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Ben Aknoun : les étudiants de la faculté de médecine demandent des comptes (Vidéo)

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EXPRESS

Ben Aknoun : les étudiants de la faculté de médecine demandent des comptes (Vidéo)

Les étudiants de la faculté de médecine de Ben Aknoun se sont rassemblés dans la matinée de ce lundi pour dénoncer le silence du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique au sujet de la gestion « catastrophique » des œuvres universitaires.

Le silence du ministère et celi des organisations estudiantines, après le crime perpétré à l’intérieur de la résidence universitaire Taleb Abderrahmane-2 à Ben Aknoun, demeure un grand mystère que la communauté estudiantine ne le tolère plus.

Les contestataires ne comprennent pas le fait que les sanctions tardent à venir à l’encontre des responsables d es conditions médiocres qui règnent dans les cités universitaires. En réalité l’assassinat du jeune étudiant Assil est le sommet d’un profond malaise.

En accentuant leurs revendications pour tenter de mettre un terme aux fonctions de tous ceux qui sont associés au laisser-aller et à leur tête le directeur de la résidence universitaire Taleb Abderrahmane-2, les étudiants en médecine sanctionnent aussi l’attitude des organisations estimant qu’elles n’ont aucune légitimité chez la communauté estudiantine.

Arrêté le vendredi dernier par les éléments de la sûreté de Bouzaréah sur les hauteurs d’Alger, le meurtrier présumé d’Assil Bellalta, qui n’est autre qu’un étudiant de 22 ans, qui suit un cursus en science économique à l’université Alger-3 de Dely Ibrahim, a été mis en mandat de dépôt par le juge d’instruction de Bir Mourad Raïs au niveau du tribunal de Saïd Hamdine, après être passé aux aveux en présence de la famille de la victime, dans une séance qui s’est déroulée sous haute surveillance en précaution à l’envahissement des étudiants.

Auteur
La rédaction

 




La peur dans la stratégie de maintien du statu quo

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DECRYPTAGE

La peur dans la stratégie de maintien du statu quo

L’un des pères fondateurs de la philosophie politique, Thomas Hobbes, décrivait déjà au 17e siècle le rôle de la peur dans la politique. Pour Hobbes, l’Homme est un être de passions. La peur serait donc passionnelle et animerait le comportement des individus.

Pour lui, c’est justement cette peur et le désir de sécurité qui ont amené la société politique et la souveraineté nationale à voir le jour. Les individus, inquiets pour leur sécurité, accepteraient alors de déléguer leur droit de s’auto-gouverner à un souverain qui assurerait en retour leur sécurité.

« Avoir peur, c’est se préparer à obéir » a récemment rappelé l’historien Patrick Boucheron, inspiré par la philosophie hobbesienne.

Les parties prenantes favorables au statu quo et au maintien des arrangements institutionnels en place semblent bien mettre en œuvre cette idée dans leur rhétorique. En effet, la peur occupe une place importante dans la stratégie de maintien du système institutionnel en Algérie.

Cette stratégie avait déjà été esquissée pour le quatrième mandat, mais elle se renforce actuellement, probablement en raison de l’ampleur du défi de faire accepter la présidentiabilité d’un candidat invisible. Les défenseurs du statu quo et du cinquième mandat ont recours depuis la campagne pour le quatrième mandat à une stratégie basée sur une peur triptyque : historique, géopolitique et judiciaire.

Ces multiples formes de peur se renforcement mutuellement et ont pour objectif commun de dissuader la mobilisation collective, la réflexion prospective et l’imagination d’une Algérie meilleure en dehors du système institutionnel actuel.

La peur historique

Des dirigeants du FLN à ceux du RND en passant par les autres partis de l’Alliance présidentielle, l’argumentaire en faveur du statu quo et du cinquième mandat converge sur la peur historique. Cette rhétorique voudrait légitimer le statu quo et le cinquième mandat en mobilisant la violence de la guerre civile pour dissuader ceux qui appellent au changement, considérés comme étant des aventuriers. Rappelons que la télévision publique algérienne a montré des images et vidéos d’une extrême brutalité en octobre 2017 sur les massacres durant la guerre civile des années 1990s. Le public algérien a pu y voir des corps d’enfants ensanglantés et des cadavres déchiquetés. Certains y ont vu une campagne de propagande visant à dissiper la peur.

À travers cette peur institutionnalisée, le message implicite semble évoquer les dangers sécuritaires liés au changement. Autrement dit, que le cinquième mandat serait d’un côté synonyme de stabilité et de sécurité. Le changement s’apparenterait de l’autre côté à une aventure vers l’inconnue, plutôt favorable au chaos qu’au progrès. Cette peur est entretenue de manière régulière dans les prises de parole de plusieurs fervents défenseurs du statu quo.

D’ailleurs, les discours du directeur de campagne du président sortant y font d’innombrable références. La peur rappelle alors à toutes générations confondues que le risque de retomber dans la violence est plus grand avec le changement. L’objectif naturel de la peur historique – qui parle à tous les Algériens – est de dissuader toute mobilisation collective. Ceux qui appellent au changement sont alors considérés comme des agents perturbateurs qui veulent faire retomber le pays dans ses sombres années. Des « ennemis intérieurs » dirait le vice-ministre de la Défense (voir l’article sur son discours dans  El Watan).

La peur géopolitique

La peur géopolitique consiste à utiliser les expériences plutôt mitigées du Printemps arabe (expression par ailleurs contestée) pour souligner que le changement n’est pas synonyme de développement durable. Cette rhétorique de la peur avait surtout été mobilisée pour soutenir le quatrième mandat dans un contexte de mobilisations sociales dans les pays arabes et d’Afrique du Nord. Les défenseurs du statu quo et de la stabilité suggéraient alors que le changement dérouterait naturellement vers des expériences de violence, à l’image de ce qui se passe (passait) aux frontières algériennes, de la Tunisie à l’Égypte en passant par la Libye.

Mon sentiment est que cette stratégie avait eu un grand effet de dissuasion lors du quatrième mandat. Les expériences tangibles des pays voisins témoignaient alors du réel danger des mobilisations sociales et des révolutions lorsqu’elles ne sont pas maîtrisées et lorsqu’elles sont également influencées par l’extérieur.

Aujourd’hui, la peur géopolitique est encore mobilisée dans une moindre mesure par les fervents défenseurs du cinquième mandat et du statu quo. Certains hauts placés n’ont pas hésité à nommer implicitement les militants et activistes en faveur du changement « d’ennemis intérieurs » et « d’ingrats », accolant à priori le refus du statu quo à la volonté de déstabilisation. Il y aurait donc une ambiguïté et une peur entretenues autour d’une incompréhension des réelles revendications.

Le président du TAJ, Amar Ghoul, a par exemple associé les revendications citoyennes de la rue à « un danger » (voir article de Tsa en date du 17 février 2019). Bien que les récentes mobilisations citoyennes jusque-là pacifiques semblent véhiculer une volonté de changement, la rhétorique des défenseurs de la « continuité » traduit cette volonté de changement comme un appel à la révolution.

Loin d’être naïve, cette rhétorique de légitimation du statu quo soutient fort probablement un double objectif de dissuasion et de décrédibilisation des acteurs du changement.

La peur judiciaire

Plus récemment s’est ajoutée la peur judiciaire aux deux formes discutées précédemment. Quiconque s’identifie contre le cinquième mandat sur les médias sociaux ou dans la rue est rapidement muselé par les forces de l’ordre (bien que cela semble changer depuis la nomination d’un nouveau directeur de la DGSN). De manière visible dans les médias, des journalistes, des activistes, des artistes ou encore des militants comme ceux de Mouwatana ont récemment subi les répressions policières. Un important dispositif sécuritaire avait à titre d’exemple empêché les dirigeants de Mouwatana de se mobiliser pacifiquement contre le cinquième mandat.

Certains représentants ont même été enlevés par la police et leurs téléphones confisqués. Des moyens de l’État ont été utilisés pour barrer l’accès à certaines routes. Dans certains cas, la machine judiciaire a traité des dossiers de militants avec une célérité jusque-là inconnue en Algérie.

De manière moins visible, des intellectuels, journalistes et professeurs se font aussi censurer dans leurs propres institutions dès lors qu’ils s’affichent contre le cinquième mandat. Ceux-là, nous en entendons moins parler, mais les cas sont nombreux.

Ce climat délétère et la machinisation des forces de l’ordre et du système judiciaire visent à dissuader les uns et les autres de se mobiliser, de s’afficher et de prendre parole. Le cas le plus marquant est celui du jeune de Mascara qui est en détention pour avoir brandi une pancarte hostile au cinquième mandat. La persécution à travers le système judiciaire et l’usage de la force policière génèrent un sentiment de peur dont l’objectif est de contenir la mobilisation collective.

La peur ou la nécessité de vigilance 

Dans la philosophie hobbesienne, la peur est le fondement du contrat social qui lie la société au souverain. Elle se base donc sur un échange : le renoncement du droit d’auto-gouvernance en échange de la sécurité. Mais Hobbes explique bien que les exigences des citoyens ne se limitent pas à la sécurité. Celle-ci est la base mais jamais une fin en soi. Il faut alors que l’amélioration de la qualité de vie du citoyen soit garantie. Hobbes insiste sur le fait que le contrat peut être rompu – autrement dit que la république n’a plus de sens – si le citoyen n’a pas le sentiment de bien vivre. Mon intuition est qu’une majorité de la population algérienne partage ce sentiment.

Loin des préceptes méthodologiques qu’impose la rigueur scientifique de ma profession, il me semble qu’il ne faut pas sortir de St-Cyr pour sentir le malaise généralisé en Algérie : des mobilisations sociales qui se comptent par milliers annuellement, un nombre record de harragas, une violence et des suicides grandissants, une fuite massive des jeunes diplômés, et j’en passe. Il suffit par ailleurs de réfléchir au succès phénoménal des influenceurs sur les médias sociaux qui prennent position contre le statu quo (à l’image de « Mansotich » de Chemseddine qui a été visionnée près de 15 millions de fois).

D’ailleurs, sa prise de position lui avait valu d’importantes critiques sur sa volonté de nuire par certains médias et politiques. À l’approche des élections législatives de 2017, le Ministre de l’Intérieur avait rappelé que l’engagement politique à travers les médias sociaux pouvait nuire à l’Algérie, et que « la jeunesse Algérienne à travers tout le pays est consciente de la nécessité de préserver la sécurité et la stabilité du pays ».

La stratégie adoptée par les défenseurs du statu quo n’est pas totalement déraisonnable. En effet, la vigilance est de mise dans toute mobilisation sociale, surtout dans un contexte où les ingérences politiques se font de plus en plus menaçantes.

En revanche, cette rhétorique basée sur la peur – qui n’est d’ailleurs pas spécifique à l’Algérie puisque des intellectuels américains la dénonçaient déjà au 20e siècle – se construit autour de contradictions et de paradoxes qui pourraient frôler la malhonnêteté intellectuelle. D’abord, ceux qui réclament le changement ne demandent pas le chaos ni la révolution. C’est justement pour éviter le chaos qu’ils demandent le changement. Habiles avec le sophisme, les parties prenantes en faveur du statu quo maintiennent l’ambiguïté et la peur en décrédibilisant toute voix portée sur le changement.

N’était-ce pas justement le ras-le-bol généralisé et la haine anti-pouvoir – que certains perçoivent dans le contexte socio-politique actuel – qui avait incité les Algériens à opter pour l’opposition au début des années 1990 ? Aujourd’hui, faute d’alternative et d’une vision claire pour le pays, ils optent pour la « harga », la démission et le fatalisme.

La faiblesse principale de cette rhétorique est qu’elle est portée par des parties prenantes qui ont perdu en crédibilité au fil des années. Compte tenu du nombre d’élus et représentants de l’État impliqués dans des activités économiques d’enrichissement personnel, la scène politique algérienne n’est plus capable de délimiter l’engagement politique – au sens propre du terme  – de l’engagement mû par des intérêts personnels. Weber disait qu’il y a ceux qui vivent pour la politique, et ceux qui vivent de la politique.

C’est là une très grande dérive pour notre démocratie car ceux qui y sont pour défendre l’intérêt à long terme du pays finissent par défendre leurs intérêts personnels à court terme. D’ailleurs, on reconnaît à peine les vrais défenseurs du 5e mandat – ceux qui y croient vraiment, si tant est qu’ils existent –, de ceux qui ont les doigts dans le miel et qui craignent de les enlever, comme dirait un ami, bien conscients que dans une méritocratie, leur destin serait différent.

Ne méprenez pas mes propos. Je suis de ceux qui pensent que le président Bouteflika a beaucoup fait pour le pays, ne serait-ce que d’avoir été capable de réformer l’institution militaire et sa relation avec la politique. Son charisme, son tact diplomatique et son habileté politique ont permis à l’Algérie d’accueillir la réconciliation nationale de manière plutôt favorable malgré la gravité de l’enjeu.

Quelles que soient nos orientations politiques, nous lui sommes tous redevables à mes yeux. En revanche, cela n’enlève rien au fait que le pouvoir est une tâche difficile, surtout dans un pays aussi complexe et prosaïque que le nôtre, et la démocratie un idéal difficile à atteindre.

D’où l’importance de l’alternance. La gouvernance étatique est trop complexe pour la baser uniquement sur une idée. La confrontation d’idées et d’idéologies est au cœur du développement des institutions et de la démocratie. Refuser le pouvoir lorsqu’on se sent impuissant et former la nouvelle génération fait partie de ce processus de construction des institutions. C’est d’ailleurs là qu’on reconnaît les grands leaders.

Dans un pays où 70 % de la population est jeune, il est difficile d’imaginer que la relève n’existe pas, surtout lorsqu’on voit clairement que cette jeunesse réussit de manière exceptionnelle dès lors qu’elle se retrouve à l’étranger. Et lorsque la colère est grande, l’Histoire montre que même la peur ne suffit plus pour la contenir

Sofiane BabaProfesseur de management stratégique
École de gestion, Université de Sherbrooke

Notes

1- El Watan : « Les menaces de l’intérieur » (14 février 0219). https://www.elwatan.com/edition/actualite/les-menaces-de-gaid-salah-14-02-2019

2- El Watan : « Menaces et accusations contre les opposants au 5e mandat » (16 février 2019). https://www.elwatan.com/a-la-une/menaces-et-accusations-contre-les-opposants-au-5e-mandat-16-02-2019

3- Tsa : « Amar Ghoul dénonce le recours à la rue » (17 février 2019). https://www.tsa-algerie.com/video-amar-ghoul-denonce-le-recours-a-la-rue/

Auteur
Sofiane Baba

 




« Le spectre d’un nouveau 5 octobre plane sur l’Algérie »

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Samir Bouakouir

« Le spectre d’un nouveau 5 octobre plane sur l’Algérie »

La colère sourde et légitime qui couve dans le pays depuis des décennies, notamment au sein de la jeunesse, commence à s’exprimer ouvertement et dans la rue.

En décidant de tenter le pire en reconduisant dans des conditions ubuesques un chef d’Etat impotent, le système a brisé les réticences populaires et les craintes d’un syndrome libyen.

La grotesque et humiliante mise en scène organisée par le FLN à la coupole d’Alger a fini par provoquer une profonde indignation populaire.

Le spectre d’un nouveau « octobre 88 » plane plus que jamais sur le pays.

Le pouvoir commettra une erreur politique lourde de conséquence en sous-estimant le ras-le-bol général. Tenter d’user de la menace, de la manipulation ou de la provocation ne fera qu’aviver le sentiment de révolte et élargir la contestation.

Les manoeuvres sournoises et dilatoires sont aujourd’hui inopérantes, les seuils de ruptures étant atteints.

Le système étant phase d’épuisement politique, ses capacités régénératrices totalement réduites, les promesses de profondes réformes politiques et économiques sonnent comme une tentative désespérée de sauver les apparences et de gagner du temps.

Si cela a fonctionné au moment du « printemps arabe », l’épuisement des ressources financières ne saurait à présent garantir la « paix sociale ».

Plus grave, la perspective d’une mutation dangereuse du système n’est cependant pas à écarter.

Les forces « compradores » qui se sont emparées de certains leviers décisionnels sont prêtes à des concessions stratégiques pour bénéficier de l’appui politique et financier étranger.

Une occasion inespérée pour les puissances hostiles au positionnement géostratégique hérité du non-alignement, rare survivance de la révolution algérienne, de provoquer une inflexion de la politique extérieure, notamment de la doctrine militaire, pour inscrire notre pays dans des alliances qui hypothéqueront l’indépendance nationale. 

La complicité active de ces cercles anti-nationaux, à l’origine de l' »affaire cocaine », nichés au coeur du pouvoir,  y compris  dans les secteurs sensibles de la sécurité, peut aller jusqu’à  instrumentaliser la « rue » pour provoquer l’Etat d’urgence et s’emparer ainsi de l’ensemble des leviers du pouvoir.

Ce qu’ils proposent au pays, ce n’est ni plus ni moins qu’une reddition sans conditions à l’ordre néolibéral mondialisé.

Si le pouvoir a choisi le fuite en avant, les forces patriotiques doivent rapidement agir non pas pour souffler sur les braises mais pour définir, en s’inspirant de l’appel du premier novembre et du congrès de la Soumam, les bases d’une alternative politique et démocratique pour reconstruire l’Etat et la Nation.

Loin des surenchères et des appels irresponsables au soulèvement, au delà du 18 avril, les acteurs politiques crédibles, où qu’ils se trouvent,  ont, face à ces enjeux qui touchent à la sécurité et la souveraineté nationales,  la responsabilité historique de donner une perspective patriotique à un mécontentement populaire qui ira en s’amplifiant.

Aujourd’hui, ce n’est ni plus ni moins que la préservation d’une certaine idée de l’Algérie. Celle des pères fondateurs.

 




Djamila Amrane-Minne, cette grande oubliée de l’université algérienne !

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MEMOIRE

Djamila Amrane-Minne, cette grande oubliée de l’université algérienne !

Additivement à la marginalisation scandaleuse du 60e Anniversaire de la disparition du martyr Taleb Abderrahmane (1958-2018), les services des activités culturelles et sportives des établissements relevant de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique n’ont consacré aucun hommage pour commémorer le 3e anniversaire relatif à la disparition de la première professeure d’histoire à l’université algérienne.

La révolutionnaire, historienne, universitaire et poétesse, Djamila Amrane-Minne, née Danièle Minne, est décédée le 11 février 2017 à l’âge de 77 ans. Danièle Minne, est la fille de deux militants anticolonialistes, Jacqueline Guerroudj et Abdelkader Guerroudj, qui seront condamnés à mort suite à leur participation aux opérations révolutionnaires pour la cause nationale, avant d’être graciés, le 8 mars 1962.

Après sa participation à la grève estudiantine le 19 Mai 1956, Danièle Minne a rejoint les réseaux de porteuse des bombes dans la zone autonome à Alger, où elle a participé à des attentats anticolonialistes sous la direction de son chef militaire, Yacef Saadi dont celui du bar l’Otomatic à Alger.

Condamnée le 4 décembre 1957 et incarcérée à la prison de Barberousse à Bab Jedid, elle a été transférée à Rennes (Ouest de la France). Elle ne sera libérée qu’en avril 1962 à la suite des Accords d’Évian.

Après l’indépendance, Danièle Minne opte pour la nationalité algérienne et devient Djamila. Sur les traces de sa maman, elle préfère enseigner l’histoire à l’université d’Alger, faisant d’elle, la 1ère professeure d’histoire en Algérie. Hélas, menacée par des extrémiste pendant la décennie noire, elle ira un temps enseigner à l’université de Toulouse, dont elle consacre sa thèse de troisième cycle à « L’emploi à Béjaïa ». Et sa thèse de doctorat d’Etat sera consacré à un sujet qui lui tenait à cœur : « Les femmes dans la révolution algérienne ». Une thèse qui a été publiée en livre.

Décédée le 11 février 2017, Djamila Amrane-Minne repose actuellement à Béjaïa.

Seule une association sportive universitaire implantée à Ben Aknoun sur les hauteur d’Alger, connue aussi sous le nom Olympique Sportif des étudiants universitaires, lui rend régulièrement hommage à travers ses festivités sportives et culturelles, à l’image de la coupe Djamila, une échéance sportive féminine dédiée à nos quatre héroïnes de la bataille d’Alger en l’occurrence Djamila Bouazza, Djamila Amrane, Djamila Boupacha et Djamila Bouhired ; une sorte d’initiative pour nationaliser la communauté estudiantine, mais le tout, sans le moindre soutien ni des établissements universitaires et encore moins, de la part de l’Office national des œuvres universitaires, si ce n’est la présence symbolique de quelques représentants le jour « J » 

Ce club a d’ailleurs, lancé plusieurs appels aux autorités pour baptiser une résidence universitaire féminine au nom de la défunte en reconnaissance à ses sacrifices. En vain. 

Cependant, si les activités culturelles et sportives de nos établissements universitaires sombrent dans un coma profond, alors, a qui donc revient le rôle de préserver la mémoire et l’identité nationale auprès de nos futures élites ? Et comment peut-on convaincre la jeunesse de servir dignement sa nation si elle ignore les sacrifices de ses illustres ancêtres ?

Auteur
La rédaction

 




La FAF fixe les indemnités des clubs formateurs

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FOOTBALL

La FAF fixe les indemnités des clubs formateurs

Le  bureau exécutif de la Fédération algérienne de football a instauré des nouvelles règles relatives aux indemnités de formation conformément a la réglementation de la FIFA pour récompenser les clubs formateurs, et ce, à partir de la saison prochaine sous la bienveillance de la Ligue professionnelle.

Désormais, un joueur qui signe son premier contrat professionnel en ligues 1 et 2, avant l’âge de 23 ans, son club formateur doit recevoir une indemnité fixe, selon le barème suivant :

– / Pour les clubs de Ligue 1 :

200 000 DA par saison de 12 à 15 ans

400 000 DA par saison de 16 ans jusqu’à la signature du premier contrat professionnel

-/ Pour les clubs de Ligue 2 :

200 000 DA par saison de 12 à 15 ans

300 000 DA par saison de 16 ans jusqu’à la signature du premier contrat professionnel

Auteur
A. Belkheir

 




Impressionnant rassemblement à Paris contre le 5e mandat de Bouteflika

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RENDEZ-VOUS

Impressionnant rassemblement à Paris contre le 5e mandat de Bouteflika

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Paris pour dénoncer la candidature du président Bouteflika pour un 5e mandat.

La célèbre Place de la République ne pouvait plus contenir les milliers d’Algériens venus dire leur colère et leur opposition à cinq autres années de règne de Bouteflika. 

Les émigrés ont ainsi rejoint le vent de contestation qui est monté depuis plusieurs jours à l’intérieur du pays.

Ces deux derniers jours ont vu l’organisation de nombreux rassemblement dans plusieurs villes, comme Jijel, Aïn El Beida, Oran, Bordj Bou Arréridj, Sidi Bel Abbès…

Les tribunes de plusieurs stades de football ont aussi vibré de slogans particulièrement violents contre le clan au pouvoir.

Auteur
La rédaction

 




Le Venezuela dans le brouillard de la guerre de l’information

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REGARD

Le Venezuela dans le brouillard de la guerre de l’information

Malgré la richesse du sous-sol de leur pays, les Vénézuéliens réduits à errer sur la route de l’exil.

L’expression « brouillard de la guerre » a été inventée par le penseur Clausewitz (« Nebel des Krieges ») et renvoie au fait que, durant les opérations militaires, les informations dont disposent les combattants sont floues et incertaines. « La guerre est le domaine de l’incertitude », dit-il.

En ce qui concerne l’information, les choses sont très semblables. Ce que l’on appelle la « guerre de l’information » n’est pas qu’une opposition frontale entre médias occidentaux et médias russes, voire chinois, mais une guerre généralisée où ce qui compte comme information varie selon les préférences idéologiques et les parti-pris plus ou moins conscients.

Que l’on connaisse le Venezuela ou pas, que les journalistes soient sur place ou pas, l’accès à l’information est difficile. Depuis plusieurs semaines la guerre de l’information concernant le Venezuela bat son plein. Elle dure en fait depuis presque 20 ans et l’arrivée au pouvoir de Chavez, décrit comme « populiste » ou socialiste anticapitaliste selon les médias. Dans ces situations de guerre de l’information, il est courant de réduire la guerre à une opposition frontale entre deux camps. Ainsi sur ce pays, il y aurait uniquement les pro-Maduro ou les pro- Guaidó, le président auto-proclamé. Dans cette bataille ou chacun doit choisir son camp, les informations gênantes sont tues et les faits indéniables sont interprétés de façon tendancieuse.

Il y a pourtant un troisième terme dans cette opposition duelle : un grand nombre d’intellectuels de gauche ont pris des positions critiques de Maduro et de ses dérives tout en s’opposant aux tentatives de putsch fomentées aux États-Unis qui utilisent Guaidó comme figure de proue. Il faut ici distinguer ce qui est du ressort de l’analyse de ce qui se passe au Venezuela des considérations portant une intervention, militaire ou non, des États-Unis dans ce pays d’Amérique latine.

Des auteurs comme Chomsky, Dorfman, Wood, Weisbrot qui se classent tous à gauche ont exprimé diverses critiques à l’égard des dérives de Maduro. Ces critiques renvoient à l’autoritarisme du régime, à la corruption, à la trop grande dépendance vis à vis de la rente pétrolière, aux mauvais choix en matière de politique monétaire. Il est clair que les dirigeants vénézuéliens sont en partie comptables de la crise qui secoue le pays.

Il y a débat pour savoir si l’autoritarisme de Maduro, qui n’a pas le charisme de son mentor, Chavez, est le fruit de sa personnalité, d’une évolution du régime ou s’il est la conséquence des sanctions des États-Unis qui ne datent pas de l’arrivée de Trump au pouvoir, même si ce président les a considérablement aggravées.

La baisse des prix du pétrole a bien évidemment eu un impact sur un pays qui dépend de ses exportations de ce produit pour financer ses programmes sociaux.

La crise qui frappe le Venezuela est très grave et les images des émigrants qui le quittent sont parlantes. La question concernant les causes de cette crise est plus difficile qu’il n’y paraît car si les erreurs économiques et l’autoritarisme du régime sont, bien évidemment, une des causes du marasme, les sanctions et l’acharnement à détruire les institutions vénézuéliennes qui sont pilotées depuis les États-Unis en sont une autre.

La nomination d’Elliott Abrams, le 25 janvier 2019, comme envoyé spécial au Venezuela est en soi un symbole : Abrams a soutenu les régimes despotiques d’Amérique latine, organisé des coups et coups fourrés et a été condamné dans le cadre du scandale Iran-Contra. Il avait notamment fait acheminer des armes dans des convois présentés comme des aides humanitaires.

Une expertise certainement utile au moment où une autre forme d’aide humanitaire est promise au Venezuela. Il est donc le spécialiste des coups d’État en Amérique latine où, dans les années 1980, du temps de l’administration Reagan, il visait le Nicaragua.

Il a soutenu les milices salvadoriennes responsables de massacres et organisé l’intervention des États-Unis au Panama contre un ancien allié qui avait désobéi, Noriega. Il a soutenu le Général Efraín Ríos Montt du Guatemala qui était sous le coup d’une accusation de génocide avant sa mort en 2018. Fervent soutien d’un génocidaire, il avait occupé un poste au titre orwellien de « secrétaire d’État adjoint pour les droits humains et les affaires humanitaires ».

Cette simple mention de l’implication d’Abrams dans la crise suffit à déconstruire toute rhétorique parlant de liberté et de démocratie. La liberté et la démocratie, pas plus que la situation humanitaire effectivement catastrophique, ne sont ce qui motive Washington et son candidat aux responsabilités suprêmes à Caracas. Abrams rejoint ainsi les néoconservateurs pro-guerre qui entourent Trump, Bolton et Pompeo. Ils ont tous évoqué la possibilité d’une intervention militaire étatsunienne au Venezuela et Bolton a publiquement évoqué la possibilité de faire intervenir les compagnies pétrolières américaines pour gérer le pétrole vénézuélien.

La tentative d’organiser un coup d’État n’est plus cachée dans l’ombre ou sous une avalanche de démentis. Trump parle ouvertement de prendre le pétrole ou d’intervenir dans des pays qu’il juge ennemis des États-Unis et Bolton évoque la possibilité d’envoyer Maduro à Guantanamo, la prison illégale étatsunienne sur l’ile de Cuba où l’on pratique la torture. Triomphe de la novlangue orwellienne : le symbole même de la violation du droit, droit international comme droit des accusés à un procès équitable, Guantanamo, est convoqué pour soutenir Guaidó et la démocratie !

L’organisation de ce coup d’État, dont les étapes sont connues et recoupent les déplacements de Guaidó à Washington, au Brésil auprès du néo-fasciste Bolsonaro et en Colombie, s’appuie sur le mécontentement bien réel des pans entiers de la population vénézuélienne mais n’a rien de démocratique. Sa structure évoque les coups d’États du Chili en 1973, sans utilisation directe de l’armée locale, qui, au Venezuela est moins acquise à l’extrême droite que l’armée chilienne, mais avec une technique que Kissinger avait décrit comme « faire hurler l’économie ».

Comme pour les interventions en Irak, Libye ou Syrie les dirigeants sont décrits comme des dictateurs qui mettent en danger leur population et la stabilité du monde. Que le gouvernement à abattre soit démocratique comme au Chili en 1973 ou en Iran en 1953, tyrannique comme en Irak en 1991 ou 2003 et alors que cette tyrannie avait été l’alliée des États-Unis, théocratique mais non dangereux pour les États-Unis comme pour l’Iran dont John Bolton souhaite actuellement également renverser les dirigeants, la formule du coup d’État est la même : une intense campagne médiatique pour faire des dirigeants à éliminer des monstres, un vaste soutien médiatique au nom de la défense de la liberté et de la démocratie et des interventions pour étouffer l’économie au moyen de sanctions soit directes soit sur les clients des puissances visées.

Dans le brouillard de la guerre d’information, on entend peu parler du fait que l’opposition à Maduro, qui comprend d’anciens chavistes, est très fragmentée et n’approuve pas toute entière la démarche de Guaidó. Surtout, même parmi les Vénézuéliens désespérés, beaucoup refusent une intervention militaire étrangère.

Le Mexique, présidé depuis le mois de décembre 2018 par un homme de gauche, Andrés Manuel López Obrador dit AMLO, n’a pas reconnu le président auto-proclamé, donc non élu, lequel fait une utilisation abusive du paragraphe 233 de la Constitution vénézuélienne pour tenter de légitimer son coup de force. AMLO propose une médiation pour sortir de la crise. Il s’agit bien évidemment de la voie à suivre si l’on veut éviter les bains de sang, remettre l’économie en état de marche et réconcilier les diverses factions très polarisées de la société. AMLO n’a pas pris position pour Maduro mais pour la justice et la survie des Vénézuéliens.

Les États-Unis et leurs alliés, qui incluent le Canada et la France, ont reconnu Guaidó, ce qui pose problème sur le plan de respect du droit et au regard du fait que ces pays ne se soucient guère de liberté et de démocratie dans des pays tels que l’Égypte ou l’Arabie saoudite.

Le président français a sans doute voulu ne pas laisser à son homologue américain le prix de la meilleure déclaration en novlangue orwellienne lorsque, depuis les salons où le recevait le dictateur égyptien al Sissi, il a voulu donner une leçon de liberté et démocratie à l’autoritaire président vénézuélien.

Si la voie de la négociation est la voix de la raison on peut douter que celle-ci s’impose dans un contexte où les forces golpistes (de golpe, coup d’État en espagnol) se pensent si près du but. En 2018, déjà l’ancien premier ministre espagnol Zapatero avait réussi, après deux ans de travail, à élaborer un accord entre gouvernement et opposition. Cette dernière a refusé, il y a un an, en février 2018, de signer cet accord et donc a préféré une stratégie de la confrontation totale.

Même en l’absence d’une intervention militaire dont les conséquences désastreuses sont connues puisqu’elles ressembleraient à celles qui ont fait suite aux guerres d’Irak ou de Libye, la stratégie de l’étouffement risque de primer sur la négociation.

Plus l’économie saigne, plus la pénurie règne, plus les mécontentements s’affirment et donc font baisser la popularité, déjà faible, des gouvernants. Cette stratégie de la destruction économique pour chasser les dirigeants est celle que Trump a menacé d’utiliser contre la Turquie, pourtant un pays allié, membre de l’Otan. Il importait peu que Saddam Hussein soit un tyran lorsqu’il était allié des États-Unis ou que Noriega soit un trafiquant de drogue, MBS un assassin au cœur du pouvoir saoudien. Il importe peu que Maduro soit socialiste, autoritaire ou corrompu, ce qui compte est le contrôle ressources pétrolières, les considérations géopolitiques face à la Chine et à la Russie et le triomphe des marchés.

Bolton évoque la « troïka de la tyrannie » c’est à dire Cuba, le Nicaragua et le Venezuela que les États-Unis proposent de faire disparaître comme autrefois il s’agissait de s’attaquer aux pays de « l’axe du mal » au Moyen Orient. Les néoconservateurs ont réussi à mettre le feu à cette région où la guerre et les dévastations ont non seulement grandement favorisé la montée des groupes terroristes comme Al Qaida puis Daech mais sont aussi responsables d’un grand nombre de déplacements de population, de morts et de réfugiés. Bolton, qui avec Pompeo, semble plus décisionnaire sur cette affaire que Trump, qui fait ses habituelles déclarations incendiaires, veut certainement rééditer le grand succès moyen oriental de la stratégie du chaos.

Nous sommes bien loin d’une opposition manichéenne entre un mauvais Maduro autoritaire et un espoir démocratique qui aurait le visage de Guaidó. La démocratie et la liberté ne guident pas les actions des néoconservateurs étatsuniens, ni celles du néofasciste Bolsonaro et les erreurs et manquements démocratiques de Maduro, indéniables, ne sont qu’une excuse pour le complexe militaro-industriel des États-Unis.

Une véritable sortie de crise devrait inclure des accords politiques sur des élections mais aussi un arrêt de l’étranglement économique du pays. Ceux qui aujourd’hui disent offrir une aide humanitaire sont ceux qui œuvrent à l’étranglement des populations dont ils disent se soucier. Il n’est pas indifférent que ces populations soient le plus souvent composées de gens de couleur alors que la foule autour de Guaidó est blanche et visiblement non affamée. Greg Palast voit même dans la comparaison des foules un indicateur racial de première importance. Guaidó est le visage avenant qui cache ses soutiens d’extrême droite son projet politique n’est pas humanitaire ou démocratique mais proche de Bolsonaro et d’Abrams. Le coup d’État qui se prépare de longue date éliminerait certainement Maduro mais pas la misère du peuple vénézuélien. La voie mexicaine est celle de la démocratie et de la raison et c’est elle qu’une Europe qui se dit démocratique devrait suivre.

P. G.

Notes

1- https://fair.org/home/facts-dont-interfere-with-propaganda-blitz-against-venezuelas-elected-president/

2-https://www.commondreams.org/news/2019/01/24/open-letter-over-70-scholars-and-experts-condemns-us-bac ked-coup-attempt-venezuela

3-  https://www.thenation.com/article/venezuela-maduro-chile-allende/

4-https://www.lrb.co.uk/v41/n04/tony-wood/the-battle-for-venezuela

5-  https://therealnews.com/stories/new-oil-sanctions-on-venezuela-would-destroy-whats-left-of-its-economy

6-  https://www.nytimes.com/1987/08/17/world/abrams-denies-wrongdoing-in-shipping-arms-to-contras.html

7-  https://www.gregpalast.com/in-venezuela-white-supremacy-is-a-key-to-trump-coup/
 

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19

Site : http://www.recherches-internationales.fr/

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Auteur
Pierre Guerlain, Université de Paris X – Nanterre

 




Lâché et acculé, Mohamed Ben Salmane se tourne vers l’Asie

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Affaire Khashoggi 

Lâché et acculé, Mohamed Ben Salmane se tourne vers l’Asie

Une cascade d’événements récents ont conduit Mohamed Ben Salmane, le prince héritier de la monarchie des Saoud à se tourner vers l’Asie.

Le prince héritier saoudien a été au coeur d’une brouille entre le Sénat américain et le président Trump. Le premier a refusé de voter une loi qui l’oblige à se déterminer sur sa position vis-à-vis du jeune prince en lien avec l’affaire de l’assassinat odieux du journaliste Jamal Khashoggi, le 2 octobre 2018 dans l’enceinte diplomatique à Ankara.

Il y a également la crise politique que le président américain a créée par sa décision de décréter l’état d’urgence à la frontière mexicaine pour construire son fameux mur. Tous ces faits ont conduit le président Trump à lâcher au moins pour un temps MBS dont les preuves de son implication directe dans l’assassinat du journaliste Khashoggi s’accumulent de jour en jour.

En effet, la Turquie a affirmé vendredi 15 février n’avoir pas encore révélé tous les éléments dont elle dispose dans cette affaire hors norme, qui avait suscité une vague mondiale d’indignation et profondément terni l’image de la pétromonarchie, en particulier celle du prince.

Isolé de l’intérieur du royaume comme de l’extérieur, MBS, est attendu ce dimanche dans la capitale pakistanaise et y demeurera jusqu’à demain lundi. C’est un périple asiatique dans trois pays dont il espère de juteux contrats pour se positionner dans cette région du monde et rester l’acteur-clé sur la scène diplomatique.

Il se trouve désormais que le contexte ne lui est pas favorable à cause d’une  discordance entre l’Inde et l’Iran qui accusent le Pakistan d’être impliqué dans de sanglants attentats-suicides commis la semaine dernière sur leurs territoires. A partir de mardi, il se rendra en Inde puis il terminera sa tournée en Chine jeudi et vendredi.

De nombreux spécialistes notent que l’affaire Khashoggi continue de provoquer des remous dans les pays occidentaux si bien qu’il lui serait très difficile maintenant avec ces nouvelles preuves de son implication de s’y rendre encore une fois après sa participation au sommet G20 en Argentine. Ce regain calculé pour l’Asie n’est pas anodin mais c’est la seule voie qui reste au jeune prince de se refaire une virginité diplomatique après le séisme de cette affaire de l’assassinat du correspondant du Washington Post car les pays asiatiques, aussi bien pouvoir qu’opinion publique ont une caractéristique spéciale et importante, de na pas   s’interférer dans les affaires intérieures des autres pays. Ce qui explique cette géante affiche qui flotte en plein centre de Lahore, au Pakistan : Bienvenue au prince saoudien Mohamed Ben Salmane ».

A l’intérieur du sérail, MBS ne trouve pas son salut non plus  

Son père, qui le protégeait jusqu’à présent, semble selon un quotidien libanais qui tient ses informations de l’enceinte même du royaume,  est rentré dans une phase accélérée de son Alzheimer, une meute s’est déclenché contre lui par sa famille y compris ses très proches. Ainsi les réformettes qui lui ont données une aura dans le monde commencent à montrer leurs vrais visages.

Le Parlement européen a voté jeudi dernier une résolution pour interpeller l’Arabie saoudite : « Le système politique et social saoudien demeure discriminatoire, en faisant des femmes des citoyennes de seconde classe », lit-on dans le communiqué final des élus depuis Strasbourg. Pourquoi ? L’équipe de MBS a monté avec un groupe étranger une application mobile qui fait frémir les défenseurs des droits des femmes en Arabie saoudite.

Intitulée « Absher», elle  se présente comme un portail de services par le ministère de l’Intérieur saoudien.

Elle permet d’effectuer des tâches administratives : renouveler un permis de conduire, payer sa place de parking, mais surtout surveiller ses épouses. Les femmes saoudiennes n’ayant pas le droit de voyager seules, un simple module de cette application permet au mari, au père ou au frère, d’enregistrer le numéro de passeport d’une femme de façon à surveiller ses déplacements.

Il peut décider combien de voyages une femme peut effectuer, pour combien de temps, quels aéroports elle peut emprunter et révoquer ces autorisations à tout moment, d’un simple clic. Or, l’application est hébergée très officiellement sur les « stores » de Google et d’Apple.

Une enquête du magazine Business Insider aux États-Unis a permis d’alerter sur l’existence de cette application. Des sénateurs américains et des associations des droits de l’homme ont tenté de faire pression sur les PDG de ces entreprises afin qu’ils cessent d’héberger cette application.

Auteur
Rabah Reghis

 




Le RCD avertit : « la candidature de Bouteflika est vécue comme un affront »

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Dans un communiqué

Le RCD avertit : « la candidature de Bouteflika est vécue comme un affront »

« Plusieurs localités du pays sont le théâtre de manifestations contre un nouveau viol de la souveraineté populaire pour maintenir un système politique finissant, au moyen de l’intronisation pour un cinquième mandat d’un chef de l’Etat impotent.

Précédée et suivie par les menaces des officiels contre toute velléité de résistance, l’annonce de la candidature de Bouteflika est vécue comme l’affront de plus par des populations qui assistent depuis près de vingt ans au pillage des richesses du pays par des familles-oligarques sans foi ni loi.

Devant le refus d’autorisation de toute manifestation publique, des appels à manifester sont lancés par des organisations ou des citoyens sur les réseaux sociaux. Jusque-là, les responsables locaux des forces de sécurité n’ont pas relayé les avertissements publics du premier ministre, Ahmed Ouyahia, pour user de violence contre les citoyens qui expriment pacifiquement leur désapprobation dans la rue.

Face à l’aveuglement et aux provocations orchestrées par les sponsors d’un statu quo mortifère pour le pays et à l’embrigadement ou le musellement des partis politiques et des organisations, les populations n’ont d’autres choix pour s’opposer à un système de soumission et d’humiliations que la rue.

On en est arrivé là et, ce n’est pas faute de nombreux signaux d’alarme de partis politiques et de personnalités quant aux périls du maintien d’une gouvernance absolutiste et hors d’époque.

Le RCD qui milite pour l’avènement de l’alternative démocratique et pacifique met en garde contre les provocations et la répression contre des citoyens qui manifestent les mains nues. Il exprime ses vives inquiétudes, d’autant que la remise en selle récurrente et grossière de la formule éculée « des ennemis de l’intérieur » a servi, en son temps, l’instrumentalisation de la violence.

En cette veille de la journée du Chahid, le RCD considère que la fin du système politique, symbolisé par la « fraude à la « Naegelen depuis l’indépendance », est la condition pour un renouveau national. Il appelle à l’ouverture des espaces publics, à la vigilance et à la solidarité pour que s’ouvre une issue positive qui sauvegarde l’unité de la nation et de notre peuple.

Alger le 17 février 2019

Le RCD

 

 




Issad Rebrab n’a aucune visée sur Ennahar TV

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POLEMIQUE

Issad Rebrab n’a aucune visée sur Ennahar TV

Des informations ont été rendues publiques sur un « rapprochement » entre Issad Rebrab, patron de Cevital et la chaîne de télévision Ennahar. L’homme d’affaires aurait donc selon ces médias en ligne « proposé près de 1,5 million d’euros à Ennahar TV ». Rien que ça !

Cependant, il n’en est rien, selon une source bien informée. « Issad Rebrab n’a jamais été intéressé par cette chaîne, son seul objectif c’est de lancer son projet EvCon à Larbaa ». 

Notre source ajoute que le groupe parle avec toutes les chaînes de télévision pour sa campagne publicitaire en prévision du ramadhan « mais il n’est pas question d’entrer dans le capital de cette chaîne ou de l’acheter. Cela relève d’un simple fantasme que nourrissent certains individus mal intentionnés ».

Notre informateur s’interroge même sur les visées de cette fausse information : « Pourquoi sortir une information pareille à la veille de la présidentielle ? Il y a comme une volonté d’impliquer Rebrab dans des affaires politiques, alors que son seul objectif est de lancer EvCon en Algérie ». 

EvCon en stand by

L’usine EvCon sera installée à Larbaa, mais des machines destinées à ce projet sont bloquées depuis plusieurs mois par les douanes. « Le site est prêt, des ingénieurs et des techniciens sont actuellement en formation en Allemagne et en France en vue de son lancement », nous précise notre source. 

Malgré les obstacles dressés devant les projets de Cevital, le groupe « ne perd pas espoir, car c’est une des voies pour diversifier l’économie nationale et maintenir la jeunesse en Algérie ».

Quant aux « rumeurs » de « rachat d’actions » de la télévision Ennahar par Issad Rebrab, elle relève d’une « information de mauvais goût qu’il faudra ajouter à toutes celles que certains diffusent depuis plusieurs mois sur l’homme d’affaires », confie notre source. 

Auteur
La rédaction