3 avril 2025
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Une vingtaine de haragas algériens sauvés au large des îles Baléares

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Bateau de sauveteurs espagnols
Bateau de sauveteurs espagnols

20 harragas algériens, à bord d’un bateau (Patera), ont été sauvées au large des îles Cabrera – îles Baléares, rapporte le lanceur d’alerte Francisco Jose Clemente Martin.

Si ces Algériens ont eu la chance d’être sauvés, ce n’est pas le cas de tous les harragas qui traversent la Méditerranée. Fin décembre, une trentaine d’Algériens sont morts noyés au large de Boumerdès.

Il n’y a pas un mois sans que des bateaux d’Algériens prennent la direction de l’Europe pour fuir le pays.

La rédaction

Tebboune relance les hostilités contre la France 

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Tebboune
Abdelmadjid Tebboune remet une couche sur la colonisation

Les relations entre l’Algérie et la France connaissent une nouvelle phase de tensions, marquée par des déclarations virulentes du chef de l’Etat algérien Abdelmadjid Tebboune et des réactions officielles suite à la récente visite de la ministre française de la culture au Sahara occidental.

Tebboune fustige le passé colonial français

À l’occasion de la Journée nationale du chahid, célébrée chaque 18 février en hommage aux sacrifices du peuple algérien durant la colonisation française (1830-1962), Abdelmadjid Tebboune a prononcé un discours empreint de fermenté.

Dans un message officiel, publié par la présidence algérienne, Tebboune a dénoncé « un colonialisme brutal et destructeur » qui a « entravé le progrès du peuple algérien pendant plus de 130 ans ». Il a qualifié la colonisation française de « colonialisme de peuplement », animé par « l’illusion de la survie » et indifférent au gaspillage des richesses du pays.

Il a également rappelé que le peuple algérien « a toujours rejeté la présence coloniale », affirmant que la lutte contre l’occupant a été marquée par une résistance inébranlable jusqu’à la victoire finale.

Une crise diplomatique accentuée par la question du Sahara occidental

Dans un contexte déjà marqué par des tensions diplomatiques, le ministère algérien des Affaires étrangères a vivement réagi à la récente visite de la ministre française de la Culture, Rachida Dati, au Sahara occidental.

Dans un communiqué officiel, le ministère a qualifié cette visite d’« affaire extrêmement dangereuse », dénonçant un « mépris flagrant de la légitimité internationale » de la part d’un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Alger estime que cette démarche française vise à « consolider le fait accompli marocain » sur un territoire dont le processus de décolonisation reste inachevé.

Le communiqué critique également « une solidarité malsaine entre anciennes et nouvelles puissances coloniales », affirmant que la France s’exclut elle-même des efforts onusiens visant à résoudre le conflit sahraoui sur la base du respect du droit à l’autodétermination.

La visite de Rachida Dati dans le Sahara occidental a été qualifiée d’« historique » par la ministre elle-même, qui devient ainsi la première représentante du gouvernement français à se rendre officiellement dans ces territoires revendiqués par le Maroc. Cette visite s’inscrit dans la continuité du changement de position de la France sur la question sahraouie, annoncé par le président Emmanuel Macron en juillet dernier, lorsqu’il a apporté son soutien au plan d’autonomie marocain.

Des tensions diplomatiques de plus en plus vives

Les relations entre Alger et Paris se sont détériorées depuis l’été dernier, lorsque l’Algérie a rappelé son ambassadeur en France en raison du soutien affiché par Paris à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

L’arrestation en novembre dernier de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal par les autorités algériennes a encore envenimé la situation. Accusé d’« atteinte et menace à l’unité nationale » en vertu de l’article 87 du Code pénal algérien, Sansal avait affirmé sur des chaînes françaises que certaines régions du nord-ouest de l’Algérie appartenaient historiquement au Maroc et que la France les avait annexées à l’Algérie durant la colonisation.

Cette montée des tensions, alimentée par des divergences historiques et géopolitiques profondes, semble marquer un tournant dans les relations franco-algériennes, avec un dialogue de plus en plus difficile entre les deux pays.

Rabah Aït Abache

Bruno Retailleau s’en prend encore à l’Algérie !

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Bruno Retailleau
Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur.

L’Algérie est au cœur d’une nouvelle attaque du ministre de l’Intérieur français Bruno Retailleau. Quand ce n’est pas l’ultragauche qui se trouve dans sa ligne de mire, il s’occupe de s’en prendre à l’Algérie.

Ainsi, Bruno Retailleau a accusé l’Algérie de ne pas respecter le droit international en refusant d’accueillir un de ses ressortissants expulsé de France.

Ce ressortissant, âgé de 30 ans, avait été condamné en mai dernier par le tribunal de Thonon-les-Bains à six mois de prison pour des délits tels que le vol, le recel et le port d’arme blanche.

Bruno Retailleau a exprimé son indignation sur TF1, soulignant que l’Algérie enfreint le droit en ne reconnaissant pas le document d’identité de cet individu, qui est un citoyen algérien. Il a précisé que, bien que le ressortissant ait une carte d’identité valide, les autorités algériennes ont exigé un laissez-passer consulaire pour son admission sur le territoire. Cette exigence, selon le ministre, constitue une « nouvelle exigence » qui déroge aux accords existants entre les deux pays.

Le ministre a également évoqué la possibilité de sanctions contre la compagnie nationale Air Algérie, qui a mis en œuvre cette exigence. « Nous sommes en train d’examiner toutes les options de riposte », a-t-il déclaré, ajoutant que la France pourrait envisager de remettre en cause certains accords avec l’Algérie si cette situation perdure. Retailleau a insisté sur la nécessité d’établir un rapport de force, suggérant que la France pourrait priver certaines personnalités algériennes de privilèges dont elles bénéficient actuellement.

Cette situation s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’Algérie et la France depuis au moins trois ans. Les relations entre les deux pays ont souvent été marquées par des désaccords sur des questions historiques, mémorielles et politiques. Les récentes déclarations de Retailleau viennent s’ajouter à une série d’incidents qui ont exacerbé les tensions, notamment depuis le soutien apporté par le président français au plan sahraoui du roi Mohammed VI fin de l’été 2024.

Le ministre a souligné que la France ne devrait pas se sentir obligée de respecter les accords si l’Algérie ne respecte pas ses engagements. Cette déclaration pourrait avoir des répercussions sur les relations diplomatiques entre les deux nations, déjà fragiles.

En attendant, le ressortissant algérien a été renvoyé vers la France après avoir été refusé à l’entrée en Algérie, illustrant ainsi les complications qui peuvent survenir dans le cadre des expulsions et des accords bilatéraux. Cette affaire vient encore compliquer des relations déjà bien pourrie depuis l’été dernier.

Les tensions entre l’Algérie et la France continuent donc de se manifester, et la visite de Rachida Dati, ministre française de la Culture, à Laâyoune, ville du Sahara occidental, pourrait aussi corser la situation et être un nouvel épisode dans une longue histoire de relations complexes.

Yacine K.

Tunisie : l’opposante Abir Moussi présentée à un juge après une hospitalisation

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Abir Moussi
Abir Moussi

L’opposante tunisienne Abir Moussi a été brièvement hospitalisée, dimanche 16 février au soir, après six jours de grève de la faim. Emprisonnée depuis octobre 2023 et condamnée en novembre à seize mois de prison pour avoir critiqué le processus électoral, la présidente du Parti destourien libre est l’une des figures de l’opposition au régime de Kaïs Saïed.

Déjà condamnée pour avoir critiqué le processus électoral, Abir Moussi risque encore vingt ans de prison supplémentaire dans le cadre d’autres affaires, dont une dans laquelle elle est accusée d’avoir voulu porter atteinte au gouvernement. Lundi, à peine sortie de l’hôpital, elle s’est présentée devant le juge à une audience où elle était convoquée au Tribunal de première instance de Tunis.

Abir Moussi comparaissait suite à la plainte pour diffamation d’une association qu’elle avait accusée d’être une extension des mouvements islamistes en Tunisie. Pour cette avocate, fervente anti-islamiste et femme de poigne en politique, il s’agissait surtout avec cette audience d’envoyer un message : affirmer son respect pour l’État tunisien malgré tout, face à une justice qui selon ses mots s’acharne contre elle.

Franc-parler et opposition aux islamistes

Devant le juge, elle n’a pas voulu parler, selon le récit de ses avocats. Depuis des jours, elle refuse que ses avocats la représentent à ses audiences, ne croyant plus à un procès équitable.

Présidente d’un parti politique qui rassemble encore de nombreux sympathisants dans la rue, Abir Moussi est connue en Tunisie pour son franc-parler en politique et son opposition fréquente aux islamistes lorsqu’elle était députée entre 2019 et 2021.

Sa situation actuelle a suscité la réaction des associations féministes qui ont dénoncé lundi son transfert dans une autre prison pour femmes, à soixante kilomètres de Tunis. Elles ont également exprimé leur solidarité. Le verdict dans le cadre de l’affaire pour laquelle était jugée Abir Moussi ce lundi sera prononcé le 24 février prochain.

RFI

Mali : les Fama-Wagner massacrent une trentaine de civils près de la région de Kidal

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Attaque et pillage près de Kidal
Attaque des soldats maliens et des mercenaires près de Kidal

L’armée malienne (les Fama) et ses partenaires du groupe de mercenaires Wagner ont mené une série d’opérations dimanche 16 et lundi 17 février dans la vallée du Tilemsi, qui s’étend en partie sur les régions de Kidal et de Gao.

Sept rebelles indépendantistes du FLA (Front de libération de l’Azawad), considérés comme « terroristes » par les autorités maliennes de transition, ont été tués. Selon les informations recoupées par RFI auprès de nombreuses sources locales, une trentaine de civils ont également péri au cours de ces différentes opérations, dont des femmes et des enfants.

Dimanche 16 février en fin d’après-midi, une patrouille de l’armée malienne et de ses supplétifs du groupe Wagner croise une escouade du Front de libération de l’Azawad (FLA) près d’Anefis, entre Gao et Kidal. L’accrochage est inévitable. Dans un communiqué, l’armée malienne revendique « sept terroristes neutralisés » et déplore quatre soldats blessés. Les rebelles confirment avoir perdu sept hommes et assurent avoir eux-mêmes tué six « ennemis » et fait plusieurs blessés, parmi lesquels des soldats maliens et des mercenaires de Wagner.

Quatre à sept civils tués à Aslagh, bétail décimé

Dimanche toujours, l’armée et Wagner ont également mené une opération au puits d’Aslagh, dans cette même zone du Tilemsi. Aucune précision du côté de l’armée, mais selon les très nombreuses sources locales jointes par RFI – élus locaux, notabilités civiles, association de défense des droits humains Kal Akal, Collectif pour la défense des droits du peuple de l’Azawad, combattants du FLA –, quatre à sept civils ont été tués à Aslagh (au moins quatre, certaines sources assurent que trois corps supplémentaires ont été découverts par la suite).

Plusieurs cadavres ont été piégés. De nombreuses têtes de bétail ont également été massacrées, ce dont témoignent des images transmises à RFI. Des pertes lourdes de conséquences pour les communautés nomades d’éleveurs.

L’armée malienne indique ensuite avoir mené des « frappes aériennes » dans la nuit de dimanche à lundi : un pick-up a été détruit et ses occupants neutralisés, selon l’armée malienne, qui les qualifie de « groupe de terroristes en renforts dans la zone des affrontements ». Le FLA dément catégoriquement. Les sources locales jointes par RFI confirment une frappe de drone, mais assurent que c’est un véhicule civil qui a été touché, faisant un mort et un blessé.

28 passagers civils tués, dont des femmes et des enfants

Enfin, lundi, les opérations de l’armée malienne et de Wagner se sont poursuivies. Quatre véhicules Toyota Hilux ont été ciblés entre midi et treize heures aux environs de Timtaghen, près de Tessalit. Sollicitée sur cette opération, qui n’est pas mentionnée dans le communiqué cité précédemment, l’armée n’a pas donné suite. Mais les nombreuses sources locales jointes par RFI expliquent unanimement qu’il s’agissait de véhicules civils, qui avaient quitté Gao en direction de la frontière algérienne. Selon ces sources, 24 passagers ont été exécutés.

Sur les images transmises à RFI, on distingue nettement des femmes et des enfants parmi les victimes, enchevêtrées devant une voiture calcinée. Un deuxième véhicule a pu prendre la fuite, sous les tirs des soldats maliens et de leurs supplétifs de Wagner. Quatre passagers ont été tués. Les deux derniers véhicules ont été emportés par les soldats maliens et leurs partenaires russes.

RFI

Éducation : le ministère déclare quatre syndicats non représentatifs et juge leur grève illégale

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Le Cnapeste déclaré non représentatif par le ministère de l'Education.

Après avoir recouru à la répression du mouvement de protestation des enseignants, incluant l’arrestation de syndicalistes et de grévistes placés en garde à vue durant de longues heures, les autorités optent désormais pour une approche réglementaire afin de contrer l’action des quatre syndicats ayant reconduit leur grève les 17 et 18 février 2025.

En effet, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (CNAPESTE), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), le Conseil des enseignants des lycées algériens (CELA) et l’Organisation algérienne des enseignants de l’éducation (Madjal), qui ont maintenu leur mouvement de grève cyclique de deux jours par semaine, ont été déclarés hors la loi et leur grève jugée illégale par le ministère de l’Éducation nationale (MEN).

Le MEN invoque la non représentativité des syndicats

Selon le ministère, cette décision repose sur une notification officielle du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, qui considère que ces syndicats ne remplissent pas les conditions de représentativité requises par la nouvelle législation. En conséquence, ils n’ont pas le droit d’appeler à une grève et s’exposent aux sanctions prévues par la loi.

Cette mesure s’appuie sur la loi algérienne n°23-02 du 25 avril 2023 relative à l’exercice du droit syndical. Ce texte introduit des critères plus stricts pour qu’un syndicat soit reconnu comme représentatif.

Désormais, un syndicat doit soit compter dans ses rangs au moins 25 % des salariés d’un organisme employeur, soit obtenir le soutien d’au moins 25 % des employés lors d’un vote, pour bénéficier de la reconnaissance officielle.

Dans ce cadre, le ministère du Travail avait donné un délai de six mois aux syndicats pour adapter leurs statuts à ces nouvelles exigences et les transmettre aux autorités compétentes. Ce délai a expiré le 2 novembre 2023, ce qui expliquerait pourquoi certaines organisations se retrouvent désormais privées de leur représentativité officielle.

Un encadrement renforcé du droit syndical

Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé que le droit syndical demeure garanti en Algérie et que l’État s’engage à le respecter. Toutefois, il a insisté sur la nécessité pour les syndicats de se conformer à la nouvelle loi, soulignant que ces mesures visent à renforcer le dialogue social dans tous les secteurs.

Avec cette nouvelle réglementation, les syndicats qui ne remplissent pas les critères de représentativité risquent de perdre leur statut officiel, ce qui explique la mise à l’écart des quatre organisations enseignantes. Cette situation suscite des tensions dans le secteur de l’éducation, où les enseignants dénoncent une tentative d’entraver leur mouvement revendicatif en restreignant leur capacité à se mobiliser légalement. 

Il faut préciser, dans ce contexte, qu’avant d’entamer leur mouvement de protestation, les quatre syndicats ont présenté un préavis annonçant leur grève. Il est à se demander pourquoi le ministère n’a pas jugé utile de réagir dans les délais impartis par la loi  à l’annonce de ces syndicats d’entrer en grève. 

La suite des événements dépendra de la réaction des syndicats concernés et de la décision que prendront les autorités à leur égard. 

Samia Naït Iqbal

Une si longue nuit de Lounès Ghezali : une implosion silencieuse

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Lounes Ghezali

Il est des textes qui se donnent à lire avec une aisance trompeuse, où chaque phrase semble s’écouler comme une eau limpide. Pourtant, sous cette apparente simplicité, un subtil enchevêtrement d’émotions et de complexités tisse une trame qui ne se dévoile qu’à celui qui sait écouter la résonance secrète des mots.

Ainsi s’impose Une si longue nuit de Lounès Ghezali, un roman qui se drape dans la clarté pour mieux envoûter par sa profondeur. Loin des fresques historiques où le collectif prévaut, l’œuvre trace une trajectoire intime, celle d’Akli Manghane, dont l’histoire se déroule sur le fil acéré du deuil et du renoncement.

Au cœur de son récit, la perte irrémédiable : l’assassinat d’un père, la spoliation d’une terre sanctuaire—le « jardin du ciel »—par ceux qu’il nomme « les tyrans », et la trahison insoutenable du fils rallié à l’oppresseur. L’existence d’Akli devient alors une longue dérive, une déflagration intérieure, un cheminement inexorable vers l’abîme.

Les mots, ciselés comme des lames, portent en eux le poids d’une douleur qui ne faiblit pas. « Je serai le père indigne qui a tué son fils », murmure-t-il dans un souffle qui répond à son aveu initial. Tel un verdict sans appel, cette sentence encadre le récit d’un cercle tragique dont nul ne peut s’échapper.

Si l’écriture semble d’abord d’une limpidité absolue, elle recèle en vérité une texture poétique qui innerve chaque phrase, transformant la souffrance en esthétisme. La narration, brève et tranchante, pulse au rythme des respirations oppressées du protagoniste. Les digressions ne sont pas de simples échappées mais des éclats de mémoire, des fragments de douleur qui viennent nourrir la mélancolie du texte. Ce n’est pas une lecture que l’on parcourt d’un trait, mais un chant funèbre qui s’écoute, se ressent, s’imprègne en soi.

Dans la deuxième moitié du roman, la tension monte, portée par l’intensification des images et des figures. La métaphore s’épanouit, la personnification donne au destin une voix, une présence, une toute-puissance redoutable. Le personnage avoue avoir misé un peu trop sur le destin, avant d’admettre que « le destin avait ébranlé ma vie sans que j’émisse le moindre murmure ».

Ce destin devient alors un personnage à part entière, force transcendante qui déchire l’homme, l’enlace et le précipite vers son inéluctable déchéance. « Personne ne pouvait arrêter cette tempête furieuse du destin. C’était ce que les hommes avaient voulu. Les hommes et… Dieu ».

Une si longue nuit est bien plus qu’un roman, c’est une implosion silencieuse, l’effondrement d’une âme face à son propre reflet. Une voix égarée dans l’obscurité de l’incompréhension. Ne pas lire ce texte serait renoncer à une plongée vertigineuse au creux de l’humain. Ce serait refuser d’entendre la plainte d’un « Muet » dont les mots, pourtant, résonnent avec une intensité bouleversante.

Kamel Bencheikh, écrivain

Procès de Mehdi Nemmouche en France : «Je n’ai jamais été geôlier … mais un soldat sur le front »

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Justice

Depuis le 17 février 2025, Mehdi Nemmouche comparaît devant la cour d’assises spéciales de Paris. Déjà condamné à la perpétuité en Belgique pour l’attentat du Musée juif de Bruxelles en 2014, il doit cette fois répondre de son rôle présumé en tant que geôlier et tortionnaire de plusieurs otages occidentaux en Syrie entre 2013 et 2014.

Aux côtés de Mehdi Nemmouche, deux autres accusés, Abdelmalak Tanem et le Syrien Kais al-Abdellah, sont également jugés. Deux autres suspects, Salim Benghalem et Oussama Atar, présumés morts, sont poursuivis par défaut. Ils sont accusés de séquestration, d’actes de torture et de barbarie en bande organisée.

Un geôlier sadique selon les otages

Mehdi Nemmouche est soupçonné d’avoir été l’un des geôliers de l’État islamique, responsable de la détention et des sévices infligés à plusieurs otages, notamment des journalistes français et espagnols. Les témoignages des survivants dressent le portrait d’un bourreau cruel, infligeant à ses prisonniers des violences physiques et psychologiques. Nicolas Hénin, ancien otage, le décrit comme un « bourreau pervers ».

Face à ces accusations, Mehdi Nemmouche nie en bloc. Il affirme n’avoir jamais rencontré les otages et soutient avoir été un simple combattant sur le front, découvrant pour la première fois les journalistes français lors de son procès à Bruxelles.

Un parcours marqué par la radicalisation

Mehdi Nemmouche, né en 1985 à Roubaix, dans le nord de la France, a connu une jeunesse difficile, marquée par plusieurs passages en prison pour des affaires de délinquance, où il a basculé dans la voie de la radicalisation islamiste. En 2013, il rejoint la Syrie et intègre les rangs de l’organisation État islamique.

De retour en Europe, Mehdi Nemmouche ouvre le feu au Musée juif de Bruxelles, tuant quatre personnes le 24 mai 2014. Il est arrêté quelques jours plus tard à Marseille. Jugé en Belgique, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Ce procès va se poursuivre pendant cinq semaines et s’annonce riche en révélations, notamment avec la diffusion de vidéos illustrant la barbarie des soldats de l’État islamique. L’avocat de Mehdi Nemmouche, Maître Francis Vuillemin, affirme que son client est serein et qu’il s’exprimera sur ces accusations de torture et de séquestration, sans nier son itinéraire de djihadiste.

Si ce procès n’impactera pas les peines des accusés déjà lourdement condamnés, il constitue un moment clé pour la justice antiterroriste et la reconnaissance des souffrances des victimes.

Rabah Aït Abache

L’Algérie s’indigne de la visite de Rachid Dati au Sahara occidental

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Rachida Dati

La visite de Rachida Dati, ministre française de la Culture, à Laayoune (Sahara occidental) hier lundi a suscité une réaction des autorités algériennes qui y voient un soutien d’un ancien colonisateur à un nouveau.

Dans un communiqué rendu public, le ministère des Affaires étrangères estime que cette virée de l’intenable Dati est « malvenue ».

Elle traduit un « mépris insigne de la légalité internationale » de la part d’un membre permanent du Conseil de Sécurité, indique mardi un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines.

« La visite d’un membre du Gouvernement français au Sahara Occidental est d’une gravité particulière. Elle est condamnable à plus d’un titre. Elle traduit un mépris insigne de la légalité internationale de la part d’un membre permanent du Conseil de Sécurité », lit-on dans le communiqué.

« Elle aide à la consolidation du fait accompli marocain au Sahara Occidental, territoire où un processus de décolonisation reste inachevé et où l’exercice d’un droit à l’autodétermination demeure inaccompli », ajoute la même source.

Enfin, « la visite malvenue du membre du Gouvernement français renvoie l’image détestable d’une ancienne puissance coloniale solidaire d’une nouvelle. Ce faisant, le Gouvernement français se disqualifie davantage et s’isole par rapport à l’action des Nations Unies visant à hâter un règlement du conflit du Sahara Occidental sur la base d’un strict respect de la légalité internationale », conclut le communiqué.

C’est la première visite officielle d’un ministre français sur ce territoire dont le dossier de décolonisation est aux mains de l’ONU.  Le 7 janvier 1994, le ministre de l’intérieur Charles Pasqua s’était envolé vers Laayoune, rappelle Le Monde,  pour discuter contrats avec son homologue saoudien, le prince Nayef ben Abdelaziz Al Saoud. Sa visite de quelques heures eut beau être faussement annoncée comme « privée », elle provoqua la « consternation » du Front Polisario et la gêne du Quai d’Orsay.

Cependant, cette visite de Rachida Dati doit s’inscrire dans une volonté des autorités françaises d’appuyer le monarque marocain dans ce dossier brûlant au sein des instances internationales.

La rédaction

Les uns marchent sur la Lune, les autres fixent la nuit du doute…

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L’an dernier ce fût l’Algérie qui avait fait l’honneur de fixer la nuit du doute pour le début du Ramadan …cette année, c’est la Grande Mosquée de Paris qui s’en mêle via un communiqué officiel. Mais, tenez-vous bien, le CFCM nous joue un autre tempo :

« Alors que le Conseil français du culte musulman (CFCM) a annoncé la date du début de la période de jeûne mardi 4 février 2025, la Nuit du doute doit encore l’entériner. Cette dernière aura lieu le vendredi 28 février 2025 à la Grande Mosquée de Paris, comme on l’apprend dans un communiqué publié le 1ᵉʳ février 2025 ».

Pourvu qu’il n’y ait pas coïncidence entre les deux dates, nous verrions alors si tout ce beau monde est prêt à s’étriper autour d’un dilemme qui n’a pas lieu d’être… Des siècles de sciences permettent à l’Homme de situer la position de la Lune avec exactitude sur des périodes s’étalant sur des millénaires, et voilà que des Ulémas acquis à la cause des ténèbres nous jouent le tour de la connaissance supérieure…

Dieu que tout cela est ridicule et pathétique ! Ridicule n’étant qu’un euphémisme absolu.

Fatigué de ressasser les mêmes envolées pour dénoncer l’abrutissement de nos sociétés, contentons-nous de résumer une ancienne chronique :

Cette nuit du doute qui s’invite chaque année pour annoncer le mois du Ramadan délimite à elle seule le gouffre abyssal qui sépare le monde musulman de tout ce qui est en rapport avec les sciences et les avancées scientifiques !

Pendant que toute une mascarade d’observations du croissant lunaire est organisée chaque année dans tous les pays musulmans, le monde qui avance s’agite autour d’une question relative au pluralisme cosmique ; c’est à dire de la possibilité des mêmes règles d’apparition et de développement de la vie à l’échelle galactique.

Les missions spatiales, en cours et en projet, sont si nombreuses qu’il est impossible de toutes les répertorier, encore moins les détailler, dans une seule chronique. Le but ultime de ces missions étant de découvrir si la vie telle que nous la connaissons sur Terre a pu se développer dans d’autres planètes et lunes de notre système solaire et si elle s’y développe encore, avant d’en étendre les mêmes lois à tout l’univers.

Au milieu de ces nombreuses certitudes scientifiques, le doute subsiste encore !

Pendant ce temps, la nuit du doute, cette certitude béante nous est présentée sous forme d’incertitude absolue, à ne remettre en question sous aucun prétexte sous peine de représailles dont des Raef Badawi en subissent encore les séquelles à la source même de cette certitude. Les non-jeûneurs de Tizi-Ouzou en connaissent un bout…

Quant à la position de la Lune par rapport à la Terre, on sait la calculer pour des siècles  à venir !

Au milieu des évidences scientifiques absolues, le regard pointé et limité à notre Lune, le monde musulman se complait dans le doute permanent.

Et ça continue encore et encore… vie extraterrestre ou pas ! Al wakhda !

Kacem Madani

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