21 février 2024
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Pouvoir en Algérie : la dialectique du centre et de la périphérie

Tebboune

Nous nous adonnons à un exercice périlleux et hasardeux. Nous attaquer au pouvoir dans notre pays sous un angle nouveau. Nous convoquons deux concepts utilisés en sémiotique, le centre et la périphérie lesquels ont été utilisés par Lotman (sémioticien russe).

Notre présente analyse est un simple exercice académique. La réalité du pouvoir peut nous échapper. Il se peut que nous soyons à des années lumières de ce qu’est le pouvoir en Algérie (influences des lobbys…etc). Contentons nous de cette pratique discursive. Apportons, humblement notre pierre à l’édification d’une nation digne et fière.

La sémiosphère est l’environnement sémiotique propre à une culture donnée, selon la théorie développée par le sémioticien russe Yuri Lotman. Elle se définit comme l’espace englobant structuré par les échanges dynamiques de sens au sein d’une société ou d’un groupe culturel.

La sémiosphère se compose de deux zones principales: son centre et sa périphérie. Le centre réfère au noyau dominant de codes culturels, de valeurs et de narrations qui font largement consensus au sein du groupe concerné. La périphérie désigne quant à elle les marges interprétatives, les mouvements émergents et les apports extérieurs plus contestataires ou subversifs.

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Il existe une tension permanente entre centralité et rénovation sémiotique à la périphérie. Les éléments périphériques, s’ils sont adoptés par une masse critique, peuvent à leur tour devenir centraux et faire évoluer la grammaire culturelle dominante. A l’inverse, les autorités établies tentent souvent d’homogénéiser les marges au profit du centre hégémonique. Ainsi, la sémiosphère se caractérise-t-elle par une autorégulation dynamique du sens via l’interaction constante entre son cœur consensuel et ses frontières renégociées.

La réalité du pouvoir en Algérie, il est vrai que le centre, représenté par l’élite politique et le pouvoir centralisé, tend à être normatif et coercitif. Le centre exerce son influence pour promouvoir une vision spécifique de l’histoire et de l’identité nationale, souvent à travers une lecture du roman national qui glorifie et renforce le pouvoir en place.

Le centre politique en Algérie cherche à imposer une interprétation officielle de l’histoire et de l’identité nationale qui justifie son autorité et sa domination. Cette lecture du roman national met en avant les réalisations et les succès du pouvoir en place, tout en minimisant ou en ignorant les voix dissidentes et les revendications périphériques.

Le centre politique utilise divers outils pour maintenir cette lecture normative et coercitive du roman national. Cela peut inclure le contrôle des médias, la censure, la manipulation de l’éducation et la répression des voix dissidentes.

L’objectif est de créer un récit national qui renforce le pouvoir central et maintient l’ordre établi. En revanche, la périphérie, représentée par les régions marginalisées et les groupes sociaux exclus, est souvent subversive. Elle remet en question la vision normative imposée par le centre et conteste le récit national officiel. La périphérie porte souvent des revendications d’autonomie, de reconnaissance culturelle et de redistribution des ressources.

Les mouvements et les voix de la périphérie, qu’ils soient régionaux, ethniques ou socio-économiques, remettent en cause le pouvoir centralisé et cherchent à élargir les espaces de participation politique et d’autonomie. Ils peuvent utiliser des moyens de communication alternatifs, tels que les réseaux sociaux et les médias indépendants, pour faire entendre leurs revendications et contester la vision normative du centre. Il est à noter que cette dynamique entre le centre normatif et coercitif et la périphérie subversive est une caractéristique commune à de nombreux systèmes politiques. Cependant, en Algérie, cette tension est particulièrement présente en raison de l’héritage colonial, des inégalités socio-économiques et des revendications régionales et ethniques.

La réalité du pouvoir en Algérie est marquée par la tendance normative et coercitive du centre, qui cherche à imposer une lecture du roman national glorifiant et renforçant le pouvoir en place. En réponse, la périphérie se révèle souvent subversive, remettant en question cette vision imposée et cherchant à défendre ses propres revendications et aspirations. Cette dynamique entre le centre et la périphérie est un aspect important à considérer pour comprendre la réalité du pouvoir en Algérie.

Toufik Fourtas et Lyes Bouheda transférés à la prison de Tiaret 

Depuis l’avènement d’Abdelmadjid Tebboune en 2019, le pouvoir en Algérie a mis en œuvre des mesures visant à étouffer les voix dissidentes et à réduire l’opposition à une simple expression. Ces tentatives ont été marquées par l’interdiction du mouvement Hirak, la répression des manifestations pacifiques et l’arrestation de centaines d’opposants, suivies de leur incarcération arbitraire. L’interdiction du mouvement Hirak, qui a émergé en 2019 en tant que mouvement populaire de protestation contre le pouvoir en place, a été l’une des mesures les plus significatives prises par le gouvernement pour réprimer les voix dissidentes. Les manifestations pacifiques du Hirak, qui revendiquaient des réformes politiques, la lutte contre la corruption et des élections libres et transparentes, ont été interdites et réprimées par les forces de sécurité.

En outre, le pouvoir en Algérie a également intensifié la répression contre les opposants politiques et les activistes. Des centaines d’opposants ont été arrêtés et placés en détention, souvent de manière arbitraire et sans respect des procédures légales. Ces arrestations ont été critiquées par des organisations de défense des droits de l’homme, qui ont souligné les violations des droits humains et les atteintes à la liberté d’expression et d’association.

Cette répression des voix dissidentes et des manifestations pacifiques a suscité des préoccupations sur la situation des droits de l’homme en Algérie et a été largement condamnée par la communauté internationale. Les arrestations arbitraires et l’incarcération des opposants politiques ont été considérées comme des atteintes aux principes fondamentaux de la démocratie et de l’État de droit.

La restriction de l’opposition et la répression des voix dissidentes sont des obstacles à la construction d’une société démocratique et pluraliste en Algérie. La diversité des opinions et des expressions, éléments essentiels pour un débat politique sain et la recherche de solutions aux défis auxquels le pays est confronté.

En résumé, depuis l’arrivée de Tebboune à la présidence, le pouvoir en Algérie a mis en place des mesures pour étouffer les voix dissidentes, notamment par l’interdiction du mouvement Hirak, la réduction de l’opposition à une simple expression, et l’arrestation et l’incarcération arbitraire de centaines d’opposants. Ces actions soulèvent des préoccupations concernant les droits de l’homme et la démocratie en Algérie.

La notion de « sémiosphère » développée par le sémioticien russe Iouri Lotman a été une grille de lecture utile qui nous a permis d’analyser le système politique en Algérie.

La sémiosphère  englobe l’ensemble des systèmes de signes et de symboles qui constituent une culture ou une société donnée. Elle représente l’espace où se déploient les processus de communication, de signification et de construction du sens.

Dans le contexte politique algérien, la sémiosphère peut être appliquée pour comprendre comment le pouvoir central en Algérie utilise les symboles, les discours et les signes pour maintenir son autorité et contrôler la narration nationale. Le pouvoir en place cherche à imposer une lecture spécifique de l’histoire, de l’identité nationale et des valeurs, en utilisant des signes et des symboles qui renforcent sa légitimité et sa domination.

Le pouvoir en Algérie use de symboles nationaux tels que le drapeau, les héros nationaux, les slogans politiques, pour créer une identité collective et un sentiment d’appartenance à la nation. Ces symboles sont convoqués pour renforcer le pouvoir central, en associant l’idée de patriotisme et de loyauté au régime en place. La sémiosphère permet également d’analyser comment les voix dissidentes et les mouvements de contestation en Algérie utilisent des signes et des symboles alternatifs pour exprimer leur opposition au pouvoir central. Ils inventent de nouvelles narrations, de nouveaux symboles et de nouvelles formes de communication pour remettre en question le récit officiel et promouvoir des idées et des valeurs alternatives.

L’application de la grille de lecture de la sémiosphère au système politique algérien permet de mettre en évidence les mécanismes de pouvoir, de contrôle et de communication utilisés par le pouvoir central en Algérie, ainsi que les contre-narrations et les mouvements de contestation qui émergent en réponse à ces discours dominants.

En conclusion, la sémiosphère de Lotman nous offre une perspective intéressante pour analyser le système politique en Algérie, en mettant l’accent sur les processus de communication, de signification et de construction du sens. Elle permet d’explorer comment le pouvoir central utilise les symboles, les discours et les signes pour maintenir son autorité, ainsi que comment les voix dissidentes et les mouvements de contestation utilisent des signes et des symboles alternatifs pour exprimer leur opposition.

Said Oukaci, Doctorant en Sémiotique

8 Commentaires

  1. Lorsque vous sortirez de l’ hypocrisie, lorsque vous direz les faits par leur nom, vous arriverez peut-être à faire une analyse correcte (je n’irai pas jusqu’à dire objective). Pourquoi vous ne faites pas l’analyse du hirak que vous mettez en avant pour cacher la réalité de la politique génocidaire du régime. Peur? Lâcheté? « Soumission volontaire », Attente de privilèges? La nouvelle des feux de 2021, 2022, 2023, des embastillements de centaines DE kabyles) des condamnés à mort innocents ne vous est-elle donc pas parvenue?

    • Je pense que ce n’est pas juste de trop demander de qui fait deja quelque chose, comme tenir le sujet vivant. Car, sinon il n’y a rien, absolument rien, helas. La triste verite’. Vous pouvez poster/commenter avec une verite’ et je ne pense pas que vous serez censure’. C’est la limite de leur latitude, helas. Quand aux Kabyles, je ne vois pas pourquoi c’est toujours a eux a de se sacrifier contre ce regime, pour qu’en profitent d’autres. Je ne pense pas qu’on puisse de loin blamer ceux qui se l’approprient de l’interieur. Un kour pourront-ils peut-etre le transformer de l’interieur en l’aidant a couler, par example.

  2. la dialectique du centre et de la périphérie…. ET de nulle part !

    Ohqarbi que j’allais commenter cet article mais je n’ai pas trouvé assez d’intelligence de science et de foi pour donner la réplique à l’auteur très versé dans les contributions ésotériques et décoiffantes . Ou est-ce parce que les contributions trop courageuses me sont impénétrables?
    Et si vous n’aviez pas parlé de courage j’aurais laissé l’Anonyme se faire moucher comme un petit morveux impertinent.

    Iben moua qui ne suis point courageux je dois vous avouer qu’il m’ a falu en achetern chez ceux qui en ont à revendre pour entrer dans la distorsion qui séparent les vaillant minbaristes du Matin-Dized et les lâches commentateurs sous couvert de pseudos. Car moi même avec un pseudo anonyme j’e n’ai pas de courage bien que je pourrais commenter sous mon vrai nom de Ivarwaqen Hend 3 place Jeddi Nosaure à Guezgata sans risque d’être reconnu par personne.

    Non seulement je commente avec un faux pseudo mais en plus jamais de chimoua , toujours de Si Barkafi et en plus avec un vipiène. Et encore même harnaché ainsi il ne suffit pas d’acheter du courage car même avec du courage j’aurais la frousse de commenter si jue n’étais pas aussi suffisamment maso. Je me  demande même parfois si j’aurais écrit un seul commentaire chez vous si je n’étais pas complètement idiot.

    Waqila on n’a pas le droit d’être innocent ave vous ?

  3. Le Matin tente avec des contributions d’élever le niveau, d’apporter sa pierre à l’édifice. Alors arrêtez les critiques non justifiés. Au moins, il ya de vrais textes a lire.
    Sans rancune

  4. Le régime peut utiliser tous les symboles qu’ils veut ,la mayonnaise ne marche plus ; nous sommes plus dans les année 70 . Le peuple est mieux informer par les réseaux sociaux . Le système mafieux qui sévit actuellement ce n’est pas par courage ,mais par lâcheté . Avec ,une police , la gendarmerie et une justice aux ordres on ne peu exiger des algériens d’être courageux .Les contraintes sont multiples . Ils faut un véritable soulèvement durable au niveau nationale . Le jour ou les algériens arête de dire « bi idni allah  » nous allons abattre ce régime peut être que leur voeux se réalise . Et pourtant les mosquées sont pleine et ils ne sont entendu . Quelle est la solution ? peut être un miracle se produira . Essayons Jésus ou Boudha , on sait jamais Azul

    • Mais la destinee de ce regime est connue. Il y a 60 ans deja depuis que je savais comment calculer des courbes et trajectoires, aussi complexes soient-elles. Pour des lignes droites comme celle de ce regime, une ligne droite, sa variable principale est connue, la rente petrole-gaz. Cependant, meme celle-ci, ils ont besoin de l’aide de ceux-la qui veulent sortir de cette dependence. Nous sommes deja arrive’s au stade ou ils ne peuvent financierement acheter de quoi proteger le Sahara, chez leurs fournisseurs habituels, les Russes. Il a fallut se rabattre sur les Chinoix, qui vont leur fournir des avions en carton de bomboo avec des tourne-vis en plomb. Bref, Avec la ruine viendra la fin et la fin viendra avec la ruine. Quand ces 2 s’ajustent bien, la bankeroute adviendra. Mais il sera trop tard me direz-vous, la population sera totalement islamise’e et abrutie. Et alors !? Il n’y a pas aussi longtemps que ca(relativement parlant) qu’en Afrique du nord, chez-nous particulierement, l’orthodoxie CHRETIENNE etait au sommet jamais connue, meme pas en Grece ou elle continue de subsister. Les khorotos ont enguage’ une guerre contre Rome pour ce dogme extremiste, alors qu’ils ne faisaient RIEN pour leurs terres, NIF ou liberte’. Et encore, contre une Rome deja reduite par les Vandals et reduite a l’agonie. Le meme sinon un profile parallele/similaire se dessine depuis que les Francais ont evacue’ les Turcs, les concubins de longue date deja. Rome c’etait 7 siecles et la Uma a peupres pareille. Le nouveau concubin moitie-lui-moitie’ elle, c.a.d. la France est descendue de siecles a generations, c.a.d. quelques 6 a 7 generation. Le Francais s’efface deja du paysage. Un moment ultime se profile a l’horizon et je ne puis encore en faire le contour, encore. Mais c’est facile a deviner. A repondent les populations, incluant le regime? Le ventre et la violence. Les decideurs ouvrent des agences de la BEA en France. Bientot en Espagne et Italie. Ils comptent ramasser la devise des Immigre’s. Ils vont court-circuiter Port-Said. Mais ca ne va pas !!! Et bien les gens vont se conduire vers le troc en matiere out simplement de main en main, c.a.d. transacter dans la CONFIENCE. Et ne dit-on pas que la gouvernance c’est ca, la confience? Les Algeriens sont ligote’s certes, mais pas cons, moins encore aveugles ! Les enfants de la nomenclotura ont toutes un pied-a-terre ailleurs. Quand les derniers diabetiques s’effondreront, leurs progenitures incapables prendront la fuite tout simplement. Ils ont ou aller, heureusement, au passage. Et je serais de retour, peut-etre. Ou, serait-ce la saison de la chasse-ouverte aux millions?

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