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L’ère des responsables policiers est-elle réellement révolue ?

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REGARD

L’ère des responsables policiers est-elle réellement révolue ?

Je voudrais, à travers cette chronique, traiter d’un phénomène très répandu chez nos responsables éducatifs du directeur d’école à l’inspecteur de la circonscription.

Le manque d’expérience chez ceux-là, ainsi que leur obsession pour régner sur les établissements scolaires a nui à la réelle mission pour laquelle ils sont nommés.

L’objet de cette chronique est inspiré d’une visite d’inspection récemment organisée par un inspecteur chez un collègue en l’occurrence Monsieur A. M., un ancien éducateur sortant de l’I.T.E de Béjaia et dont les qualités sont indéniablement reconnues par l’ensemble des enseignants.

En Algérie, dans le secteur de l’éducation, devenir responsable ne veut pas dire cultiver la terreur, ni semer l’épouvante au sein des enseignants, un directeur est d’abord un partenaire sociable, compréhensif, cultivé, la pédagogie doit être son apanage, le style de la frayeur doit être banni de tous les procédés scolaires.

Le comportement policier des inspecteurs doit être exclu voire puni par la loi, ce n’est pas en usant de leur titres qu’ils finissent par s’octroyer le titre de bourreaux. Un vrai inspecteur est celui qui use de son savoir- faire pour aider l’enseignant à s’intégrer graduellement dans ce pointilleux métier qu’est l’enseignement, les méthodes anciennement utilisé sont révolues, la place doit être cédée à la bonne gestion, à l’exemple de bienveillance, il est impératif aux inspecteurs de greffer l’amour du travail chez tous les stagiaires tout en respectant les piliers de l’enseignement que sont les anciens instituteurs devenus par le flux  de l’expérience des écoles d’où    il faut extraire le meilleur avant leur départ en retraite.

Des façons d’inspection sont à dénoncer tant l’impunité garantie par la tutelle a fait germer des comportements insolites, gravissimes, on remarque étonnamment qu’une fois un enseignant est promu au grade de directeur ou d’inspecteur il innove en matière de la répression à la place d’être un parangon de souplesse et de compréhension.  L’élève reste le seul meilleur moyen pour évaluer l’enseignant.

Enjoliver sa paperasse, décorer son cahier-journal, embellir ses fiches n’est, en somme,qu’une manière d’évaluer le superflu au détriment de l’essentiel. L’enseignement est le métier le plus exigeant, c’est pour cette raison qu’il est indispensable de bien former les responsables  de tous les paliers, les munir de bagages pédagogiques, de méthodes qui privilégient  la réussite des élèves à fortiori sont issus des milieux défavorisés.

Un appel est lancé à tous les acteurs de la famille éducative en particuliers aux  inspecteurs auxquels est incombée la tâche de former, orienter et de conseiller les nouveaux enseignants en les engageant dans le rôle d’éducateurs actifs afin de les inciter à avoir une relation riche avec leurs  élèves parce que ce rapport reste un facteur clé pour la réussite scolaire et éviter ainsi le fléau de la déperdition.

Gagner la confiance de l’enseignant, c’est l’inciter à la création, c’est aussi  garantir la stabilité du secteur tant perturbé par les réformes de façades et les grèves.    

 

Auteur
Rachid Chekri

 




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Le foot en Algérie : une miséricorde à sa juste valeur

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Tribune

Le foot en Algérie : une miséricorde à sa juste valeur

Magouille, violence et drogue, c’est le moins qu’on puisse dire, non pas sur les mafieux italiens, ni sur le vécu de Pablo Escobar, mais il s’agit tout simplement d’un football algérien gangréné par des scandales avec bien évidemment l’argent public.

Le secteur de la jeunesse et des sports s’est offert ces derniers temps le soutien de l’entreprise Sonatrach, l’une des plus riches en Afrique, pour gérer des clubs professionnels constamment déficitaires avec le management d’individus qui sortent de nulle part. Résultat ? une discipline squattée par des hommes d’affaires, des politiques ainsi que par des récidivistes, dont la marginalisation des éducateurs sportifs dûment qualifiés par leurs études spécialisés, impose des faits qui demeurent tout, sauf une pratique en éducation physique et sportive.

En ce début d’année de 2019, on en aura vu de toutes les couleurs dans notre soi-disant, championnat professionnel, qui met en avant les dérives d’arbitrage, des scènes de violence, de dopage et pour en finir, des huis-clos prémédités sans que cela ne soit vraiment inquiéter ni par quiconque audite et encore moins par les fameuses commissions d’enquêtes et pourtant, ce n’est pas les lacunes qui se font désirer.

Un paradoxe fruit d’une société étouffée par la politique d’austérité tandis que des milliards coulent à flot dans un domaine qui scande son ras-le-bol et qui s’est malheureusement soldé des conclusions amères mais logique au même temps.

Car en tenant compte des statistiques référencées au cours de cette décennie, et plus précisément, depuis sa professionnalisation en 2010, nous allons vite apercevoir, qu’aucun stade parmi les cinq prévus n’a été inauguré, seulement un club titré en échéance internationale, en l’occurrence, l’ES Sétif en 2014, et des joueurs incapables de décrocher la moindre titularisation dans leur propre équipe nationale et le comble, ce sont ces entraîneurs locaux considérés comme étant, une espèce en voie de disparition.

Mais où est donc passé tout cet argent ? Peut-être que la réponse se trouve dans l’affaire du jeune joueur Mouloudéen, qui s’est avéré consommateur de cocaïne à l’issue des testes antidopage, une manœuvre qui confirme qu’en fin de compte, l’argent du peuple échoue chez les trafiquants de drogue.        

 

Auteur
Anès N.

 




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L’affiliation obligatoire de la main-d’œuvre étrangère en débat à Batna

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REGION

L’affiliation obligatoire de la main-d’œuvre étrangère en débat à Batna

Dans la continuité des campagnes de sensibilisation à la déclaration des salariés effectuées durant ces deux dernières années, la direction de la CNAS de Batna (Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés) a organisé au niveau de son siège, fin de semaine dernière une journée d’études intitulée sur la main d’œuvre étrangère non déclarée.

“Cette campagne de sensibilisation relative à la déclaration de la main d’œuvre étrangère, permet, selon Ait El-Hocine Mourad, de sensibiliser surtout les employeurs privés ou publics à déposer  leurs déclarations annuelles concernant tous leurs employés étrangers”.

Le directeur ajoute que l’objectif visé par ces actions d’information et de sensibilisation, est la lutte contre le travail informel et sur l’importance de l’identification des assurés par la caisse afin de leur garantir leurs droits.

A ce sujet des portes ouvertes ont été organisées en collaboration avec la direction de l’emploi les 13 et 14 janvier.

Selon son directeur Ait El Hocine Mourad, la loi relative aux soumis en matière de sécurité sociale stipule l’obligation de l’affiliation de cette catégorie exerçant une activité salariée ou assimilée, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit et quels que soient le montant ou la nature de leur rémunération et la validité de leur contrat ou leur relation de travail.

Toujours, selon Ait El-Hocine M, indiquant au Matin d’Algérie qu’à ce propos, il va de soi à tous les employeurs quelle que soit le degré, niveau et l’importance de l’entreprise de procéder à la déclaration et affiliation de leurs salariés.

Sachant que des procédures juridiques et réglementaires sont consignées dans les décrets de la loi relative à l’emploi des travailleurs étrangers. En outre, il est à signaler qu’en matière de d’obligations,(Art.21 de la loi 81-10) l’organisme employeur est tenu d’aviser les services de l’emploi territorialement compétents de toute résiliation de contrat de travail d’un travailleur étranger dans les quarante-huit (48) heures, le travailleur étranger concerné est tenu de restituer le permis de travail ou l’autorisation de travail temporaire à son organisme employeur, lequel doit l’adresser aux services de l’emploi territorialement compétents au plus tard quinze (15) jours après la date de rupture de la relation de travail.

Auteur
Abdelmadjid Benyahia

 




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Libye, des révolutionnaires aux rebelles

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PUBLICATION

Libye, des révolutionnaires aux rebelles

Les migrants dont on a tellement parlé ces dernières années ont pour point de départ pour les ports européens les rivages méditerranéens de la Libye. Une vidéo tournée dans ce pays montrait des esclaves au XXIème siècle et les gens qui l’ont visionnée ont eu du mal à y croire.

La Libye a comme particularité d’avoir de nombreuses frontières avec ses voisins et, pour certains, des frontières à n’en plus finir. Sur son flanc est, l’Egypte est le grand voisin qui a fait fantasmer Tripoli du temps de Nasser et de Sadate. Plus au sud que l’Egypte, le Soudan touche le désert libyen sur une courte distance sur sa partie sud-est. Le Tchad longe l’extrémité sud avec, tout le monde s’en souvient, la fameuse crise du Tibesti qui a été le point culminant de la crise qui a opposé les deux pays.

Un peu plus à l’ouest du Tchad, quelques kilomètres délimitent la séparation avec le Niger. Puis les déserts algérien et libyens se frottent l’un à l’autre sur près de mille kilomètres. Et en remontant carrément vers le nord à partir de ces confins, la Tunisie avec, là aussi, les relations « je t’aime moi non plus » avec Bourguiba. Au nord, sur façade aqueuse, la Méditerranée avec en point de mire Malte d’abord et la botte italienne ensuite. Le tableau est brossé.

C’est à partir de cette situation géographique au centre de la mer Méditerranée que l’on saisit l’importance stratégique de la Libye.

La situation politique, quant à elle, est autrement enchevêtrée. De la chute de Mouammar Kadhafi à l’émergence récente de Fayez el-Sarraj, président du Conseil présidentiel, instance reconnue légale par les instances internationales, et du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays, c’est tout un imbroglio qu’il est difficile de démêler.

Avec Libye, des révolutionnaires aux rebelles, Hélène Bravin et Kamel Almarache ont cosigné un document qui nous permet de saisir et de comprendre comment l’armée libyenne s’est désagrégée et comment l’administration a été anéantie. Mieux, les auteurs nous font découvrir ce qui différencie le gouvernement légitime, enfin celui qui est reconnu internationalement, l’armée « régulière », l’armée de l’est de Haftar et les djihadistes. Ajoutons à cela deux parlements, l’un qui siège à l’est et l’autre à l’ouest.

Hélène Bravin et Kamel Almarache, à travers cet essai, démêlent l’embrouillamini de ce pays de tribus, scindé, depuis la chute de Kadhafi, entre des pouvoirs situés à l’est et à l’ouest. Alors que la situation n’évolue plus depuis un certain temps, le défi posé est immense pour espérer un semblant de normalité dans les mois à venir. La restauration de l’unité libyenne ne semble pas encore être à l’ordre du jour.

Kamel Bencheikh

Libye, des révolutionnaires aux rebelles. Hélène Bravin et Kamel Almarache, Editions Erik Bonnier

 

Auteur
Kamel Bencheikh

 




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Soudan: Khartoum annonce la libération de toutes les personnes détenues

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EXPRESS

Soudan: Khartoum annonce la libération de toutes les personnes détenues

Les autorités soudanaises ont annoncé la libération de toutes les personnes détenues dans le cadre du mouvement de contestation contre le président Béchir au Soudan, où de nouvelles manifestations ont toutefois été dispersées mardi.

Plus tôt, le chef adjoint de l’état-major a de son côté souligné que les forces armées soudanaises (SAF) étaient « prêtes à faire face à toutes sortes de menaces », sans en préciser la nature, selon l’agence officielle Suna, dans une première prise de position au sein de l’institution militaire depuis le début du mouvement.

Le Soudan, qui rencontre des difficultés économiques et fait régulièrement face à des pénuries, est secoué depuis le 19 décembre par des manifestations déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Rapidement, le mouvement s’est transformé en contestation du pouvoir du président Omar el-Béchir, qui dirige le Soudan d’une main de fer depuis un coup d’Etat soutenu par les islamistes en 1989.

Le puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) mène la répression des manifestations et a détenu depuis décembre plus de 1.000 manifestants, leaders de l’opposition, militants et journalistes, selon des ONG.

« Le chef du Service national du renseignement et de la sécurité (Salah Ghosh) a émis un ordre de libération de toutes les personnes détenues lors des incidents en cours », a toutefois annoncé mardi dans un communiqué le ministère de l’Information.

Les Etats-Unis et l’Union européenne avaient appelé mi-janvier le Soudan à libérer les activistes « arbitrairement » détenus, les Américains mettant dans la balance la poursuite de l’amélioration des relations bilatérales.

Le département d’Etat avait également demandé à Khartoum de « permettre une enquête crédible et indépendante sur les morts et les blessés parmi les manifestants ».

« Deuil des morts »

Selon un bilan officiel, trente personnes ont perdu la vie depuis le début du mouvement. Des ONG évoquent toutefois plus de 40 morts.

Mardi, de nouveaux rassemblements ont été dispersés par les policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène à Khartoum et dans la ville voisine de Omdourman.

A Port-Soudan (nord-est), des membres de tribus ont organisé un sit-in pour réclamer la démission d’Omar el-Béchir et commémorer la mort, il y a 14 ans, de 21 membres des tribus Beja, tués au cours de manifestations visant à réclamer au pouvoir central une meilleure répartition des ressources.

« Nous ne faisons pas que le deuil des morts de 2005, nous faisons aussi celui de ceux qui sont morts dans le soulèvement depuis décembre », a déclaré à l’AFP Abdallah Mussa, militant issu d’une tribu Beja.

Lundi, l’Association des professionnels soudanais, à la tête du mouvement, avait appelé à de nouveaux rassemblement dans tout le pays, y compris dans les Etats en conflit du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan-Sud. Aucune manifestation n’a toutefois eu lieu dans ces zones.

« Complot de l’ennemi »

Le président Béchir a refusé de démissionner et imputé les violences lors des manifestations à des « conspirateurs ».

Selon des analystes, ce mouvement de contestation est le plus important défi auquel le chef de l’Etat soudanais est confronté en trois décennies.

Plus tôt dans la journée de mardi, le général Essameddine Mubarak, chef adjoint de l’état-major, a confirmé devant des officiers à Omdourman que les forces armées étaient « prêtes à répondre à tout complot de l’ennemi », sans soutenir toutefois explicitement le président soudanais.

L’Arabie saoudite a exprimé à son tour sa « solidarité avec la République du Soudan qui fait face à des défis économiques », selon l’agence officielle saoudienne SPA, citant un compte-rendu du conseil des ministres.

D’après SPA, une délégation saoudienne s’est rendue au Soudan la semaine dernière pour renforcer les liens commerciaux entre les deux pays qui sont également alliés au sein de la coalition progouvernementale intervenant contre les rebelles Houthis au Yémen.

Le Qatar, en conflit diplomatique avec plusieurs pays de la région dont l’Arabie saoudite, avait apporté dès la semaine passée son soutien à Khartoum, au même titre que le voisin égyptien, dimanche lors d’une visite de M. Béchir au Caire.

Lundi, Moscou a reconnu que des « instructeurs » russes étaient présents aux côtés des forces gouvernementales au Soudan, le Kremlin ajoutant que cette présence « dans le cadre des relations bilatérales russo-soudanaises » était « absolument légitime ».

Auteur
AFP

 




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La LFP tient enfin son secrétaire général

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FOOTBALL

La LFP tient enfin son secrétaire général

Sans SG depuis sa dernière assemblée générale élective, la Ligue de football professionnelle a désigné M. Boussafeur Mourad au poste du secrétaire général, après longue période de prospection.

La réunion qui s’est tenue lundi 28 Janvier 2019 au centre national de Sidi Moussa entre la Ligue de football Professionnel et les clubs des Ligues une et deux, était une occasion pour les membres exécutifs présidés par Abdelkrim Medouar, en présence de 22 clubs dont 14 Ligues, de présenter le nouveau secrétaire général de la structure.  

 Il s’agit de Me Boussafeur Mourad. Agé de 40 ans, il a exercé le métier d’avocat spécialisé dans les affaires sportives avant de joindre le Tribunal sportif arbitral en 2013 et ce jusqu’à cette nouvelle nomination.

Selon les dirigeants des clubs qui ont apprécié ce choix à l’unanimité, ont affirmé que la LFP s’est renforcée d’une compétence appropriée.

Pour rappel, la Ligue de football professionnelle avait opté dans un premier temps pour l’ex-SG de la Fédération algérienne de football (FAF) Nadir Bouznad, mais ce dernier a préféré rejoindre le CABBA en qualité de directeur général du club, puis la désignation de M. Aourir Omar, financier au sein même de la structure, avant qu’il décline à son tour sa nomination à ce poste.

Il faut dire que la LFP s’est vue contrainte de désigner un SG avant le déroulement de son assemblée générale ordinaire, conformément aux lois en vigueurs.

Dans le cas contraire, le bilan moral ne pouvait être agréé par les autorités compétentes à défaut de la signature du SG.

                                                                                                                      

Auteur
A. Belkheir

 




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Le regroupement familial sur place : principes et garanties

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Tribune

Le regroupement familial sur place : principes et garanties

Très souvent l’administration préfectorale refuse le regroupement familial sur place au seul motif que la famille réside sur le territoire français.

La procédure de droit commun en matière de regroupement familial, est l’introduction des membres de la famille à partir du pays d’origine, et après autorisation de l’administration.

Si la préfecture pouvait estimer que l’accord franco-algérien exclut la possibilité du regroupement familial sur place, cet argument est manifestement erroné au regard des différentes jurisprudences existantes en l’espèce et récemment réaffirmées.

La cour administrative de Douai a estimé que les dispositions de l’article 4 de l’accord susmentionné, équivalaient à la portée des articles L. 411-11 et L. 411-6 du CESEDA et qu’il était donc possible d’introduire l’époux concerné par le regroupement et ce même s’il réside déjà sur le territoire français (Cour administrative d’appel de Douai 17 novembre 2009 n° 09DA00922).

De plus, le préfet n’est pas en compétence liée lorsqu’il prend ce type de décision selon l’article 4 de l’accord franco-algérien puisque celui-ci prévoit « que peut être exclu [] ». L’emploi de ces termes induit donc, qu’une dérogation puisse être prévue et pour cela le préfet dispose d’un pouvoir d’appréciation large de la situation personnelle de l’intéressé.

Ainsi, déjà en 1998, le Conseil d’état a estimé que c’est à tort que le préfet a rejeté la demande de regroupement familial déposée pour la femme, déjà présente en France, d’un ressortissant algérien atteint d’affections médicales graves qui exigent l’assistance d’une tierce personne (Conseil d’état, 11 mars 1998, n° 168920).

Il a, aussi, été jugé par la cour administrative d’appel de Lyon en 2011, que le Préfet, en rejetant une demande de regroupement familiale sur le seul motif que l’époux concerné par le regroupement est déjà présente sur le territoire français, commettait une erreur de droit (CAA Lyon, 3ème ch., 15 septembre 2011, n° 10LY02636).

Cette position de la Cours administrative d’appel a constamment été réaffirmée depuis 2011 : par la Cour administrative d’appel Versailles, 1ère ch., 18 février 2014, n°13VE01719 et ainsi que celle de Marseille, 5ème ch., février 2016, n°12MA01398).

Sur l’intérêt supérieur de l’enfant

L’article 3 de la Convention internationale des droits de l’enfant prévoit que :

« 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.

2. Les Etats parties s’engagent à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs ou des autres personnes légalement responsables de lui, et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées.

3. Les Etats parties veillent à ce que le fonctionnement des institutions, services et établissements qui ont la charge des enfants et assurent leur protection soit conforme aux normes fixées par les autorités compétentes, particulièrement dans le domaine de la sécurité et de la santé et en ce qui concerne le nombre et la compétence de leur personnel ainsi que l’existence d’un contrôle approprié. »

Rejeter le regroupement familial sur place reviendrait ainsi à imposer une séparation aux enfants des parents et la préfecture en ce sens commet une erreur de droit.

Vie privée et familiale

L’article 8 de la convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales dispose que :

  1. « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.

  2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »

Ce texte protège le droit au respect de la vie familiale et vise à garantir la possibilité pour une famille de vivre sa vie familiale sans ingérence de l’Etat.

Ainsi, dès lors que l’existence d’une famille est reconnue (CEDH Marckx c. / Belgique, 13 juin 1979), l’article 8 §1 n’impose pas seulement à l’Etat l’obligation négative de s’abstenir d’une ingérence contraire à l’article 8 §2, mais également une obligation positive : il doit agir de manière à permettre aux intéressés de mener une vie familiale normale tout en développant des relations affectives, c’est-à-dire permettre le bon déroulement effectif de cette vie familiale, le développement et le maintien du lien parent-enfant (CEDH Gnahoré c./ France, 19 septembre 2000).

Ainsi, au regard de la jurisprudence citée, l’administration préfectorale commet, également, une erreur de droit en prenant une décision contraire au droit à une vie privée et familiale du demandeur du regroupement familial en refusant à ses membres de sa famille l’admission au séjour puisque cette décision ne permet pas à l’intéressé de vivre leur vie familiale de manière normale et entache gravement le développement et le maintien du lien des parents avec leurs enfants.

En conclusion, le regroupement familial sur place rejeté au seul motif que la personne concernée par le regroupement réside déjà sur le territoire français est finalement juridiquement illégal.

Auteur
Me Fayçal Megherbi, avocat au Barreau de Paris

 




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Le coordinateur du CLA de Ghardaïa passera le 6 février devant le juge

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Education nationale

Le coordinateur du CLA de Ghardaïa passera le 6 février devant le juge

Au-delà du populisme et des idéologies dont souffrent les établissements scolaires qu’avait évoqués le Secrétaire Général du Syndicat National Autonome des Professeurs de l’Enseignement Technique et secondaire (SNAPET), M. Meziane Méliani, lors d’un forum, au siège du quotidien Le Courrier d’Algérie, M. Aouf Hadj Brahim, Coordinateur du Conseil des Lycées d’Algérie (CLA), de la wilaya de Ghardaïa, a soulevé, au niveau des établissements et des directions de l’éducation de ladite wilaya, racisme, marginalisation, corruption et surenchères de postes sensibles.

Ses multiples dénonciations et nombreux rapports adressés à la direction des études et au ministère de l’éducation nationale, ont valu à M. Aouf plusieurs contrôles judiciaires, ainsi que 7 convocations par la police judiciaire dont deux pour se présenter devant le procureur de la république. A croire qu’il s’est auto-dénoncé !

Ce qui est le plus choquant dans cette injustice qui sévit dans les coulisses de l’éducation depuis des décennies, c’est les témoignages recueillis qui décrivent la différence flagrante qu’il y a entre la gestion des lycées des quartiers mzab et les autres quartiers. D’ailleurs, M. Aouf a été soumis à un contrôle judiciaire tous les 15 jours, suite à la publication de l’article 26 de la convention internationale des Nations Unies, concernant les peuples autochtones, par arrêt du juge d’instruction de la deuxième chambre de Ghardaïa. Le délit ? Incitation à la haine et discrimination visant à entraver la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice des droits fondamentaux et des libertés fondamentales ! La question qui se pose et s’impose est : pourquoi est-ce que le procureur de la république n’a pas demandé l’ouverture d’une enquête pour vérifier les déclarations de l’accusé ?

Lorsque M. Aouf avait entamé une grève de la faim, le 22 janvier 2018, au siège du parti du Mouvement Démocratique et Social (MDS), le ministère de l’Education Nationale a envoyé une commission d’enquête sur les lieux qui, malheureusement, n’avait pris pour témoin que les cadres et les professeurs non mozabites, sous la direction de deux inspecteurs de Metlili. Leur rapport parut le 5 avril 2018, mais a été utilisé contre le gréviste, lui coûtant trois jours de mise à pied disciplinaire. Ce rapport ne lui a jamais été remis.

Prenons de simples exemples, l’école technique, Ramdane Hammoud, au centre-ville de la commune de Ghardaïa, a vu durant trois ans, les équipements de ses laboratoires des sciences et physique, acquis par le budget de ce même lycée, transférés aux autres lycées dans les autres quartiers. Pourquoi ? De quel droit ? Il semblerait qu’on déshabille «Bakir» pour habiller «Kada», ce qui ne réglera jamais le problème du manque d’équipements scolaires dans les lycées.

Au lycée Aflah, les équipements n’ont pas été renouvelés depuis 1999, soit, depuis la venue de l’actuel président de la république. Quant au lycée Ramdane Hammoud, les laboratoires de physiques-Chimie et sciences naturelles sont dans un état catastrophique qui menace la santé des professeurs et des élèves.

Mieux encore, lorsque M. Aouf a demandé, précisément au Wali, toujours sur le réseau social, d’ouvrir une enquête sur la corruption qui règne dans le secteur de l’éducation, dans la wilaya, le premier responsable n’a eu de réponse que de déposer plainte contre lui pour calomnie et outrage à son institution ; et pour ne pas changer de scénario, ni de personnages, le juge d’instruction de la deuxième chambre de Ghardaïa, encore une fois, le met sous contrôle judiciaire tous les 15 jours, l’accusant de calomnie et outrage.

Une des revendications du CLA est «les retards dans la titularisation des nouveaux enseignants». En effet, dans le collège Ramdane Ibrahim, le grand problème qui se pose est le manque de personnel dans l’administration et celui de l’éducation, comme les surveillants et le superviseur, sachant que le poste de superviseur a été confié à un professeur qui n’a aucune notion dans la gestion, ce qui a poussé bon nombre d’élèves à quitter les bancs.

 

Comme bon nombre de professeurs et cadres mozabites qui tentent de garder leurs postes, moyennant les démarchent légales, M. Aouf dénonce les dépassements de certains directeurs de l’éducation et leurs acolytes, ce qui lui fait subir la machine judiciaire infernale d’un système imposé, d’une méthode dépassée et surtout arbitraire, corrompue et abusive. Certaines écoles n’ont pas vu leur mobilier changer depuis plus de dix ans, pendant que d’autres sont délaissées sur le plan pédagogique. Les différents administrateurs qui, au lieu de mettre leur savoir faire au service de l’éducation, préfèrent imposer leurs idées et leurs amis aux postes déjà occupés.

En-deçà des problèmes matériels, M. Aouf dénonce le problème de racisme criant qu’il n’a de cesse de prendre de l’ampleur, de sévir dans les moindres locaux des différentes administrations de l’éducation.

Cette cabale judiciaire menée contre le coordinateur du CLA de Ghardaïa, a commencé le 28 avril 2018, lorsque le wali l’a insulté devant tous les présents à l’assemblé populaire de la wilaya, lui promettant une longue période sous les verrous. Cette pression et humiliation, ont coûté à M. Aouf deux mois d’arrêt de maladie, prescrits par son neurologue pour dépression nerveuse. Parmi les plaignants dans cette affaire, figure «Mme. Marzougui Hafitha, ancienne directrice du lycée Imam Aflah iben Abdel Ouahab, de la commune de Ghardaïa qui est actuellement directrice du lycée Karma Boudjemaa, de la même commune.

L’autre inculpation de M. Aouf est la calomnie, après avoir demandé aux autorités locales d’enquêter et d’arrêter un internaute qui diffusait des publications appelant à la haine contre les mzab et les ibadites. Même décision : contrôle judiciaire tous les 15 jours, à la demande du juge d’instruction de la deuxième chambre de Ghardaïa.

En résumé, les six poursuites et les 22 informations judiciaires, engagées contre le coordinateur du CLA de la wilaya de Ghardaïa, sont toutes basées sur des publications émises sur le réseau social bleu, où M. Aouf avait publié des informations très importantes sur des agissement très graves de certains commis de l’état, portant sur la corruptions, la ségrégation raciale et l’abus d’autorité ; après avoir adressé des courriers aux autorités locales et centrales, ainsi qu’au ministère de l’Education nationale qui sont restés lettres mortes. Il avait également publié ses correspondances et les accusés de réception avec les différentes administrations, comme il a publié de nombreuses conventions et pactes internationaux ratifiés par l’état algérien, portant sur les droits des autochtones.

M. Aouf veut alerter l’opinion nationaleet s’il le faut, l’opinion internationale- sur les pratiques utilisées par certaines autorités qui a engendré ce qui est communément connus par «les événements du Mzab».

Auteur
Azday Yesja

 




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Indice 2018 de perception de la corruption : classement désastreux pour l’Algérie

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Déclaration de l’AACC

Indice 2018 de perception de la corruption : classement désastreux pour l’Algérie

L’ONG de lutte contre la corruption Transparency International (TI) a rendu public aujourd’hui, mardi 29 janvier 2019, son Indice de perception de la corruption dans le secteur public (IPC) pour l’année 2019. C’est la 24ème édition de l’IPC : 180 pays y figurent dont l’Algérie.

Le score et le classement de l’Algérie dans l’IPC 2018 est de 3,5 sur 10 et la  105e place (3,3 sur 10 et la 112e place dans l’IPC 2017).

Le Maroc et la Tunisie sont mieux logés et ex aequo : 4,3 sur 10 et la 73e place.

L’Algérie est classée à la 10e place dans le groupe des pays arabes et à la  18ème place en Afrique.

1.- Commentaire et analyse de l’AACC

L’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) constate que « c’est le statu quo pour l’Algérie qui n’enregistre aucun progrès, avec une note et un classement toujours aussi désastreux que ceux des dernières années ». 

Pour l’IPC 2017, l’AACC d’ailleurs s’était interrogée le 21 février 2018 : « Comment peut-il y avoir des progrès quand nous avons une très mauvaise loi anticorruption (20 février 2006), et plus grave encore quand cette loi n’est pas appliquée notamment en matière de déclaration de patrimoine des « agents publics » ?

Comment peut-il y avoir des progrès en l’absence d’une politique de protection des dénonciateurs ? Comment peut-il y avoir des progrès quand nombre de ces  « agents publics » restent impunis face à de gros scandales de corruption ? Comment peut-il y avoir des progrès quand la justice ne fait aucun effort pour déclencher des poursuites lors d’affaires de corruption publiées par la presse ? »

Toujours selon l’AACC « Une année plus tard, ces questions restent d’actualité et le gouvernement Algérien n’est toujours pas en mesure d’apporter des réponses claires et concrètes, faute d’une volonté politique réelle sur le terrain ». Plus grave, l’AACC « considère plutôt que le gouvernement alimente et entretien un climat favorisant la corruption à tous les niveaux et consacrant l’impunité pour ceux qui y sont impliqués ».

Si l’opinion publique en Algérie n’est pas dupe de l’attitude permissive du gouvernement Algérien vis-à-vis de la corruption et de la délinquance économique et financière, ce dernier a pu tromper un temps ses partenaires internationaux – les Nations-Unies notamment, et plus particulièrement son agence contre le crime et la drogue (UNODC) qui pilote la Convention internationale de 2003 contre la corruption.

Ce n’est plus le cas depuis quelques années : en matière de lutte contre la corruption, l’Algérie est au ban de la communauté internationale, portant honteusement un habit de cancre, et ce, pas uniquement à cause de ses résultats catastrophiques dans les IPC de ces dernières années, mais surtout pour avoir été pris en flagrant délit de mauvaise volonté à lutter contre la corruption par les experts des Nations-Unies dans leur rapport de 2013.

Plus grave, 6 années plus tard, l’Algérie n’a toujours pas transposé en droit interne les recommandations faites en 2013 par les experts des Nations-Unies, experts qui reviennent en Algérie en 2019 pour évaluer de nouveau l’application par notre pays de la Convention des Nations-Unies de 2003, Convention ratifiée par l’Algérie il y a 15 ans, en 2004.

A la veille de cette visite, le gouvernement algérien essaye à la va-vite et dans la précipitation de modifier qualitativement la très mauvaise loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption en déposant un projet au Parlement où la « Commission des affaires juridiques, administratives et des libertés » de l’APN a liquidé ses auditions et ses consultations en 48h, les 21 et 22 janvier dernier, consultations limitées et restreintes où les représentants de la société civile n’ont pas été invités !

2. Propositions urgentes de l’AACC

2.1. L’AACC interpelle le gouvernement à l’effet de cesser immédiatement les représailles de toutes sortes, dont les emprisonnements arbitraires, à l’encontre des lanceurs d’alerte dénonçant des scandales de corruption et des journalistes pour leurs écrits et leurs enquêtes à ce sujet.

2.2. L’AACC demande au gouvernement Algérien de compléter et d’enrichir le projet de loi qu’il vient de déposer à l’APN, visant à modifier la loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, en prenant le temps nécessaire à ce effet, et ce, en conformité avec le contenu de la Convention des Nations Unies contre la corruption, notamment dans les dispositions ayant trait au processus effectif de déclaration du patrimoine des agents publics ; à la transparence dans les marchés publics ; à la protection des dénonciateurs de la corruption ; à l’indépendance réelle de l’agence gouvernementale contre la corruption ; et à la coopération judiciaire internationale.

2.3. L’AACC recommande que le calendrier législatif du projet de loi contre la corruption soit totalement dissocié de celui de la visite prochaine des experts des Nations Unies relative à l’évaluation de l’application par l’Algérie de la Convention des Nations Unies.

2.4. L’AACC lance un appel à la « Commission des affaires juridiques, administratives et des libertés » de l’APN afin qu’elle prenne, en toute indépendance de l’Exécutif, tout le temps nécessaire pour l’étude du projet de loi déposé par le gouvernement, d’une part ; et d’autre part, d’ouvrir ses auditions et ses consultations aux représentants de la société civile dont des lanceurs d’alerte, les Ligues des droits de l’homme, les journalistes d’investigation, les associations et les « collectifs citoyens » de lutte contre la corruption, etc.

Scores et classements de l’Algérie de 2010 à 2017

Pour rappel, l’Algérie avait obtenu dans l’IPC 2017 le score de 3,3 sur 10 et la 112e place ; en 2016 la note de 3,4 sur 10 et la 108e place (sur 178 pays classés) ; en 2015 la note de 3,6 sur 10 et la 88e place ; en 2014 la note de 3,6 et la 100e place ; en 2013 la note de 3,6 sur 10 et la 94e place ; en 2012 : 3,4 sur 10 et la 105e place ; en 2011 la note catastrophique de 2,9 sur 10, la même que celle de 2010, et la 112ème place, reculant de 7 places par rapport au classement de 2011.

 

Auteur
Djilali Hadjadj, porte-parole de l’AACC

 




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Augmentation des salaires à Sonatrach : peut-on parler d’une bourde d’Ouyahia ?

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POLEMIQUE

Augmentation des salaires à Sonatrach : peut-on parler d’une bourde d’Ouyahia ?

Une vidéo circule sur internet, succinctement commentée sur le site e-bourse d’Algérie, montrant  Ould Kaddour parler des augmentations 20% des salaires de Sonatrach et non de l’ensemble du groupe dont il a la charge (01).

Selon ses propres déclarations,  cette annonce « a créé une révolution » au point où le chef du gouvernement l’aurait appelé pour lui dire : « O sait que vous avez de l’argent mais n’en parlez pas, parce que vous allez nous créer des problèmes avec les autres institutions ».

Si ces déclarations devenues maintenant publiques sont vérifiées, quand bien même elles le seraient, montrent une carence dans le système de communication à ce niveau de la hiérarchie. Parce qu’elle semble à la lecture des commentaires dans les réseaux sociaux chauffer à blanc non seulement les institutions publiques qui préoccupent le premier ministre mais les entreprises et les filiales du groupes qui, eux aussi, montent au créneau. Ils considèrent lit-on que l’exploitation et la vente du pétrole est la propriété de tous les Algériens et en premier lieu ceux qui activent dans ce groupe.

Pourquoi donc un responsable politique d’un aussi haut niveau, propriétaire de ce groupe, s’abaisse à ce point face à un simple manager d’une entreprise pour le prier de faire cela en « cachette » alors qu’il aurait pu l’instruire autrement ?

Le plus grave, est cette sortie du PDG de Sonatrach qui a divulgué en toute impunité des propos qui pourraient choquer les citoyens, surtout en ces périodes difficiles d’une dégradation du pouvoir d’achat et les conflits qui en découlent. Il faut dire qu’à chaque occasion, les responsables se gargarisent des recettes engrangées par la vente du pétrole et du gaz mais évoquent très peu les coûts de production qui sont très importants, spécialement pour le cas de l’Algérie par le biais de Sonatrach.

Pourquoi ? Parce qu’elle importe tout. De la simple garniture d’une tête d’injection dite Wash pipe qui peut immobiliser un appareil de forage, en passant par le petit tube d’une colle Backer Lock pour l’étanchéité des filetages au produits chimiques, turbines, compresseurs jusqu’aux usines clé en main.

Aujourd’hui même pour faire manger son personnel elle fait appel au catering étranger. Elle devra donc compter ses sous pour éviter d’arriver à une situation d’un échange des dollars contre d’autres sans bénéfices.

La production d’un baril est le fruit de toute une chaîne pétrolière depuis les levées pour l’établissement des cartes géologique jusqu’à sa commercialisation et qui doivent être incorporés dans les coûts pour estimer la rentabilité de l’exploitation de ses différentes découvertes. Or, dans toutes cette chaîne, Sonatrach n’intervient que très peu. Ce sont les entreprises étrangères qui prennent la grosse part.

On peut citer entre autres : Schlumberger, Halliburton, Weatherford et bien d’autres  pour la recherche, diagraphie, la cimentation, l’interprétation, l’instrumentation, la sécurité aux puits, les éruptions etc. Toutes ces interventions sont faites en dollars qui amincissent le flux d’entrée et influent sur le prix de vente qui échappe complètement à la société car il reste l’œuvre du marché Les coûts avancés s’appuient dans certains forums de pacotille sur des transparents qui datent des années soixante dix.

Le coût de production se situait autour de 5 à 7 dollars le baril. Le prix actuel du baril, comme ceux que qui ont été pratiqués dans le passé lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979, repose principalement sur un déséquilibre de volume.

D’abord l’embargo pétrolier  qui n’est autre qu’un gel des volumes en 1973 suivi un peu plus tard par la  révolution iranienne en 1979 ensuite la guerre Iran-Irak de 1980 ont conduit aussi à une contraction de l’offre par une baisse des volumes.

Le premier événement à quadrupler les prix qui sont passés de 3 dollars le baril à plus de 12 dollars le baril. Le retrait de l’Iran et de l’Irak de la production de l’OPEP devait conduire à un triplement de ce prix pour passer de 12 dollars le baril à 36 dollars le baril. Il faut préciser qu’à chaque fois que le prix du baril grimpe, les fournisseurs de Sonatrach le répercutent sur ses achats de l’étranger. Même si les prix des années 2000 avant la crise économique mondiale ont atteint voire dépassé les 150 dollars le baril, la pièce de rechange aussi a augmenté avec la même ampleur. On peut prendre à titre d’exemple de 1966 à 2018 le prix d’une voiture importée a augmenté de plus de 25 fois. Le salaire minimum de la moyenne européenne plus de 45 fois sur la même période.

Avancer des coûts aussi bas c’est soit les méconnaître, soit pour tromper les citoyens sur des réalités qu’on ne veut pas qu’ils sachent et surtout priver ces 32000 agents de Sonatrach qui n’ont aucune responsabilité dans sa gestion.                                                                        

R.R.

Renvoi :

(01)- http://bourse-dz.com/sonatrach-ouyahia-a-demande-la-discretion-sur-les-salaires-video/?fbclid=IwAR1CNCyjRIShLC8yrdP6qFg6z14uXp_H9XuSFDQ8gFZL7PGUipFLvTaSrEk

Auteur
Rabah Reghis

 




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