20 juin 2024
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Tunisie : deux chroniqueurs condamnés pour des critiques du pouvoir

Deux chroniqueurs connus en Tunisie, qui étaient poursuivis en vertu d’une loi sur les « fausses informations » pour avoir critiqué le pouvoir du président Kaïs Saïed, ont été condamnés mercredi 22 mai à un an de prison chacun.

Borhen Bssais, un présentateur célèbre de médias privés, et Mourad Zeghidi, un commentateur politique, ont écopé de six mois pour diffusion de « fausses nouvelles » dans les médias et réseaux sociaux, et six mois supplémentaires pour « de fausses déclarations dans le but de diffamer autrui », a indiqué à l’AFP le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis, Mohamed Zitouna.

Lors de leur procès dans la journée, ils ont invoqué la liberté d’expression, expliquant n’avoir fait qu’accomplir leur travail, en analysant et commentant l’actualité politique et socio-économique du pays, selon une journaliste de l’AFP présente dans la salle.

Ils avaient été interpellés le 11 mai pour des déclarations dans des émissions à la radio et à la télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux, considérées comme critiques du pouvoir du président Saied.

Des poursuites avaient été engagées à leur encontre en vertu du décret-loi 54, promulgué en 2022 par M. Saïed, officiellement pour lutter contre la diffusion de « fausses nouvelles » mais décrié pour une interprétation très large. Leurs avocats ont demandé un non-lieu lors du procès.

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« Mon travail en tant qu’analyste politique m’impose de parler des affaires publiques (…) je veux savoir quelle est la phrase ou le mot qui a été jugé comme enfreignant le Code pénal », a déclaré M. Zeghidi, selon une journaliste de l’AFP dans la salle.

M. Zeghidi s’est vu reprocher des déclarations datant de février 2024 et une publication de soutien à un journaliste emprisonné, critique du président M. Saïed. Le président Saïed, élu en 2019 pour un mandat de cinq ans arrivant à échéance cet automne, s’est octroyé les pleins pouvoirs lors d’un coup de force à l’été 2021.

«Quand la politique entre dans les tribunaux, la justice en sort »

« Je ne suis ni un opposant ni un partisan du président. Parfois, je soutiens ses choix et, parfois, je les critique, cela fait partie de mon travail », a expliqué M. Zeghidi, à l’adresse de la présidente du tribunal.

« Quand la politique entre dans les tribunaux, la justice en sort », a martelé son avocat Kamel Massoud, appelant la présidente à faire preuve d’indépendance dans un pays où des opposants et juristes ont dénoncé une mise sous tutelle de la justice.

Borhen Bssais comparaissait pour « atteinte au président Kaïs Saïed à travers des émissions radio et des déclarations » sur internet entre 2019 et 2022. « Je suis un animateur, donc, je dois présenter toutes les opinions quelles que soient leurs orientations », a-t-il lancé, estimant avoir été arrêté « comme un dangereux criminel ». « Tout un peuple est poursuivi en vertu du décret-loi 54 », a dénoncé dans sa plaidoirie son avocat Khaled Krichi.

Leur arrestation a coïncidé avec l’interpellation musclée le 11 mai de l’avocate Sonia Dahmani, également chroniqueuse, poursuivie au nom du même décret 54.

Le 13 mai, c’était au tour d’un autre avocat Mehdi Zagrouba d’être arrêté dans les locaux du barreau de Tunis. Ces interpellations sont venues s’ajouter à celles de militants d’associations d’aide aux migrants les jours précédents.

Avec Rfi

1 COMMENTAIRE

  1. Uniquement 2 chroniqueurs? L’Algérie fait beaucoup, « très beaucoup » mieux en la matière. Le président tunisien ne semble pas être le bon élève espéré par les dirigeants du voisin de l’Ouest. Peut et doit mieux faire pour mériter le soutien attendu. Chroniqueurs tunisiens préparez-vous aux rafles à mesure que le 7 septembre approche.

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