’espoir et la tendresse. Si, en lisant cette histoire, vous vous êtes sentis moins seuls, plus compris, ou simplement touchés — alors j’aurai atteint ce que je cherchais. Et si ce livre est votre premier pas dans mon univers, j’espère qu’il ne sera pas le dernier.

Entretien réalisé par Djamal Guettala

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À gauche, à gauche, rriitt ! À droite, à droite, rriitt !

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Image par PIRO de Pixabay

La thématique de la chronique d’aujourd’hui, toujours en humour, est celle de la débrouille, du système D et d’autres appellations leur correspondant. Par définition il s’agit de trouver des systèmes ingénieux et alternatifs avec la seule capacité des hommes à utiliser leur intelligence et leur habileté.

Le besoin est ressenti dans des circonstances où une fonction ne trouve pas encore les solutions pour être exécutée, une autre lorsque le produit n’est pas disponible sur le marché ou le plus souvent parce qu’il est hors de prix pour beaucoup de populations à travers le monde.

On pense instinctivement à un concours d’inventions proposé paradoxalement par un préfet de police en 1901, Louis Lépine, dont le nom est éponyme. Il devient célèbre autant pour ses quelques produits et systèmes qui auront un avenir très prospère, comme la machine à laver ou le fer à repasser, que pour un grand nombre d’autres inventions en bric-à- brac, aussi farfelues que risibles. 

Nous voilà dans notre sujet, tous les Algérie ont été témoins par le passé des inventions  burlesques qui pourtant faisaient pour de nombreuses d’entre elles un quotidien assez répandu. En voici quelques-unes pour le sourire. 

Commençons par le Prix de l’invention la plus gonflée. Vous ne pouviez pas la rater sur la plage. Un gros beignet noir qui faisait fonction d’une magnifique bouée. On disait même que si elle dérivait à travers les océans, elle serait un joli collier au cou des baleines. La chambre à air de l’énorme et très majestueuse roue arrière du tracteur Massey Ferguson n’aurait jamais cru terminer sa vie dans l’humiliant rôle de bouée de plage.   

Puis le Prix de l’invention pour les pêcheurs des grands larges. Un commerçant de matériel de pêche d’Aïn el-Turck, de ceux que nos grands-mères nommaient des filous parce que leurs produits avaient des prix exorbitants, plus encore pour nos bourses de jeunes enfants. La superbe canne à pêche qu’il proposait tous les étés avait été achetée mille fois par nos fantasmes.

Alors, une branche de roseau tombée au sol, un fil de nylon et une épingle à nourrice suffisaient au génie des enfants et, ne le répétez pas, à celui de bien des adultes.  Mes chers amis, n’essayez plus de comprendre pourquoi le prix du poisson rivalise aujourd’hui avec celui d’un métal précieux. Nous avions vidé la Méditerranée de ses poissons. 

Vient ensuite le Prix de l’invention réfrigérée. La famille devait partir tôt le matin pour visiter les grands-parents dans une ville de l’intérieur du pays afin d’éviter une chaleur qui ferait griller des merguez. Mais comme toujours, le temps de se préparer, il est déjà l’heure du soleil au zénith. Les préparations d’un voyage en Algérie sont aussi longues que celle d’un mariage.

Le père déployait alors une ingénieuse astuce dont le brevet ne pouvait être déposé puisque la moitié des autres voitures l’utilisait. Mais si le brevet ne pouvait être déposé, la technologie est devenue celle des refroidisseurs d’air, le climatiseur des salaires plus asséchés. Comme lui, le père pendait une serviette mouillée sur les bords de la fenêtre (peu de femmes conduisaient). Mais au final toutes les ouvertures attiraient l’air chaud à l’intérieur et le battement au vent de la serviette accélérait sa vitesse d’entrée.

Et pour le dernier Prix, mon préféré, celui de la couscoussière. Le vendeur de télévision avait dit à l’oncle Hamza que le vieux téléviseur Philips qu’il venait d’acheter nécessitait une antenne râteau. Fort de cette information, il s’empresse d’en ramener un du village. Vous vous doutez bien que cette fois, le Prix du concours Lépine ne pouvait lui être attribué.

Est venu le temps des paraboles pour capter les chaînes étrangères. Alors que pour les trois premières inventions, je les atteste de mon vécu, pour celle-ci je demande au lecteur de me dire si c’est une légende ou une réalité, je n’étais plus au pays. Mais la scène de l’exploit qui va suivre est équivalente à celle de l’époque du râteau. 

Voilà notre brave oncle Hamza sur le toit et tata Hlima penchée sur le rebord de la fenêtre, un œil sur le téléviseur du salon. Elle dirigeait les gestes de son mari.

À droite, à droite, rriitt ! À gauche, à gauche, rriitt ! Au bout d’un long moment d’allers-retours, exaspérée par l’incompétence du technicien au diplôme auto-signé, elle lui demande de redescendre pour lui rappeler que sa tête n’a jamais rien pu capter.

C’était les inventions de gens qui faisaient ce qu’ils pouvaient pour tenter d’accéder à ce qui était indisponible ou hors de portée financière. Ils n’ont gagné aucun Prix du concours Lépine mais ils ont tous décroché le plus prestigieux des Prix, celui de notre profonde tendresse.

L’oncle Hamza pensait déjà, après chaque échec, à l’invention suivante. Et cette fois-ci, ce serait une boîte sans fil qui lui permettrait de discuter avec la famille restée au village à propos de l’héritage du champ qui n’est pas encore résolu depuis trente ans. Toutes les familles connaissent une histoire d’un héritage d’un champ, non résolu depuis trente ans.

Il a l’intention de nommer sa géniale invention, le Smartphone. 

Boumediene Sid Lakhdar

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