Un vaste incendie de forêt s’est déclenché jeudi 17 juillet en début de soirée, au sud de Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Alimenté par des vents puissants soufflant jusqu’à 70 km/h, le feu a ravagé plus de 240 hectares en quelques heures, menaçant des zones résidentielles et provoquant l’évacuation de dizaines d’habitants.
Dès l’alerte donnée vers 19h30, les secours ont déployé un dispositif d’une rare ampleur : plus de 1 000 sapeurs-pompiers, 320 engins terrestres, et d’importants moyens aériens — 7 Canadairs, 2 avions Dash, et 2 hélicoptères bombardiers d’eau.
Plusieurs quartiers de Martigues et de la commune voisine de Sausset-les-Pins ont été évacués par précaution. Deux maisons ont été touchées par les flammes, une exploitation agricole endommagée, mais aucune victime n’est à déplorer à ce stade. Deux pompiers ont été légèrement blessés.
Les autorités ont activé les plans communaux de sauvegarde et ouvert plusieurs structures d’accueil, notamment le gymnase Alain Calmat à Sausset-les-Pins, où une vingtaine de personnes et des chevaux d’un centre équestre ont été mis en sécurité. Les campings de la zone ont également été évacués par crainte d’une propagation rapide, comme lors du terrible incendie de 2020.
Ce vendredi matin, le feu est désormais contenu, selon les services de l’État, mais reste sous étroite surveillance. Le sous-préfet d’Istres évoque une évolution favorable, avec une baisse du vent dans la nuit. L’objectif est désormais de fixer définitivement le feu dans les prochaines heures.
Les pompiers poursuivent leurs efforts pour maîtriser les foyers résiduels, tandis que les habitants évacués attendent l’autorisation de regagner leurs logements. Les autorités appellent à la vigilance et rappellent les consignes essentielles en cas d’incendie : rester confinés, ne pas encombrer les routes, et faciliter l’accès aux secours.
Écrire, c’est résister. Enfermer un écrivain comme Boualem Sansal, c’est enfermer une époque.
Il y a des jours où une démocratie retrouve son honneur. Où une nation regarde plus loin que ses frontières et tend la main à un homme que l’on veut faire taire pour avoir dit la vérité.
Ce vendredi 18 juillet 2025, le Parlement fédéral belge a voté à l’unanimité une résolution exigeant la libération immédiate de Boualem Sansal, immense écrivain algérien, détenu arbitrairement pour ses idées, pour sa parole libre, pour son engagement contre l’islamisme et pour l’universalité des Lumières.
C’est un acte politique, mais c’est aussi un geste d’humanité. Dans un monde qui abdique trop souvent devant les régimes autoritaires, la Belgique vient de dire qu’on ne peut pas emprisonner un écrivain sans que cela n’implique toutes les consciences libres.
Je connais Boualem. C’est mon ami. Je l’aime. Je l’estime profondément. Son œuvre m’accompagne comme elle accompagne tant d’âmes lucides à travers le monde. Il écrit sans haine, mais sans compromis. Il dénonce sans vociférer. Il pense contre lui-même, à la manière des grands esprits. C’est cela, précisément, qu’on veut punir.
En tant qu’écrivain, président du Comité belge de soutien à Boualem Sansal, et membre du bureau exécutif du Comité de soutien international à Boualem Sansal, je salue solennellement les parlementaires belges qui ont déposé cette résolution : Michel De Maegd, Kathleen Depoorter, Benoît Lutgen, Annick Lambrecht, Els Van Hoof et Daniel Bacquelaine. Ils ont agi avec courage, constance, et clarté.
Et je tiens à remercier de manière toute particulière François De Smet, dont l’engagement inlassable a permis que cette résolution voie le jour. Même si son nom ne figure plus dans la version finale du texte, ce combat lui doit énormément.
Au-delà du vote, au-delà du symbole, c’est une question fondamentale qui se pose à chacun d’entre nous : que vaut encore notre liberté si nous laissons tomber ceux qui la paient de leur corps et de leur silence forcé ?
Car oui, l’arrestation de Boualem Sansal est une tragédie, mais c’est aussi une épreuve pour lui d’abord et pour nous tous. Pour nos principes. Pour notre capacité à rester fidèles à ce que nous prétendons être. C’est une ligne de partage entre les démocraties qui se taisent et celles qui se lèvent.
Boualem Sansal incarne une fidélité rare : celle à la vérité, à la complexité, à l’exigence de penser librement. Son œuvre n’appartient pas qu’à l’Algérie. Pas plus qu’à la France. Elle appartient à l’humanité. Et c’est au nom de cette humanité que nous exigeons sa libération.
Il n’est pas seul. Il ne le sera jamais. Sa voix est relayée dans les parlements, dans les journaux, dans les librairies, dans les consciences éveillées. C’est une lumière qu’on ne peut pas enfermer.
Et nous, tant que nous serons libres, nous parlerons pour lui.
Kamel Bencheikh
Kamel Bencheikh, écrivain, président du Comité belge de soutien à Boualem Sansal, membre du bureau exécutif du Comité de soutien international
Le Parti des travailleurs (PT) a dénoncé, dans un communiqué publié ce jeudi 18 juillet, ce qu’il qualifie de « dérive gravissime » après la condamnation du syndicaliste Lounis Saïdi à deux ans de prison ferme et à une lourde amende de deux millions de dinars.
Ce dernier, secrétaire général de la fédération UGTA des chemins de fer, avait déposé un préavis de grève fin juin pour revendiquer des hausses salariales et s’opposer à l’ingérence de la direction dans les affaires syndicales.
Selon le PT, cette condamnation marque une étape inquiétante dans la « criminalisation » de l’action syndicale en Algérie. Le parti y voit un glissement vers une remise en cause ouverte des libertés syndicales garanties par la Constitution ainsi que par les conventions internationales ratifiées par l’Algérie, notamment celles de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Le communiqué du PT souligne la « sinistre concomitance » entre l’arrestation de Lounis Saidi, intervenue le 5 juillet, jour de célébration de l’indépendance nationale, et l’héritage syndical d’Aissat Idir, fondateur de l’UGTA tombé au champ d’honneur. Pour le parti, cet épisode judiciaire constitue un tournant « sans précédent » dans la répression des droits syndicaux.
L’affaire s’inscrit dans un climat de crispation autour du droit de grève et de l’indépendance syndicale. Le PT établit un lien direct entre cette condamnation et les modifications législatives récentes encadrant davantage l’exercice de l’activité syndicale, qu’il qualifie de « dangereuses ». Ces textes, adoptés au nom de la modernisation du droit du travail, auraient en réalité pour effet, selon le parti, d’affaiblir les syndicats et de renforcer le pouvoir des directions d’entreprises, y compris publiques.
Un appel à la mobilisation
Le PT en appelle à une mobilisation large des travailleurs et syndicalistes pour exiger la libération de Lounis Saidi. « Défendre Lounis Saidi, c’est défendre des droits constitutionnels universels », affirme le communiqué, qui replace la lutte syndicale dans le cadre plus large de la défense de la démocratie et de la souveraineté nationale. Le parti rappelle que, par le passé, le mouvement syndical a constitué un rempart contre les menaces pesant sur l’unité du pays, notamment durant l’été 1962 et les années de la décennie noire.
Fait rare, le PT interpelle directement le président de la République, l’appelant à intervenir en sa qualité de « protecteur de la Constitution ». Une manière de souligner la gravité de l’affaire et de faire appel à la plus haute autorité de l’État pour infléchir le cours des événements.
À travers ce communiqué, le PT ne se contente pas de dénoncer une décision de justice. Il met en garde contre un processus de caporalisation des syndicats et d’érosion des contre-pouvoirs sociaux, dans un contexte économique et social tendu. Si d’autres formations politiques ou syndicats indépendants venaient à relayer cet appel, l’affaire Lounis Saidi pourrait bien devenir un symbole du débat national sur les libertés syndicales en Algérie.
La rédaction
Le silence assourdissant de l’UGTA
Alors que l’un de ses cadres vient d’être condamné à une lourde peine de prison pour avoir exercé un droit reconnu — celui de déposer un préavis de grève — la centrale syndicale UGTA reste étrangement silencieuse. Aucune déclaration officielle, aucune réaction publique, aucun appel à la solidarité syndicale n’est venu de la part de la direction de l’Union générale des travailleurs algériens. Un mutisme que de nombreux observateurs jugent incompréhensible, voire complice, face à ce qui est qualifié d’« atteinte gravissime au droit de grève et au libre exercice syndical ».
Ce silence soulève une fois de plus la question de l’indépendance réelle de la centrale historique, dont le rôle de contre-pouvoir semble de plus en plus affaibli face aux pressions institutionnelles. Pour certains syndicalistes de base, ce désengagement est perçu comme un signal préoccupant du processus de caporalisation dénoncé par le PT.
Depuis plusieurs jours, la chanteuse algérienne Zakia Mohamed fait l’objet d’une campagne de dénigrement virulente sur les réseaux sociaux. En cause : des vidéos postées sur sa page Facebook où l’artiste proclame haut et fort son attachement à l’Algérie dans toute sa profondeur amazighe, bousculant ainsi les partisans d’un récit identitaire fondé exclusivement sur l’arabité.
Dans l’une de ses publications les plus commentées, Zakia Mohamed rappelle une vérité historique : Okba Ibn Nafi, général omeyyade, n’était pas algérien mais un conquérant venu de l’Orient. Cette déclaration a suffi pour déclencher une vague d’indignation chez certains militants arabistes, qui continuent de promouvoir une lecture univoque de l’histoire de l’Algérie, niant ou minimisant les racines autochtones du pays.
Une artiste engagée dans la défense de l’identité amazighe
Artiste de scène et de conviction, Zakia Mohamed ne s’est jamais contentée de chanter. À travers ses prises de parole publiques, elle s’inscrit dans une tradition de résistance culturelle, celle d’une Algérie plurielle où l’amazighité ne se vit ni en marge ni en opposition à l’arabité ou à l’islam, mais comme un fondement historique et civilisationnel de la nation.
Ses vidéos, dans lesquelles elle revendique une lecture décomplexée de l’histoire, dérangent. Non pas parce qu’elles seraient haineuses — aucune incitation à la violence n’y est relevée — mais parce qu’elles remettent en question un récit sacralisé par certaines sphères idéologiques. Dans une Algérie où les enjeux mémoriels sont toujours l’objet de luttes symboliques, rappeler que les conquérants arabes n’étaient pas autochtones reste un tabou pour beaucoup.
Une offensive coordonnée sur les réseaux sociaux
Les attaques contre l’artiste se sont intensifiées ces dernières 48 heures, alimentées par des pages Facebook et des militants politiques exigeant la fermeture de son compte et son arrestation pour “atteinte à l’identité nationale” et “incitation à la haine”. Certains vont jusqu’à demander des poursuites judiciaires, en invoquant la “protection de l’unité nationale”, un argument souvent brandi pour museler les voix dissidentes.
Cette campagne a franchi un cap inquiétant : elle ne cible plus seulement des idées, mais une personne, une femme, une artiste, coupable d’avoir mis des mots sur une mémoire refoulée. Or, dans une démocratie digne de ce nom, la diversité d’opinions ne saurait être criminalisée, surtout lorsqu’elle s’exprime dans le respect des faits historiques et sans appel à la violence.
Quand la liberté d’expression devient un délit d’opinion
Il est alarmant de constater que dans l’Algérie d’aujourd’hui, affirmer son algérianité amazighe puisse être interprété comme un acte de subversion. La liberté d’expression, pourtant garantie par la Constitution, semble à géométrie variable dès qu’il s’agit d’identité et de mémoire.
Zakia Mohamed n’a fait que rappeler que l’histoire de l’Algérie ne commence pas avec les conquêtes arabes. Elle commence bien avant, dans les montagnes, les langues et les traditions d’un peuple enraciné sur cette terre depuis des millénaires. En cela, elle n’insulte ni les Arabes, ni l’islam, mais réhabilite une part essentielle de l’héritage national.
Une société en mal de pluralisme
Le traitement réservé à Zakia Mohamed révèle, une fois de plus, l’immaturité du débat public sur les questions identitaires en Algérie. Au lieu d’ouvrir des espaces de dialogue, certains préfèrent les fatwas numériques et les campagnes de diffamation. Pourtant, l’Algérie ne pourra construire une unité solide qu’en acceptant la diversité de ses composantes : amazighe, arabe, islamique, méditerranéenne et africaine.
La société civile, les intellectuels et les artistes doivent aujourd’hui refuser cette dérive inquisitoriale. Défendre Zakia Mohamed, c’est défendre le droit de chaque Algérien à dire qui il est, sans peur ni pression. Car une identité niée finit toujours par se venger de ceux qui l’ont refoulée.
Il est indéniable que les propos de Zakia Mohamed relèvent d’une lecture conforme à la vérité historique. Okba n’a jamais été un fils de cette terre, et cela ne devrait pas choquer dans un pays qui aspire à la réconciliation avec toutes les strates de son histoire. »
Attaque de drones contre les installations pétrolières au Kurditan irakien
Au Kurdistan irakien, les exploitations pétrolières sont visées par de nombreuses attaques de drones. À Zakho, dans le nord-est du pays, deux assauts ont visé le même champ pétrolier en l’espace de deux jours, le dernier en date ayant eu lieu jeudi 17 juillet.
Aucun de ces actes n’a, pour l’heure, été revendiqué. Des assauts qui se déroulent au moment où le gouvernement régional et les autorités fédérales de Bagdad se disputent le contrôle des recettes d’exportation des gisements kurdes. Mais alors qui a intérêt à s’en prendre à ces installations pétrolières ?
L’attaque de jeudi n’a causé aucun dégât, mais celle de la veille avait contraint l’entreprise norvégienne exploitant le site à suspendre temporairement ses activités sur les champs pétrolifères de Tawke et de Pechkabir. Le même jour, deux autres gisements dans la région ont également été visés. Aucun blessé n’est à déplorer pour l’instant, mais plusieurs bombardements ont provoqué des départs de feu sur les installations.
Les assauts de drones s’enchainent dans cette région riche en pétrole. L’Association de l’industrie pétrolière du Kurdistan (APIKUR), qui représente des compagnies pétrolières internationales présentes dans la région, notamment DNO et Hunt, a condamné les attaques. Mercredi, la majorité de ses membres avait suspendu leur production, entraînant une chute estimée à 70 % de la production quotidienne, qui atteint en temps normal 280 000 barils.
Le gouvernement irakien a cependant annoncé jeudi un accord pour la reprise des exportations de pétrole de la région autonome du Kurdistan.
Des attaques non revendiquées
Les États-Unis, dont une installation a été directement ciblée, ont également dénoncé ces frappes non revendiquées. La responsable américaine a condamné ces attaques qui « mettent en péril la stabilité et l’avenir économique de l’Irak ». « Le gouvernement irakien a le devoir de protéger son territoire et tous ses citoyens », a-t-elle affirmé.
Une enquête a été promise par Bagdad afin d’identifier les responsables. Mais un responsable kurde, ayant requis l’anonymat, a accusé les forces du Hachd al-Chaabi, d’anciens paramilitaires pro-Iran désormais intégrés aux forces armées régulières. Ce mouvement militaire est devenu une force qui compte en Irak. « Nous tenons le gouvernement irakien pour responsable, car il finance les forces du Hachd qui attaquent les infrastructures pétrolières », a-t-il déclaré à l’AFP mercredi.
Entre purges militaires, manipulations politiques et répression des contestations sociales, Lyes Laribi dissèque dans un essai percutant les ressorts profonds d’un pouvoir qui s’accroche au nom de la stabilité. Un document essentiel pour comprendre les rouages de l’Algérie post-Bouteflika.
2017–2019 : recomposition et verrouillage d’un régime à bout de souffle
Les années 2017 à 2019 marquent un tournant dans l’histoire récente de l’Algérie. Entre épuration militaire, contestation populaire (le Hirak) et transition présidée par l’armée, cette période révèle les failles d’un pouvoir qui se veut immuable. Dans Algérie : la République des généraux – De Bouteflika à Tebboune, publié chez Vérone Éditions en juin 2023, Lyes Laribi livre un essai incisif et documenté sur les dessous d’une « continuité autoritaire ».
Purges, clans et manœuvres de palais
En 2017, alors que la santé de Bouteflika se détériore, le général Ahmed Gaïd Salah engage une vaste opération de nettoyage au sein des institutions sécuritaires. Officiellement présentée comme une campagne anticorruption, elle vise surtout à écarter les proches du clan présidentiel. Gaïd Salah, devenu l’homme fort du régime, réorganise les centres de pouvoir autour de sa personne.
En février 2019, le Hirak éclate. Le général, d’abord favorable à un cinquième mandat présidentiel, change brusquement de cap et pousse Bouteflika vers la sortie en avril. « Il ne s’agissait pas de choisir le peuple, écrit Laribi, mais de sauver le régime. »
Des hommes de l’ombre à la lumière crue
Parmi les figures centrales de cette transition contrôlée, le général Wassini Bouazza, patron de la DGSI, joue un rôle trouble : il tente d’imposer Azzedine Mihoubi à la tête de l’État. Mais les rapports de force lui échappent. Il sera arrêté et condamné lourdement dès 2020. Quelques mois plus tard, Gaïd Salah meurt subitement, ouvrant la voie à Saïd Chengriha, son successeur à la tête de l’état-major, qui poursuit le remodelage sécuritaire selon ses propres lignes.
Un sommaire explosif
Le livre frappe aussi par sa construction. Chaque chapitre est une incursion dans les non-dits d’un pouvoir militarisé :
La chute de Rab Ezzair, L’ombre de Saïd, Les généraux et la cocaïne : révélations sur les liens entre pouvoir, drogues et réseaux parallèles.
La harga, la seule voie pour fuir la dictature, Le Hirak, un 5 octobre bis ?, Opération zéro Kabyle : analyse des réponses autoritaires à la contestation.
Démission ou coup d’État ? Coup de filet chez les oligarques, Tebboune, la continuité du Bouteflikisme ? L’auteur décrypte les jeux de dupes derrière les élections.
Pegasus, la mise à nu de la DDSE, Le SCORAT, un service au-dessus de la loi ? La gendarmerie, un corps malade de ses chefs : enquête sur les outils technologiques et institutionnels de la surveillance généralisée.
Qui sont les soutiens étrangers des généraux ? L’histoire selon les Tagarins : Laribi revient sur les appuis internationaux du régime et sa tentative de réécriture de l’histoire.
Chaque chapitre est bref, tendu, argumenté. L’écriture est directe, souvent empreinte d’une colère froide. Mais toujours portée par un souci de véracité.
Une voix qui dérange
Ce n’est pas un livre neutre. Lyes Laribi y parle aussi de lui. De son arrestation en 1992, de sa détention à In M’Guel et Blida, des tortures subies, de son exil. Son témoignage personnel renforce la charge politique du propos. Il oppose deux clans militaires : les « dafistes » (anciens déserteurs de l’armée française) et les « nationalistes », héritiers de la ligne dure.
Pourquoi ce livre est crucial en 2025 ?
Parce que les dynamiques dénoncées restent à l’œuvre. Parce que l’autoritarisme s’est durci. Parce que les médias sont muselés et que les opposants sont traqués. Parce que l’amnésie politique menace. Et que le peuple, malgré tout, continue de résister.
Ce livre mérite d’être lu, discuté, diffusé. Parce qu’il éclaire une époque que le régime tente de faire oublier. Parce qu’il documente, avec précision et engagement, une dérive autoritaire en marche. Et parce qu’il rappelle une chose simple : lire, c’est déjà résister.
Mourad Benyahia
Algérie : la République des généraux – De Bouteflika à Tebboune, de Lyes Laribi paru chez Vérone Éditions
Dans un communiqué rendu public ce jeudi 17 juillet, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé son profond mécontentement à l’égard de la Commission européenne, dénonçant une décision unilatérale d’évaluation de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne, conclue en 2005.
Le gouvernement algérien déplore une démarche jugée « non constructive » et « déséquilibrée », contournant le cadre de concertation bilatérale prévu par l’accord.
Selon le communiqué, la Direction générale du commerce de la Commission européenne a notifié récemment aux autorités algériennes le lancement d’un processus d’évaluation autonome de la mise en œuvre des dispositions relatives au commerce et à l’investissement dans le cadre de l’accord d’association. Une démarche immédiatement critiquée par Alger, qui y voit une violation de l’esprit de partenariat et de dialogue prôné par le texte fondateur de la coopération entre les deux parties.
Dans une réponse officielle transmise à la cheffe de la délégation de l’Union européenne à Alger, Mme Thomas-Katia Lallou, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a dénoncé ce qu’il a qualifié de « dérive unilatérale » incompatible avec la nature contractuelle de l’accord.
Il a rappelé que les consultations engagées auparavant avaient pour but de corriger les déséquilibres persistants dans la relation commerciale bilatérale et de renforcer une approche fondée sur la réciprocité. Or, selon Alger, la partie européenne a interrompu de manière « injustifiée » le dialogue en cours, malgré les propositions formulées par l’Algérie en matière de mise en œuvre des engagements.
Le ministère souligne également que cette initiative européenne s’inscrit dans une logique d’ »évaluation exclusivement unilatérale », contraire à l’article 100 de l’accord d’association qui prévoit une concertation régulière entre les deux parties pour toute mesure d’évaluation ou de révision. Le gouvernement algérien regrette que cette évaluation ne tienne pas compte du contexte particulier dans lequel évolue l’économie nationale, marquée notamment par les réformes engagées pour réduire la dépendance aux hydrocarbures, promouvoir l’investissement local et assurer un équilibre des échanges plus favorable.
En toile de fond, ce différend illustre une tension récurrente entre Alger et Bruxelles sur la mise en œuvre concrète de l’accord, Alger accusant depuis plusieurs années l’Union européenne de tirer unilatéralement profit du partenariat, au détriment des intérêts économiques algériens. Le ministère rappelle qu’à plusieurs reprises, le Conseil des ministres de l’Accord d’association n’a pas été convoqué, privant les deux parties d’un espace formel de résolution des divergences.
Face à cette situation, l’Algérie appelle à une relance équilibrée et concertée du partenariat euro-algérien. Le ministre Attaf a réitéré l’engagement de son pays à travailler dans un cadre de dialogue respectueux des principes de souveraineté, de réciprocité et de bénéfice mutuel, dans l’objectif d’une redéfinition plus juste des termes de la coopération avec l’Union européenne.
Ce nouvel épisode de friction diplomatique entre Alger et Bruxelles révèle les limites actuelles du cadre d’association signé il y a vingt ans. Si l’accord avait initialement pour ambition de favoriser l’intégration économique de l’Algérie dans l’espace euro-méditerranéen, force est de constater que sa mise en œuvre a souvent été critiquée pour son déséquilibre structurel.
L’Algérie, qui a engagé depuis 2020 une politique de redéploiement économique fondée sur la souveraineté industrielle et la diversification des partenariats, semble moins disposée à tolérer les pratiques perçues comme hégémoniques ou déséquilibrées. Dans ce contexte, Alger considère que le dialogue euro-algérien ne pourra évoluer que sur la base d’une redéfinition conjointe des objectifs et des outils du partenariat.
Annoncée à la fin de l’année 2024, la revalorisation du droit de change pour les voyageurs algériens à destination de l’étranger n’entrera finalement en vigueur que le dimanche 20 juillet 2025, soit plusieurs mois après le délai initialement promis par les autorités.
C’est par la note n°05-2025, signée ce jeudi par le Gouverneur de la Banque d’Algérie, que la mesure a été formellement actée.
Selon ce texte, le montant du droit de change pour voyage est désormais fixé à 750 euros par an pour les citoyens majeurs et 300 euros pour les mineurs, et ce, au profit des citoyens résidant en Algérie. Cette mesure était attendue mais ne nous hâtons pas de nous en réjouir, attendons sa mise en pratique réelle et concrète. Tout Algérien en voyage en aura-t-il le droit ou sera-t-elle soumise encore à un maquis bureaucratique ?
L’instruction précise les conditions d’éligibilité et les modalités d’obtention de cette allocation auprès des banques agréées. Mais aucune explication n’est donnée sur le retard accusé dans sa mise en œuvre. Or, cette mesure avait été présentée à l’époque comme l’un des engagements phares du chef de l’Etat, censé entrer en application dès le début de l’année 2025.
Des observateurs avertis n’ont pas manqué de s’interroger sur les raisons de ce décalage, non évoquées dans le communiqué publié par la Banque d’Algérie. Le sujet a d’ailleurs été plusieurs fois soulevé à l’Assemblée populaire nationale (APN), sans obtenir de réponse claire. Interpellé sur la question, le ministre des Finances s’est contenté de renvoyer la responsabilité à la Banque d’Algérie, laissant planer un flou sur l’origine réelle du blocage.
Malgré ce retard, la révision du droit de change est saluée comme une avancée par de nombreux citoyens, surtout au vu de la dépréciation continue du dinar et de la persistance d’un écart important entre le taux officiel et celui du marché parallèle. Toutefois, pour une large partie de la population, le montant alloué reste insuffisant au regard des coûts des séjours à l’étranger, notamment pour les étudiants ou les malades se soignant hors du pays.
Cette décision intervient alors que les autorités affichent leur volonté de réorganiser progressivement le système de change et de réduire la pression sur le marché informel, sans pour autant annoncer de réforme structurelle d’envergure. Car sinon comment expliquer la risible mesure d’importation en « cabas » lancée par Tebboune encore une fois ?
Samia Naït Iqbal
Repères historiques : l’évolution du droit de change en Algérie
Depuis l’indépendance, la réglementation du droit de change en Algérie a été étroitement liée à la politique de contrôle des devises et à la situation macroéconomique du pays.
Années 1970–1980 : Le régime du dinar inconvertible est consolidé, avec un contrôle rigide des changes. Toute sortie de devises nécessite une autorisation préalable. Le droit de change touristique est pratiquement inexistant pour les citoyens ordinaires.
Années 1990 : Dans le contexte d’ajustement structurel, l’Algérie met en place certaines ouvertures prudentes, sans pour autant libéraliser complètement le marché des devises. Le droit au change pour les voyageurs est instauré mais avec des plafonds très modestes, et reste soumis à autorisation.
Années 2000 : La Banque d’Algérie établit le plafond de 15 000 DA, puis 70 euros, au titre du droit de change pour voyage, un montant qui n’évoluera que très marginalement pendant plus d’une décennie.
Depuis 2010 : Malgré la hausse du nombre de voyageurs algériens à l’étranger, le plafond reste bloqué à environ 100 à 130 euros selon le taux officiel, bien en-deçà des réalités du marché. Cette situation contribue à l’essor du marché parallèle des devises, qui devient un recours quasi généralisé.
Décembre 2024 : Le président de la République annonce une révision du droit de change, portant le plafond annuel à 750 euros pour les adultes et 300 euros pour les mineurs, décision formellement mise en œuvre en juillet 2025 par la Banque d’Algérie, avec un retard de plusieurs mois.
Démolition de l’immeuble Haj Ali El Manouzi par les autorités.
La Coordination associative en Europe pour le respect des droits humains au Maroc affirme son attachement indéfectible à l’État de droit, ayant comme principe la séparation des pouvoirs et à la primauté de la justice dans toute société aspirant à la démocratie.
Ainsi la force publique, quelle que soit sa légitimité administrative, ne saurait se substituer à la justice ni bafouer ses décisions. La démolition arbitraire malgré une procédure judiciaire en cours devant la Cour d’appel administrative de Rabat, de l’immeuble appartenant à la famille du défunt résistant Haj Ali El Manouzi est un acte inacceptable et répréhensible.
La Coordination associative en Europe pour le respect des droits humains au Maroc dénonce fermement le recours à l’usage de la force par les autorités locales qui, ont donné l’ordre de détruire l’immeuble sans attendre l’issue des recours juridiques engagés, violant ainsi les principes les plus fondamentaux de la légalité, de la proportionnalité et de la justice.
La Coordination associative en Europe pour le respect des droits humains au Maroc exprime son entière solidarité avec la famille El Manouzi, victime d’un acte grave de violation du droit, de la justice et de la mémoire collective. Elle exprime en même sa solidarité avec les victimes de ces abus.
Les signataires :
– Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) – Association des Marocains en France (AMF) – Association des parents et amis des disparus au Maroc (APADM) – Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) – Association des travailleurs marocains aux Pays-Bas (KMAN) – Centre euro-méditerranéen pour la migration et le développement aux Pays-Bas (EMCEMO) – Forum Marocain Vérité et Justice en France – Association Marocaine des Droits Humains (Paris-IDF) – Initiative Marocaine pour les Droits Humains aux Pays Bas – Association Marocaine des Droits Humains (Section Belgique) – Institut Mehdi Ben Barka, Mémoire vivante – Comité (Belgique) pour la libération des détenus politiques au Maroc – Association Ensemble (Italie) – Coordination de Solidarité entre les peuples de la Méditerranée, Espagne – Coalition des Rifains en Europe – Coordination Européenne du Forum des droits humains pour le nord du Maroc – Comité (Belgique) pour la libération des détenus politiques au Maroc – Na’oura-GSBM-Belgique
Il est situé au cœur de la réserve naturelle de Sixt-Passy, le refuge de Sales a ce quelque chose d’authentique qui le distingue. Un lieu idéal pour vous déconnecter du monde. Ici la nature se déploie en majesté.
Pour le rejoindre, il faut le mériter. Nous l’avons rejoins à partir de Sixt-Fer-à-Cheval. Après une route ombragée, nous garâmes notre voiture au parking de Lignon d’où l’on entend le grognement du Giffre. Tout près d’un refuge qui propose une cuisine maison aussi savoureuse que les lieux. Pour ceux qui préfèrent les transports en commun, une navette estivale mène jusqu’au point de ce départ.
Une fois le sac à doc bien accroché, nous attaquons la montée rocailleuse que les arbres protègent de leur ombre avec beaucoup d’attention. Important : les amoureux de tout-terrain peuvent passer leur chemin, car l’accès au refuge de Sales n’est possible qu’à pied. C’est dire qu’il se mérite.
Sentier conduisant vers le refuge de Sales.
L’itinéraire est classique, il est réalisable en 2h à 2h30 pour une montée de 690 mètres de dénivelé, et traverse un paysage éblouissant. Dès les premiers pas, le sentier longe le tumulte chantant du torrent de Sales, alimentant des cascades spectaculaires : la Sauffaz, la Pleureuse et la cascade de Sales rythment la montée, offrant à la fois pauses rafraîchissantes.
De nombreux points panoramiques exceptionnels marquent l’itinéraire. Ce qui ne déplait pas aux nombreux randonneurs de tous âges qu’on y croise. À mi-parcours, un plateau se déploie devant notre regard et nous invite à la détente le long du torrent. Un lieu idéal pour casser la croûte et profiter des lieux. De nombreuses familles s’y laissernt à quelques moments de repos. Il n’est pas anormal de voir des enfants jouer dans l’eau sous le regard de leurs parents.
Tout au long de l’ascension, la faune invite parfois à l’observer : marmottes sifflantes, hardes de bouquetins ou vols majestueux d’aigles. En levant les cieux, vous pourrez, avec un peu de chance voir un aigle royal ou un gypaète barbu dessiner des cercles majestueux.
Une destination familiale et authentique
Autour du refuge, le terrain vaste invite aux jeux en plein air pendant que les adultes profitent de la terrasse ou contemplent la nature préservée. À la table du refuge, on déguste des plats faits maison, omelettes, soupes ou fondues savoyardes, souvent agrémentés de produits locaux ou de baies fraîchement cueillies. Ici tout est fait maison. Une équipe très attachante s’y attelle tous les jours. Une personne descend à pied pour ramener du pain et des produits frais.
Une fois reposé et le sac à doc posé dans un des deux dortoirs du refuge, on peut pousser plus loin la balade dans un cadre féérique. A 200 m du refuge se dressent un hameau de chalets.
Sur le plateau de l’alpage de Sales, la nature s’offre sans filtre. Généreuse. Le refuge lui-même respecte l’environnement : gestion des déchets, toilettes sèches, autonomie énergétique.
Aux beaux jours, l’endroit se révèle idéal pour vivre l’aube montagnarde : passer la nuit au refuge offre le privilège d’admirer le réveil des animaux sauvages, dans un silence que seule la montagne sait offrir.
C’est une vallée préservée, où la marche est le seul passeport pour l’émerveillement. Ici oubliés vos smartphones ! Seule la connexion téléphonique est possible. Fondé en 1981 par Roland et Élisabeth, amoureux de la montagne, ce refuge a su conserver son esprit de simplicité et de convivialité. Le bâtiment, entouré de chalets d’alpage, accueille randonneurs, familles et enfants pour une pause gourmande ou une nuitée montagnarde.
La montée au refuge de Sales, entre résurgences, cascades et alpages, n’est pas qu’un simple itinéraire pédestre : c’est un voyage vers une montagne retrouvée, authentique et vivante, à la portée de tous ceux qui prennent le temps de l’approcher à pied.
Après le passage des résurgences de Trainant, le silence s’installe et le spectacle géologique se dévoile : lapiaz, curiosité du Désert de Platé, et vues magiques sur les Rochers des Fiz et la vallée du Mont-Blanc pour les plus téméraires poursuivant vers le Dérochoir.
Yacine K.
Repères.
Le refuge de Sales est situé sur le vallon éponyme. Il s’étend sur près de 9 200 hectares, abritant plus de 800 espèces végétales et une faune de montagne foisonnante : bouquetins, marmottes, chamois ou encore gypaètes barbus. C’est ici, à 1 877 mètres d’altitude, que le refuge de Sales offre aux amoureux de nature une parenthèse authentique et accueillante, loin de l’agitation de la vallée.
Le refuge est ouvert de mi-juin à septembre, selon les conditions d’enneigement. L’accès, libre mais réglementé, impose le respect du site naturel et l’interdiction des chiens pour protéger la faune. Il est recommandé d’emporter eau, encas, protection solaire et vêtements adaptés à la météo.
La librairie Guerfi de Batna accueillera, le 29 janvier 2026 à 14h, une rencontre littéraire suivie d’une vente-dédicace consacrée à l’ouvrage « Anna Gréki...
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