9 décembre 2022
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Comment faire pour garder les médecins en Algérie ?

Médecins algériens

Chaque année l’Algérie enregistre des « départs massifs » de ses médecins vers l’étranger. C’est « une véritable saignée pour le système de santé et pour tout le pays », regrette, ce jeudi, le Professeur Rachid Belhadj, président du Syndicat national des professeurs et chercheurs universitaires, et directeur des activités médicales et paramédicales à l’hôpital Mustapha Pacha d’Alger (voir vidéo ci-dessous).

Les chiffres de départs massifs de médecins spécialistes algériens vers l’étranger sont effarants. « Rien que durant l’année 2022, nous avons recensé le départ de 80 hospitalo-universitaires entre radiologues, ophtalmologues, dermatologues, urologues et réanimateurs », révèle le professeur qui s’exprimait dans l’émission L’invité de la rédaction de la Chaine 3 de la Radio Algérienne. Une véritable perte pour le pays, déplore-t-il en notant que le comble est que l’Algérie transfère des malades à l’étranger pour se faire soigner par ces compétences qu’elle a elle-même formées.

Néanmoins plus de 1200 médecins algériens ont passé les épreuves de vérification des connaissances (EVC) pour pouvoir exercer en France. La liste des lauréats a été publiée vendredi 4 février 2022, où la majorité des lauréats sont de nationalité algérienne. En 2018, 1008 médecins algériens ayant participé aux épreuves de l’EVC pour entamer le processus de leur installation en France.

La police réprime et arrête des dizaines de médecins résidents à Alger

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C’est dire la saignée de cette corporation à la recherche d’un meilleur cadre de travail et de vie.

Le représentant des professeurs chercheurs plaide en faveur d’une réelle prise en charge des préoccupations de la corporation. « Il est temps de revoir le suivi des carrières et la formation de ce corps », insiste-t-il, en annonçant que des négociations sur le statut des hospitalo-universitaires ont été ouvertes, lundi dernier, avec le ministère de la Santé, pour améliorer les rétributions et l’organisation du travail.

Est-ce suffisant pour arriver à garder des spécialistes qui attendent beaucoup plus des autorités de ce pays ? Le problème dure maintenant à une trentaine d’années. Tous les ans médecins, ingénieurs et autres diplômés fuient (oui fuient) l’Algérie pour les raisons que tous les Algériens connaissent ! salaires bas, manque de considération, manque de moyens, incompétence à tous les niveaux, corruption… Pendant ce temps de nombreux pays, comme la France et le Canada héritent de ces compétences à moindre frais.

C’est dire qu’il faut faire bien plus que ces mesures timides annoncées par le département de la Santé pour garder nos médecins.

L. M.

Médecins, ingénieurs, … le sauve-qui-peut des Algériens

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8 Commentaires

  1. « radiologues, ophtalmologues, dermatologues, urologues et réanimateurs  » Les spécialités qui manquent cruellement en France !depuis longtemps !

  2. Allez positivons !

    En 1962, il y avait quelques médecins…un travail considérable a été fait par ces médecins et d’autres pour former tous ces docteurs qui maintenant « dépannent » un pays qui n’a pas formé beaucoup de médecins Algériens du temps de sa présence coloniale…Heureusement, les Allemands, les Chinois et les autres ont dépanné l’Algérie un temps à partir de 1962…Maintenant c’est l’Algérie qui dépanne ! Un succès, il faut le dire, le hurler même : Bravo !

    • Oui, c’est vrai que les médecins algériens « dépannent » la France, après que celles-ci les a dument « aidé: rendu possible leur formation » et continue de le faire.

      Ils partent en France ou un pays francophone, qui pour se spécialiser, qui pour de meilleurs conditions de travail, de vie, etc. non pas elle qui vient les chercher, de force. Ils fuient l’Algérie pour la France.

      Avant de les recycler (remise à niveau, langue et science s’entend – je parle des médecins formés en Algérie, à peu près, après les années 80 du siècle passé -), ils (re)commencent tous comme infirmiers.

      Sans la France, pas de médecins algériens!
      Et pas que, puisqu’à l’exception de la religion islamique, et encore, où les Oulémas – ces savons sans science, embourbés depuis le 7e s. dans un ensemble de 114 textes (Sourates) et des Textes (Tradition ou Hadiths) rassemblés et fixés ou écrits 200 ans après leurs supposé auteur, Mahomet, par deux étrangers à la langue arabe: Boukhari et Muslim, des mensonges sans issus – et des lettres (poésie dans sa grande majorité) sont de formation épistémologique orientale arabisée, toutes les sciences étudiées en Algérie, puisque c’est de ce espace géographique que l’on parle ici, depuis en moins la moitié du 19e s., sont produites en français, par les Français dans leur vaste majorité.

      L’Algérie est un pays, si l’on se met d’accord sur ce qualificatif, qui est découvert, identifié, trouvé, bref, fait ou construit par la France, la France coloniale, avec toutes les horreurs qui vont avec le système colonial.

      Sans Stéphane Gsell (1864-1932), a titre d’exemple, et les exemples sont légion, dans tous les domaines, visibles et vérifiables tous les jours sur le terrain, l’Algérie, dans la « science arabe: méthodologie et épistémologie », à l’exceptions peut-être et encore, d’Ibn-Khaldoun, lui qui dans ses « Prolégomènes » attribue, faussement, l’ascendance de Mazigh à : Amazigh, ibnu Kanaân, ibnu Ham, ibnu Nouh), l’Algérie ne serait qu’une partie de la communauté arabo-islamique (Umma), fictive, dans son ensemble dit Maghreb inféodée au Machreq (Orient) comme tentent, sans cesse, manu militari, tous les successeurs à la tête de ce pays depuis 1962, officiellement, de le faire croire à ses habitants et au monde.

      Qu’on le veuille ou non, la langue scientifique de l’Algérien, pour ne pas dire nord-africain, est le français. Je parle de la science universelle pas de la science idéologique. Celle qui introduit l’anglais au cycle primaire du système éducatif algérien, sans débat publique ni expertise professionnelle indépendante, pour les raisons de décolonisation et souveraineté nationales. Entendre raser la langue française et 130 ans de tradition linguistique commune pour la remplacer par la langue anglaise en 2022. Il va falloir, dans le meilleur des conditions, attendre l’an 2152 pour que l’Algérien atteigne le niveau linguistique de la langue anglaise atteint aujourd’hui en langue française.

      En attendant des médecins anglais la formation de futurs médecins algériens qui vont « dépanner » l’Angleterre, il va falloir refaire l’histoire, et déplacer le centre de la révolution industriel vers Paris.

      Je connait bien cette fierté, fausse et hautaine, affichée, par beaucoup d’Algériens, qui veut faire croire à un quelconque génie algérien, en vérité semblable à celui affiché par quelqu’un comme Tebboune, le plat-ventriste d’hier, aujourd’hui arrogant.

      La langue, tels que l’allemand, le français, l’anglais… sont des instruments redoutables de communication. Elles se sont constituées lentement, des siècles durant. Elles sont d’une telle précision qui permettent à leurs usagers de lancer un satellite, de leur conception et construction, à la poursuite d’une météorite qui menace la terre par sa collision avec celle-ci, pour la percuter et de la dévier de sa trajectoire initiale.

      Bien à vous, Monsieur, qui participez à un forum, par le biais de la langue française, la langue formée et imprégnée par les « Poètes de la Pléiade » sous la houlette de Joachim du Bellay, entre autre.

      Inisi, qui a perdu sa langue

      • Cher monsieur je vous sens amer, je vous comprends. les erreurs peuvent parfois être constructives mais concernant l’usage des langues, il faut des générations pour leurs acquisitions et encore !
        Le butin de guerre dont parlait Kateb a permis à ce pays d’avancer, d’être reconnu. Dans le contexte mondial actuel et à venir la langue Arabe n’a aucune place pour les échanges scientifiques et autres, c’est une réalité ! l’idée de s’en remettre à l’Anglais est une bonne chose car même en Europe l’Anglais est incontournable par exemple dans les études supérieures. L’Algérie a beaucoup perdu avec l’Arabisation mal organisée, rapide et improductive car non culturelle mais idéologique !En admettant que l’Arabisation permette les échanges avec les pays Arabes ? pourquoi faire ? l’intérêt de l’Algérie ce sont les pays développés ou les pays « dits amis, d’intérêts réciproques » et là ce sont les langues: Française, Allemande, Italienne, Espagnole…L’appauvrissement des Algériens qui parlent mal l’Arabe et cassent le Français est manifeste ! Je ne parle pas de l’oubli du Tamazigh qui n’est pas encouragé au même titre que la langue Arabe, car si le Tamazigh est une langue à portée limitée, la langue Arabe aussi !Vouloir être plus Arabe que les arabes et plus musulmans que les musulmans est le problème Algérien qui fait le plus de dégâts de années 1980 à ce jour. Les gars qui se barrent à l’étranger veulent accéder à une autre vie, à un autre projet de société non règlementé d’un côté par l’Arabisme et de l’autre par l’islamisme installé durablement dans la société. Nous n’échangeront jamais nos langues pour d’autres mais nous devons être ouverts aux autres en nous appropriant leur langue, ce qui ne nous empêche pas de leur faire connaître nos cultures… et leurs langues non plus.

  3. Conditions de travail ? cadre de vie ? conditions matérielles ? amélioration de leur retribution ? reconnaissance est espérance aux grades supérieurs ? et j’en passe….est-ce bien suffisant ? est-ce bien cela qui conduit nos élites à migrer dans des pays où l’herbe est plus verte ? La Talibanisation de l’Algérie a débuté en 1990 et même bien avant, prenant une ampleur effrayante, c’est en partie cela qui pousse ces jeunes et moins jeunes, ces élites à fuire l’Algérie devenu par la grâce des nouveaux seigneurs le sanctuaire du panarabisme et de l’islamisme. Qu’ont-ils à offrir à leur enfants ? quel avenir prometteur pour leur progéniture ? L’école en déliquescence, une vie culturelle rabougrie, une saleté repoussante, une éducation civique inexistante, une capitale où le couvre-feu est décrété dès 17 h devenant une ville fantôme où seuls les Chawarma et les Kebbab continuent à officier ! Une populace qui grossit de jour en jour – véritable bombe de demain – et un schéma directeur de cirulation automobile qui rebute les plus téméraires. Bienvenue pollution; vous êtes chez vous ! Elle est pas belle la vie en Algérie !

  4. Quelled question ! Comment faire pour garder less medecins alors qu’apparemment nous avons le meilleur systeme d’afrique et bientot du monde.

  5. Même si l’état les payent 20k€ par quinzaine,ils vont se barrer sauf ceux qui ne peuvent pas. Mettre la fuite des cerveaux uniquement sur le plan financier, c’est mal connaître ces élites.
    Ils veulent seulement vivre, progresser, et surtout être respectés. Avoir des pénuries de médicaments, des moyens matériels obsolètes où même inexistants, quel médecin ayant fait le serment peux accepter cela !

  6. @nora. Que le véritable détenteur du pouvoir en Algérie c’est à dire l’armée dépose les armes et qu’ils s’en aillent dans ses carsernes ! La politique, gérer un immense pays comme l’Algérie : ce sont là des missions bien complèxes pour les voir confiés à des militaires. Les pouvoirs totalitaires, les dictateurs et le népotisme ont fait leurs preuves ailleurs et notre pays qui en a été l’un des laboratoires devrait maintenant passer à autre chose : essayer la démocratie et la laïcité par exemple ? Il ne faut jamais se mesurer au plus petit que soi, il faut toujours viser l’excellence, les meilleurs, les plus grands ! nous en sommes bien loin. Cessons de vivre avec des illusions ou des chimères.

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