3 avril 2025
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G7, G8 ou G6 sans les États-Unis ?

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L’orientation idéologique que prend actuellement le gouvernement américain l’éloigne des autres membres du G7, qui auraient en juin une occasion de l’expulser, une idée qui avait déjà surgi en 2018 lors d’une précédente guerre commerciale démarrée par ce pays.

En janvier, le Canada a assumé la présidence du G7 dont le sommet se tiendra du 15 au 17 juin à Kananaskis en Alberta. Depuis 50 ans, l’organisme qui comprend le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Union européenne, le Japon, les États-Unis et le Canada coordonne les réponses des démocraties libérales face aux défis qu’elles rencontrent.

Le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Jake Sullivan, a qualifié le G7 en 2022 de « comité directeur du monde libre » et le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, affirme actuellement qu’il est le groupe des grandes démocraties les plus avancées.

La Russie en a été membre pendant un certain temps, soit de 1997 jusqu’en 2014, date à laquelle elle en a été expulsée pour avoir envahi l’Ukraine. Or, le président Trump a récemment soutenu que la Russie aurait dû conserver son adhésion et plaidé pour sa réintégration, qualifiant son exclusion d’erreur.

Les États-Unis dans l’internationale réactionnaire

S’il est prévu cette année d’y discuter les enjeux mondiaux, la présence au sein de ce groupe d’un pays ayant changé d’allégeance politique pourrait forcer ses membres à prendre une décision difficile en ce qui concerne le nombre de ses participants. L’arrivée du nouveau gouvernement Trump le 20 janvier avec l’agenda MAGA (Make America great again) amène son pays sur la voie de ce qui a récemment été qualifié d’internationale réactionnaire.

En exemple de cela, le 14 février, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le vice-président américain, J. D. Vance, a prononcé un discours qui a mis à mal la relation transatlantique des États-Unis. Selon lui, la véritable menace pour l’Europe ne proviendrait pas d’acteurs extérieurs, mais de l’attitude des gouvernements européens qui ne sont pas à l’écoute des préoccupations de leurs électeurs les plus radicaux. «

En Grande-Bretagne et à travers l’Europe, la liberté d’expression, je le crains, est en retrait », a-t-il affirmé, soutenant plusieurs partis nationalistes de droite, telle l’Alternative für Deutschland (AfD), acceptant des néonazis dans ses rangs.

L’éviction du président Zelensky et des Européens des pourparlers de paix sur l’Ukraine a été un autre coup porté à cette relation transatlantique, ce qui a eu comme conséquence la création d’un « conseil de crise » formé de représentants français, britanniques, italiens, polonais et espagnol.

Donald Trump met en place un nouvel ordre mondial en négociant seul avec Vladimir Poutine. Le président américain commence aussi une guerre économique internationale. Entre autres choses, l’acier et l’aluminium européen et du Canada pourraient prochainement être taxés à la hauteur de 25 % par les États-Unis, diverses nouvelles taxes visant aussi le Mexique et la Chine.

Réintégrer la Russie ou expulser les États-Unis?

Jean-Noël Barrot considère comme « inimaginable » que la Russie réintègre aujourd’hui le G7, puisqu’elle en agresse des membres et se comporte de moins en moins comme une démocratie. La ministre des Affaires étrangères du pays hôte de la rencontre en juin, Mélanie Joly, a aussi déclaré que le Canada s’opposait fermement à cette réintégration.

L’idée d’exclure les États-Unis du G7 avait été présentée une première fois lors de la réunion de 2018 qui avait eu lieu à Charlevoix au Québec. Une semaine avant cette rencontre, Trump avait aussi imposé des droits de douane aux métaux provenant de l’Union européenne, du Mexique et du Canada.

Les ministres des Finances des pays visés avaient alors annoncé que leur coopération et collaboration avait été mise en danger en raison d’actions d’un pays membre. Le président de la France, Emmanuel Macron, avait alors fait le commentaire que le G7 ne serait pas très dérangé de redevenir G6, suggérant que le groupe pourrait être mieux sans les États-Unis, qui avaient d’ailleurs décidé de ne pas signer le communiqué final de la rencontre. Trump avait alors aussi dit qu’il voulait que la Russie revienne dans le G7.

Lors de la rencontre du G7 qui s’est tenu en Europe en 2024, les pays membres avaient réitéré leur attachement aux « principes démocratiques et aux sociétés libres, aux droits de la personne universels, au progrès social et au respect du multilatéralisme et de la primauté du droit ».

Ils affirmaient avoir la volonté de renforcer les règles et les normes internationales pour le bien de tous. Or, les actions du gouvernement de Donald Trump montrent qu’il ne respecte pas cet ordre international.

Il y a quelques semaines, au sommet de Paris sur l’IA, le vice-président J.D. Vance s’en est pris aux lois européennes sur l’IA et les marchés numériques (DMA) qui doivent prévenir les abus des réseaux et les dérives dans l’intelligence artificielle parce qu’elles touchaient les Gafam.

De plus, les déclarations du président américain qui veut vider Gaza de ses habitants et celles affirmant qu’il est prêt à utiliser la force militaire pour s’accaparer du Groenland, du Panamá et faire du Canada le 51e État américain en utilisant des contraintes économiques, montrent que Donald Trump est déterminé à mettre en place un nouvel ordre mondial basé sur l’injustice et la négation des droits des faibles. La mise en pratique cette année des propos de 2018 d’Emmanuel Macron empêcherait le président américain de détruire le G7 de l’intérieur et protégerait la crédibilité de l’organisme.

Michel Gourd

Le détenu Boualem Sansal a entamé une grève de la faim 

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Boualem Sansal
Boualem Sansal détenu arbitrairement en Algérie

Arrêté à son arrivée à l’aéroport d’Alger le 16 novembre puis incarcéré, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a décidé de mener cette action pour dénoncer « les pressions exercées sur lui ».

Boualem Sansal a entamé une grève de la faim confirme, samedi 22 février, son avocat François Zimeray à franceinfo. Incarcéré en Algérie depuis mi-novembre, l’écrivain Boualem Sansal a décidé de mener cette action pour dénoncer « les pressions exercées sur lui », la semaine dernière, souligne son avocat. Malgré les risques qu’elle constitue, cette grève de la faim se veut un bras de fer avec le régime, ou le dernier recours pour l’écrivain afin de recouvrer sa liberté.

Selon le journal Marianne, le gouvernement algérien a envoyé des émissaires auprès de Boualem Sansal pour le pousser à changer de conseil et l’inciter à prendre « un autre avocat français non juif ». Des informations que confirme François Zimeray, en précisant que son client « s’est mis en colère et a décidé de cette grève de la faim ». Boualem Sansal est âgé de 75 ans et souffre d’un cancer« Le protocole de soins a été interrompu », précise également son avocat.

Boualem Sansal est poursuivi en vertu de l’article 87 bis du Code pénal, qui sanctionne « comme acte terroriste ou subversif, tout acte visant la sûreté de l’État, l’intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions ». Cet article est brandi systématiquement par les autorités contre toutes les voix dissidentes.

Il y a près de 240 détenus d’opinion en Algérie. Ce sont essentiellement des activistes pacifiques, dont des universitaires comme Mira Mokhnache, des poètes, comme Mohamed Tadjadit, qui ont émis des opinions opposées au régime.

A la veille du 6e anniversaire ’22 février) du déclenchement de la dissidence populaire appelée le Hirak, plusieurs personnes ont été arrêtées pour prévenir toute manifestation. Le journaliste et ancien détenu d’opinion El Kadi Ihsane a été arrêté puis relâché après interrogatoire. Et Fethi Ghares, coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS, interdit par le régime), a été violemment agressé par des policiers en civil, selon son témoignage.

Ces deux derniers faits auraient un lien sur un projet de déclaration politique que devaient rendre publique un certain nombre de militants des droits humains, journalistes et activistes à la veille du 22 février.

Depuis le printemps 2020, une traque impitoyable a été lancé par les autorités contre les activistes. Tout le pays est sous cloche. Pas seulement, une propagande officielle sans précédent matraque l’opinion, relayée par des médias publics et privés, sur de supposées miraculeuses réalisation du chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune depuis son intronisation au pouvoir.

Plusieurs organisations internationales de défense des droits humains ont appelé le régime à libérer les détenus d’opinion et à lever les interdictions d’expression. En vain. Voire pire, le ministre de la Justice a nié l’existence de prisonniers d’opinion en Algérie et a menacé de poursuite toute personne ou organe qui « oserait » parler de ce sujet.

Yacine K./Francetvinfo

Marwan Barghouti pourrait-il sortir des geôles israéliennes ?

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Barghouti
Portrait de Marwan Barghouti dans le camp de réfugiés de Jabalia.

Marwan Barghouti, emblématique prisonnier palestinien, figure sur la liste des personnes libérables lors de la phase 2 du cessez-le-feu dans la bande de Gaza. La libération de celui qui est surnommé le « Mandela palestinien » pourrait-elle être effective et si tel était le cas, le rôle que pourrait jouer cette figure palestinienne dans le futur reste incertain.

 Le prisonnier politique Marwan Barghouti représente l’espoir d’un consensus de plusieurs factions de la résistance palestinienne. Voilà plus de vingt ans que Marwan Barghouti est derrière les barreaux en Israël et son aura ne faiblit pas, au contraire. Son visage souriant, ses poignets menottés levés au-dessus de la tête, l’index et le majeur faisant le V de la victoire, sont peints sur les murs des Territoires occupés et trônent sur les pancartes dans les manifestations pour la paix en Palestine aux quatre coins du monde voilà plus de quinze mois.  

Et depuis le 7-Octobre, son nom est de plus en plus souvent prononcé, en Palestine comme à l’étranger, pour reprendre le flambeau de potentielles négociations de paix, voire pour devenir le prochain président d’un État palestinien – État reconnu par 147 États sur les 193 États membres que compte l’ONU plus le Vatican. Une raison pour laquelle l’ex-ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a exigé en février 2024 le durcissement des conditions de détention de cet homme de 65 ans : Marwan Barghouti est transféré de prison en prison, séparé de ses compagnons de cellule, il est victime de tabassage, de privation de nourriture, de sommeil etc., selon le chef de la Commission des affaires des prisonniers et ex-prisonniers de l’OLP. 

Il purge actuellement cinq peines de prison à perpétuité, après qu’Israël l’a reconnu coupable en 2003 d’avoir préparé des attaques durant la deuxième intifada au sein des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, la branche armée du Fatah. Mais le condamné a toujours refusé de reconnaître la justice israélienne sur les Palestiniens en Cisjordanie occupée. « Seules la paix et la fin de l’occupation apporteront la sécurité aux deux peuples. Le peuple israélien paie un prix très élevé pour la politique de son gouvernement », clame-t-il à son arrivée au tribunal en 2002 devant les journalistes.   

Une figure de l’unité palestinienne  

Marwan Barghouti, originaire de Kobar près de Ramallah, a à peine quinze ans au début des années 1980 lorsqu’il s’engage en politique en rejoignant le Fatah. Il est expulsé par Israël en Jordanie en 1987 et ne peut retrouver la Palestine qu’à l’issue des Accords d’Oslo en 1993. « Bien que le mouvement Fatah auquel j’appartiens et moi-même nous opposions fermement aux attaques et au ciblage des civils à l’intérieur d’Israël, notre futur voisin, je me réserve le droit de me protéger, de résister à l’occupation israélienne de mon pays et de me battre pour ma liberté », écrit Marwan Barghouti dans le Washington Post en 2002.  

Si la gauche israélienne semble favorable à mettre fin à la détention de Marwan Barghouti, le gouvernement de Benyamin Netanyahu s’y oppose depuis toujours, non pas parce qu’il aurait du sang sur les mains mais parce qu’il fait l’unanimité auprès des Palestiniens. En 2011, afin que soit libéré le soldat Gilad Shalit, Israël avait accepté de libérer plus de mille prisonniers palestiniens dont le chef de la branche armée du Hamas Yahya Sinouar. « Il me semble que si nous voulons mener des négociations pratiques, nous avons besoin de personnes compétentes des deux côtés. Du côté israélien, je ne veux pas exprimer d’opinion, mais du côté palestinien, si nous libérons Marwan Barghouti aujourd’hui, ce sera vraiment quelque chose de très méritoire », rapporte Ephraïm Halevy, ancien chef du Mossad, repris par Middle East Monitor

Depuis le 7-Octobre, la question du jour d’après revient de manière lancinante. Pour le Premier ministre israélien, ni le Hamas ni le Fatah de Mahmoud Abbas ne sauraient figurer dans la prochaine gouvernance. Marwan Barghouti, qui s’est opposé au mouvement islamiste et qui a lutté contre l’incurie de son propre mouvement serait alors l’homme providentiel ?  

« Politiquement, il bénéficie d’un capital de crédibilité auprès de la population palestinienne car il paie de sa personne avec la multitude d’années passées en prison, analyse David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’IRIS, spécialisé du Moyen-Orient, rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques. C’est ce capital qui pose un problème au gouvernement Netanyahu. Il est en outre considéré comme intègre contrairement à d’autres cadres du mouvement national palestinien. Et il constitue d’autant plus un problème pour le gouvernement israélien qu’il pourrait potentiellement constituer une alternative au Hamas qu’il a d’ailleurs combattu. Son nom a de fait circulé à Washington sous l’administration Biden comme étant l’incarnation d’une alternative possible. C’est la raison pour laquelle il est probablement l’un des rares prisonniers que Netanyahu ne veut pas voir libéré même si Ahmed Barghouti, proche collaborateur de son frère aîné, l’a été lors de la sixième phase de libération d’otages contre des prisonniers palestiniens. » Et le chercheur d’expliquer que Marwan Barghouti, par ce qu’il représente, est paradoxalement peut-être plus dangereux politiquement parlant qu’un chef du Hamas.  

Un capital politique qui ne semble donc pas non plus satisfaire Mahmoud Abbas qui fait profil bas sur la libération du leader palestinien. Dans les sondages d’opinion réalisés auprès des Palestiniens par le Palestinian Center for Policy and Survey Research, Marwan Barghouti dépasse largement Mahmoud Abbas au niveau de la popularité, depuis déjà une décennie, et une libération pourrait signifier la chute du chef actuel de l’Autorité palestinienne. Une Autorité totalement décrédibilisée et accusée de corruption que n’a jamais cessé de dénoncer Marwan Barghouti. « C’est un homme courageux sur le plan individuel par les sacrifices personnels qu’il a consentis pour la cause nationale qu’il défend comme sur le plan politique où il est conscient de la nécessité de parvenir à un compromis qui ne pourra être que difficile pour les deux parties : en 2002, après le début de la seconde intifada, il écrivait qu’il “cherche toujours la coexistence pacifique entre les pays égaux et indépendants d’Israël et de la Palestine”. Le problème, c’est que la configuration a beaucoup changé depuis avec un potentiel point de bascule qui s’est opéré avec le massacre du 7 octobre rendant aujourd’hui quasi-impossible pour la majorité des Israéliens toute idée d’État palestinien frontalier de l’État hébreu », poursuit David Rigoulet-Roze.  

Avec RFI

Les gestes parlent et racontent

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Trump

Le monde assiste avec stupéfaction au retour du plus détestable salut du fascisme qui avait dévasté l’Europe dans la première partie du XXe siècle. Cela devient une épidémie chez les trumpistes qui le font dorénavant sans aucune retenue.

Ce geste est apparu depuis la descente en enfer de ce pays géant qui avait pourtant été l’un des phares de la démocratie dans le monde.

Parmi les plus connus des adeptes du trumpisme qui ont fait ce salut, deux se sont particulièrement illustrés. Elon Musk fut le premier, le 20 janvier, jour de la célébration de l’investiture de Donald Trump.

Voilà que le 21 février, Steve Bannon, l’ancien fantasque conseiller de Donald Trump, une grande figure de l’extrême droite radicale (le pléonasme s’impose) fait le même geste lors de la convention d’ultra droite, la Conservative Political Action Conference (CPAC). 

Ce geste est si connu que les opinions fascistes qui l’ont fait naître et les circonstances ne laissent aucun doute sur son caractère volontaire malgré les dénégations des proches d’Elon Musk et de Steve Bannon. D’autant plus que, nous l’avons dit, ce ne sont pas les premiers dans le camp trumpiste à l’avoir fait. Sinon comment expliquer que tout d’un coup, ils se seraient tous mis à la même gestuelle sans que cela puisse être sans rapprochement avec le salut des fascistes italiens et des nazis ? 

Je dois avouer que je ne connaissais pas cette discipline qu’est la sémiologie du geste, je veux dire d’une manière approfondie. Elle m’avait été expliquée par mon collègue, professeur de sémiologie dans une école supérieure d’arts appliqués. La sémiologie du geste est une approche qui englobe les fonctionnements des signes verbaux au cours d’un acte de communication, en quelque sorte qui en renforce le sens.

Effectivement, ce professeur m’avait rappelé ce que nous savons tous, que l’être humain accompagnait toujours son propos par une gestuelle adaptée lorsqu’il voulait ajouter de la profondeur à ses paroles. Nous connaissons ceux de la colère, de l’amour, de la passion, de la joie, de la stupeur et ainsi de suite. Ces gestes ne portent pas toujours la signification qui leur est attribuée mais avec la victoire du trumpisme, il n’y a aucun doute sur celui de la main tendue du fascisme si reconnaissable.

Même si nous constations le retour progressif des idées de la peste noire dans le monde, l’épidémie aux États-Unis confirme et renforce le mouvement d’une manière si forte qu’il bouleverse l’ordre du monde et détruit la longue et difficile construction des démocraties.

Nous savons que le geste de la main droite sur le cœur puis le bras qui se tend brusquement avec la paume tournée vers le bas n’est pas une pratique née du nazisme mais héritée du mouvement fasciste de Mussolini.

Comme toute doctrine d’ultra droite, le discours populiste consiste à galvaniser les foules par une promesse d’un retour à la gloire passée supposée d’une nation. Pour Mussolini, le rappel de la grande civilisation romaine, pour Tump, le Make America Great Again. 

Ce geste aurait été, selon la légende, d’abord celui des hommages faits aux armées romaines avant de se transformer en un signe de respect et de soumission au pouvoir. Hitler n’a fait que reprendre ce geste lors de son alliance avec le fascisme de Mussolini.

Les mythes sont par définition construits sur une fausse réalité du passé qui est fantasmée. Une foule endoctrinée peut même croire en une origine extra terrestre de la nation si le leader populiste essaie de le leur faire croire.

Ce mensonge historique de l’origine du salut, comme bien d’autres, vient du détournement de l’histoire romaine car le geste fasciste, puis nazi, n’a jamais existé comme nous le rappelle l’historien allemand Martin M. Winkler. Il est un mythe reproduit dans beaucoup de représentations culturelles, ce qui en a fait une réalité dans les esprits crédules.

Et l’une des œuvres les plus marquantes de cette fantasmagorie est le chef-d’œuvre du peintre  David à la fin du XVIIIème siècle, Le serment des Horaces. Trois frères, les Horace, ont été désignés pour vaincre les Curiaces. Tous les trois jurent d’honorer ce serment en levant les épées, avec ce fameux geste devenu celui des fascistes, des armes que leur avait données le père. Pour rajouter à l’intensité de la scène, les femmes pleurent devant cet engagement héroïque pour le bien de la nation.   

C’est dramatique que ce retour en arrière vers la pire période contemporaine de l’histoire des populismes (ils n’ont jamais disparu mais jusque-là ils n’avaient pas encore une intensité si dangereuse depuis la période trouble). C’est une épidémie mortelle car elle mène toujours au désastre et au néant. Ce populisme prend souvent accroche avec des mouvements inattendus   comme ceux négationnistes qui vont jusqu’à dénier la rondeur de la terre, elle serait plate, ou prétendre que le vaccin est un complot pour manipuler les populations au profit des forces occultes des grands intérêts financiers et de pouvoir. 

On m’a toujours posé la question sur mon entêtement à fustiger les élucubrations des adeptes du complot. Ma réponse est de leur montrer encore une fois où cela mène avec l’exemple du dangereux populisme de Donald Trump qui harangue les foules de ses supporters pour les avertir du danger des ennemis « occultes » (le deep state) de la nation et du monde qui veulent menacer l’Amérique.

L’Amérique devient folle, les partisans de Trump partagent cette responsabilité car un fou ne peut créer seul un empire sans être porté par l’adhésion des foules.   

Boumediene Sid Lakhdar

France : fin de cavale pour le criminel Mohamed Amra

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Mohamed Amra

La traque de Mohamed Amra, un narcotrafiquant multirécidiviste, a pris fin après neuf mois de cavale. Cet individu, en fuite depuis son évasion spectaculaire en mai 2024, a été arrêté en Roumanie.

Son évasion avait été marquée par une attaque violente contre un fourgon pénitentiaire, qui avait coûté la vie à deux agents. L’annonce de son arrestation a été faite par Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, qui a exprimé sa gratitude envers les forces de l’ordre sur son compte X, anciennement Twitter.

Le parquet de Paris a rapidement confirmé l’interpellation d’un homme en Roumanie, fortement soupçonné d’être Amra, tout en précisant que des vérifications étaient en cours. Le Premier ministre François Bayrou a salué ce succès, soulignant le professionnalisme et la détermination des forces de police. Il a également exprimé sa reconnaissance envers ceux qui ont œuvré pour cette arrestation, en mémoire des victimes et de leurs familles.

Emmanuel Macron, présent au Salon de l’agriculture à Paris, a qualifié cette arrestation de « formidable succès », fruit d’une coopération efficace entre les services d’enquête français et européens. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a rappelé que la police et la justice finissent toujours par triompher.

L’évasion d’Amra, survenue le 14 mai 2024, avait été orchestrée par un commando armé qui avait attaqué le fourgon au péage d’Incarville, tuant deux agents et blessant trois autres. À l’époque, Amra était en détention pour des crimes graves, y compris des meurtres liés à des trafics de drogue. L’attaque, filmée par une caméra de surveillance, avait révélé la violence croissante des trafiquants de drogue.

Plus de trois cents enquêteurs avaient été mobilisés pour retrouver le fugitif Mohamed Amra et ses complices, et une enquête judiciaire avait été ouverte pour meurtres, tentatives de meurtre et évasion en bande organisée. Un rapport de l’Inspection générale de la justice avait souligné un manque de communication entre les autorités, ce qui avait conduit à une évaluation erronée du danger qu’Amra représentait.

L’arrestation de Mohamed Amra a été accueillie avec soulagement par les familles des victimes, notamment celle d’Arnaud Garcia, un surveillant pénitentiaire tué lors de l’attaque. Ses avocats ont exprimé leur gratitude envers les enquêteurs et ont souligné l’importance de poursuivre les investigations. Dominique Gombert, représentant de FO Justice, a également exprimé son soulagement, tout en rappelant que les membres du commando restaient en fuite et que leur arrestation était également attendue.

Rabah Abache/AFP

Mulhouse : une attaque au couteau fait un mort et plusieurs policiers blessés

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Attaque terroriste Mulhouse

Un homme de 37 ans, Brahim Abdessamed, d’origine algérienne, fiché pour prévention du terrorisme, est suspecté d’avoir tué à l’arme blanche une personne samedi 22 février à Mulhouse (Haut-Rhin, est de la France) en marge d’une manifestation, et d’avoir grièvement blessé deux policiers municipaux.

Le suspect de l’attaque au couteau à Mulhouse est un Algérien de 37 ans sous OQTF, connu des services pour sa radicalisation. Le parquet antiterroriste français a annoncé s’être saisi de l’enquête sur l’attaque à l’arme blanche qui a fait un mort samedi 22 février à Mulhouse (dans l’est de la France) par un homme qui a également grièvement blessé des policiers municipaux, avant d’être interpellé. 

« Une personne civile qui s’est interposée est décédée. Trois policiers municipaux seraient blessés », a précisé dans un communiqué le parquet national antiterroriste, qui a ouvert une enquête pour assassinat et tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique, dans les deux cas en relation avec une entreprise terroriste.

Le suspect « est fiché au FSPRT », le fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, a déclaré le procureur de Mulhouse Nicolas Heitz, qui s’est rendu sur place. Deux des policiers municipaux ont été blessés pour l’un « à la carotide », pour l’autre « au thorax ».

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, interrogé sur TF1, a indiqué que le suspect faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a accusé l’Algérie de l’avoir refusé à 10 reprises.

« Une fois de plus, c’est le terrorisme islamiste qui a frappé. Et, une fois de plus, j’ajoute que ce sont les désordres migratoires qui sont aussi à l’origine de cet acte terroriste », a-t-il lancé.

Un « acte de terrorisme […] qui ne fait pas de doute » pour Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron a évoqué un « acte de terrorisme », « islamiste », « qui ne fait pas de doute », en faisant part de « la solidarité de toute la Nation ». Le chef de l’État a indiqué que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui doit se rendre sur place, « s’exprimera [samedi] soir pour donner les détails sur le dossier ».

« Je veux dire […] la détermination du gouvernement et la mienne de continuer le travail qui est le nôtre depuis huit ans pour tout faire afin d’éradiquer le terrorisme sur notre sol », a-t-il ajouté en marge d’une visite au Salon de l’agriculture à Paris.

« Le fanatisme a encore frappé et nous sommes en deuil », a réagi le Premier ministre François Bayrou. « Mes pensées vont naturellement aux victimes et à leurs familles, avec la ferme espérance du rétablissement des blessés », a ajouté le chef du gouvernement dans un message publié sur X, dans lequel il a adressé ses « félicitations aux forces de l’ordre pour leur intervention rapide ».

Une attaque commise en mage d’une manifestation de soutien à la RDC

Les faits se sont déroulés peu avant 16h00, en marge d’une manifestation de soutien à la République démocratique du Congo. Sur place, à proximité du marché du canal couvert, un périmètre de sécurité a été dressé.

De source syndicale, l’homme, né en Algérie, est actuellement sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence. Il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

« L’horreur vient de saisir notre ville », a déploré dans un message posté sur Facebook la maire de la ville, Michèle Lutz. Elle a adressé aux victimes et à leurs proches ses « sentiments fraternels. »

Yacine K./Rfi

6e anniversaire du Hirak : une aspiration inébranlable à la liberté

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Le Hirak

Il y a six ans, en février 2019, le peuple algérien s’est levé avec une détermination inédite pour exiger la fin d’un système politique autoritaire et corrompu. Le Hirak, mouvement citoyen pacifique, unitaire et spontané, a incarné l’espoir d’une Algérie libérée de la prédation, de l’injustice et de l’arbitraire. Pendant des mois, des millions d’Algériens ont arpenté les rues du pays dans une ferveur démocratique, traçant un chemin de dignité, de justice et d’émancipation.

Cet engagement, ancré dans l’histoire des luttes citoyennes, portait des revendications claires : la souveraineté populaire, l’État de droit, la fin du diktat militaire sur la vie civile et la garantie des libertés fondamentales.

Si l’élan du Hirak a été freiné par la répression, il a néanmoins marqué une rupture irréversible dans la conscience collective du peuple algérien. En brisant le mur de la peur, il a redonné aux citoyens confiance en leur pouvoir d’action et en leur capacité à façonner l’avenir de leur pays.

Une répression systématique et un pouvoir isolé

Six ans après, le régime en place demeure sourd aux revendications populaires exprimées dans les rues et les places d’Algérie. Loin d’apporter une réponse politique aux aspirations légitimes du peuple, il s’est enfermé dans une logique répressive et autoritaire. Ce durcissement se traduit par un verrouillage absolu du champ politique : criminalisation des opinions dissidentes, instrumentalisation de la justice et intensification de la répression sous couvert de l’article 87 bis.

Les militants, journalistes et intellectuels critiques subissent des persécutions systématiques, tandis que la société civile est marginalisée. Les syndicats indépendants et les associations sont étouffés, toute tentative d’organisation autonome étant perçue comme une menace.

L’élection présidentielle frauduleuse de septembre 2024, marquée par une abstention record, a confirmé le rejet massif du régime et mis en lumière son déficit criant de légitimité populaire. Ce rejet traduit l’échec d’un pouvoir incapable de proposer un projet politique fédérateur et soucieux du bien-être de la population. Multipliant les artifices pour masquer son illégitimité, il se heurte à une défiance accrue du peuple.

Résistance et résilience : un peuple debout face à l’arbitraire

Face à cette oppression, la société algérienne refuse de plier. Malgré les entraves, les Algériens continuent d’exprimer leur opposition à un pouvoir usurpateur. Ils boycottent massivement les simulacres électoraux, rejettent les organisations fantoches contrôlées par le régime et maintiennent un dynamisme dans les luttes sociales. Étudiants, lycéens, médecins, travailleurs et enseignants résistent aux intimidations pour exiger justice et droits sociaux.

L’Algérie ne veut pas se soumettre. L’Algérie ne veut pas s’effacer

Les mobilisations s’expriment sous différentes formes : contestations dans les universités, grèves syndicales, luttes citoyennes pour la préservation des libertés fondamentales. Malgré une répression accrue, la volonté de changement demeure intacte. Les Algériens explorent de nouveaux moyens pour faire entendre leur voix, tandis que la diaspora joue un rôle essentiel en relayant les revendications du Hirak à l’international et en dénonçant les dérives autoritaires du régime

Un régime aveugle aux menaces qui pèsent sur l’Algérie

Alors que le pays affronte des défis historiques, le pouvoir persiste dans une politique de survie aux dépens de l’intérêt national, ignorant les signaux d’alerte émis par une société en quête de réformes profondes et d’un avenir plus serein.

Sur le plan international : L’Algérie est marginalisée, son influence régionale déclinant avec l’enfermement autoritaire du régime. Autrefois acteur clé dans les équilibres géopolitiques africains et méditerranéens, le pays se trouve relégué à un rôle secondaire, affaibli par l’absence d’une diplomatie proactive. Les périls sécuritaires aux frontières et dans le Sahel exigeraient une stratégie réfléchie, mais le pouvoir instrumentalise ces menaces pour justifier un état d’exception permanent. L’isolement diplomatique grandissant s’accompagne d’un recul de la coopération internationale, alors que des opportunités cruciales pour le développement économique et stratégique du pays sont laissées en suspens.

Sur le plan intérieur : l’effondrement économique et social s’aggrave. Inflation, chômage, fuite des cerveaux et crises sectorielles plongent la population dans une précarité croissante, accentuant l’instabilité du pays. Les jeunes diplômés, désillusionnés par l’absence de perspectives, quittent le territoire, aggravant l’hémorragie des compétences.

L’augmentation du coût de la vie, couplée à la stagnation des salaires, entraîne un appauvrissement généralisé des classes moyennes et populaires. Les secteurs névralgiques, comme l’éducation et la santé, subissent une dégradation alarmante des infrastructures et des services, privant les citoyens de droits fondamentaux et alimentant une colère sociale grandissante.

En parallèle, le capital national est marginalisé, étouffé par une politique économique qui favorise l’entrée de capitaux internationaux aux origines douteuses, sans réelle stratégie de développement à long terme.

Plutôt que d’encourager l’émergence d’un tissu économique national autonome et viable, le régime privilégie des arrangements opaques qui renforcent la dépendance du pays à des intérêts extérieurs. Au lieu d’adopter des réformes structurelles adaptées, le pouvoir persiste dans des mesures de court terme qui ne font que retarder l’inévitable nécessité d’un changement en profondeur.

Un potentiel intact : la transition démocratique comme seule issue

Si le pouvoir est affaibli et discrédité, le peuple algérien conserve son potentiel de mobilisation et d’émancipation. Une conviction demeure : seule une transition démocratique permettra de sortir de la crise et de reconstruire l’État sur des bases solides. Cette transition ne saurait se limiter à un simple changement de visages au sommet de l’appareil d’État, mais devra s’inscrire dans une transformation profonde des institutions, du mode de gouvernance et du contrat social qui lie les citoyens à leur gouvernement.

La transition nécessite d’abord un démantèlement des dispositifs répressifs et l’abrogation des lois liberticides, ouvrant ainsi la voie à un débat national inclusif. Il ne s’agit pas seulement d’organiser de nouvelles élections, mais de repenser en profondeur le système politique et économique, en favorisant une participation active des forces vives du pays, des mouvements sociaux et des citoyens engagés.

La fin de la mainmise oligarchique sur l’économie, la réhabilitation d’un capital national productif et l’arrêt des politiques favorisant les intérêts étrangers aux dépens du développement local constituent également des impératifs majeurs.

Loin d’être une utopie, cette transition s’inscrit dans un mouvement historique plus large. Le peuple algérien a démontré tout au long de son histoire sa capacité à s’organiser et à relever des défis colossaux. Son aspiration à la justice, à la dignité et à la souveraineté reste intacte.

L’issue de cette lutte dépendra de la mobilisation continue et de la création de structures alternatives capables de porter ce projet d’avenir. C’est ainsi que pourra se concrétiser une Algérie libre, juste et démocratique, digne des sacrifices consentis par les générations passées.

L’Algérie appartient à son peuple, et son avenir ne peut être confisqué.

Vive l’Algérie libre et démocratique !

Diaspora 22 février 2025

Signataires

Riposte Internationale – الإنسان لحقوق شعاع SHOAA for Human Rights – CALM (Coordination des algériens du monde) – Pour une Alternative Démocratique en Algérie (PADA) – Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie – CGADD ( collectif Groupe Algérie Droit Devant) – Collectif Révolution du Sourire

Jordan Bardella annule son discours à la conférence conservatrice : Steve Bannon l’incendie 

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Bardella
Jordan Bardella

Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a annulé son intervention ce vendredi 21 février à la Conservative Political Action Conference (CPAC), l’un des plus grands rassemblements de la droite conservatrice aux États-Unis. Cette décision fait suite à un geste de Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, lors de son discours perçu comme un salut nazi.

Steve Bannon s’est défendu en expliquant qu’il s’agissait d’un mouvement habituel pour remercier le public mais plusieurs figures politiques, dont Jordan Bardella, ont jugé le geste inacceptable. Le dirigeant du RN a réagi à cet incident et a déclaré : « L’un des intervenants s’est permis, par provocation, un geste faisant référence à l’idéologie nazie. Par conséquent, j’ai pris la décision immédiate d’annuler mon intervention prévue cet après-midi lors de l’événement. »

Une riposte virulente de Steve Bannon

De son côté, Steve Bannon a répondu avec virulence aux critiques de Bardella dans une courte interview filmée par un journaliste de l’hebdomadaire Le Point. Visiblement agacé par la décision du président du RN, l’ancien conseiller de Donald Trump a rejeté toute accusation et a dénoncé ce qu’il considère comme une réaction excessive.

« C’est ridicule ! Bardella se comporte comme un enfant effrayé, il n’a aucune stature de leader. Ce n’est pas un homme, c’est un petit garçon », a-t-il lancé avec mépris. Bannon a également affirmé que le président du RN n’était « pas digne de diriger la France »

L’ancien conseiller de Trump a élargi son attaque au Rassemblement national en soulignant la volonté du parti français de se conformer aux normes du « politiquement correct » européen. « Le RN veut plaire à l’establishment de Bruxelles. Ils veulent être acceptés par le système plutôt que de le renverser. C’est pourquoi ils ne gagneront jamais »

Un dilemme stratégique pour le RN

Cette polémique illustre les tensions entre le Rassemblement national et certains segments de l’extrême droite américaine. Le RN cherche à renforcer ses relations internationales en tissant des liens avec les conservateurs pro-Trump, tout en se démarquant des éléments les plus radicaux de ce mouvement. C’est toute la stratégie de diabolisation du Rassemblement national que Marine Le Pen mène depuis des années.

Le CPAC, qui réunit chaque année les figures les plus influentes de la droite américaine, comptait parmi ses intervenants la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, le président argentin, Javier Milei, et le milliardaire Elon Musk. Ce dernier s’est lui aussi retrouvé au cœur d’une controverse en janvier dernier, lorsqu’il a effectué un geste similaire lors de l’investiture de Donald Trump, geste qu’il a démenti être un salut nazi.

Rabah Aït Abache

Ligue 1 Mobilis : le CRB s’incline à Sétif (1-0)

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CRB

Le CR Belouizdad, battu jeudi en déplacement face à l’ES Sétif  (1-0), a raté l’occasion de prendre provisoirement la tête du championnat de Ligue 1 Mobilis de football, lors de la 17e journée, disputée mardi, mercredi, et jeudi, devant se clôturer dimanche.

Dans un match disputé à huis clos, l’Entente a démarré du bon pied, ce qui lui permis de trouver la faille, grâce à sa nouvelle recrue hivernale l’attaquant nigérian Kingsley Eduwo, profitant d’une balle mal repoussée par le gardien belouizdadi, Maâchou (22e).

Privé de trois titulaires : le défenseur Benayada, le milieu de terrain Selmi, et le buteur maison Mahious, blessés, le Chabab n’a pu réagir devant une équipe sétifienne qui a réussi à préserver son maigre avantage jusqu’au sifflet final de l’arbitre international Mustapha Ghorbal.

Le CRB a terminé la partie en infériorité numérique après l’expulsion du capitaine Abderaouf Benguit dans le temps additionnel (90e+2).

A l’issue de ce résultat, l’Entente remonte à la sixième place, en compagnie de l’ASO Chlef, avec 24 points chacun, alors que le CRB stagne à la deuxième position.

Dans les autres matchs de cette 17e journée, l’USM Alger a rejoint le CRB à la position de dauphin, en battant à domicile le NC Magra (2-0), à l’occasion du premier match du nouvel entraîneur brésilien des « Rouge et Noir », le Brésilien Marcos Paqueta.

Au stade de l’Unité maghrébine de Bejaïa, l’Olympique Akbou et la JS Kabylie se sont séparés sur un score vierge (0-0), dans un derby qui n’a pas tenu ses promesses. Les « Canaris » alignent un quatrième match sans victoire, toutes compétitions confondues, en dépit du changement opéré à la barre technique, avec l’arrivée de l’Allemand Josef Zinnbauer, en remplacement d’Abdelhak Benchikha.

A Constantine, le CSC a concédé un nul, au goût d’une défaite, à domicile face à l’ASO Chlef qui n’a rien lâché (2-2). Une contre-performance qui a privé le club constantinois de rejoindre le « Big Four », alors que les Chélifiens se hissent à la 6e place.

Dans le bas du tableau, les deux relégables : l’US Biskra et l’ES Mostaganem, ont échoué à se relancer dans la course au maintien. Si l’USB a été tenue en échec à la maison face au MC El-Bayadh (0-0), l’Espérance s’est inclinée en déplacement dans le derby face au MC Oran (1-0).

La formation de Biskra détient un triste record (en cours) cette saison : les joueurs de l’entraîneur Lyamine Bougherara ont aligné un 12e match sans victoire en championnat.

De son côté, l’USM Khenchela continue de manger son pain noir, en essuyant une sévère, et inattendue défaite, à domicile face la JS Saoura (1-3). Il s’agit du troisième revers « at-home » pour les « Siskaoua » depuis le début de la saison. La défense de l’USMK est devenue le maillon faible, en encaissant  pas moins de 11 buts en quatre rencontres.

Une nouvelle défaite non sans conséquences, puisque l’entraîneur khencheli, Chérif Hadjar, qui a annoncé sa démission à l’issue de la partie.

Le dernier match de cette 17e journée se jouera dimanche entre le Paradou AC et le MC Alger, au stade olympique du 5-Juillet (20h00). Un succès du « Doyen » lui permettrait de creuser l’écart sur ses poursuivants directs.

APS

Profanation du drapeau amazigh à Tripoli : le Premier ministre condamne 

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Imazighen Libye

Les habitants, notables, militants et organisations de la société civile de la municipalité de Yefren ou Ifrane (une ville du nord-ouest de la Libye située dans le massif de Nefoussa, à environ 120 km au sud-ouest de la capitale Tripoli) ont exprimé leur vive condamnation après un acte de profanation du drapeau amazigh dans un quartier de Tripoli, ont rapporté des médias locaux. 

Cet incident, impliquant un groupe de citoyens parmi lesquels des membres des services de sécurité, a suscité une vague d’indignation et de colère au sein de la communauté amazighe et au-delà, selon les mêmes sources qui indiquent que cet acte est  perçu comme une tentative d’effacement de l’identité amazighe. 

Les représentants de Yefren ont dénoncé cet acte comme une tentative délibérée d’effacer l’identité amazighe et d’attiser la haine et la discorde entre les Libyens. « Cet acte odieux vise à effacer l’identité amazighe, à semer la haine et à attiser la discorde entre les Libyens », ont déclaré des notables et militants de la ville.

Ils ont rappelé que les Amazighs font partie intégrante de la Libye et que toute atteinte à leurs symboles culturels et historiques constitue une menace pour l’unité nationale et la coexistence pacifique entre les différentes composantes du pays.

Face à la gravité de l’incident, les habitants et représentants de Yefren ont exhorté les autorités compétentes à prendre des mesures immédiates. Ils ont demandé l’ouverture d’une enquête urgente afin d’identifier et d’appréhender les auteurs de cet acte, et leur traduction devant le ministère public.

« Nous appelons les autorités compétentes à ouvrir une enquête urgente, à appréhender les auteurs de cet acte odieux et à les traduire devant le ministère public, et à œuvrer pour garantir que de tels actes ne se reproduisent plus », insistent-ils.

Un test pour les autorités libyennes

L’incident de Tripoli constitue un véritable test pour les autorités libyennes, qui doivent démontrer leur engagement en faveur de la diversité et du respect des identités culturelles. Les Amazighs, présents en Libye depuis des millénaires ont joué un rôle essentiel dans l’histoire du pays. Pendant la révolte du peuple libyen de 2011, les Amazighs ont contribué de façon active dans les combats qui ont précipité la chute du  régime de Mouammar Kadhafi.

Le gouvernement libyen base a Tripoli condamne 

Le Gouvernement d’unité nationale libyen base à Tripoli a publié un communiqué dénonçant fermement l’agression contre le drapeau amazigh et réaffirmant son respect pour l’identité amazighe en tant que composante essentielle de la culture libyenne, a rapporté le media en ligne Libya Al Ahrar TV.

Le communiqué souligne la position claire du gouvernement contre toute tentative de porter atteinte à l’unité nationale ou de provoquer des tensions intercommunautaires.

Le gouvernement réaffirme l’engagement de l’État à protéger la diversité culturelle et à garantir le respect de l’identité amazighe et met en avant la nécessité de faire respecter la loi de manière équitable et sans discrimination.

Le Premier ministre, Abdelhamid Dbeibah, a ordonné l’ouverture d’une enquête et l’application de mesures juridiques strictes contre les auteurs de cet acte.

Samia Naït Iqbal

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