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Halte à l’usurpation et au dévoiement de la mémoire de Lounès Matoub

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Appel à un rassemblement le 24 février

Halte à l’usurpation et au dévoiement de la mémoire de Lounès Matoub

Depuis quelques années maintenant, la mémoire de Lounès Matoub est régulièrement profanée : hommages officiels de l’Etat algérien, prières islamiques sur son tombeau et maintenant séquestration de sa mémoire dans un « musée » sponsorisé par l’arabo-islamisme.

C’est bien là le comble de l’ignominie. La mémoire de l’enfant prodige de la Kabylie se retrouve menacée d’être séquestrée par ses assassins, ceux-là même qu’il a combattu de toutes ses forces, jusqu’à y laisser sa vie. Il est inadmissible aujourd’hui d’assister à cette profanation de la mémoire de Lounès Matoub synonyme de notre humiliation, nous qui nous nous réclamons fièrement du combat du Rebelle.

Le combat de Lounès a toujours été dirigé contre le système algérien : contre l’islamisme sciemment entretenu, contre l’arabisation imposée, contre l’anéantissement des journalistes et intellectuels par le système moyenâgeux arabo-islamique, contre les supplétifs de l’Etat algérien et les Kabyles de service qui aident lâchement à pacifier la Kabylie en lui imposant une langue, une culture, une identité qui ne sont pas les siennes.

Aujourd’hui, c’est toute honte bue que l’Etat algérien œuvre publiquement à détourner la mémoire de Matoub Lounès au profit de ce qu’il a toujours combattu. Nous ne pouvons nous taire face à un tel sacrilège. Et à celles et à ceux qui croient, naïvement, à une « reconnaissance », nous disons : En quoi l’Etat algérien est-il différent aujourd’hui de ce qu’il était hier ? Comment un Etat qui pratique l’assimilation lancinante et forcée des Amazighs à l’arabo-islamisme serait-il soudainement « habilité » à honorer la mémoire du Rebelle ?

En quoi l’Etat algérien qui pratique ouvertement une politique liberticide, répressive et même criminelle, notamment contre les Kabyles et les Amazighs de manière générale, serait-il apte à rendre hommage à Lounès Matoub ? C’est pourquoi le Collectif pour la défense de la mémoire de Lounès Matoub appelle à la mobilisation générale des Kabyles, notamment en Kabylie, pour dénoncer les atteintes qui visent la mémoire de celui qui s’est battu pour défendre la dignité de la Kabylie.

Pour dénoncer les attaques de l’Etat algérien qui visent la mémoire de Lounès Matoub et l’humiliation des Kabyles et des Amazighs de manière générale, à Paris nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent et se réclament du combat de Lounès Matoub à un rassemblement au Parvis des droits de l’Homme au Trocadéro le dimanche 24 février 2019 à 14h30. 

 




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Un étudiant sauvagement assassiné à la résidence universitaire de Ben Aknoun

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EXPRESS

Un étudiant sauvagement assassiné à la résidence universitaire de Ben Aknoun

Un étudiant en médecine a été sauvagement assassiné par des inconnus à l’intérieur de la résidence universitaire Taleb Abderrahmane-2 Ben Aknoun

Un étudiant en 3e année médecine, originaire de la wilaya de Bordj Bou Arréridj, a été sauvagement assassiné dans la soirée de dimanche à l’intérieur de sa chambre au niveau de la résidence universitaire Taleb-Abderrahmane-2, située à Ben Aknoun sur les hauteurs d’Alger.

Selon les premiers témoignages, le défunt âgé de 22 ans, était seul dans sa chambre, quand deux individus inconnus de l’établissement, se sont introduits chez lui pour commettre leur crime crapuleux.   

Selon la même source, les suspects, ont quitté les lieux à bord du véhicule de la victime, sans se faire inquiéter par les agents de sécurité, laissant ainsi, derrière eux un véritable bain de sang.

Tard dans la soirée, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Dr Tahar Hadjar, s’est rendu sur les lieux pour inspecter la scène du crime, une occasion pour les étudiants de lui faire part de leurs préoccupations quotidienne au sein de cet établissement.

Contactés par nos soins, un collectif estudiantin, affirme que ce genre de crime était appréhendable, en conséquence à la situation chaotique qui règne depuis quelques années déjà à l’intérieur de la structure, et dénoncent : «Nous avons transmis plusieurs rapports à la direction des œuvres universitaires d’Alger Centre, mais la directrice « Z. B. » nous a toujours ignoré dont elle se contente à chaque fois de déléguer les mêmes personnes n’ayant aucune influence sur les responsables de la résidence, et pour preuve, la majorité des étudiants ne connait même pas son visage ».

A proximité de l’Office national des œuvres universitaire, les trois résidences universitaires Taleb Abderrahmane de Ben Aknoun, ont fait cette année, état de plusieurs scandales médiatisés. Les étudiants algériens vivent dans des conditions particulièrement indignes, une situation plusieurs fois soulevée et dénoncée, mais sans aucun feedback malheureusement.

Reste à savoir, si le défunt Belalta Assil, serait cette raison, pour mettre terme à la médiocrité au sein des œuvres universitaires ? Peu sûr quand on connaît l’autisme dont font preuve les autorités depuis belle lurette.

       

Auteur
Anès A.

 




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Tayeb Belaïz désigné président du Conseil constitutionnel

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EXPRESS

Tayeb Belaïz désigné président du Conseil constitutionnel

 Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a désigné dimanche, Tayeb Belaïz, à la tête du Conseil constitutionnel, en remplacement du défunt Mourad Medelci.

Cette nomination intervient conformément à l’article 183 de la Constitution de 2016 qui stipule que « Le président de la République désigne, pour un mandat unique de 8 ans le président et le vice-président du Conseil constitutionnel ».

M. Bélaïz avait occupé déjà ce poste avant d’être nommé, entre 2013 à 2015, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales.

Né le 21 août 1948 à Maghnia (Tlemcen), M. Bélaïz a débuté sa carrière professionnelle au sein des services extérieurs du ministère de l’Intérieur, avant de rejoindre le secteur de la justice en occupant d’abord le poste de magistrat pendant 25 ans, puis celui de président de la Cour d’Oran et de Sidi Bel Abbès ainsi que celui de conseiller à la Cour suprême.

En 2002, M. Bélaïz est nommé ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, et en 2003, ministre de la Justice.

Avant cette nomination à la tête du Conseil constitutionnel, il occupait le poste de ministre d’Etat, conseiller spécial du président de la République.

Auteur
APS

 




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Candidature de Bouteflika : un président absent et inaudible estime Le Monde

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Présidentielle

Candidature de Bouteflika : un président absent et inaudible estime Le Monde

Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, sera donc bien candidat à un cinquième mandat lors de l’élection présidentielle du 18 avril. L’annonce a été faite, dimanche 10 février, par l’agence de presse officielle (APS) algérienne. Cette dernière indique que le chef de l’Etat sortant a annoncé sa candidature dans un message à la nation qui sera diffusé ultérieurement dans la journée.

Peu de doutes subsistaient sur les intentions du président. Samedi 9 février, à La Coupole, la grande salle omnisports sur les hauteurs d’Alger, le FLN [Front de libération nationale, ex-parti unique] avait, lors d’un grand meeting, indiqué que M. Bouteflika serait le candidat du parti en avril. Mouad Bouchareb, président de l’Assemblée nationale et coordinateur du FLN, y a prononcé un discours hagiographique sur « les réalisations » du chef de l’Etat, avant d’appeler les militants du parti à se préparer pour la campagne électorale. C’est donc un président absent et inaudible qui est désormais candidat à sa propre succession.

Affaibli depuis un AVC en 2013

Il y a encore quelques semaines, certains Algériens s’accrochaient à l’idée que la raison finirait par l’emporter et qu’une telle candidature serait évitée. Au pouvoir depuis 1999, le chef de l’Etat sortant, 81 ans, est très affaibli depuis un accident vasculaire cérébral en 2013 et ne s’est plus adressé publiquement à la population. Mais l’armée algérienne, dont le poids est décisif, a signifié à maintes reprises par la voix de son chef d’état-major, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, son refus d’intervenir pour empêcher un cinquième mandat.

Le 2 février, les dirigeants des partis du pouvoir − le FLN, le Rassemblement national démocratique (RND), le Mouvement populaire algérien (MPA) et le Tadjamoue Amel El Djazair (TAJ) − avaient annoncé que M. Bouteflika serait leur candidat au scrutin d’avril. Dans le plus pur style des discours des partis uniques, occultant totalement l’état de santé du chef de l’Etat, les quatre formations ont expliqué choisir Abdelaziz Bouteflika « en signe de reconnaissance des acquis importants que l’Algérie a réalisés sous sa direction et en soutien à son programme ambitieux de réformes et de développement pour une Algérie épanouie, unie, solide et réconciliée ».

Une proposition de report de l’élection rejetée

Signe toutefois de l’inconfort représenté par la perspective d’un cinquième mandat, l’idée d’une prolongation « consensuelle » du mandat du président et d’un report de l’échéance électorale a été discutée au sein du pouvoir. Le but était d’éviter de revivre la campagne de 2014 qui avait été menée avec un candidat absent, incapable de s’adresser aux électeurs. L’option du report, intenable sur le plan constitutionnel, a finalement été rejetée.

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), auteur de l’offre de report et dont le chef Abderrazak Makri est candidat à la présidentielle, a expliqué que le président n’est « pas en mesure de continuer à gouverner en raison de la nature de sa maladie », poursuivant : sa candidature « n’est pas dans son intérêt, mais dans celui de ceux qui tirent profit de cette situation. Ils assumeront l’entière responsabilité de ce qui découlera (…) et des dangers qui menacent le pays ».

Le seul danger politique immédiat dans un pays où les villes sont quadrillées par les services de sécurité est celui d’un éventuel débordement de rue. Le premier ministre, Ahmed Ouyahia, a pris soin à cet effet d’envoyer un message menaçant ceux qui appellent au boycott. Ces derniers doivent demander l’autorisation d’organiser des réunions − le plus souvent rejetée − dans des salles mais « ils ne feront pas sortir le peuple dans la rue. Nous les empêcherons de maîtriser la rue ou de créer de l’anarchie », a prévenu M. Ouyahia.

L’opposition affaiblie et émiettée

Pour l’heure, la menace de la rue reste très virtuelle. Dans les rangs des boycotteurs, incarnés par le mouvement Mouwatana (« citoyenneté-démocratie »), des fissures apparaissent à l’approche de l’élection. Zoubida Assoul, porte-parole du mouvement, a choisi avec son petit parti, l’Union pour le changement et le progrès (UPC), de soutenir la candidature du général-major à la retraite Ali Ghediri.

Une situation qui illustre le dilemme de l’opposition algérienne, affaiblie et émiettée, oscillant entre l’idée de boycotter une élection jouée d’avance et celle de soutenir un candidat. Le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) et le FFS (Front des forces socialistes) ont appelé au boycott du scrutin. Très tardivement, Abdallah Djaballah, du parti Adala (islamiste) a appelé à une « candidature unique de l’opposition » qui a peu de chance d’être acceptée.

Plus de 180 dossiers de candidatures ont été retirés au ministère de l’intérieur mais seuls quelques-uns pourront passer l’épreuve de la collecte des 600 signatures d’élus locaux ou de 60 000 électeurs nécessaire à la validation de toute candidature. L’islamiste Abderrezak Makri ne devrait pas avoir de difficultés à être dans la course. Ali Benflis, ancien chef du gouvernement, et deux fois candidat face à Abdelaziz Bouteflika en 2004 et en 2014, va devoir trancher. Il pourrait choisir de se retirer, laissant ainsi le rôle de principal adversaire à Ali Ghediri, qui a obtenu le ralliement, encore timide, de quelques figures de l’opposition.

Amir Akef (Alger, correspondance)

Auteur
Amir Akef (Alger, correspondance)

 




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Talaie El Hourriyet : la candidature de Bouteflika est « une violation de la Constitution »

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Présidentielle

Talaie El Hourriyet : la candidature de Bouteflika est « une violation de la Constitution »

Dans un communiqué particulièrement sans concession Talaie El Hourriyet dénonce la 5e candidature de Bouteflika et relève l’irresponsabilité de cette décision ainsi que les dangers qu’elle fait courir au pays.

« En annonçant la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, le pouvoir politique en place a pris une décision irresponsable, susceptible d’enfoncer davantage notre pays dans la crise politique, économique et sociale qui le ronge.

Nous sommes en présence, d’un nouveau détournement annoncé de la volonté populaire, d’une violation caractérisée de la constitution avec un candidat dans l’incapacité d’exercer la fonction présidentielle.    

Nous sommes en présence d’un coup de force dans la lignée de celui qui en 2008 a permis de faire sauter le verrou de la limitation des mandats et qui a fait déjà du 3eme mandat un mandat de trop comme l’a été le 4e mandat et le sera le 5e .

Le pouvoir politique en place a pris la responsabilité de placer l’impératif de sa pérennité sur les intérêts supérieurs du pays, prenant le risque de mettre en péril la paix sociale, la stabilité du pays et la cohésion nationale.

Le 5e mandat signifie l’immobilisme et la stagnation. Le pays continuera à être géré par des forces extra constitutionnelles qui continueront à usurper la fonction et les prérogatives présidentielles et parler et agir au nom du Président.

Ceux qui ont pris cette décision ne se soucient que de leurs intérêts et privilèges. Ils jouent avec la stabilité et la sécurité du pays en méprisant l’aspiration légitime de l’écrasante majorité des Algériens au changement.

Par cette décision qui touche à la dignité citoyenne, le pouvoir politique en place engage sa responsabilité pleine et entière quant au danger auquel il expose le pays. »
 

 




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Bouteflika annonce sa volonté de rester au pouvoir

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Texte de sa candidature

Bouteflika annonce sa volonté de rester au pouvoir

Voici le message à la nation de M. Abdelaziz Bouteflika, pour l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. 

« Mes chers compatriotes

II y a cinq années, vous m’avez porté à la magistrature suprême pour poursuivre le processus de construction nationale. Ce choix exprimé par une large majorité, reflétait sans doute votre attachement à une œuvre nationale marquante, autour de laquelle j’ai eu le privilège de rassembler vos convictions et de mobiliser vos énergies.

En effet, dès ma première investiture à la tête de notre pays, je me suis consacré à éteindre le brasier de la Fitna, à rassembler de nouveau une nation meurtrie par la tragédie nationale et à engager la reconstruction d’un pays ébranlé par une crise multiforme.

Ce défi a d’abord été relevé avec la Concorde civile, puis consolidé par la Réconciliation nationale que vous avez décidée souverainement. Grâce à ces choix historiques, la sécurité et la sérénité ont été rétablies dans notre pays, les blessures se sont cicatrisées et la fraternité est revenue au sein de la société. La voix de l’Algérie s’est de nouveau faite entendre avec force sur la scène internationale, et la Réconciliation nationale est devenue un exemple pour de nombreuses nations dans le monde.

Dans la paix restaurée, le pays est devenu un vaste chantier, après une période difficile d’ajustement structurel économique et social douloureux.

Les réformes se sont succédé dans de nombreux domaines, notamment ceux de la justice, de l’éducation, de l’administration et de l’économie. La démocratie ainsi que les droits et les libertés des citoyens ont enregistré de grandes avancées, consolidées par la dernière révision constitutionnelle.

Dans le domaine économique, l’Algérie a conforté sa souveraineté, grâce à un désendettement massif, à l’accumulation de réserves de change et à la constitution d’une épargne publique appréciable. Ce sont ces facteurs qui nous ont permis de faire face à l’effondrement des prix du pétrole ces dernières années, et de poursuivre ainsi notre processus de développement.

L’Algérie a également engagé des programmes massifs de construction d’infrastructures de base. Parallèlement, les réformes et les incitations publiques ont permis des progrès indéniables dans la diversification de l’économie et les exportations hors hydrocarbures.

Au plan social, la situation s’est améliorée sensiblement. On le constate à travers le recul du chômage, la prise en charge effective de nos concitoyens en matière d’habitat, sur tout le territoire national, la large satisfaction des besoins des citoyens en eau et énergie, ainsi que par le triplement du nombre de nos enfants, filles et garçons, présents dans les écoles, les centres de formation, les instituts et les universités.

Par voie de conséquence, l’indice du développement humain a atteint des niveaux remarquables dans les comparaisons internationales.

La progression dans le développement a été accompagnée d’une évolution qualitative des fondements de la société. Ainsi, l’unité nationale a été confortée par la promotion de tamazight comme l’un des piliers de notre identité nationale aux côtés de l’Islam et de la langue arabe. De même, la femme a vu sa place et son rôle en politique et dans le monde du travail, rehaussés à la mesure de sa contribution à la libération du pays et à la construction nationale.

Ainsi, avons-nous veillé à ce que notre jeunesse s’investisse davantage dans l’appropriation de son avenir par l’acquisition massive de la science et des connaissances, ainsi que par l’accès continu à la sphère productive et décisionnelle dans tous les domaines.

Comme l’on a consacré notre plus grande attention à notre communauté nationale établie à l’étranger, compte tenu de son rôle historique remarquable dans la Glorieuse révolution et son attachement inconditionnel à la patrie. Et à cette occasion je réitère la poursuite des engagements de l’Etat dans la sauvegarde des droits légitimes de notre communauté nationale, et la prise en charge de ses préoccupations, tout en veillant à son implication dans développement national.

Nous avons également modernisé l’Armée nationale populaire, digne héritière de l’Armée de libération nationale, ce qui permet à notre pays de garantir sa sécurité, dans le contexte de crises et de conflits qui secouent notre région.

Je saisis cette occasion pour renouveler l’expression de reconnaissance et de gratitude de la nation à tous les éléments de nos forces armées que je salue, Commandement, Officiers, Sous Officiers et Djounoud et tous ceux qui ont servi l’Algérie à travers cette glorieuse institution avec ferveur, fidélité et abnégation, et pour dire les sentiments de respect et de fierté que nous vouons à tous les corps de sécurité et corps constitués. Prions tous, maintenant, à la mémoire des martyrs du devoir national, qui ont donné leurs vies pour que notre peuple jouisse aujourd’hui de la stabilité, la sécurité et la quiétude, dans la République qui est le produit de la Glorieuse Révolution de Novembre.Au niveau international, l’Algérie est désormais, et le demeurera, un partenaire stratégique de nombreuses puissances actives dans le monde, en même temps qu’elle assume un rôle d’avant-garde dans les sphères auxquelles elle appartient, avec son palmarès riche et ses positions constantes.

Mes chers compatriotes

Ce sont sans doute, les avancées qu’a réalisé notre pays et la conscience des citoyens des enjeux et difficultés qui le guettent, qui ont amené, ces derniers mois, de nombreuses voix au sein de la classe politique et de la société civile à encore me solliciter pour poursuivre ma mission au service de la patrie.

Je voudrais exprimer, ici, ma profonde reconnaissance aux auteurs de ces appels dont j’ai perçu les attentes. Ils me rassurent que je n’ai pas déçu la majorité de notre peuple, même si je n’ai certainement pas concrétisé la totalité de mes engagements envers lui, ni encore moins satisfait toutes ses attentes et ses ambitions qui sont grandes.

Dans le même temps, je suis conscient que notre pays a encore de grands chantiers à prendre en charge et à parachever et de grands défis à relever.

Bien sûr, je n’ai plus les mêmes forces physiques qu’avant, chose que je n’ai jamais occultée à notre peuple, mais la volonté inébranlable de servir la Patrie ne m’a jamais quitté et elle me permet de transcender les contraintes liées aux ennuis de santé auxquels chacun peut être un jour confronté.

Cette volonté et mon engagement au service de la Patrie se nourrissent d’un attachement indéfectible au serment que j’ai fait aux glorieux chouhada et partager avec les vaillants moudjahidine, mes compagnons dans la lutte de libération nationale.

C’est dans ce contexte, en réponse à toutes les sollicitations et dans un esprit de continuité dans l’accomplissement d’un devoir ultime, que j’annonce aujourd’hui ma candidature à l’élection présidentielle du mois d’avril prochain.

Mes chers compatriotes,

En cette occasion, permettez-moi de partager avec vous quelques réflexions sur les contraintes et les exigences auxquelles notre pays devra faire face, les défis qui s’imposent à nous et les moyens de les relever.

Les progrès accomplis sur la voie du développement économique, social et culturel ont fait apparaître de nouvelles exigences et de nouvelles ambitions dans notre société, en particulier chez nos jeunes générations, ouvertes sur le monde et fortement désireuses de participer activement au développement de leur Patrie.

Les défis sont ceux liés à la consolidation d’une société de progrès, de justice et d’équité, politiquement consensuelle et socialement inclusive, fondée sur une économie productive et compétitive, progressivement débarrassée, sur le plan budgétaire et financier, de la dépendance excessive à l’égard des hydrocarbures.

Sur la voie de la construction de cette société, nous devons aujourd’hui faire face à de multiples contraintes, notamment celles liées à la croissance de la population, à la multiplication des besoins à satisfaire, à l’érosion de nos ressources financières extérieures, aux incertitudes de l’économie mondiale, aux troubles régionaux et internationaux, mais également à l’apparition dans notre société de comportements contraires aux principes d’intégrité et au valeurs morales de respect du travail et du sens de l’effort.

La prise en charge de ces exigences, défis et contraintes nécessite d’abord, des avancées supplémentaires dans les divers champs de la gouvernance, de la croissance économique et du développement socio-éducatif et culturel.

Cependant, c’est surtout dans la conjonction de nos volontés et de nos énergies et leur mise au service de l’intérêt national que nous pourrons réussir la mutation vers cette société de progrès, de justice et d’équité, à laquelle nous aspirons tous.

C’est fort de cette conviction que j’ai appelé, depuis plusieurs mois déjà, les forces de la Nation à faire émerger un consensus patriotique et politique qui leur permettra de mieux se mobiliser ensemble pour préserver nos acquis, défendre nos intérêts supérieurs et permettre au pays de continuer à progresser dans l’unité et la stabilité, au milieu d’un environnement régional fortement perturbé et dans une conjoncture internationale lourde d’incertitudes.

Ma conviction est que le consensus est une vertu cardinale, grâce à laquelle notre peuple a pu assurer la cohésion dans ses rangs pour relever des défis majeurs, comme celui de la glorieuse Révolution de Novembre, et, plus proche de nous, ceux de la Concorde Civile et de la Réconciliation Nationale.

Aussi, si vous m’honorez de votre confiance précieuse, le mois d’avril prochain, j’inviterai dès cette année toutes les forces politiques, économiques et sociales de la Nation à une Conférence nationale consacrée à la concrétisation du consensus sur les réformes et les changements que notre pays devra engager en vue d’aller plus loin dans la construction de son devenir et de permettre à nos concitoyens de continuer à vivre ensemble, de mieux en mieux, dans la paix et la prospérité.

Mes chers compatriotes

Permettez-moi de vous expliciter, maintenant, les motivations de cette Conférence ainsi que les missions dont elle sera investie.

Je vous ai rappelé les réalisations que nous avons déjà concrétisées ensemble dans les domaines de la paix, de la concorde, des réformes et du développement. Ces réalisations demeurent à parfaire, notamment pour rétablir et consolider la confiance des citoyens dans les institutions, raffermir l’Etat de droit et la bonne gouvernance, et conforter un développement économique fondé sur la justice sociale et l’affirmation d’une économie nationale d’initiative, productive et compétitive.

Les réformes politiques que j’ai engagées depuis 2011 visent la consolidation de la confiance des citoyens en leurs institutions, à travers, en premier lieu, la garantie d’une transparence des scrutins et la dynamisation de notre jeune démocratie pluraliste pour qu’elle puisse désormais proposer des alternatives crédibles aux électeurs. Elles visent également le renforcement du contrôle du parlement sur le pouvoir exécutif et la consécration de l’obligation de rendre compte pour tous les responsables, et à tous les niveaux, mais aussi, la concrétisation d’un rôle plus actif que la Constitution reconnaît à l’opposition au sein du parlement.

Consolider la confiance des citoyens dans les institutions, nécessite également des réponses plus adaptées aux aspirations de notre jeunesse, qui parfois se tient loin de la vie politique et dont certains éléments choisissent même de recourir à des tentatives d’exil, extrêmes et suicidaires. C’est pourquoi nous devons assurer une présence plus forte des jeunes dans les instances exécutives et dans les assemblées élues, pour définir et mettre en œuvre des réponses à leurs attentes.

Par ailleurs, pour raffermir l’Etat de droit et la bonne gouvernance, il nous faut d’abord vaincre le fléau de la bureaucratie grâce à une modernisation et à une décentralisation accrue de l’administration publique, mais il nous faut aussi renforcer la contribution des citoyens à la gestion des affaires locales à travers la mise en place de mécanismes de démocratie participative, pour plus d’efficience dans la gestion du service public et sa pérennité.

Mais raffermir l’Etat de droit, c’est surtout consolider l’indépendance de la Justice, et assurer une plus grande mise en œuvre de ses décisions. C’est aussi progresser davantage dans la lutte contre la corruption par le renforcement des organes chargés de cette mission ainsi que par une plus grande implication de la société civile dans ce combat.

Dans le domaine économique, nous devons approfondir les réformes structurelles et financières, pour faire face aux difficultés conjoncturelles actuelles et travailler à impulser une nouvelle dynamique de croissance, plus dense et plus compétitive. A cette fin, tous les changements nécessaires devront être introduits sans dogmatisme aucun, avec le concours du secteur public, du capital privé national et du partenariat étranger, et avec comme seule référence l’efficacité et la performance, la création d’emplois et l’augmentation des revenus du pays.

Dans le domaine social enfin, nos principes de justice et d’équité sont des constantes nationales dont la concrétisation nécessitera des mises à niveau pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et garantir la pérennité de notre système de protection sociale.

Mais ce que nous souhaitons réaliser dans les domaines politique, économique et social ne peut véritablement être atteint que si nous travaillons à améliorer la gouvernance aussi bien dans les institutions et administrations de l’Etat que dans le secteur des entreprises, publiques et privées. D’où l’intérêt particulier que nous devons absolument accorder à l’émergence aux postes de responsabilité et de gestion d’une ressource humaine de qualité, formée, qu’il faut absolument encourager et protéger.

Ce sont là quelques unes des préoccupations dont la Conférence nationale pourra débattre pour proposer des solutions ralliant le consensus le plus large possible.

Outre l’élaboration d’une plate forme politique, économique et sociale, la Conférence nationale pourra aussi proposer un enrichissement profond de la Constitution, dans le respect de ses dispositions relatives aux constantes nationales, à l’identité nationale et au caractère démocratique et républicain de l’Etat.

Les propositions que dégagera la Conférence Nationale me seront soumises pour leur concrétisation par les voies appropriées.

Mes chers compatriotes

Tel est donc le message que j’ai tenu à vous transmettre aujourd’hui, à la fois pour vous annoncer ma candidature à l’élection présidentielle du mois d’avril prochain, mais aussi pour vous faire part de mon intention sincère d’associer toutes les forces nationales, politiques, économiques, associatives et syndicales à la poursuite de la construction de notre démocratie.

Ce faisant, j’appelle à faire prévaloir tout ce qui rassemble sur ce qui nous différencie les uns des autres dans le respect du pluralisme des visions, et j’aspire à voir l’Algérie, démocratique et pluraliste, s’unir davantage, avec force et avec efficacité, pour progresser encore plus dans la construction de son avenir…

Auteur
APS

 




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Rachid Nekkaz ignoblement agressé à Tlemcen (Vidéo)

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EXPRESS

Rachid Nekkaz ignoblement agressé à Tlemcen (Vidéo)

 Rachid Nekkaz était ce dimanche de 9h30 à 12h à Sidi Bel Abbès. Puis il prend la direction de Tlemcen. Il était en train de récolter les signatures pour participer à la présidentielle.

Mais voilà que le candidat à la candidature a été la cible d’un groupe d’individus qui s’en sont pris à lui violemment. 

Le candidat n’a dû son salut que l’intervention de quelques personnes qui l’ont protégé et des rares policiers qui ont fini par intervenir pour l’extirper des mains de ces voyous.

Que s’est-il passé ? Pourquoi ce individus ont agressé Rachid Nekkaz sous les yeux des policiers ?

Auteur
La rédaction

 




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Algérie : 50 ans de résistance linguistique

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REGARD

Algérie : 50 ans de résistance linguistique

L’élection présidentielle dans un pays est souvent l’occasion d’un nouveau départ, avec une nouvelle vision et le changement des acteurs politiques. Les candidats sont alors tenus de se déterminer à l’avance sur l’ensemble des sujets importants pour l’avenir de la nation.

Quelles que soient les réserves légitimes émises à propos des prochaines élections présidentielles dans notre pays,  une première victoire vient d’être acquise : la multiplicité des candidats à la candidature (on parle de plus de 180 personnes qui ont retiré le formulaire de candidature). Le terrain est certes balisé et miné. Mais un verrou a sauté : il n’y a pas que ceux qui ont les chars derrière eux, la main sur les comptes en devises de Sonatrach et le soutien de la police politique, qui peuvent prétendre à la magistrature suprême.

Sur les plans culturel et linguistique, l’Algérie s’est fourvoyée dans une direction dont il est aujourd’hui urgent d’en sortir.  

La politique d’arabisation lancée en 1963 sans aucun débat national, dès la prise du pouvoir, par la force, par l’armée de l’extérieur venue du Maroc et de la Tunisie, visait deux objectifs :

  • Faire disparaître les langues du peuple (tamazight et darija/arabe dialectal), considérées comme des dialectes vulgaires, non porteurs de culture ; et pour mieux les dévaloriser, on les qualifiaient de « legs du colonialisme » !

  • Fabriquer ‘’l’Algérien nouveau’’, de culture exclusive arabo-islamique, accessoirement socialiste, et utilisant la langue arabe littérale.

Aucun pays au monde n’a mis autant de moyens pour tenter d’acculturer sa population. Et pourtant, c’est bien connu, pour tout individu, « la perte de la langue est la première cause de la perte de la culture ».

Les causes de mort des langues  minoritaires sont multiples (disparition des locuteurs suite à une guerre, épidémie, exode économique ou fuite du terrorisme ou de la répression de l’armée, pression d’une autre langue, fermeture/volonté de purisme puis affaiblissement et extinction, action volontaire d’un Etat central qui impose sa langue, etc.).  

Certes beaucoup de langues disparaissent, mais il en naît de nouvelles depuis des siècles (les langues créoles, le néo-norvégien, l’hébreu moderne, le maltais au début du 20e siècle, le croate en 1990, dissocié volontairement du serbo-croate, etc.).

L’Algérie du néo-FLN a ajouté une autre cause de morbidité à ce triste répertoire des causes de destruction des langues : satisfaire un schéma idéologique, l’arabo-islamisme. C’est une véritable auto-mutilation dont le coup social et culturel est immense et qui n’a jamais été évalué à ce jour.

Pourtant, à la libération du pays en 1962, avant le déclenchement de cette politique d’arabisation (due au couple Ben Bella-Nasser puis poursuivie vigoureusement par Boumediène), il n’y avait pas d’ostracisme particulier. Le premier discours du 5 juillet 1962 à Sidi Ferruch (Sidi Fredj), lieu du débarquement français en 1830, a été tenu en kabyle par la colonel Akli Mohand Oulhadj, et au stade municipal d’Alger Ruisseau (El Annasser), Krim Belkacem, à côté de Mohamed Boudiaf, a fait son discours en kabyle (1) (voir la vidéo). Ben Bella faisait alors ses discours sans complexe en darija ou en français.

Par contre, Liamine Zeroual n’a jamais prononcé un mot en public en tamazight, sa langue maternelle. Il a fallu attendre 1992 pour entendre le président Boudiaf faire ses discours en darija, et le premier ministre Ahmed Ouyahia s’exprimer dans les médias en tamazight, bien après les années 2000.

Depuis 1963, l’État algérien n’a pas eu la même attitude vis-à-vis du darija et de la langue amazighe, quelle que soit la spécificité d’ailleurs (kabyle, chaouia, mozabite, touarègue, etc.). Les deux devaient disparaître et laisser la place à l’arabe classique. Mais il y avait bien une hiérarchie implicite dans son attitude, jamais exprimée et assumée par les responsables politiques, mais vérifiable tous les jours dans tous les domaines de la vie nationale.

1.- Destruction et effacement à terme de la langue amazighe 

C’est le point d’accord de tous les idéologues de l’arabisation au sein du FLN. Cette obsession éradicatrice vient de l’idéologie des Oulémas depuis les années 1930 et qui avait infiltré le PPA (Parti du Peuple algérien) puis le FLN. Ils avaient décrété que l’Algérie était un pays arabo-musulman, sans histoire d’avant l’islamisation. Tout ce qui reste n’est que jahiliya (sauvagerie/ignorance/idolâtrie). La position bien connue de Bachir Ibrahimi, alors chef des Oulémas, est sans nuance ; elle est rappelée en notes (2).

Dans l’euphorie arabisante de Ben Bella en 1963, celui-ci avait tenté de supprimer les émissions en kabyle sur la radio algérienne (3).

On ne peut comprendre toute la violence qui a été dirigée contre Agraw Imazighen / l’académie berbère, créée en exil à Paris en 1967, si on ne tient pas compte de cette stratégie d’éradication. On peut imaginer la réaction de Boumediène et de ses amis : « Comment ? Des hurluberlus à la solde de l’impérialisme (c’était la formule consacrée pour disqualifier tout opposant) veulent faire une académie alors que c’est la disparition qui les attend ? ». Des moyens financiers et humains colossaux ont été engagés pour infiltrer, saboter et casser par la violence cette académie au moyen de la police politique et des barbouzes de l’ex. Amicale des Algériens en Europe.

Les perquisitions musclées des agents de la Sécurité Militaire (SM) dans les lycées et les domiciles de  jeunes de Kabylie, des Aurès et d’ailleurs pour trouver des textes ou poèmes écrits en tamazight sont des témoins de cette politique d’éradication. Ces jeunes traumatisés sont aujourd’hui pères et grand pères. Ils le racontent aujourd’hui à leurs descendants et l’histoire le retiendra.

2.- Transformer la langue darija en langue arabe classique (passer du ‘’vulgaire’’ à la langue ‘’noble’’ !)

C’est le but, jamais exprimé, des idéologues de l’arabisation : tuer ce darija vulgaire, qu’on désigne toujours par le qualificatif aârbiyya / ‘’arabe populaire’’, afin de maintenir la confusion dans l’esprit des locuteurs, et le remplacer par la ‘’vraie langue arabe’’ du Coran, et ainsi devenir de bons musulmans.

Surtout, on ne dit jamais d’où vient cette langue. Une connivence qui n’est pas due à l’ignorance ni au seul hasard.

Darija / arabe dialectal et l’arabe classique (ou littéral, ou coranique) sont deux langues distinctes. Elles ont certes un lien de parenté.

Darija est une langue nouvelle d’Afrique du Nord, née du contact entre les tribus hilaliennes arabophones, venues d’Orient, à partir du 11eme siècle, et les tribus amazighes zénètes occupant les Hauts Plateaux sahariens. Darija est donc une synthèse, dont la syntaxe comme le vocabulaire sont un mixage des deux langues.

A partir des différences locales entre les régions, on peut tracer les mouvements des grandes tribus entre l’Est et l’Ouest, de la Tunisie au Maroc.

Darija, que l’on dénomme aussi Maghribi ou Tamaghribit, est donc une langue de chez nous. Et pour cela, elle a été disqualifiée et destinée à la disparition par nos stratèges arabo-islamistes du FLN et de leurs alliés Oulémas.

De la résistance populaire

L’échec de la politique d’éradication linguistique (= disparition des langues tamazight et darija) est certes dû au réflexe millénaire de défense d’un peuple qui en a vu d’autres : imposition du punique par Carthage, du romain par les Romains, et qui ont disparu dès la chute et le départ des colonisateurs.

Cet échec est aussi dû à la non-conviction et la roublardise des stratèges de l’arabo-islamisation : ils destinent la langue arabe (classique) pour le peuple, mais ils placent leurs enfants dans les lycées et universités étrangères, dans les langues des connaissance et de la promotion sociale… pour diriger le pays. Les dès étaient donc pipés, et le peuple n’est pas dupe.    

Si la répression de la langue darija était réelle dans les faits, tout était mené en douceur pour que cela soit imperceptible. Tous les films produits, les pièces de théâtres, beaucoup d’émissions de radios étaient en langue darija ; les interventions du personnel politique, exceptés les discours officiels, étaient tolérées et menées en cette langue. Le peuple darjophone avait donc l’impression que ‘’sa langue’’ était au pouvoir. Cependant, aucun statut officiel de cette langue, aucun enseignement, aucune étude linguistique, aucune publication en darija n’a vu le jour en plus de 50 ans de cette politique.

Aussi, toutes les campagnes d’alphabétisation menées à grand renfort de propagande, pour ‘’le recouvrement de la personnalité nationale’’, se sont terminées par des échecs lamentables. La cause : tout était basé sur la manipulation. Partout ailleurs dans le monde, on alphabétise des populations adultes illettrées pour qu’elles apprennent à lire et écrire leur langue, celle qu’elles pratiquent tous les jours.

Or en Algérie, on impose aux adultes d’apprendre à lire et écrire en quelques semaines une langue qu’ils ne connaissent pas et que personne ne pratique dans sa vie quotidienne. C’est comme si l’extrême droite italienne au pouvoir à Rome demain imposait une alphabétisation en latin !

La dynamique de défense de la langue amazighe avait été lancée déjà au sein du PPA des années 1940, puis par les vétérans de la guerre d’indépendance qui ont vu leur révolution détournée, et quelques intellectuels autonomes par rapport au système politique. La jeunesse amazighophone a pris le relais par la production culturelle, les recherches linguistiques, et mis en échec, pour un temps, cette stratégie de l’anéantissement par les arabo-islamistes.

L’idéologie islamiste actuelle qui pénètre de plus en plus le pouvoir ne serait qu’une autre facette de la stratégie éradicatrice de 1963. Et le danger est toujours là.  

‘’La rupture’’ des candidats à l’élection présidentielle ?

Lorsque des candidats potentiels à cette élection promettent la rupture, il s’agit de commencer, à notre avis, par la première de toutes : la rupture avec la politique culturelle et linguistique de l’après 1962. Faire le bilan, non de l’échec de cette politique mais de la résistance du peuple face à cette politique. Cette rupture entraînera ensuite toutes les autres. Et l’on pourra parler de la deuxième république.

Il semble que ‘’le grand soir’’ n’est pas encore arrivé, lorsqu’on observe les liftings successifs et les jeux de rôles pilotés par les héritiers des stratèges de 1963 !

Malheureusement, le complexe du colonisé et le refus de soi est toujours d’actualité dans notre pays. Il n’est pas seulement dans le ‘’système politique’’.

Dans un récent article paru dans le journal Le Matin d’Algérie, un commentateur politique exige ceci du candidat à l’élection présidentielle : « Il doit […] s’exprimer dans un arabe et un français sans faute ; parler au moins parfaitement l’anglais et si possible au moins une autre langue étrangère… ».

Exit les deux langues nationales des Algériens, tamazight et darija ! … à moins qu’elles ne soient remplacées, dans l’esprit de cet auteur, par le français et l’arabe classique moyen oriental !?

A. U. L

Notes :

(1) Vidéo du discours en kabyle de Krim Belkacem en 1962 au stade municipal d’Alger Ruisseau (stade du 20 Août, El Annasser) : https://www.youtube.com/watch?v=Y63CBJlpagw

(2) «  … Quelle est cette voix discordante qui nous écorche les oreilles de temps à autre […] Quelle est cette voix hideuse qui s’est élevée il y a quelques années à la radio algérienne en diffusant des informations et des chansons en kabyle…La vérité est que la nation est arabe, et que les kabyles sont des musulmans arabes, leur livre, le Coran, c’est en arabe qu’ils le lisent et écrivent en arabe et ne veulent pas d’alternative ni à leur religion ni à leur langue (arabe)… » Bachir Ibrahimi, dans la revue El Basâ’ir du 28 juin 1948 ; traduction de M. Tilmatine, revue Awal n°15, p. 77.

(3) La question berbère dans le Mouvement National Algérien 1926-1980, Amar Ouerdane, édition Septentrion, Canada, 1990.

Auteur
Aumer U Lamara, écrivain

 




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Monsieur le général, je ne suis pas un ectoplasme du cerveau !

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REBOND

Monsieur le général, je ne suis pas un ectoplasme du cerveau !

Un enseignant-chercheur à Alger, tout à fait estimable, mais qui a oublié un peu trop vite que ma génération n’est pas tout à fait celle sur laquelle il domine intellectuellement en ce moment, m’a interpellé sur un réseau social à votre propos.

Le post qui m’a valu le commentaire de l’enseignant-chercheur était le suivant « Un siège pour le général ? Oui, dans un tribunal, face aux juges », avec une photo ne laissant aucun doute sur l’identité de votre personne.

Voilà donc que je reçois un commentaire assez surprenant « Pourquoi ? Développez, argumentez ! ». J’avais l’impression de me retrouver devant mon professeur de droit et de sciences politiques, quarante ans auparavant, probablement bien avant la naissance de ce monsieur, me demandant d’avoir une analyse et des critiques rigoureuses.

Je pensais que je disais une vérité si banale, si évidente, car pour toute personne censée, un général dans un régime militaire autoritaire de généraux, c’est manifestement un responsable de ce régime. Ce n’est apparemment pas le cas, cet enseignant-chercheur venait de m’en faire le grief.

Avouez, Monsieur le général, que c’est tout de même un peu fort de café, à devoir justifier de la responsabilité d’un général dans un régime de généraux. C’est comme les messages de ceux qui me demandent de prouver que Dieu n’existe pas. Un argumentaire à front renversé auquel j’ai l’habitude d’être confronté.

Mais cette fois-ci, ce n’est pas un abruti habituel qui me répond de la sorte, c’est cela qui est dramatique car il s’agit d’un universitaire qui vous défend en voulant me donner une leçon de discernement, de droit et de rigueur intellectuelle.

C’est pour cela, Monsieur le général, que votre régime a si longtemps perduré, fait trembler et s’est enrichi jusqu’au vomi sur le dos d’une population soumise à vos ombres, à votre terreur. Ce ne sont pas seulement les abrutis ou les soumis qui vous ont défendu mais ceux dont on attend le moins ce comportement.

Ce n’est pas une bande de branquignols qui pouvait si longtemps maintenir un peuple sous son joug, c’est qu’il y a eu, de tous temps, dans toutes les strates de personnes instruites, des soutiens à ce régime des colonels à mon époque, des généraux ensuite.

Ce brave Monsieur me demande de m’expliquer et d’argumenter, péremptoirement et sans ridicule. Vous comprenez, il est enseignant-chercheur, il peut se permettre de me demander d’argumenter sur le fait qu’un général dans un régime des généraux, est tout autant responsable du crime envers un peuple. Moi, ça ne me viendrait pas à l’idée d’argumenter qu’un général de Franco était responsable du régime de Franco mais je n’en ai pas le niveau intellectuel pour l’appréhender. Je n’explique pas, je n’argumente pas, je me contente de déverser des vérités sans preuves, je ne suis ni démocrate, ni juriste ni humaniste.

Je lui ai donc répondu, avec patience, un exercice difficile car j’aurais été en droit de mourir d’une apoplexie de rire face à sa leçon de droit et de démocratie.

« Monsieur, un général dans un régime de généraux est un général participant à ce régime. Quant à développer et argumenter, je le fais depuis 1991 dans les journaux algériens.

Je le fais depuis plus de soixante ans, puisque je n’ai jamais rien vu d’autre dans mon pays que la dictature d’une caste militaire qui a mis à genoux et pillé un peuple jusqu’à l’abrutir. Je l’ai fait également dans un parti politique, durant quelques années.

Développer et argumenter, j’en ai fait même mon métier puisque je suis un enseignant de très longue date. Que vous faut-il de plus dans le développement et l’argumentation ? ».

Je croyais l’avoir définitivement convaincu mais voilà, Monsieur le général, que la personne persiste. C’est que vous êtes une star, vos fans ne résistent devant rien pour vous admirer et vous défendre. C’est comme cela avec Dieu, plus ils sont à genoux, plus ils adorent et se prosternent et défendent la divinité contre les mécréants ».

Et sa réponse fut : « Alors, si je comprends bien, pour vous un général en retraite est coupable, non pour ce qu’il est et ce qu’il propose mais parce qu’il fut militaire » (à peu près en ces termes).

En général, pardonnez-moi ce sordide jeu de mots, je cesse de dialoguer devant les illuminés d’une religion, celles envers des généraux et des milliardaires offshore sont des plus illuminatrices. Mais je n’ai pas résisté, voici donc la suite de mon propos.

« Il y a longtemps, mon cher monsieur, bien avant votre naissance, que je connais et défends les règles du droit et de l’humanisme. Nous avons combattu, de tous temps et à tous âges, les justices expéditives et collectives y compris pour les grands criminels. Je suis un acharné des articles fustigeant la peine de mort. Je ne vous ai pas tellement lu ou entendu à ce propos lorsque celle des généraux fut et reste l’antithèse de ce que vous me lancez à la figure comme morale.

On n’a pas attendu les défenseurs des généraux, comme vous, pour nous rappeler que les justiciables sont toujours pris dans l’individualité de leur personne, c’est le ba et ba du droit et de la justice. Ainsi, si un général n’est pas fautif d’un régime de généraux meurtriers et corrompus, il y a un principe simple pour le vérifier, qu’il s’en explique.

Où était ce général pour dénoncer l’horreur et les abominations ? Qu’a-t-il dit lorsque ses petits camarades étaient responsables de l’incarcération et de la torture de tellement d’innocents ? Où était-il et qu’a-t-il fait lorsque des journalistes, des écrivains et des blogueurs ont été menacés et incarcérés ?

Ce général était-il dans une autre planète lorsque les opposants ont été réduits au silence, voire pire ?

Et en droit, comme en humanisme, lorsqu’on participe à une institution criminelle sans jamais en avoir exprimé, ni l’injustice ni avoir tenté de la modifier, on est responsable pleinement. Ce serait trop facile autrement !

Alors, si ce général souhaite absolument qu’on revienne aux bases du droit et à la justice, c’est-à-dire individualiser les cas, pourquoi aurait-il peur de s’en expliquer devant les tribunaux judiciaires et ceux de l’histoire ?

Qu’il nous explique comment il s’est insurgé contre les crimes, combien il a été offusqué de la corruption et de la mainmise sur un peuple, combien il a payé de sa vie pour s’acharner à le faire. C’est simple et sans risque pour lui, la justice sait écouter et faire la part des choses. La justice des démocrates, ce n’est pas celle des généraux, c’est à dire celle de son clan dans lequel il a « bouffé du grade ».

Voilà, Monsieur le général Ghediri, ce que j’ai répondu à cet enseignant-chercheur qui a voulu me faire la leçon en n’expliquant pas ni en argumentant mon souhait de vous voir devant les tribunaux. Je comprends que vous ayez toutes vos chances pour ces élections, ils sont tellement nombreux derrière vous.

Eh bien, chiche, expliquez-nous, faites pédagogie de la présentation de votre vie, de vos combats pour une Algérie démocratique et pure. Nous vous écoutons. Nous ne sommes pas des généraux, vous ne risquez rien avec nous en asseyant de nous convaincre.

Seulement, Monsieur le général Ghediri, si vous avez réussi à enchanter cet enseignant-chercheur d’Alger, comme des milliers d’autres, il vous faudra quelques siècles de plus pour y parvenir avec moi.

Car si vous avez réussi à faire trembler une population, il en est tout autrement de convaincre un démocrate pour qu’il en vienne jusqu’à l’ultime folie de penser qu’un général est l’avenir de ce pays, totalement dévasté par le régime des généraux.

Et si vous êtes élu, faites au moins ce geste humain d’aller vous recueillir devant toutes les tombes de ceux qui sont morts sous le régime des généraux ainsi qu’auprès de ceux qui n’ont rien financièrement car tout a été pillé par les généraux et leur système.

Je ne suis pas enseignant-chercheur, je n’ai pas réussi, en de longues décennies à « développer et argumenter mon mépris contre le régime des généraux » malgré des tonnes d’écrits et tant de militantisme.

Je suis un inconnu, sans pouvoir contre vous, totalement inefficace, mais je ne suis pas un ectoplasme du cerveau, tout de même !

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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Le président Bouteflika annonce ce dimanche sa candidature à la présidentielle

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EXPRESS

Le président Bouteflika annonce ce dimanche sa candidature à la présidentielle

Comme nous l’avions annoncé il y a de cela plusieurs jours, le Président Abdelaziz Bouteflika annoncera dans les heures qui suivent sa candidature à la présidentielle d’avril 2019 dans un message adressé à la nation.

Abdelaziz Bouteflika prévoit dans son message d’initier « dès cette année », s’il est élu, une conférence nationale inclusive qui aurait pour objectif l’élaboration d’une « plateforme politique, économique et sociale », voire « proposer un enrichissement de la Constitution ».

Record de longévité à la tête de l’État algérien

Chef de l’État depuis 1999 et détenteur du record de longévité à la tête du pays, Abdelaziz Bouteflika ne fait que de rares apparitions, sur un fauteuil roulant, et ne s’exprime plus en public depuis son AVC d’avril 2013. Sa santé fait l’objet de spéculations récurrentes. Et de séjours dans de prestigieuses cliniques européennes.

En avril 2014, il a été « réélu » pour un 4e mandat, un an presque jour pour jour après cet AVC pour lequel il avait été hospitalisé durant trois mois à Paris. À l’époque, Abdelaziz Bouteflika n’avait mis fin aux interminables spéculations autour de sa candidature que deux mois avant le scrutin et une dizaine de jours avant la clôture des candidatures.

Durant plusieurs semaines, le secrétaire général du FLN de l’époque, Amar Saïdani, avait alors répété qu’Abdelaziz Bouteflika serait candidat.

Le 7 avril dernier, Djamel Ould Abbes, réputé être un proche de longue date du chef de l’État, avait le premier publiquement fait part du « souhait » et du « désir des militants de voir Bouteflika poursuivre son œuvre » après 2019.

Lui avaient emboîté le pas le principal allié du FLN, le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, les islamistes du Rassemblement de l’espoir de l’Algérie (TAJ), d’autres membres de la majorité présidentielle, la centrale syndicale UGTA, l’ex-syndicat unique ou encore le Forum des chefs d’entreprises (FCE), principale organisation patronale.

 

Auteur
La rédaction/APS/AFP

 




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