30 novembre 2022
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Le chien Sammie accepte  la chèvre Lincoln comme maire élu

Commençons par une petite histoire dans une mairie française. Yohann Nedelec, le maire du maire du Relecq-Kerhuon affirme qu’Emmanuel Macron ne connaît pas les vrais problèmes des maires. Les habitants veulent avoir des responsables politiques qui collent à la réalité. Alors que leurs moyens baissent, dit-il, les maires sont en première ligne face aux difficultés.

Voici comment Yohann Nedelec répond à une invitation du Président de la République Française « Je ne répondrai pas favorablement à votre invitation Monsieur le Président de la République. Mais j’espère bien vous voir, l’année prochaine, Porte de Versailles, en 2019 et ainsi respecter l’intégralité des Maires, pas juste une poignée, triés sur le volet par les Préfectures et/ou par le ministère de l’Intérieur. » C’est par ces mots que se conclut le courrier de Yohann Nédélec.

Certains politicards essayent de comparer l’Algérie à la France. Nous ne sommes pas en France. Nous sommes chez nous. Les circonstances là-bas et ici ne sont pas pareilles.  Ici nous nous vivons des conditions très différentes. Nous venons à peine de sortir d’une ère très exceptionnelle. Aujourd’hui, nous essayons de construire l’Algérie nouvelle sur des bases solides.  Une Algérie où le citoyen lambda a une place respectée.

Cette Algérie nouvelle n’est pas une utopie grecque comme le braillent certains aux bouches de métro.  Elle a une histoire. Elle est née après une longue période de militantisme contre l’injustice, la corruption, l’autoritarisme administratif et le zétotisme aveugle.  Elle est née malgré les menaces de Sidi Saïd et son clan argenté.  Sidi Saïd, Saïd, Haddad et leurs acolytes corrompus pensaient que le refus du 5eme mandat allait transformer l’Algérie en feu et en braises. Espérons que la nouvelle Algérie va mettre fin à la tyrannie clanique qui a détruit l’âme du peuple durant plus de deux décennies.

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Pendant 300 ans, à partir du début du XVIe siècle, l’Algérie a été une province de l’Empire ottoman sous une régence autonome qui avait Alger comme capitale. Au cours de cette période, l’État algérien moderne a commencé à émerger comme un territoire distinct entre la Tunisie et le Maroc. Les colons Française, à partir de 1830 a voulu faire de l’Algérie une annexe française.

En plus de l’humiliation d’être gouvernés par une puissance étrangère et non musulmane, de nombreux Algériens ont perdu leurs terres au profit des colons et leurs collabos.  Ces colons sont venus nous civiliser par l’opium et le bâton et nous rappeler que nos ancêtres habitaient des huttes et s’appelaient les gaulois. Sous cette main civilisatrice, les dirigeants musulmans ont été soit éliminés, soit cooptés ou rendus hors de nuisance. Nos structures sociales ont été détruites jusqu’au point de rupture avec leurs racines d’origine.  Sous une gouvernance française ayant pour slogan la trinité liberté-égalité-fraternité les algériens ont enduré 132 ans de colonialisme sauvage.

La guerre d’indépendance 1954-62, brutale, barbare et longue, a été le dernier tournant majeur de l’histoire du pays.  Enfin, cette révolution a uni les Algériens et a gravé la valeur de l’indépendance et la philosophie de l’anticolonialisme dans la conscience nationale.

Après ce bref résumé de notre l’histoire, je pense qu’Abdelmadjid Tebboune a pris la bonne décision de donner la chance aux jeunes « sans expérience » de représenter le peuple dans nos mairies.  Notre histoire nous enseigne que les jeunes qui ont gouverne l’Algérie en 1962 n’avaient aucune expérience.  Il faut y croire et avoir confiance.  Dans ma carrière de chercheur, j’ai accepté que le scientifique commence toujours par prendre une hypothèse pour bonne, puis décide d’“y aller” vers son but.

Le plus réaliste des gouverneurs doit avoir la conviction en ce qu’il fait  pour marcher vers son but avec assez d’assurance. Même si ce but est l’inconnu. Sans croyance, le plus fort des généraux perd une bataille même avec les armes les plus modernes.  Je cite l’exemple du président Kennedy pour illustrer cette idée.  Les années soixante, le président Américain Kennedy a pris la décision politique et demanda aux scientifiques de travailler pour conquérir le Lune. La Lune est un lieu inconnu… Kennedy savait que de nombreuses choses qui paraissaient impossibles en son temps peuvent être réalisées si l’on a foi en ce que l’on fait et si l’on se donne les moyens d’arriver à ses fins.

Hélas ! Soixante-sept and après la révolution de 1954, les algériens cherchent leur chemin. La majorité des jeunes est éveillée et éduquée mais le bon chemin semble être loin de leur visibilité. Pour cette majorité la visibilité manquait de décision politique dans le passé. Aujourd’hui, la décision politique du chef de l’Etat est claire. Pas d’argent sale et pas d’influence de clans. Le bourrage des urnes en faveur d’un maire falso ou un député effacé et sans bagages n’est plus possible après le hirak.

Les élections sont terminées. En théorie, le peuple a choisi ses représentants en toute liberté, en son âme et conscience et en toute indépendance. Le peuple souhaite que les maires élus ne soient pas, comme avant, les valets des chefs de daïra ou de simple serveurs dans des villas d’hôtes chez les walis.

Le maire doit être le valet du peuple pour nous faire voir le vrai visage de l’Algérie nouvelle. Il ne doit  jamais essayer d’être quelqu’un qu’il n’est pas. Il doit surtout accepter que son métier soit un mélange de stress, de conscience professionnelle et de joie dans sa fonction de servir le peuple en tout moment.

Il est évident que le rôle du maire varie considérablement d’une ville à l’autre, selon son niveau d’implication. On ne gère pas la mairie de Hassi Bahbah comme on gère la marie de Hydra. Faisons face à la réalité. Certains nouveaux maires seront débordés par la quantité de travail administratif qu’implique leur travail. Être maire n’est pas une fonction facile. Elle demande la patience, la largeur d’esprit, le contrôle de soi dans les moments difficiles et garder le sourire de fraternité devant tout citoyen. Certains membres du conseil municipal seront également dépassés par les problèmes qui attendent une solution dans des limites de leur rôle dans la prise de décisions.  Un bon maire doit explorer les problèmes difficiles avec le personnel qui l’entoure et encourager la créativité. Un nouveau maire doit apprendre à connaître et à faire confiance au personnel clé dans sa municipalité. Il doit surtout avoir en tête qu’un personnel compétent peut être d’une grande aide pour développer ses idées, structurer de bons processus et, de manière générale, lui éviter des ennuis.

Dans un conseil municipal les membres doivent se traiter les uns les autres avec respect. Ils doivent surtout éviter les critiques publiques les uns envers les autres. Par abus de pouvoir certains membres du conseil communal pensent qu’ils sont libres dans leurs actes. Un membre du conseil ne doit pas avoir un pouvoir de diriger les employés de la municipalité.

Enfin, un maire, digne de ce nom, doit montrer son appréciation pour le bon travail des employés dans son enivrement.  Il doit savoir dire ‘merci’ et partager le crédit. Hélas ! Ces bonnes conduites doivent être enseignées à nos enfants dans nos écoles.

Pour justifier le titre de cette contribution je me réfère aux méthodes américaines d’enseignement qui apprennent aux enfants comment devenir maire d’une localité aux Etats Unis.

Pour intéresser les enfants à la politique locale les habitants de Fair Haven, petite bourgade du Vermont qui compte 2 500 habitants, les habitants ont décidé d’élire une chèvre comme maire de cette localité. Cette chèvre appartient à Christopher Stanton, un enseignant de mathématiques  dans une  école primaire de Fair Haven.  Lincoln, chèvre nubienne de trois ans, a été élue maire.

La durée de son mandat est d’un an. Lincoln a été élue face à 15 adversaires, dont des chats, des chiens ou encore des gerbilles. Elle a emporté l’élection au dernier tour avec 13 votes contre 10 pour un chien nommé Sammie.

Dans le cadre de ses fonctions, la chèvre devra notamment assister à de nombreux événements locaux, dont le fameux défilé du Mémorial Day à l’occasion duquel elle portera une écharpe de maire faite sur mesure pour elle.  S’inspirant d’une initiative similaire organisée dans une ville du nord du Michigan, Joseph Gunter, le maire, s’est dit que l’élection d’un animal comme maire honoraire de la ville serait une bonne façon de collecter des fonds pour la construction d’une aire de jeux pour enfants. C’était une très bonne manière d’intéresser les enfants en primaire à la façon dont fonctionne un gouvernement local.

Auteur
Dr Omar Chaalal, Associate Professor

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