13.8 C
Alger
Accueil Blog Page 2038

Changement de statut d’étudiant : la jurisprudence introduit des assouplissements

0
INSTALLATION

Changement de statut d’étudiant : la jurisprudence introduit des assouplissements

En droit français, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans séjournant en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire d’une carte de séjour temporaire, ou d’un visa de long séjour valant titre de séjour, d’une carte de séjour pluriannuelle ou d’une carte de résidence tel que le prévoit l’article L. 311-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers en France.

Plusieurs statuts existent relativement à la délivrance d’une telle carte de séjour.

Parmi ces statuts existent le statut d’étudiant ainsi que le statut de salarié et un changement de statut entre ces deux mentions peut être possible.

Les étrangers désirant séjourner en France de manière temporaire dans le cadre de leurs études, doivent apporter la preuve qu’ils disposent de moyens suffisants d’existence et établir qu’ils font, en France, des études ou qu’ils y suivent d’un enseignement ou un stage de formation. Ce statut est prévu à l’article L. 313-7 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers.

Les étrangers désirant exercer une activité professionnelle salariée en France doivent préalablement à cet exercice, obtenir une autorisation de travail, tel que le prévoit l’article R. 5221-3 du Code du travail. Si cette autorisation est accordée, alors l’étranger désirant exercer une activité professionnelle salariée en France se verra délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » si l’activité professionnelle salariée qu’il exerce est sous contrat de travail à durée indéterminée, ou une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié temporaire » si l’activité professionnelle salariée qu’il exerce est sous contrat de travail à durée déterminée ou sous détachement temporaire. La délivrance d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou la mention « salarié temporaire » est visée par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi (Dirrecte).

De très nombreux étudiants étrangers se posent la question des modalités de changement de statut afin d’obtenir celui de salarié. En principe un étudiant étranger, à la fin de ses études, peut tout à fait solliciter un titre de séjour ouvrant droit au travail (Conseil d’Etat, 14 janvier 1981, Mrap et Unef). Cependant dans la pratique un tel changement de statut n’est pas simple et est très strictement réglementé.

En effet, la passerelle entre le titre de séjour mention étudiant et le titre de séjour mention salarié, bien que censée faciliter les ressortissants étrangers tout juste entrés dans la vie professionnelle, reste subordonnée à des conditions préétablies laissées à l’appréciation du préfet. Ces conditions reposent sur les formalités concernant la démarche en elle-même, des exigences au niveau de la durée du travail, de la rémunération mais aussi de la relation entre le diplôme obtenu et l’emploi envisagé. 

Depuis quelques années, les conditions d’obtention du changement de statut « étudiant » à « salarié » ont tout de même connu un certain assouplissement, notamment concernant les étudiants étrangers titulaires d’un diplôme de niveau master.

Tout d’abord, La procédure de changement de statut concerne les ressortissants étrangers titulaires d’un titre de séjour en cours de validité et qui résident sur le territoire français (Cour administrative d’appel de Nantes, 12 octobre 2009, n°08NT01155). La demande doit être introduite avant l’expiration de la carte de séjour étudiant, que celle-ci soit pluriannuelle ou temporaire, ou au cours de la durée de validité de celle-ci. 

Ensuite, les démarches administratives relatives à une procédure de changement de statut s’opèrent auprès de la préfecture. L’étudiant étranger souhaitant changer de statut est tenu de se présenter d’abord en préfecture, pour permettre un contrôle de la validité de son titre et de la promesse d’embauche ou du contrat de travail obtenu de son futur employeur.

Depuis la réforme du 24 juillet 2006, l’étudiant étranger s’est vu reconnaître le droit d’exercer une activité professionnelle salariée dans la limite de 60% de la durée de travail annuelle. Avant cette réforme, l’étudiant étranger souhaitant travailler en dessous de 60% de la durée de travail annuelle devait obtenir une autorisation provisoire de travail.

Par ailleurs, le Code du travail exige de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) d’examiner les demandes de changement de statut au regard des conditions d’emploi et de rémunération. Ainsi, les étrangers titulaires d’un statut d’étudiant et souhaitant exercer une activité professionnelle sous contrat à durée indéterminée et/ou dont la rémunération est supérieure à 1,5 fois le SMIC seront plus disposés à recevoir un avis favorable de la part de la Direccte. La direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi examinera également l’adéquation entre le niveau de rémunération proposée et le poste à pourvoir et l’étudiant étranger devra justifier de l’adéquation entre son parcours de formation, son diplôme et les fonctions proposées.

Face à ce régime de droit commun, certaines faveurs ont été accordées aux étudiants étrangers titulaires de diplôme spécifiquement visés.

Par-là, même si la délivrance d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou la mention « travailleur temporaire » est très encadrée, celle-ci a connu une évolution au 1er novembre 2016.

En effet les cartes de séjour temporaire « salarié » et « travailleur temporaire » sont délivrées aux étudiants étrangers sans opposabilité de la situation de l’emploi, lorsqu’ils sont titulaires d’un diplôme de niveau master (Cour administrative d’appel de Paris, 5 février 2013, n°12PA00420) ou, et cela depuis le 1er novembre 2016, d’un diplôme de niveau I labellisé par la Conférence des grandes écoles, ou du diplôme de licence professionnelle. En l’absence d’un tel diplôme, la délivrance d’une carte de séjour temporaire « salarié » ou « travailleur temporaire » sera étudiée et examinée au regard de l’opposabilité de la situation de l’emploi. 

Par ailleurs, au regard des dispositions de l’article L. 311-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers, et ce depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2016-274 du 7 mars 2016, il est désormais délivré une autorisation provisoire de séjour (APS) de douze mois, non renouvelable, au titulaire d’un master qui souhaite compléter sa formation par une première expérience professionnelle. Sa rémunération supérieure doit atteindre un seuil minimal. A l’issue de cette période, il peut se maintenir en France s’il dispose d’un emploi d’une promesse d’embauche sans que lui soit opposable la situation de l’emploi. Cette disposition reprend l’état du droit antérieur tout en y ajoutant cependant une nouveauté à savoir qu’il est désormais possible, pour un étudiant étranger qui crée une entreprise « viable » dans un domaine correspondant à sa formation de se voir autoriser un droit de séjour. Dans le cadre de cette procédure, l’étudiant étranger ne pourra se voir opposer la situation de l’emploi. 

Ainsi un régime avantageux a été accordé aux étudiants étrangers titulaires de diplôme niveau master, de niveau I labellisé par la Conférence des grandes écoles, ou de licence professionnelle en ce sens que la situation de l’emploi ne peut plus leur être opposable. Ils bénéficient donc d’une condition en moins dans l’obtention du titre de séjour mention salarié.

Cependant, l’arrêt du 17 avril 2018 rendu par la cour administrative d’appel de Nancy démontre bien que ce régime favorable accordé à ces étudiants s’arrête à la condition de la situation de l’emploi. Concernant toutes les autres formalités, le contrôle reste assidu.

En l’espèce, un ressortissant malien entré en France en 2008 en qualité d’étudiant a, après obtention de son master « droit, économie, gestion » et obtention d’une autorisation provisoire de séjour afin qu’il puisse trouver un emploi, sollicité un changement de statut afin d’obtenir un titre de séjour portant la mention « salarié ».

Par arrêté du 21 avril 2017, le préfet de la marne a refusé de faire droit à sa demande au motif que les conditions requises n’étaient pas réunies. Après un jugement rejetant le recours formé contre cet arrêté, la cour administrative d’appel de Nancy s’est prononcée, en prenant le soin de reprendre les conditions inhérentes à la délivrance du titre de séjour mention « salarié ».

Le requérant faisant en effet valoir qu’en tant que titulaire d’un diplôme de Master, la situation de l’emploi ne lui était pas opposable. La cour administrative d’appel de Nancy a quant à elle estimé que, bien que cette condition ne lui était opposable, il restait d’autres conditions qu’ils lui étaient soumises.

Ainsi, l’adéquation entre son diplôme Master en « droit économie gestion » et le poste d’agent administratif au sein d’un hôpital avait été discutée. De même la condition du montant de la rémunération lui était également opposable, de sorte que la cour a estimé que le requérant «  n’établit pas que sa rémunération était supérieure au seuil fixé à l’article D 5221-21 du code du travail  ».  Ainsi le requérant malien, ne réunissant pas toutes les conditions requises, s’est vu débouté de sa demande.

L’apport de cet arrêt est notable, en effet la cour administrative d’appel de Nancy nous démontre qu’en dépit des aménagements et assouplissements opérés en vue de faciliter la passerelle titre de séjour « étudiant » à titre de séjour « salarié », il reste des conditions stables qui doivent être respectés. Entre autres, un revenu conforme au minimum exigé, une adéquation entre la formation de l’étudiant et le poste qu’il souhaite obtenir.

Il apparaît donc qu’au regard des dispositions de droit commun, le changement de statut est rendu possible pour les étudiants étrangers souhaitant changer de statut pour obtenir celui de « salarié » afin d’exercer une activité professionnelle salariée. 

Néanmoins, l’obtention du changement de statut « étudiant » à « salarié » reste une démarche délicate, même lorsque l’on bénéficie d’un régime dérogatoire. 

Toutefois, pour ce qui est du cas particulier des étudiants ressortissants algériens, la possibilité du changement de statut étudiant salarié est beaucoup moindre.

En effet, le statut des Algériens est défini exclusivement par l’Accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. L’accès au travail du salarié algérien n’obéit pas aux mêmes règles que les autres ressortissants étrangers. 

L’Accord franco-algérien, en son Titre III prévoit que les ressortissants algériens titulaires d’un certificat de résidence portant la mention « étudiant », sous réserve de leur inscription dans un établissement ouvrant droit au régime de sécurité sociale des étudiants, peuvent être autorisés à travailler dans la limite d’un mi-temps annuel, pour la branche ou la profession concernée.

Le changement de statut pour l’étudiant algérien est défini à l’article 7, b) de l’accord bilatéral.

Ainsi, la préfecture ne pourra pas exiger de l’étudiant qu’il produise, à nouveau, un visa de long séjour. Cette exigence de visa ne peut concerner que les personnes non encore admises à séjourner sur le territoire français (Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nantes, le 12 octobre 2009, Préfet d’Ille-et-Vilaine c. M. El Ghazli).

Si dans le cadre du régime de droit commun plusieurs procédures sont offertes aux étudiants étrangers afin qu’ils procèdent à un changement de statut, de celui d’ « étudiant » à celui de « salarié », les étudiants algériens ne sont en principe pas concernés par les possibilités de travailler dans l’un des métiers dits « en tension » ouverts aux non-Européens dont la liste a été établie par un arrêté du 11 août 2011, et ils sont également exclus du dispositif de l’APS.

Par ailleurs, le code du travail a instauré des règles claires concernant la délivrance d’autorisation de travail. Tout refus fondé sur la nationalité du futur salarié est prohibé ! 
Tout refus de guichet ou de réception de la demande de changement de statut faire l’objet d’une procédure devant le juge administratif. 

Si ce refus de réception du dossier s’appuie sur la nationalité de l’étudiant, une procédure judiciaire ou contentieuse, pour discrimination, peut alors être engagée par l’intéressé. 

En cas de refus du changement de statut, le ressortissant algérien peut déposer une demande de réexamen de son dossier auprès de la préfecture et du ministère de l’Intérieur. 

Si ce refus est confirmé par ces derniers, l’étudiant étranger pourra alors entamer une procédure contentieuse devant le juge administratif. 

Auteur
Me Fayçal Megherbi, avocat au Barreau de Paris

 




- Publicité -

Hamid Ferhi, coordinateur du MDS, évacué à l’hôpital de Beni Messous

0
EXPRESS

Hamid Ferhi, coordinateur du MDS, évacué à l’hôpital de Beni Messous

Hamid Ferhi, coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS) est à l’hôpital de Beni Messous.

Le candidat à la présidentielle se trouve depuis l’après midi de jeudi 31 janvier au service réanimation de l’hôpital Beni Messous (Alger).

Mercredi, le MDS indiquait dans un communiqué que son coordinateur a été admis pour des examens à Beni Messous. «Le diagnostic médical a établi le développement d’une maladie grave impliquant une prise en charge spécifique et rapide», souligne le MDS.

Pour autant, l’établissement hospitalier n’a pas gardé Hamid Ferhi. La raison ? Le manque de place.

« Nous cherchons jusqu’à maintenant une hospitalisation en urgence qu’on nous refuse dans différents hôpitaux, au motif de surcharge », dénonçait le MDS.

Auteur
La rédaction

 




- Publicité -

Paul Balta, ancien correspondant du Monde à Alger, est mort

0
Disparition

Paul Balta, ancien correspondant du Monde à Alger, est mort

L’ancien correspondant du journal Le Monde à Alger, Paul Balta, est décédé dimanche dernier à Paris à l’âge de 89 ans, a appris mercredi l’APS auprès de sa famille.

Né en 1929 à Alexandrie, il aurait bouclé ses 90 ans le 24 mars prochain. Selon ses proches, Paul Balta sera enterré mardi prochain au cimetière d’Ivry-sur-Seine (près de Paris) au cours d’une cérémonie familiale.

Il a été, de 1970 à 1985, le spécialiste du Proche-Orient et du Maghreb du quotidien Le Monde, et particulièrement de l’Algérie au temps du président Houari Boumediene.

Il a écrit, avec Mireille Duteil et Claudine Rulleau, « L’Algérie des Algériens : vingt ans après » (Editions ouvrières, 1981).

Paul Balta, que le président Boumediene lui disait qu’il avait du sang arabe, a été également avec Claudine Rulleau l’auteur de plusieurs ouvrages concernant l’Algérie, dont « La Stratégie de Boumediene : textes » (La Bibliothèque arabe, 1978) et « Le Grand Maghreb : des indépendances à l’an 2000 », (La Découverte, 1990).

Ce grand ami de l’Algérie que le président Boumediene avait reçu, en sa qualité de correspondant du Monde, pour 50 heures d’entretiens de 1973 à 1978, selon ses propos, a été d’abord journaliste à l’agence Associated Press puis à Paris-Presse l’Intransigeant. Il avait rejoint le journal Le Monde en 1970. Il a également couvert les grands événements du Moyen-Orient dont le conflit israélo-palestinien, les guerres du Kurdistan, la révolution iranienne et la première guerre du Golfe (1980-1988).

Il a collaboré avec des revues et journaux comme le Middle East Journal (Washington), El Pais (Madrid) et Le Libéral (Casablanca) de 1990 à 1995.

Il a été, de 1988 à 1994, directeur du Centre d’études de l’Orient contemporain à l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle, avant de devenir membre du Conseil d’administration de la Fondation René-Seydoux pour le monde méditerranéen, du groupe « Observatoire Méditerranée et Moyen-Orient » de la Fondation pour les études de défense (Paris), de la « Section Méditerranée » du Conseil économique et social de PACA (Marseille) et du Comité international du Forum civil Euromed (Barcelone), entre autres.

Auteur
APS

 




- Publicité -

Présidentielle : le « cirque Bouteflika » dans la continuité !

0
REGARD

Présidentielle : le « cirque Bouteflika » dans la continuité !

À peine le bal ouvert, une ruée d’Algériens, autant anecdotiques que sérieux, se sont précipités au ministère de l’Intérieur pour retirer les formulaires de parrainage de candidatures à l’élection présidentielle, programmée pour le 19 avril prochain. Le nombre dépasse jusque-là la centaine.

On y retrouve de tout : du bouffon, du pique assiette, des amuseurs de galerie, des habitués de zerda, des parasites s’invitant aux tables des mariés jusqu’aux plus sérieux, qui croient que leur heure a enfin sonné. Et ceux-là, ces derniers, sont les plus dangereux, car ils participent à entretenir l’illusion que le changement est possible dans le cadre tracé par le système. Ainsi, ils apportent par le biais de cette manœuvre, volontaire ou involontaire, une caution à cette élection qui vise à prolonger la vie du régime.

À l’occasion de cette élection, ils montrent les muscles et ils bombent le torse face aux caméras, s’autoproclamant comme étant la seule alternative au système. A croire que le pays n’en a pas connu d’autres !

L’affront subi depuis des années par l’Algérie n’attendait pas l’occasion d’un énième simulacre élection pour être lavé en avril prochain.

Soyons sérieux. La risée que fait subir au pays la famille Bouteflika n’a pas en réalité son pareil dans les annales de l’histoire du monde moderne. Une limite dans le ridicule que les Duvalier, François et Jean Claude, dits respectivement Papa Doc et Bébé Doc, n’ont pas osé franchir dans l’exercice du pouvoir.

L’image affligeante de la précipitation des supposés candidats à la candidature au siège du ministère de l’intérieur ne rajoute que humiliation à l’humiliation du peuple algérien.  Ils ont tous, même le plus averti parmi eux, le général-major à la retraite Ali Guediri, en commun la conviction que cette élection, comme toutes les autres, est truquée à l’avance.

Donc une mascarade de plus. C’est une certitude qu’ils partagent bizarrement avec Bouteflika et le clan au pouvoir, l’organisateur de l’élection. Chose qu’ils s’abstiennent – que ce soit Ali Benflis ou Ali Guediri – à dire pourtant au peuple.

Ils savent pertinemment, plus que quiconque, que l’élu n’est pas celui qui sera adoubé par le peuple, mais celui qui est parrainé par le système. Ali Guediri s’en remet au peuple, dans sa déclaration au forum du journal Liberté, alors qu’il sait pertinemment que ce dernier n’a pas son mot à dire.  La vérité que ces candidats refusent à admettre, même à eux-mêmes, alors qu’ils le pensent dans leur for intérieur, c’est d’espérer être la voie de recours, comme candidat du système au cas où il y aurait abandon de l’option du 5ème mandat. Ils veulent en réalité être un plan B. Sinon, comment peut-on prétendre se présenter à une élection alors que tout le processus est biaisé d’avance ?

Des bloggeurs, des activistes et des citoyens s’exprimant sur les réseaux sociaux croupissent toujours en prison ; des manifestations et des réunions publiques interdites et il y a à peine quelques semaines, des anciens militaires dont les blessés dans la lutte antiterroriste ont été bastonnés dans les rues et réprimés férocement pour leur interdire l’accès à Alger. Tel est l’état des libertés démocratiques à la veille d’une élection se voulant démocratique, si on se réfère à l’engouement des candidats à la candidature.

On n’a entendu personne s’offusquer par rapport à l’arbitraire et à la forfaiture subis par des pans entiers de la société. Même le général-major n’a pipé mot de soutien à ses anciens camarades ou subalternes réprimés. Il s’est illustré plutôt par un ton élogieux dans sa lettre publiée par la presse, adressée à son « compagnon d’armes », Gaïd Salah, chef d’État-Major et vice-ministre de la Défense de Bouteflika.  C’était au moment même où ce chef d’État-Major a lancé, de connivence avec Saïd Bouteflika et avec la sous-traitance d’Anis Rahmani, le patron du groupe Ennahar TV, et en dehors de toute légalité, sa gendarmerie à la trace des journalistes, blogueurs, rappeurs et les artistes jugés en indélicatesse avec le régime.

Après tout cela, comment peut-il se targuer d’être le seul rempart contre le système : « Moi ou le système », a clamé Ali Ghediri devant les journalistes au forum du journal Liberté.  Et à son directeur de campagne, Mokrane Ait larbi, qui revient la tâche de calmer les ardeurs de confier à la chaîne de télévision El Magharibia : « si les conditions seront réunies ». Il ne croit pas si bien dire.

Malheureusement les conditions d’une élection libre ne sont pas réunies. Une élection démocratique est d’abord un processus et elle ne se résume seulement à l’acte de déposer un bulletin dans l’urne. Un régime comme celui qui tient le pays en otage depuis 20 ans n’organise pas sa propre mort, à savoir l’alternance en permettant à d’autres alternatives de s’exprimer. Il organise plutôt « la continuité » dans tout ce qu’elle représente comme gabegie, dilapidation, prédation et forfaiture. C’est sur la base de ces méfaits que le clan présidentiel s’est constitué et s’est cristallisé. Il a fait tellement de mal qu’il n’est pas prêt à céder par voie électorale, au risque de mettre le pays à feu et à sang.

Les indiscrétions racontées par Mokri, chef du MSP, dans le journal El-Khabar, par rapport à son entrevue avec Said Bouteflika, le prouvent. « On a peur pour nos siens », lui aurait confié pour justifier la non-organisation de la succession.

Puisqu’elle cautionnera le maintien du système et l’impasse aux conséquences plus dramatiques, l’élection présidentielle n’est pas à cet effet la solution, mais le problème.

Auteur
Youcef Rezzoug

 




- Publicité -

ESS 4 -0 ASAM : Un Djabou dans sa meilleure forme !

0
FOOTBALL

ESS 4 -0 ASAM : Un Djabou dans sa meilleure forme !

Dans un match de la mise à jour pour le compte de la 17e journée du championnat « professionnel » de ligue 1, l’ES Sétif s’est baladée mercredi après-midi sur son jardin du stade de 8 Mai 45 après sa large victoire devant l’AS M’lila sur le score de (4-0).

A la 11e place avec un total de 20 pts au classement général, l’AS Ain M’lila s’est rendue aux Hauts Plateaux, avec comme espoir de décrocher un point au minimum de chez les Aiglons. Mais face à un Abdelmoumene Djabou dans son meilleur jour, auteur d’un hat-trick, les poulains de Salim Menad n’ont pu faire mieux que de subir la parade sétifienne.

D’ailleurs, c’est ce phénoménal de Djabou qui a ouvert le bal à la 17’, avant de corser l’addition et signer son doublé personnel à la 32’ grâce à un exploit individuel à la suite d’une  pénétration de génie du côté droit de la surface des réparations. 

En maintenant la cadence les protégés de Sidi El Kheir ont failli aggraver la marque en première période, si ce n’était l’excès de précipitation de Banouh et ses coéquipiers.

L’entame de la seconde mi-temps était plutôt a la faveur des visiteurs, quand l’attaquant Mahious, buteur lors de la précédente journée face à la JS Kabylie, était à deux doigts de réduire l’écart à la 47’ suite à une erreur monumentale du défenseur sétifien Bedrane, avant que le gardien de but Zaghba ne s’y interpose. Deux minutes plus tard, le même joueur tente un coup de tête depuis le point de penalty, après un centre en retrait venant de latéral gauche, mais mal cadré, sa balle passe complètement à côté des filets. En pleine confiance, ce dernier enchaîne dans la foulée avec un tir écrasé obligeant le portier adverse de sortir son grand jeu pour mettre la frappe hors de danger.   

Le réveil des locaux était ravageur, puisque Bouguelmouna a réussi de mettre les natifs d’Ain El Fouara définitivement à l’abri en inscrivant le troisième but de la partie à la 80’ grâce à un boulet de canon dans la surface des réparation avec l’extérieur du pied gauche, suivi de coup de chapeau du maestro de la rencontre Abdelmoumene Djabou, à la 82’ après une contre-attaque soldée d’une très jolie tête plongeante. Ce but clôture le débat en apothéose, il permet ainsi aux Aiglons de revenir au pied du podium avec 27 pts et un match en retard contre le MC Alger.  

Auteur
A. Belkheir

 




- Publicité -

Aspirine ou antibiotique social

0
REGARD

Aspirine ou antibiotique social

Supposons une personne souffrant de fièvre, causée par une invasion de bactéries nécessitant des antibiotiques pour les éliminer. Cependant, le médecin appelé en l’occurrence se limite à administrer de l’aspirine.

Qu’en penser ?… Soit ce médecin est un faux docteur, soit il reçoit de l’entreprise fabriquant l’aspirine un pourcentage chaque fois qu’il prescrit le produit de cette usine. Dans les deux cas, il s’agit d’un imposteur. Dans les deux cas, ce savant s’attaque à un effet, pas à sa cause ; et la seule victime est le malade dont le mal empirera, probablement jusqu’à sa mort.

Envisageons à présent une société humaine malade, autrement dit qui souffre de conflits sociaux.  Dans ce cas, les docteurs ont présenté et continuent à présenter certains remèdes. Limitons-nous à l’époque moderne.

Le capitalisme « libéral »

Les uns ont proposé et continuent à proposer, comme remède miracle, le capitalisme dit « libéral ». Le principe fondamental en est, pour simplifier : que chacun, selon la « nature » de son intelligence, se débrouille ! Les meilleurs deviendront riches, les médiocres resteront pauvres, ces derniers devant se mettre au service des premiers pour satisfaire leurs nécessités vitales.

La première formule lancée fut celle de l’homme politique français Guizot : « Enrichissez-vous ! » Mais il ne précisa pas selon quelle méthode. Ainsi, les plus prédateurs s’en donnèrent à cœur joie ; et quand les exploités qui en étaient victimes finissaient par se révolter, l’armée réprimait la « canaille » des faubourgs.

La dernière formule connue fut celle du leader chinois « communiste » Deng Xiao Ping. Il déclara : « Il n’y a pas de honte à devenir riche ». Seulement, là encore, il ne précisa pas la méthode pour le devenir. Certes, la Chine est devenue un pays riche, mais au détriment de la partie pauvre de sa population, plus précisément celle des travailleurs manuels des villes et des campagnes.

En Algérie, on se contente de déclarer simplement : « Développons économiquement le pays ». Autrement dit, qu’il devienne un pays riche. Et on fait l’éloge des propriétaires qui « fournissent du travail » aux citoyens. Quand au capital acquis auparavant par ces propriétaires nouveaux, et au profit qu’ils tirent de leur « offre » de travail, on n’en parle pas ou l’on considère ce fait comme dommage collatéral obligatoire.

Le « socialisme » étatique

D’autres docteurs et savants critiquèrent avec de justes arguments le capitalisme soit disant « libéral », en montrant que le développement économique dont, certes, il fait preuve, que celui-ci profite principalement à une oligarchie de propriétaires, au détriment des citoyens ne disposant que de leur force de travail intellectuelle ou, pire, manuelle.

Dès lors, ces réformateurs et révolutionnaires proposèrent d’autres remèdes.

Celui qui domina fut celui qui affirmait la construction du socialisme à travers un État. Il fut tour à tour défini « ouvrier »,  « prolétarien », « populaire » ; et la société qu’il gérait fut proclamée soit « socialiste » soit « communiste ».

Par contre, ceux qui proposaient un socialisme sans État, autrement dit de type autogestionnaire, furent une minorité. Elle ne fut pas écoutée. Pourquoi ?… Une hypothèse sera présentée ci-dessous.

Autres conceptions

Les religions ont, elles aussi, déclaré lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales. Mais aucune n’a parlé explicitement du phénomène fondamental qu’est l’exploitation économique. Tout au plus, on déclara la nécessité de la « charité », de l’ « aumône » des possédants envers les démunis. Et Jésus-Christ se distingua par certaines actions et déclarations : il chassa les marchands du temple, il stigmatisa à plusieurs reprises les « riches » en leur refusant l’accès au paradis, il a  fait appel aux pauvres de toute sorte : souffrant de la faim, de l’exil ou de l’humiliation d’une manière générale (les « faibles d’esprit »). Tout cela n’a pas éliminé la pauvreté, laquelle, faut-il le dire, est causée directement par la richesse d’une minorité.

Dans l’Extrême-Orient, des doctrines spirituelles ont, elles aussi, considéré la « pauvreté », et, là également, n’ont pas parlé du mal fondamental : l’exploitation économique.

Tout eu plus, la doctrine originelle du taoïsme a déclaré explicitement que, pour éliminer toute forme d’injustice sociale, les êtres humains devraient s’auto-gouverner, et que pour éliminer le vol, il faut éliminer le système social basé sur les voleurs : « « Le peuple a faim parce que le prince dévore l’impôt », dit le livre fondamental du taoïsme (1). Dans cette dernière conception, apparue il y a environ deux mille cinq cents ans en Chine, on peut voir l’idée de ce qu’on appela, depuis l’époque moderne, l’exploitation économique.

De là, on comprend que si le brahmanisme puis le bouddhisme se sont répandus, si le confucianisme fut presque toujours l’idéologie de l’oligarchie dominante en Chine, et le shintoïsme l’idéologie des oligarchies japonaises, par contre le taoïsme, qui semble être l’ancêtre de l’idée autogestionnaire, fut généralement occulté, sinon réprimé, et généralement très peu connu dans le monde.

Faux et vrais remèdes

Dans tous ces cas,  les diverses religions et spiritualités n’ont pas réussi à éliminer la maladie fondamentale qu’est la pauvreté sociale (appelons-la par son nom exact : le résultat de l’exploitation économique) dont souffre l’humanité. Tout au plus, les conceptions religieuses monothéistes formulent la promesse que les pauvres de ce monde ne le seront plus dans l’autre monde. Par contre, ces religions et spiritualités ont enrichi leurs clercs. Le capitalisme « libéral », lui aussi, n’a pas éliminé la pauvreté ; ses progrès économiques ont permis de lui donner des formes nouvelles, suite à l’enrichissement des oligarchies dominantes, mais le fossé demeure béant entre riches (propriétaires de moyens de productions) et pauvres (possédant uniquement leur force de travail intellectuel et/ou manuel). Enfin, le « socialisme » (ou « communisme ») étatique, lui, fut plus ambitieux, et le demeure chez ses partisans : l’élimination totale de la pauvreté sociale. On connaît les résultats.

Dans tous ces cas, nous en sommes à l’administration d’aspirine (des mesures dites d’amortissement social), en occultant l’antibiotique. Or, existe-t-il un autre moyen d’éliminer réellement la pauvreté, sinon par la suppression de ce qui la cause ? Et qu’est-ce qui la cause sinon l’exploitation de l’être humain par son semblable ?

« Ah ! diront certains, vous demandez l’impossible ! Cette exploitation a toujours existé, et, donc, existera toujours !… La nature humaine est ainsi faite ! », ajouterait-on soit avec un soupir, si l’on a le cœur tendre, soit avec âpreté, si l’on a un compte en banque à la place du cœur.

Eh bien, non ! À son début, tout indique que les êtres humains ne pratiquaient pas l’exploitation des uns au détriment des autres, mais la coopération égalitaire, libre et solidaire, pour se protéger des agressions animales et pour affronter certains travaux collectifs.

Ensuite, une fois apparue et pratiquée l’exploitation d’êtres humains par leurs semblables, une partie de l’humanité connut des périodes de révolte durant laquelle cette exploitation fut éliminée, au profit d’un retour à la coopération égalitaire, libre et solidaire. Appelons-la autogestion sociale.

Malheureusement, celle-ci  fut, chaque fois, réprimée par la force bureaucratique quand pas celles des armes. Pourtant, c’est uniquement durant ces courtes périodes d’autogestion sociale, qui ont généralement duré trois années (Russie 1917-1921, Espagne 1936-1939, Yougoslavie à la fin de la IIème guerre mondiale, Algérie 1962-1965), que ce  mal social fondamental fut supprimée : l’exploitation économique de l’être humain par son semblable.

De la préhistoire

Dès lors, se pose la question : pourquoi ces expériences autogestionnaires ont-elles pu exister si peu, et si peu de temps ?

Mon hypothèse est la suivante : le désir de certains humains de profiter de leur force, physique et/ou intellectuelle, pour jouir de la vie au détriment des autres, plus démunis de ce genre de force (phénomène dit : exploitation économique), ce désir produit une mentalité autoritaire, sous forme de domination sociale, laquelle, pour se légitimer, produit un conditionnement idéologique, sous forme cléricale et/ou laïque, cette dernière allant jusqu’à la prétention d’être « scientifique ».

Pour ma part, je considère l’espèce humaine encore dans sa préhistoire tant qu’elle ne supprimera pas de ses pratiques cette « bactérie » sociale qu’est l’exploitation économique. Tout autre remède demeure uniquement une aspirine, voulant éliminer ou atténuer l’effet, sans supprimer la cause.

« Soit ! admettrait-on. Mais l’espèce humaine étant ce qu’elle est partout, et cela depuis tellement longtemps, n’est-on pas obligé, réalisme oblige, de se contenter d’ « aspirine », en cherchant la meilleure possible ?… Sous forme, notamment, de démocratie politique et de développement économique ? »

Ce genre de réplique, quelle personne la formule sinon celle qui, d’une manière ou d’une autre, directe ou indirecte, plus ou moins, profite du système régi par l’exploitation économique ?… Au contraire, une personne qui souffre réellement de l’exploitation ne dira-t-il pas : « Mais, alors, essayons l’autogestion sociale ! »… Il est facile d’imaginer les réactions négatives des personnes que cette proposition menacerait dans leurs privilèges. Et pourtant, pour paraphraser Galilée, peut-on mettre fin aux conflits sociaux autrement qu’en supprimant l’exploitation économique ?

Le dilemme

Ajoutons encore ceci. Outre à la pauvreté de la majorité de la population, tant au sein de chaque nation que dans la planète entière, au profit d’oligarchies minoritaires, l’exploitation économique produit inévitablement la guerre : la guerre sociale au sein des nations, qui devient parfois une guerre armée civile, opposant exploiteurs et exploités, d’une part ; et, d’autre part, la guerre entre les oligarchies des diverses nations, la plus ambitieuse et puissante voulant jouir de la vie au détriment des autres oligarchies.

Dans le passé, ce genre de conflit s’est traduit par des guerres, dont les plus récentes furent la première et la seconde boucheries mondiales. Et le progrès scientifique et technique a fait arriver l’humanité aux armes nucléaires.

Pendant une première phase, elle furent la garantie d’une guerre froide, assurée par ce qu’on appela la « dissuasion nucléaire ». Celle-ci ne donnant à aucun protagoniste la garantie de vaincre, l’apocalypse nucléaire fut évitée.

Mais nous en sommes venus à ce que l’oligarchie dominante mondiale, celle qui domine les États-Unis, en vient à penser fabriquer des armes nucléaires tactiques, autrement dit évitant l’apocalypse planétaire, et même a surgi l’idée d’attaquer le premier, en estimant ainsi en sortir vainqueur. Ajoutons ce que l’histoire enseigne : toute oligarchie dominante, sachant le risque de disparaître, préfère toujours faire disparaître le monde entier avec elle. Tel est l’enjeu des conflits entre l’oligarchie actuellement dominante, celle des États-Unis, et celles qui aspirent à ne pas être exploitées par elle : les oligarchies russe et chinoise. Et bien que ces oligarchies se différencient par leur degré de pratique de l’exploitation économique, il n’en demeure pas moins que toutes les trois sont basées sur ce fléau social. Voilà pourquoi, à l’expression passée « socialisme ou barbarie », nous en sommes, à présent, à celle qui me semble actuelle : autogestion ou apocalypse.

On ignore si l’espèce vivante de l’Atlantide exista et comment elle disparut ; mais on sait comment l’espèce humaine actuelle disparaîtra, si elle ne renonce pas à éliminer cette bactérie finalement mortelle : l’exploitation économique, quelque soit sa forme. Tout discours autre n’est-il pas, en définitif et malgré son apparence réaliste et rationnel, rien d’autre qu’aspirine ? Bien entendu, les profiteurs du système pratiquant ce « remède » n’en ont cure ; mais jusqu’à quand ? La folle course des dirigeants  oligarchiques pour de nouvelles armes nucléaires et la militarisation de l’espace, où sont engloutis des milliards qui suffiraient à éradiquer l’exploitation de l’être humain par son semblable, cette folle course est très actuelle. Et les généraux cherchent fébrilement la manière d’attaquer les premiers, en espérant être vainqueurs. Exactement comme l’homme préhistorique, dont le cerveau était conditionné par la priorité de la violence, cherchait à attaquer le premier pour être vainqueur. Nous ne sommes pas sortie de la caverne (platonicienne, si l’on veut) préhistorique, à moins que la coopération libre, égalitaire et solidaire vienne nous en sortir.

Bien entendu, ces propos peuvent sembler celles d’un martien utopiste, totalement déconnecté des réalités actuelles de la planète Terre. Cependant, ces propos ne ne le sont pas davantage que ceux des personnes qui, en pleine domination du système esclavagiste, puis de celui féodal, ont clamé la nécessité de l’égalité, de la liberté et de la solidarité. Des changements significatifs furent réalisés : l’esclavagisme puis le féodalisme sont généralement éliminés, à l’exception de quelques survivances. À l’humanité reste l’élimination des systèmes exploiteurs qui ont pris leur place : le capitalisme, privé ou étatique, pour reprendre  l’expérience de l’autogestion sociale, à moins de se résigner à la destruction nucléaire de l’humanité par un conflit déclenché par l’oligarchie hégémonique, et poursuivi par les oligarchies qui la récusent. Aspirine ou antibiotique au mal social fondamental de l’humanité (l’exploitation économique), n’est-il pas désormais urgent de choisir ?… Toute tactique de changement social, pour être réellement efficace, ne doit-elle pas s’inscrire dans une stratégie précise à long terme ?… Cette conception exige un effort trop coûteux ? Encore une fois, rappelons-le : il en va de l’existence de l’espèce humaine. Bien entendu, ces considérations s’adressent uniquement aux personnes qui ne tirent (ou ne veulent tirer) aucun profit du système basé sur l’exploitation économique de l’être humain par son semblable.

Kaddour Naïmi,

Email : kad-n@email.com

Renvoi

(1) Pour les intéressés signalons les deux ouvrages fondamentaux : le Dao de jing (Classique de la Voix), de Lao Tseu, et le Zhuangzi, du nom de son auteur. Ce sont des textes fondamentaux de l’humanité, mais généralement ignorés par l’idéologie mondiale dominante. En les lisant, l’on comprend le motif.

Auteur
Kaddour Naïmi

 




- Publicité -

Les Algériens ont tout voulu faire : révolutions agraire, industrielle, culturelle…

0
REGARD

Les Algériens ont tout voulu faire : révolutions agraire, industrielle, culturelle…

Les Algériens sont-ils travaillés par la fièvre du passe-droit et de l’arrivisme ? Il est certes vrai que le terreau s’y prête. Le réseau souterrain de services, trafic d’influence, parrainage et cooptation, magouilles et combines est extrêmement dense.

Il croit avec l’informel qui a tout gangrené. Les « usagers » de ce type d’échanges n’ont ni remord ni scrupule. Il s’agit, pensent-ils, d’un échange de « bons procédés». Cela se pratique à un niveau assez bas entre « potes » et connaissances. Mais cela continue jusqu’au sommet de l’Etat !

Même pour ceux qui arrivent à accéder à un poste ou une fonction élective, la première question qui se pose à eux, est la suivante : qu’est-ce que je peux en tirer pour mon profit personnel ?

Au chômage ou en marge d’une activité professionnelle, chacun de nos concitoyens, ou du moins un grand nombre, semble disposer d’un commerce souterrain ou d’un business, nécessaire non seulement pour arrondir ses fins de mois, mais aussi et surtout pour se procurer des produits, des médicaments ou des pièces de rechange qui font défaut, débloquer une démarche administrative qui s’enlise, ou sinon faire fortune ! 
 

Il faut dire que la population ayant si bien assimilé le mécanisme, il ne viendrait à l’idée de personne de passer par la filière officielle pour une quelconque démarche, on commencera, toujours, par la combine, c’est-à-dire rechercher les relations susceptibles de faire aboutir ladite démarche. 

Alors, c’est ainsi ? Apparemment oui, car les algériens sont, en définitive, travaillés par la fièvre du passe-droit et de l’arrivisme !

Et leurs élus, tout comme leurs responsables se servent des institutions comme de leur propre bien. Aucun contrôle, ou presque, ne pèse sur eux, au sens macro et micro-économique. On ouvre des milliers de postes de travail bidons, ceux du filet social notamment, pour satisfaire la révolte et on couvre d’avantages tous ceux qui font la grève, pour acheter la paix sociale ? 

Et la preuve vient d’être donnée par Mourad Zemali, le ministre du Travail qui vient d’annoncer officiellement qu’  « il n’est pas question de poursuivre les bénéficiaires des crédits ANSEJ qui ne s’acquittent pas de leurs dettes ! ». Les banques, déjà accusées de frilosité, peuvent attendre !                      

Mais si tout le monde « trafiquote » et se tourne les pouces, et de plus ne respecte pas la loi, comment la machine pourrait-elle, vaille que vaille, continuer de fonctionner ?

Une question lancinante que tout le monde se pose, même si beaucoup de citoyens se mettent à douter profondément, critiquent les chemins parcourus, hésitent à croire ce qu’on leur dit et surtout commencent à s’impatienter.  Nous avions tout pour réussir: une indépendance héroïquement arrachée, une démographie de jeunes potentiels, des ressources naturelles aussi inimaginables qu’incommensurables, quand d’autres pays sous-développés, moins nantis, ont réussi leur développement. 
 

Aujourd’hui hélas, nos universités sont à la traîne du monde arabe et même en Afrique mais, faut-il l’admettre, le mal n’est pas dans nos étudiants, il est à rechercher chez les enseignants, médiocres pour la plupart, doctorants bidons par milliers qui ont pris le système universitaire en otage : l’université ne produit pas de génies capables de prendre en charge le défi du développement du pays !

Les Chinois et les Canadiens conçoivent et construisent pour nous, non pas des satellites, mais nos routes, nos logements et même notre grande mosquée : vont-ils pour autant rester chez nous à nous accompagner dans l’entretien de ces réalisations pour lesquelles nous continuerons à débourser des budgets en devises ? 

Les Algériens, c’est vrai, sont aussi fatigués que blasés à telle enseigne qu’ils affichent leur défiance pour tout et partout.

Cette défiance est d’abord verticale et les oppose à ceux qui les gouvernent qui, selon eux, cultiveraient « l’entre-soi », sans se préoccuper, ou si peu, du peuple. Il serait pourtant naïf de limiter cette défiance aux seuls gouvernants, elle frappe la classe politique toute entière, principalement les partis dont les efforts de positionnement ne sont en fait, que des tentatives pour se rapprocher du pouvoir, donc de la rente !

A cette défiance verticale s’ajoute une autre défiance de type horizontale : les rapports sociaux s’exacerbent et mettent à mal la cohésion sociale ; les syndicats et à leur tête l’U.G.T.A sont désavoués et, la prochaine tripartite risque de les discréditer davantage aux yeux des travailleurs appelés, par ailleurs, à faire preuve davantage de « sacrifices » ! 

On est arrivé progressivement à une impasse !

L’Algérie d’aujourd’hui, tourne le dos au pays profond. Les walis majoritairement n’ont pas amélioré le développement local, encore moins créé de l’emploi et de la richesse ! Certes, l’eau coule quand même dans les robinets, les hôpitaux fonctionnent cahin-caha, des milliers d’enfants sont chaque rentrée scolarisés avec force démonstration, ce qui donne l’impression que le pays bouge, mais pas assez.

La faute au « dirigisme » d’Etat, de la lourdeur bureaucratique qui fait de la résistance, des banques timorées et surtout du choix du développement économique qui reste à inventer.

Force est de constater aussi que les investisseurs nationaux ne trouvent aucun intérêt ou si peu, à aller vers la production nationale malgré toutes les facilités qui leur ont été accordées en matière de foncier ou de diminution de la pression fiscale ; dans ce cas là, il ne faut pas s’étonner que les étrangers, règle du 49/51 ou pas, fassent preuve de peu d’engagement.

Mais que peut faire le gouvernement pour gérer les complexités du pays ? Un pays bientôt sans pétrole ni gaz ! Il est juste appelé à gérer les urgences, les révoltes du logement et de l’emploi et des inondations pour cause de défaillance des collectivités locales souvent incompétentes, voire même corrompues à voir le nombre d’élus déférés aux tribunaux.

Dans les villes, sales, dépourvues de commodités et aussi d’espaces culturels, sportifs et de loisirs, c’est l’ennui, les tracasseries de la circulation automobile, les petits boulots de l’informel, le piston et la course au visa pour ceux qui veulent voir ailleurs.                       

C’est la marginalité des jeunes qui n’ont pas de droits et qui, en dehors du foot, n’ont aucun moyen de se dépenser. Les garçons traînent dehors à la merci des narcotrafiquants et des gangs qui les recrutent en masse. Les filles sont sommées de rester à la maison !     

C’est aussi l’exil intérieur des femmes, le sexisme, la misogynie, le machisme des hommes, la violence et la réclusion pour un grand nombre d’entre-elles ; celles qui travaillent, nonobstant les préjugés, doivent donner la preuve de leur probité. C’est une agriculture déficiente, délaissée, c’est également, une industrie qui tourne au ralenti et qui a perdu le pari de « l’industrie industrialisante ». 

C’est aussi un cinéma et un théâtre moribonds ainsi qu’une production littéraire orientée par l’idéologie islamiste et une chanson phagocytée par le « raï» dont certains adeptes font l’apologie de la « Harga suicidaire », à en croire Noureddine Bedoui, le ministre de l’intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire qui a pointé du doigt cette piste et aussi certaines sites et autres réseaux sociaux.

Mais, il n’y a pas de harragas sans passeurs ! En accablant les premiers, c’est comme si on cassait le thermomètre pour réduire la fièvre. En fait, les criminels sont les passeurs qui fournissent la logistique allant du zodiac, de la chaloupe bricolée, du moteur en fin de vie, au fuel servi par des pompistes très peu regardants. C’est ces crapules qu’il faut réduire et Noureddine Bedoui qui est conscient du combat à mener désormais, a commencé le travail : 200 d’entre eux ont été trainés en justice avec à la clef des peines très lourdes !

Pour l’heure, les Algériens en sont encore à s’affronter sur le choix du modèle de société. Sur le choix du modèle culturel : arabophone, berbérophone, francophone, voire anglophone pour certains poussés par les télévisions privées très regardées notamment dans le pays profond.

C’est également la place qu’il faut donner à la religion. Les Algériens sont pris en tenaille dans le tourbillon d’un débat malsain sur l’islam. Quel islam voulons-nous ? Comment voulez-vous une réponse unanime acceptable pour tout le monde ? C’est rentrer dans des débats infinis affirme très justement un intellectuel, alors que le débat, le vrai, est sur les nano technologies. Le problème des Algériens n’est pas religieux a-t-il ajouté : il est économique et technologique. Et nos partis islamiques sont à ce niveau désespérément silencieux ! 
En attendant la rente pétrolière continue à payer la facture. Jusqu’à quand ? Le premier ministre a mis en garde la population ; cela ne l’a pas empêché d’affirmer la volonté des pouvoirs publics d’accélérer les recherches et d’augmenter la production. Et au diable les générations futures !

C’est vrai, nous avons raté nos développements successifs en reproduisant les mêmes erreurs du passé : 98% de notre économie est financé par le pétrole. Le pays n’avait jamais été maître de son destin économique ; il avait légué la bonne gouvernance aux institutions étrangères, les banques mondiales et le FMI dont l’objectif final est connu de tout le monde : privatiser et piller les ressources de l’Algérie.

Certes, la dette a été remboursée mais les années qui viennent risquent de ramener le pays à la case départ. A moins d’une meilleur gouvernance.

De ce qui précède, on peut dire que l’Algérie condense tous les problèmes à la fois : ceux des pays en voie de développement et ceux d’un pays nouvellement industrialisé ! 
   
Politiquement parlant, cela ne va pas mieux ! Cela met à nu une classe politique sans vision d’avenir, sans idées. Sans assise populaire surtout. C’est des hommes et aussi des femmes, obsédés par le pouvoir, accrochés à leur siège depuis plus de 25 années pour certains et qui ne veulent rien lâcher. Au prix de retournement de vestes incroyables ! 

Chez les partis au pouvoir, c’est la politique à courte vue, celle des fausses solutions qui tout au plus, accordent un répit à des dirigeants en panne d’idées, qui refusent de se remettre en question et faire leur introspection. Ils sont la majorité au parlement disent-ils, dans un pays ou l’abstention bat des records. Il y a aussi le FLN, coquille creuse prise en otage par des personnes tout juste capables de servir de caution au pouvoir en place ou de se désigner elles-mêmes candidates aux responsabilités et partant, se prêter aux mensonges de ceux qui tirent les ficelles en coulisses ! Ou par presse interposée. 
Les autres partis souffrent aussi d’un discours politique gangréné par la langue de bois et usé jusqu’à la corde. Les citoyens les critiquent dès lors qu’ils ont le sentiment que ces partis tournent complètement en « vase-clos » et sont de plus en plus déconnectés des réalités. Cela va-t-il apaiser le pays pour autant ? Pas si sûr !

Et le peuple? Qu’on ne s’y méprenne pas surtout de son silence ! Il saura, lorsque l’amplitude du tumulte dépassera celle du verbe flatteur, reconnaitre les siens, car il a de tout temps, surtout dans les moments difficiles, su faire la part des choses, c’est-à-dire séparer le bon grain et l’ivraie. Ce peuple, on devrait s’abstenir de lui montrer ses ennemis, écrivait récemment un général à la retraite. Ce sont ceux de la nation, il les connaît, il suffit d’ailleurs de le lui demander et de daigner l’écouter ! 

Les Algériens ont tout voulu faire : révolution agraire, révolution industrielle, révolution culturelle et même la révolution de l’ordre mondial ! Ils ont apporté leur soutien au monde arabe et à la Palestine. Ils se sont ouverts à l’Afrique, mais les dividendes tardent à venir face à une démographie galopante et des ressources énergétiques, tarissables à terme.               

Pourquoi ? On a tenté de l’expliquer supra !
 

Auteur
Cherif Ali

 




- Publicité -

Kabylie : la nouvelle assimilation est en route !

0
Collectif pour la défense de la mémoire de Lounès Matoub

Kabylie : la nouvelle assimilation est en route !

Durant les années 60/70, tout ce qui s’apparentait au monde berbère était proscrit et durement réprimé. Rappelons-nous les arrestations nombreuses et suivies de tortures. Nous pouvons entre autres citer Haroun et bien d’autres.

L’avènement fondateur d’Avril 1980 fut si massif que le pouvoir algérien en fut surpris, et infiniment désappointé. Les arrestations d’alors ne purent colmater la large brèche berbère… qui s’est étendue à toute l’Afrique du nord (Tamazgha). Ledit pouvoir en a tiré des leçons. Pas nous encore.

Aujourd’hui, la donne est inversée. Elle est bien plus dangereuse finalement car l’Etat algérien a changé de stratégie : assimiler graduellement.

L’exemple de Matoub suscite cette réaction défensive/combative qui s’affirme. Né, le 24 novembre 2018 à Paris, de la volonté de militantes et militants scandalisé(e)s par l’offensive menée par l’Etat algérien pour l’instrumentalisation de la mémoire de Lounès Matoub et la perversion de son combat, le Collectif pour la défense de la mémoire de Lounès Matoub s’engage à œuvrer pour susciter une mobilisation à même de mettre fin à la profanation qui vise le patrimoine de Lounès Matoub et tout ce qu’il représente.

Il n’est un secret pour personne que l’Etat algérien a su s’appuyer sur un réseau de supplétifs en Kabylie, y compris à Taourirt Moussa au plus proche de Lounès, pour mettre en place son plan machiavélique qui n’a d’autre objectif que celui de souiller la mémoire de Lounès et pervertir son combat. Mais de là à penser que l’Université de Tizi-Ouzou – qui de plus, porte le nom d’un autre symbole de l’amazighité, à savoir Mouloud Mammeri – serve d’instrument aux autorités algériennes dépasse l’entendement. Mettre en œuvre des plans aussi macabres nous semble loin de toute imagination.

Pourtant, ce qui s’est passé ce 23 janvier 2019 au sein de cette université a choqué à travers le monde amazigh. En effet, l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou a annoncé, en novembre 2018, l’organisation d’un colloque en hommage à Lounès Matoub intitulé : L’œuvre de Lounès Matoub « revisitée ». De quoi se réjouir que l’Université s’intéresse à l’œuvre du Rebelle.

Même si ce n’est pas sans s’étonner que les autorités algériennes laissent les enseignants et la direction de l’Université de Tizi-Ouzou organiser un tel évènement autour d’un chanteur qui, sa vie durant, a combattu, notamment à travers son œuvre, le système algérien et son ADN, l’idéologie arabo-islamique. Dans la foulée, il a été annoncé, non sans confusion, que l’Université de Tizi-Ouzou allait décerner le prix de la mémoire à titre posthume à Matoub Lounès qui serait l’équivalent du titre de Docteur Honoris Causa qui ne saurait, selon des organisateurs du colloque, être décerné à titre posthume. Et à quelques jours de la tenue du colloque, la presse annonce que le ministre algérien de la culture ainsi que le préfet de police (wali) de Tizi-Ouzou seraient présents à l’ouverture de ce colloque.

Difficile d’y croire à ces annonces tellement il est inimaginable que des autorités algériennes dont la gendarmerie a tiré sur Lounès en 1988 et qui sont responsables de son assassinat en 1998 puissent être mêlées à un évènement en son hommage et, plus est, dans l’enceinte de cette Université où ces mêmes autorités ont été combattues. Ajouter à cela, la présence au sein des organisateurs d’enseignants qui assument leur appartenance au mouvement amazigh et connus pour l’engagement qu’ils affichent publiquement fait qu’il était difficile de croire à la violation de cette entreprise par les autorités algériennes qui ne sauraient être les bienvenues à un colloque autour de Lounès Matoub.

Mais c’est avec consternation que nous avons assisté le matin de ce 23 janvier à la présence, à l’auditorium de l’université Mouloud Mammeri qui accueillait le Colloque, du préfet de police de Tizi-Ouzou qui a été honoré à la tribune où il a prononcé un discours rendant hommage à Lounès Matoub, ce « chantre de la culture amazighe, de la liberté, de l’exil douloureux et des affres de la guerre » disait le préfet.

Ce dernier qui a eu, avec le recteur de l’Université, à remettre à Malika Matoub le Prix de la mémoire décerné à titre posthume à Lounès Matoub. Au vu de l’ensemble de ces éléments, il est tout à fait légitime de se poser la question sur les véritables motivations de la tenue de ce colloque, et à se demander s’il ne s’agit pas là d’une commande des autorités algériennes qui auraient envisagé de mettre à contribution l’institution universitaire de Tizi-Ouzou afin de mener à bien son plan de récupération.

Abstraction faite des travaux du Colloque et de son volet universitaire et scientifique, cet évènement est une véritable trahison à la mémoire de Lounès Matoub. L’Université de Tizi-Ouzou a été offerte aux autorités algériennes comme espace pour piétiner la mémoire de Lounès Matoub.

Le Collectif pour la défense de la mémoire de Lounès matoub, consterné par cette trahison, condamne avec force les autorités algériennes qui continuent à user de tous les moyens pour instrumentaliser la mémoire de Lounès Matoub et pervertir son combat. Il condamne également toutes celles et tous ceux, en Kabylie, se livrent à la compromission et participent de ces tentatives de récupération des autorités algériennes.

Le Collectif ne lésinera pas sur les moyens pour dénoncer toutes les trahisons et toutes les collaborations avec le système voyou qui visent à porter atteinte au symbole du combat amazigh qu’est Lounès Matoub. Nous restons convaincus que seule la mobilisation populaire, notamment en Kabylie, est à même de repousser cette offensive de l’Etat algérien contre la mémoire de Lounès. La Kabylie qui tient à sa dignité saura protéger la mémoire de Lounès et se réapproprier ce symbole menacé par l’Etat algérien.

Pour dénoncer les tentatives de l’Etat algérien de porter atteinte à la mémoire de Lounès Matoub et pervertir son combat et appeler à la mobilisation pour protéger ce symbole, le Collectif appelle à un rassemblement au parvis des droits de l’Homme au Trocadéro à Paris, le dimanche 24 février 2019 à 14h30.

Paris, le 30 janvier 2019

Le Collectif pour la défense de la mémoire de Lounès Matoub

 




- Publicité -

Les géants du tourisme en ligne tirent profit de « crimes de guerre » en Cisjordanie, accuse Amnesty International

0
POLEMIQUE

Les géants du tourisme en ligne tirent profit de « crimes de guerre » en Cisjordanie, accuse Amnesty International

Les géants du tourisme en ligne Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor tirent profit de « crimes de guerre » en offrant leurs services dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, accuse Amnesty International dans un rapport publié mercredi.

L’ONG, dont le siège est à Londres, a appelé ces groupes à arrêter de proposer des logements, des activités et des attractions dans ces colonies, y compris à Jérusalem-Est.

En réponse, un ministre israélien a accusé Amnesty, une des bêtes noires du gouvernement de Benjamin Netanyahu, de promouvoir le boycott d’Israël, et a menacé d’interdire à l’ONG l’accès au pays.

Selon Amnesty, Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor agissent « tout en sachant que l’occupation israélienne en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, est régie par le droit international humanitaire en vertu duquel les colonies israéliennes sont considérées comme illégales ». « En faisant affaire avec les colonies, ces quatre entreprises contribuent au maintien, au développement et à l’expansion des colonies illégales et en tirent profit, ce qui équivaut à des crimes de guerre en vertu du droit pénal international », a-t-elle ajouté.

Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor « normalisent » les colonies de Cisjordanie occupées et de Jérusalem-Est, a déploré Amnesty International. « Pour stimuler les réservations, beaucoup d’annonces dans les colonies se targuent de leur proximité avec des zones naturelles de grande beauté dans les territoires occupés, comme la mer Morte, des réserves naturelles et le désert », a poursuivi l’ONG.

Ce faisant, ces compagnies « accroissent l’attractivité des annonces, assurant un plus grand nombre de touristes et profitant financièrement au final de l’exploitation illégale des ressources naturelles palestiniennes ». Airbnb avait annoncé en novembre sa décision de retirer de ses listes les logements dans les colonies de Cisjordanie, « qui sont au cœur de la dispute entre Israéliens et Palestiniens », mais elle n’avait pas précisé la date d’entrée en vigueur de cette mesure.

« Organisation hypocrite »

Environ 450.000 colons israéliens vivent une coexistence souvent conflictuelle avec plus de 2,5 millions de Palestiniens en Cisjordanie, occupée depuis 1967 par Israël, tandis qu’environ 200.000 Israéliens résident à Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël.

Les colonies construites par Israël en Cisjordanie sont considérées comme illégales par une grande partie de la communauté internationale, qui les voit comme l’un des principaux obstacles à la paix.

Le gouvernement israélien, qui fait la part belle aux avocats de la colonisation, conteste cette vision.

« Pour autant que cela dépende de moi, aucune communauté ne sera arrachée à ce sol », a dit lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu en parlant des colonies lors d’une visite dans l’une d’entre elles. « La colonisation ne cessera pas, c’est tout le contraire qui se produira », a-t-il ajouté.

Son gouvernement dénonce volontiers les remises en cause des activités étrangères dans les colonies comme des appels au boycott d’Israël.

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires Stratégiques, dont l’une des attributions est de défendre Israël contre les atteintes à sa légitimité, a dit chercher à faire interdire le sol israélien à Amnesty.

« Amnesty International, cette organisation hypocrite qui parle au nom des droits humains, agit pour promouvoir un boycott contre des Israéliens dans le cadre d’une campagne de délégitimisation antisémite », a-t-il dit dans un communiqué.

« J’ai donné instructions au ministère des Affaires stratégiques d’examiner la possibilité d’empêcher l’entrée et le séjour des membres d’Amnesty en Israël », a-t-il précisé. Il a aussi dit avoir demandé au ministère des Finances d’annuler des avantages fiscaux dont Amnesty bénéficie selon lui, mais qu’il n’a pas précisés.

Le gouvernement israélien, considéré comme le plus à droite de l’histoire du pays, combat farouchement tout ce qui ressemble à ses yeux à une entreprise de boycott, qu’il assimile à une menace stratégique.

Israël a adopté en 2017 une loi controversée qui permet d’interdire l’entrée aux partisans du mouvement global BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) appelant au boycott économique, culturel ou scientifique d’Israël pour dénoncer l’occupation israélienne des territoires palestiniens.

Capital

mercredi 30 janvier 2019, 15h15

https://www.capital.fr/entreprises-marches/les-geants-du-tourisme-en-ligne-tirent-profit-de-crimes-de-guerre-en-cisjordanie-amnesty-1325572

Auteur
Capital

 




- Publicité -

C’est décidément la cour du roi Pétaud !

0
La présidentielle vire au ridicule

C’est décidément la cour du roi Pétaud !

En plus de la possibilité de voir Bouteflika se présenter pour un cinquième mandat, les Algériens viennent d’être encore surpris des profils des prétendants à l’élection présidentielle.

Pour faire diversion ou pour un autre but, mais il doit y avoir un minimum de retenue pour éviter le ridicule. Le plus étrange, qui a instruit ces personnages à accepter d’être risibles?

Ils se présentent au Ministère de l’Intérieur pour retirer les formulaires avec des attitudes pitoyables et carnavalesques. Sans porter de jugements à chacun d’eux, mais venir comme un pitre avec une image déconcertante et tenir des propos de la pire incohérence, il faut bien se rendre à l’évidence que ces premières impressions suscitent beaucoup plus d’interrogations que d’inquiétudes. En tout état de cause, désormais nous sommes en république pétaudière où règnent le désordre et l’anarchie, la fonction de chef d’État est dévalorisée, elle est réduite à une simple mission que n’importe qui peut s’ambitionner.

De l’insouciance ou du manque de jugement de la part de ces candidats inopinés, on peut l’exprimer sans gêne que la société algérienne est dans un abîme s’il s’avère qu’ils sont venus de leur propre gré. Se permettre un tel carnaval dans un pays qui a été chèrement acquis, payé au prix du sang, il y va de soi qu’on provoque de l’affliction et voir de la profonde consternation à ceux qui ont la fibre patriotique. Le peuple est désappointé de cette désinvolture.

Devant cette décadence, les sociologues auxquels doivent s’ajouter les psychologues et les politologues auront du pain sur la planche pour nous expliquer ce phénomène. Il faut attendre de leur part des analyses et des diagnostics pour comprendre comment une personne, sans avoir un minimum de connaissances politiques ni les facultés intellectuelles, peut aller au maximum du ridicule pour afficher fièrement son engouement pour être éventuellement président. Il doit bien y avoir anguille sous roche.

« Sous la loi de raison, rien ne se fait sans cause. » Disait Jean-Jacques Rousseau.

« Mais en fait, ce n’est pas le meilleur moyen de faire diversion pour laisser les choses telles qu’elles sont? Il s’agit de créer un effet de la comparaison favorable pour le candidat du système. »

D’autres cas, plus compliqués que les burlesques que je viens de citer en haut, font du parasitage et de la récupération politique. N’ayant jamais connu de périodes de vicissitudes, ni milité dans les périodes de clandestinité et avec un passé considéré comme une page blanche, ils s’invitent dans cette élection comme des lièvres ou des remplaçants en cas où. Sinon au temps du pluralisme, leurs parrains, complices du chaos, ont contribué à étouffer toutes les initiatives du ressort de la mouvance démocratique. Cette dernière est victime, à la fois, d’infiltration et de filatures par des doubles agents de l’ex-DRS, et de stigmatisation par une administration au service des forces occultes.

Ces personnages, ex-chefs du gouvernement ou ex-militaires, tous issus du système, trouvent, quand même, des relais dans la société civile pour appuyer leurs candidatures. Qu’ils soient avocats, journalistes ou un dissident des formations politiques, ces soutiens sont une occasion pour eux de se recycler et de briller dans la scène.

Sans se soucier dans quelles conditions que l’échéancier va se dérouler, puisqu’aucune garantie n’est offerte. Sauf que Gaid Salah l’a bien exprimé à celui qui veut comprendre, il persiste qu’il va superviser les élections. Mais au profit de qui? Les surveillants seront-ils autorisés à pénétrer dans les casernes pour exercer le droit de regard?  J’émets un grand doute.

Pour en arriver à cet état de lieux affligeant, il a fallu que les choses tournent mal. En effet, c’est le résultat de l’ensemble de durs revers qu’a subis la société depuis le premier coup d’État de Tlemcen en été 62. À chaque occasion que le pays rencontre une opportunité pour poser des jalons pour une nouvelle politique dans l’espoir de faire sortir le peuple d’un marasme selon les préceptes de la démocratie et les principes d’égalité des droits, il se retrouve pris en otage par des mercenaires dépourvus de sensibilité et de compassion. Avec un travail de sape et dévoiement, ils ont réussi à phagocyter toutes les aspirations auxquelles le peuple algérien croyait.    

De nos jours, faire de la politique est vu comme un moyen de s’enrichir. Ils ont infesté  la société, ils ont intoxiqué les structures politiques. La chkara(1) est un phénomène qui a pris de l’ampleur à tous les niveaux des institutions. Notamment, des députés, des sénateurs, et les élus Apw et Apc sont, à majorité, issus du milieu des affaires du genre import-import, l’informel, etc… Ils sont présents pour préserver leurs intérêts. Avec l’argent sale, ils achètent des voix, ils soudoient, ils exercent leur influence et ils ont repoussé l’intellectuel politique. Celui-ci a été empêché d’activer, on lui a coupé tous les relais nécessaires pour diffuser ses idées et ses messages.  

Les cafés littéraires sont soumis à des contrôles sévères par des commis de l’État dans un excès de zèle, suivi d’expéditions punitives sur les blogueurs et les journalistes. Et le peuple est exclu et se résout à son dur quotidien, et tous les référents politiques qui existent sur lesquels, avec conviction, qu’il a parié tout son espoir, ont été disqualifiés injustement par des méthodes de sabotage et de nuisance.

Au final, le plus important, pour une fois, l’Algérie vient d’être hissée en haut du tableau du classement mondial sur le nombre de candidats à la présidentielle.

M. Messaoudene

(1): La chkara, avec le dialecte algérien, on fait référence à un sac d’argent que reçoivent les commis de l’État dans les affaires de corruption.

Auteur
Mahfoudh Messaoudene

 




- Publicité -

DERNIERS ARTICLES

Rémy Bazzali, candidat à Marseille.

Marseille : Rémy Bazzali, un ouvrier contre la ville des milliardaires

0
Dans une ville saturée de discours sécuritaires, de promesses managériales et de communication institutionnelle, la candidature de Rémy Bazzali fait figure de rupture. Ouvrier...

LES PLUS LUS (48H)

Rémy Bazzali, candidat à Marseille.

Marseille : Rémy Bazzali, un ouvrier contre la ville des milliardaires

0
Dans une ville saturée de discours sécuritaires, de promesses managériales et de communication institutionnelle, la candidature de Rémy Bazzali fait figure de rupture. Ouvrier...