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Houda Mejdoub : «Guérir par la parole, écrire contre l’oubli»

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Houda Mejdoub
Houda Mejdoub

Dans cet entretien exclusif avec Le Matin d’Algérie, Houda Mejdoub, lauréate du Prix Comar Découverte 2025, revient en détail sur son roman Écoute-moi ma fille, explique les sources d’inspiration, les thèmes majeurs de son œuvre et sa vision de l’écriture et de la parole comme remèdes aux blessures familiales et sociales.

Une plongée authentique dans la Tunisie d’aujourd’hui à travers le prisme de la mémoire, de l’amour et de la culpabilité.

Le Matin d’Algérie : C’est une histoire essentiellement fictive. Tous les personnages sont-ils le fruit de votre imagination ?

Houda Mejdoub : C’est une histoire essentiellement fictive. Tous les personnages sont le fruit de mon imagination mais je les ai imaginés à partir des portraits de gens que j’ai côtoyés de près ou de loin, à partir de mes lectures, des films que j’ai regardés ou des histoires dont grouillent les réseaux sociaux… Bien sûr, le rôle de l’écriture est d’accentuer ces traits et de créer le monde imaginaire dans lequel ces personnages vont évoluer.

Seules les figures du grand-père et de la grand-mère mère ont une dimension un peu autobiographique. Si Béchir et Khalti Fatma, deux enseignants débonnaires à la retraite qui ont inculqué à leurs filles l’amour des livres rappellent à bien d’égards mes propres parents. J’ai écrit ce roman, entre autres, pour leur rendre hommage.

Le Matin d’Algérie : Pourquoi avoir choisi Alzheimer comme thème central ?

Houda Mejdoub : Alzheimer qui s’attaque à la mémoire, qui nous dérobe nos souvenirs et nous fait oublier jusqu’aux noms et aux identités des êtres les plus chers est un véritable calvaire pour le malade et pour ses proches. Dans mon roman, c’est ce qui va déclencher deux mouvements salvateurs : celui de l’écriture, unique rempart contre l’oubli et la disparition des souvenirs et celui du pardon, car en libérant la parole longtemps tue, les malentendus, les gaffes du passé, les fêlures de l’enfance parviennent à s’exprimer et permettent par conséquent l’installation du dialogue et du pardon.

Le Matin d’Algérie : Le titre Écoute-moi ma fille est très évocateur. Que signifie-t-il dans votre récit ?

Houda Mejdoub : Écoute-moi ma fille est la demande pressante que vont formuler deux mamans dans ce roman à l’égard de leurs filles respectives. Il exprime l’urgence d’établir ce contact de l’écoute et de la parole avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’Alzheimer n’engloutisse tous les souvenirs et n’empêche les aveux. Des aveux nécessaires pour que s’allège le poids de la culpabilité et des non-dits.

Le Matin d’Algérie : Comment décririez-vous la relation entre les trois générations de femmes dans votre livre ?

Houda Mejdoub : L’aïeule est une ancienne institutrice dévouée à son métier, maman un peu débordée de trois filles, elle n’a pas su gérer la psychologie difficile et spéciale de son aînée et toutes deux ont beaucoup souffert de cette incapacité à communiquer sans trouver moyen d’y remédier. Cette même fille, aussi paradoxal que cela puisse paraître, va réitérer le même modèle avec sa propre fille bien qu’elle se soit juré qu’elle lui serait la meilleure des mères. La petite-fille a vécu longtemps avec le sentiment du rejet à la fois de ses parents que de son mari. On intériorise parfois, contre notre gré, un schéma d’éducation qu’on a longtemps réprouvé et on le transmet contre son gré aussi.

Le Matin d’Algérie : Croyez-vous au pouvoir guérisseur de la parole ?

Houda Mejdoub : Oui. Je crois fermement aux remèdes miraculeux de la parole et je pense qu’on peut panser et guérir tous les maux par des mots bien choisis qui sortent à la fois du cœur et de l’esprit. Il faut choisir une parole qui à la fois console et réconforte mais aussi qui sait expliquer, raisonner, tempérer, modérer, relativiser… C’est sans doute pour cela que le divan du psychiatre ou du psychologue procure un immense bienfait ou que l’hypnose est conseillée pour libérer ce qui gêne, ce qui bloque, ce qui fait honte…

Le Matin d’Algérie : Quelle place tient la mémoire dans votre roman ?

Houda Mejdoub : Les souvenirs qui peuplent la mémoire de tout un chacun peuvent être une source de blocage psychologique comme ils peuvent être source de bonheur et de richesse. Tout dépend des expériences vécues et de notre degré de résilience et de résistance. Dans mon roman, cette mémoire a été tantôt une entrave pour avancer, tourner la page et envisager la vie avec optimisme. Tantôt un royaume bienheureux qui porte l’odeur et le goût du paradis perdu.

Dans tous les cas, on ne peut pas faire table rase de son passé. On doit l’assumer avec ses réussites et ses faiblesses.

Le Matin d’Algérie : La culpabilité est-elle un thème majeur dans votre livre ?

Houda Mejdoub : Oui. La culpabilité est un sentiment très lourd à porter. Dans mon roman, il se transmet de mère en fille comme une tare familiale. Le problème c’est que chacune était animée des meilleures intentions et croyait bien faire. La culpabilité est une conséquence directe du manque ou de l’absence de communication entre les membres de cette famille. Dans certaines situations, on manque de courage et on garde un silence qui nous enfonce, qui nous compromet et qui nuit à notre crédibilité aux yeux de ceux qui nous aiment…

Le Matin d’Algérie : Votre roman a-t-il une part autobiographique ?

Houda Mejdoub : Oui. Il y a une part autobiographique dans ce roman. Beaucoup de lecteurs qui me connaissent m’ont contactée pour me dire qu’ils avaient reconnu Si Salah et Tata Fatma — mes parents — dans les personnages de Si Béchir et de Fatma. La maison à Jradou rappelle aussi celle où j’ai vécu à Lizdine, un petit village de Menzel Temim, où mes parents ont passé leurs années de roulement en tant qu’instituteurs. Cette passion des livres, qui imprègne profondément les personnages de Ghalia et d’Inès, reflète également mon propre vécu. Chez nous, les livres étaient partout, et ils étaient aussi essentiels que la nourriture ou que l’air que nous respirions… C’est de l’autobiographie.

Le Matin d’Algérie : Comment décririez-vous votre style d’écriture ?

Houda Mejdoub : Qui a dit que « le style, c’est l’homme » ? Je crois que le style, c’est comme l’empreinte digitale. Il se doit d’être unique et reconnaissable même quand le nom de l’auteur est absent. J’aime cette manière d’écrire et je ne sais pas écrire autrement. D’ailleurs, je suis incapable de la qualifier. Je pense que c’est le travail des critiques littéraires.

Le Matin d’Algérie : Que représente pour vous ce Prix Comar Découverte ?

Houda Mejdoub : Un immense bonheur. Un rêve de petite fille qui se réalise. Une promesse tenue à papa. Une trace de mon passage sur terre. Un cadeau à mes enfants. Une reconnaissance d’un talent.

Le Matin d’Algérie : Comment s’est passée votre collaboration avec la maison d’édition Arabesques ?

Houda Mejdoub : Arabesques est une grande maison d’édition. Son directeur Si Moncef Chebbi est un homme d’une grande culture et aux conseils très judicieux, sans compter le côté humain et très affable de la personnalité. Je ne garde que des impressions positives de notre première expérience ensemble.

Le Matin d’Algérie : Avez-vous un nouveau projet d’écriture ?

Houda Mejdoub : Oui. J’ai déjà fini d’écrire un recueil de nouvelles. Je ne me suis pas encore décidée sur le titre. Je vais bientôt le confier à Arabesques.

Le Matin d’Algérie : Quel message souhaitez-vous transmettre avec Écoute-moi ma fille ?

Houda Mejdoub : Une leçon d’amour. L’amour sous toutes ses facettes : maternel, paternel, filial, l’amour des livres, de la nature, du pays, de son prochain…

Entretien réalisé par Djamal Guettala

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Le CS-LADDH solidaire de la ligue tunisienne des droits de l’Homme

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Répression en Tunisie
La Tunisie est désormais sous la botte de Kaïs Saied


Le Collectif de sauvegarde de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (CS-LADDH) exprime toute sa solidarité et son soutien à la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), et à son président, Maître Bassem Trifi, cibles d’une campagne de déstabilisation en Tunisie.

En effet, l’incident survenu durant la tenue du conseil national de cette organisation amie et partenaire, le 16 mai dernier, est révélateur du climat délétère qui règne en Tunisie et la dégradation de la situation des libertés et des droits humains que connaît ce pays ces derniers temps.

Pour avoir connu de telles pratiques en Algérie et subi l’arbitraire ultime, la dissolution de la LADDH, le Collectif de sauvegarde appelle à la vigilance et à la solidarité internationale avec la LTDH afin de soutenir son indépendance et préserver son autonomie dans son combat en faveur des droits humains et des libertés en Tunisie et dans toute la région

Paris/Alger le 21/05/2025
Le comité exécutif

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Pétrole : le Brent à 65,38 dollars

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Pétrole

Les cours du pétrole étaient instables mardi soir, terminant finalement en baisse, alors que les incertitudes persistent sur le front géopolitique, notamment vis-à-vis des négociations sur le nucléaire iranien.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a lâché 0,24% à 65,38 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, a perdu 0,21% à 62,56 dollars.

Mis à mal par la conjoncture économique mondiale, le cours du pétrole a nettement baissé ces derniers mois et atteint des niveaux plus vus depuis quatre ans. Alors que le baril de Brent, la référence en Europe, s’approchait des 80 $ le baril en début d’année, son prix est tombé nettement en dessous des 70 $ ces dernières semaines. La Banque mondiale, dans un rapport daté d’avril sur les perspectives du marché, estime que le prix pourrait même « baisser jusqu’aux 60 $ par baril en 2026 ».

Avec agences

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Quel est le meilleur vélo électrique pliant pour la ville ?

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Dans un contexte urbain où les déplacements deviennent de plus en plus contraints par la circulation, le stationnement et les coûts de carburant, le vélo électrique pliant s’impose comme une solution de mobilité douce, pratique et efficace.

Mais face à la diversité des modèles disponibles, comment identifier le meilleur vélo électrique pliant pour la ville ? Cet article vous accompagne pas à pas pour faire le bon choix.

Pourquoi choisir un vélo électrique pliant pour un usage urbain ?

Le vélo électrique pliant n’est pas qu’un simple gadget technologique, c’est un véritable allié pour la mobilité urbaine moderne.

  • Praticité exceptionnelle : Grâce à son système de pliage rapide, il peut être transporté facilement dans les transports en commun, dans le coffre d’une voiture ou rangé dans un appartement sans espace dédié.
  • Multimodalité : Il permet de combiner plusieurs modes de transport (train, tram, métro) sans contrainte.
  • Gain de temps : Il évite les embouteillages, les parkings payants et les attentes prolongées.
  • Écologie et économie : Réduction de l’empreinte carbone et des coûts liés au carburant ou à l’entretien d’un véhicule.

C’est donc un choix idéal pour les citadins souhaitant gagner en autonomie tout en respectant l’environnement.

Vélo électrique GOLF-X

Les critères pour choisir le meilleur vélo électrique pliant en ville

Compacité et poids

En ville, la légèreté et la facilité de transport sont essentielles. Un bon vélo électrique pliant pèse généralement entre 15 et 40 kg. En dessous de ce seuil, il sera plus facile à transporter dans les escaliers ou dans les transports en commun. Le format une fois plié doit aussi être suffisamment compact pour ne pas gêner dans un bureau ou un petit appartement.

Autonomie et batterie

Pour un usage urbain quotidien, une autonomie de 25 à 70 km est largement suffisante. Privilégiez les batteries amovibles, qui peuvent être rechargées facilement au bureau ou à domicile. Vérifiez également le temps de recharge, idéalement inférieur à 4 heures.

Puissance du moteur et assistance

Un moteur de 250W est conforme à la législation française. Toutefois, le couple moteur (mesuré en Nm) est un élément clé en ville, surtout si vous empruntez des côtes ou démarrez fréquemment. Une assistance fluide et réactive améliore nettement le confort de conduite. La marque LANKELEISI propose plusieurs modèles puissants adaptés à cet usage.

Confort de conduite

En milieu urbain, les trajets peuvent être courts mais fréquents. Il est donc important de choisir un vélo avec une position de conduite droite, une selle confortable, des poignées ergonomiques et éventuellement une suspension (avant ou intégrée à la tige de selle).

Facilité de pliage

Un bon système de pliage doit être rapide (moins de 15 secondes) et intuitif. Des mécanismes de sécurité fiables évitent les pliages accidentels et assurent une bonne stabilité une fois déplié. Les vélos électriques pliants LANKELEISI sont conçus pour offrir un pliage pratique et sécurisé.

Sécurité et équipements

Les meilleurs modèles sont souvent équipés d’éclairages LED intégrés, de garde-boue, d’un porte-bagages arrière et de freins à disque pour un freinage efficace par tous les temps. Ces éléments renforcent la sécurité et le confort au quotidien. LANKELEISI veille à intégrer ces équipements sur ses modèles urbains pour une expérience complète.

Le meilleur vélo électrique LANKELEISI pour une utilisation en ville

1.LANKELEISI X3000 MAX

  • Puissance du moteur : moteurs doubles avant et arrière 1000 W (total 2000 W)
  • Endurance : jusqu’à 130 kilomètres
  • Suspension : Système de suspension complet pour une expérience de conduite extrêmement confortable
  • Pneus : pneus larges de 20 x 4 pouces, parfaits pour les rues urbaines irrégulières

Pourquoi nous le recommandons : Ce fat bike électrique est puissant, autonome et confortable, parfait pour la vie en ville comme pour les aventures.

Si vous êtes un cycliste exigeant, ce sera un choix idéal. Il peut être utilisé pour tous types de déplacements urbains, y compris sur des routes pavées ou des collines escarpées.

Vélo électrique X3000 MAX

2. LANKELEISI GOLF-X

  • Puissance du moteur : Équipé d’un moteur arrière sans balais 48V 1000W
  • Poids : optimisé pour un transport facile
  • Autonomie : 70 à 150 km
  • Pliage : simple et rapide en quelques secondes

Pourquoi on le recommande : Ce modèle est conçu pour les citadins actifs. Élégant, léger et performant, il se plie sans effort et s’intègre parfaitement à une vie urbaine dynamique. C’est un excellent compromis entre confort, autonomie et style.

Vélo électrique pliant GOLF-X

3. LANKELEISI X2000 MAX

  • Puissance du moteur : Equipé de deux moteurs brushless de 1000W (un à l’avant et un à l’arrière)
  • Batterie :  Batterie Samsung lithium 48V 20AH, grande capacité pour de longues distances
  • Confort : suspension renforcée et selle ergonomique
  • Freinage : freins à disque pour une sécurité optimale

Pourquoi on le recommande : Grâce à sa robustesse et à sa grande autonomie, ce modèle est parfait pour les trajets maison-travail répétés, tout en assurant un confort et une fiabilité hors pair. Un excellent choix pour les trajets quotidiens intenses.

Pourquoi choisir la marque LANKELEISI ?

LANKELEISI est une marque spécialisée dans les vélos électriques hautes performances. Elle se distingue par :

  • ✅ Un design innovant et des matériaux haut de gamme
  • ✅ Une excellente autonomie pour un usage quotidien urbain
  • ✅ Des moteurs puissants, idéaux pour les trajets urbains rapides et fluides
  • ✅ Un système de pliage fiable, adapté aux besoins des citadins
  • ✅ Un excellent rapport qualité/prix
  • ✅ Un service après-vente réactif et professionnel (garantie 3 ans)

Les vélos électriques pliants LANKELEISI sont pensés pour répondre aux exigences de la mobilité moderne, alliant confort, sécurité, performance et élégance.

Conclusion

Si vous recherchez un vélo électrique pliant fiable, puissant et confortable pour vos trajets en ville, LANKELEISI est une marque incontournable. Que vous optiez pour le X3000 MAX, le GOLF-X ou le X2000 MAX, vous bénéficierez d’un produit durable, performant et parfaitement adapté à la vie urbaine.

👉 Faites le choix de la performance et de la liberté urbaine avec LANKELEISI.

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Affaire Belghit : les islamistes instrumentalisent une procédure judiciaire en cours

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Mohamed Lamine Belghit

Alors que la justice ne s’est pas encore prononcée sur l’affaire de Mohamed Lamine Belghit, les voix islamistes continuent de s’élever pour défendre celui qui est accusé d’atteinte aux fondements de l’identité nationale.

Selon El Khabar, édition numérique du 21 mai 2025, le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, a été interpellé hier par un député du Mouvement de la société pour la paix (MSP), lors d’une séance à l’Assemblée populaire nationale, sur le traitement médiatique réservé à cette affaire de Mohamed Lamine Belghit par la télévision publique.

Le député Abdelslam Bachagha s’est insurgé contre le reportage diffusé par la chaîne nationale, qui qualifiait les Émirats arabes unis d’« État artificiel » et s’en prenait durement à Belghit, le désignant comme un « malade idéologique » et un « marchand d’idéologie sur le marché de l’Histoire », après ses propos tenus sur Sky News Arabia niant la place de tamazight dans l’identité algérienne.

Mais au lieu de défendre les institutions de la République, certains élus islamistes choisissent de se poser en défenseurs d’un universitaire dont la légitimité académique a été remise en cause par des paires. Ses déclarations ont soulevé un tollé d’indignation à travers le pays.

Le député du MSP est même allé jusqu’à parler de « tribunaux médiatiques », et à accuser implicitement le gouvernement d’avoir transféré des prérogatives du ministère de la Justice à celui de la Communication.

Le ministre, de son côté, a rappelé que « les médias sont un domaine organisé » et qu’il n’était pas de son ressort de commenter leur ligne éditoriale. Il a précisé que le parquet s’était exprimé par voie officielle et que l’affaire, désormais entre les mains de la justice, ne saurait faire l’objet de pressions politiques ou médiatiques.

Le recours à la rhétorique victimaire par certains cercles islamistes, dans une affaire où des accusations graves sont portées contre Belghit – notamment pour atteinte à l’unité nationale et diffusion de discours haineux – pose question. Cette mobilisation politique autour d’un dossier judiciaire en cours laisse transparaître une tentative d’instrumentalisation de la justice à des fins idéologiques.

Au lieu de laisser la justice suivre son cours, certains cherchent manifestement à déplacer le débat vers une confrontation politique, risquant ainsi de saper la crédibilité des institutions et de raviver des tensions identitaires dans un contexte déjà sensible.

La rédaction

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La Cour d’Alger confirme le mandat de dépôt contre le pseudo-historien Lamine Belghit 

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Mohamed Lamine Belghit

La chambre d’accusation de la Cour d’Alger a rendu sa décision ce 21 mai 2025 dans l’affaire qui oppose l’universitaire Mohamed Lamine Belghit à la justice. 

Le recours introduit par la défense en vue d’une remise en liberté ou d’un placement sous contrôle judiciaire a été rejeté. Le mandat de dépôt, émis lors de la première comparution du mis en cause, est ainsi confirmé.

Enseignant d’histoire à l’université d’Alger, Belghit est poursuivi pour atteinte à l’unité nationale, outrage aux symboles de la nation et incitation à la haine et à la discrimination à travers les médias. Ces poursuites font suite à des propos tenus dans une interview diffusée sur la chaîne « Sky News Arabia », où il affirmait notamment que « l’amazighité est un projet sioniste et français ». Des déclarations jugées inacceptables par le parquet, qui a immédiatement ouvert une enquête.

Durant l’instruction, le mis en cause a rejeté toute intention de nuire, affirmant que ses propos relevaient d’une analyse académique, sortie de son contexte. La justice n’a toutefois pas été convaincue par cette ligne de défense.

Si la décision du 21 mai ne préjuge pas de l’issue finale de l’affaire, elle traduit néanmoins la volonté des autorités judiciaires de traiter ce dossier avec une fermeté assumée. 

Contrairement à ce que certains ont avancé pour tenter d’atténuer la gravité des faits reprochés, l’affaire Lamine Belghit ne relève pas du champ de la liberté académique. Présenter le prévenu comme un intellectuel sanctionné pour ses opinions constitue, aux yeux de nombreux observateurs, une lecture erronée. Il ne s’agit pas ici de restreindre un débat scientifique, mais de répondre à des propos jugés attentatoires à l’unité nationale et contraires aux principes consacrés par la Constitution.

L’affaire Belghit, devenue hautement médiatisée, a rapidement pris une dimension politique. Plusieurs partis islamo-conservateurs et même  des enseignants de la même tendance idéologique ont publiquement exprimé leur soutien à l’enseignant, dénonçant ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire portant atteinte à la liberté d’expression. 

À l’inverse, des formations progressistes comme le PT, et le Front des forces socialistes (FFS) ont vivement condamné les propos de Mohamed Lamine Belghit, estimant qu’ils représentent une attaque frontale contre l’unité nationale et la reconnaissance constitutionnelle de l’identité amazighe.

Samia Naït Iqbal

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Tebboune nomme un conseiller pour les affaires politiques

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La présidence

Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a nommé Zoheir Bouamama, conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires politiques, des relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques.

Cette nomination de Zoheir Bouamama vient suite au limogeage de Mohamed Chafik Mesbah, il y a quelques semaines de cela.

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Boualem Sansal, emprisonné, reçoit un prix prestigieux

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Boualem Sansal
Boualem Sansal condamné à 5 ans de prison a retrouvé la liberté

Alors qu’il est incarcéré en Algérie depuis six mois, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a reçu ce mercredi le prix mondial Cino Del Duca, une prestigieuse récompense littéraire française saluant l’ensemble de son œuvre et son attachement indéfectible à la liberté d’expression. Ce prix intervient dans un contexte de tensions diplomatiques aiguës entre la France et l’Algérie, aggravées par le sort de l’écrivain.

Embastillé, condamné à une lourde peine de prison, Boualem Sansal réussit, au grand désespoir de ses sinistres geôliers, de faire entendre sa voix à l’extérieur. Créé en 1969, ce prix, doté de 200 000 euros par la Fondation Simone et Cino Del Duca, distingue un auteur – français ou étranger – dont l’œuvre véhicule un message d’humanisme moderne, aussi bien dans le domaine littéraire que scientifique.

Boualem Sansal rejoint ainsi un panthéon d’auteurs prestigieux comme Andreï Sakharov, Léopold Sédar Senghor, Jorge Luis Borges, Milan Kundera, et, plus récemment, Kamel Daoud, lui aussi algérien, lauréat en 2019.

L’auteur, âgé de 80 ans, a été arrêté en novembre 2024 à l’aéroport d’Alger. Il a depuis été condamné à cinq ans de prison, en mars dernier, notamment en raison d’une interview donnée au média français d’extrême droite Frontières, dans laquelle il affirmait que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires marocains. Ses déclarations ont suscité la fureur des autorités algériennes. Un procès en appel est prévu le 24 juin.

Cette affaire a ravivé les tensions diplomatiques entre Alger et Paris. Depuis l’été 2024, les relations bilatérales sont au plus bas, marquées par une suspension des coopérations, des rappels d’ambassadeurs et l’expulsion réciproque de fonctionnaires. Tandis qu’Alger défend une justice souveraine et indépendante, Paris appelle à un « geste d’humanité » en faveur d’un homme malade – Boualem Sansal est atteint d’un cancer – et emblématique de la liberté de création.

L’éditeur français de Sansal, Gallimard, a mandaté un avocat pour assurer sa défense. Mais ce dernier n’a jamais obtenu de visa pour exercer en Algérie. Cette entrave judiciaire alimente les critiques des défenseurs des droits humains et renforce l’émotion suscitée par sa condamnation.

Le jury du prix Cino Del Duca, présidé par Amin Maalouf, secrétaire perpétuel de l’Académie française, a salué une œuvre « profondément humaniste » et une voix littéraire qui « continue de s’élever au-delà des frontières et des censures ». Le prix sera officiellement remis le 18 juin, sous la Coupole de l’Institut de France, bien que les modalités de cette cérémonie restent à préciser en raison de la situation de l’écrivain.

Auteur du Serment des barbares (1999), roman inaugural dans lequel il dénonçait la montée de l’intégrisme en Algérie, Boualem Sansal a régulièrement été censuré dans son pays, notamment pour Le Village de l’Allemand, qui compare l’islamisme au nazisme. En France, son œuvre a été largement saluée, couronnée par le Grand prix de la francophonie (2013) et le Grand Prix du roman de l’Académie française pour 2084 (2015), une dystopie inspirée de George Orwell.

À travers cette récompense, la fondation envoie un signal clair : au-delà de la crise politique qui mine les relations entre l’Algérie et la France, la liberté de penser et d’écrire reste une valeur non négociable.

Rabah Aït Abache/AFP

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« Once Upon a Time in Gaza » : les frères Nasser illuminent Cannes

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Once Upon a Time in Gaza
Les frères Nasser

Le tapis rouge du Festival de Cannes a vu défiler des légendes, mais ce 19 mai, c’est une histoire venue de Gaza qui a conquis les cœurs et les consciences. Once Upon a Time in Gaza, le nouveau long-métrage des frères Tarzan et Arab Nasser, a été présenté en sélection officielle dans la prestigieuse section Un Certain Regard.

Le film s’ouvre sur une ville meurtrie mais vivante : Gaza, 2007. Yahya, jeune étudiant rêveur, fait la rencontre d’Osama, un petit dealer au grand cœur. Ensemble, ils montent un trafic de drogue sous couverture… dans une modeste échoppe de falafels. Leur projet, aussi audacieux que naïf, est mis en péril lorsqu’un policier corrompu s’en mêle. Entre humour noir, tension sociale et chronique urbaine, le film tisse une fable tragique et tendre à la fois.

Ce récit ancré dans le réel mais raconté avec une poésie crue est porté par un duo de comédiens bouleversants. Il démontre, une fois de plus, la capacité des frères Nasser à mêler le grotesque et le tragique, la politique et l’intime, sans jamais tomber dans le pathos. Le film, produit par Les Films du Tambour et distribué en France par Dulac Distribution, bénéficie des ventes internationales assurées par The Party Film Sales.

L’affiche, signée CheckMorris, évoque une Palestine en clair-obscur, pleine de tension et de tendresse, à l’image du film lui-même. Dans un monde cinématographique souvent sourd à la voix palestinienne, Once Upon a Time in Gaza surgit comme un cri d’art, un souffle de liberté.

« Notre cinéma est un acte de survie. Gaza n’a pas d’industrie du film, pas de salles de cinéma, mais nous avons des histoires. Et personne ne pourra nous empêcher de les raconter, » confiaient les frères Nasser, émus, lors de la conférence de presse à Cannes.

Présenté à quatre reprises pendant le festival, le film a reçu un accueil chaleureux, salué par la critique pour son audace narrative et sa tendresse subversive. Il confirme la place des frères Nasser comme figures majeures d’un cinéma arabe contemporain engagé, libre et profondément humain.

Djamal Guettala

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La littérature algérienne, un combat militant pour la liberté des écrivains

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Ecrivain
Image par Colin Behrens de Pixabay


L’un, Yasmina Khadra, vient d’être reçu par Tebboune. Il n’a jamais ménagé ses efforts dans le combat pour la démocratie. Il avait arraché une nomination par Bouteflika à un poste à l’étranger dans une institution connue pour la diffusion du message de l’humanisme du gouvernement de son pays.

L’autre avait soutenu les élections de Tebboune avant d’aller en exil pour faire Le Point sur son combat.

Un troisième est mis en prison par Tebboune, il n’avait pas de visa d’entrée sur le territoire. C’est le moins chanceux dans ce combat des géants.

Ils sont nos représentants pour convaincre le régime militaire à soutenir la culture, les livres et les écrivains, notre combat et notre espoir. 

Sans eux nous aurions des écrivains, des journalistes et autres intellectuels qui subiraient la terreur, la censure et l’emprisonnement. Ils contribuent par leur talent à construire une Algérie ouverte à la création et permettre la liberté des esprits.

Et nous, on fait ce qu’on peut avec nos petits moyens, on galère pour un ridicule et minable combat contre la censure des écrits, littéraires ou autres. On aime seulement les livres et défendons en simples soldats subalternes la liberté des écrivains. Chacun son niveau en fonction de ses compétences et talents. Nous nous contentons de faire fonctionner dans les soutes les navires amiraux qui brandissent l’étendard du combat littéraire.

Il y en a même qui se démènent et ne sont même pas capables de choisir des partis politiques de la démocratie dont la performance est de devenir des flottes au service des ennemis. Ils font tout pour essayer d’avoir une bribe de talent dans des journaux militants interdits.

Leurs luttes si peu convaincantes les poussent à de sombres écrits dans les réseaux sociaux. Ils servent et font ce qu’ils peuvent dans l’armée de l’ombre.

Victor Hugo a de la concurrence dans le combat politique pour la démocratie avec nos grands écrivains. Notre amour pour leur liberté et la littérature est bien peu de chose mais elle contribue à leur gloire.

Boumediene Sid Lakhdar


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