7 décembre 2022
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Le pétrole, cet autre opium du peuple

 

Pétrole

 

Le pétrole est une chose inviolable sur terre, personne n’y touche sans risquer de recevoir les foudres de Satan. Pris dans le tourbillon du pouvoir et fascinés par l’argent facile, les dirigeants arabes délirent et se lancent dans des projets pharaoniques afin de s’immortaliser

Dans la tombe, ils chercheraient à « régner en enfer que servir au paradis ». Ils s’imaginent que le monde se plie à leur volonté et que les recettes pétrolières vont leur assurer l’éternité. L’Algérie n’échappe pas au cours de l’histoire.

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Avec son immense ciel bleu et ses espaces désertiques infinis, elle était méconnue jusqu’à ce surgissent de ce sable stérile le pétrole en 1956.

Il va être le pot de miel de l’Algérie indépendante. Il est intarissable, du moins pour la génération de novembre 54 en voie d’extinction. Les générations futures n’ayant pas participé à la guerre de libération nationale n’auront pas droit Elles sont exclues du partage du butin de guerre. Dans l’Algérie indépendante, il n’y pas de bâtisseurs, il n’y a que des guerriers.

« Détruire un pont, quoi de plus facile pour un maquisard, le reconstruire réclame du génie et du labeur ». Quand la ruse plane sur les hauteurs, l’intelligence rase les murs. Pour le gouvernement algérien, après le pétrole, c’est toujours du pétrole. Il ne scie la branche sur laquelle il est assis.

Le pétrole est le carburant du régime, le ciment de l’Etat, l’opium du peuple.

L’Algérie vit de la rente, au rythme du marché pétrolier et gazier. Un marché de dupes conclu entre les Etats Unis et les Etats arabes (pétrole à profusion contre une assurance vie). D’une main, ils signent un pacte avec le diable et de l’autre ils prient Dieu de leur venir en aide ? Ils vivent une double réalité : la richesse matérielle et la pauvreté spirituelle. Ils considèrent le pétrole comme un butin de guerre à se partager et non comme une chance à saisir offerte au pays.

Au lieu d’en faire un levier de développement économique, il sera un instrument de pouvoir redoutable et un facteur de régression économique et social manifeste. La rente pétrolière et gazière rend pratiquement inutile la production agricole et la facilité à payer les importations croissantes joue un rôle dissuasif non négligeable vis-à-vis de l’urgence du développement agricole.

La crise qui affecte la production a des origines lointaines : elle découle de la spécialisation à laquelle a été soumise l’agriculture durant la période coloniale vers la satisfaction des besoins de la métropole et donc déconnectée des besoins de la population locale et des causes plus récentes se rapportant à la politique « socialisante » menée aux pas de charge au lendemain de l’indépendance par les pouvoirs publics.

Les difficultés du secteur agricole ainsi que la faiblesse de la production céréalière sont à l’origine de la persistance et de l’approfondissement d’un vaste mouvement d’importations massives et coûteuses.

Ces importations jouent le rôle  de soupape de sécurité pour le pouvoir parce que empêchant que la crise du secteur agricole ne traduise la faillite totale d’une économie largement dépendante de l’extérieur pour sa survie. « Et le cargo diabolique nous enchaîna à tout jamais » tant pour l’exportation de notre seule richesse naturelle exportable (les hydrocarbures) que pour l’importation de notre nourriture et de nos médicaments».

L’Algérie se trouve dépendante du marché international pour son approvisionnement en denrées alimentaires dans la mesure où elle est satisfaite par un groupe limité de pays dont la France d’où l’extrême vulnérabilité économique et la fragilité de son équilibre biologique.

A cause du pétrole et du gaz, l’Amérique a perdu tout sens moral, la Russie veut en faire une arme de confrontation avec l’Occident, l’Europe veut sortir de sa dépendance  vis-à-vis du gaz russe, la Chine saisit cette opportunité pour poursuivre sa guerre commerciale avec les Etats-Unis en sécurisant « l’atelier du monde ».

Par la grâce du pétrole et du gaz, l’Algérie ne pense plus, elle dépense. Et elle dépense sans compter. Elle n’a point besoin d’économistes ; ceux sont des troubles fêtes ; elle préfère avoir affaire à de joyeux lurons ; Elle éprouve un désir viscéral d’amuser la galerie. D’ailleurs, la population n’en demande pas tant. L’argent coule à flots. Et que vive l’industrie de la rente ! Une industrie qui n’a pas besoin ni de stratégie, ni de séminaires, ni de discours, ne rencontrant ni de problèmes d’approvisionnement, ni de problèmes de débouchés.

Elle tourne à plein rendement. Elle peut s’en passer de tout gouvernement et de tout parlement. Elle fonctionne toute seule et n’a de comptes à ne rendre à personne même pas à elle-même. Elle se passe royalement du travail productif et de l’intelligence créatrice des algériens. Une industrie qui berce d’illusions les uns, ceux du haut et nourrit le désespoir des autres, ceux du bas.

Enfin une industrie qui fonctionne de, par et pour l’étranger. Une rente que se disputent ou se partagent fiscalement les Etats consommateurs de pétrole afin de financer à bas prix leur démocratie envoûtante et les pays producteurs dans le but de pérenniser les régimes politiques obsolètes en place avec des coûts exorbitants. Evidemment la plus grande part revenant aux puissants locaux ou étrangers. Les uns soutenant évidemment les autres et réciproquement.

Or le pétrole et le gaz sont par définition des ressources non renouvelables. Les gisements pétroliers et gazier ont mis en exploitation dans les années cinquante, ils ont dépassés l’âge légal de la retraite, soit plus de soixante-dix ans dont soixante ans de souveraineté. Ils sont usés et les besoins se sont multipliés.

Une société qui ne se pense pas est une société qui se meurt lentement mais sûrement. La vie d’une nation cesse dit-on quand les rêves se transforment en regrets.

En 1962, l’Algérie avait des rêves mais n’avait pas de moyens ; 2022, elle a les moyens mais n’a plus de rêves. Au lieu de rêver ta vie ailleurs, vis ton rêve ici. « Il faut se méfier des ministres qui ne peuvent rien faire sans argent et de ceux qui veulent tout faire avec de l’argent »  Indira Ghandi

Dr A. Boumezrag

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