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Trump impose 30% de droits de douane à l’Algérie : le revers d’une courtoisie diplomatique

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Trump
Trump

L’euphorie suscitée par la lettre de félicitations adressée par Donald Trump au chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion du 63e anniversaire de l’indépendance, aura été de courte durée.

Moins de 24 heures après ce message saluant le « partenariat durable » entre Alger et Washington, la Maison-Blanche a adressé une notification d’un tout autre ton : l’instauration de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance de six pays, dont l’Algérie. Cette décision unilatérale qui sonne comme une punition vient au moment où Trump recevait cinq chefs d’Etat africains, dont celui de la Mauritanie.

Dans une décision aussi soudaine que révélatrice de la logique transactionnelle qui caractérise sa gouvernance, Donald Trump a annoncé qu’à compter du 1er août 2025, l’ensemble des produits algériens entrant sur le marché américain seront soumis à un tarif douanier de 30 %. L’Irak et la Libye sont également concernés par cette mesure, tandis que Brunei, la Moldavie et les Philippines se verront appliquer des droits de 25 %. Renforcement du partenariat militaire et importation de vaches américaines n’ont pas suffi au régime algérien à plaire à Donald Trump !

Dans sa correspondance aux gouvernements concernés, Trump justifie cette orientation protectionniste par la nécessité de « corriger un déséquilibre commercial persistant », tout en qualifiant les politiques commerciales des pays visés de « non équitables ». Il précise toutefois que les entreprises choisissant de produire directement aux États-Unis seront exemptées de ces hausses tarifaires.

Un double langage diplomatique

Pour Alger, le contraste entre le ton conciliant de la lettre de vœux et la brutalité de la mesure annoncée est saisissant. Ce revirement laisse un goût amer. Les propos élogieux de Trump sur la coopération sécuritaire et économique entre les deux pays, suivis d’une décision visant frontalement les exportations algériennes, illustrent un certain cynisme diplomatique. Derrière les formules de courtoisie, c’est une logique de rapport de force qui prévaut.

Un protectionnisme dans la continuité

Sur le plan strictement économique, l’impact immédiat pourrait rester limité, les exportations algériennes vers les États-Unis demeurant marginales. Mais cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique économique de Donald Trump, qui, dès les premiers mois de son second mandat, renoue avec les principes de l’ »America First ». Fidèle à sa rhétorique nationaliste et protectionniste, il n’hésite pas à froisser des partenaires considérés comme stratégiques.

Dans sa lettre, le président américain affirme vouloir corriger un « déséquilibre commercial persistant », tout en appelant à « renforcer la relation économique bilatérale » selon des règles qu’il définit lui-même.

Un avertissement voilé

Au-delà du cas algérien, cette décision s’inscrit dans une volonté plus large de Donald Trump de redéfinir les termes du commerce international selon les intérêts des États-Unis. Le message est clair : la coopération n’aura lieu que si elle s’accompagne d’un rééquilibrage immédiat, mesurable et unilatéralement dicté par Washington.

Pour Alger, cette annonce fait figure d’avertissement : les déclarations d’amitié n’excluent pas les mesures contraignantes, et les promesses de partenariat restent soumises à des logiques de rentabilité politique et économique, dans lesquelles la symbolique ou la fidélité diplomatique pèsent peu face aux impératifs stratégiques américains.

Reste à savoir si cette mesure restera isolée ou si elle inaugure une inflexion plus profonde des relations commerciales entre les deux pays. Une chose est certaine : le ton est donné.

Sofiane Ayache

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Entre héritage d’Aït Ahmed et réalités du Parlement, le FFS en quête de cohérence

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Le FFS à Chlef

Alors que le Conseil de la nation examinait plusieurs projets de loi, les quelques sénateurs du FFS ont affiché des positions contrastées, entre rejet d’une vision libérale des ressources minières et soutien au système de protection sociale. Une manière pour le parti de renouer avec ses fondamentaux, tout en tentant de maintenir une ligne d’opposition crédible après une séquence électorale contestée.

Lors de la séance publique du Conseil de la Nation tenue ce mardi, les sénateurs du Front des forces socialistes (FFS) ont pris la parole d’une voix distincte, affirmant leur position sur les différents projets de loi soumis au vote. S’inscrivant dans une démarche de « participation responsable », le groupe parlementaire a articulé sa ligne politique entre défense des droits sociaux et rejet d’une logique économique jugée attentatoire à la souveraineté nationale.

Contre le projet sur les activités minières : la souveraineté comme ligne rouge

Le point de friction le plus notable reste le projet de loi sur les activités minières. Le FFS a voté contre, dénonçant une vision restrictive et aliénante de la gestion des ressources naturelles. Dans leur déclaration, les sénateurs fustigent un texte qui, selon eux, « manque de transparence et de portées prospectives », et qui ouvre la voie à un bradage du secteur stratégique au profit d’intérêts étrangers. Le parti insiste sur l’absence de garanties en matière de gouvernance, de contrôle public et de justice intergénérationnelle.

« Le projet ne consacre ni la souveraineté économique, ni une évaluation durable des richesses minières », lit-on dans leur déclaration. Cette opposition s’inscrit dans une lecture politique plus large du rôle de l’État et de l’intérêt national, régulièrement défendue par le FFS, qui se veut le porte-voix d’une économie au service du peuple et non soumise à des logiques purement extractivistes.

Appui au système de protection sociale

À l’opposé, les représentants du FFS ont voté en faveur des projets de loi relatifs à la sécurité sociale et aux pensions de retraite. Une décision cohérente avec l’ancrage socialiste du parti, qui voit dans le maintien et la consolidation du système de protection sociale un pilier fondamental de la justice sociale. Ce vote favorable est présenté comme un acte de soutien aux travailleurs et aux retraités, dans un contexte de précarisation croissante et de recul des droits sociaux.

Abstention stratégique et critique sur d’autres textes

Pour d’autres projets, comme ceux portant sur l’exploitation des plages, les procédures pénales et la loi sur la mobilisation générale, les sénateurs FFS ont choisi l’abstention. Une position motivée par « des réserves de fond » sur le contenu des textes et les dispositifs prévus, en particulier sur les mécanismes juridiques et les implications environnementales ou liberticides.

Une posture politique assumée

À travers ce positionnement nuancé, le FFS continue de revendiquer une posture d’« opposition responsable », capable de faire des propositions tout en dénonçant les dérives d’un système législatif souvent perçu comme déconnecté des réalités sociales. Le parti insiste sur son attachement aux principes démocratiques, à la transparence et à l’institutionnalisation de la gouvernance.

Enfin, les sénateurs concluent leur déclaration par un appel à l’élaboration d’un nouveau « contrat social », en phase avec les aspirations populaires et les défis géopolitiques du moment.

Une voix inaudible dans un Parlement verrouillé : le FFS en quête de légitimité

Dans un contexte marqué par une crise persistante de confiance entre gouvernés et gouvernants, cette prise de position traduit une volonté de faire entendre une voix distincte au sein d’un paysage parlementaire largement dominé par l’unanimisme.

C’est aussi une tentative de peser dans les débats parlementaires sans renier ses principes fondateurs. Ce faisant, le parti fondé par Hocine Aït Ahmed cherche à réaffirmer. 

Ce faisant, le parti fondé par Hocine Aït Ahmed et d’anciens officiers de l’ALN cherche à réaffirmer son ancrage dans le camp de l’opposition  après avoir été critiqué pour avoir servi d’alibi démocratique en participant à l’élection présidentielle controversée de septembre 2024.

Samia Naït Iqbal

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Constantine, l’élégance en héritage : rencontre avec Essia Benbakir

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Essia Benbakir
Essia Benbakir, peintre constantinoise

Peintre, autrice et gardienne d’un patrimoine précieux, Essia Benbakir fait revivre dans son livre Jadis – Les atours de la femme dans le Constantinois tout un univers de raffinement et de mémoire.

À travers ses descriptions et ses toiles, elle sauve de l’oubli bijoux, étoffes, broderies et traditions, tout en évoquant une légende fondatrice, celle de Sidi Rached. Dans cet entretien, elle nous livre ses sources d’inspiration, son attachement viscéral à la ville de Constantine, et sa vision du lien entre spiritualité, identité et transmission.

Le Matin d’Algérie : Qu’est-ce qui vous a inspiré à écrire Jadis – Les atours de la femme dans le Constantinois ?

Essia Benbakir : Le fait de voir de beaux bijoux ou costumes appartenant à notre patrimoine tomber en désuétude et, même souvent, disparaître à jamais, m’a incitée tout d’abord à les décrire. Puis, mon pinceau prenant le relais, à les peindre, afin qu’ils soient gravés pour toujours dans nos mémoires. C’est une manière de lutter contre l’effacement, d’inscrire dans la matière ce que le temps menace de dissoudre. Car chaque pièce vestimentaire porte en elle une part de notre âme collective.

Le Matin d’Algérie : Pourquoi avoir choisi de raconter la légende de Sidi Rached dans ce livre ?

Essia Benbakir : Pour la simple raison que Sidi Rached était le saint patron de Constantine, et donc les Constantinois, comme vous le dites si bien, étaient appelés « oulède Sidi Rachade ».

C’est une figure tutélaire, un repère dans le paysage spirituel de la ville. Le nom même de Sidi Rached évoque un ancrage profond, un lien affectif avec nos racines.

Le Matin d’Algérie : Comment avez-vous mené vos recherches sur les traditions du Constantinois ?

Essia Benbakir : J’ai la chance d’appartenir à une très vieille famille constantinoise très conservatrice, donc mes aînés furent et sont toujours la source de mes informations.

Je me suis nourrie de leurs récits, de leurs gestes, de leurs silences aussi. La tradition orale fut pour moi une véritable bibliothèque vivante.

Oeuvre d'Essia Benbakir
Oeuvre d’Essia Benbakir

Le Matin d’Algérie : Quel rôle joue la mémoire collective dans la transmission de ce genre de récits ?

Essia Benbakir : Pour moi, la mémoire collective et notre patrimoine sont la source de tous mes écrits et de la plupart de mes peintures.C’est une forme de résistance douce : dire que nous avons été, que nous sommes encore. La mémoire est la matière première de l’identité.

Le Matin d’Algérie : La figure de Sidi Rached est-elle aussi une métaphore pour autre chose dans votre œuvre ?

Essia Benbakir : La légende de Sidi Rached n’est aucunement citée à l’intérieur de mon livre. En effet, dans le recueil, il n’est question que d’atours, c’est-à-dire de tout ce qui contribue à embellir la Constantinoise. La légende de Sidi Rached n’est évoquée que dans la quatrième de couverture de mon livre. Mais son ombre bienveillante plane sur l’ensemble du livre. Il incarne cette présence invisible qui veille sur la beauté et l’élégance féminine.

Le Matin d’Algérie : Comment percevez-vous le rapport entre spiritualité, histoire et identité dans la culture constantinoise ?

Essia Benbakir : La spiritualité est l’assise même de l’identité. Elle définit tout. À Constantine, le sacré irrigue le quotidien. Il façonne les comportements, les gestes, même dans l’art de se vêtir.

Le Matin d’Algérie : Quels messages espérez-vous transmettre à travers cette légende ?

Essia Benbakir : Je vous répondrais en vous citant deux maximes : « Diviser pour mieux régner » et, à l’inverse, « l’union fait la force ».Ces récits nous rappellent qu’un peuple uni autour de son histoire et de sa culture peut faire front aux vents contraires. Ils sont des leçons de sagesse déguisées en fables.

Le Matin d’Algérie : En quoi le vêtement traditionnel et les « atours » féminins évoqués dans votre livre s’articulent-ils avec cette légende ?

Essia Benbakir :Il n’y a aucun rapport entre les atours de la femme à Constantine et la légende de Sidi Rached, si ce n’est que ce dernier est aussi le saint patron de Constantine. Mais dans l’imaginaire populaire, tout se tisse. La beauté extérieure devient un hommage à une ville, à une mémoire collective.

Le Matin d’Algérie : Comment les femmes de Constantine participent-elles à la préservation du patrimoine immatériel ?

Essia Benbakir : Les femmes de Constantine participent à la préservation du patrimoine immatériel en le transmettant oralement ou par écrit, comme je viens de le faire. Elles sont les gardiennes silencieuses des savoirs anciens. Sans elles, bien des traditions se seraient déjà effacées.

Le Matin d’Algérie : Pensez-vous que ces récits légendaires ont encore un impact sur les jeunes générations ?

Essia Benbakir : Certainement, dans la mesure où ces récits évoquent leur identité et font appel à leur imagination.

Ils leur offrent un miroir, une appartenance. Ils permettent de rêver tout en s’enracinant.

Le Matin d’Algérie : Y a-t-il un autre personnage ou épisode du patrimoine constantinois que vous rêveriez de mettre en lumière ?

Essia Benbakir : J’ai écrit des contes, un traité sur la gastronomie et les atours à Constantine. Il ne reste plus que le malouf. En effet, Constantine est connue par ces quatre spécificités !

Le malouf, c’est l’âme musicale de la ville. J’espère un jour lui rendre hommage avec autant de détails et de passion.

Le Matin d’Algérie : Si vous deviez résumer votre livre en une phrase que vous aimeriez que les lecteurs retiennent, quelle serait-elle ?

Essia Benbakir : J’aimerais qu’ils retiennent le proverbe qui m’inspira ce livre : « Mâhwah’wahâwa’théhféth’en’ssaha », qui veut dire : « Constantine, son eau, son air et l’élégance de ses dames ! »

Ce proverbe est une déclaration d’amour à ma ville. Il résume à lui seul tout l’esprit de ce que j’ai voulu transmettre.

Entretien réalisé par Djamal Guettala

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Ahcène Bélarbi : une plume d’exil pour éclairer les ombres

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Ahcene Belarbi
Ahcene Belarbi

Ahcène Bélarbi, écrivain et journaliste algérien d’expression française, s’impose comme l’une des voix les plus sensibles et lucides de la littérature algérienne contemporaine.

Il n’est pas de ceux qui occupent bruyamment la scène littéraire. Sa voix, profonde et mesurée, s’exprime avec une sobriété qui tranche dans un paysage souvent dominé par l’emphase. Elle se déploie dans les silences, ces zones d’ombre où les émotions les plus vives ne s’écrient pas mais se suggèrent.

Plutôt que d’asséner des certitudes, Bélarbi préfère questionner, effleurer, laissant à son lecteur l’espace du doute et de la réflexion. Pour lui, l’écriture devient un lieu de respiration, une manière de faire entendre le tumulte intérieur sans jamais hausser le ton.

Pourtant, depuis plusieurs décennies, cette voix singulière s’élève avec constance pour dire l’Algérie dans ses contradictions, ses douleurs enfouies et ses espoirs déçus. Né en Kabylie, Bélarbi est de ces auteurs pour qui la langue française, loin d’être une concession, est une conquête : un outil pour interroger l’Histoire, porter la voix des oubliés, et raconter les fractures d’un pays à la mémoire tourmentée.

Formé aux lettres modernes à Paris, il retourne en Algérie dans les années 1980, poussé par le désir d’enseigner. Il pose ses valises à Ghardaïa, où il devient professeur de français. Mais l’enseignement ne suffit vite plus : le besoin de témoigner, d’écrire ce qui ne se dit pas, l’attire vers le journalisme. Il rejoint alors Alger républicain, journal emblématique de la gauche algérienne, puis collabore à Le Pays, deux titres engagés qui portent les voix dissidentes au moment où le régime durcit son contrôle sur l’expression publique. À travers ces pages, Bélarbi s’impose comme un chroniqueur lucide, soucieux d’éthique, attaché à ce qu’il appelle lui-même « le sens du juste ».

En 1994, la guerre civile embrase l’Algérie. Les journalistes, enseignants, intellectuels deviennent une cible.  Ahcène Bélarbi quitte précipitamment le pays pour s’exiler en France. Ce départ, comme une déchirure, façonnera l’essentiel de son œuvre littéraire. L’exil n’est pas chez lui un simple contexte biographique : il devient une condition existentielle, une posture intérieure qui irrigue son écriture.

Dans ce cadre, il publie en 2000, Demain, la mémoire, recueil de chroniques mêlant observations sociales, portraits et réflexions, rédigées durant les heures sombres de la décennie noire. Loin de toute rhétorique victimaire, le livre constitue un acte de résistance littéraire, un refus de l’amnésie. Chaque page est empreinte d’une dignité pudique, d’un humanisme sobre. Il y parle des absents, des survivants, mais aussi de la beauté tenace de l’Algérie, malgré tout.

Quelques années plus tard, dans La fille des hommes libres, Bélarbi revient à ses racines kabyles. Il y dépeint la Kabylie des années 1970, ce moment-charnière où aspirations modernistes et traditions rurales se croisent, et où l’identité berbère, longtemps marginalisée, commence à s’affirmer avec force. À travers une histoire d’amour tragique entre une jeune femme éprise de liberté et un homme tiraillé entre devoir familial et engagement politique, Bélarbi explore les tensions qui traversent la société algérienne : autoritarisme politique, pressions sociales, fractures générationnelles.

Son troisième livre, Des rêves et des soupirs, publié en 2006, est plus fragmentaire. Recueil de textes courts, entre prose poétique et introspection, l’auteur y déploie une parole plus intime, plus mélancolique, évoquant le sentiment d’échec, la nostalgie, l’errance intérieure. Ces textes parlent d’un exil qui ne se dit pas, mais qui habite chaque ligne : non seulement géographique, mais existentiel, identitaire. Ils traduisent aussi le désarroi d’une jeunesse née après l’indépendance, élevée dans les promesses d’une modernité tardive, confrontée à un réel désenchanté.

Au fil de ses livres, Bélarbi développe une écriture dense, exigeante, nourrie par les lectures classiques (Victor Hugo, Flaubert, Stendhal), mais aussi par une ouverture cosmopolite, avec des influences russes, allemandes ou nord-américaines. Cette richesse se retrouve dans ses phrases, souvent longues et profondément structurées, où l’émotion n’est jamais dissociée de la pensée. Pour lui, écrire, c’est penser le monde, mais aussi y survivre. Il confie que l’écriture lui a permis de “donner un sens à l’existence”, notamment dans les périodes de rupture, de danger, ou de silence imposé.

Ahcène Bélarbi occupe une place singulière dans la littérature algérienne francophone contemporaine. Par son écriture sobre et introspective, il offre une approche nuancée des questions d’identité, d’exil et de mémoire, loin des grandes fresques épiques ou des discours militants trop souvent attendus. Son apport majeur réside dans sa capacité à traduire avec finesse les tensions intérieures d’un pays déchiré, en donnant voix aux silences et aux blessures profondes de l’Algérie. Son œuvre, bien que modeste en volume, a profondément marqué les écrivains de la diaspora algérienne, en proposant un modèle d’écriture où l’intime se mêle étroitement au politique, et où la littérature devient un espace de résistance pacifique et de témoignage durable.

En exil, Bélarbi ne se replie pas sur son œuvre personnelle. Il a animé l’émission radiophonique Parole d’écrivain sur Kabyle-FM, un espace précieux où il donne la parole à d’autres auteurs, souvent issus de la diaspora. Il y défend une vision libre, non formatée de la littérature algérienne, affranchie des injonctions idéologiques ou communautaires. Pour lui, la littérature ne doit pas servir un discours, mais porter une voix, singulière, incarnée, habitée.

Bélarbi poursuit inlassablement son parcours d’écrivain, animé par une ténacité tranquille propre aux auteurs authentiques, ceux qui écrivent avant tout par nécessité intérieure et engagement profond. Son œuvre, d’une intensité rare, nous parle d’une Algérie multiple — ses douleurs, ses contradictions, ses espoirs — mais surtout de ce que signifie écrire quand on est déchiré entre deux univers, deux langues, et entre deux formes de silence, culturel et politique.

L’exil n’est pas simplement pour lui un refuge ou une fuite face à la violence ou la censure. C’est surtout une posture d’observation attentive, un lieu privilégié d’où l’on peut penser, questionner et résister. Bélarbi y puise la force de donner voix à ceux que l’on cherche à faire taire, faisant de son écriture un acte de mémoire vivante et de résistance silencieuse.

Au fil des décennies, Ahcène Bélarbi s’est imposé comme une voix indispensable, non pas par la force du volume, mais par la profondeur et la sincérité de son engagement littéraire. Son écriture, subtile et puissante, fait entendre l’âme d’une Algérie complexe, tiraillée entre blessures et espoirs. Plus qu’un simple témoin, il est un passeur de mémoire et un gardien des silences. 

En refusant les facilités de l’éclat ou de la provocation, Bélarbi nous rappelle que la littérature est avant tout un espace de vérité intérieure, une résistance discrète mais inébranlable face à l’oubli et à l’oppression. Son œuvre demeure un appel à écouter, à comprendre, et à ne jamais cesser de questionner les voix du passé comme celles du présent.

Brahim Saci

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Financement illicite de campagnes : le siège du RN perquisitionné

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Bardella
Jordan Bardella

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a annoncé mercredi 9 juillet qu’une perquisition était en cours au siège du parti à Paris, menée selon lui par « une vingtaine de policiers de la brigade financière » et « deux juges d’instruction », assurant ne pas connaître son motif.

Le parquet a annoncé enquêter dans le cadre d’une information judiciaire ouverte des soupçons de financement illégal des campagnes présidentielle et législative en 2022 et européenne en 2024.

Le siège du Rassemblement national à Paris, des entreprises et les domiciles des dirigeants de ces sociétés ont été perquisitionnés ce mercredi dans le cadre d’une information judiciaire ouverte depuis juillet 2024 sur des soupçons de financement illégal des campagnes présidentielle et législative en 2022 et européenne en 2024, a indiqué le parquet de Paris.

Les investigations doivent « permettre de déterminer si ces campagnes ont été notamment financées grâce à des prêts illégaux de particuliers bénéficiant au parti ou à des candidats du Rassemblement national, ainsi que par des surfacturations de prestations ou des facturations de prestations fictives ayant été intégrées par la suite dans les demandes de remboursement forfaitaire par l’État des dépenses de campagne », a ajouté le parquet.

Jordan Bardella dénonce « un acharnement »

« Tous les mails, documents et éléments de comptabilité du premier parti d’opposition sont saisis, sans que nous sachions à ce stade quels sont précisément les griefs qui en sont le fondement », a-t-il détaillé sans un message sur X, dénonçant un « acharnement ».

Le chef de parti a assuré que cette perquisition avait commencé à 8h50 (6hTU) mercredi 9 juillet et a précisé qu’elle concernait aussi « les bureaux des dirigeants ». « L’intégralité des dossiers qui concernent les dernières campagnes régionales, présidentielles, législatives et européennes sont aujourd’hui entre les mains de la justice », a expliqué Jordan Bardella.

Une « opération spectaculaire et inédite »

Il a dénoncé une « opération spectaculaire et inédite » qui s’inscrit selon lui « dans une nouvelle opération de harcèlement ». « C’est une atteinte grave au pluralisme et à l’alternance démocratique », s’est-il indigné, estimant que « jamais aucun parti d’opposition n’a subi un tel acharnement sous la Ve République ».

La veille, le parquet européen avait annoncé avoir ouvert une enquête sur la famille politique à laquelle appartenait le Rassemblement national au Parlement européen avant 2024 pour diverses irrégularités financières, mais on ignore si la perquisition est liée à cette enquête.

« Un an après avoir volé les élections par ses magouilles et ses mensonges, le Système sombre dans les basses œuvres », a commenté sur X le président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale, Jean-Philippe Tanguy. « Les institutions sont dévoyées par des bandes qui veulent garder le pouvoir à tout prix ! », a-t-il lancé.

RFI/AFP

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Dominique de Villepin et « Le Pouvoir de dire non »

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Dominique de Villepin

Dans son dernier essai, « Le Pouvoir de dire non », paru le 25 juin 2025 (editions Flammarion) Dominique de Villepin livre un diagnostic sans concession de notre époque, en proie à une crise systémique et multidimensionnelle.

Pour l’ancien Premier ministre, il ne s’agit plus seulement de gérer les urgences, mais de comprendre que nous sommes entrés dans une mutation historique profonde, où les modèles et promesses de la modernité s’effondrent.

Villepin dénonce l’épuisement du « monde prométhéen », ce mythe fondateur de la modernité qui a placé l’homme au centre de la maîtrise de la nature et du progrès infini. Ce modèle, fondé sur l’exploitation intensive des ressources, la globalisation économique, la puissance militaire et la croyance dans la science toute-puissante, atteint aujourd’hui ses limites matérielles et existentielles. La planète, les sociétés et les individus paient le prix de cette fuite en avant.

L’auteur met aussi en garde contre l’« empire de la donnée » : la révolution numérique, loin d’apporter une émancipation, enferme les individus dans un système de surveillance et d’anticipation comportementale, où nos vies deviennent des produits, nos désirs prévus, nos libertés surveillées. Cette « dataïsation » du monde ouvre une nouvelle ère de contrôle, proche d’un féodalisme technologique.

Par ailleurs, Villepin pointe le repli identitaire qui fracture les sociétés contemporaines, enfermant chacun dans des appartenances rigides et limitantes, au détriment d’une véritable liberté.

Face à ces défis, Le Pouvoir de dire non n’est pas un livre de pessimisme, mais un manifeste pour une prise de conscience collective. Dire non, c’est refuser la fatalité, l’épuisement écologique, le délitement démocratique et la montée des autoritarismes. C’est retrouver la fierté d’un idéal républicain rénové, capable de penser au-delà des intérêts partisans et de bâtir une communauté européenne et humaine solidaires.

Dominique de Villepin invite ainsi à un réveil citoyen, un sursaut républicain qui reste la condition indispensable pour relever les défis du XXIe siècle.

Djamal Guettala

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À Marseille, un ancien journaliste détourne l’information en spectacle

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À Marseille, la satire devient une arme de résistance. Jean-Jacques Fiorito, ancien journaliste à La Provence, a choisi la scène pour dire ce qu’on ne le laissait plus écrire.

Son spectacle La farce cachée de l’info est un règlement de comptes drôle, acerbe et lucide avec les dérives du monde médiatique.

Après avoir quitté le journalisme, lassé par la censure et les compromissions, Fiorito s’est lancé dans le théâtre. Mais pas n’importe lequel : un théâtre de l’urgence, où se mêlent sketchs, caricatures, coups de gueule et tendresse pour la ville de Marseille. Il y démonte les logiques absurdes de l’actualité en continu, les figures creuses des plateaux télé, les éditocrates en roue libre.

Sur scène, l’ancien journaliste joue avec les mots comme il jouait autrefois avec les titres : en dénonçant, en exagérant, en révélant ce que l’on cache sous le vernis de l’objectivité. Il s’appuie sur l’humour, souvent noir, pour faire émerger une critique sociale affûtée.

Le spectacle est aussi un hommage vivant à Marseille, dont il imite l’accent, évoque les figures familières, et capte l’atmosphère populaire. Cette dimension locale ancre le propos et crée une proximité avec le public, qui rit parfois jaune… mais toujours avec plaisir.

Si quelques critiques notent un rythme encore perfectible, notamment dans la transition entre certaines séquences, tous saluent l’originalité du projet. Comparé à Patrick Bosso pour son ancrage marseillais, Jean-Jacques Fiorito s’en distingue par une approche plus politique, plus frontale.

Avec La farce cachée de l’info, il prouve que l’on peut encore faire rire tout en pensant, et penser tout en résistant. L’humour y devient un espace de liberté — un théâtre de vérité.

Djamal Guettala

À noter : La farce cachée de l’info est à l’affiche du Festival d’Avignon Off, du 5 au 26 juillet, à 19h, au théâtre La Tache d’encre. Un one-man-show à découvrir pour rire… et réfléchir.

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Hélène Ségara déprogrammée du Festival de Carthage : la version tunisienne contredit la chanteuse

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Hélène Ségara

Alors qu’elle affirmait n’avoir « jamais prévu » de chanter au Festival de Carthage, la chanteuse française Hélène Ségara a bel et bien été déprogrammée de la 59e édition du prestigieux événement tunisien. L’information a été confirmée ce mercredi soir par un communiqué officiel bilingue (arabe/français) publié par la direction du festival.

« Il a été décidé de retirer de la programmation le spectacle de Hélène Ségara initialement prévu dans le cadre de la 59e édition du festival », peut-on lire dans le texte.

Ce retrait s’inscrit dans un contexte politique marqué par une forte mobilisation symbolique en faveur de la Palestine. Le communiqué précise que le festival a souhaité inscrire sa programmation dans un « hommage à la résistance et au droit à la liberté du peuple palestinien ».

Une programmation engagée

La direction du festival a détaillé plusieurs temps forts artistiques de cette édition liés à la cause palestinienne :

Le spectacle d’ouverture Qa‘ al-Khabiya du compositeur Mohamed Garfi évoque le soutien tunisien à la Palestine depuis l’indépendance.

Le musicien Riadh Fehri rend hommage aux enfants de Ramallah dans Tapis rouge 2.

La chanteuse palestinienne Nai Barghouthi est attendue dans une création de Karim Thlibi intitulée Imagine ton âme écouter.

Deux figures emblématiques palestiniennes, Mohammed Assaf et Saint Levant, seront également à l’affiche. La direction du festival salue au passage « le public fidèle pour son engagement envers la cause palestinienne et son rejet de toute forme de normalisation ».

Une déclaration contredite

Ce communiqué vient contredire frontalement les déclarations d’Hélène Ségara, publiées quelques heures plus tôt dans le journal Sud Ouest, où elle déclarait :

« Je n’ai jamais pris position pour Israël et je chante depuis des années dans les pays arabes. Aucun accord n’avait été signé. »

La chanteuse laissait ainsi entendre que sa présence au festival n’avait jamais été envisagée. Le communiqué tunisien révèle au contraire qu’un spectacle à son nom était bel et bien prévu… avant d’être déprogrammé pour des raisons politiques.

Une polémique révélatrice

L’incident met en lumière la sensibilité croissante autour des engagements ou des silences des artistes vis-à-vis du conflit israélo-palestinien. Dans un climat de tensions exacerbées, certains festivals ou institutions culturelles dans le monde arabe choisissent d’affirmer clairement leur positionnement politique — quitte à provoquer des remous dans les sphères médiatiques occidentales.

Djamal Guettala

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Du peuple comme fantôme : l’impensé dans la critique algérienne entre Camus et Boudjedra

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Rachid Boudjedra
Rachid Boudjedra.

Il y a dans la critique littéraire algérienne une inégalité de traitement si flagrante qu’elle en devient gênante. On a fait d’Albert Camus un procès en invisibilité, en silence, en effacement du peuple algérien.

Et l’on a eu raison de poser la question : pourquoi, dans L’Étranger, dans La Peste, dans La Chute, la figure de l’Arabe reste-t-elle hors-champ, floue, désincarnée ? Pourquoi la parole algérienne ne surgit-elle pas dans l’espace du récit, sinon comme menace diffuse ou silhouette abstraite ?

Mais ce procès, devenu un topos du discours postcolonial, s’est arrêté à la frontière commode de la dénonciation symbolique. Car, pendant qu’on en faisait un cas d’école, on sanctuarisait un autre écrivain, algérien celui-là, qui, tout en prétendant écrire depuis l’Algérie, n’a cessé d’écrire contre elle : Rachid Boudjedra.

Or, chez Rachid Boudjedra, l’absence du peuple n’est pas une omission, elle est une opération délibérée d’annulation. Ce n’est pas un oubli, c’est une stratégie. L’Algérien populaire n’y est pas simplement invisible, il y est disqualifié.

Le peuple est soit grotesque, soit fanatique, soit muet. Il n’est jamais sujet, jamais pensé dans la complexité de ses contradictions, jamais honoré dans son humanité. Il est ce résidu que l’écriture doit secouer, violenter, congédier. Ce n’est pas de la littérature de la révolte, c’est une rhétorique du mépris.

Et pourtant, pas un mot. Aucun séminaire sur la « défiguration de l’Algérien dans l’œuvre de Boudjedra ». Aucun article universitaire dénonçant cette absence structurante, ce vide qui n’est pas silence mais disqualification ontologique. Pourquoi ce silence critique ? Par peur ? Par complicité ? Par effet de proximité culturelle ? Parce qu’il est plus facile de dénoncer l’ex-colon que d’interroger l’écrivain national ?

La critique postcoloniale, si elle est cohérente, doit être d’abord éthique. Elle ne peut exiger de l’Autre ce qu’elle refuse de demander au Même.

Si Albert Camus est responsable de l’absence du peuple algérien dans ses fictions, alors que dire de Boudjedra, dont le peuple est le terrain mais jamais la voix ? On nous dira : « Camus, c’est la colonie, Boudjedra, c’est l’Algérie libre. »

Mais justement. La liberté est-elle dans le droit de parler seul ? Dans l’arrogance de celui qui s’arroge le monopole du dire, tout en refusant à ceux dont il parle d’exister autrement que comme caricature ?

Il y a plus de dignité populaire dans le silence tragique d’un Arabe de Camus que dans le vacarme désincarné d’un peuple méprisé chez Boudjedra.

Il faut donc le dire clairement : Boudjedra n’a pas parlé avec son peuple. Il a parlé au-dessus de lui. Il ne l’a pas vu comme un interlocuteur, mais comme une masse à ébranler, une entité archaïque à dépasser, à disséquer, à réduire. Il n’a pas écrit dans le prolongement du peuple. Il a écrit contre lui, en l’effaçant sous la fureur de la syntaxe et le tumulte du style. Sa langue est une forteresse. Pas une agora.

La critique algérienne, si elle veut regagner en crédibilité, doit sortir de cette hypocrisie épistémique. Elle doit cesser de juger les écrivains non pas à l’aune de ce qu’ils disent du réel, mais en fonction de leur passeport ou de leur rhétorique révolutionnaire. Car le nationalisme littéraire, comme tout nationalisme, est aveugle. Et un écrivain qui ne fait pas place à l’altérité, qui n’ouvre pas sa langue au monde de ceux qu’il prétend penser, est un écrivain sans peuple.

Albert Camus fut peut-être aveugle à une partie du réel algérien. Mais Rachid Boudjedra, lui, a choisi de le rayer. Et cela, bizarrement, ne choque personne.

Cherfaoui Mohamed Rachid

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Après l’échec des BRICS, l’Algérie rejoint le Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est

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Asean

Quelques mois après avoir échoué à intégrer les BRICS, l’Algérie concrétise son rapprochement avec une autre organisation majeure en adhérant officiellement au Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est (TAC).

La cérémonie de signature, organisée en Malaisie, a vu la participation du ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, M. Ahmed Attaf, qui a salué un tournant important dans les relations entre l’Algérie et l’ASEAN.

Dans son intervention, M. Attaf a insisté sur la portée symbolique et stratégique de cette adhésion, présentée comme une nouvelle fenêtre diplomatique ouverte sur l’Asie du Sud-Est, après la déception suscitée par la non-sélection de l’Algérie lors du dernier sommet des BRICS. Cette adhésion, selon lui, « marque une étape marquante dans le parcours international de l’Algérie », qui cherche à renforcer sa présence sur la scène mondiale à travers des partenariats diversifiés.

Le ministre a décliné trois principales motivations derrière cette décision : l’admiration que suscite l’ASEAN en tant que modèle de coopération régionale efficace ; la volonté de renforcer les relations bilatérales et multilatérales avec ses membres ; et l’engagement de l’Algérie envers les principes fondateurs du TAC, tels que le respect du droit international, la souveraineté des États et la résolution pacifique des différends.

Dans un contexte international de plus en plus instable, M. Attaf a dénoncé le recours croissant à la force, les violations récurrentes du droit international et l’affaiblissement progressif des institutions multilatérales, en particulier le Conseil de sécurité de l’ONU. Il a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à défendre, aux côtés de l’ASEAN, les principes de paix, de coopération et de multilatéralisme.

L’Algérie, qui aspire désormais à devenir partenaire de dialogue sectoriel de l’ASEAN, entend faire entendre sa voix dans les débats internationaux à travers de nouveaux canaux, tout en consolidant ses relations avec des régions stratégiques. Avec cette adhésion, elle devient le 52e État à rejoindre le TAC, marquant une nouvelle orientation diplomatique après l’épisode infructueux des BRICS.

Samia Naït Iqbal

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