21 avril 2024
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Tunisie : 8 ans de prison pour l’ex-président Moncef Marzouki

Moncef Marzouki

L’ancien président tunisien Moncef Marzouki est considéré par le régime de Kaïs Essaied comme un ennemi de la Tunisie. Critique virulent du chef de l’État actuel Kaïs Saïed, Marzouki a été condamné par contumace à huit ans de prison ferme pour tentative de «provoquer le désordre» dans le pays, ont indiqué vendredi soir des médias locaux.

Ce verdict a été prononcé par la chambre pénale du Tribunal de première instance de Tunis, selon ces sources.

Vivant en France, Moncef Marzouki, premier président élu démocratiquement en Tunisie après la Révolution de 2011, est poursuivi dans cette affaire après des déclarations publiées sur les réseaux sociaux, selon des médias locaux. Il a été reconnu coupable en première instance d’avoir tenté de «changer la forme du gouvernement», d’«inciter les gens à s’armer les uns contre les autres» et de «provoquer le désordre et le pillage» dans le pays, a indiqué la radio privée Mosaïque FM citant une source judiciaire.

Le régime de l’autocrate Kaïs Saïed traque toutes les voix qui s’opposent à son autoritarisme. Placée sous état d’urgence, la Tunisie actuelle regrette celle autrement aussi autoritaire de Ben Ali.

Un «ennemi de la Tunisie»

Fin 2021, Moncef Marzouki avait déjà été condamné à quatre ans de prison pour «atteinte à la sûreté de l’État à l’étranger» après avoir, lors d’une manifestation à Paris, appelé le gouvernement français à «rejeter tout soutien» au président Saïed, qu’il avait accusé d’avoir «comploté contre la Révolution». Il fait aussi l’objet depuis novembre 2021 d’un mandat d’amener international émis par un juge tunisien peu après que Kais Saïed eut demandé d’enquêter sur divers propos de Moncef Marzouki, décrit comme un «ennemi de la Tunisie», et de lui retirer son passeport diplomatique.

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Après le coup de force du président Saïed en juillet 2021 par lequel il s’est octroyé tous les pouvoirs, Moncef Marzouki a multiplié les interventions sur les chaînes de télévision et les réseaux sociaux pour appeler à la destitution d’un homme qu’il qualifie de «putschiste» et «dictateur». Opposant historique à la dictature de Ben Ali puis premier président de l’après-révolution (2011-2014), Moncef Marzouki, 79 ans, a longtemps symbolisé le combat pour la démocratie en Tunisie, même si son image s’est brouillée du fait notamment de son alliance controversée avec le parti islamo-conservateur Ennahdha, grâce à laquelle il avait remporté la présidentielle, selon les analystes.

Avec AFP

3 Commentaires

  1. Aie ! Aie ! Aie ! Qui se souvient des fanfaronnades du temps où la Tunisie voulait s’émanciper de ses atavismes arabes en tentant d’imiter l’occident sous prétexte qu’elle en avait toutes les qualités requises, et que c’était une erreur si la géographie l’avait placée entre des voisins attardés comme l’Algérie et la Libye? Et l’Occident qui ne montrait que la façade qu’elle voulait qu’on voit l’avait encourager dans sa tentative d’escapade sans toutefois s’y mettre vraiment. Pendant que les démons qui sommeillaient en elle se réveillaient lentement mais sûrement.

    Croyant pouvoir un jour revenir sur la scène icelui se rappelle aux souvenirs des Tunisiens en distillant des imprécations sur la toile en feignant d’oublier qu’il est passé par le pouvoir porté par l’élan d’une révolution avortée d’un printemps.

    Le peuple tunisien comme tous les peuples qui attendent du ciel un changement croyait que dès que que Ben Ali s’en ira les choses changeront d’elles-mêmes avec n’importe qui n’importe comment. Il suffisait pour cela de décréter la démocratie et le développement s’en suivra mécaniquement.

    En vérité la Tunisie n’avait que le despotisme ou les islamistes comme alternative à la dictature avec Merzouki comme lièvre un moment. Puis ce fut le retour du refoulé. SaÏed comme enfant prodigue , l’enfant caché, tout à fait légitime, mais non désiré.

    Cette condamnation vient clore un chapitre , et sanctionner une mouta3ade avec la démocratie.

  2. Je suis résolument contre la peine de mort. Mais Merzouki, comme tant d’autres au Maroc et en Algérie, sont à pendre sur la place publique. Pour que cela serve de leçon. Pour l’Histoire.

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