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Juges nommés versus juges élus

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Justice

Lorsque vous détruisez un édifice ancien, chaque pierre contient un bout de lecture de son passé. Lorsque vous déchirez un livre, chaque page contribuera à reconstituer l’histoire.

C’est ce qui arrive en ce moment avec Donald Trump. Sa démolition de tout ce qui avait été patiemment construit depuis plus de deux siècles pour fonder la démocratie américaine nous replonge dans les débats qui ont participé à sa construction. 

La décision de la Cour suprême de valider le renvoi des juges fédéraux par Donald Trump est l’une des pierres tombée au sol qui me donne l’impression de revisiter mes cours d’histoire et de droit. Cette pierre est indirectement liée à la décision de la Cour suprême mais a fait resurgir un autre débat juridique connexe et ancien, les juges doivent-ils être nommés ou élus ?

En considérant qu’il existe toujours un léger mix, l’exemple le plus emblématique de l’élection des juges est celui des Etats-Unis. Quant à celui de la nomination, il ne nous est pas possible d’échapper à l’exemple historique français qui donna naissance immédiatement après à la seconde constitution qui pose les bases du principe de la souveraineté populaire et de la séparation des pouvoirs.

La cohérence avec le postulat de la démocratie plaide donc à priori en faveur du système américain puisqu’il permet à cette souveraineté de s’exprimer.  Mais se trouve posé la question de l’indépendance des juges. Est-elle réellement assurée avec leur élection ? Impossible répondent les partisans de la nomination. Les juges seraient inévitablement tentés de prendre des décisions qui leur donneraient toutes les chances de réélection.

Imaginons un juge qui prendrait une décision clémente envers un immigré en situation illégale dans un territoire entièrement acquis aux idées ultraconservatrices. Imaginons ce qu’il en adviendrait pour la liberté confessionnelle, de mœurs ou politique. Imaginez le meurtre, l’agression ou un autre délit ou crime commis par un noir américain dans une ville à majorité blanche, conservatrice et majoritairement adepte d’une religion fondamentaliste. C’est même une marque historique de ce qu’on appelle l’Amérique profonde des territoires intérieurs.

Je ne pourrais pas penser que tous les juges soient partiaux, ce serait de ma part dire une très grossière bêtise, mais il faut avouer que la suspicion est tout de même très légitime. Il faut effectivement reconnaître que jusque-là le système s’est correctement comporté. Mais nous voyons que la suspicion à son égard s’est transformée en risque imminent avec l’élection de Donald Trump. L’édifice ne pourra pas tenir longtemps à ce rythme d’idéologisation et d’extrême populisme. 

Passons maintenant aux arguments des partisans de la nomination des juges. À l’évidence les avantages et les inconvénients s’inversent. Le système écorche l’idée de la démocratie en privant la souveraineté populaire de s’exprimer mais évite en même temps le biais de la tentation de prendre des décisions en fonction de l’intérêt de la réélection.

La France révolutionnaire de 1789, dans son élan de redonner aux citoyens le pouvoir suprême avait choisi le mode électif des juges. Très rapidement le pays a reformulé son choix pour un système de nomination. 

Cet exemple est assez parlant car la rage révolutionnaire par la terreur ne convient à la démocratie ni par la soif de vengeance des leaders ni par celle des citoyens « chauffés à blanc ». On pourrait presque rapprocher cette hystérie vengeresse révolutionnaire à celle de la secte de Donald Trump bien que les positions politiques soient radicalement opposées. Bien entendu en évitant l’anachronisme entre deux terreurs qui ne sont tout de même pas de même niveau d’où la précaution du « presque ».

Et si nous retournions au système électif se poserait une autre question très importante en droit. Comment trouverait-on la stabilité de la nécessaire régulation et homogénéité des jurisprudences qui unifient le droit dans tous les territoires pour des cas similaires ? Les décisions seraient éloignées les unes des autres en fonction des doctrines politiques de chaque électorat.

À cette question les partisans de l’élection nous répondent que la régulation provient des appels successifs au niveau fédéral puis de celui de l’ultime recours auprès de la Cour suprême. Or nous disent-ils, ceux-là ne sont pas élus mais désignés, donc stables et sans contrainte d’inféodation aux positions politiques de leur électorat  (ce qui me faisait dire en début de chronique qu’une petite proportion en mix existait).

Mais comme dans un match de ping pong la balle revient maintenant à la partie adverse. Le justiciable serait confronté au même risque d’une partialité politique de la majorité des juges directement liées à la position politique du président qui les a nommés, ce qui est le cas avec Donald Trump. Encore pire, les juges sont élus à vie, ce qui entraîne une impossibilité de changement avec le les présidents suivants. La souveraineté populaire est vidée de son sens puisque le changement de politique n’aurait aucun effet sur les convictions des juges.

Cette critique de l’inféodation de la Cour en fonction de la majorité issue de la nomination d’un président n’est pas nouvelle. Mais avec la majorité acquise à Donald Trump c’est une explosion des décisions ultraconservatrices qui remettent en cause toutes les avancées antérieures dans l’histoire, soit du point de vue démocratique que sociétal. 

Si nous quittons le cas particulier de la nomination des juges de la Cour suprême, les partisans de l’élection reprennent force pour la critique du système à nomination des juges. En France, puisque j’ai repris l’exemple historiquement fondateur du système nominatif, les magistrats passent par le concours de l’école de la magistrature, ce qui crée un terreau de l’entre-soi, en allant même jusqu’à la constitution d’une caste que beaucoup dénoncent. 

Cet entre-soi ne supprime pas pour autant le risque de l’orientation politique des juges qui est souvent mise en accusation en raison notamment de leur adhésion à des syndicats à obédience politique à peine voilée. Il y a pour ceux qui critiquent ce système un danger double, celui des inconvénients des deux systèmes réunis.

Il y a tant d’autres arguments de part et d’autres mais ma chronique s’est focalisée sur les plus importants, ceux qui ont une résonance avec la définition politique de la démocratie. Quelle est alors ma position ?

Je croyais l’avoir clairement dit, je suis résolument contre l’élection des juges pour les raisons énoncées précédemment. Il n’y a jamais de distance de celui qui résume avec ses propres mots les arguments opposés dans un débat. Un arbitre neutre n’existe pas en politique. 

Boumediene Sid Lakhdar

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Donald Trump convie cinq chefs d’État africains à Washington

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Trump
Donald Trump envers et contre tous.

Les présidents sénégalais, libérien, gabonais, mauritanien et bissau-guinéen entament ce mercredi 9 juillet une visite de trois jours aux États-Unis avec, en point d’orgue, un « dialogue de haut niveau » et un « déjeuner de travail » avec Donald Trump. Le président américain espère notamment conclure à cette occasion plusieurs partenariats avec des pays qui disposent d’importantes ressources stratégiques.

Le format de la rencontre est inédit. Du mercredi 9 au vendredi 11 juillet, cinq chefs d’État africains sont conviés à Washington pour un sommet avec les États-Unis.

Le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le Libérien Joseph Boakai, le Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, le Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani et le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embaló vont notamment participer à un « dialogue de haut niveau ainsi qu’à un déjeuner de travail » avec le président américain Donald Trump alors que des rencontres bilatérales devraient également avoir lieu, si l’on en croit les sources diplomatiques contactées par RFI en Afrique de l’Ouest.

Grande première depuis l’arrivée au pouvoir du président républicain, l’initiative vise à favoriser « un dialogue ouvert »  avec les « nations africaines », selon les informations transmises par un haut responsable américain, les États-Unis se disant « à l’écoute de [leurs] préoccupations et de [leurs] priorités » avec pour objectif de « nouer des partenariats » et de « promouvoir l’engagement économique et l’investissement du secteur privé ».

Minerais stratégiques contre appui sécuritaire dans le Golfe de Guinée

Comme souvent avec Donald Trump, le commerce va donc, une fois encore, se retrouver au centre du jeu lors de ce rendez-vous voulu, si possible, gagnant-gagnant, avec des pays loin d’avoir été choisis au hasard : si aucun d’eux ne compte parmi les géants démographiques du continent africain, le Sénégal, le Liberia, le Gabon, la Mauritanie et la Guinée-Bissau ont tous, en revanche, l’avantage d’y posséder des ressources – en particulier dans leur sous-sol – qui intéressent au plus haut point le président américain.

Tel est par exemple le cas du Gabon qui détient des stocks de minerais stratégiques comme le manganèse ou l’uranium encore peu ou pas exploités… Comptant bien y obtenir un accès privilégié, Donald Trump pourrait proposer en échange à ses hôtes un appui sécuritaire, notamment contre la piraterie dans le Golfe de Guinée. 

Alors que pour Washington, ce sommet représente aussi l’occasion d’aborder la question du contrôle des flux migratoires – tous les pays conviés sont des pays côtiers – et, surtout, de se positionner dans une région du monde où la Chine et la Russie se taillent la part du lion, les cinq dirigeants africains qui y sont invités devraient, de leur côté, en profiter pour défendre leurs intérêts face au président américain, notamment sur la question brûlante des tarifs douaniers.

Très endetté, le Sénégal entend plaider sa cause auprès de Donald Trump

Sujet prioritaire s’il en est pour le Sénégal, la question de sa dette publique – estimée à 111,4 % de son PIB par le FMI – devrait figurer en bonne place des discussions que devraient avoir Bassirou Diomaye Faye et Donald Trump à Washington.

Selon une source diplomatique sénégalaise, le président sénégalais devrait plaider pour que son homologue américain pèse de tout son poids sur les institutions de Bretton Woods et pour que le FMI lève la suspension de son prêt d’1,8 milliard de dollars bloqué depuis plus d’un an en raison de la découverte de manquements graves dans les données des comptes publics transmises par l’administration précédente. Pour Dakar, ces décaissements représentent en effet une étape incontournable en vue de récupérer des marges de manœuvres budgétaires.

L’autre dossier de taille que Bassirou Dimaye Faye pourrait aborder avec Donald Trump concerne la migration, alors que le Sénégal est menacé, avec 24 autres pays africains, d’un nouveau travel ban, une interdiction de voyage sur le sol américain. En cause : l’interpellation de plus de 20 000 Sénégalais à la frontière mexicaine avec les États-Unis entre janvier et juillet 2024 – un chiffre dix fois plus élevé qu’il y a deux ans – selon un document du ministère américain de l’Intérieur.

La question est éminemment sensible pour le pays dont plus de 30 000 ressortissants vivent aux États-Unis et dont la contribution financière est vitale puisqu’elle est plus élevée que l’aide publique au développement, toujours selon une source diplomatique sénégalaise.

RFI

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Le RCD et le PT s’insurgent contre l’acharnement judiciaire visant Belabbas et Saïdi

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La répression judiciaire et politique franchit un nouveau cap en Algérie. À quelques jours d’intervalle, deux figures de l’opposition politique et syndicale ont été frappées de plein fouet par des décisions judiciaires à forte teneur politique. Le Rassemblement pour la culture et la Démocratie (RCD) et le Parti des travailleurs (PT) dénoncent une dérive autoritaire marquée par la criminalisation croissante de l’engagement indépendant.

Le 8 juillet, la cour d’Alger a confirmé la condamnation à six mois de prison ferme de Mohcine Belabbas, ancien président du RCD, pour des motifs que le parti qualifie d’« arbitraires ». Cette sentence intervient dans un contexte de durcissement général à l’encontre des opposants politiques. Pour le RCD, cette décision « illustre une volonté persistante de criminaliser l’engagement politique », dans un climat où toute voix dissidente est systématiquement assimilée à une menace.

Dans le même temps, une autre affaire suscite indignation et inquiétude : celle du syndicaliste Lounis Saïdi, secrétaire général de la fédération des cheminots affiliée à l’UGTA. Arrêté et placé sous mandat de dépôt le 5 juillet — jour hautement symbolique de la fête nationale — pour avoir osé déposer un préavis de grève illimitée, il devient la nouvelle cible d’une répression qui n’épargne plus même les structures syndicales historiquement proches du pouvoir. Le PT y voit une tentative manifeste de « remettre en cause un droit fondamental, l’immunité syndicale », en évoquant un « précédent gravissime ».

Pour les deux partis, les événements récents ne sont pas des faits isolés, mais les symptômes d’un climat politique de plus en plus hostile à l’expression libre. Le PT, dans un ton alarmiste, estime que « les lois syndicales adoptées en 2023 doivent être profondément revues », car elles transforment l’exercice syndical en délit potentiel.

En appelant à la libération immédiate des deux hommes et à la fin des poursuites contre les militants politiques et syndicaux, le RCD et le PT convergent autour d’un constat partagé : la scène nationale est en train de se refermer dangereusement sur elle-même. Les mécanismes traditionnels de médiation sociale – comme le dialogue ou la négociation – cèdent la place à la répression judiciaire et administrative.

Ce durcissement du régime envers les figures de l’opposition et du mouvement social soulève de vives préoccupations dans une société déjà marquée par une défiance profonde envers les institutions. L’emprisonnement de Louanis Saïdi, dont le seul tort semble avoir été de défendre les intérêts des cheminots, renvoie à une conception autoritaire du pouvoir où toute velléité d’autonomie est perçue comme une insubordination insupportable.

En filigrane, ce sont les libertés fondamentales – liberté syndicale, droit de grève, liberté d’expression – qui se trouvent menacées. Les cas Belabbas et Saïdi, chacun à leur manière, dessinent les contours d’une nouvelle ère où le politique et le social sont étroitement surveillés, verrouillés et punis lorsqu’ils s’émancipent des lignes imposées par le pouvoir.

La rédaction

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Pourquoi les Algériens aiment-ils les dictateurs ?

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Tebboune lors de l'une de ses rares sorties
Tebboune lors de l'une de ses rares sorties

Qui se souvient d’Ahmed Ben Bella ? Non ? La honte ! Pour faire court, c’est le Tebboune d’aujourd’hui avec plus de cheveux et de jeunesse ! Avec plus de « légitimité historique » aussi !

Tu ne peux pas t’imaginer à quel point tes grands-parents, les gens du terroir et des villes, les villageois crédules, semblaient l’aimer. Et pour beaucoup, il incarnait, en 1963, l’espoir d’une Algérie nouvelle (déjà !). On convulsait presque en sa présence ! On se jetait à ses pieds comme pour implorer un marabout !

Des mises en scène d’El Yatima (encore en rodage) le présentaient comme un homme adulé, érigé, en peu de temps, en une véritable divinité ! Survint le temps du désenchantement, et l’euphorie s’est dissipée au contact de la bestialité imposée. La dictature était bien installée, et la damnation ne nous quittera plus !

Puis se joua un match de football au stade Zabana d’Oran, qui le mit définitivement hors-jeu à la minute historique du 19 juin 1965 (il n’y avait pas la VAR à l’époque) ! Il a joué les prolongations dans les prisons de son successeur, Boumediene !

Les mêmes geôles qu’il avait fait construire pour ses opposants lui ont servi de maison de redressement ! Comme quoi, il ne faut jamais siffler la fin de la partie avant le temps réglementaire ! Le stade du coup d’État fut rebaptisé stade du redressement… révolutionnaire ! Ça a de l’humour, un dictateur !

Et c’est ce même Boumediene, alors colonel des armées, avec sa silhouette chétive d’escogriffe mal en point (il s’est bien rattrapé par la suite), et ses yeux noir corbeau, qui est devenu le nouveau Calife ! Et revoilà ton grand-père, ou peut-être déjà ton père (pas tous, mais la plupart), par peur ou par ignorance, qui se mettent à lui vouer un culte pharaonique ! Ben Bella, le marabout, a été promptement enterré vivant, sans mausolée, sans épitaphe, pendant plus de 15 ans ! Le temps que durera le règne du pharaon ! Et ton père, ton grand-père, que crois-tu qu’ils aient fait ? Ils ont applaudi l’incarcération du premier et pleuré, comme des orphelins, la disparition du second, malgré les années de plomb et de misère ! M3a louaqef ya jeddek (avec celui qui reste debout !)

Mais ils ont tout de suite cherché le salut dans son successeur : Chadli Bendjedid, l’artisan de la continuité, de la ruine et de l’apocalypse islamiste ! On ne va pas raconter toute l’histoire des successions et des spoliations répétitives, du viol systémique de la Constitution et des espoirs, des assassinats politiques, de l’arbitraire ou de la guerre civile.

On ne va pas non plus raconter l’histoire déjà bien connue de Bouteflika, qui t’a gouverné, vingt années durant, toi et tes diplômes de l’école fondamentale… sur une chaise roulante, puis avec un cadre, sans prononcer un seul mot pendant six longues années, jusqu’au Hirak béni ! Étonnant, non ?

Tu l’auras compris : tu appartiens à une lignée qui aime louer ceux qui l’écrasent ! Qui les attire comme les victimes des violences conjugales ! Et si ça peut te rassurer, tu peux toujours te dire que ce n’est pas une malédiction, mais El Mektoub ! El Mektoub a le dos large et peut porter même les plus grandes lâchetés !

L’Algérien aime la figure du père autoritaire. Celui qui rugit à la maison parce que le couscous est sec ou trop arrosé. Celui qui manie le bâton et la ceinture. Celui qui ordonne par le frémissement de moustache ou de sourcil. Qui casse les assiettes parce qu’il ne trouve pas de fourchettes. Celui qui ordonne une sieste-surprise par décret à 15h !

L’Algérien aime aussi la figure du prophète sorti du désert. Il croit aux miracles et aux livres saints. Il rêve de vivre une épopée mystique, l’ascension d’un berger qui devient roi ! L’Algérien est candide parce qu’il est profondément croyant ! Tes grands-parents partageaient leurs maigres récoltes avec le marabout du coin pour avoir sa bénédiction ! Tu as toi-même, (sans le savoir ?), une appétence presque naturelle pour le mythe et le surnaturel.

Tu cohabites avec les interdits et tu t’en accommodes. Tu as l’habitude du dieu invisible qui dicte ce qui est sacré, halal ou haram ! C’est ainsi qu’un Tebboune devient un messager et pas un usurpateur ; Boumediene, Aïssa et pas Juda ! À cela se rajoute l’ordonnance prophétique de l’allégeance envers le commandeur des croyants, qui scelle définitivement une structure mentale prédisposée à la soumission !

L’Algérien est envieux, même contre son propre intérêt ! Il aime ouvrir un commerce parce que le voisin est potelé depuis qu’il en a ouvert un ! Il aime construire un garage à la place du jardin, parce que le voisin construit déjà le 4e et semble plus riche !

C’est avec un raisonnement similaire qu’on s’est fabriqué les zaïms Ben Bella et Boumediene, parce que les voisins avaient Nasser et Saddam ! L’envie érigée en modèle de gouvernance ! Quelle absurdité… et pourtant, c’est la réalité des sociétés tribales, qui peinent à se défaire d’un fonctionnement profondément archaïque, voire reptilien ! Arabiste plus que les Arabes, islamiste plus que les musulmans ! Le rêve de puissance par la taille du minaret ! Et ça a failli dégénérer en une République islamique avec un Khomeiny made in bledek (avorté celui-là). Al hamdoullah !

L’esprit de la tribu — avec le chef, le clan, les peurs, les lâchetés et les ignorances — c’est le package dont hérite l’enfant algérien à la naissance. Et ce n’est pas en homme libre qu’il se rêve, mais en chef de clan ! Ce n’est pas en révolutionnaire qu’il se conçoit, mais en réactionnaire. Une h’chicha plutôt qu’un papillon ! Car, croit-il, un avenir morose, mais certain vaut les plus beaux avenirs incertains ! Et il perpétue instinctivement la tradition de la soumission par loyauté à une structure sociétale et mentale qui l’écrase, et dont il ne conteste ni l’utilité, ni l’efficacité !

C’est pour cette raison qu’il défendra Tebboune, jusqu’à ce qu’il soit déposé par un autre dictateur… qu’il glorifiera à son tour!

K.H

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« L’Étrangère » : Marie Cardona, la voix oubliée de Camus révélée à Avignon

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L'Etrangère

C’est l’une des premières du Festival Off d’Avignon 2025 qui suscite déjà l’attention. Du 5 au 26 juillet à 13h30, le Théâtre du Balcon accueille L’Étrangère, une création audacieuse qui interroge notre rapport aux classiques littéraires.

Adaptée librement de L’Étranger d’Albert Camus, la pièce place au centre du récit un personnage trop longtemps resté dans l’ombre : Marie Cardona, la compagne de Meursault.

Dans cette proposition scénique inédite, une étudiante d’aujourd’hui — seule présente au cours d’un professeur passionné mais figé dans son savoir — engage avec lui un dialogue intellectuel et émotionnel autour du chef-d’œuvre de Camus. Ce face-à-face devient alors le point de départ d’une véritable enquête littéraire. Une fouille des mots et des silences. Un voyage entre fiction et réalité. Un appel à entendre autrement les voix étouffées.

En mêlant les phrases d’Albert Camus à l’imagination contemporaine d’une jeune femme du XXIe siècle, L’Étrangère s’insinue dans les marges du roman, en explore les absences, et déploie une lecture sensible, critique et profondément humaine. Marie Cardona y devient non plus personnage secondaire, mais conscience active, dépositaire d’une mémoire, d’un amour, d’un questionnement.

Cette pièce n’accuse pas Camus : elle le relit, le questionne, le confronte au présent. Pourquoi certaines œuvres traversent-elles les siècles ? Que racontent-elles — et que taisent-elles ? En replaçant une femme au cœur du récit, L’Étrangère interroge aussi notre façon de transmettre les grands textes : avec fidélité, mais sans aveuglement.

Une œuvre forte, épurée et nécessaire. Une ode au théâtre comme lieu de mémoire, de transmission et de réinvention.

Djamal Guettala

L’Étrangère – Théâtre du Balcon

Du 5 au 26 juillet 2025 à 13h30

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« Rassa Morra », Ania Mezaguer explore la face cachée du monde professionnel

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Une femme, DRH dans une multinationale, évolue dans un univers masculin où compétence rime rarement avec reconnaissance. Les obstacles ne sont ni bruyants ni spectaculaires.

Ils prennent la forme de silences, de petites trahisons, de pressions informelles. Dans Rassa Morra, son premier roman publié aux éditions El Qobia, Ania Mezaguer donne à voir ce quotidien de résistance, à travers le personnage d’Aziyadé, femme intègre, cible d’un management agressif et mal préparé.

Ce n’est pas une fiction inventée de toutes pièces : le récit s’inspire du vécu de l’autrice, elle-même DRH dans plusieurs multinationales. Rassa Morra condense des années de tensions, d’injustices, d’observations – les siennes, et celles de nombreuses femmes africaines évoluant dans des structures dominées par des logiques de pouvoir opaques.

Trois thèmes majeurs traversent le livre :
– La marginalisation des femmes dirigeantes, souvent déstabilisées quand elles ne se plient pas aux jeux de pouvoir ;
– Le déficit criant de compétences managériales, dans des postes où l’autorité se confond trop souvent avec l’abus ;
– L’expatriation, non pas comme un tremplin, mais comme une forme d’isolement professionnel et humain.

Le titre, Rassa Morra, intrigue autant qu’il interpelle. Dans un entretien accordé au quotidien L’Expression, Ania Mezaguer explique que l’expression lui a été soufflée par son père, lors d’une discussion sur les dérives et humiliations qu’elle a subies au travail. Sous le coup de la colère, il lance cette formule en arabe dialectal – qu’elle traduit par « race maudite » – pour désigner certains comportements destructeurs. L’autrice hésite, juge le terme trop dur, puis finit par l’adopter, tant il résume ce que le livre dénonce : une violence systémique, feutrée, mais brutale.

Ania Mezaguer aurait pu écrire un témoignage ou un essai. Elle a préféré la fiction. « Je voulais qu’on lise une histoire, pas un manuel », dit-elle. Le choix du roman psychologique s’impose comme une évidence, pour dire l’usure silencieuse, le doute qui s’installe, la dignité qui tient bon.

Avec Rassa Morra, elle signe un premier roman sobre, tendu, sans effets inutiles. Un texte qui résonne longtemps après sa lecture, tant il touche à une réalité partagée, mais rarement nommée.

Djamal Guettala

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« La porte de la mer » de Youcef Zirem : un roman entre cris et silences 

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Paru aux éditions Intervalles, La porte de la mer de Youcef Zirem est un roman bouleversant, à la fois hymne à la vie, à la liberté, et cri de douleur face à une société en crise. Ce récit profondément humain s’ancre dans une Algérie contemporaine tiraillée entre mémoire, oubli, et reconstruction.

Le titre, La porte de la mer, résonne d’abord comme une promesse d’évasion. La mer évoque l’horizon, l’infini, la liberté. Mais cette liberté supposée est tout de suite mise en tension par la photo de couverture : une femme enfermée, le visage caché, ne percevant le monde extérieur qu’à travers une fente, une déchirure. Une dualité frappante se dessine entre cette image de désespoir et le titre porteur d’espoir. Le lecteur, intrigué, est alors saisi d’une impatience fébrile : il veut ouvrir le livre, entrer dans une histoire qu’il pressent à vif, et plonger dans cette mer inconnue.

Dès les premières lignes, l’auteur dédie son roman au poète, chanteur et compositeur Brahim Saci :
« À Brahim Saci, pour la clairvoyance de son regard, pour sa poésie qui sait saisir l’essentiel, pour ses chansons toutes enrobées d’un humanisme serein et toujours en mouvement. »
Une première clé pour entrer dans le roman, qui se révèle dès lors comme une œuvre où la poésie et l’engagement humain vont de pair.

Une deuxième clé nous est offerte par une citation de Fernando Pessoa :
« J’ai conquis, un petit pas après l’autre, le territoire intérieur qui était mien de naissance… J’ai accouché de mon être infini, mais j’ai dû m’arracher de moi-même au forceps. »
Cette phrase pourrait à elle seule résumer le parcours d’Amina, l’héroïne du roman, qui lutte pour reconquérir son espace intérieur, son identité, sa dignité.

Le récit se déroule dans une Algérie contemporaine en mutation, où l’histoire récente pèse encore lourdement sur les consciences. Le pays y est présenté comme écartelé entre la nostalgie d’un passé idéalisé, les blessures mal refermées de la décennie noire, et les dérives d’un présent marqué par la corruption, l’injustice sociale, et la perte de repères. Youcef Zirem dresse un tableau sans complaisance, presque naturaliste, de cette société malade. À travers son écriture précise et engagée, il s’inscrit dans la tradition d’un Émile Zola, en mettant en lumière les mécanismes sociaux qui broient les individus.

On pense aussi à Balzac : ses personnages, comme ceux de Zirem, sont des observateurs lucides d’un monde qui les dépasse, souvent impuissants face à l’ordre établi, mais porteurs d’une dignité silencieuse. La narration elle-même, tantôt hachée, tantôt fluide et introspective, n’est pas sans rappeler, par instants, le style de William Faulkner, avec ses flux de conscience et ses ruptures de rythme. L’écriture, marquée par la discontinuité et la tension, devient alors une forme d’expression de la cicatrice : ce roman est aussi un livre écrit à vif, où chaque phrase semble tenter de recoudre une plaie ouverte.

Amina, personnage central du roman, incarne cette Algérie blessée qui cherche à se relever. Elle avance, non pas dans un élan héroïque, mais par nécessité vitale : avancer pour ne pas sombrer, pour ne pas oublier. Dans une société qui cultive l’amnésie collective par peur de se confronter à elle-même, Amina devient une figure de mémoire vivante. Sa trajectoire résonne fortement avec celle de Nedjma, l’héroïne mythique de Kateb Yacine. Comme Nedjma, Amina est une allégorie d’un pays écartelé. Elle est à la fois victime et actrice, témoin d’une défiguration sociale et gardienne d’un espoir ténu.

Mais Amina est aussi une femme qui résiste dans un monde d’hommes. À travers elle, Zirem ouvre une lecture féministe du récit, en révélant l’enfermement des femmes, leur effacement dans l’espace public, leur combat pour exister dans une société patriarcale. La mer qu’elle regarde à travers une fissure devient alors un symbole de tous les horizons confisqués. En cela, La porte de la mer prolonge l’œuvre de grandes écrivaines algériennes comme Assia Djebar ou Malika Mokeddem, qui ont donné voix aux silences féminins.

La mer du titre, justement, peut être lue comme bien plus qu’un décor. Elle devient une métaphore puissante de l’exil — un exil non seulement géographique, mais aussi intérieur. Chez les personnages du roman, l’exil prend souvent la forme d’un refuge imaginaire, d’un espoir de départ ou de retour à soi. Elle est la porte vers un ailleurs, vers un possible. Cette dimension métaphorique ancre le roman dans une tradition méditerranéenne de la mer comme seuil : lieu de passage, de perte, mais aussi de renaissance.

Et c’est peut-être là l’une des grandes forces du roman : faire de cette Algérie à vif, à la fois réaliste et allégorique, une matière romanesque à portée universelle. Ce que Youcef Zirem réussit brillamment dans La porte de la mer, c’est à inscrire une réalité algérienne profondément ancrée dans son contexte historique et social dans une perspective universelle. À travers une langue sobre mais tendue, un regard acéré mais jamais cynique, il interroge ce que signifie résister, aimer, espérer dans un monde fracturé.

L’auteur ne cède ni à la facilité du pathos, ni à l’illusion de l’angélisme. Il propose au contraire une plongée lucide dans les failles humaines et collectives, tout en laissant, à chaque page, filtrer une lumière : celle de la mer intérieure de ses personnages, de cette ouverture possible vers un ailleurs, un renouveau.

Peut-être faut-il aussi lire ce roman comme une œuvre de réconciliation fragile mais sincère. Non pas une réconciliation politique dictée d’en haut, mais une réconciliation intime, lente, douloureuse, entre les individus et leur mémoire, entre les femmes et leur parole, entre la société et sa propre image. Zirem n’offre pas de solution ; il ouvre un espace. Et dans ce vide ouvert, une possibilité d’écoute renaît.

La porte de la mer n’est pas un roman qu’on lit à distance : c’est un texte qui nous saisit, nous interpelle, nous dérange parfois, mais surtout nous oblige à regarder en face nos propres enfermements. Il dit l’Algérie, mais aussi toutes les sociétés qui ont peur de se réinventer. À travers le destin d’Amina, c’est un chant de résistance, de mémoire et de dignité que nous livre Youcef Zirem.

Un roman essentiel, profond, humain.

Brahim Saci

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 Leïla Aslaoui nommée présidente de la Cour constitutionnelle

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Leila Aslaoui
Leila Aslaoui, 79 ans, à la tête de la Cour constitutionnelle

Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a procédé ce mardi à la nomination de Madame Leïla Aslaoui (79 ans) à la tête de la Cour constitutionnelle. Cette décision intervient en application des dispositions des articles 91 (alinéa 7), 92 (alinéa 1), 186 et 188 de la Constitution.

Jusqu’à sa désignation officielle, Leïla Aslaoui assurait l’intérim à la présidence de l’institution en sa qualité de membre le plus âgé, conformément à la procédure prévue. Elle succède à Omar Belhadj, dont la démission a été acceptée à sa demande. Ce dernier a été ensuite nommé ambassadeur de l’Algérie auprès de l’État du Koweït.

Leïla Aslaoui possède un parcours marqué par une longue expérience au sein de plusieurs gouvernements successifs durant les années 1990. Elle est nommée ministre de la Jeunesse et des Sports le 18 juin 1991 dans les premier, deuxième et troisième gouvernements dirigés par Sid Ahmed Ghozali. Par la suite, elle occupe les fonctions de secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Solidarité nationale et de la Famille, d’abord dans le gouvernement de Mokdad Sifi, puis dans celui de Redha Malek.

C’est notamment durant cette période qu’elle est confrontée à des dossiers sociaux sensibles, en lien avec l’assistance aux familles durement éprouvées par les violences de la décennie noire. Son implication dans ces questions à haute portée humaine et politique a renforcé son profil technocratique et son ancrage dans le paysage institutionnel.

Bien qu’écartée de la scène politique durant les mandats successifs du président défunt Abdelaziz Bouteflika, Leïla Aslaoui est restée proche des cercles décisionnels. Son retour à un poste de haute responsabilité témoigne d’une forme de continuité dans la gestion des affaires de l’État, et souligne la confiance que lui accorde l’exécutif.

La Cour constitutionnelle, instituée par la révision constitutionnelle de 2020, est chargée de veiller au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions et à la régularité des opérations électorales. On se souvient en septembre dernier, c’est la Cour constitutionnelle qui a annoncé les résultats finaux de la présidentielle. Omar Belhadj, son président, avait annoncé que la participation s’est élevée à 46,1 %. Un écart considérable avec les 23 à 25 % annoncés par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), objet de nombreux commentaires ironiques.

Le nombre de votants a été quasiment doublé, passant de plus de 5,6 millions, selon l’ANIE, à 11,2 millions selon la Cour constitutionnelle. Un tour de passe-passe qui a sauvé la face à Tebboune. Ce gonflement a induit une baisse du score du vainqueur, qui passe de 94,1 à 84,3 %, tout en lui accordant plus de 2,3 millions de voix supplémentaires. 

Eu égard à cette affaire, qui a éclaboussé la réputation déjà bien entamée de la présidentielle, le profil de Leïla Aslaoui, alliant expérience, loyauté institutionnelle et connaissance fine des rouages de l’État, répond aux exigences de stabilité qu’impose la présidence de cette haute juridiction.

La cérémonie de prestation de serment devant Abdelmadjid Tebboune est attendue dans les prochains jours.

La rédaction

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Répression en Algérie : l’arrestation de Lounis Saïdi, symbole des dérives de la nouvelle loi sur le droit de grève

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Saïdi Lounis
Le syndicaliste Saïdi Lounis libéré

L’incarcération de Lounis Saïdi, secrétaire général du Syndicat national des cheminots, sonne comme un signal d’alarme. Ce militant syndical a été placé en détention provisoire peu après avoir signé, au nom de sa fédération, un préavis de grève illimitée.

Ce mouvement de contestation devait démarrer le 7 juillet pour dénoncer une série de dysfonctionnements structurels dans le secteur ferroviaire, notamment la non-application d’accords salariaux, la dégradation des conditions de travail et la marginalisation des instances syndicales.

Mais derrière ce fait divers syndical se profile une réalité plus inquiétante : l’instrumentalisation croissante de la justice et des lois pour étouffer les mobilisations sociales. Car c’est bien au nom de la loi algérienne sur le droit de grève, adoptée le 21 juin 2023, que la procédure a été enclenchée.

Présentée comme un texte d’équilibre entre les droits des travailleurs et les obligations des services publics, cette loi est aujourd’hui dénoncée comme un outil de répression.

Les syndicats indépendants et les organisations de défense des droits humains y voient une remise en cause en règle du droit de grève, pourtant garanti par la Constitution. Ils pointent notamment les nombreuses barrières procédurales imposées avant qu’une grève ne soit déclarée légale : obligation de médiation, procès-verbaux de conciliation, délais allongés… Autant d’entraves qui affaiblissent l’action syndicale et ouvrent la voie à des poursuites pénales, comme dans le cas de Saïdi.

La fédération syndicale des cheminots dénonçait « l’impasse dangereuse » créée par la fermeture du dialogue social par la direction générale de la Société nationale des transports ferroviaires, accusée d’avoir ignoré les revendications des travailleurs et saboté les processus électifs des instances représentatives.

La direction, de son côté, s’est réfugiée derrière une interprétation étroite de la légalité. Elle a contesté la validité du préavis de grève, l’accusant de ne pas refléter l’avis majoritaire du bureau syndical, et de ne pas respecter les procédures imposées par la nouvelle législation. Elle a qualifié le mouvement de « perturbateur », tout en appelant les travailleurs à la responsabilité et à la continuité du service public.

Au-delà de cette confrontation syndicat-direction, c’est bien la législation elle-même qui cristallise les tensions. Ses détracteurs dénoncent une loi taillée pour contenir l’expression ouvrière plutôt que pour la réguler.

L’élargissement de la liste des secteurs jugés « essentiels », où le droit de grève est désormais restreint, et l’ambiguïté entretenue autour de la « représentativité syndicale », sont autant de leviers utilisés pour décrédibiliser ou neutraliser toute contestation.

L’affaire Lounis Saïdi n’est donc pas un simple différend professionnel. Elle s’inscrit dans un climat de durcissement général envers les syndicats autonomes, désormais pris en étau entre une administration inflexible et un arsenal juridique de plus en plus contraignant.

Pour nombre d’observateurs, elle incarne le glissement autoritaire d’un système qui, sous couvert de légalité, s’emploie à museler les voix discordantes du monde du travail.

Samia Naït Iqbal

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Les flammes encerclent Marseille : confinement et aéroport fermé

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Marseille
Marseille en feu

Ce mardi 8 juillet, un incendie d’une rare intensité a éclaté aux abords de Marseille, provoquant une mobilisation massive des secours et des mesures d’urgence inédites.

Le préfet des Bouches-du-Rhône Georges-François Leclerc a appelé mardi la population à garder son calme et «à rester confinée»

Le feu est parti aux Pennes-Mirabeau, à proximité immédiate de l’autoroute A552, à la jonction entre l’A55 et l’A7. Il aurait été déclenché, selon ICI Provence (ex-France Bleu), par un véhicule en feu vers 11h. Propulsé par des vents violents, le brasier a gagné rapidement les zones végétales environnantes.

Le 16e arrondissement de Marseille confiné

La préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a ordonné le confinement des habitants du 16e arrondissement de Marseille, particulièrement touché par les fumées. Le quartier de l’Estaque est sous haute surveillance, l’incendie s’étant dangereusement rapproché des voies ferrées.

Les autorités recommandent aux riverains de fermer les volets et de calfeutrer les ouvertures avec des linges humides pour éviter l’infiltration des fumées toxiques.

L’aéroport Marseille-Provence à l’arrêt

En raison de la proximité immédiate des flammes, l’aéroport Marseille-Provence a été fermé.

Sur le terrain, 168 pompiers et 62 véhicules sont mobilisés pour tenter de contenir l’incendie. Cinq Canadair, deux Dash 8, deux hélicoptères bombardiers d’eau et un Hélicoptère Puma ont été engagés pour éteindre l’incendie. Les opérations sont toutefois rendues extrêmement difficiles par les conditions météorologiques défavorables.

Le feu gagne aussi le Languedoc

Dans l’Aude, près de Narbonne, un autre incendie reste hors de contrôle. « Le feu n’est toujours pas fixé et reste actif », a confirmé Christophe Magny, directeur du SDIS de l’Aude sur franceinfo. « Le vent ne faiblit pas, au contraire, il s’est levé dès 6h ce matin », a-t-il précisé.

Alerte rouge maximale dans trois départements

Météo-France a placé les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse en vigilance rouge, soit le niveau d’alerte le plus élevé concernant les risques de feux de forêt. Cette alerte ne tient pas compte des incendies en cours, mais signale une forte probabilité de départs de feu dans les conditions actuelles : végétation asséchée, vents violents, températures élevées.

Alors que la France affronte une saison estivale à haut risque, les autorités appellent à la vigilance extrême, à limiter les déplacements dans les zones forestières et à signaler toute fumée suspecte.

Djamal Guettala

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