12.7 C
Alger
Accueil Blog Page 36

Cour de Tizi-Ouzou : le procès en appel du journaliste Christophe Gleizes fixé au 3 décembre

1
Christophe Gleizes
Christophe Gleizes condamné à 7 ans de prison ferme

 La cour de justice de Tizi-Ouzou a fixé au 3 décembre 2025 la date du procès en appel du journaliste français Christophe Gleizes, condamné le 29 juin dernier à sept ans de prison, a indiqué son avocat Me Amirouche Bakouri sur sa page Facebook.

Dans une déclaration au site Casbah Tribune, l’avocat a reconnu que son client avait commis une « erreur administrative » en entrant en Algérie avec un visa touristique, sans accréditation officielle, comme l’exige la réglementation pour les journalistes étrangers.

« Les faits sont clairs : Christophe Gleizes était en Algérie dans le seul but de réaliser un reportage sur la JS Kabylie. Il a commis une faute administrative, mais cela ne saurait être assimilé à un acte de terrorisme ou d’apologie de celui-ci », a déclaré Me Bakouri, ajoutant que la défense « plaidera une requalification des faits et une décision juste et humaine ».

Collaborateur du magazine français So Foot, Gleizes avait été arrêté à Tizi-Ouzou au printemps dernier alors qu’il réalisait un reportage sur le sport et la société en Kabylie. Sa condamnation à sept ans de prison pour « collecte illégale d’informations » et « activité journalistique non autorisée » avait suscité de vives réactions en Algérie et en France.

L’audience en appel devrait permettre à la défense de démontrer, selon Me Bakouri, qu’il y a eu « confusion entre une infraction administrative et une accusation criminelle »..

La rédaction

- Publicité -

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara, un 4e mandat sans rival et des voix qui s’élèvent à l’étranger

0

À 83 ans, le président ivoirien Alassane Ouattara s’avance vers un quatrième mandat comme vers une formalité.

Le scrutin du 25 octobre se déroule dans un climat d’apparente ferveur populaire mais sans véritable compétition politique : les principales figures de l’opposition ont été écartées, neutralisées ou disqualifiées, laissant le champ libre à un chef d’État tout-puissant qui semble désormais seul en scène.

Dans un stade Félix-Houphouët-Boigny transformé en meeting géant, des milliers de jeunes en tee-shirts orange scandent « ADO ! ». Le président, chapeau sur la tête, salue la foule depuis sa voiture. La mise en scène est rodée : le pouvoir se confond avec sa personne. « Il a construit des hôpitaux, des universités, des routes, la Côte d’Ivoire est belle ! », lance une jeune admiratrice, avant qu’une autre ne s’exclame : « Il n’a qu’à mourir au pouvoir ! ». La ferveur se mêle à la résignation.

Un pouvoir verrouillé

Depuis son retour au pouvoir en 2011 après la chute de Laurent Gbagbo, Ouattara a consolidé son autorité en s’appuyant sur un appareil d’État étroitement contrôlé. Les alliances héritées du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) se sont muées en une structure présidentielle quasi unique. La justice électorale a invalidé les candidatures de plusieurs figures majeures, dont celles de l’ancien Premier ministre Guillaume Soro et de l’ex-président Henri Konan Bédié.

Résultat : le scrutin présidentiel ne présente plus de véritable enjeu politique. Les institutions, largement inféodées au pouvoir, valident la continuité au nom de la stabilité. Le pays, vitrine économique de l’Afrique de l’Ouest francophone, affiche un taux de croissance envié, mais une démocratie épuisée.

La mobilisation ivoirienne à Marseille

Ce matin, à 12h00, un groupe de femmes s’est rassemblé à la sortie du métro Désiré-Clary à Marseille. Brandissant des drapeaux ivoiriens et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Non au quatrième mandat » et « Nous exigeons le départ d’Alassane Dramane Ouattara », elles ont manifesté leur opposition au scrutin en cours. Sur place, il était immédiatement clair que la présidentielle ivoirienne mobilise aussi les diasporas : ces militantes dénoncent un régime jugé autoritaire et rappellent que la voix de l’opposition ivoirienne continue de se faire entendre, même à des milliers de kilomètres de la capitale économique.

Une démocratie sous perfusion

Officiellement, tout va bien. Les grands bailleurs saluent la « bonne gouvernance » et la stabilité. Mais derrière les chiffres de la Banque mondiale se cache une démocratie de façade. Les libertés publiques se restreignent, les médias indépendants se raréfient et l’opposition, réduite à commenter depuis l’étranger, peine à exister. À Abidjan, certains observateurs évoquent un pays « fatigué du politique », où l’on préfère la paix à la parole. Les jeunes, nombreux à rêver d’Europe ou d’un avenir hors du pays, ne croient plus à l’alternance.

Le 25 octobre, Ouattara devrait donc l’emporter haut la main, confirmant la dérive d’une démocratie confisquée. Une victoire sans surprise, mais aussi sans éclat : celle d’un homme seul, au sommet d’un pouvoir qui n’admet plus de contrepoids, alors que la contestation commence à se faire entendre jusque dans la diaspora.

Mourad Benyahia 

- Publicité -

Mali : sous blocus jihadiste, les habitants de Nioro appellent à l’aide

0
Groupe du Jnim
Les groupes terroristes du JNIM menacent les fondaments de l'Etat malien.

Au Mali, des régions entières, comme à Léré ou Nioro sont abandonnées au diktat les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda.

Les terroristes de cette organisation islamiste armée continuent d’imposer leur embargo sur les importations de carburant, et poursuivent leur blocus décrété contre les villes de Kayes et Nioro du Sahel, dans le sud-ouest du pays, accusées de soutenir l’armée. A l’absence de carburant dans les stations-services suite au blocus des djihadistes sur les axes routiers s’ajoutent l’ordre islamiste imposé au population.

Dans une vidéo diffusée ce jeudi 23 octobre 2025 sur les réseaux sociaux, et dont l’authenticité a pu être confirmée par RFI, des habitants de Nioro racontent leur calvaire et appellent à l’aide.

Femmes voilées d’un côté, hommes de l’autre, quelques dizaines d’habitants de Nioro du Sahel, ville du sud-ouest du Mali, posent en vidéo derrière celui qui se fait courageusement leur porte-parole. « Actuellement, il est impossible pour les habitants de Nioro de sortir de la ville sans se faire arrêter et enlever », explique celui qui se présente sous le nom de Sidi Dicko.

« À ce jour, une cinquantaine d’habitants de Nioro sont aux mains des jihadistes, nous ne savons même pas où ils se trouvent. Nous qui sommes ici, nous avons tous un frère ou un fils qui a été enlevé », poursuit-il.

Une cinquantaine d’habitants enlevés

Les habitants de Nioro implorent l’aide « de tous » et supplient les jihadistes de libérer leurs parents. Des paroles qui semblent savamment pesées, pour ne pas attiser la colère du Jnim, ni froisser les autorités maliennes de transition. Depuis presque deux mois, le Jnim contrôle les véhicules qui entrent ou sortent de la ville. Les passagers qui viennent d’ailleurs peuvent repartir, mais ceux qui résident à Nioro ou à Kayes sont capturés.

« Subvenir à nos besoins »

« Ici à Nioro, nous sommes pour beaucoup des artisans ou des commerçants, poursuit Sidi Dicko. Mais aujourd’hui, nous sommes bloqués, nous ne pouvons pas sortir, nous ne pouvons pas nous rendre dans les marchés. Nous demandons à ceux qui nous imposent ce blocus, de grâce, de nous laisser mener nos activités, pour que nous puissions subvenir à nos besoins ».

Outre Nioro et Kayes, le Jnim impose ses restrictions à de nombreux villages qui refusent de se soumettre à des accords locaux. Jeudi 23 octobre, le Jnim a annoncé un nouveau blocus à Léré, dans la région de Tombouctou, et a donné trois jours aux habitants qui le souhaitent pour quitter la ville. Il y a un an, Léré avait déjà été placé sous embargo jihadiste pendant quelques mois. Le Jnim accuse aujourd’hui les habitants de ne pas avoir respecté les engagements pris à l’époque et qui avaient permis la levée de ce précédent blocus.

Ce vendredi 24 octobre 2025, le Jnim a également revendiqué la prise du poste de la milice Gatia, à l’entrée du village d’Intahaka. Les jihadistes ont aussi revendiqué la prise d’un poste militaire à Konna, région de Mopti, dans le centre du Mali.

Avec Rfi

- Publicité -

Affaire Abdelkader Djedei : l’Union interparlementaire place l’Algérie sous surveillance

1
Abdelkader Djedei
Abdelkader Djedei

​Le Conseil directeur de l’Union interparlementaire (UIP) a pris une décision aux implications significatives pour l’Algérie, en adoptant à l’unanimité, lors de sa 151ᵉ session tenue à Genève le jeudi 23 octobre 2025, une résolution critiquant la situation du sénateur Abdelkader Djedei.

Cette décision fait suite à l’acceptation d’une plainte déposée par SHOAA for Human Rights et a conduit à l’inscription officielle de l’Algérie sur la «liste jaune» de l’UIP.

​L’organisation mondiale a affirmé sans équivoque que les déclarations parlementaires du sénateur Djedei n’avaient «pas dépassé les limites de la critique politique légitime des politiques publiques». En conséquence, l’Union interparlementaire a fermement condamné les violations dont a été victime l’élu, estimant que la condamnation prononcée à son encontre constitue une «atteinte claire à la liberté d’expression» et une violation des protections constitutionnelles garanties aux parlementaires.

Cette résolution marque un précédent historique, car il s’agit du tout premier cas de ce type enregistré pour l’Algérie au sein de l’Union interparlementaire. L’inscription sur la «liste jaune» est une sanction formelle qui recense les parlementaires exposés à la persécution politique et aux poursuites judiciaires abusives, signalant ainsi la profonde préoccupation de la communauté parlementaire internationale quant à l’exercice du mandat législatif dans le pays.

Le Comité des droits de l’homme des parlementaires de l’UIP a, de son côté, exprimé sa «profonde préoccupation» concernant la «décision disproportionnée» rendue contre le sénateur Djedei, réaffirmant que ses propos relevaient d’une critique légitime formulée dans l’exercice de son droit fondamental à la liberté d’expression.
​Le Comité a par conséquent lancé un appel pressant aux autorités algériennes pour qu’elles «abandonnent toutes les poursuites judiciaires à son encontre» et qu’elles s’engagent à «renforcer la protection de la liberté d’expression pour l’ensemble des membres du Conseil de la nation».

Samia Naït Iqbal
​Source : https://shorturl.at/TyHFF

Encadré 

L’Union interparlementaire (UIP), dont le siège est situé à Genève, en Suisse est une organisation mondiale des parlements nationaux des États souverains.

​L’UIP est l’unique organisation internationale qui rassemble les représentants des parlements du monde entier, plutôt que les gouvernements. Elle compte actuellement 179 membres (parlements nationaux) et 14 membres associés.

Fondée en 1889 à Paris, elle est l’une des plus anciennes institutions internationales à caractère intergouvernemental. Son objectif principal est de faciliter la diplomatie parlementaire et de donner aux parlements et aux parlementaires les moyens de promouvoir la paix, la démocratie et le développement durable dans le monde. Elle est un forum de dialogue, de coopération et d’action parlementaires.

​La promotion de la démocratie représentative et du fonctionnement efficace des parlements, la défense des droits de l’homme des parlementaires, comme illustré par l’article précédent concernant le sénateur Djedei, la facilitation de l’échange d’expériences entre parlementaires sur des questions d’intérêt international et  la promotion de la participation des femmes en politique figurent parmi ses principales activités. 

L’ UIP est composée de plusieurs organes, dont le Conseil directeur (ou Conseil interparlementaire) et le Comité des droits de l’homme des parlementaires.
​L’UIP agit donc comme une plateforme mondiale où les législateurs se rencontrent pour aborder les enjeux globaux et œuvrer au renforcement des institutions démocratiques.

- Publicité -

Million d’arbres, minute de silence !

1
Platation d'un million d'arbres en Algérie
Opération de plantation d'un million d'arbres en Algérie, simple effet d'annonce ?

25 octobre. On plante un million d’arbres. La pelle brille, le cadrage est net, la phrase tombe juste. Puis plus rien. Pas d’arrosage. Pas d’irrigation. Pas de sols ouverts. Pas d’équipes affectées. On confie l’ombre au ciel, la survie à la chance et la politique à la caméra. Voilà pour l’« acte fort ».

Le pays, l’Algérie, connaît la manœuvre. On rêve le soir, on promet le matin, on compte à voix haute. Le chiffre sert de morphine. Il endort. Il ne soigne rien.

Souvenir de l’Aïd. « Jusqu’à un million » de moutons, prix plafonné, images rassurantes. Et après ? Zéro bilan. Le silence a tenu lieu de rapport. Les marchés ont transpiré, les porte-monnaie aussi. Le chiffre a calmé, la logistique n’a rien réglé.

Le logement ? « Deux millions » promis. On remet des clés, on multiplie les cérémonies. La vie, elle, grimpe les escaliers à pied. Cages étouffantes, colonnes d’eau capricieuses, fissures au premier hiver, infiltrations qui mangent les murs, parties communes sans syndic, sans budget, sans lumière, sans arbres. Les deux millions ne sont pas réalisés et les délais glissent jusqu’à cinq ans entre l’annonce et la remise au compte-gouttes. On sait découper un ruban. On sait moins maîtriser une goutte.

Les bus. « Des milliers » arrivent, juré. Mais sans pièces détachées disponibles, sans ateliers armés, avec l’import qui cale au premier virage administratif, un réseau reste un communiqué en panne. Un horaire qui tient sous la pluie vaut mieux que cent conférences de presse. Ici, l’atelier dit la vérité. La tribune dit le reste.

Revenons aux arbres. Oui, on peut mettre en terre un million de plants. Ce pays sait compter haut. Ce qu’il ne sait pas, c’est tenir longtemps. Un arbre urbain n’est pas une figurine protocolaire. C’est une fosse large, pas un trou au marteau-piqueur. C’est un sol vivant, pas une boîte en béton. Ce sont des espèces locales, pas une mode importée. C’est un réseau d’arrosage opérationnel. Ce sont des spécialistes formés, des jardiniers identifiés par secteurs, des lignes budgétaires nominatives, des taux de survie publiés à six, douze, vingt-quatre mois. Sans cela, on plante des promesses et l’on récolte des tuteurs secs.

Le mal est là, la politique de l’annonce. On remplace le plan par le slogan, le calendrier par le chiffre, le métier par le montage. Prières pour la pluie (Ṣalât al-Istisqā’), horoscopes pour le beau temps, oracles pour les budgets. On cumule l’imam, Madame Soleil et Nostradamus. Questions simples : et les plans ? et les dates ? et les tuyaux ? Le futur fait écran, le présent fait semblant.

On veut du concret ? Le concret commence avant la pelle. Par des cartes qui nomment rues, places, priorités. Par des dates qui disent début, milieu, fin. Par des noms qui répondent à qui arrose quoi et quand. Par des budgets qui indiquent combien, où, sur quelle ligne. Par des règles qui ouvrent les sols, cassent la dalle, captent l’eau non potable, réutilisent les eaux grises, installent des sondes d’humidité, publient des taux de survie. Par des métiers qui existent et travaillent : paysagistes, hydrologues, jardiniers, chefs d’équipe. Par des comptes à rendre mensuels, publics, vérifiables.

On dira « intention ». L’intention n’arrose rien. On dira « vision ». La vision ne débouche pas un avaloir. On dira « mobilisation ». La mobilisation ne remplace pas un tuyau.

Alors oui, un million d’arbres aujourd’hui. Mais qu’on écrive tout de suite ce qui manque toujours : politique d’arrosage, politique d’irrigation, politique des sols. Qu’on annonce non pas combien, mais comment. Non pas « bientôt », mais à quelle date. Non pas « nous », mais les équipes. Non pas « la photo », mais le plan.

Sinon, l’histoire sera la même. L’arbre meurt de soif. Le bus meurt de pièces. Le logement meurt d’attente. Et le pays, lui, meurt d’annonces.

Ce 25 octobre, on a planté un chiffre. À nous de planter la méthode. Sinon, rendez-vous en août. Minute de silence sous un soleil sans ombre. Madame Soleil dira que c’était écrit. Nostradamus confirmera. Et nous compterons les pertes.

Zaim Gharnati

- Publicité -

Assises nationales de la société civile lancées à Tizi-Ouzou : entre promotion participative et encadrement politique

7
Assises nationales de la société civile lancées à Tizi-Ouzou : entre promotion participative et encadrement politique
Assises nationales de la société civile lancées à Tizi-Ouzou.

Sous le haut patronage du Premier ministre, la présidente de l’Observatoire national de la société civile (ONSC) et du Croissant-Rouge algérien (CRA), Dr Ibtissem Hamlaoui, a donné jeudi à Tizi Ouzou le coup d’envoi officiel des assises wilayales des comités de quartiers et de villages. Contrôle, verticalité… ce raout n’est pas dénué d’arrière-pensées.

L’événement, organisé à la Maison de la culture Mouloud Mammeri, s’est déroulé en présence du wali, Aboubakr Essedik Boucetta, du représentant du ministère de l’Intérieur, Djilali Hammam, d’élus et d’un large panel d’acteurs associatifs.

Sur le papier, ces assises visent à promouvoir la démocratie participative, renforcer le rôle des comités de proximité et impliquer les citoyens dans la gouvernance locale. Dans les faits, elles s’inscrivent dans une stratégie plus globale du pouvoir : celle d’un encadrement étroit du champ associatif et d’une participation citoyenne sous contrôle.

Un lancement symbolique mais lourd de sens

Le choix de Tizi Ouzou, présenté comme « wilaya pionnière » par la présidente de l’ONSC, n’est pas anodin. La région, qui compte plus de 1 100 comités de quartiers et de villages, incarne historiquement un modèle d’auto-organisation communautaire à travers le système ancestral de la Tajmaât. Cette institution traditionnelle, synonyme de délibération collective et d’autonomie locale, symbolise une forme de société civile enracinée dans la participation directe.

Or, c’est précisément cette tradition de gouvernance communautaire que le pouvoir tente désormais d’institutionnaliser — ou, selon certains analystes, de neutraliser. En plaçant le lancement des assises sous la bannière de l’ONSC, structure étroitement liée à la présidence, le message est clair : l’État veut être l’acteur principal de la « refondation » du lien entre société et institutions, dans un cadre maîtrisé et hiérarchisé.

Entre participation affichée et contrôle discret

Pour le politologue Mohamed Hennad, cette dynamique s’inscrit dans une logique de reprise en main du champ social. Selon lui, « les structures créées à la suite du hirak, telles que l’Observatoire national de la société civile ou le Conseil supérieur de la jeunesse, ne visent pas à organiser la société, mais à permettre à l’appareil sécuritaire de s’y infiltrer, afin d’éviter une réédition du soulèvement de 2019 ».

Le discours officiel, axé sur la citoyenneté active et la proximité, contraste donc avec une réalité où la société civile reste sous tutelle. La cérémonie de lancement de ces assises nationales, largement médiatisées, servent davantage à légitimer la gouvernance participative proclamée qu’à offrir un véritable espace de débat. Les associations présentes sont souvent invitées, voire désignées, dans un cadre institutionnel où la contestation ou la critique sont peu tolérées.

Une approche verticale de la société civile

La présidente de l’ONSC a insisté sur la nécessité d’impliquer les comités de villages dans la lutte contre les fléaux sociaux — notamment la drogue et la violence — et de renforcer leur rôle dans la sensibilisation et la cohésion communautaire. Mais cette approche réduit la société civile à un outil d’accompagnement social, cantonné à des missions de soutien moral ou de gestion de proximité, loin de toute revendication politique ou citoyenne structurante.

Cette orientation illustre ce que Hennad décrit comme une « domestication du civisme » : transformer la participation en instrument de stabilisation plutôt qu’en levier d’émancipation. Les comités de quartier, au lieu d’être reconnus comme espaces d’autonomie et de proposition, se voient intégrés dans un dispositif de gouvernance verticale, où la société civile devient un relais de la politique de l’État.

La symbolique du contrôle

Même la dimension cérémoniale de ces assises — remise de prix aux villages les plus propres, signature d’une convention entre le CRA et l’association Ikraa — participe à cette mise en scène d’une société civile disciplinée, valorisée dans la mesure où elle s’aligne sur les priorités institutionnelles. Les thèmes abordés (environnement, sécurité communautaire, lutte contre les risques) relèvent d’une approche technocratique, non politique, de la citoyenneté.

Ainsi, derrière le discours consensuel sur la « participation », se dessine une logique de canalisation du civisme, où les associations sont invitées à participer sans pouvoir réellement peser. L’État organise la société civile, mais n’accepte pas qu’elle s’organise elle-même.

Une Algérie nouvelle sous surveillance

En définitive, ces assises, censées consolider le rôle des comités de proximité dans la gouvernance locale, traduisent moins une ouverture politique qu’un effort de recentralisation du champ social sous couvert de modernisation participative. L’« Algérie nouvelle » vantée par le discours officiel reste ainsi marquée par un paradoxe : la volonté d’impliquer les citoyens sans leur accorder d’autonomie réelle.

Pour reprendre les mots de Mohamed Hennad, la société civile algérienne est aujourd’hui « non pas fécondée, mais stérilisée par le contrôle ». Les institutions créées pour la dynamiser pourraient, à terme, contribuer à l’étouffer si elles ne laissent pas émerger des espaces libres, critiques et indépendants — conditions essentielles de toute démocratie vivante.

Sofiane Ayache

- Publicité -

Gabriel Chakra : « Marseille, une mémoire à libérer de ses mythes »

0
Gabriel Chakra
Gabriel Chakra

Longtemps, l’histoire de Marseille s’est écrite à la lumière du récit grec, façonnée par la tradition phocéenne et les chroniques de Justin. Dans Marseille phénicienne, publié aux éditions Maïa, Gabriel Chakra propose une relecture audacieuse et solidement étayée : celle d’une cité aux origines bien plus anciennes, ancrées dans la présence phénicienne, longtemps éclipsée par le mythe fondateur hellénique.

Archéologie, linguistique et analyse critique des sources antiques se conjuguent ici pour redonner à la ville une profondeur méditerranéenne plurielle, affranchie des récits dominants. Dans cet entretien accordé au Matin d’Algérie, l’auteur défend une idée forte : Marseille doit être replacée dans le vaste réseau d’échanges des civilisations orientales et méditerranéennes. Un travail d’enquête exigeant, nourri de doute, de rigueur et d’intuition, pour rouvrir le dossier de la mémoire marseillaise — et en libérer la vérité.

Le Matin d’Algérie : Votre livre remet en cause une version très ancrée de l’histoire marseillaise. Qu’est-ce qui vous a conduit à réexaminer cette origine grecque que l’on croyait indiscutable ?

Gabriel Chakra : Le doute ! C’est ce qui m’a conduit à revisiter l’histoire de Marseille. Car, telle qu’elle nous est narrée par Justin, prosateur latin du 2e siècle après notre ère, et auteur du texte essentiel sur la fondation de Marseille « vers 600 avant J.-C. », ce récit suscite le questionnement. D’abord, cette datation est très vague, et oblige ensuite à une étude sérieuse de la Méditerranée.

Justin n’étant point précis, on peut établir sur la base des données géopolitiques une estimation haute, 660 avant notre ère, quand les Phocéens se dotent d’une marine opérationnelle ; et une estimation basse, 546, qui correspond à la prise de Phocée par les armées de Cyrus et la fuite des habitants : c’était la valise ou le cercueil.

Il n’y a pas d’autre façon de calculer.

Le problème, c’est qu’entre ces dates, il y a plus d’un siècle. 115 ans, c’est beaucoup. Que ce soit dans l’Antiquité ou à n’importe quelle époque, sur une telle durée des événements surviennent inévitablement, heureux ou tragiques, qui bouleversent ou modifient les conjonctures politiques, sociales et culturelles d’une région. C’est ce qui m’a frappé en lisant Justin, toujours présenté comme l’abréviateur de Trogue-Pompée, sans autres détails. Pas un mot sur sa personnalité, sur son style ou sa méthode. Des lacunes qu’il fallait combler, si je devais écrire un jour sur le sujet.

Justin a pioché sans vergogne dans les Histoires philippiques de Trogue-Pompée, originaire de Vaison-la-Romaine, une somme de 44 livres portant sur Rome, bien sûr, mais surtout sur le monde oriental, de la Macédoine de Philippe II à Ninus, le fondateur de Ninive, une des plus vieilles cités de Mésopotamie. Tout un espace géographique auquel Justin, qui ne connaissait rien de l’Asie mineure, donne une tournure rhétorique. La rhétorique ne se fonde pas sur le vrai, sur la certitude du fait réel, authentique, mais sur le plausible, le vraisemblable. Aucun historien, à l’exception de Michel Clerc, n’a eu la curiosité de confronter sérieusement les écrits de Justin aux récits d’autres prosateurs de l’Antiquité, de procéder à une analyse scripturaire des faits. Car le récit de Justin contient des invraisemblances, des décalages dans la concordance des âges, sans oublier l’utilisation de la légende (le mariage de Gyptis et Protis, une fable !) C’est précisément ce que fait Justin. Et c’est là où chez moi le doute a sonné l’alerte !

Le Matin d’Algérie : Quelles sont, selon vous, les principales preuves archéologiques ou linguistiques qui attestent d’une présence phénicienne à Marseille avant les Phocéens ?

Gabriel Chakra : Les preuves archéologiques et linguistiques de la présence phénicienne à Marseille sont évidentes, mais soigneusement dissimulées – ou plutôt occultées – par les érudits locaux, universitaires ou appartenant aux élites de la ville.À ce sujet, je voudrais que l’on m’explique ce qu’il y a d’infamant ou de dégradant à admettre une présence phénicienne avant celle des Phocéens. L’origine orientale de Marseille serait-elle si méprisable en l’opposant à la filiation grecque ? J’ai écrit ce livre pour en débattre. Cependant les prétendus « fins connaisseurs » de Marseille ne se manifestent pas. Ni courageux ni téméraires ! L’élément principal à noter, n’en déplaise aux philhellènes, c’est que Marseille était déjà une cité avant l’arrivée des Grecs d’Ionie.

Une cité est un milieu physique et humain où se concentre une population qui organise son espace en fonction de ses besoins et de ses activités, avec la volonté de vivre ensemble. C’est exactement ce qu’était Marseille avant les Grecs. Strabon écrit que les marins grecs parvenus à Marseille « bâtirent un sanctuaire et honorèrent leur déesse Aristaché en la désignant comme prêtresse. » Mais ce qu’il ne dit pas, qui remettrait en cause la version grecque de la fondation de Marseille, c’est qu’un sanctuaire préexistait. Où ? Près de l’ancienne Major, plus précisément rue Rouge, une voie de passage rasée sous le règne de Louis-Philippe. Ce sanctuaire était phénicien. C’est là que fut découverte en 1845 la pierre connue sous le nom de « Tarif de Marseille » (sa photographie illustre la couverture de mon livre) par un maçon, le dénommé Allègre, travaillant dans les entrailles d’une vieille maison érigée à cet emplacement. Je raconte tout cela dans le détail. Ce vestige est la « pierre de Rosette » de Marseille.

Les Phéniciens y avaient un comptoir greffé sur l’économie locale, et le noyau du comptoir était ce sanctuaire où ils se plaçaient sous la protection de leur dieu El (prononcez Il), Baal ou Melkart. La diffusion du culte phénicien était la pierre de touche des alliances commerciales avec les Ligures, auxquels ils livraient tissus, huile, bois de cèdre, métaux précieux, bijoux et armes. Et j’ajoute que leurs navires, bateaux de 25 m de long et 50 rameurs, étaient amarrés dans l’anse de l’Ourse, l’actuelle place de la Joliette, face au Fioul, avant son comblement lors de la percée de la rue de la République, qui relie le Vieux-Port à la Joliette. D’autres navires phéniciens faisaient relâche à Pomègues notamment, le Frioul autrefois appelé « l’ile des Phéniciens ». Les vrais et honnêtes historiens que furent Jean-Baptiste Grosson, Michel Clerc et André Bouyala d’Arnaud ne l’éludent pas. Mais qui les lie ? Qui en fait référence ? À propos des vestiges, vous noterez la découverte en 1856 d’une pierre semblable au « Tarif », dans les fondations de la boulangerie Saint-Victor de M. Meiffredy, à l’angle du boulevard de la Corderie et de l’abbaye éponyme. Qui en parle ? Qui en fait référence ? Rien n’est affirmé ici qui ne soit corroboré par des faits précis et datés.

Il est tout à fait vraisemblable que la fondation de Marseille ait été précédée par la création d’un ou de plusieurs comptoirs exploités avant l’arrivée des Phocéens. Ceux-ci n’ont fait que suivre les voies phéniciennes dans leur reconnaissance de l’Occident. On ne part pas d’un point A (Phocée) vers un point B (Marseille) distant de 2 500 km, si celui-ci n’existe pas.

Pour ce qui est de la linguistique, le mot Massalia est la transposition hellénisée de l’ancienne dénomination du lieu où débarquèrent les marins ioniens, mais ce nom ne s’explique par aucun radical grec. On me l’a confirmé à Athènes.

La vérité est que MarsaElia était cette ancienne dénomination. Partout en Méditerranée où le nom d’une ville, généralement un port, porte le radical Marsa, cette ville est d’origine phénicienne.

C’est le cas de Marsa Matrouh en Égypte, de Marsaxlokk à Malte, de Marsala en Sicile, de La Marsa en Tunisie, de Mers-el-Kébir en Algérie. Pourquoi Marseille ferait-elle exception ?

Le Matin d’Algérie : Vous évoquez un “sanctuaire phénicien” sur le site de la future Massalia. Où situeriez-vous ce lieu et quels indices en témoignent ?

Gabriel Chakra : Le sanctuaire phénicien, mentionné plus haut, était à côté de la Vieille Major, à proximité de l’actuelle cathédrale de la Major.

Le Matin d’Algérie : Pourquoi, selon vous, cette dimension phénicienne de l’histoire marseillaise a-t-elle été si longtemps occultée ou minimisée par les milieux académiques ?

Gabriel Chakra : La dimension phénicienne de l’histoire de Marseille a été occultée par les milieux académiques pour une raison simple : il est plus prestigieux, à leurs yeux, de se rattacher à une filiation grecque, ou gréco-romaine, qu’à celle d’un peuple de race sémitique. J’y décèle un petit relent de xénophobie. Le paradoxe est que Marseille est définie par ceux-là mêmes comme une ville cosmopolite et pluriethnique !

Le Matin d’Algérie : Vous parlez d’un “refus idéologique” de reconnaître cette filiation sémitique. Pensez-vous qu’il existe encore aujourd’hui un biais culturel ou identitaire dans la manière dont on enseigne l’histoire méditerranéenne ?

Gabriel Chakra : Il n’y a pas UNE mais SEPT Méditerranées : la mer d’Alboran (la passe de Gibraltar), la mer des Baléares, la mer Tyrrhénienne, la Méditerranée Ouest, la mer Ionienne, l’Adriatique et la mer Égée. Toutefois, au lieu d’enseigner l’histoire de ce Bassin à travers ses SEPT mers, chacune ayant sa particularité et son histoire, on la considère dans sa globalité, c’est-à-dire sur 3 800 km, de Tyr à Gibraltar. Manière d’occulter les « sauts de puces » qui ont permis aux Phéniciens, dès le XIIe siècle avant notre ère, d’étape en étape, de fonder villes et comptoirs.

Le Matin d’Algérie : Dans votre livre, vous évoquez une “extravagance de la mémoire marseillaise”. Qu’entendez-vous par là ? Marseille serait-elle victime de sa propre mythologie grecque ?

Gabriel Chakra : C’est à cause de la manière dont on enseigne l’histoire méditerranéenne que j’invoque une « extravagance de la mémoire marseillaise ». Il est temps de remettre cette ville dans son axe véritable, sur sa bonne échelle, la vraie. Comme je l’écris, « ils ne peuvent, et sans doute ne le souhaitent-ils pas, s’affranchir d’une spécificité identitaire et culturelle, ce qui les amènerait à se renier. La tradition pèse ici lourdement. C’est elle qui dicte sa loi ! » Oui, Marseille est victime de sa mythologie grecque. L’héritage de Justin et consorts !

Le Matin d’Algérie : Votre démarche s’apparente à une “contre-enquête”. Comment avez-vous procédé concrètement ? Quelles sources, archives ou terrains avez-vous explorés ?

Gabriel Chakra : Jeune journaliste en 1969, je lisais et entendais dire que Marseille était d’origine grecque. Happé par mon travail, je n’avais ni le temps ni la compétence pour examiner le sujet. Je l’ai donc abandonné avant d’y revenir il y a une dizaine d’années.

Je vous ai parlé du doute. Il y avait aussi une grande part d’intuition après avoir lu l’Abrégé des histoires philippiques de Justin… Pour mettre tout cela en lumière, il m’a fallu du temps, la lecture de nombreux livres, une véritable contre-enquête qui m’a demandé une somme de travail considérable. Je répète que la démarche de Justin était littéraire et non point historique. C’était « ça » qu’il fallait d’abord débusquer, puis dénoncer, et entamer le récit sur une base nouvelle.

Le Matin d’Algérie : Le rapport entre Marseille et Carthage que vous établissez redessine la carte des influences méditerranéennes. Comment cette lecture pourrait-elle changer la perception que les Marseillais ont de leur ville ?

Gabriel Chakra : Dans sa longue histoire, Marseille s’est trouvée en contact, tantôt amical, tantôt concurrentiel, souvent hostile avec les Carthaginois, sans pour autant cesser les relations commerciales… Aujourd’hui, faute d’être informés en toute objectivité, la quasi-totalité des Marseillais ignorent ces liens commerciaux. La seule perception qu’ils ont de leur ville est l’horizon grecque. C’est une obsession !

Le Matin d’Algérie : On connaît votre parcours de journaliste et de chercheur indépendant. En quoi cette double expérience a-t-elle nourri votre méthode d’investigation historique ?

Gabriel Chakra : Ce que je vous dis là explique ma méthode. Celle-ci est fondée sur mes connaissances certes, mais aussi sur la logique, le bon sens, la déduction.

Le Matin d’Algérie : Certains historiens pourraient vous reprocher une lecture trop “symbolique” ou “interprétative” des faits. Que leur répondez-vous ?

Gabriel Chakra : Je leur réponds qu’il n’y a rien de symbolique dans mon livre Marseille phénicienne. Tout ce qui est affirmé est corroboré par des faits précis et datés. D’ailleurs, le livre récent d’Eitan Burstein, L’Étymologie de Marseille (2024), conclut à une « probable origine phénicienne » de la ville. Je suis ravi qu’il abonde dans mon sens.

Le Matin d’Algérie : En filigrane, votre ouvrage interroge aussi notre rapport à l’identité. Derrière l’histoire phénicienne de Marseille, n’y a-t-il pas un appel à repenser la Méditerranée comme un espace métissé, partagé ?

Gabriel Chakra : Mon récit traite effectivement de l’identité de Marseille. On ne peut plus continuer à penser et encore moins à écrire l’histoire de la plus ancienne ville de France sur le canevas traditionnel. Comme je le dis dans ma conclusion, il faut la replacer dans un mouvement plus général, où tous les peuples ont leur place.

Le Matin d’Algérie : Enfin, après Marseille phénicienne, avez-vous un autre chantier d’écriture en cours ? Peut-on s’attendre à une suite ou à une exploration d’autres ports méditerranéens liés aux Phéniciens ?

Gabriel Chakra : Je viens de terminer le manuscrit de mon prochain livre : Marseille, le soleil et le sang, 3 000 ans de tragédies. Des Phéniciens à nos jours, la vieille cité marchande a subi nombre d’épreuves : déferlement d’envahisseurs, saccages et incendies, peste et choléra, bombardements, destruction des vieux quartiers, etc. Mais avec toujours cette aptitude au rebond qu’elle puise dans son énergie, sa force vitale. Cette ville est un miracle !

Entretien réalisé par Djamal Guettala 

Gabriel Chakra est journaliste et historien marseillais. Après plus de trente ans au quotidien Le Méridional, il a contribué à documenter la vie locale et à valoriser le patrimoine de Marseille. Auteur de plusieurs ouvrages, dont Marseille phénicienne : Chronique d’une histoire occultée, il explore les facettes méconnues de l’histoire de la ville. Membre correspondant de l’Académie des Lettres, Sciences et Arts de Marseille, il se distingue par son engagement pour la mémoire et la culture locales.
- Publicité -

Kaylia Nemour, l’Afrique s’élève sur les barres du monde

8
Kaylia Nemour
Kaylia Nemour sacrée en or

À Jakarta, sous les projecteurs des Championnats du monde de gymnastique artistique 2025, le drapeau algérien s’est hissé pour la première fois au sommet du podium mondial. Kaylia Nemour, 18 ans, vient de remporter la médaille d’or aux barres asymétriques.

En un instant, elle entre dans l’histoire : première gymnaste africaine à devenir championne du monde. Une prouesse qui dépasse le cadre du sport pour devenir symbole d’espoir et de renaissance pour tout un continent.

Une double appartenance, un choix de cœur

Née à Saint-Benoît, en France, de parents algériens, Kaylia Nemour a très tôt révélé un talent exceptionnel. Formée dans le système français, elle a rapidement gravi les échelons, se distinguant par une technique fluide et une élégance rare. Pourtant, en 2023, après des différends avec la fédération française, elle décide de représenter l’Algérie. Ce choix audacieux, motivé par un attachement profond à ses origines, a ouvert une nouvelle page de son parcours.

« Je voulais montrer que les rêves n’ont pas de frontières », confiait-elle à ses débuts sous le drapeau algérien. Derrière cette phrase simple, se cache une volonté farouche de redonner sens à la fierté nationale et d’incarner la possibilité d’un destin africain dans un sport dominé depuis toujours par les grandes puissances.

L’éclat d’un exploit

Le 23 octobre 2025 restera une date historique. Sur les barres asymétriques, son agrès de prédilection, Kaylia exécute un enchaînement d’une fluidité impressionnante, alliant légèreté et puissance. Son score de 15,566 points la place devant les Américaines et les Chinoises, habituées des podiums mondiaux. En se couronnant à Jakarta, elle inscrit l’Algérie et l’Afrique dans une histoire jusqu’ici écrite ailleurs.

Ce n’est pas seulement une victoire sportive. C’est une démonstration éclatante du potentiel africain, souvent sous-estimé, dans des disciplines techniques et artistiques. L’exploit de Kaylia Nemour résonne bien au-delà des frontières : il rappelle que l’excellence peut éclore partout, pour peu qu’on lui offre une chance.

Un symbole pour la jeunesse

Pour de nombreux jeunes Algériens, notamment les filles, Kaylia devient un modèle. Elle incarne la persévérance, la rigueur, mais aussi la liberté de choisir son chemin. Dans un monde où le sport féminin africain reste souvent en marge, son triomphe a valeur de manifeste. À travers elle, c’est toute une génération qui se découvre capable d’atteindre les plus hauts sommets sans renier ses origines.

En remportant ce titre, la jeune championne ouvre une brèche dans l’imaginaire collectif : celui d’une Afrique compétitive, digne, créative, capable de briller sur les scènes les plus exigeantes.

L’après-Jakarta : un nouvel horizon

Reste à savoir si cet exploit trouvera un prolongement durable. L’Algérie, qui voit naître là une ambassadrice d’exception, devra investir dans la formation, les infrastructures et l’encadrement. Car Kaylia Nemour n’est pas qu’une étoile filante : elle est le signe d’une possible révolution culturelle dans le sport africain.

À Jakarta, en une minute et trente secondes suspendues, elle a réécrit l’histoire. Désormais, le monde sait qu’une jeune fille venue d’Algérie peut, par la grâce et la détermination, faire vibrer les barres du monde.

Djamal Guettala 

- Publicité -

Tunisie : l’Association des femmes démocrates suspendue…

1
Les femmes tunisiennes victimes de l'arbitraire du régime de l'autocrate Kaïs
Les femmes tunisiennes victimes de l'arbitraire du régime de l'autocrate Kaïs

Les autorités tunisiennes ont décidé de suspendre pour un mois les activités de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), suscitant une vive réaction de la part de ses responsables et du milieu associatif. L’annonce a été confirmée par la présidente de l’association, Raja Dahmani, dans un entretien avec Ultrasawt le 24 octobre 2025.

Selon Mme Dahmani, la décision est intervenue sans avertissement préalable et fait suite à des demandes répétées de présenter des documents relatifs aux activités de l’association, dans le cadre du décret n°88 régissant le fonctionnement des associations en Tunisie. L’association avait déjà été convoquée en novembre 2024 pour fournir ces informations et s’était conformée à toutes les exigences légales à ce moment-là. La nouvelle injonction de présenter des documents supplémentaires a été perçue comme un acte arbitraire.

« Nous avons toujours œuvré dans la transparence et conformément à la loi tunisienne pendant 36 ans », a insisté la présidente. Elle a également souligné que la suspension met en péril quatre centres d’accueil pour les femmes victimes de violence, alors que la Tunisie connaît une recrudescence inquiétante des violences envers les femmes.

La secrétaire générale de l’ATFD, Hala Ben Salem, a corroboré ces propos en affirmant que tous les rapports financiers et administratifs de l’association sont en règle et publiés conformément à la loi. Elle a indiqué que l’association contestera juridiquement la décision et fournira tous les documents requis. Dans une publication sur Facebook, elle a dénoncé le caractère politique de cette mesure, visant selon elle à museler les voix féministes et les acteurs de la société civile.

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de pression sur les associations et organisations indépendantes en Tunisie. Plusieurs ONG et groupes civiques ont déjà été visés par des mesures similaires, limitant leur capacité d’action et leur rôle de soutien auprès des populations vulnérables. L’ATFD n’est pas la seule à subir ces restrictions : en août-septembre 2025, l’association « Voix des femmes » avait temporairement interrompu ses activités pour les mêmes raisons.

Selon les organisations internationales telles que Human Rights Watch et Amnesty International, les autorités tunisiennes recourent depuis plusieurs années à des mesures bureaucratiques et judiciaires pour restreindre le travail de la société civile, notamment dans les domaines de la défense des droits humains et de la protection des femmes.

Pour les responsables de l’ATFD, la suspension constitue un entrave directe aux droits des femmes et menace l’existence même des programmes de soutien et d’accompagnement pour les victimes de violences. La présidente de l’association a rappelé que ce type de décision affaiblit la société civile et compromet la protection des femmes en Tunisie.

Alors que l’ATFD prépare son recours, la communauté associative et les défenseurs des droits humains observent avec inquiétude l’évolution de cette affaire, qui pourrait devenir un baromètre de l’espace civique et des libertés publiques dans le pays.

Mourad Benyahia 

- Publicité -

Hoda Vakili : « Ses Yeux ouvre un regard universel sur la liberté et la condition féminine »

0
Le roman Ses yeux

Ses Yeux, chef-d’œuvre de Bozorg Alavi, figure majeure de la littérature iranienne moderne, dépasse la simple fiction. Publié en 1952, ce roman reste très célébré en Iran, mais ce qui avait été oublié, c’était de le traduire en français. Grâce à la traduction de Hoda Vakili, le public francophone découvre enfin une œuvre qui mêle intimité et politique avec une justesse rare.

À travers Faranguis, femme déchirée entre désir de liberté et poids des conventions imposées par le regard masculin, Alavi tisse un récit où l’intime dialogue avec le politique, où l’art devient miroir des contradictions d’une société en mutation. À travers le prisme de l’amour, de la mémoire et de la résistance culturelle, le roman peint une époque tourmentée de l’histoire iranienne, et trouve une résonance nouvelle à l’ère du mouvement « Femme, vie, liberté ». Pour Hoda Vakili, née à Ispahan au cœur de la guerre, traduire Ses Yeux n’est pas seulement un exercice linguistique, mais un acte de transmission qui rappelle combien la littérature iranienne peut porter les combats universels pour la dignité et l’émancipation. Ses Yeux est Aujourd’hui édité chez Kidsocado 2025  Au Canada ,Disponible sur la plate-forme Amazon et Fnac 

Le Matin d’Algérie : Comment avez-vous découvert le roman Ses Yeux et qu’est-ce qui vous a donné envie de le traduire en français ?

Hoda Vakili : J’ai découvert Ses Yeux en explorant les classiques de la littérature iranienne moderne. Ce roman m’a frappée par sa profondeur et par la manière dont Alavi mêle l’histoire intime d’une femme à la mémoire collective de son pays. À travers le destin de Faranguis et le mystère d’un tableau, il raconte la tension entre amour, art et engagement politique.

J’ai voulu le traduire pour partager avec les lecteurs francophones cette œuvre universelle, où l’émotion individuelle rejoint la quête de liberté et de vérité d’un peuple.

Le Matin d’Algérie : Bozorg Alavi est un écrivain engagé, exilé, censuré. Que représente-t-il pour vous, en tant qu’Iranienne et traductrice ?

Hoda Vakili : Bozorg Alavi dépasse le simple statut d’écrivain : il est une mémoire vivante de l’Iran moderne et un témoin lucide des blessures de l’exil et de la censure. En tant qu’Iranienne, je le vois comme un intellectuel qui a osé défier les interdits de son temps et qui a payé le prix fort par la prison et l’exil. Son parcours rappelle celui de toute une génération d’artistes et de penseurs contraints de quitter leur pays pour que leurs voix subsistent.

En tant que traductrice, ce qui m’émeut profondément, c’est cette double tension dans son œuvre : d’un côté, un ancrage dans la réalité iranienne — avec ses injustices, ses luttes politiques et son androcratie — et, de l’autre, une écriture ouverte aux influences européennes, une modernité littéraire qui rapproche ses textes des grandes voix du XXᵉ siècle. Alavi allie réalisme et profondeur psychologique : dans Ses Yeux, par exemple, un simple tableau devient le miroir des contradictions d’une société.

Traduire Alavi, c’est faire entendre une voix qui a traversé la répression et l’exil tout en transformant la douleur en art. C’est un acte de transmission, permettant aux lecteurs francophones d’accéder à une littérature de résistance et de dialogue avec notre présent.

Le Matin d’Algérie : Le personnage de Faranguis est au cœur du récit. Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour restituer sa voix, ses nuances et ses contradictions ?

Hoda Vakili : Faranguis est un personnage complexe : moderne et éduquée, mais confrontée à un regard masculin qui pèse sur chaque choix. Traduire sa voix demandait un équilibre subtil : préserver sa force tout en respectant sa fragilité.

Le persan possède une musicalité et une pudeur difficiles à transposer en français. J’ai travaillé sur le rythme, les silences et la nuance pour que le lecteur sente à la fois sa lucidité et ses tensions intérieures. Faranguis est à la fois le miroir d’une société en mutation et un symbole universel de résistance personnelle.

Le Matin d’Algérie : Quelle image de la femme iranienne ce roman projette-t-il ? Et comment résonne-t-elle aujourd’hui, à l’ère du mouvement « Femme, vie, liberté » ?

Hoda Vakili : Ses Yeux montre la femme iranienne à travers Faranguis, éclairée, cultivée, mais entravée par le regard traditionnel de la société sur elle. Ce n’est pas l’androcratie au sens strict qu’elle affronte, mais la domination symbolique du regard masculin qui limite ses choix.

Aujourd’hui, le mouvement Femme, vie, liberté prolonge ce combat. Le roman résonne encore, rappelant que la liberté commence souvent par la résistance aux contraintes sociales et au silence imposé.

Le Matin d’Algérie : Le roman mêle l’intime et le politique. Comment avez-vous travaillé pour conserver ce double registre dans la traduction ?

Hoda Vakili : Pour traduire Ses Yeux tout en respectant à la fois la dimension intime et politique, j’ai d’abord cherché à saisir l’esprit global du roman : chaque émotion et chaque expérience personnelle de Faranguis reflètent la pression sociale et les contraintes d’une époque. Sa vie intérieure — souvenirs, sentiments, pensées — est tout aussi importante que le contexte social et politique — l’androcratie, les discriminations, et les limites imposées par le regard traditionnel de la société. Dans ma traduction, je n’ai pas voulu me limiter à restituer le sens littéral des mots. J’ai cherché à faire sentir les tensions et contradictions sous-jacentes afin que le lecteur francophone perçoive à la fois l’empathie pour Faranguis et la complexité du cadre historique et social qui façonne ses choix. Chaque phrase, même un simple dialogue, devient une occasion de conjuguer sphère personnelle et poids collectif. Le choix des mots, le rythme des phrases, ainsi que la traduction des silences et des regards servent à immerger le lecteur dans l’intimité de Faranguis tout en lui faisant ressentir l’impact des enjeux sociaux et politiques sur sa vie.

Le Matin d’Algérie : Traduire, c’est souvent « choisir ». Y a-t-il un passage ou un mot persan particulièrement difficile à rendre en français ?

Hoda Vakili : La traduction implique toujours des choix. Certains mots ou expressions persans, porteurs d’une charge culturelle ou émotionnelle intense, sont difficiles à restituer pleinement en français.

Par exemple, les nuances de politesse ou de distance entre les personnages, codifiées dans le persan, perdent leur subtilité si l’on traduit littéralement. De même, certains termes reflètent la perception masculine de la femme ou des tensions psychologiques précises, et il est délicat de trouver un équivalent français qui conserve exactement la même intensité.

Dans ces cas, j’ai souvent privilégié l’esprit ou l’atmosphère plutôt que la forme exacte, et j’ai parfois ajouté de brèves notes explicatives pour que le lecteur francophone saisisse la charge culturelle.

Le roman de Bozorg Alavi se situe dans un cadre relativement occidental, avec des personnages utilisant parfois des expressions françaises. La traduction des mots eux-mêmes n’a donc pas toujours posé problème. Mais le véritable défi a été de transmettre le contraste entre l’apparence moderne des personnages et le regard traditionnel de la société sur eux, exercice exigeant qui demande à la fois sensibilité et précision.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes née à Ispahan, au cœur de la guerre. Votre parcours personnel influence-t-il votre manière de traduire et de transmettre la mémoire iranienne ?

Hoda Vakili : Mon enfance à Ispahan, entourée de zones militaires et marquée par la guerre, a profondément façonné ma perception de la littérature et de la traduction. Grandir dans un environnement instable et violent m’a appris à percevoir les nuances humaines et psychologiques des personnages et à apprécier la valeur du récit.

Le Matin d’Algérie : Que cherchez-vous à travers vos traductions ?

Hoda Vakili : Lorsque je traduis, je cherche à transmettre non seulement les mots, mais aussi l’atmosphère historique, sociale et culturelle que l’auteur a créée, ainsi que les émotions réelles des personnages : de l’angoisse à l’espoir, de la douleur à l’amour. Cette expérience transforme la traduction en un vecteur de mémoire et d’humanité, un pont permettant au lecteur francophone de s’identifier à ce monde et à ces émotions.

Ma vie personnelle en tant que femme iranienne ayant vécu la guerre me permet de saisir les couches profondes des textes et de rendre plus intensément l’expérience de la condition iranienne. La traduction devient ainsi bien plus qu’un simple transfert linguistique : elle devient un vecteur de l’âme, de l’histoire et de l’expérience vécue iranienne.

Le Matin d’Algérie : Traduire Ses Yeux, est-ce aussi un acte de résistance ?

Hoda Vakili : Oui. Alavi a écrit malgré la censure et l’exil. Traduire son œuvre aujourd’hui, c’est prolonger sa résistance, faire entendre sa voix et partager l’expérience iranienne au-delà des frontières, malgré les obstacles à la diffusion dans son pays.

C’est aussi un moyen de rappeler que la littérature peut être un espace de liberté et de contestation, où les mots deviennent armes contre le silence. Chaque phrase traduite est un geste pour que cette mémoire, souvent réprimée, continue de vivre. Enfin, c’est un acte de solidarité avec toutes celles et ceux qui, en Iran ou ailleurs, voient leur voix étouffée par la censure.

Le Matin d’Algérie : Que peut apporter la lecture de Bozorg Alavi au lecteur francophone qui ne connaît pas l’histoire et la société iraniennes ?

Hoda Vakili : Les textes d’Alavi plongent le lecteur dans l’histoire sociale et politique de l’Iran au XXᵉ siècle, révèlent tensions et résistances, et dépassent les clichés. Ses Yeux montre un pays riche en culture, avec des villes comme Ispahan ou Chiraz, et fait ressentir la résilience et la quête de liberté de ses habitants, en particulier des femmes. Lire Alavi, c’est aussi découvrir les subtilités de la vie quotidienne, les codes sociaux, les aspirations et frustrations de chacun. Cela permet de comprendre comment la mémoire individuelle s’inscrit dans la mémoire collective. Le lecteur francophone peut percevoir la complexité de la société iranienne, ses contradictions et son dynamisme culturel.

Le Matin d’Algérie : La censure et l’exil traversent l’œuvre d’Alavi. Pensez-vous que traduire aujourd’hui ce roman soit aussi une manière de résister ?

Hoda Vakili : Bien sûr. Traduire Ses Yeux est un acte de résistance face à la censure et à la répression. Alavi a vécu dans un contexte de contraintes politiques, de censure et d’exil. Traduire son roman en français permet de transmettre cette voix de résistance et de faire accéder aux lecteurs hors d’Iran à cette expérience historique et culturelle. Ce travail dépasse la simple dimension littéraire : il restitue une vérité historique et sociale souvent limitée en Iran. La traduction permet de franchir ces barrières et de faire parvenir le message du roman au monde, comme si le texte exprimait la douleur et les combats du présent. Autrement dit, traduire Ses Yeux n’est pas seulement un transfert linguistique ; c’est prolonger la résistance culturelle et sociale de l’auteur. Ce roman est à la fois la voix du passé et un message pour aujourd’hui, montrant que l’art et la littérature restent des instruments de liberté même sous répression.

Le  Matin d’Algérie : Vous avez déjà traduit d’autres textes, français et persans. Qu’est-ce qui distingue le travail sur un chef-d’œuvre comme Ses Yeux d’autres projets ?

Hoda Vakili :L’expérience de traduction de Ses Yeux diffère nettement de celle des autres textes que j’ai traduits. Travailler sur une œuvre majeure présente des défis qui n’existent pas pour des textes ordinaires.

Le poids historique et culturel est immense : chaque mot, chaque phrase et même le rythme portent une charge culturelle et historique qu’il faut restituer. La complexité des personnages, notamment Faranguis, exige une attention exceptionnelle pour préserver leur subtilité, contradictions, espoirs et univers psychologique. Traduire Ses Yeux demande une empathie profonde, une compréhension du contexte historique et social et la préservation de l’authenticité artistique et philosophique de l’œuvre. Ce n’est pas seulement convertir des mots : c’est restituer une expérience humaine et culturelle, avec toutes ses nuances et sa profondeur.

Le Matin d’Algérie : Enfin, quel vœu formulez-vous pour cette traduction ?

Hoda Vakili :Je souhaite que cette traduction permette aux lecteurs francophones de découvrir l’histoire et la culture iranienne, en ressentant l’empathie pour Faranguis et son combat. J’espère qu’elle suscitera curiosité et engagement, donnant envie de découvrir d’autres textes iraniens et de comprendre les enjeux contemporains du pays. Mon vœu ultime est que ces œuvres, souvent méconnues, trouvent enfin leur place sur la scène mondiale et soient reconnues pour leur richesse littéraire et historique. Je souhaite aussi que cette traduction serve de pont culturel, favorisant un dialogue entre les mondes iranien et francophone, et montrant que, malgré la distance et les barrières politiques, la littérature reste un outil universel pour comprendre, ressentir et partager des expériences humaines. Enfin, j’espère qu’elle inspire d’autres traducteurs et lecteurs à s’ouvrir à des textes engagés, porteurs de mémoire et de résistance, qui nourrissent à la fois l’esprit et le cœur.

Entretien réalisé par Djamal Guettala 

Hoda Vakili, née à Ispahan en 1981. Son enfance, marquée par la guerre et la vie dans des zones militaires, l’a conduite très tôt vers la lecture et l’imaginaire. Les romans français — Hugo, Zola, Balzac, Sartre, Camus — ont été ses compagnons fidèles. Après des études en peinture et une expérience de rédaction artistique, elle choisit de se consacrer à la traduction, convaincue que la littérature peut créer des ponts entre les cultures.

- Publicité -

DERNIERS ARTICLES

Kais Saied

Tunisie : lourdes peines prononcées en appel au méga-procès pour «complot...

0
La Tunisie s'illustre encore une fois par une justice spectacle contre les opposants. Le procès en appel de plusieurs figures a donné lieu des...
Chômeurs en Algérie

Les Faqaqirs de la République

LES PLUS LUS (48H)

Kais Saied

Tunisie : lourdes peines prononcées en appel au méga-procès pour «complot...

0
La Tunisie s'illustre encore une fois par une justice spectacle contre les opposants. Le procès en appel de plusieurs figures a donné lieu des...
Chômeurs en Algérie

Les Faqaqirs de la République