5 octobre 2022
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Pour une définition apaisée de Dieu

Tribune

Pour une définition apaisée de Dieu

Cela dure depuis des millénaires et certains croyants n’ont toujours pas compris qu’ils avaient depuis longtemps déjà perdu dans leur déviance. Il faudra pourtant qu’ils le reconnaissent et que nous puissions avoir un dialogue serein et de paix, c’est leur dernière chance. Nous y sommes prêts car notre athéisme n’est pas l’ennemi de la foi, au contraire.

La première étape de notre réconciliation serait une reconnaissance mutuelle de nos positions. Nous cesserions de rire aux éclats en entendant parler de forces occultes dans le ciel et ils cesseraient d’insulter notre intelligence avec des prophètes qui marchent sur l’eau, des eaux qui se séparent et  un diable qui viendrait nous chatouiller les pieds dans notre sommeil.

En somme, nous arrêterions de tout expliquer par la raison et eux, promettraient d’arrêter de raconter des histoires à faire peur aux petits enfants. La sérénité de l’Algérie passera par là et nulle part ailleurs. C’est de toute façon la marche inéluctable de l’humanité.

Depuis le seizième siècle il est admis que toute personne prétendant l’existence de quelque chose qui ne se voit pas doit le prouver, pas le contraire. C’est une position qui a fait avancer l’humanité d’un pas de géant sans que les religions n’aient à souffrir de leur droit à exister.

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Car pour notre part, nous devons admettre que l’humanité n’est pas que raison et que l’immatériel est une grande part de son existence. L’immatériel et le psychologique, nous en sommes d’accord, mais pas l’absurde et la discussion avec l’occulte jusqu’à nous mettre à genoux et se voir imposer une vie dédiée et soumise au Grand invisible.

L’être humain croit en des forces inexplicables et les religions ont depuis longtemps répondu à de mystérieuses questions à leur manière. Malgré les dizaines de millions de morts qu’elles ont provoquées à travers l’histoire, leur apport fut à l’origine une lutte contre la barbarie.

En effet, il faut bien se rendre compte que les religions du livre, celle qui nous sont historiquement les plus rapprochées, ont inventé des valeurs qui étaient censées faire entrer l’humanité dans un monde des plus sereins. Oui, mais toujours au début, jamais tout au long du processus historique.

Très rapidement se sont installés ceux qui ont perçu dans ces doctrines matière à abrutir et à dominer les autres. Car rien de l’histoire des religions ne fut par la suite autre chose qu’une domination des plus rudes et des plus cruelles par ceux qui ont cru avoir le pouvoir de porter la parole des écrits.

La marche en avant des connaissances et de l’esprit de discernement a toujours été leur ennemi. La science a prouvé, au-delà de ce qui est utile de le faire, que tout ce qu’affirmaient les religions était basé sur une erreur scientifique grossière.

L’Homme ne naît pas d’un souffle divin, l’âme n’est pas dans l’estomac, la terre n’est pas au centre de l’univers mais c’est elle qui tourne autour du soleil. Et bien d’autres élucubrations auxquelles il était admissible de croire il y a de nombreux siècles mais plus maintenant.

Il y a pourtant un moyen de nous entendre avec paix et sérénité. Que les croyants reviennent à une interprétation plus correcte des sources de la création des doctrines religieuses, soit le langage par les paraboles. Elles sont des histoires pour signifier une valeur humaine, une hygiène de vie ou une démarche sociale et certainement pas une réalité historique.

Dès lors, nous pourrions les convaincre d’une autre définition de Dieu, celle qui est à l’origine de tout. Il existe bien une transcendance qui conduit au miracle de transformer la multiplicité en une seule entité, c’est tout simplement le miracle de l’être humain à travers ses civilisations, ses rêves et ses valeurs.

Dieu n’est donc autre chose que l’émanation collective des êtres humains. Ce sont eux qui sont les tous puissants et qui représentent le sacré. Ce sont donc eux qu’il faut respecter. Cela ne semble pas du tout à l’ordre du jour dans les régimes théocratiques comme celui de l’Algérie.

Dieu est placé au sommet de la constitution mais les êtres humains sont dans les geôles du régime et de la puissance financière de ceux qui ont su interpréter les textes en leur faveur, sonnantes et bien palpables.

Si nous pouvions les convaincre de cette réalité, alors il y aurait une place des religions à nos côtés, dans la plénitude de leur existence. Quant à la seule manière républicaine de faire coexister le tout, cela existe depuis longtemps, la laïcité.

Alors les religions ne seraient pas menacées et elles cesseraient leur inacceptable dictature de l’esprit sur les autres. Et nous, nous cesserions d’appeler à leur disparition car nous n’avons aucune raison de le faire si nos libertés étaient garanties.

Ce qui est fort n’a pas besoin de convaincre les autres par la violence pour exister. J’attends que la religion devienne enfin forte et mette le sacré au centre de sa doctrine, l’être humain.

L’été, j’ai souvent envie de m’agenouiller à la vue du ciel. Mais c’est pour méditer et jouir de sa merveilleuse beauté, certainement pas par crainte de ses foudres.

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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