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Des artistes observent un sit in devant la maison de la culture Ali Maâchi (Tiaret)

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EXPRESS

Des artistes observent un sit in devant la maison de la culture Ali Maâchi (Tiaret)

Une dizaine de membres de la coopérative « Naouat » du théâtre de la ville de Tiaret ont observé jeudi 14 février un sit-in de protestation devant la Maison de la culture Ali-Maâchi contre le refus de la directrice d’octroyer l’utilisation de la salle de répétition de la Maison de la culture.

Mohamed Yeddou, plus connu du grand public pour ses pièces théâtrales qui traitent souvent des maux sociaux, a eu la surprise d’être empêché d’accéder à la salle des répétition sous le prétexte de la visite du ministre des Moudjahidines, prévue lundi prochain. 

La décision a été annoncée aux responsables de la coopérative, reçus, jeudi, par le directrice de la Maison de la culture, apprend-on de source bien informée.

L’artiste explique le flou qui entoure les vraies raisons du refus de l’administration. Pour lui, il s’agit bien là de pressions pour l’empêcher de mener à bien son travail artistique à cause de ses positions politiques.

Il faut rappeler que Mohamed Yeddou a publié une série de live sur Facebook qui critiquent la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat. Ceci explique cela donc.

« C’est une tentative d’exercer une pression et d’avoir la mainmise sur la liberté d’expression”, a déploré Mohamed Yeddou.

Auteur
K. O.

 




Les supporters du CRB dénoncent le 5e mandat de Bouteflika à Alger (Vidéo)

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EXPRESS

Les supporters du CRB dénoncent le 5e mandat de Bouteflika à Alger (Vidéo)

Comme dans nombre de stades du pays, les supporters du CR Belouizdad ont dénoncé, jeudi, le cinquième mandat. 

En déplacement à Alger, les supporters du CRB ont crié leur refus de cet énième mandat dans le métro d’Alger. 

Le phénomène de dénonciation de la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat a concerné de nombreux stades du pays. De Aïn M’lila, à Tizi-Ouzou, en passant par Alger, la colère gronde chez les supporters qui profitent des tribunes pour s’élever contre la forfaiture du 5e mandat.

Devant les interdictions de toute manifestations de rue, hormis celles organisé par le pouvoir, les Algériens se contentent pour l’heure des tribunes des stades pour exprimer leur colère.

Bien entendu, Ahmed Ouyahia pourra toujours soutenir devant les médias étrangers que les Algériens sont contents de voir Bouteflika se représenter pour un mandat à vie… Abdelmalek sellal, le directeur de campagne du candidat invisible pourra toujours rameuter des citoyens pour des meetings contre quelques sandwiches et de menus privilèges, mais il y a une réalité qu’ils ne pourront longtemps cacher.

Auteur
La rédaction

 




Khorti : un candidat honnête !

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Chronique Naufrage

Khorti : un candidat honnête !

Je m’appelle Khorti et je suis candidat à la présidentielle. Je n’ai pas de programme. Dans le pays, le visage a plus de valeur qu’un programme. Chers concitoyens, voici les grandes lignes de ma candidature :

Puisque ma vie est banale, je vais maquiller ma biographie. Je suis un moudjahid, fils de moudjahid. Mon ancêtre est un guerrier qui a participé à la Guerre de Troie avant de venir  s’exiler dans l’Algérie de jadis.

Dans la décennie noire (les années 1990), les terroristes m’ont kidnappé puis ont brûlé ma maison. J’ai pu avec ruse et courage m’échapper de leur maquis. Malgré la terreur, je n’ai pas quitté mon  pays. J’ai toujours lutté pour le défendre sans attendre une récompense.

Je n’ai jamais fait d’études mais j’ai un doctorat. Je l’ai acheté d’une grande université européenne. Détrompez-vous chers concitoyens, même en Europe la corruption fait des ravages.

Pour les salaires, je ne vais pas les augmenter. Je vais augmenter en revanche le salaire des militaires, seulement les militaires,  parce que l’armée sera mon bras droit. Grâce à elle, mon pouvoir sera paisible.

Le salarié aura sa retraite à 65 ans. Ainsi, il continuera à servir son pays au lieu d’accéder à la retraite pour jouer au domino toute la journée dans la rue.

Pour les taxes, je vais encore les augmenter dans tous les secteurs. Le Trésor du pays est presque vide ; je vais donc récupérer l’argent de la part du peuple. De vos poches. Je vais vous voler discrètement, légalement. Je vais vous enlever les pantalons comme dit l’adage populaire.

L’islam est  un instrument majeur qui me permettra de vous séduire. Je  construirai davantage de mosquées et d’établissements religieux. Chaque trimestre, il y aura un concours national de récitation de Coran. J’offrirai des pèlerinages aux imams et muezzins. J’encouragerai  les émissions de fatwas à la télé. Je faciliterai le commerce des livres wahhabites. La religion sera mon bras gauche.

Football. C’est aussi un  instrument qui anesthésie le peuple et l’empêche de penser à la politique et ses droits. Je vais donc construire davantage de stades et organiser souvent des matchs amicaux dans le pays. J’achèterai les droits du Classico et de la Coupe du Monde pour les diffuser sur les chaînes publiques.

L’école est dangereuse. C’est elle qui forme les générations et fabrique les intellectuels. Je vais réduire le budget réservé à l’école et imposer des programmes médiocres pour « stupidiser » vos enfants.

À l’université, j’ajouterai un Master-Bis de deux ans au Master. Les étudiants perdront ainsi leur temps à l’université et auront les diplômes trop tard. Ça sauvera le ministère du Travail.

Pour les médias, je vais financer ceux qui me soutiennent et étouffer ceux qui m’attaquent. La liberté d’expression est une illusion. Même les journalistes se moquent de vous : ils gagnent beaucoup d’argent, dînent avec les ministres, et ensuite ils vous font la morale en jouant les opposants au système.

Les villes seront toujours sales : déchets partout, routes lézardées, façades envahies de paraboles, trottoirs colonisés par les chômeurs et  les commerçants ambulants. Je n’ai pas une politique écologique, l’écologie ne fait pas gagner d’argent. Le ministère de l’Environnement existera toujours ; c’est pour tromper l’ONU et les ONG vertes.

L’anarchie règnera toujours dans la société : désordre partout, les parkingueurs exerceront leur dictature en toute aise, les voleurs et misogynes seront tolérés, la corruption et la bureaucratie subsisteront…Vous passerez ainsi votre vie à insulter et à courir après des besoins futiles. L’anarchie est un avantage pour mon pouvoir.

La connexion internet sera toujours lente. Je n’aurai pas de budget pour refaire les câbles et les antennes. En plus, notre pays est méditerranéen et souvent l’humidité perturbe la connexion, et les mouettes mangent les câbles !!! Apprenez à patienter, les patients vont au Paradis.

Culture. J’écraserai davantage la culture et les arts parce qu’ils éveillent le peuple. Je vais aiguiser la censure, mépriser les artistes et écrivains, fermer les salles de théâtre et de cinéma. La culture est une menace pour mon pouvoir.

La santé. Je ne vais pas améliorer le secteur.  Comme vos ancêtres, vous allez vous faire soigner dans des hôpitaux dégradés et humides, en manque de matériel et de spécialistes. Celui qui a l’argent pourra se faire soigner à l’étranger.

Seul Allah donne la vie et la mort, les hôpitaux n’y sont pour rien. Priez Allah pour ne pas tomber malade dans ce pays !

Voilà les grandes lignes de ma candidature. Mon slogan est «la démocratie est un mensonge ». Votez pour moi, Khorti, le candidat honnête !

Auteur
Tawfiq Belfadel, écrivain-chroniqueur

 




Coupe de la CAF (2e J): le NAHD arrache le nul face au Zamalek (1-1)

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FOOTBALL

Coupe de la CAF (2e J): le NAHD arrache le nul face au Zamalek (1-1)

 Le NA Husseïn-Dey a forcé le Zamalek d’Egypte au nul 1-1 (mi-temps : 0-1), mercredi soir au stade Borg El Arab d’Alexandrie dans le cadre de la 2e journée du groupe D de la Coupe de la Confédération africaine de football.

Les locaux ont ouvert le score par le Marocain Khalid Boutaïb à la 14e minute de jeu avant que l’attaquant Faouzi Yaya n’offre le point du nul au Nasria à la 90e minute.

Dans l’autre match du groupe, les Angolais de Petro Atlético ont battu à Luanda les Kényans de Gor Mahia par 2-1.

Au classement, le NAHD réalise une excellente opération et prend seul les commandes du groupe D avec 4 points, devant le duo Petro Atlético-Gor Mahia (3 pts pour chaque équipe). Le Zamalek ferme la marche avec une seule unité.

Coupe de la CAF (2e journée): Les résultats complets 

Résultats complets des rencontres de la 2e journée de la phase de poules de la Coupe de la Confédération africaine de football, disputées mercredi:

Groupe A:

Raja Casablanca (Maroc) – AS Otôho (Congo)    0-0

RS Berkane (Maroc) – Hassania Agadir (Maroc)  2-1

Groupe B:

Salitas SC (Burkina Faso) – ES Sahel (Tunisie)   0-0

CS Sfaxien (Tunisie) – Enugu Rangers (Nigeria) 1-1

Groupe C:

Asante Kotoko (Ghana) – Zesco United (Zambie) 2-1

Nkana FC (Zambie) – Al-Hilal (Soudan)               2-1

Groupe D:

Petro Atlético (Angola) – Gor Mahia (Kenya)    2-1

Zamalek (Egypte) – NA Husseïn-Dey (Algérie) 1-1.

Auteur
APS

 




« En Algérie, personne ne sait qui fait quoi et qui décide »

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5e mandat de Bouteflika

« En Algérie, personne ne sait qui fait quoi et qui décide »

Le président Bouteflika est très affaibli depuis un accident vasculaire cérébral survenu en 2013. Pour comprendre le sens de sa candidature à un nouveau mandat et la façon dont le pays est dirigé, franceinfo a interrogé la politologue Dalia Ghanem-Yazbeck.

Il s’accroche. Abdelaziz Bouteflika, qui dirige l’Algérie depuis 1999, est candidat à la présidentielle du 18 avril pour un cinquième mandat. L’agence de presse officielle APS l’a annoncé dimanche 10 février. Pour les observateurs avisés, ce n’est pas une surprise. Pourtant, à 82 ans, le président algérien est considérablement diminué par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral survenu en 2013. Ses apparitions publiques sont rarissimes et son dernier discours date de 2012.

Pour mieux comprendre la façon dont Abdelaziz Bouteflika dirige l’un des plus grands pays du monde arabe et les raisons de cette candidature, franceinfo a interrogé la politologue Dalia Ghanem-Yazbeck, chercheuse associée au programme Turquie et Moyen-Orient de l’Institut français des relations internationales. Pour cette spécialiste de l’Algérie, le fonctionnement au sommet de l’Etat est si opaque que même les acteurs au cœur du pouvoir ignorent qui décide vraiment.

Franceinfo : Abdelaziz Bouteflika est très affaibli depuis 2013. Comment fait-il pour diriger le pays ?

Dalia Ghanem-Yazbeck : J’ai l’habitude de dire aux journalistes que je ne suis pas le médecin personnel d’Abdelaziz Bouteflika et que je ne sais pas comment il procède au quotidien. En Algérie, il n’y a pas un régime présidentiel qui concentre les pouvoirs. Abdelaziz Bouteflika est entouré de quelques personnes qui l’aident et le conseillent.

La présidence a un rôle important mais elle n’est pas seule à décider. Il y a également des cercles de pouvoir issus du renseignement, de l’armée et de la bourgeoisie algérienne.

Une source au sein du régime m’a dit que même les personnes les plus proches de ces cercles ne savent pas exactement qui fait quoi et qui décide, que le fonctionnement est très opaque et très complexe, même pour les acteurs directement impliqués.

Quelle est cette bourgeoisie influente que vous avez évoquée ?

Ce sont des hommes d’affaires, les nouveaux magnats de l’économie. En contrepartie de leur allégeance politique, ils ont bénéficié des largesses du régime et de la libéralisation économique hautement contrôlée du pays. Cette libéralisation a été faite de manière à ce qu’elle ne bénéficie qu’aux plus riches, avec des privilèges, des monopoles ou des arrangements sur mesure pour eux, à condition qu’ils rendent la pareille, qu’ils soutiennent Abdelaziz Bouteflika et fournissent les fonds nécessaires.

Impossible de savoir exactement combien de personnes cela inclut. On peut citer le nom de Ali Haddad [à la tête de l’Entreprise des travaux routiers, hydrauliques et bâtiments, l’une des plus grandes sociétés privées d’Algérie]. De nombreuses autres personnes sont concernées et elles ne cachent pas leurs activités et leur soutien à Abdelaziz Bouteflika.

Le dernier discours d’Abdelaziz Bouteflika date de mai 2012. N’est-il pas difficile, pour un chef d’Etat, de gouverner sans s’adresser à la population de temps en temps ?

Il y a au sein de la population algérienne une certaine lassitude politique. En 2017, pour une étude intitulée Arab Barometer  des Algériens et Algériennes issus de toutes les couches de la société et de tous les territoires ont été interrogés. Les résultats montrent que seulement 14% de la population fait confiance aux partis politiques et 17% fait confiance au Parlement.

A l’opposé, 75% des personnes sondées disent faire confiance à l’armée et 60% ont confiance en la police. L’armée a une grande utilité aux yeux de la population : après la guerre civile des années 1990, la décennie noire, elle est vue comme celle qui a sauvé le pays des mains des islamistes. Elle a une légitimité assez forte. Le retour à la paix a restauré son image. Elle ne gouverne pas directement, mais elle est incontournable dans le processus décisionnel. 

Les responsables militaires sont au cœur du politique. Il n’y a pas un candidat qui arrive à la présidence sans leur aval.

Ce n’est donc pas un problème, pour l’opinion algérienne, que l’armée tire les ficelles ?

Un ancien militaire algérien m’a dit une fois : « Quand vous voyez des gens descendre dans les rues lors des manifestations, voyez-vous des slogans demandant le départ de l’armée ? Non. » Et c’est vrai, ce n’est pas le cas. Les manifestants demandent de meilleures conditions de vie, de meilleurs salaires… On parle rarement de l’armée lors des mouvements de protestation, justement parce qu’elle est derrière le rideau. Elle maintient une distance de sécurité grâce à laquelle la population ne la tient pas responsable de la situation lorsque les choses vont mal.

Alors pourquoi les militaires ne présentent-ils pas leur propre candidat ?

On a dépassé cela. Depuis le retour au constitutionnalisme, en 1995, et les premières élections libres en Algérie, où le Front de libération nationale (FLN, le parti d’Abdelaziz Bouteflika) a présenté Liamine Zeroual, il y a un certain schéma : les militaires appuient un candidat qui est présidentiable et qui est un civil. Dès 1999, Abdelaziz Bouteflika s’est présenté à l’élection présidentielle. Il avait une légitimité et il a fait partie de l’armée mais lorsqu’il était très jeune. Je ne vois pas l’armée revenir à un modèle où elle présenterait un candidat militaire. Il faut que la façade reste civile, même si les coulisses sont militaires.

Une puissante figure historique des renseignements algériens, le général Mohamed Mediene, a tout de même été écarté en 2015. Quelles ont été les conséquences de son départ ?

Il a été écarté au bout de vingt-cinq ans et a été remplacé par quelqu’un [son ancien adjoint, le général Athmane Tartag] qui est également fidèle au régime. Cela n’a donc eu aucune incidence. Comme l’a écrit Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans Le Guépard« il faut que tout change pour que rien ne change ». Ce départ était le résultat de luttes entre différents clans, mais les cercles de pouvoir remplacent des personnes influentes par d’autres individus qui ne vont pas mettre en péril leurs intérêts.

Auteur
Francetvinfo

 




Saint-Valentin, dure journée pour l’insupportable article 8 !

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DIGRESSION

Saint-Valentin, dure journée pour l’insupportable article 8 !

Selon l’article 8 de l’abominable code de la famille, le mâle peut prendre autant de femelles que sa fortune le permet. Sa journée de la St Valentin, il doit la finir sur les rotules, le pauvre homme ne sait plus où donner de la tête.

Moi, je suis athée, je vais embrasser ma femme et lui dire combien mon amour est exclusif.

Que les jeunes filles algériennes enlèvent leur monstrueux foulard et que pour une fois, elles ne trouvent pas excuse hypocrite pour admirer les beaux garçons, particulièrement celui qui les fait secrètement frémir.

L’amour n’est ni sale ni interdit. Il est sale et interdit pour ceux qui ont un profond trouble sexuel et ne supportent ni la beauté ni le bonheur des autres.

Pour rappel, cette tradition est née en Angleterre, au Moyen-âge, car on pensait que c’était le 14 février que commençaient les accouplements des oiseaux. C’est faux mais tellement joli comme croyance !

Vous êtes jeunes et beaux à tous âges, tous, sans exception, brûlez l’article 8 et tous les autres, éloignez vous des abrutis et soyez heureux !

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




Présidentielle : éclaircissements de campagne électorale

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PROPOSITIONS

Présidentielle : éclaircissements de campagne électorale

En qualité de citoyen, voici ce que je demande aux candidats à une quelconque fonction collective, en premier lieu à celle de Président de la nation, et cela quelque soit le pays. Commençons par des considérations générales.

Démocratie

S’il s’agit, comme le mot l’indique, de pouvoir du peuple, alors comment le réaliser ?… En permettant un vote libre durant des élections libres, répond-on… Alors, comment un citoyen ou une citoyenne peuvent exercer un choix libre, tant qu’ils ne possèdent pas la conscience réelle de leurs intérêts matériels et culturels ? Comment peuvent-ils acquérir cette conscience réelle s’ils ne disposent pas des informations véritables sur la situation de la nation, sur les divers agents sociaux qui y existent, les intérêts des uns et des autres, enfin les luttes qu’ils se livrent pour l’hégémonie ?… Dès lors, comment parvenir à la réalisation effective de cette démocratie ?

Égalité

Comment peut-elle exister tant que les uns disposent de l’argent pour s’instruire au point de connaître leurs intérêts matériels et culturels réels, et la manière de les défendre, tandis que la majorité des autres sont démunis de cet argent, ce qui les obligent à consacrer leur temps à vendre leur force de travail manuelle ou intellectuelle pour parvenir à peine à subvenir à leurs nécessités de survie matérielle ?… Dès lors, comment parvenir à la réalisation effective de cette égalité ?

 

Questions subsidiaires au thème de l’égalité : comment la réaliser dans les domaines religieux et ethnique ?… Concrètement, comment réaliser l’égalité entre croyants à une religion et croyants à une autre ou simplement croyants à une spiritualité non religieuse ? Et comment réaliser l’égalité entre citoyens d’origines ethniques différentes, dans tous les domaines de la vie sociale : matérielle et culturelle ? Enfin, comment réaliser la réelle égalité entre hommes et femmes ?

Liberté

Comment peut-elle exister tant que les uns disposent de l’argent pour la pratiquer (généralement par la corruption), tandis que la majorité des autres non seulement sont démunis de cet argent, mais sont réduits à une situation précaire de survie matérielle et de conditionnement culturel servile ?

Solidarité

Comment peut-elle exister tant que les uns disposent d’un capital financier (en règle générale mal acquis, par le vol chez le privé, par l’accaparement autoritaire chez l’État) pour s’ériger en acheteur de force de travail manuelle ou intellectuelle, tandis que la majorité des autres est réduite à vendre uniquement ce qu’ils possèdent : leur force de travail manuelle ou intellectuelle, et cela à un prix au-dessous de sa valeur, afin de permettre à l’acheteur de ce travail (oligarchie privée ou étatique) d’en tirer un profit, lequel perpétue son enrichissement au détriment de ses salariés ?

Questions subsidiaires

Comment un développement économique serait solidaire tant que persisterait la division sociale entre les détenteurs de capital (privés et/ou étatiques), d’ »une part, et, d’autre part, les détenteurs de leur seule force de travail manuelle ou intellectuelle, ce qui produit le profit des premiers et la simple survie matérielle des seconds ?

Dans ce cas, comment assurer une réelle paix sociale à l’intérieur de la nation ? Et, encore, comment réaliser une réelle paix entre les nations, tant que qu’elles sont dominées par des oligarchies, lesquelles, par leur nature sociale, veulent s’enrichir davantage au détriment des autres oligarchies nationales ? (1)

Non candidats

Considérons les personnes qui croient à l’inutilité de la participation aux élections. Certes, il y a des motifs d’estimer qu’un certain type d’élection est totalement manipulé, avec les résultats programmés à l’avance par les gérants de cette élection, et que, en outre, les autorités en place mettront tout en œuvre pour limiter quand pas empêcher de faire campagne les adversaires du candidat qui est, déjà, en fonction.

Toutefois, même dans ce cas, accepter de participer, n’est-ce pas une occasion pour faire connaître au peuple ses propres idées, y compris celle d’affirmer que cette élection est une manipulation au résultat connu d’avance ?… Peu ne vaut-il pas mieux que rien ? N’est-ce pas là, alors, un compromis et non pas une compromission ?… Pour la personne qui l’ignore, le compromis consiste à faire semblant d’accepter le jeu de l’adversaire, mais pour en tirer un bénéfice personnel, sans jamais permettre que ce bénéfice profite à l’adversaire, d’une manière ou d’une autre. Au contraire, la compromission consiste à jouer le jeu mais en se laissant berner par l’adversaire, qui rafle la mise.

À présent, venons au cas algérien actuel.

Élections

Concernant compromis et compromission, l’exemple le plus lamentable de compromission fut celui du soit disant « soutien critique » du PAGS, d’où l’ex-président Boumediène et ses partisans furent les seuls à en tirer tout le bénéfice. Qu’il me soit permis de préciser que cette affirmation est la mienne non pas uniquement aujourd’hui, mais, déjà, en 1972 (2). Dès lors, concernant la participation aux prochaines élections présidentielles, la question à poser, aussi bien aux candidats qu’aux non candidats, est la suivante : dans quelle mesure votre participation ou votre refus de participation est un compromis et non une compromission ?… En effet, participer ou refuser de participer peut être, l’un et l’autre, en réalité, soit un compromis soit une compromission.

Continuité

Aux candidats ou non candidats qui évoquent cet argument, de quel genre de continuité s’agit-il ?… Celle qui continue la régression qui commença avec l’assassinat de Abane Ramdane et le rejet de la Plate-forme de la Soummam, ou s’agit-il de la continuité à reprendre, à partir de la reconnaissance de la légitimité cette même Plate-forme ?… En effet, si l’on se hausse de la lettre du texte de celle-ci à son esprit, que déclarait ce document historique, sinon ceci : 1) l’égalité entre tous les citoyens, femmes et hommes, ce qui élimine l’exploitation économique des uns par les autres ; 2) la liberté d’exprimer ses opinions, de s’associer en vue du bien collectif, ce qui exclut la domination politique des uns (les puissants et les riches, privés ou étatiques) sur les autres ; 3) la solidarité, laquelle est une conséquence logique de l’égalité et de la liberté ci-dessus évoquées.

Allons plus loin. Considérons la déclaration du 1er  novembre 1954. Quel en est non pas la lettre mais l’esprit ?… N’est-ce pas la conquête de la dignité du peuple algérien ?… Peut-il y avoir dignité quand des gens de ce peuple sont contraints à vendre leur force de travail à un autre (personne privée ou État) qui en tire son profit uniquement parce qu’il est propriétaire des moyens de production, par ailleurs soit volés (par le privé) soit accaparé autoritairement (par l’État-patron) ?

Encore ceci. Si la guerre de libération nationale a été déclenchée et dirigée par des personnes qui n’étaient pas des travailleurs manuels, et non plus des capitalistes, qui en étaient le bras armé ? N’ont-ils pas été dans leur grande majorité des paysans sans terre, des travailleurs manuels, des chômeurs, sans oublier les femmes de même condition ? Ces gens se sont-ils battus et ont consenti tous les sacrifices pour se retrouver contraints d’être réduits à des salariés d’un patron (privé ou étatique), et pour les femmes à se soumettre à l’autorité féodale d’un homme, sous prétexte que ces dominés sont des « ignorants », incapables de s’auto-gérer ?

Question subsidiaire : ce qui est nommé « stabilité » renvoie au thème de la continuité. Quel genre de stabilité est envisagée ? Celle qui maintient stable la régression depuis l’assassinat d’Abane Ramdane et le rejet de la Plate-forme de la Soummam, ou la stabilité qui considère que ce document est celui qui permet d’envisager une réelle stabilité, bénéfique au peuple algérien ?

Pas de reniement

En évoquant ce thème, la question est la suivante : n’est-il pas nécessaire d’expliciter ce qu’il s’agit concrètement de ne pas renier ?… En effet, par « pas de reniement », les uns auraient en tête cette Plate-forme de la Soummam, à considérer comme base fondamentale pour construire le présent et le futur, tandis que d’autres se sont emparés de la direction de la guerre de libération (notamment par l’assassinat d’Abane Ramdane et par l’étrange découverte de Larbi Ben Mhidi par l’armée française qui le tua), puis ont conquis l’État indépendant (par le massacre des moudjahidines de l’intérieur qui s’opposaient à leur putsch militaire) précisément par le rejet de ce document… N’est-il pas facile de se contenter de déclarer « ne pas renier » la guerre de libération nationale et le serment des moudjahidines, sans préciser de quels moudjahidines on parle : ceux de l’intérieur qui se battaient et sont morts au combat contre l’armée coloniale, puis ont résisté au putsch militaire de l’armée des frontières, ou ceux qui, hors du territoire national, se préparaient à conquérir, – et ont conquis -, le pouvoir étatique par un putsch militaire, juste après la victoire ?

Rupture

La réponse à la question sur l’expression « pas de reniement » permet, en conséquence, de formuler cette autre question : les candidats ou non candidats qui déclarent la nécessité d’une rupture, quel contenu concret y mettent-ils ?

S’il s’agit d’une rupture avec ce qui est appelé « le système », celui-ci se limite-t-il à la seule corruption, dans tous les domaines de la gestion sociale : économique, politique, culturelle ? Ne faut-il pas, également, considérer la gestion de la nation depuis le conflit qui opposa les partisans et les adversaires de la Plate-forme de la Soummam ?

À propos de continuité, de stabilité, de pas de reniement et de rupture, envisageons quelques cas comme exemples servant à l’éclaircissement des discours électoraux.

Entreprises nationales

Tous s’accordent à déclarer que les entreprises publiques algériennes sont très mal gérées parce que déficientes sur le plan de la productivité économiques. Laissons de coté le fait que les dirigeants de ces entreprises, eux, gèrent très bien le salaire et les privilèges que leur accorde leur fonction.

Concernant donc ces entreprises nationales, quelle serait la solution ?… 1) Les privatiser, donc favoriser le capitalisme privé, mais alors d’où provient l’argent des éventuels acheteurs ? 2) Se contenter simplement de changer de dirigeants, donc continuer dans une étatisation qui a démontré son incapacité gestionnaire, autre que de s’octroyer de juteux salaires ? 3) Pourquoi pas, alors, confier la gestion de l’entreprise à ses travailleurs eux-mêmes, sous forme d’autogestion, sachant que celle-ci, juste après l’indépendance, en absence de propriétaires et de cadres techniques, d’une part, et, d’autre part, d’un État national encore en gestation, que cette autogestion donc a donné des résultats économiques performants, contrairement aux calomnies d’ « anarchie » et d’ « improductivité » proférées par ses adversaires ? (4)… Dans ces trois cas de figure, où sont la continuité, le non reniement et la rupture ?

Instruction

Que chaque candidat se prononce clairement sur ce qui détermine tout développement social réel, à savoir le secteur éducatif, lequel contient le capital le plus précieux (5) : est-ce un secteur éducatif dominé par l’obscurantisme, quelque soit sa nature ? Par une médiocrité volontaire de gestion pour favoriser la privatisation capitaliste, autrement dit l’aggravation des injustices sociale ? Ou, enfin, par une gestion qui serve réellement l’égalité, la liberté et la solidarité collectives, en permettant aux travailleurs du secteur éducatif et à ses bénéficiaires, les étudiants, d’autogérer leur travail ?

Question subsidiaire. Comment une nation peut-elle se construire si au peuple qui la compose l’emploi de sa langue maternelle est limitée, pour une partie de ce peuple (tamazight), et, pour l’autre partie, est totalement ignorée et occultée : l’arabe algérien (6) ? Est-ce que cette majorité du peuple comprend l’arabe classique (ou subsidiairement le français) en écoutant le journal télévisé étatique, en lisant le texte de la Constitution, la fiche de paie, un journal ou un livre, en étant devant des juges de tribunal, bref en voulant légitimement s’instruire et défendre ses intérêts ?

Corruption

Toute personne tant soit peu informée le constate : quelque soit le pays et l’époque, la corruption sociale commence et s’alimente toujours par le haut de la hiérarchie sociale. Deux anecdotes significatives à ce sujet. La première. Durant la guerre de libération chinoise anti-féodale et anti-capitaliste, à un journaliste états-unien qui, sur place pour une enquête, s’émerveillait du fait que les dirigeants de ce combat étaient vêtus et se nourrissaient exactement comme le peuple, autrement dit pauvrement, il fut répondu ceci : c’est que ces dirigeants n’ont pas encore goûté aux délices du pouvoir (sous-entendu : étatique)… Seconde anecdote. Un jour, j’ai visité l’enceinte de l’Assemblée Nationale italienne, à Rome. Je fus effaré de constater le luxe des murs, des couloirs, des bureaux, des moyens disponibles, enfin de l’enceinte des débats. Tout respirait la richesse ostentatoire et les signes du pouvoir social. Je me suis alors demandé : si j’étais un des élus dans ce palais, réussirais-je à résister à la tentation de faire travailler ma fonction à m’enrichir, donc à acquérir plus de puissance, y compris de façon illégale ? Combien de personnes, dotées de richesse et obsédés de l’agrandir, ne viendraient-elles pas me « rendre visite » pour me corrompre afin de satisfaire leurs intérêts de caste, et, en retour, me faire bénéficier de leurs « largesses » ?

L’honnêteté exige de reconnaître que le candidat Ali Ghediri, quelques soient par ailleurs les considérations à son sujet, a pris l’initiative de publier l’état de son patrimoine, y compris celui de son épouse et de sa fille. Tout candidat ne devrait-il pas agir de cette manière, pour mériter la confiance des électeurs ?

Cependant, je viens de lire dans le journal Mediadz que Ali Ghediri a désigné comme responsable à la communication durant sa campagne Monsieur Hmida Layachi. Étant donné qu’en Algérie plus d’une personne peut avoir les mêmes nom et prénom, j’ignore si l’homme s’appelant Hmida Layachi est celui qui se distingua, dans un récent passé, par le fait suivant. Au retour au pays après mes quarante années d’exil volontaire, il déclara à mon sujet dans une interview : « Il a rompu avec l’Algérie pendant 40 ans, ne connaît rien de son évolution, de sa société, de sa presse. Il est revenu en 2012 pour se faire de l’argent. »  J’ai exposé et expliqué les motifs de cette pure calomnie (7). Il y a également un autre fait. Sauf erreur de ma part, ce même Hmida Layachi fut propriétaire d’une télévision et d’un journal privés. Dès lors qu’il est devenu responsable de la communication d’un candidat qui évoque l’honnêteté et l’intégrité, ces qualités n’exigent-elles pas que son responsable à la communication, s’il fut réellement propriétaire des deux moyens de communication mentionnés, déclare publiquement d’où venait l’argent pour créer et gérer sa télévision et son journal ?

Or, je viens de lire la déclaration du responsable de la campagne de Monsieur Ali Ghediri, Monsieur Ait Larbi, qui déclare : « Je lance un appel à toutes les Algériennes et tous Algériens honnêtes et propres à pour faire sortir notre pays de l’impasse dans laquelle elle se trouve ». La question qui se pose, alors, est celle-ci : Si Hmida Layachi est la personne dont je parle, fait-il partie de cette catégorie d’Algériens, au vu de sa déclaration concernant ma personne ?… Monsieur Ali  Ghediri, qui l’a choisi comme responsable de la communication, ignore-t-il ou considère-t-il comme négligeable la déclaration de ce Hmida Layachi envers un Algérien qui, lui, démontre par son entier itinéraire de vie son honnêteté et son intégrité ?… Et si, par hasard, Monsieur Ali Ghediri parvient au pouvoir de l’État, est-il difficile d’imaginer le comportement qu’aurait ce Hmida Layachi comme ministre de la communication, car il faut bien, n’est-ce pas, qu’il soit récompensé suite à son engagement de campagne.

De cet événement, il s’ensuit cette question (et nous retournons à des considérations qui concernent toute nation et pas spécifiquement l’Algérie) : tout candidat ne devrait-il pas, outre la déclaration publique de son patrimoine et de celui de ses proches de la famille, faire publier également le patrimoine et celui des proches de la famille de ses collaborateurs principaux ? Publier également la biographie professionnelle de ces mêmes collaborateurs, comme par ailleurs Monsieur Ali Ghediri l’a faite en ce qui le concerne personnellement ?

En outre, tout candidat, pour montrer sa transparence et son intégrité, ne devrait-il pas publier qui et comment finance sa campagne électorale ?… N’est-ce pas là première et élémentaire preuve d’honnêteté et d’intégrité ?

Ensuite, en cas d’élection, tout candidat ne devrait-il pas s’engager à :

1)  ne pas accepter plus de deux mandats ? Car, en accepter plus, c’est : a) prétendre que tous les autres citoyens et citoyennes sont incapables de remplir convenablement la fonction dirigeante ; b)   démontrer que le système de gestion du pays est incapable de produire un nouveau dirigeant, ce qui révèle que le système est malade ; c) pour le dirigeant qui dépasse deux mandats, devenir ainsi une espèce d’oligarque « sauveur ». Or, peut-il l’être sans l’appui d’ une « clientèle » opportunément créée ? Et celle-ci le soutiendrait-elle si ce désormais oligarque ne lui concède pas, en retour, les privilèges dont elle a besoin pour exister ?… N’est-ce pas de cette manière que la dictature et sa conséquence, la corruption, commencent, quelque soit le masque employé pour les camoufler ?

2) faire connaître publiquement le salaire et les privilèges attenants à la fonction dirigeante durant l’exercice, ainsi qu’après la fin de celui-ci ?… Car, que signifierait cacher ces données sinon  une forme illégitime d’enrichissement légalisé ?

3) publier, à la fin du ou des deux mandats assumés comme dirigeant, l’état de son patrimoine, ainsi que celui des membres proches de sa famille ?… Pourquoi également ces derniers ? Pour éviter une tentation du dirigeant : ne pas profiter personnellement de sa fonction pour augmenter son patrimoine, mais recourir à augmenter celui des membres de sa famille, soit directement, soit comme prête-nom.

4) promouvoir dans la Constitution :

– l’instauration d’un référendum d’initiative populaire ? Il servirait de dissuasion contre une éventuelle gestion anti-populaire de la fonction dirigeante au détriment des intérêts du peuple (8) ?

– la publication, de la part des candidats députés à l’Assemblée Nationale et à d’autres postes administratifs fondamentaux, de leur patrimoine ainsi que celui des membres de leur proche famille, leur rétribution et privilèges attenants durant leur fonction, enfin la publication des mêmes patrimoines à la fin du mandat ?

Dans ce même esprit visant au plus d’authentique démocratie, aux lectrices et lecteurs d’ajouter d’autres questions, et aux candidats honnêtes (autrement dit qui servent le peuple au lieu de s’en servir pour leur intérêts personnels de caste) d’ajouter des éclaircissements.

K. N.

Email : kad-n@email.com

Notes

(1) voir « De la liberté solidaire » in http://kadour-naimi.over-blog.com/search/libert%C3%A9%20solidaire/

(2) Voir « Éthique et esthétique au théâtre et alentours », notamment l’article de Bouziane Benachour en annexe 23 du Livre 5 : « Naïmi Kaddour : Quelques appréciations sur un artiste  que j’ai connu il y a plus de quarante ans », librement accessible ici : https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-theatre-oeuvres-ecrits%20sur%20theatre_ethique_esthetique_theatre_alentours.html

(3) Voir « Questions sur l’autogestion en Algérie et dans le monde », in http://kadour-naimi.over-blog.com/2018/03/questions-sur-l-autogestion-en-algerie-et-dans-le-monde.html

(4) Voir « Belle comme un comité d’autogestion » in http://kadour-naimi.over-blog.com/search/autogestion/ et « Questions sur l’autogestion en Algérie et dans le monde » in http://kadour-naimi.over-blog.com/2018/03/questions-sur-l-autogestion-en-algerie-et-dans-le-monde.html

(5) Pour paraphraser celui qui employa cette splendide expression de manière si tragiquement criminelle : Staline.

(6) Voir « Défense des langues populaires : le cas algérien » in https://lematindalgerie.comtamazight-et-dziriya-solidarite

(7) In « Éthique et esthétique au théâtre et alentours », Livre 4, PARTIE V : « UN ARCHETYPE DE JOSEPH GOEBBELS ». Pour y accéder voir lien dans la note 2 précédente.

(8) Voir « Du référendum populaire » in http://kadour-naimi.over-blog.com/2019/02/du-referendum-populaire.html

Auteur
Kaddour Naïmi

 




Ce qu’il a refusé hier, Bouteflika l’accepte aujourd’hui (I)

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DEBAT

Ce qu’il a refusé hier, Bouteflika l’accepte aujourd’hui (I)

Bien avant sa première investiture en 1999, Abdelaziz Bouteflika a refusé en 1994 de répondre à l’appel de l’armée pour prendre la destinée du pays si l’on croit certaines indiscrétions et l’enquête qui lui a été consacrée par le magazine « Jeune Afrique » (01) le 4 août 2015, deux ans après son AVC.

Il est selon cet organe africain d’information «le seul politicien dans toute l’Afrique et le monde arabe à avoir entretenu des liens durables et étroits avec une ancienne puissance coloniale ». « Il ne cache pas son admiration pour De Gaulle et à chaque occasion, il cite Pierre Mendès-France».

A son arrivée en 1999 au pouvoir, le système politique reposait sur la base d’un consensus entre trois pôles de pouvoir : l’état-major des armées, les services de renseignement, la haute-bureaucratie d’Etat, formée par les nouveaux riches. Une fois au pouvoir, il a  cassé cette configuration politique, refusant d’être « un trois-quarts de président ».

Pour ne partager le pouvoir avec aucune de ces ailes, il a fait valoir ses prérogatives constitutionnelles, de chef suprême des forces armées pour restructurer les services du redoutable DRS en l’emputant du service de la communication, de la Direction de la sécurité de l’armée et de la police judiciaire.

Les enquêtes judiciaires et les fameux dossiers sur les uns et sur les autres sont désormais entre les mains d’un homme de confiance, devenu vice-ministre de la Défense. Ce réaménagement s’est effectué avec une telle souplesse que même les principaux concernés reconnaissent l’avoir appris comme tous les Algériens par la presse.

En d’autres termes, il n’y a eu aucune résistance de la part de l’armée et ceci discrédite la thèse de la lutte de deux clans au pouvoir qu’ont développée certains analystes. Ce qui ressort de ces deux exemples : c’est quelqu’un qui n’aime pas être dirigé et ne veut pas s’imposer à un peuple qui ne le soutient pas. Il le dit lui-même à chaque occasion qui se présente : «Si je n’ai pas le soutien franc et massif de la population, je considère qu’elle est contente de sa médiocrité, alors je rentre chez moi ».  

Aujourd’hui, la situation a changé et il n’a pas 20 ans pour qu’un AVC évolue dans un sens positif comme il le reconnaît lui-même dans sa lettre à la nation. A la lecture minutieuse de cette dernière, combien même elle serait écrite par quelqu’un d’autre, son empreinte y présente si l’on recoupe ses discours et ses entretiens lorsqu’il était en forme. Ce n’est pas important de se casser la tête sur la source de sa rédaction car les plus grands leaders du monde dans les démocraties les plus mûres disposent des plumes pour rédiger leurs discours, donc cela n’est pas nouveau pour qu’on s’y attache outre mesure.

Par contre, l’analyse de son contenu reste désormais riche d’enseignements lorsqu’on le compare avec le parcours politique d’Abdelaziz Bouteflika.

Comment déduire que Bouteflika n’a pas voulu d’un cinquième mandat ? Pourquoi, par un cinquième mandat Bouteflika ne rendra pas service à la nation, comme on le lui laisse croire ? A suivre 

R. R.

Renvoi :

(01)- (01) Lire les détails dans ce dossier: https://www.jeuneafrique.com/mag/252791/politique/algerie-bouteflika-et-la-france/

 

Auteur
Rabah Reghis

 




Bouteflika ou l’inventaire d’une dérive monarchique

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DECRYPTAGE

Bouteflika ou l’inventaire d’une dérive monarchique

Depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962, Abdelaziz Bouteflika est aux commandes du pays, excepté sa « traversée du désert » de 1981 à 1998.

Une année comme ministre de la jeunesse et du tourisme puis seize années comme ministre des affaires étrangères (et numéro 2 du régime de Boumediene de 1965 à 1979) ; il occupe par la suite le poste de ministre d’Etat sous Chadli pendant une année. Depuis 20 ans, il est président.

Sous le règne de Boumediene, Abdelaziz Bouteflika était le second du grand dictateur. Ils ont fait de l’Algérie un Etat qui reposait sur un « bâton » en acier : la terrible sécurité militaire. Economie de la rente et chape de plomb : prends ton bout de pain et ferme ta gueule ! Pendant ce temps là, Messaoud Zeggar, Abdelaziz Bouteflika et quelques autres privilégiés faisaient fortune dans ce pays décrété socialiste pour les masses populaires.

Chadli Bendjedid réglera des comptes en mettant en prison le premier et en faisant traverser un grand désert au second en le faisant poursuivre par la cour des comptes (ce qui le poussera à l’exil).

En 1999, comme par miracle, Abdelaziz Bouteflika profite d’une alternance clanique et revient au pouvoir comme chef de l’Etat. On ne pourra pas citer toutes ses « grandes » réalisations durant ses vingt années de règne en quelques paragraphes mais on peut faire part, brièvement, de quelques-unes, à commencer par la corruption.

La corruption est devenue une « valeur » sûre : ce ne sont pas les corrupteurs et les corrompus qui ont à craindre des sanctions pénales mais ceux qui essaient de s’y opposer. La délinquance gagne aussi sur le terrain des «valeurs». L’un des symboles de cette corruption, et délinquance, Chakib Khelil, totalise plus de 750 000 mentions «j’aime» sur sa page officielle de facebook. Et c’est un très proche du président.

Les services de sécurité et la justice semblent vivre en symbiose avec ces nouvelles « valeurs » sociétales. Après tout, c’est logique qu’ils se mettent à la mode : ils font partie du peuple.

Le système politique est d’ailleurs très performant en matière de corruption de masse. C’est ainsi qu’il a pu se constituer une clientèle importante qui « négocie » des avantages à l’approche de chaque élection, aussi bien au niveau de catégories sociales ou professionnelles, de secteurs, que dans une logique régionaliste ou confessionnelle. Même si des pans de cette clientèle semblent se réfugier ailleurs à l’occasion de ce cinquième mandat, il n’en demeure pas moins qu’une certaine clientèle continue de s’accrocher à ce qu’elle perçoit comme une source de profit.

La santé et la médecine ont déserté les hôpitaux : c’est un secteur complètement délabré. Cela fait les affaires des rabatteurs des cliniques privées. La nomenclature des médicaments importés ne cesse rétrécir, des pénuries à répétition. La secte au pouvoir s’en fiche : ils se soignent, eux, et meurent, même, en Europe ou en Amérique, pris en charge par la CNAS et l’Etat.

L’économie a pour oxygène la rente pétrolière et gazière. Cette dernière sert fondamentalement à maintenir le régime en place depuis l’indépendance du pays. Cette rente est essentiellement partagée entre ce qui sert à l’entretien de l’appareil de répression, le budget consacré à l’achat de la « paix sociale » et celui dévolu à la constitution d’une clientèle électorale, et ce qui est détourné par la caste au pouvoir. Des miettes pour le développement du pays. La courbe des prix des hydrocarbures représente le cardiogramme de l’économie algérienne.

Quatre mandats ont suffi à instituer et institutionnaliser les idées des islamistes qui ont gagné la bataille idéologique sans gagner d’élection présidentielle.

D’ailleurs, les zaouïas ont soutenu Bouteflika dans tous ses mandats et ont appelé à un cinquième mandat ! Grâce à toutes ces mosquées qui poussent comme des champignons, elles vont pouvoir continuer leur « œuvre ». D’ailleurs, on a l’impression que le pouvoir utilise de plus en plus l’« opium » (pour emprunter le mot de Marx) que le bâton pour mater les velléités de subversion dans le pays.

Pour réussir ses programmes, le président et ses « compagnons » ont misé sur l’éducation.

Avant, l’école était sinistrée, 20 ans plus tard elle est anéantie. Le peu de matière grise qui réussit à échapper, miraculeusement, au massacre est pompée par Campus-France à Alger même. Les universités forment des légions de diplômés en majorité incultes. Parmi ces lieux de savoir et de recherche, il y en qui se transforment en zaouïas qui ne s’occupent sérieusement que de la morale (islamique) de leurs étudiants. D’ailleurs, il n’y a que la dimension islamiste qui réussit dans ce système avec comme conséquence l’abolition du sentiment national. Islamisme et nationalisme sont incompatibles. La conscience sociale, quant à elle, s’est effritée au fil des années.

Pour ses performances intellectuelles, le système éducatif algérien a été l’avant-dernier du classement PISA en 2015.

A présent, ce n’est plus une école (et université) à réformer mais à fermer : ce sont les fondements même du système éducatif algérien qui doivent être refaits.

Quatre mandats ont suffi pour anéantir l’engagement idéologique en politique et asseoir l’hégémonie de l’opportunisme politique dans le pays. L’espoir d’alternance dans l’exercice du pouvoir est mort. L’opposition dite démocratique est laminée. On voit actuellement des femmes et des hommes qui se prévalaient de cette tendance se rallier à la candidature d’un général et se ranger derrière lui dans l’espoir de déloger Abdelaziz Bouteflika de la présidence.

Pourtant, il y peu de temps, personne ne connaissait ce général sorti du chapeau du grand magicien Toufik, l’ancien patron du DRS (qui a institué ce même Bouteflika). Le désespoir fait naître des mirages : voir en Ali Ghediri un «messie» alors qu’il ne peut représenter, au mieux, qu’une alternative clanique, avec, peut-être, un peu moins d’opium et plus de bâton. Il a servi le régime, et contribué à le sauvegarder, pendant des décennies avant de se découvrir une âme d’opposant après sa mise à la retraite. Pour la propagande électorale, ce sont les méthodes du système : ils n’essayent même pas de convaincre, ils veulent faire taire toute voix discordante. Les « candidats » ne sont pas en quête d’électeurs : c’est l’allégeance de la population qui est attendue. La police politique est déjà à l’œuvre dans les médias et les réseaux sociaux.

Une des « réussites » d’Abdelaziz Bouteflika est la sacralisation de son personnage. Le code pénal est éloquent : on ne parle pas d’«outrage» mais d’«offense» au président de la république. C’est le même terme qui est utilisé pour «le prophète et les envoyés de Dieu». Ces délits figurent dans le même article, 144 bis et 144 bis 2. Cette sacralisation est aussi dans l’après-Bouteflika : on parle de succession et non d’alternance démocratique. On peut penser aux monarchies mais dans ce mode de gouvernement, la succession est décidée dès l’accession au trône du monarque.

A la mort du prophète Mohamed, ses compagnons étaient tellement occupés à se battre pour la succession qu’ils avaient oublié de l’enterrer abandonnant son cadavre à la putréfaction dans son domicile pendant trois jours. En Algérie, la bataille pour la succession à Abdelaziz Bouteflika dure depuis des années mais aucun de ses compagnons n’a réussi, pour le moment, à s’imposer comme calife. Si jusque-là, on a empêché ce personnage «sacré » de se reposer ou de mourir, je crains que les prétendants au califat ne s’étripent encore pendant des années et oublient leur maître.

Abdelaziz Bouteflika a encore besoin de cinq ans comme chef de l’Etat (qu’il dirige déjà par procuration) pour asseoir définitivement au sein de la population la suprématie du fantasme arabe (les nombreuses vierges éternelles du paradis) sur le rêve américain ou l’idéal révolutionnaire français (qui a enfanté la déclaration de droits de l’homme). Il aura aussi le temps d’achever l’Algérie.

De toutes les façons, avec un calife ou un messie, on ne sera pas mieux lotis. Le mal est très profond. Il faut espérer un miracle et un véritable processus démocratique pour sauver le pays.

Auteur
Nacer Aït Ouali

 




Abdelkader Kara Bouhadba nouveau DGSN

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EXPRESS

Abdelkader Kara Bouhadba nouveau DGSN

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika a procédé à la nomination de M. Abdelkader Kara Bouhadba, en qualité de Directeur général de la sûreté nationale (DGSN), en remplacement de M. Lakhdar Lahbiri, a indiqué mercredi un communiqué du ministère de l’Intérieur, des collectivités locales, et de l’aménagement du territoire.

« Conformément aux dispositions de l’article 92 de la Constitution, Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, a procédé à la nomination de monsieur Bouhadba Abdelkader Kara, en qualité de Directeur général de la sûreté nationale, en remplacement de monsieur Lahbiri Lakhdar, appelé à exercer d’autres fonctions », a précisé la même source.

Auteur
APS