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Le drapeau noir du RCD et nos soubrettes pleureuses (*)

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Chronique du temps qui passe…

Le drapeau noir du RCD et nos soubrettes pleureuses (*)

Il fallait à la conjuration des domestiques officiant pour le candidat Bouteflika, un prétexte pour jouer leur numéro de « soubrettes pleureuses », un spectacle unique qu’ils exécutent, généralement, avec une époustouflante maestria.

La décision du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de hisser, depuis trois jours, un drapeau noir à la place de l’emblème national sur le bâtiment de son siège national à Alger, leur en a fourni un. Et voilà nos majordomes qui prennent l’accent de la veuve éplorée et outragée !

Ecoutons-les, pêle-mêle, les partis de l’Alliance présidentielle, les associations-cocktails et même la Commission nationale de surveillance des élections (oui, oui !) s’indigner de ce que le parti de Saïd Sadi ait « outragé le drapeau national » !

Il est jusqu’à l’UGTA, devenu marchepied du régime, pour se découvrir un reliquat de dignité et dénoncer « l’offense à la Nation » commis par le RCD !

Le numéro est délicat à exécuter. La poupée-soubrette doit prouver, au moyen d’impressionnantes gesticulations, qu’elle a du cœur, une vraie fibre patriotique, et qu’elle est disposée à verser de vraies larmes pour cela.

Peu importe qu’elle ne ressente aucun chagrin. Le but du jeu n’est pas de pleurer sous le poids de la douleur, mais d’offrir une représentation théâtralisée de la douleur qui soit plus authentique, plus impressionnante que la douleur elle-même ! Réussir un simulacre de l’affliction qui en arrive à surprendre les affligés eux-mêmes.

Bien évidemment, la télévision, fermée aux opposants et au débat contradictoire, s’est magistralement ouverte à nos soubrettes pleureuses. Jeudi, dans son Journal de 20 heures, l’ENTV a lu plusieurs de leurs condamnations, très émues.

C’est que, façonnées à l’identique, les « soubrettes-pleureuses de Bouteflika » sont une parfaite reproduction des anciennes « pleureuses », ces femmes dont on louait les services, selon l’antique tradition, pour sangloter, gémir et implorer le Ciel lors des obsèques du défunt pour lequel elles étaient payées. Dans la tradition judéo-arabe, on les appelait « El hazniate « ou « El Hjaniyè « en hébreu. Toute vêtues de noir, en robe ample et les bras entièrement couverts, elles s’asseyaient à proximité du corps étendu à même le carrelage et s’adonnaient parfaitement à l’art du simulacre, n’hésitant pas à hurler ou à se griffer le visage jusqu’au sang pour la perte d’une personne qu’elles n’ont jamais vue et pour laquelle elles n’éprouvent aucune peine.

Que disent-elles ? Le chef de la Commission politique nationale de surveillance de l’élection présidentielle (CPNSP), machin créé pour valider la fraude, dénonce un « acte absurde et irresponsable » et pense que « le RCD a délibérément porté atteinte à l’un de ces symboles en ôtant l’emblème national et en hissant un drapeau noir ». Rien que ça ! Les partis de l’Alliance présidentielle (FLN, RND et MSP) qui soutiennent le président candidat Abdelaziz Bouteflika, ont majestueusement réagi en qualifiant la démarche du RCD « d’antinationale ».

Et l’UGTA ? Et bien, l’UGTA se dit « profondément consternée et indignée par l’acte inqualifiable commis par le RCD » !

Sur ce registre, nos « soubrettes pleureuses », Belkhadem et Sidi Said en chefs de file, suivies de ces créatures asservies au proxénétisme politique, ont honoré autant la légende d’El-Hazniate : elles ont versé sur «l’acte absurde et irresponsable du RCD » tellement de chaudes larmes qu’elles ont fini par réveiller les martyrs !

Le secret est pourtant simple : il faut du temps pour épuiser les larmes « rechargées » en quantité sur le corps de ces poupées-soubrettes car elles n’obéissent qu’à une seule touche : pleurer sur « l’offense du RCD », à l’exclusion de toutes les autres offenses.

Une vraie femme pleureuse ne se trompe jamais de funérailles.

Aussi nos soubrettes pleureuses sont, par exemple, insensibles aux graves insultes proférées publiquement sur leur sol même, par le chef terroriste Ahmed Benaïcha qui menace d’autres « 11 décembre » si le FIS n’est pas réhabilité » et qui accuse nommément les services secrets d’être derrière les attentats ! De même que nos poupées n’ont aucune émotion à l’idée que les victimes du 11 décembres aient été assassinées par un terroriste fraîchement libéré de prison grâce à la Charte !

Elles ne sont pas programmées pour s’émouvoir des crapuleries politiques des dirigeants, mais seulement de celle du RCD ! Nos soubrettes-pleureuses ne s’indignent pas du terrorisme islamiste, elles ne dénoncent pas l’intégrisme, elles s’acquittent juste d’une mission dilatoire pour laquelle elles ont été actionnées.
Pour tout cela donc, il y avait quelque motif de se réjouir que nos poupées aient su ressusciter avec brio une coutume qui date quand même de l’Antiquité et qui, aujourd’hui encore, dans la vallée du Nil, est évoquée dans une des plus belles scènes représentées sur les murs des tombes thébaines, celle des pleureuses de la tombe du souverain Ramose.

De quoi nous plaignons-nous ? L’intérêt national, les symboles de l’Etat et les fondements de la nation sont entre de très remarquables mains : des mains sales, des mains qui ont serré les mains des assassins, des mains qui ont applaudi le maître et étouffé l’humilié, des mains qui ont puisé dans les caisses de l’Etat, des mains qui ont parjuré…

Des mains qui ont servi à la posture des trois singes, rien vu, rien entendu, rien dit, quand l’Algérien criait à l’injustice, quand les manifestants tombaient en Kabylie, une ligne de sang sur leur sourire…

M. B.

(*) Chronique publiée le 3 avril 2009

Auteur
Mohamed Benchicou

 




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Un faux représentant de l’UGEL invité des plateaux de télévision

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POLEMIQUE

Un faux représentant de l’UGEL invité des plateaux de télévision

Profitant des événements qui ont secoué ces derniers jours, l’université algérienne, l’ex-secrétaire général de l’union général des étudiants libres (UGEL) Salah Eddine Douadji s’est beaucoup démené pour exprimer son point de vue sur la gestion des œuvres universitaires sous la coupe de son ancien statut au sein du mouvement syndical estudiantin.

Cependant en référence au document émanant du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales daté du 14 janvier 2019, rendu public par l’Office national des œuvres universitaire et portant la liste nominative des secrétaires généraux au sein des organisations estudiantines agréées, nous avons vite constaté que Salah Eddine Douadji, qui a fait le tour des plateaux télés, ne fait partie d’aucun des mouvements syndicaux cités dans le document officiel que nous détenons une copie. Pas plus celui de l’union générale des étudiants libres (UGEL) qui s’avère être sous l’égide d’un certain Samir Ansar.

Un détail que les responsables des médias privés n’ont certainement pas pris compte. Comment un individu isurpe une fonction sans que les médias concernés ne se rendent compte ?

En réalité l’agitation de cet individu avait un objectif : régler ses comptes avec le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar. autrement il est peu probable que cet ancien SG de l’UGEL s’inquiète outre mesure des conditions de vie des étudiants ni d’ailleurs de la violence qui mine l’université.

Selon nos sources, le ministre a refusé de prendre part au conflit opposant l’ex avec l’actuel secrétaire général de l’Ugel a qui il a ordonné le gel des sections représentatives en milieu de ses structures jusqu’à la fin de la discorde. Tout est mis en stand by jusqu’à ce que le ministère de l’Intérieur tranche définitivement au profit de Samir Ansar.

Auteur
A. Belkheir

 




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Mouwatana appelle à une journée de protestation le 24 février contre le 5e mandat

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MOBILISATION

Mouwatana appelle à une journée de protestation le 24 février contre le 5e mandat

Les Algériens sont censés être appelés à élire leur président de la république le 18 avril prochain. Ce rendez-vous aurait dû contribuer à construire les institutions légitimes de l’Etat.

Il est présenté par les clients du régime, comme une formalité pour assurer la continuité du pouvoir politique en place. Il va, de ce fait, mettre en péril la viabilité de l’Etat algérien.

La situation n’est pas celle du début de 2014, lorsque l’argument de « la stabilité » a donné lieu à un coup de force institutionnel. Elle est bien plus critique. Les années des grandes recettes énergétiques sont terminées. Le matelas de l’épargne a disparu pour le dinar, et en voie de s’épuiser pour les devises.  

Les recours exceptionnels de court terme, comme la planche à billet, sont en train de s’installer dans  la durée. Les déficits n’arrêtent plus de se creuser. L’avenir de moyen terme des Algériens est déjà hypothéqué.

Pendant que s’amplifie la menace d’une nouvelle panne dramatique du développement et d’un appauvrissement du pays, le pouvoir politique a délégitimé les institutions de l’Etat. 

L’Algérie est dirigée par intermittence et par procuration. Elle a subi un désinvestissement du droit et des normes. La gouvernance s’est organisée autour du destin présidentiel d’un homme contre le destin d’une nation.

Les institutions de la république ont concédé toute leur autonomie. La fin de la légitimité révolutionnaire portée par la génération de la libération du pays est rattrapée par la fin du modèle économique bâtit sur la seule exportation du gaz et du pétrole. L’impasse politique du régime n’est plus conjoncturelle, elle est historique.

Dans un tel contexte, vouloir faire de l’élection présidentielle d’avril 2019 une formalité pour assurer la continuité, est un acte d’une gravité incalculable. Il condamne les Algériens au désespoir. Il alimente la désunion nationale, nourrit l’élan des jeunes pour l’exil, affaiblit l’Etat à l’intérieur et vis à vis du monde. Il fige la société.

Imposer la continuité, en fait céder à la régression  de la présidence à vie, revient à priver les Algériens de leur souveraineté. Engager un nouveau passage en force pour « la continuité » signifie renoncer à défier la crise qui arrive, à agir pour l’émergence de l’Algérie – force économique et état de droit – longtemps promise mais toujours différée.

Le temps perdu emporte avec lui les solutions qui auraient pu être possibles à déployer. La poursuite du statu quo prépare une fin désastreuse pour le régime politique et pour l’Etat.

Le mouvement Mouwatana aspire à être durablement utile à la population, aux élites organisées en association et aux partis politiques afin de gagner la bataille du changement démocratique pour l’Etat de droit. Cette bataille connaîtra un épisode critique lors des prochaines semaines.

Le mouvement Mouwatana donne leur liberté d’action à ses membres qui estiment que le retrait du processus électoral faussé par la présence de la candidature illégale d’un homme malade et absent, n’est pas le bon mot d’ordre pour protester contre un coup de force institutionnel annoncé.

Mouwatana souhaitait pour l’Algérie un candidat du consensus pour une transition négociée. Toutefois cette transition négociée était assortie de conditions minimales d’exercice des  libertés et du respect des lois, dont la non-candidature d’un président sortant inéligible était la première des garanties.   

Le mouvement Mouawatana a refusé dès le premier jour le scénario du pire qui devient une réalité et a tout fait pour l’empêcher. En plus d’être anticonstitutionnelle et illégale, la candidature pour un 5ème mandat de Abdelaziz Bouteflika, viole les consciences et blesse le sentiment national.

Les Algériens connaissent déjà le prix exorbitant de l’entêtement d’un régime qui refuse le changement, l’ouverture et l’exercice des libertés. Ils souhaitent consolider leur Etat Nation par l’avancée du droit, de la justice, et de l’égalité des chances. Il est arrivé le temps de faire confiance à leur libre arbitre. Mouwatana est déterminé à les accompagner dans cette quête de leur statut plein et entier de citoyen. 

Le mouvement, avec tous les partisans du changement, participera à la résistance citoyenne pacifique au coup de force du 5e mandat.  Il continuera à le faire, au-delà de cette échéance fatidique du 18 avril. Mouwatana veut donner de l’espoir aux Algériens. L’espoir aujourd’hui commence par la  défense de notre dignité de citoyen.

En conséquence Mouwatana appelle à une première journée de mobilisation citoyenne le dimanche 24 février 2019  Mouwatana soutient toutes les actions qui convergent vers le même objectif
 

Le Coordinateur National

Dr Soufiane Djilali

 

Auteur
Dr Soufiane Djilali

 




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Présidentielle : à quoi bon attendre le 18 avril ?

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REGARD

Présidentielle : à quoi bon attendre le 18 avril ?

Farouk Ksentini vient d’ajouter une pelletée qui enterre l’espoir d’une présidentielle transparente.

La fraude est en ordre marche. C’est le moins qu’on puisse dire quand on entend les déclarations de certains hommes du régime depuis quelques semaines. 

Toutes les conditions sont effectivement réunies pour refaire le coup de 2014. Mais en mieux ! Il y a quelques jours, c’est Ahmed Ouyahia qui déclarait à France 24 que le candidat Bouteflika n’aura pas besoin de faire campagne électorale. Abdelmalek Sellal avait soutenu la même chose en 2014. 

Aujourd’hui un autre homme de paille du régime vient enfoncer la porte ouverte de la fraude qui se met en place. Farouk Ksentini qu’on ne peut pas soupçonner d’être un homme de droit a affirmé le doigt sur la couture sur Tsa que « le président Bouteflika ne sera pas obligé de prononcer l’intégralité du texte de la prestation de serment » s’il est élu ?

Ah bon ! Ainsi donc, M. Ksentini doute du maintien de Bouteflika au pouvoir ? Décidément si on n’est pas sûr que l’immense Fakhamatouhou ne sera pas adoubé par son peuple, à quoi bon ?

Mais sérieux. Les élections ne sont que formelles. Une autre occasion pour affirmer son allégeance au système Bouteflika. Rien d’autre. Avec le règne de Bouteflika et ses hommes, la Constitution a été vidée de son contenu. Elle n’est plus qu’un simple texte pour tromper une opinion crédule.

Alors à quoi bon prendre des pincettes au point où on en est ? Pourquoi attendre le 18 avril pour annoncer le vainqueur ?

L’administration est déjà sommée de préparer l’hallali ! De médiocres lièvres bavent déjà sur la ligne de départ pour donner l’illusion au bon peuple et l’état-major de campagne de l’inamovible président multiplie les déclarations pour enfumer son monde. Mais personne n’est dupe.

On est au XXIe siècle ! Potemkine c’était il y a très longtemps !  

Alors ! S’il y a encore des candidats qui croient le ministre de la Justice Tayeb Louh qui soutient que la présidentielle sera transparente, il serait peut-être temps de se ressaisir avant de prendre part à cette énième fraude du siècle. 

Auteur
Yacine K.

 




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« 500 000 Algériens » se soignent tous les ans à l’étranger

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POLEMIQUE

« 500 000 Algériens » se soignent tous les ans à l’étranger

L’Algérie avec ses milliards de dollars engrangés de la rente pétrolière a été incapable de fonder un secteur de santé viable. Pire, il est l’un des plus moribonds des secteurs.

Dans un document rendu public, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme dresse un tableau particulière sombre du secteur de la santé dans le pays.

La LADDH parle de réformes imaginaires. Les ministres changent et les résultats demeure toujours calamiteux, s’indigne-t-elle. Elle avance des chiffres qui donnent froid dans le dos. 82 milliards de dollars ont été injectés dans le secteur de la Santé. Une somme qui donne le tournis. Pour quel résultat ?

Pourtant le manque de médicaments, l’absence de soins rigoureux et la saleté caractérisent la plupart des établissements hospitaliers.

Les hôpitaux sont devenus des antichambres de la mort, poussant ceux qui ont les moyens à des soins dans des cliniques privées. Et pour les plus introduits dans les rouages du régime, il reste l’étranger.

LONG avance le chiffre de 500 000 Algériens qui se soignent dans les hôpitaux européens tous les ans. Le simple citoyen aura remarqué d’ailleurs que tous les anciens ministres, généraux et autres grosses pontes du régime décédés ces dernières années, l’ont été eu Europe. Les derniers en date sont Mourad Medelci et le général Guenaïzia. Pour le moindre des bobos, on prend un billet et on sollicite une prise en charge de la CNAS.

Au-delà, la fuite des médecins qui préfèrent quitter le pays est l’autre drame de l’Algérie. Près de 10 000 médecins algériens se seraient installés en France, selon plusieurs médias. 4000 comptent quitter le pays en 2019, selon le syndicat de la profession.

Auteur
Yacine K.

 




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Benghabrit : il est urgent de prévenir cette dame !

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COUP DE GUEULE

Benghabrit : il est urgent de prévenir cette dame !

Depuis quelques années, je ne cesse de lire des louanges de beaucoup d’intellectuels à propos de Madame la ministre. J’en suis absolument stupéfait car elle ne semble pas être au courant que son titre, sa fonction et ses actes sont absolument contraires aux valeurs qui la placent au sommet de l’estime.

Madame la ministre est très appréciée car elle combat les prières dans les écoles. C’est tout à fait bien qu’elle en soit encouragée mais tout de même, je ne me prosternerai pas devant elle car il me semble que cette dame n’est visiblement pas au courant de certaines choses. Je m’en vais les lui rappeler.

Madame, savez-vous que vous participez à un gouvernement placé sous une constitution qui fait référence à Dieu ? En quoi alors, les écoles seraient déviantes à prier Dieu si le Président de la république, lui-même, doit prêter serment devant lui et le reconnaître comme pouvoir suprême de la république ?

Êtes-vous au courant que vous êtes au service d’un régime politique qui a crée la puissance des religieux car il préférait voir les mosquées se remplir que les forums des démocrates ?

Savez-vous que votre patron, celui pour lequel vous travaillez est le maître d’un parti politique qui, le premier, a vu les partisans de l’Islam s’installer au conseil national. Il s’agissait à cette époque d’une bataille pour prendre le pouvoir, l’Islam a été utilisé.

Vous a-t-on prévenue, Madame, qu’il y avait un ministre des cultes, un collègue à vous qui prêche depuis des décennies. Comment voulez-vous que les instituteurs suppriment les prières dans les écoles ? Pourquoi ? C’est tout à fait en phase avec les principes et les lois du gouvernement auquel vous appartenez.

Faites-vous une hiérarchie entre un régime qui emprisonne à tour de bras les journalistes et  les prières dans les écoles ? Vous semblez trouver que le second cas est plus illégal que le premier. C’est une conception qui ne m’est pas compréhensible car je vois l’horreur dans les deux.

Enfin, Madame, comment pouvez-vous prendre votre épée de combattante, pour fustiger les prières dans les écoles alors que personne ne semble vous avoir avertie que votre gouvernement légitime en droit le code de la famille. Un texte barbare et pestilentiel qui place la femme au rang d’esclave et d’incompétente juridiquement. Comment osez-vous vous présenter comme le rempart contre les prières à l’école et ne jamais vous poser de question sur ce texte et votre état de femme ?

Et pourtant, madame, moi j’ai pris la plume dans la presse pour fustiger les abrutis qui vous traitaient de juive. Que vous le soyez, juive ou hindouiste, ou que ce soit une bêtise, qu’importe votre religion supposée, je suis athée. Je respecte toutes les femmes et vous êtes respectable à mes yeux, vous êtes ma compatriote.

Mais moi, madame, on m’a appris à analyser avec discernement que mes opinions et valeurs étaient incompatibles avec un régime militaire, assassin et corrompu, de surcroît théocratique, ce qui est un comble pour l’image que vous véhiculez.

Alors, même si tous les intellectuels algériens vous soutenaient et qu’il en restait un seul pour porter une critique virulente à votre égard, je serais celui-là.

Je suis profondément égalitaire et militant de la cause des femmes. La conséquence est que je ne fais aucune distinction entre les compromis à un régime militaire, que ce soit des hommes ou des femmes.

Vous avez vendu votre âme à un régime immonde, votre sexe ne saurait donc vous en protéger face à mon très sévère jugement.

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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« Orages » de Hedia Bensahli

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PUBLICATION

« Orages » de Hedia Bensahli

« J’ai mal d’être une femme ! J’ai mal d’avoir à me construire dans ce carcan qui m’enchaîne à la potence de l’assujettissement. »

Le ton est donné dans ce livre qui est un premier roman où la narratrice utilise un Je puissant et permanent qui s’impose à nous avec la rigueur d’une évidence. Un Je qui résonne comme une confession d’une mémoire vécue depuis toujours par nos mères et nos sœurs et qui se recompose avec les bribes de souvenirs que l’on retient lorsqu’ils reviennent. Et ce Je n’a pas d’identité propre, pas de prénom, pas de patronyme, pas de signature, il représente la réalité d’une femme. Et quelle femme !

D’une femme algérienne assurément et d’une algérienne qui a vécu dans son pays natal assez longtemps pour bien le connaître. Jusqu’au jour où des circonstances particulières l’emmènent à envisager un départ pour la capitale française où elle galère pendant un temps entre une vieille connaissance qui lui donne tous les secrets d’une intégration réussie, une chambre minuscule au centre de Paris et la nostalgie de ce qui fut une vie familiale bien remplie.

En Algérie, cette femme sans nom et sans visage vit d’abord dans l’abjection islamiste avec peu de perspectives de vivre sa vie de femme libre. Hedia Bensahli donne à son héroïne une épaisseur que peu de romanciers arrivent à atteindre. Cette femme qui rêve de vacances et de plages et de promenades du côté de Bejaïa se retrouve coincée dans « ce pauvre pays (où) la vacance idéologique est tellement béante et le miasme social qui s’y est infiltré tellement purulent qu’un Enfer pouvait s’y engouffrer et le décomposer en moins de deux.

Notre pauvre pays s’est transformé en pandémonium. L’odeur fétide suinte et nous nous bouchons le nez… Nous fermons aussi les yeux… La bouche… ».

Au fil des pages, tout est abordé, pas un thème qui soit mis de côté, les tabous sont affichés et décortiqués : la virginité et ses relents paternalistes, le divorce et la solitude de la femme délaissée, la sexualité des cinquantenaires, le regard que porte la famille sur la femme qui se prend en charge. Orages est un livre brûlant sur le chapitre de la femme et de la femme algérienne en particulier qui se trouve au cœur d’un milieu hostile qui, sous couvert d’une peinture chimérique, couvre les pires coups de poignard dans le dos.

Les dernières pages du roman tiennent en haleine le lecteur. C’est une course effrénée entre chien et loup, entre sentiment d’exaltation et de désespoir. L’auteure érotise son texte quand elle interpelle le bonheur et l’amour, des moments fulgurants des premières fois. Avant que le regard du compagnon ne se métamorphose en œil de geôlier.

Avec Orages, Hedia Bensahli livre le roman de cet hiver finissant où une femme mûre en apprendra sur la vie bien plus qu’elle ne l’aurait voulu.

Un roman dont on se détache lentement une fois terminé, tant il est gorgé de magie, de nostalgie, de passion, de révolte, de combat et de grâce au cœur d’une désillusion malheureusement plutôt évocatrice… Un premier roman d’une sensibilité et d’une délicatesse infinies qu’il m’a été impossible de lâcher, une histoire forte dont j’ai ralenti la lecture vers la fin par crainte du dénouement.

Et la profession ne s’y est pas trompée en octroyant à Hedia Bensahli le premier prix du roman Yamina Mechakra qui prouve que pour un coup d’essai, c’est plutôt un coup de maître.

Kamel Bencheikh

Orages de Hedia Bensahli est publié aux Editions Frantz Fanon

    

Auteur
Kamel Bencheikh

 




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Et si la rue disait non au cinquième mandat !

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DECRYPTAGE

Et si la rue disait non au cinquième mandat !

Après un long suspense savamment entretenu, le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, a finalement annoncé sa candidature aux élections présidentielles d’avril 2019, non sans se demander sûrement ce qu’il ferait au cas où la rue disait non au cinquième mandat.

Abdelaziz Bouteflika et son entourage ont sans doute fait le tour de la question et ont dû arrêter une stratégie à même de leur permettre de rester au pouvoir, quoiqu’il arrive. Si le scrutin se déroule à la date prévue, sans encombre, Abdelaziz Bouteflika se permettra le luxe d’une victoire écrasante, dès le premier tour.

Si les choses tournent au vinaigre et que la rue empêche la tenue du scrutin, Abdelaziz Bouteflika pourra déclarer l’état de siège et rester au pouvoir, à l’ombre des chars.

Le chef de l’Etat dispose d’un atout de taille, le soutien de l’armée en l’occurrence, mais sa candidature souffre de beaucoup d’anomalies et pas des moindres. Si nous étions dans un Etat de droit, par exemple, aucun médecin ne voudrait, ou pourrait, délivrer à Abdelaziz Bouteflika un certificat médical de bonne santé.

Abdelaziz Bouteflika promet, une fois réélu, d’organiser une conférence nationale inclusive. Si cette conférence était la panacée, pourquoi ne l’a-t-il pas organisée au cours des vingt longues années qu’il a passées à El Mouradia ? Il promet également un amendement, encore un, de la constitution. Oublie-t-il qu’il l’a déjà fait à maintes reprises sans résultats probants ?

Non ? Ce n’est pas comme ça qu’on gouverne son pays, vous dira n’importe quel quidam dans la rue. Dans les pays qui se respectent, après son élection, le président dispose d’une période de grâce de 100 jours seulement.

Après quoi, personne ne lui fera de cadeau. Dépassés par l’immensité et la complexité de la tâche, certains présidents quittent la fonction et ses privilèges au bout d’un seul mandat.

Si la longévité à la présidence d’un pays était un gage de développement, l’Algérie, le Soudan, le Gabon, pour ne citer que ces pays, seraient aujourd’hui au moins des membres du G20. Les USA, la France, l’Afrique du Sud, eux, seraient les derniers de la classe.

Ainsi donc, Abdelaziz Bouteflika a écrit aux Algériens via l’APS pour leur dire qu’entre une retraite dorée et un cinquième mandat, son cœur a balancé pour ce dernier, son souhait le plus cher étant de mourir dans son lit à Zéralda et d’avoir des funérailles nationales.

Mieux encore, un citoyen a juré dans le quotidien El Watan qu’Abdelaziz Bouteflika sera enterré dans la grande mosquée d’Alger. Les Algériens l’entendront-ils de cette oreille ? Le doute est permis.

Auteur
Ahcène Bettahar    

 




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En politique l’ignorance se soigne, l’hypocrisie hélas non !

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REGARD

En politique l’ignorance se soigne, l’hypocrisie hélas non !

Avec la mondialisation, on a l’impression que le monde paie l’orgie de la richesse de ce système par un rabougrissement de la pensée politique. Ils doivent pleurer de chaudes larmes dans leurs tombes les Aristote, Machiavel, Marx et tant d’autres pour qui la politique est l’art suprême.

Jeter aux orties les leçons de ces braves philosophes et se crever les yeux sur des statistiques des Bourses pour spéculer sur le dollar ou l’euro, prendre des options sur des tankers de pétrole pour les revendre grassement plus tard. Voilà à quoi se donne les marchands du temple de nos jours. Et pour transformer ces escroqueries en banal commerce, ces marchands achètent les services de jojos prêts à vendre leurs âmes. Ces jojos, consultants et communicants vendent leurs ‘’analyses’’ à d’autres jojos travaillant pour des médias appartenant souvent aux mêmes marchands du temple.

La recherche effrénée des profits par ces marchands et la désinformation de leurs loyaux serviteurs a donné comme résultats criminels, l’Irak et la Libye dont les sous-sols regorgent d’un précieux liquide dont sont addicts les enfants de l’Oncle Sam et du Coca Cola. Et ne voient-ils pas qu’ils veulent nous refaire le même coup au Venezuela, tiens, tiens, un pays lui aussi gorgé du même carburant dont sont gloutonnes les industries modernes

A l’époque de l’agression de l’Irak ‘’justifiée’’ par la détention des ‘’armes de destruction massives’’, il s’est trouvé (je m’en souviens comme si c’était aujourd’hui) un psychanalyse inconnu à l’époque devenu ‘’célèbre ‘’ depuis, il s’est trouvé ce monsieur d’un pays arabe pour justifier l’intervention des occidentaux en Irak. Il hurlait à la tribune d’un meeting, ladite intervention est due aux crimes du dictateur irakien et non comme le pense les naïfs pour s’emparer du pétrole de ce pays. Ces naïfs d’hier ont eu raison, en revanche le veule d’hier est toujours aussi stupide aujourd’hui. (1)

Mais revenons au Venezuela. Ce pays est sorti des griffes d’une bourgeoisie rapace qui vivaient des grosses miettes de la vente de pétrole contrôlé par les Américains. Ce pays il y a une vingtaine d’années, connut comme d’autres pays sud-américains, un réveil politique.

Le Brésil (avec Lula), le Chili (débarrassé de Pinochet) l’Argentine, l’Uruguay et le Venezuela firent une expérience démocratique grâce à une alliance de classes moyennes et des classes populaires. Remarquons au passage que tous ces pays sont venues à la démocratie par un vote au suffrage universel. Leurs régimes ont été par la suite ‘’dégagés’’ par des magouilles comme Lula au Brésil et Kristina Kirchner en Argentine.

Et le Venezuela aujourd’hui est victime plus que des magouilles mais par un embargo économique et financier (blocage des comptes bancaires et son stock d’or est séquestré par la banque d’Angleterre) et menacé d’une agression militaire ouverte.

Tous ces faits sont évidemment et allégrement oubliés par les amis de Trump qui est à la manœuvre de ces coups fourrés. En revanche, les médias décrivent une situation certes désastreuse mais ne soufflent mot de l’asphyxie organisée par Trump devenu défenseur de la démocratie. Trump est uniquement un méchant quand il s’attaque à l’Europe en perturbant leur commerce et en collant des amendes de millions de dollars quand les banques ne respectent pas son embargo contre des pays qui ne courbent l’échine.

Au Venezuela, l’Oncle Sam veut faire d’une pierre deux coups. Et le deuxième coup, il le réserve à la Chine. Pourquoi la Chine ? Parce que ce pays a investi au Venezuela pour se procurer du pétrole dont il a grandement besoin et aider par là ce pays à résister aux USA. Pour Trump, faire tomber le Venezuela, c’est accaparer à nouveau ses richesses mais aussi barré la route à la Chine. Car la Chine dame le pion aux USA dans le commerce des produits d’aujourd’hui mais demain la suprématie de l’Oncle Sam est menacée par les innovations dans les nouvelles technologies.

La Chine s’est posée sur la face cachée de la lune, a conquis le marché des TGV au Canada en attendant de le faire en Europe d’où l’intention de faire fusionner Siemens (Allemagne) et Alstom (France) pour résister à ce redoutable concurrent. Et cerise sur le gâteau les appareils numériques et autres Smartphones chinois inondent le marché. Et que fait Trump pour écarter ce danger, il accuse la Chine d’espionnage et passe à l’acte en faisant arrêter par le Canada la fille du patron de cette gigantesque industrie du numérique. 

L’espionnage, ça fait bien rire ceux qui savent que tout le monde espionne tout le monde. Et surtout l’Oncle Sam qui ose écouter Merkel, Hollande et autre président pour connaître leurs projets et contrats même les plus banals.

Comme les mesures d’embargo et autres menaces se brisent contre la muraille de Chine d’un pays dont la culture a produit un stratège de l’art de la guerre (2), les amis de Trump et autres vassaux sortent les arguments éculés de la morale. Que disent ces thuriféraires ? Que la Chine utilise ses innovations technologiques pour surveiller sa population et donc bafoue les droits de l’homme (3).

Primo, ces messieurs étaient muets sur les droits de l’homme quand les USA et l’Europe se bousculaient aux portillons pour investir dans cet immense pays doté d’un marché de plus d’un milliard d’habitants qui les faisait saliver. Aujourd’hui que ce pays se permet d’acheter ports et aéroports, châteaux historiques et sans parler de participations dans des usines de pointes, les propagandistes de toujours bassinent l’opinion avec une denrée moisie qui a pour nom l’HYPOCRISIE.

Ces ‘’braves gens’’ n’ont pas compris que leurs petits mensonges et leur morale de prix-unique ne fonctionnent plus. La politique de deux poids deux mesures ne peut plus servir de cache sexe.

La politique de la canonnière a vécu. En face ce ne sont plus des peuples démunis et des pays désarmés. Alors déverser des tombereaux de mensonges sur un pays comme le Venezuela en grande difficulté (4) ne le fera pas céder. Il est temps de sortir d’un aveuglement en soignant l’ignorance. Se soigner fera découvrir qu’il vaut mieux respecter l’antique et historique règle de la politique, tenir compte des rapports de force et en premier lieu connaitre le poids du facteur peuple dans la balance. Pour ne pas avoir voulu reconnaitre cette évidence à temps, l’Oncle Sam connait des déboires et même une humiliation en négociant avec son pire ennemi, lequel n’est autre que le mouvement des Talibans en Afghanistan.

Ali Akika. Cinéaste.

Notes

(1)  Ce naïf Psy ressemble à l’Oncle Sam qui, voulant se débarrasser de Saddam a favorisé la venue en Irak d’un pouvoir qui entretient d’excellentes relations avec l’Iran. Un pays qui empêche Trump et Netanyahou de dormir.

(2)  Sun Tzu (Ve siècle avant J.C) est l’auteur du fameux traité de ‘’l’Art de la guerre’’ étudié dans toutes les écoles de guerre. Mao Tsé Toung son compatriote s’en est inspiré pour écrire ‘’la guerre populaire prolongée’’ et le mettre en pratique aussi bien contre Tchang-Kai-Cheik que contre les envahisseurs Japonais.

 

(3)  Les droits de l’homme ont bon dos, on les affiche quand ça arrange. Mais quand des pays amis ou plutôt avec qui on a des liens quasi-vassaux, on tourne la tête pour regarder ailleurs. L’utilisation de la vidéo et autres machines pour surveiller les populations n’est pas l’apanage de la seule Chine. Des millions de vidéos décorent les rues et bâtiments aux USA et Angleterre sans compter les infos sur l’intimité de gens vendus aux assurances et autres vendeurs de n’importe quoi.

(4)  Depuis la mort de Chavez, le pays connait des difficultés. L’argent du pétrole a d’abord servi à éradiquer les bidonvilles et instaurer la médecine gratuite. Mais la non modernisation de l’industrie du pétrole, la baisse du baril de pétrole et l’embargo américain ont mécaniquement détérioré l’économie.

Auteur
Ali Akika, cinéaste

 




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Liberté solidaire – Appels à participation

Suite à la contribution publiée (1), les Éditions Électrons Libres lancent un appel aux lectrices et lecteurs pour la participation par l’envoi de texte dans les domaines suivants : sociologie (article de presse ou court essai), nouvelle, roman, poésie, théâtre et film.

En ce qui concerne chaque domaine spécifique, les conditions de participation sont exposées dans la rubrique « Appel à participation », inséré dans chaque domaine d’activité (2). La date de clôture  des envois est fixée au 30 avril 2019.

En ce temps de campagne électorale pour des élections présidentielles, le thème choisi est « Liberté solidaire », une manière pour chacune et chacun de contribuer non seulement au débat en cours, mais également à sa suite._

(1) « De la liberté solidaire » in https://lematindalgerie.comde-la-liberte-mais-encore

(2) Voir https://www.editionselectronslibres-edizionielettroniliberi-maddah.com/ell-francais-presentation.html

 




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