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Saïd et la dernière cigarette du condamné

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TRIBUNE

Saïd et la dernière cigarette du condamné

C’est un coup de folie que vient de tenter la fratrie de l’homme grabataire. Une terrible mise de plein pot au poker pour obtenir un dernier sursis. Saïd, le chef de clan, doit être aux abois car nous venons de l’entendre murmurer cette fameuse supplique du condamné « Encore une minute, monsieur le bourreau ! ».

Il faut être véritablement dans une panique monstrueuse pour avoir osé l’impensable, l’impasse d’où l’on ne revient pas. Saïd doit être terrorisé par une échéance qu’il ne veut pas croire ni voir, l’arrivée du terme de son assurance-vie.

Il a tellement côtoyé le pouvoir divin, depuis sa tendre enfance, qu’il est persuadé du pouvoir éternel de son frère alors que les semaines et les mois sont comptés. Et combien même cela se retarderait pour un mandat entier, il faudrait qu’un miracle se produise pour que les ectoplasmes qui votent pour eux continuent à protéger un demi mort, au risque de tout perdre eux-mêmes.

Ils finiront par se réveiller car jusqu’à présent, les intérêts du frère correspondaient parfaitement à leurs intérêts. Mais les abrutis nous ont toujours prouvé, à travers les siècles, que leur discernement s’éclairait de nouveau lorsqu’il s’agissait du risque de perdre une chose qui n’a ni cœur ni cerveau, l’argent.

C’est une folie que cette candidature car cela prouve qu’ils ne partiront jamais par une transition pacifique alors que l’or noir ne peut plus alimenter l’appétit féroce de ceux qui ont misé sur ce régime.

Certains veulent les derniers milliards, jusqu’à plus soif, jusqu’à ce qu’il tombe de son fauteuil, sans vie. Mais beaucoup retrouveront leur esprit car il se réveilleront au son trépident des milliards qu’ils ont placés offshore et qu’il faut d’urgence rejoindre. C’est ainsi que les déroutes se passent dans l’histoire, bien peu y échappent.

Ce jour-là, ils partiront et laisseront les pauvres bougres sur place, démunis et menacés par le risque explosif d’une situation insurrectionnelle. Ces dindons de la farce, des millions d’Algériens, n’auront plus que les drapeaux, les youyous et les bulletins de vote qu’ils arboraient bruyamment pour chanter les louanges à leur divinité, Abdelaziz.

Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que Saïd et sa fratrie ont passé des limites lointaines qui les condamnent définitivement. Imposer à l’Algérie un candidat de plus de quatre-vingt ans, muré dans un silence de celui qui est plongé dans un état végétatif, aucune nation au monde ne pourrait le supporter et je crains pour l’avenir de la fratrie, où qu’elle se réfugiât dans le monde.

Moi, je suis contre la peine de mort ainsi que les vengeances populaires et les lynchages expéditifs, y compris pour les pires monstres.

Mais Saïd Bouteflika n’a pas misé sur ce monde qui est le nôtre. Il en a choisi un autre, qu’il en assume les conséquences.

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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Passeport, autorisation de sortie pour les Algériens : récits et souvenirs (I) !

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Harragas d’hier vs Boumediene et ses délires !  

Passeport, autorisation de sortie pour les Algériens : récits et souvenirs (I) !

« 3aârbouha, 3awdjouha ou mazal iykherbouha ! »

On ne peut comprendre le « fakhamatisme » ambiant et l’agitation stérile autour de Bouteflika et son clan sans remonter le temps, jusqu’aux années Boukherouba, avec ses nombreuses élucubrations que d’autres attribuaient à du patriotisme salutaire alors qu’il s’agissait d’endoctrinement suicidaire !

Sans remonter à la catastrophe humanitaire de 1962, celle qui forcé des centaines de milliers de vertèbres économiques, sociales et culturelles du pays (petite pensée à Lili Boniche, à Line Monty et au sublime Alger-Alger (*)), à prendre la valise pour éviter le cercueil (« un détail » de l’Histoire d’Algérie sur lequel nous reviendrons, un jour ou l’autre), il est utile de dresser une trame des écueils que notre génération post 1962 a eu à affronter avant de faire le seul choix qui s’offrait à elle aussi, après celui donné aux pieds noirs, aux harkis et aux juifs d’Algérie, celui de la valise ou du cercueil. Pour elle et surtout pour ses descendants !

Quand l’héritage de l’école imposé par Boumediene apprend aux enfants à haïr ses propres parents, juste parce que ces derniers ne font pas la prière, quel autre chemin suivre que celui de l’exil, bon sang ! pour sauver ses petits oisillons ? C’est une loi de dame nature applicable autant à la fourmi qu’à la baleine : fuir les semeurs de mort pour s’accrocher à la vie et la perpétuer contre vents et marées de prédateurs en tous genres !

Nous sommes au milieu des années 1970. Quoi de plus normal pour un jeune étudiant que de vouloir explorer le monde et rêver de voyages en franchissant les frontières, ces lignes Maginot physiques et intellectuelles dressées par les hommes pour délimiter des territoires et des peuples conquis, toujours par les armes et jamais par les fleurs ?

Rêver c’est bien ! encore faut-il avoir le cran et l’audace d’affronter l’administration de Boumediene pour décrocher le ticket exigé pour chaque projet d’évasion ! Celui d’une autorisation de sortie du territoire nationalisé. Une autorisation soumise à des contraintes et la confection d’un dossier, souvent digne du parcours du combattant. Combien de fois n’avions-nous pas tenté tel circuit, en majors de la débrouille et (clin d’œil averti au général Ghediri) de la lutte contre une bêtise érigée en mode « normal » et qui surpasse nos hargnes et autres sursauts, pour finir vaincus par des lois scélérates appliquées à l’arbitraire sur des bases de maârifa, souvent de facies, et parfois de simple timbre vocal inharmonieux à leurs oreilles !

Et les obstacles dressés devant la sortie du territoire ne s’arrêtent pas une fois le guichet conquis, car souvent circulaient des rumeurs selon lesquelles des citoyens avaient été refoulés de l’aéroport juste parce qu’il manquait à l’autorisation de sortie une preuve de citoyenneté accomplie : carte de vote ou cachet de la mairie sur le passeport ou la carte d’identité en guise de bonne foi pour diluer une mauvaise foi dont nous étions tous (kachouch mechouch) accablés de facto sans vraiment savoir pourquoi !  En gros, nous étions tous considérés comme des antipatriotes sommés d’apporter la preuve qu’Algériens nous l’étions, des orteils physiques aux états propres de la crinière quantique !

Nous sommes donc en août 1977. Aux termes du dernier tronçon d’études à la fac d’Alger, la chance et l’acharnement sont aux rendez-vous pour décrocher une bourse Sonatrach pour les USA ! En tout nouveau marié, j’avais envie d’offrir et de partager, avec la plus gracieuse « thadjadarmith » du monde (clin d’œil à Hend) que le hasard et la chance m’ont offert, l’aventure outre Atlantique ! Elvis venait de mourir ! L’Amérique était en deuil !

D’Alger nous partagions la peine des Américains ! C’était comme si avec la mort d’Elvis, une partie de nos propres rêves venait de disparaître aussi ! Mais, jeunesse oblige, on oublie vite ses peines pour chevaucher ses joies ! Avec ou sans Elvis, il fallait poursuivre ses propres rêves et sa foi en l’avenir du pays dont nous souhaitions calquer les chevauchées modernes sur celles de la grande Amérique !

En étudiant boursier, ma propre autorisation de sortie m’avait été délivrée directement par les services en charge, à Sonatrach. Il m’appartenait de décrocher celle de ma jeune épouse auprès de la daïra de notre domicile, celle du fameux 3ème arrondissement d’Alger-centre-Bab-el-oued !

Un matin d’août 1977, je débarque aux guichets de la daïra avec, en mains, le dossier comprenant les justificatifs pour arracher le sésame pour ma dulcinée !

Passons sur la cohue qui régnait aux abords des guichets ! Une cohue que vous ne pouvez traverser qu’en faisant preuve d’une patience absolue, des heures et des minutes goulues !

Au sein de l’équipe administrative qui gérait des dossiers en tous genres, l’artiste Kadri Ahmed, dit Krikeche, focalisait souvent l’attention et l’espoir. Les miens aussi, je dois l’avouer ! Mais ce dernier s’excusait, avec la gentillesse qu’on lui connait, de ne rien pouvoir faire pour nous aider.

Je me souviens que quand mon tour fut venu, je m’étais accoudé au guichet, les yeux béants et le sourire béat ! Croyant être arrivé au bout de mes peines. Enfin ! m’étais-je trop vite dit. Car c’était sans compter sur le regard et l’analyse circonspects jetés, en à peine une poignée de secondes (je n’exagère pas) sur mon dossier par l’expert administratif pour tout rejeter et me traiter d’idiot ! Bombant le torse, le regard méprisant, il me lance en expert es-lois : vous êtes boursier de Sonatrach, il appartient à Sonatrach de délivrer une autorisation de sortie à votre épouse ! sur son regard méchant se lisait un « bougre d’imbécile », en complément.

Et vlan pour mon kamum d’ignare, au regard de la planète administrative sous Boumediene !

Bête mais discipliné, je m’en « va » voir les responsables de Sonatrach pour leur exposer le problème : -Mais ce n’est pas à nous de vous délivrer tel document mais aux autorités compétentes de la Daïra ! Et cela, au vu d’une seule et unique loi, celle qui énonce que quel que soit le cas de figure « la femme suit son mari » ! Vous avez une autorisation de sortie, elle y a droit aussi ! m’entend-je dire ! Eh oui ! après tout, n’a-t-on pas calqué nos lois sur celles qui font de la femme une mineure à vie qui passe de l’autorité parentale à la possession exclusive du mari ?

Des lois calquées sur celles édictées dans une grotte d’Arabie en l’an 622. Allez donc vivre vos rêves d’adulte au 20ème siècle, l’inertie de l’an 622 accrochée à vos moindres pas ?

Fort de l’enseignement de mes garants Sonatrach, je m’en retourne à la daïra le lendemain pour exposer les arguments précédents !  

Le responsable administratif à qui je reformule La Loi me remballe comme une patate cuite trop chaude pour ses mains et me lance : Ce n’est pas à Sonatrach de dicter Ses lois ! Abasourdi, j’interpelle un de ses collègues et lui tend mon dossier. Il le prend, l’examine et tente de convaincre le chef que mon cas ne souffrait d’aucune ambiguïté !

Le responsable le réexamine tout en m’observant du coin de l’œil et lui lance : ce n’est pas la peine de discuter avec ce « b’ghel » !  « A3yit n’efham fih, ma f’ham wallou ! » J’ai beau lui expliquer à ce bourricot, il ne comprend rien !

Me voilà donc, en quelques secondes, transformé en abruti cacheté, moi qui rêvais de conquérir un peu d’Amérique, apprendre ses méthodes et revenir ensemencer quelques petites doses pour construire une Algérie rayonnante de meilleur !

Dieu que jeunesse rime bien avec naïf ! car pendant que nous étions délégués pour apprendre et partager avec nos concitoyens à notre retour, Boumediene et sa clique les matraquaient avec l’idéologie folle de l’Arabie Saoudite, ses mythes, ses psaumes cosmico-comiques, via des administrateurs zélés érigés en régisseurs d’un peuple auquel ils n’ont jamais rien compris ! Le plus dévastateur, c’est que plus de 40 années plus tard, Bouteflika El-Mali, son clan et ses petits frères fonctionnent toujours sur le même tempo de sottises que Boumediene a implanté ! La dernière polémique sur la « sallat zkara » à l’école en représente la preuve proéminente d’une marche forcée vers les ténèbres à laquelle plus aucune force, si gigantesque fusse-t-elle, ne pourra intimer l’ordre d’un « khelf dour ! » salutaire !

Nous avons fini par l’arracher cette autorisation de sortie érigée en trophée, qu’il fallait mériter, par ces Majestés qui avaient remplacé les conquérants roumis, dès que ces derniers avaient été chassés du pays ! Comment ? Je vous en conterai détails et mimiques bien avant la date fatidique d’un 5ème mandat qui s’annonce catastrophique pour le moral et l’espoir !

Kacem Madani

(*) En voix masculine, ou féminine, seul un amour puissant du pays peut faire délivrer les émotions des vidéos ci-après ! ça transpire de la joie et de la beauté, même dans la nostalgie du pays ! Allez donc demander au clan Aek-el-mali de fredonner ou de laisser les autres déclamer une Algérie de l’enchantement, eux qui ne jurent que par l’avoir quitte à noyer nos espoirs !

Quelle da3wassou, nom de Dieu, d’avoir vécu toute une vie à supporter et assister impuissant à tant de déboires !

Oublions-les et laissons-nous transporter par ces mélodies de la paix, débitées en enchanteresses loquacités ! Cette paix que des hommes malveillants imposent par les armes, depuis la nuit des temps…pour étouffer tout germe de bienveillance entre des êtres humains qui ne demandent qu’à vivre dans une sérénité libérée de ces bourreaux déshumanisés qui transforment leurs pays en geôles et des murs difficiles à escalader !

https://www.youtube.com/watch?v=hl4VnQCWFDs

https://www.youtube.com/watch?v=ySET5B-0ZxE

Auteur
Kacem Madani

 




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Les Jeunes progressistes du RCD condamnent ces « actes barbares »

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Assassinats d’étudiants

Les Jeunes progressistes du RCD condamnent ces « actes barbares »

Un étudiant en 3eme année médecine a été retrouvé hier soir égorgé dans sa chambre à la cité universitaire de Ben Aknoun.

Selon les informations qui circulent, ce sont deux individus étrangers à la cité qui seraient les auteurs de cet abominable assassinat.

Quatre jours avant, c’est un étudiant zimbabwéen qui a succombé à des blessures lors d’une attaque à l’arme blanche devant la résidence universitaire dans la wilaya d’Annaba.

Les Jeunes Progressistes condamnent ces actes barbares. Ils s’inclinent devant la mémoire de ces deux étudiants victimes de l’insécurité et de la gabegie qui règnent dans le milieu universitaire. Ils partagent le deuil de leurs familles et de leurs proches et les assurent de leur sincère et entière solidarité.

Les Jeunes Progressistes ont, à maintes reprises, interpellé les responsables du secteur de l’enseignement supérieur quant au climat délétère et au laisser aller dans la gestion de l’ensemble des infrastructures universitaires. Ces crimes crapuleux dans l’enceinte et la périphérie de l’université démontrent, si besoin est, l’incapacité et le bricolage de la tutelle dans la prise de la question de la sécurité au niveau des résidences qui sont livrées à la mafia et des groupes de délinquants extra-universitaires.

Devant cette situation d’incertitude et d’inquiétude, Les Jeunes Progressistes réitèrent leur appel à tous les étudiants algériens à se mobiliser solidairement pour s’organiser dans un cadre autonome pour la défense et l’aboutissement de la satisfaction de leurs revendications légitimes.

Alger, 11 février 2019

Les Jeunes Progressistes RCD

 

Auteur
RCD

 




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Statu quo et fuite en avant

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REGARD

Statu quo et fuite en avant

Nous voici donc à deux mois de l’élection du président de la république. Un événement majeur dans la vie d’une nation. Peut-on ne pas en parler ? Difficile !

Que la chronique résiste au poids écrasant d’une actualité, la nôtre, en berne ne veut aucunement dire qu’elle puisse ignorer son existence, surtout quand elle devient, comme c’est le cas ces dernières semaines, extrêmement frénétique.

En Algérie, un pays à la dérive dont on ne voit pas que l’avenir puisse être radieux —sauf si elle invente, bien sûr, une politique nouvelle qui la soustraira à son inertie et à son insignifiance, et en fera une référence pour le Maghreb et l’Afrique—, l’affect négatif de la peur du chaos est particulièrement violent, voire inhibiteur sur les consciences. Ce qui élargit l’horizon de la déprime sociale, déjà palpable sur les visages des nôtres, dans les foyers, les cafés, les rues, etc.

Puis, le grand parti algérien, je veux dire le boycott fera le reste. On est en présence du syndrome de l’Algérien « fatalo-phobie-boycottiste », lequel projette en avant une sorte de citoyenneté qui bat en retraite face au phénomène de «la dépravation rentière» d’un système aussi clanique que prébendier avec des poches concentriques.

Un système qui va si mal à l’heure actuelle et dont les ondes négatives asphyxient par ricochet par leur trop-plein d’oxyde de carbone, les petites bulles d’oxygène encore résistantes dans le corps social.

Les exemples de cette débandade fleurissent ça et là, battant en brèche cette idée de la politique comme «action collective organisée pour le bien-être de tous», lui substituant le sens qu’un certain célèbre penseur berbère, Saint Augustin (354-430 ap. J.-C.) en l’occurrence, lui conférait il y a déjà plus de quinze siècles, à savoir «le brigandage individuel des biens de tous au profit d’un cercle fermé».

Ce contraste dans l’approche engendre des craintes et des faiblesses, aussi bien dans la société qu’au sein de ce régime politique gérontocratique lui servant de tutelle. L’indice subjectif de cette négativité étant le rejet massif mais non encadré de la rue de tout ce qui vient d’en haut, bon ou mauvais soit-il.

Le face-à-face «pouvoir-société», en s’effaçant sur le terrain des urnes, devient un duel acharné dans le stade social.

Ô mon dieu, la métaphore est très forte : l’Algérie s’étant transformée en un stade de foot, ou pire, en un ring de catcheurs, stimulés par les dividendes du pétrole-roi! Et c’est l’émeute, l’un des aspects typiques de la culture du Maghreb central (l’Algérie), selon le grand sociologue de tous les temps Ibn Khaldoun (1332-1406), qui devient le baromètre par le biais duquel on mesure la stabilité. Symptôme tiers-mondiste diraient d’aucuns sans doute.

Ce n’est pas faux en effet. D’autant plus que ce qui vient à défaillir dans tout ce processus, c’est la volonté politique de nos élites d’entrer en communication avec ceux qu’elles dirigent et de leur être utiles. Cette coupure maintenue, sinon gérée par la force cristallise la stagnation et le statu quo.

 

Auteur
Kamal Guerroua

 




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Sauvons l’Algérie !

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COUP DE GUEULE

Sauvons l’Algérie !

Bouteflika s’est offert non seulement un cinquième mandat, mais un statut de monarque qui lui sera consacré à l’occasion « d’une conférence nationale inclusive», qui se tiendra au lendemain de l’élection présidentielle.

Un statut qui lui permettra de désigner son « héritier » pour terminer son mandat au cas de son décès. C’est le subterfuge trouvé par le régime pour échapper au cours de l’année à une élection présidentielle anticipée.

Il veut vaille que vaille des funérailles présidentielles, c’est tout l’enjeu de cette élection pour le clan mafieux au pouvoir qui a pris l’Algérie en otage. Rien ne résiste aux caprices du Président grabataire, même au prix d’assister au lendemain du 18 avril à l’enterrement de l’Algérie.

« Pour mourir sur le trône, Bouteflika est capable de faire courir le risque de la disparition du pays au lendemain même de sa mort », déclarait, en 2014, à une chaîne de télévision, Noureddine Boukrouh qui était son ministre du Commerce lors du premier mandat. 

Depuis qu’il avait lu l’oraison funèbre aux obsèques de Boumediene, l’idée obsède Bouteflika de bénéficier des funérailles à la hauteur des « grands » chefs d’État. Il serait tenté, selon feu Cherif Belkacem, qui l’avait connu à Oujda et son intime jusqu’en 1975 lors des soirées algéroises, d’écrire lui-même à titre prémonitoire sa  propre oraison funèbre.   

Pour caricaturer la mégalomanie de Bouteflika, Cherif Belkacem dit Si Djamel, me disait en 2001 Cherif Belkacem : «Il n’hésitera pas un instant dans sa tombe à demander à Azraël de lui ramener la vidéo de ses obsèques pour voir s’ils étaient à son hauteur ».

C’est cette seule préoccupation moribonde qui occupait tous les pans du régime pendant l’été dernier, alors que des dizaines de jeunes se jetaient dans la mer dans une tentative vaine de trouver une terre clémente, ou pendant qu’Ayache agonisant au fond de son puits attendait une main fraternelle pour le secourir, ou bien que des millions de jeunes universitaires quémandaient des débouchées afin de pouvoir se sentir chez eux, dans leur pays ; que l’Algérie souffrante espérait respirer un air de liberté et retrouver un peu d’espoir pour sentir bon y vivre.    

Il fallait user de tous les stratagèmes pour s’assurer des funérailles présidentielles pour Bouteflika. La dernière volonté du parrain est un deal sacré qui lie le clan. Le seul différend qui opposait ses membres était autour de la personne qui lui succédera le lendemain de sa mort, mais pas autour du 5ème mandat comme beaucoup de médias l’ont laissé entendre. 

Aucun clan ne lui conteste la présidence à vie. Pis, par le biais de la parodie « conférence nationale incluse », dite de réconciliation, l’on érige en monarque qui tracera les contours institutionnels permettant sa succession sans passer par une élection anticipée, à savoir une transmission du pouvoir. Et c’est une promesse électorale de Bouteflika V.

Tel est l’agenda du régime où l’élection du 18 avril prochain n’est qu’une formalité pour consacrer le 5ème mandat.  Faudra-t-il s’inscrire dans son agenda ou lui imposer un autre ? L’existence de l’Algérie en dépend.

Pour barrer la route au cinquième mandat, il est plus que nécessaire de rejeter tout le processus biaisé qui l’a engendré. Tout leur processus moribond est fondé sur la mort, alors que le pays a besoin de vie. N’allons pas donc le 18 avril prochain à l’enterrement de l’Algérie !

Auteur
Youcef Rezzoug

 




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Bouteflika est-il au courant qu’il est candidat ou pas ?

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Lu dans les médias

Bouteflika est-il au courant qu’il est candidat ou pas ?

Pratiquement tous les quotidiens français, belges et allemands ont commenté l’intention d’Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat par le biais d’une lettre largement diffusée par l’Agence Presse Services algérienne.

Le quotidien Le Parisien visiblement sur place a réussi à toucher l’échantillon de l’ensemble des catégories de la population Algérienne des vendeurs à la sauvette, chômeurs, étudiants, intellectuels rencontrés à la librairie du Tiers Monde jusqu’aux femmes d’affaire, il ya apparemment une même réponse : « Bouteflika arrange les affaires de tous » « 2019 ressemblera à 2014 ».

Pourtant l’intéressé cette fois-ci n’a pas manqué d’avertir que «bien sûr, je n’ai plus les mêmes forces physiques qu’avant, chose que je n’ai jamais occultée à notre peuple mais la volonté inébranlable de servir la Patrie ne m’a jamais quitté et elle me permet de transcender les contraintes liées aux ennuis de santé auxquels chacun peut être un jour confronté ».

Dans son message, Abdelaziz Bouteflika désamorce les critiques de ceux qui l’accusent de vouloir accaparer, à son profit ou celui de son clan, le pouvoir, en promettant, s’il est élu, la convocation d’une « Conférence nationale » regroupant « toutes les forces politiques, économiques et sociales de la nation ».

Cette conférence sera chargée de faire émerger un « consensus sur les réformes et les changements » que devra engager l’Algérie, indique la lettre, qui précise toutefois que c’est lui qui s’occupera de la concrétisation des conclusions de la conférence.

Parmi les thèmes qui seront abordés figurent « une présence plus forte des jeunes » (sic !) au sein des institutions politiques, la volonté de « vaincre le fléau de la bureaucratie », la « mise en place de mécanismes de démocratie participative », ou encore des réformes économiques « sans dogmatisme » pour ne pas répéter son adversaire Ali Ghediri qui lui parle du « sans reniement » Pour le quotidien Libération, il s’agit « de la fin d’un faux suspens » car les Algériens « semblent s’accommoder faute de mieux ». « L’avenir de l’Algérie c’était et ce sera lui » lit-on dans Les Dernières nouvelles d’Alsace.

Diminué, la lippe figée, mutique en public depuis des années, Abdelaziz Bouteflika se succédera à lui-même si les circonstances lui prêtent vie et que les petits califes dans son dos cajolent les urnes comme il se doit, ajoute-il. Le président algérien a été toujours élu avec plus de 80 % des voix, soulevant à chaque fois des accusations de « fraude » sans présentations de preuves tangibles. « L’illustre octogénaire n’a plus l’usage de ses jambes et peut-être pas toute sa tête », commente l’éditorialiste.

Son âge et ses problèmes de santé n’en font pas moins le « favori » de la prochaine course, parie Jean Levallois dans La Presse de La Manche. Si l’hypothèse d’un abandon du pouvoir n’a jamais été d’actualité, celle d’éluder l’élection a été envisagée, croit savoir Le Monde.  

Le quotidien du soir, s’est étalé longuement sur l’option du report fortement souhaité par le candidat « Le but était d’éviter de revivre la campagne de 2014 qui avait été menée avec un candidat absent, incapable de s’adresser aux électeurs. L’option du report, intenable sur le plan constitutionnel, a finalement été rejetée » le quotidien de droite Le Figaro confirme « Il y a quelques semaines, les choses ont bien failli prendre une tout autre tournure. »

Mais l’option du report « qui aurait permis de maintenir Bouteflika à son poste et aux différents courants du pouvoir de trouver un consensus sur la succession » a été finalement abandonnée.

Enfin s’interroge une caricature d’Alex, le dessinateur du Courrier Picard « si Bouteflika est lui-même au courant qu’il est candidat à un cinquième mandat »

Auteur
Rabah Reghis

 




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Lancement de nouveaux projets dans le secteur de santé à Batna

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REGION

Lancement de nouveaux projets dans le secteur de santé à Batna

Un programme de plusieurs projets dans le secteur de la santé a été lancé cette semaine à Batna. Lors d’une sortie d’inspection et de travail, le wali Siouda Abdelkhalek, a fait état de plusieurs projets dont l’extension du service de pédiatrie et de chirurgie pédiatrique au niveau de la maternité (EHS) Meriem-Bouatoura, située au centre ville de Batna. Ce nouveau service sera construit sur trois niveaux, avec une capacité de 40 lits.

De même qu’il sera doté d’un bloc opératoire avec deux salles d’opérations. L’enveloppe financière a été estimée à 97 milliards de DA, soit 9700 millions de cts pour un délai de réalisation de 10 mois par le 1er responsable, au lieu de 20 mois, instruisant l’entreprise.

Sachant que ce projet de l’extension du service de pédiatrie et de chirurgie est une priorité voire une urgence pour non seulement les habitants de Batna, mais aussi les patients qui viennent de plusieurs autres wilayas de l’est et le sud..

Il a été prévu aussi l’aménagement et la réhabilitation d’une nouvelle maternité urbaine permettant dans l’avenir de désengorger  la maternité Meriem-Bouatoura.

La nouvelle maternité urbaine sera située à l’entrée nord de la ville de Batna sur une superficie de 7530 mètres carré pour 140 lits.

Le DSP Abdesselem Farid, a indiqué au Matin d’Algérie qu’il s’agit d’un projet d’aménagements et de transformations de deux grandes infrastructures déjà installées à Bordj El-Goula qui étaient à l’abandon. Le wali a affecté cet espace pour la réalisation d’une nouvelle maternité de 140 lit avec un bloc opératoire doté de trois salles des opérations, ceci permettra aux habitants de la wilaya de Batna d’avoir plus de lits d’accouchements, aussi à  l’amélioration du niveau de couverture sociale et de la qualité de prestations ajoute-t-il.

En outre, un nouveau pavillon des urgences de 60 lits, et doté d’un bloc opératoire de trois salles est dans le programme. Celui-ci est considéré comme un hôpital du jour dont ses travaux de réalisation sont avancés à 60%, Ce pavillon des urgences (hôpital du jour) est situé dans le quartier de  Bouzourane,à proximité du centre ville de Batna. Le délais de livraison ? 02, voire 03 mois tout au plus !

Entre autres, une autre maternité (mère-enfant) située cette fois-ci à Barika avec une capacité de 80 lits dotée d’une enveloppe de 120 milliards de DA devra être livrée d’ici avril. De même que la polyclinique presque parachevée dans la commune de Chir, celle-ci aussi doit être mise en service le mois prochain. La mise en place de cette nouvelle polyclinique qui sera équipée de dernières technologies pour les différents traitements, permettra non seulement d’améliorer les services publics du secteur de la santé mais aussi la création de centre de soins de proximité pour les habitants des localités concernées.  A ce niveau, le wali a indiqué au Matin d’Algérie que le but de son intérêt particulier accordé à l’achèvement de ses établissements du secteur de santé qui permettront d’assurer une meilleure couverture sanitaire à cette région.

A rappeler que la wilaya de Batna est connue pour la prise en charge en matières de soins et hospitalisations de nombreuses personnes malades venant de plusieurs wilayas y compris le grand sud ,dans les différents secteurs de santé de Batna CHU, CAC et Maternité Bouatoura.

 

Auteur
Abdelmadjid Benyahia

 




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Présidentielle : le projet de «rupture » proposé par Ali Ghediri est-il salvateur ?

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Ali Ghediri
Ali Ghediri
Le projet de « rupture » avec le système que préconise le candidat indépendant Ali Ghediri à l’élection présidentielle du 18 avril 2019, est-il salvateur pour le pays qui se trouve actuellement dans une impasse en raison du refus de l’alternance au Pouvoir ?

Le changement démocratique auquel aspirent les Algériens et auquel ont œuvré plusieurs générations de démocrates et de patriotes, verra t-il enfin le jour à travers le programme de ce candidat qui en train de faire bouger les lignes ?

La candidature du général à la retraite Ali Ghediri bouleverse la donne sur l’échiquier politique national tourné jusque là autour du ronronnant 5ème mandat pour le Président sortant Abdelaziz Bouteflika que ses soutiens préparent activement alors que le concerné lui-même, très malade, n’a encore rien dit. Contrairement aux appels au boycott d’une partie de l’opposition qui estime que l’élection est « jouée d’avance », il soutient qu’il est « prêt à affronter Bouteflika ». « Il n’ ya de bataille de perdue que celle qui n’est pas menée».

Il appelle le peuple à s’impliquer dans le combat pour la « rupture » avec ce système bloqué, sclérosé.

Un candidat qui fait bouger les lignes

La déclaration électorale de Ghediri ne laisse pas indifférent. Par ses propositions radicales d’un changement démocratique citoyen pacifique, il suscite autant l’espoir à gauche, que le rejet à droite, chez les classes dominantes qui veulent, à la faveur de cette élection, préserver leurs privilèges. L’intrusion des forces de l’argent dans le système politique est devenue un fait avéré et des intérêts énormes sont en jeu.

« La rupture sans reniement » d’Ali Ghediri, vise à mettre fin à « la corruption, à l’autoritarisme, au système rentier et clientéliste, celui des groupes d’intérêts et des oligarques ». Ces derniers cherchent à s’accaparer du Pouvoir politique pour consolider leur assise économique obtenue grâce à leur proximité avec les décideurs qui les ont gratifiés de leurs largesses rentières, l’octroi de marchés et de crédits publics.

Le projet alternatif de ce militaire à la retraite comprend la construction d’une « IIème République, réellement démocratique et moderne, un Etat de droit reposant sur les libertés individuelles et les valeurs communes nationales où le citoyen sera le déterminant central ».

Son projet, il le conçoit « avec la participation du peuple aussi bien dans sa définition que dans sa mise en œuvre ». Estimant que « la rupture est un « combat d’idées », il fait appel au peuple pour le mener, « en indispensable jonction avec son élite ». Cette dernière, disloquée, tétanisée, dévalorisée, entendra t-elle cet appel pour sortir de cette léthargie consciemment entretenue par le système ?

Pour ce fils d’ouvrier, mineur de l’Ouenza, qui se dit « le candidat du peuple », la démocratie réelle n’a rien à voir avec la démocratie de façade actuelle, conçue au service exclusif des classes dominantes et du Pouvoir en place. Elle pourra être reléguée au musée des subterfuges, des supercheries, du faux et usage de faux, mis au point par des groupes d’intérêt pour écarter le peuple de l’exercice de son droit à la souveraineté.

Il faut reconnaître que ce n’est pas la première fois qu’un projet de changement démocratique, de rupture, a été proposé par des partis et personnalités politiques mais sans succès. Comment alors Ali Ghediri, pourrait y arriver, là où d’autres démocrates ont échoué ? « Tout dépend du choix du moment, de l’instant T » pour engager un tel processus, a-t-il déclaré aux journalistes.

On peut déduire de cette réponse faite par une personne, qui, de par sa position, connait bien la situation du pays, que le statu quo mortel actuel oblige à opérer maintenant un changement radical, pacifique, organisé, structuré. Car au-delà, la situation pourrait conduire à une explosion incontrôlée, ouvrant la voie aux pires scénarios, au chaos qui se dessine.

Jusque là les Algériens, pour préserver la paix dans leur pays après la décennie du terrorisme, ont rejeté le recours à la rue pour porter leurs revendications démocratiques, même durant le fameux « printemps arabe » en 2011 (*). Mais ils se rendent compte aujourd’hui que si leurs enfants ne meurent plus sous les balles terroristes, la mort a pris de nouveaux visages : Harga, immolation, suicide, chômage, pauvreté, drogue, maladies, dépression, violence etc. Face à cette mort lente, ils se disent qu’ils n’ont plus grand-chose à perdre avec un système qui génère la mort et le désespoir.

Ali Ghediri, dont la candidature dérange les intérêts des classes dominantes qui bénéficient de la distribution généreuse de la rente pétrolière, subit déjà les tirs groupés des partis de l’Alliance présidentielle qui revendiquent « la continuité » du système qui refuse l’alternance, à travers la reconduction du Président sortant, Abdelaziz Bouteflika, en dépit de son âge et de son état de santé. Leur discours sur la nécessaire « stabilité » ne sert en réalité qu’à préserver leurs intérêts matériels avant l’intérêt bien compris de la nation.

Un militaire démocrate pour changer un système autoritaire mis en place par des civils ?

Ali Ghediri, ce militaire qui veut une rupture démocratique avec le système autoritaire mis en place par un Gouvernement civil, est le premier officier dans l’histoire de l’Algérie à briguer un poste de Président par la voie des urnes, sans être le candidat de l’armée et sans arriver sur un char.

Titulaire de plusieurs diplômes universitaires et militaires, il donne une autre  image d’une armée respectueuse de la Démocratie, elle qui a été souvent qualifiée de « putschiste ». Les militaires algériens ne forment pas une classe sociale à part et la dichotomie entre civils et militaires est artificielle, a estimé Ghediri devant les journalistes qui voulaient savoir si son passé de militaire ne le handicapait pas pour briguer un mandat présidentiel.

Il existe plusieurs expériences de changements menées par des militaires qui ont piloté des transitions démocratiques comportant une période de construction des institutions républicaines qui ont été abolies ou  affaiblies sous les régimes autoritaires ou dictatoriaux . Son projet de 2ème République entre t-il dans ce cadre là ? On se souvient de la période du Haut comité d’Etat (HCE) sous la présidence de Liamine Zeroual, en plein terrorisme, avec le Conseil national de transition (CNT). Cependant celle-ci n’a pas été menée jusqu’au bout, sans doute en raison du manque de vision des dirigeants de l’époque et de la pression internationale que subissait l’ANP (qui tue qui, menace du TPI etc.), ce qui l’a poussé à retourner dans les casernes, sans avoir achevé la transition.

Dans le monde, on peut citer parmi les cas de transition réussie, celle de « la Révolution des œillets » au Portugal, dirigée par le Mouvement des Forces armées (MFA), après la chute du dictateur Salazar (un civil qui a régné près de 40 ans). A sa mort, en 1970, son successeur désigné, Marcelo Caetano, qui poursuivra la même politique, sera renversé le 25 Avril 1974 par le MFA, qui aura le soutien du peuple, des organisations socioprofessionnelles et des partis de gauche (socialiste et communiste). Le MFA avant de se dissoudre, a piloté une transition qui a duré deux ans, avec un programme dit  « trois D » (démocratisation, décolonisation et développement économique), comprenant la mise en place d’un gouvernement civil, l’organisation d’élections libres et la décolonisation des anciennes colonies portugaises en Afrique.

Plus loin dans l’histoire, il y a l’exemple de la Turquie avec Mustapha Kemal Pacha, dit Atatürk,  militaire de carrière, qui a renversé la monarchie ottomane le 1er novembre 1922. Il s’est révolté contre le passé impérial de son pays et fondé la première République moderne, dont il assurera la présidence de 1923 à 1938. Il entreprit des réformes radicales comme la laïcité (séparation entre le pouvoir politique et religieux), une première dans le monde musulman.

La transition démocratique est un processus politique courant dans l’histoire des sociétés, permettant de remettre de l’ordre dans la façon de diriger une nation, de gouverner un pays, en assurant le passage progressif de régimes autoritaires (monarchie, aristocratie, oligarchie, théocratie, dictature) à la démocratie, un système politique dans lequel la souveraineté émane du peuple) et qui reste le meilleur système de gouvernance depuis sa naissance à Athènes (Grèce) durant l’Antiquité.

En Algérie, le choix entre la rupture ou le statu quo fait ainsi son intrusion dans la prochaine élection. Le programme d’Ali Ghediri, mérite d’être connu, débattu par les Algériens qui revendiquent un changement démocratique car il apporte des réponses et propose des solutions aux problèmes restés en suspens, comme une épée de Damoclès. Il offre une alternative sérieuse au système sclérosé en place qui bloque toute avancée.

Cependant, il appartient à cet ancien militaire qui fait son entrée dans la lutte politique, de rassurer les citoyens qui ont été trompés par les promesses non tenues de politiciens véreux. Il doit s’engager, en cas de son élection, qu’il va appliquer son programme et offrir des garanties pour empêcher un retour en arrière, notamment en matière de respect de la limitation des mandats présidentiels et des contre-pouvoirs garants de tout régime démocratique.

Houria Ait Kaci, journaliste

(*Voir article publie en  2011 https://www.djazairess.com/fr/elwatan/310545

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Abdelaziz Bouteflika : L’épave du statu quo à tout prix

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TRIBUNE

Abdelaziz Bouteflika : L’épave du statu quo à tout prix

Dans un entretien accordé au quotidien La Croix du 03 avril 2018, le chercheur Mohammed Hachemaoui (enseignant à Sciences Po de Paris) assertait au sujet de l’élection présidentielle du 18 avril 2019 que « ceux qui spéculent sur un cinquième mandat de l’actuel locataire du palais de Zéralda doivent manger leur chapeau.

C’est Ahmed Ouyahia qui va régner sur l’Algérie, (…) le président Bouteflika ne peut assurer aucune de (ses) missions (et) les indices de la future intronisation d’Ouyahia à la tête de l’Algérie sont évidents ».

Pour ce spécialiste de la sociologie politique «l’élévation du tamazight comme langue officielle dans la Constitution de 2016 et la décision en janvier 2018 de décréter le nouvel an berbère jour férié ont surtout vocation à remédier à l’impopularité et à légitimer en amont l’élection, pour la première fois dans les annales de l’Algérie, du futur président kabyle Ouyahia ».

Quant à Lahouari Addi, l’autre professeur à Sciences Po (cette fois de Lyon), celui-ci avançait suite à l’interrogation « Que pensez-vous de l’élection présidentielle prévue en avril 2019 ? » (question posée par le journal en ligne Maghrebemergent du 13 janvier 2019) que lors du quatrième mandat (en regard duquel ledit sociologue entrevoyait la victoire d’Ali Benflis) «Les militaires entretenaient la fiction que Bouteflika voulait se représenter et qu’ils ne pouvaient s’y opposer du fait qu’il est le chef suprême des forces armées. İls ne peuvent répéter ce même scénario pour le 5ème mandat du fait que Bouteflika est à peine conscient de ce qui se passe autour de lui.

Certains avancent le nom d’Ouyahia pour être le prochain président. C’est possible. Mais les militaires ont peur qu’une fois installé dans la fonction, il leur échappe et s’autonomise du MDN (…). İl est possible que les généraux fassent appel à Lakhdar Brahimi qui présente l’avantage d’être sans ambitions politiques. »

Voilà donc ce qu’argumentait récemment l’auteur du fameux oxymore « Régression-féconde » (il induisait en janvier 1992 la poursuivre d’un processus électoral dont la finalité aurait probablement conduit à l’éradication d’une partie du commandement militaire, comme cela s’était produit en İran après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny).

Scrutant depuis des années la scène artistique algérienne (plus particulièrement celle inhérente aux plasticiens), nous rédigeons des contributions démontrant que les groupes de la légitimation (ou domination) symbolique pèsent sur un champ culturel qui, comme l’économie, a beaucoup de mal à s’autonomiser de la vigilance du politique et de ses discours ou slogans idéologiques.

Les analyses de Mohammed Hachemaoui et Lahouari Addi étant dorénavant discréditées, nous réitérons ici le document « Abdelaziz Bouteflika : pièce décomposée du système prémoderne », déjà publié dans le webzine Lematindalgerie.com.

Les deux universitaires cités reconnaîtront, peut-être, que notre sociologue de l’art a plus de perspicacité que leurs analyses prédictives. Texte « Abdelaziz Bouteflika : pièce décomposée du système prémoderne » du 27 septembre 2018.

A la remarque interrogative, « Le président Bouteflika est en mauvaise santé, on peut dire les choses ainsi ? », que lui exposait l’animateur des matinales de « France Culture », Guillaume Erner, l’écrivain Boualem Sansal répondra ce même 31 août 2018 : « Oui, oui, c’est un légume (…), il ne gouverne pas, on ne sait pas par qui est gouverné le pays ». Dans l’esprit de nombreux analystes, le locataire d’El Mouradia (plus exactement l’assigné à la résidence médicalisée de Zeralda) est depuis longtemps passé du statut de Grosse légume à légume, c’est-à-dire de personnage incontournable à malade en état végétatif, tellement arrivé au stade primaire de l’alacrité diplomatique que l’ancien ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet, stipulait le vendredi 21 septembre 2018 (au sein du quotidien Le Figaro) qu’il est « (…) maintenu artificiellement en vie ».

Si aux yeux des habituels observateurs du champ politique algérien, son assertion n’apporte rien de nouveau, confirme en somme un mensonge qui divulgue la vérité, elle provoquera par contre quelques remous au niveau des cercles d’une « Famille révolutionnaire » manœuvrant depuis plusieurs semaines pour faire accepter à l’opinion le quatrième renouvellement d’Abdelaziz Bouteflika.

Le scénario mis en place ressemble en tous points à celui orchestré dès octobre 2013, lorsque le Premier ministre d’alors, Abdelmalek Sellal, martelait le vocable « stabilité » et soulignait en gras « Les lignes rouges à ne pas franchir». Trois mois avant le 17 avril 2014 (date du scrutin présidentiel), le chef de l’Exécutif visitait la wilaya de Mila et arguait à l’auditoire que « les prochains jours seront décisifs pour l’Algérie qui a entamé son parcours vers le progrès et la modernité (…). Maintenant, nous nous dirigeons vers le développement (grâce) aux vertus apaisantes des quinze dernières années, de la politique de réconciliation nationale (…) » (Horizons, 16 fév. 2014).

Annonçant le proche 13ème anniversaire de cette charte pour la paix, le journal El Moudjahid du 20 septembre 2018 la perçoit lui-même comme le point de départ ou colonne vertébrale des vastes réformes de l’Algérie.

Lorsque plus de 6.000 djihadistes de l’Armée islamique du salut (AİS) quittaient le 11 janvier 2000 les bastions perchés de Jijel, déposaient les armes en échange de la « grâce amnistiante » (loi consentie après des pourparlers secrets débutés en octobre 1997), les dialoguistes (militaires et membres des services secrets) tournaient le dos à la modernité politique, économique, sociétale, culturelle et artistique.

Devenue le passe-partout de l’importation tous azimuts, leur rahma (pardon) restait d’autant plus synonyme de reddition face à l’ordre archaïque que la guerre s’éternisait avec les têtes brûlées du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), que les pensées rétrogrades du Front islamique du salut (FİS) imprégneront les nomenclatures sociales, que les victimes ne peuvent porter plainte ou dénoncer publiquement le moindre préjudice, que le pardon sans la justice caractérise « (…) une forme de violence », soulignera le psychiatre Mahmoud Boudarène.

İnvité le 13 septembre 2018 de l’émission littéraire « La grande Librairie » (diffusée chaque mercredi sur la chaîne « France 5 »), l’ex-officier Mohammed Moulessehoul, plus connu sous le pseudonyme Yasmina Kadra, dira à son interlocuteur (le présentateur François Busnel) : « En Algérie on a essayé une stratégie qui a été payante, celle d’aider les repentis à intégrer la société, ça a marché ». Cela fonctionne tellement bien que le poids des conservatismes inhibe depuis davantage encore le potentiel réactif d’Algériens traumatisés, étouffe toute velléité de changement chez une jeunesse corsetée d’autoritarismes postrévolutionnaires et de subordinations politico-religieuses. İl y a une sorte de brouillage intellectif du côté de l’ancien directeur du Centre culturel algérien pourtant lucide lorsqu’il évoquera en mai 2014 la « (…) fuite en avant suicidaire » du quatrième mandat de Bouteflika (l’intervention conduira à son limogeage).

C’est donc en 2005 que ce dernier fera approuver (par 97 % des votants) le protocole offrant une seconde chance à ceux toujours dans le maquis et annihilant de manière concomitante « (….) toute allégation visant à faire endosser par l’État la responsabilité d’un phénomène délibéré de disparition ». Le blanchiment général voilera les comportements sociaux de religiosité et les prédateurs affairistes accapareront les rouages propres à la financiarisation occulte de l’économie de bazar. Au nom de la lutte en faveur de « L’éradication du terrorisme », des menaces exogènes avérées ou fictives, de la souveraineté nationale et de l’image positive de l’Algérie, les citoyens devraient se résoudre à maintenir sur le trône suprême celui incarnant (de l’avis de ses thuriféraires) la légitimité historique.

En claironnant que Bouteflika « (…) n’a pas besoin de faire campagne, son histoire et son parcours parlent pour lui.» (in La Tribune, 08 mars. 2014), Abdelmalek Sellal traçait déjà le sillon emphytéotique du grabataire souffrant d’un ulcère hémorragique, physiquement et intellectuellement inapte à assumer les charges du poste coopté, audible uniquement à travers des subalternes s’ingéniant à ce qu’il sorte vainqueur d’un simple « tour de choof » se décidant au final selon le rapport de force prévalant au sein de l’armée (au cœur des intrigues et des business, elle adoube l’élu de son choix, gère ses intérêts militaro-industriels) et des cordiales complicités à l’intérieur du clan de la représentation présidentielle.

Celui-ci se structure en quadrature institutionnelle : Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), Front de libération nationale (FLN), Forum des chefs d’entreprises (FCE) et Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

Ce socle cohésif compose l’appareil de la nomenklatura, nébuleuse rentière des lobbies monopolistiques et de la rumination mémorielle permanente. Sa survie se coagulant autour de la figure de Bouteflika, elle fait acte d’allégeances (moubayaâs), se moque de la promesse ou « tab djenana » du 08 mai 2012 à Sétif (quand l’actuel Président laissait supposer que «le temps de ma génération est révolu ») et de surcroît du bilan comptable de la Concorde civile qui a hypothéqué pour longtemps une réelle montée en modernité.

Croire que celle-ci se concrétisera grâce à l’armée, que cette entité la symbolise, cela équivaut à proroger un mythe.

Après la charge goupillée par Bernard Bajolet (autrefois patron de la Direction générale de la sécurité extérieure et de la cellule « Maghreb » du Comité interministériel du Renseignement), le haut commandement militaire confectionnera lui-même des leurres dont participe la récente interview que l’ex-ministre de la Communication Abdelaziz Rahabi concédera au quotidien arabe Al-Quds Al-Arabi.

D’après lui, Abdelaziz Bouteflika ne briguera pas un autre fauteuil en raison d’un corps chancelant et de l’absence de motivations. Les baltaguia (nervis) de la prébende ou du pseudo-Front populaire, de la Hogra (mépris), de la rechoua (corruption) ou chkara (argent sale servant à l’achat frauduleux de voix) ne l’entendent certainement pas de la même oreille.

En fond sonore résonne d’ailleurs le refrain d’une chanson de Francis Cabrel : et ça continue encore et encore, d’accord ?!, d’accord ?!

Auteur
Saâdi-Leray Farid, sociologue de l’art

 




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Halte à l’usurpation et au dévoiement de la mémoire de Lounès Matoub

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Appel à un rassemblement le 24 février

Halte à l’usurpation et au dévoiement de la mémoire de Lounès Matoub

Depuis quelques années maintenant, la mémoire de Lounès Matoub est régulièrement profanée : hommages officiels de l’Etat algérien, prières islamiques sur son tombeau et maintenant séquestration de sa mémoire dans un « musée » sponsorisé par l’arabo-islamisme.

C’est bien là le comble de l’ignominie. La mémoire de l’enfant prodige de la Kabylie se retrouve menacée d’être séquestrée par ses assassins, ceux-là même qu’il a combattu de toutes ses forces, jusqu’à y laisser sa vie. Il est inadmissible aujourd’hui d’assister à cette profanation de la mémoire de Lounès Matoub synonyme de notre humiliation, nous qui nous nous réclamons fièrement du combat du Rebelle.

Le combat de Lounès a toujours été dirigé contre le système algérien : contre l’islamisme sciemment entretenu, contre l’arabisation imposée, contre l’anéantissement des journalistes et intellectuels par le système moyenâgeux arabo-islamique, contre les supplétifs de l’Etat algérien et les Kabyles de service qui aident lâchement à pacifier la Kabylie en lui imposant une langue, une culture, une identité qui ne sont pas les siennes.

Aujourd’hui, c’est toute honte bue que l’Etat algérien œuvre publiquement à détourner la mémoire de Matoub Lounès au profit de ce qu’il a toujours combattu. Nous ne pouvons nous taire face à un tel sacrilège. Et à celles et à ceux qui croient, naïvement, à une « reconnaissance », nous disons : En quoi l’Etat algérien est-il différent aujourd’hui de ce qu’il était hier ? Comment un Etat qui pratique l’assimilation lancinante et forcée des Amazighs à l’arabo-islamisme serait-il soudainement « habilité » à honorer la mémoire du Rebelle ?

En quoi l’Etat algérien qui pratique ouvertement une politique liberticide, répressive et même criminelle, notamment contre les Kabyles et les Amazighs de manière générale, serait-il apte à rendre hommage à Lounès Matoub ? C’est pourquoi le Collectif pour la défense de la mémoire de Lounès Matoub appelle à la mobilisation générale des Kabyles, notamment en Kabylie, pour dénoncer les atteintes qui visent la mémoire de celui qui s’est battu pour défendre la dignité de la Kabylie.

Pour dénoncer les attaques de l’Etat algérien qui visent la mémoire de Lounès Matoub et l’humiliation des Kabyles et des Amazighs de manière générale, à Paris nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent et se réclament du combat de Lounès Matoub à un rassemblement au Parvis des droits de l’Homme au Trocadéro le dimanche 24 février 2019 à 14h30. 

 




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